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  • European Cyber Week : l’IA et la santé au coeur des débats du 19 au 22 novembre 2018 à Rennes

    L’intelligence artificielle (IA) et son influence sur la cybersécurité ainsi que la cybersécurité en santé sont au cœur de la 3é édition de la European Cyber Week, le forum européen de la cybersécurité et de la cyberdéfense, qui se tient à Rennes du 19 au 22 novembre 2018.

    Au programme, des conférences techniques, des rencontres d’affaires et des événements de haut niveau, adressant tour à tour des enjeux civils et militaires à destination des entreprises, des laboratoires de recherche, des institutions et des étudiants.

    Cet événement se décline en plusieurs événements :
    • journées C&ESAR avec la conférence C&ESAR qui s’intéressera à ces deux volets : les apports de l’IA pour la cybersécurité et les risques de sécurité propres aux intelligences artificielles ;
    • journées Cyber Valley déclinées en plusieurs thématiques : santé, l’Europe de la cybersécurité, les régions européennes, Média, RDV parlementaires ;
    • un forum de recrutement ;
    • journée inter chaires – Ma Thèse 3.0 ;
    • challenge étudiant ;
    • RDV parlementaires – gratuit (inscription en ligne – cliquez ici) ;
    • Les rendez-vous B2B.

    Pour l’inscription, consulter le lien ci-contre. Les frais d’inscription varient en fonction du nombre de jours.

    Le programme complet est disponible à cette adresse.

    ID2Santé interroge les enjeux de l’IA et de cybersécurité

    ID2Santé, centre d’innovation technologique qui accompagne les projets innovants en santé humaine pour la région Bretagne, est l’organisateur de la partie dédiée aux enjeux de la santé. Ce sera l’occasion de croiser des enjeux de la santé, de l’IA et de la cybersécurité.

    Les domaines d’application en santé sont nombreux : personnalisation des traitements, détection et prédiction des maladies, orientation dans le parcours de soins, recherche médicale, etc. L’apport de l’IA dans ces offres est fonction de la capacité à croiser des données de santé massives qu’elles soient cliniques, biologiques, de vie réelle ou médico-administratives. C’est dans ce contexte, où les données seront au centre de l’innovation, que le secteur de la santé va avoir un besoin accru de compétences en cybersécurité.

    Santé, intelligence artificielle et cybersécurité : quels enjeux ?

    Le programme de la journée dédiée à la santé :

    8:30 Accueil

    9:00 Introduction

    9:05 Panorama de cas d’usage de l’intelligence artificielle appliquée à la santé, Denise SILBER, analyste internationale des tendances de l’e-santé

    9:15 :  L’IA fait progresser la recherche médicale, les diagnostics et les soins, mais comment est prise en compte la sécurité des données et des algorithmes par les acteurs innovants du secteur de la santé ? Comment assurer la cybersécurité de l’Intelligence Artificielle dans le domaine de la Santé ? 

    • Market Approval: The Challenges Facing Medical Device Manufacturers, Armelle GRACIET, Director of Industrial Affairs – Snitem (Syndicat des fabricants de dispositifs médicaux)
    • Development of diagnostic test solutions for cancer: Quality and safety of data, Sébastien NIVET, Clinical Manager – VitaDX
    • Early stage cybersecurity audits – Feedback about a connected healthcare devide, Virgile JARRY, cybersecurity auditor, ACCEIS with Quentin BODNIER, R&D project leader, Biosency
    • AI in medical device ecosystem: the hacker’s perspective, Yann ALLAIN, Advisor for information system and IoT security – Serma Safety and Security

    10h40 : Coffee Break​

    • Intelligent monitoring on neonatal intensive care units through longitudinal clinical data analytics, Alfredo I. HERNANDEZ, Directeur de recherche à l’Inserm avec Guy Carrault, Professeur, Chef de projet au laboratoire LTSI-INSERM U1099 et Patrick Pladys, Chef du service pédiatrie au CHU de Rennes
    • Substra: a distributed platform for traceable machine learning on sensitive data, Camille MARINI, Technical Lead Machine Learning Platform, Owkin
    • HealthSuite Insights: An artificial intelligence platform to deliver analytics for healthcare,  François ANDRY, PhD, Senior Director, Enterprise Architecture – Philips Platforms

    12:00 : Health Data Hub : un laboratoire d’exploitation des données de santé, point fort de la stratégie France IA, Marc CUGGIA, MD, PhD (LTSI – UMR Inserm – Université de Rennes 1) et expert de la mission de préfiguration du Health Data Hub

    12:20 : Focus réglementaire : Comment la réglementation européenne prend en compte le développement de l’Intelligence Artificielle dans le domaine de la santé ?​Anne Auffret, Policy Officer, European Commission, Directorate-General for Communications Networks, Content and Technology (CONNECT), Unit eHealth, Well-Being and Ageing

    Contact

    Pour l’inscription, contacter Hopscotch Congrès​ à l’adresse suivante : congres@hopscotchcongres.com

  • Poietis lance la commercialisation de sa gamme de bio-imprimantes de nouvelle génération

    Poietis a annoncé la commercialisation de sa nouvelle gamme de bio-imprimantes « Next Generation Bioprinting » (NGB) avec deux systèmes dont l’un à destination de chercheurs (NGB-R) et l’autre destiné aux cliniciens  (NGB-C), à l’occasion du Congrès International de bio-fabrication qui s’est tenu à Würzburg en Allemagne du 28 au 31 octobre 2018.

    L’objectif principal de ces deux nouveaux systèmes est de fournir des outils qui :
    • couvrent l’ensemble des besoins en ingénierie tissulaire de la recherche à la fabrication de lots cliniques ;
    • se démarquent de l’offre actuelle par un progrès dans la standardisation des processus de fabrication des tissus.

    Deux nouveaux systèmes de bio-impression sur le marché

    Afin de doter les acteurs de l’ingénierie tissulaire de moyens permettant de couvrir l’ensemble des besoins en ingénierie tissulaire, Poietis lance ces deux nouvelles plateformes qui permettent aux chercheurs et cliniciens de concevoir et de bio-imprimer des tissus avec une résolution cellulaire.

    La société juge que les applications cliniques et industrielles de la médecine régénératrice se multiplient et a segmenté son marché en trois cibles :

    • les modèles tissulaires in vitro alternatifs à l’expérimentation animale en dermo-cosmétique ;
    • la recherche pharmaceutique ;
    • la médecine régénérative.

    Caractéristiques techniques : automatisation et robotisation

    L’objectif de ses plateformes est de pallier la limitation des méthodes conventionnelles sur le plan de la standardisation des processus de fabrication et de fonctionnalité des tissus produits. Elles intègrent des technologies d’automatisme et de robotique, couplées à de nombreux capteurs en ligne – notamment de la microscopie cellulaire – et du traitement par IA.

    En outre, elle inclut dorénavant la totalité des techniques de bio-impression telles que le laser, l’extrusion, ou encore le jet d’encre par micro-vanne, ce qui constitue une première sur le marché des bio-imprimantes.

    « Nous avons fait évoluer la plateforme NGB vers un système automatisé et robotisé afin d’améliorer la standardisation des procédés de fabrication et la fonctionnalité des tissus biologiques » souligne Fabien Guillemot, président et directeur scientifique de Poietis. « La combinaison de la bio-impression multimodale avec l’acquisition et le traitement en ligne des images des cellules imprimées va permettre aussi de garantir, avec une résolution cellulaire, que ce que nous concevons est ce que nous imprimons » a-t-il ajouté.

    Les plateformes intègrent les principes de l’industrie 4.0 :

    • NBG-R est un système de bio-impression 4D de nouvelle génération, multimodal, développé et pensé spécifiquement pour les chercheurs et biologistes. Combinant la bio-impression assistée par laser, par micro-vanne et/ou par extrusion, il permet une véritable polyvalence de l’impression (de la cellule unique aux sphéroïdes) et offre la possibilité d’utiliser un grand nombre de biomatériaux et d’hydrogels. Cette plateforme comprend un système d’imagerie cellulaire embarqué pour le suivi en temps réel de la fabrication et s’appuie sur une suite logicielle complète allant de la CAO de tissus biologiques, la gestion des protocoles de bio-impression, à l’analyse des données de fabrication ;

    • NGB-C est un système de bio-impression, pensé spécifiquement pour les cliniciens afin d’assurer une normalisation des processus de fabrication de tissus fonctionnels qui seront considérés d’un point de vue réglementaire comme des médicaments de thérapie innovante (MTI). Le système permet de réaliser un procédé de fabrication en système clos, en conditions totalement aseptiques, au sein d’un isolateur. Il s’appuie sur des solutions de robotisation et intègre des technologies pour assurer la répétabilité et la traçabilité complète des opérations de fabrication.

  • Baidu lance un appareil photo basé sur IA pour détecter des maladies oculaires sans ophtalmologue

    À l’occasion de sa conférence Baidu World, le moteur de recherche chinois a dévoilé le 1er novembre 2018 à Pékin l’AI Fundus Camera, un nouvel outil basé sur l’intelligence artificielle (IA) destiné à réaliser un fond d’œil. Cette technologie vise à dépister en moins de 30 secondes trois types de maladies oculaires : la rétinopathie diabétique, la dégénérescence maculaire et le glaucome.

    Afin de proposer un système d’analyse efficace, Baidu a travaillé avec les hôpitaux d’ophtalmologie chinois de Tongren et de Zhongshan pour que son intelligence artificielle puisse « apprendre » à partir de diverses images issues de fonds d’œil. Au cours d’essais cliniques, l’outil a fait preuve d’une sensibilité et d’une précision de 94 %.

    Concrètement, l’appareil prend une photo et peut ensuite générer un rapport d’analyse. Selon l’entreprise, le cliché en question n’a pas besoin d’être réalisé par un médecin. L’objectif est de pouvoir détecter une maladie même si aucun ophtalmologue n’est disponible ou accessible aux alentours, la Chine étant touchée par un manque de ces médecins spécialistes.
    Afin d’améliorer l’accessibilité aux soins oculaires dans les déserts médicaux, l’entreprise a annoncé qu’elle ferait don de 500 AI Fundus Cameras aux régions rurales du pays, où environ 56 millions de personnes vivent actuellement.

    Baidu cherche à s’imposer dans le secteur de la santé via son expertise en IA

    Ce projet de e-santé n’est pas le premier de Baidu dans le secteur. Par exemple, en 2016, le géant chinois a lancé Melody, un chatbot basé sur intelligence artificielle qui recueille des informations, répond aux questions des patients relatives à leur état de santé et donne ses retours aux médecins (voir article en lien ci-contre).

    Cet outil a été conçu à partir de l’application Baidu Doctor, déployée en 2015, qui permettait aux patients de discuter en ligne directement aux médecins et de prendre rendez-vous pour des consultations.

    Le marché chinois attire les entreprises health tech du monde entier

    Le marché chinois, qui compte près de 1,4 milliard de personnes, est un terrain propice au développement de la e-santé. Des entreprises du monde entier cherchent à le pénétrer. Par exemple, en 2017, la société israélienne de matériel médical EarlySense a passé un accord avec Shenzhen Lachesis Mhealth, l’un des principaux concepteurs de produits de santé intelligents en Chine, dans le but de développer ses activités au sein du pays.

    Un partenariat pour renforcer les connexions avec les innovateurs basés aux États-Unis

    Les sociétés basées aux États-Unis s’intéressent également de près à ce marché. Parmi les initiatives dans le domaine, le US-China Health Summit, un programme affilié à l’université de Harvard qui comprend un concours de start-ups permettant de relier les innovateurs américains dans le secteur de la santé aux ressources chinoises.

  • Étude : 400 000 participants vont tester l’Apple watch pour détecter les troubles du rythme

    Des chercheurs de l’université de Stanford viennent de terminer l’inclusion de 400 000 patients dans la plus large étude* de dépistage de la fibrillation auriculaire jamais réalisée. Elle aura pour but de déterminer si une Apple Watch peut identifier avec préciser ce trouble du rythme cardiaque. Le rationnel de cette étude et son design ont été publiés le 1er novembre 2018 dans l’American Heart Journal.

    Une montre connectée pour repérer la fibrillation auriculaire

    La fibrillation auriculaire (FA) est un trouble du rythme cardiaque qui affecte entre 3 et 6 millions de personnes aux États-Unis. Si elle n’est pas diagnostiquée ou traitée, la FA peut entraîner le développement d’une insuffisance cardiaque ou d’autres complications, y compris un accident vasculaire cérébral. Ce sous-diagnostic concernerait environ 700 000 personnes aux États-Unis.

    Pour lutter contre ce problème de santé publique, Apple a développé une application sur l’Apple Watch qui, à l’aide d’un capteur, enregistre les données du rythme cardiaque et détecte d’éventuelles irrégularités. Aux États-Unis, 77 % des personnes ont un smartphone ; 13 % des « montres intelligentes » et 40 % des consommateurs américains envisagent d’en acheter une.

    Dans le cadre d’une très large étude clinique menée par des chercheurs de l’université de Stanford, le dispositif va être testé sur 400 000 personnes. Le rationnel de cette étude et son design ont été publiés le 1er novembre 2018 dans l’American Heart Journal.

    L’étude d’Apple (Apple Heart Study) a pour but de déterminer si la technologie portable est capable d’identifier des rythmes cardiaques irréguliers évocateurs d’une fibrillation auriculaire en analysant les données de fréquence du pouls provenant du capteur optique de l’Apple Watch.

    Pour déterminer la lecture du pouls, la Smartwatch utilise des lumières LED et des photodiodes photosensibles pour mesurer les changements dans le volume du flux sanguin traversant le poignet de l’utilisateur afin de générer un photopléthysmogramme utilisé pour estimer le pouls. Les intervalles sont ensuite utilisés pour créer un tachogramme (fréquence du pouls dans le temps), qui peut être utilisé pour mesurer des irrégularités du pouls pouvant être indicateur d’une FA.

    Si une fibrillation auriculaire est suspectée, le participant est alerté grâce à un système de notification sur l’Apple Watch. Une téléconsultation par vidéo est alors organisée, puis un système d’ECG par patch est envoyé afin de confirmer le diagnostic de FA.

    Des capteurs optiques à évaluer

    « Nous disposons aujourd’hui de capteurs de grande qualité capables de mesurer et de détecter les modifications de notre corps de manière totalement nouvelle et intuitive sans même avoir besoin de consulter un médecin mais nous devons les évaluer de manière rigoureuse », a déclaré Mintu Turakhia, professeur associé de médecine cardiovasculaire à Stanford et auteur principal de l’étude.

    Son confrère, le Pr Marco Perez, a précisé que « l’avantage de l’application qui utilise le capteur optique est qu’elle peut rechercher une impulsion irrégulière plusieurs fois par jour en arrière-plan, sans demander à l’utilisateur de l’activer ».

    Les principaux objectifs de l’Apple Heart study sont :

    • de mesurer la proportion de personnes avec un pouls irrégulier détecté par l’Apple Watch qui souffrent d’une fibrillation auriculaire confirmée par ECG ;
    • de caractériser la concordance des épisodes de notification d’irrégularité du pouls de l’Apple Watch avec des ECG ambulatoires enregistrés simultanément ;
    • d’estimer le taux de participants ayant un premier contact avec un soignant dans les 3 mois après le signalement d’une irrégularité du rythme cardiaque.

    Une étude totalement virtuelle

    L’étude, financée par Apple, est menée en partenariat avec l’école de médecine de l’université de Stanford. Un comité indépendant de surveillance de la sécurité des données a été créé ainsi qu’un comité de pilotage composé de représentants de l’université de Stanford, du sponsor et de 5 membres externes, dont un patient atteint de fibrillation auriculaire.

    Au total, 419 093 participants ont été inclus dans l’étude au 1er octobre 2018. Sa taille mais aussi sa conception la rendent inédite. Elle est réalisée de manière totalement virtuelle : de l’inscription et du consentement aux visites d’étude et à la surveillance des correctifs, tous les aspects de l’étude sont réalisés sans que les participants ne soient physiquement présents.

    Cette conception a permis la mise en œuvre d’une stratégie de recrutement massive dans un délai relativement court et pour un coût relativement faible.

    Par ailleurs, pour que les données des participants ne soient en aucun cas accessibles au sponsor, elles sont gérées sur plusieurs plateformes cloud avec des identifiants uniques pour chaque participant. La fusion des données présente un défi supplémentaire car la surveillance et l’ECG par e-patch génèrent différents types de données.

    L’étude est entrée dans la phase finale de la collecte des données et sera achevée au début de l’année 2020.

  • Colloque sur la simulation en santé : télémédecine, qualité, évaluation au Mans le 11/12/2018

    L’Agence Régionale de Santé Pays de la Loire organise mardi 11 décembre 2018 au Centre Hospitalier du Mans un colloque sur la simulation en santé.

    La simulation en santé est perçue comme un moyen permettant aux professionnels de santé de développer leurs compétences pour offrir aux patients des soins de qualité. Afin d’encourager cette pratique, l’ARS organise chaque année un colloque régional et labellise des projets. Cette année, le colloque sera articulé autour de trois thématiques principales :
    • simulation et télémédecine ;
    • simulation interprofessionnelle au service de la qualité et de la sécurité ;
    • simulation et évaluation : où en est-on ?

    Il s’agit d’un événement organisé en partenariat avec QualiREL Santé, la Structure régionale d’appui qualité, risque, évaluation des Pays de la Loire, et Cap’Sim – Centre d’apprentissage par la simulation.

    L’inscription est gratuite, mais obligatoire du fait du nombre de places limité, et se fait via le lien ci-contre.

    Contact : contact@qualirelsante.com 

    Programme

    9h00 Accueil

    9h30 Introduction

    • Jean-Jacques COIPLET, Directeur Général Agence Régional de Santé Pays de la Loire
    • Olivier BOSSARD, Directeur Général Centre Hospitalier Le Mans
    • Dr Véronique DELMAS, Responsable CAp’Sim – Centre d’Apprentissage par la Simulation, CH Le Mans

    Modération de la journée assurée par :

    • Pr Corinne LEJUS – Responsable Universitaire Le SiMu, Université de Nantes
    • Mme TIRAND-MARTIN – Directrice IFSI-IFAS, CH Le Mans / PSSL

    10h00 Simulation et Télémédecine, Pr Ludovic MARTIN, Centre de simulation All’Sims, Angers

    10h30 La simulation inter professionnelle au service de la qualité et de la sécurité, Dr Véronique DELMAS, Responsable Centre de simulation CAp’Sim, Le Mans

    11h00 Simulation et évaluation : où en est-on ? Pr Jean-Claude GRANRY, Responsable Centre de simulation All’Sims, Angers

    11h30 Lancement de la Plateforme de Ressources Simulation en Santé,

    • Mme Soisik VERBORG, Chargée de mission Simulation, QualiREL Santé Pays de la Loire
    • Mme Noémie TERRIEN, Coordonnateur QualiREL Santé Pays de la Loire

    Pause Repas //Visite du CAp’Sim – Centre de Simulation du CH du Mans

    14h00 Présentation des projets labellisés 2017

    15h45 Remise des labels

    16h00 Synthèse et clôture du séminaire

    • Mme Noémie TERRIEN, Coordonnateur QualiREL Santé Pays de la Loire
    • Dr Jean HALLIGON

  • Accidents domestiques : Option Service déploie un système d’alerte automatique via une box internet

    L’opérateur Option Service Télécom, basé à Noyon dans l’Oise (Hauts-de-France), envisage de vendre d’ici la fin 2018 un système d’alerte automatique, en substitut au bracelet d’alerte classique avec bouton, en cas d’accident chez les personnes âgées ou malades par le biais d’une box internet avec fibre optique. Les clients ciblés sont essentiellement les collectivités, via les centres communaux d’action sociale, et les Ehpad.

    Le prototype, finalisé par Philippe Laredo, président de l’entreprise, et 4 de ses 18 salariés, est en voie d’obtenir le label Haute sécurité santé (H2S) accordé par l’Apave, organisme certificateur indépendant.

    L’objectif de la société est d’équiper cinq maisons de retraite chaque année à partir de la commercialisation de la solution et d’installer 500 connexions par an, précise son dirigeant (source : Le Courrier picard). L’entreprise est déjà en discussion avec la communauté de communes du Pays noyonnais et va « commencer à vraiment prospecter », note Philippe Laredo, l’idée étant de travailler avec les conseils départementaux des Hauts-de-France une fois le label H2S obtenu.

    Une box internet tout-en-un

    La solution conçue par Option Service Télécom se présente sous la forme d’une box internet envoyant à un centre d’appel une alerte automatique si un accident se produit au domicile de la personne par le biais de capteurs de tension, de température et d’hydrométrie.

    Initié en 2014, ce projet a pour objectif de proposer plusieurs services de télécommunication classiques (télévision, replay, téléphone et internet) avec un système d’alerte sécurisé, le tout sur une même box.

    Option Service en charge de fournir un réseau sécurisé aux établissements de santé

    L’entreprise noyonnaise a remporté en mai 2018 l’appel lancé fin 2017 par le groupement d’intérêt public Sant& numérique Hauts-de-France, géré par l’Agence régionale de santé (ARS), pour la mise en place d’un réseau haut débit sécurisé au sein de la région (voir article en lien ci-contre).

    Dans ce cadre, elle a pour mission de fournir un réseau sécurisé aux établissements de santé des Hauts-de-France, en partenariat avec Bouygues, pour qu’ils puissent s’échanger des données via la fibre optique, et d’en assurer le fonctionnement.

    Une extension du réseau existant

    Cette initiative est l’extension du réseau Picasso 2.0, qui était proposé aux établissements picards, déjà avec l’appui technique d’Option Service. « Nous avons achevé la migration de l’ancien réseau vers le nouveau, explique Philippe Laredo (source : Le Courrier picard). Non seulement cela concerne désormais beaucoup plus d’établissements mais le système offre des fonctionnalités nouvelles [qui] permettent l’accès à de l’imagerie beaucoup plus précise. »

    Le dirigeant de l’entreprise souhaite agrandir son équipe, indiquant avoir embauché un chef de projet, un directeur commercial et plusieurs ingénieurs.

  • Étude : un programme web favorise la planification des directives anticipées de fin de vie (JAMA)

    Un site web convivial dédié au concept d’ »advance care planning » a permis à des personnes âgées de s’impliquer dans la planification de leurs soins et de se familiariser avec les directives anticipées de fin de vie, révèle une étude* menée par des chercheurs américains de l’université de Californie publiés le 29 octobre 2018 dans la Jama Internal Medicine. L’outil numérique a amélioré la littératie des participants, sans aucune intervention d’un clinicien, rapportent les auteurs des travaux.

    Internet pour faciliter la planification anticipée des soins 

    Le concept d’ »advance care planning » (ACP), que l’on peut traduire par « planification anticipée des soins », très en vogue aux Etats-Unis, consiste à recueillir les souhaits des patients concernant leurs soins futurs et notamment de fin de vie.

    Cette procédure a démontré qu’elle améliorait la satisfaction des patients ; elle est donc remboursée et fait partie des critères de qualité des établissements de soins. Cependant, une majorité de patients âgés souffrant de plusieurs pathologies chroniques ne bénéficient pas encore d’ACP. C’est particulièrement le cas des minorités et des malades peu informés ou encore ceux maîtrisant mal l’anglais. La mise en place de programmes d’ACP bute sur plusieurs obstacles : le manque de temps des professionnels ainsi que la complexité juridique des directives anticipées, des points de vue divergents sur l’autonomie et la prise de décision…

    Un programme interactif pour améliorer la littératie en santé

    Pour surmonter ces obstacles et combler ce manque de littératie, des chercheurs américains ont développé un programme en ligne interactif en anglais et en espagnol intitulé « PREPARE For Your Care« , qui prépare les malades à une prise de décision médicale complexe.

    Pour concevoir le programme, les chercheurs de l’université de Californie se sont appuyés sur « des théories sociales de changement cognitif et comportemental qui modèlent la manière de s’engager dans les ACP par le biais de reportages vidéo ; des récits et des témoignages basés sur des scénarios réels pour atténuer les barrières culturelles ; la vidéo, l’audio et le sous-titrage en 2 langues pour atténuer les obstacles en littératie et [sur] des encouragements à inclure la famille et les proches. »

    Afin d’évaluer la pertinence de cet outil en ligne, les chercheurs ont mené une étude randomisée comparant l’appropriation de ces connaissances par le site internet et via une documentation traditionnelle sur les directives anticipées de fin de vie.

    Les patients inclus dans l’étude avaient 55 ans et plus et au moins une maladie chronique. Ceux inclus dans le groupe PREPARE répondaient en ligne à des questions interactives qui généraient un résumé de leurs souhaits. Ils ont aussi été invités à examiner les directives anticipées de fin de vie pendant 5 à 15 minutes.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 29 octobre dans la Jama Internal Medicine.

    Résultats

    • 30 % des patients éligibles ont refusé de participer. Ils étaient souvent plus âgés que la moyenne.
    • Parmi les participants, 39,7 % avaient une littératie en santé limitée.
    • 27,3 % avaient eu une documentation sur la « planification anticipée des soins ».
    • 15 mois après le début de l’expérience, l’accès au site internet avait amélioré la documentation des patients relative à la planification préalable des soins : pour 43 % des patients contre 32 % des personnes du groupe contrôle.
    • 98 % ont déclaré se sentir plus impliqués contre 89 % dans le groupe contrôle.
    • Le site internet était qualifié plus « aidant » que les directives seules par les patients parlant anglais et espagnol.

    Des vidéos comblent le manque de personnel

    « Ces résultats sont importants car, historiquement, des études ont démontré un engagement limité des adultes âgés hispanophones à revenu faible, ainsi qu’une pénurie de matériels adaptés en termes d’alphabétisation, culturel et linguistique, » ont déclaré les auteurs de l’étude

    La co-création de cet outil digital ainsi que le recours à des récits, à des témoignages et à des histoires vidéo expliquent l’amélioration des résultats. Dans des études antérieures, l’utilisation de cliniciens ou d’animateurs formés à la « planification anticipée des soins » a montré des améliorations de l’ordre de 50 %.

    Cependant, de nombreux organismes de soins, en particulier publics, ne disposent pas de ressources humaines dédiés et formés. Cette étude démontre qu’un site internet convivial avec des documents relatifs aux directives anticipés faciles à lire permet à de nombreux patients de s’engager en toute autonomie dans un tel processus. Et donc d’améliorer la littératie en santé.

    Les directives anticipées de fin de vie méconnues en France

    En France, les droits des patients sur les soins en fin de vie sont également très mal connus. La ministre de la Santé Agnés Buzyn a déclaré le 21 octobre sur RTL : « S’il vous plaît, allez remplir vos directives anticipées. Qu’est-ce que vous voulez si un jour vous êtes dans le coma, que vous êtes très malade ? Est-ce que vous voulez qu’on abrège vos souffrances ou pas ? La loi n’est pas appliquée. Les Français ne connaissent pas les directives anticipées. C’est important. »

    Le centre national des soins palliatifs et de fin de vie a lancé en octobre 2018 une campagne grand public pour sensibiliser les Français aux directives anticipées. Pour aller plus loin, un groupe de médecins et de soignants, Requiem, a créé un site internet pour répondre à toutes les questions sur les traitements en fin de vie.

  • Deep Medi lance un logiciel de suivi de HTA grâce à l’IA avec un appareil photo de smartphone

    Deep Medi, une start-up basée en Corée du Sud, se prépare à lancer un logiciel sous la forme d’une application mobile baptisée « S-vital » et basée sur l’intelligence artificielle, qui utilise l’appareil photo d’un smartphone pour mesurer de manière visuelle la pression artérielle d’une personne.

    L’utilisateur doit placer son doigt sur l’objectif de l’appareil photo, le maintenir enfoncé pendant une minute et visualiser son niveau de pression artérielle. L’objectif de l’appareil est ainsi de faciliter le suivi des patients à distance.

    La start-up recueille actuellement des données cliniques de manière indépendante et en partenariat avec deux hôpitaux de Séoul. Elle a également entrepris des démarches pour que son appareil soit reconnu en tant que dispositif médical par les autorités correspondantes, en Corée du Sud mais également aux États-Unis et au sein de l’Union européenne afin de déployer sa technologie sur les principaux marchés internationaux.

    Fonctionnement du logiciel

    Le logiciel de l’application S-vital fonctionne par le biais de l’intelligence artificielle. L’appareil photo du smartphone illumine la peau et mesure les changements d’absorption de la lumière, le teint subissant de légers changements en fonction de la quantité de sang qui circule selon le rythme cardiaque, des différences généralement imperceptibles à l’œil humain.

    L’outil peut capter ces changements et les utiliser pour déduire les niveaux de pression artérielle à l’aide d’algorithmes.

    Une solution qui fonctionne avec des smartphones datant de 2016

    La solution n’a pas besoin d’une caméra de très haute résolution pour fonctionner, a déclaré Lee Kwang-jin, P.-D.G. de la société, des tests internes réalisés par la start-up ayant prouvé la compatibilité de la technologie avec les smartphones fabriqués dès 2016.

    Permettre « à quiconque de prendre des mesures, n’importe où, n’importe quand »

    Les résultats d’analyses traditionnelles de la pression artérielle comportent deux chiffres : l’un correspond à la pression artérielle systolique et l’autre à la pression artérielle diastolique.

    À l’heure actuelle, la société indique que sa solution répond aux exigences de précision en matière de tension artérielle diastolique et cherche à accroître la précision de ses lectures de tension artérielle systolique avant de solliciter auprès des autorités de réglementation de Corée du Sud et de l’étranger une demande pour reconnaître sa technologie en tant que dispositif médical.

    L’idée est de remplacer la méthode conventionnelle de mesure de la pression artérielle nécessitant l’utilisation d’un brassard gonflable, réservée quasi exclusivement aux hôpitaux, peu de personnes possédant de tels tensiomètres à domicile.

    « Notre application changerait cette situation en permettant à quiconque de prendre des mesures, n’importe où, n’importe quand », explique Lee Kwang-jin (source : The Korea Herald).

    Une technologie qui se veut plus précise que les outils déjà présents sur le marché

    Le procédé consistant à utiliser l’objectif de la caméra d’un téléphone pour suivre les signes vitaux n’est pas une nouveauté, divers applications gratuites permettant de surveiller la fréquence cardiaque à l’aide d’un appareil photo.

    Cependant, Deep Medi affirme être la première société à avoir développé avec succès des algorithmes permettant de déduire avec précision la pression artérielle à l’aide d’un appareil photo standard mais aussi à avoir commencé à recueillir des données de ce type à grande échelle.

    Une utilisation pour les médecins et les sociétés pharmaceutiques

    Selon la start-up sud-coréenne, l’application S-vital pourrait être utilisée comme outil de surveillance de la pression artérielle, permettant aux médecins d’utiliser les données enregistrées pour mieux orienter leur diagnostic et suivre de plus près l’état de santé de leurs patients. Elle pourrait aussi servire aux sociétés pharmaceutiques menant des essais cliniques, le développement de nouveaux médicaments nécessitant une surveillance régulière de la pression artérielle.

    Vers une reconnaissance en tant que dispositif médical

    La start-up collecte actuellement des données cliniques de manière indépendante et en partenariat avec l’hôpital Gangnam Severance de l’université Yonsei, basée à Séoul, et l’hôpital Bundang de l’université nationale de Séoul.

    Une commercialisation envisagée sur les principaux marchés étrangers

    Lorsqu’elle aura recueilli suffisamment de données cliniques, la société prévoit de faire approuver son logiciel en tant que dispositif médical par les autorités de réglementation, notamment par le ministère coréen de la Sécurité des aliments et des médicaments et la FDA. Elle envisage également de demander l’obtention du marquage CE pour les dispositifs médicaux.

    Avec ces différentes approbations, elle espère ainsi commercialiser son application sur les principaux marchés étrangers.

    Des négociations avec la compagnie d’assurance Metlife

    En attendant ces différentes validations du point de vue réglementaire, Deep Medi a déjà cédé sous licence l’interface de programmation d’application de son algorithme aux clients intéressés, dont Partron, une entreprise basée à Séoul qui fournit des capteurs et des modules à des sociétés telles que Samsung Electronics.

    La start-up est également en pourparlers avec la compagnie d’assurance américaine Metlife afin de créer des formules d’assurance utilisant les relevés de pression artérielle pouvant être collectés par l’appareil de Deep Medi, a déclaré son P.-D.G.

    Pour attirer plus d’utilisateurs, elle se prépare également à lancer sa solution sous la forme d’une application de bien-être proposant aux utilisateurs des conseils de santé et des données sur le niveau de stress en fonction de la pression artérielle détectée.

  • L’UFML-Syndicat condamne l’utilisation des données personnelles des praticiens par Doctolib

    L’Union française pour une médecine libre–Syndicat a lancé une action nommée « Doctolibgate » le 28 octobre 2018 qui vise la start-up Doctolib, proposant une plateforme de prise de rendez-vous en ligne, en épinglant certaines de ses pratiques.

    Les reproches faits à Doctolib portent sur :
    • l’utilisation des données personnelles des médecins faisant partie de l’annuaire établi par l’Ordre national des médecins ;
    • le mélange des genres avec le référencement des professions non réglementées aux côté des praticiens reconnus médicalement e scientifiquement.

    Doctolib a réagi à ces accusations et a communiqué avoir entrepris des mesures correctives en supprimant le référencement des professions non réglementées et celui des professionnels n’ayant pas donné leur accord pour figurer sur la plateforme, en précisant cependant qu’aucune violation du RGPD n’avait été commise.

    Principaux reproches

    Dans une lettre ouverte datée du 9 octobre 2018 signée par le Dr Jérôme Marty, président de l’UFML-Syndicat, et motivée par l’intervention de Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État au Numérique, que le syndicat avait jugée trop laudative à l’égard de la start-up, l’UFML-Syndicat avait adressé les reproches suivants à la start-up :

    • promotion des professions non réglementées (énergéticiens, magnétiseurs, naturopathes, étiopathes, kinésiologues). Le syndicat reproche à Doctolib de ne pas distinguer sur sa plateforme ces professions des médecins titulaires d’un diplôme de médecine d’État. En cas d’impossibilité de voir leur demande aboutir, les patients désireux de prendre un rendez-vous vous auprès d’un praticien reconnu se voient proposer des rendez-vous alternatifs auprès des personnes pratiquant des professions médicales non réglementées ;
    • le référencement de médecins qui ne font pas partie de la plateforme en utilisant les données de l’annulaire de l’Ordre national des médecins. Ces médecins n’étant pas membres de la plateforme, les demandes qui les concernent sont redirigées vers des praticiens faisant partie de la plateforme. Cette pratique s’apparente pour le syndicat à du « détournement de patientèle et de vente forcée ».

    L’UFML-Syndicat s’adresse aux médecins

    Pour marquer sa désapprobation ferme, l’UFML-Syndicat a lancé un appel aux médecins pour proposer son assistance juridique à destination des : 

    • médecins-clients de Doctolib pour leur proposer une solution alternative d’agenda en ligne ;
    • médecins non clients de Doctolib qui souhaitent contraindre la plateforme à cesser « ses pratiques de parasitisme commercial en profitant de leur notoriété pour rediriger leurs patients vers ses propres médecins » ;
    • médecins-clients de Doctolib qui ne cautionnent pas ces pratiques commerciales et considèrent que la santé est un secteur qui doit être sanctuarisé en accord avec la déontologie qui impose des limites.

    Doctolib volontaire pour revoir certaines pratiques sur la plateforme

    Stanislas Niox-Château, P.-D.G. de Doctolib, a été en contact avec l’UFML-Syndicat et l’a informé avoir entrepris les mesures suivantes :

    • pour éviter toute forme de « détournement de patientèle », Doctolib va cesser ses redirections et afficher un message d’erreur au cas où le praticien n’est pas membre de la plateforme ;
    • Doctolib a adhéré à la demande de l’UFML-Syndicat de séparer l’agenda de l’annuaire ;
    • Doctolib va retirer de la plateforme référencement des praticiens issus des professions non réglementées. L’UFML-Syndicat a proposé son aide à Doctolib pour faire le tri entre les professions médicales et celles qui ne le sont pas.

    L’UFML-Syndicat a réagi en affirmant que l’application de ces mesures sera suivie de près et que dans le cas contraire, elle se réserve le droit de poursuivre ses actions en justice.

  • Étude : une appli mobile diminue les symptômes des troubles obsessionnels compulsifs

    Une application d’entraînement cérébral développée par l’université de Cambridge semble prometteuse pour la prise en charge des personnes souffrant de troubles obsessionnels compulsifs (Toc), révèle une étude* publiée le 23 octobre 2018 dans Scientific Reports et qui montre que les symptômes comme les craintes de contamination et le lavage excessif sont améliorés après avoir visionné des vidéos où les patients eux-mêmes se lavent les mains ou touchent des surfaces contaminées.

    Lutter contre la rigidité cognitive avec un smartphone

    L’un des troubles obsessionnels compulsifs (Toc) le plus répandu se manifeste par de graves craintes de contamination et un besoin excessif de se laver. Les personnes atteintes de ce trouble (46 % de l’ensemble des Toc) vont jusqu’à utiliser de l’eau de javel pour se laver et peuvent même se faire saigner. En outre, ces comportements peuvent avoir de graves conséquences sur la vie des personnes, leur santé mentale, leurs relations et leur capacité à conserver un emploi.

    Ce Toc est associé à la « rigidité cognitive », c’est à dire à une incapacité à s’adapter à de nouvelles situations ou à de nouvelles règles. Sortir de ses habitudes compulsives, telles que se laver les mains, nécessite une flexibilité cognitive pour que le patient puisse passer à de nouvelles activités.

    Les traitements habituels combinent la prise de médicaments tels que le Prozac et des thérapies cognitivo-comportementales. Ces dernières consistent à apprendre aux patients à toucher les surfaces contaminées, telles que les toilettes, tout en s’abstenant de se laver les mains. Mais ces traitements ne sont efficaces que dans 40 % des cas.

    Une appli pour se laver virtuellement les mains

    C’est pourquoi des chercheurs de l’université de Cambridge ont mis au point une nouvelle approche. Elle repose sur le même principe – se confronter à la situation qui génère le Toc – mais via des vidéos sur une appli mobile.

    Pour évaluer son efficacité, les chercheurs ont recruté 93 patients en bonne santé mais ayant manifesté de fortes craintes de contamination. Ils ont préféré ne pas recruter des patients atteints de troubles obsessionnels compulsifs, de peur que l’intervention n’aggrave leurs symptômes.

    Ils ont ensuite été divisés en 3 groupes : les membres du premier regardaient 4 fois par jour des vidéos sur smartphone d’eux-mêmes se lavant les mêmes, les membres du deuxième des vidéos où ils pouvaient se voir toucher des surfaces contaminées (du papier toilette taché) 4 fois par jour également, et les membres du troisième, le groupe contrôle, des vidéos de mouvements de mains neutres.

    L’application permettait de vérifier que les vidéos avaient bien été visionnées. En outre, les participants ont rempli un questionnaire et ont été interrogés par des cliniciens avant et après l’expérimentation et des échelles mesurant le stress associés aux symptômes d’un troubles obsessionnel compulsif ont été utilisées.

    Les résultats de cette étude, qui a duré pendant une semaine, ont été publiés le 23 octobre 2018 dans la revue Scientific Reports.

    Résultats

    • Tous les participants sont allés au terme de l’intervention et ont visionné les vidéos 25 fois en moyenne au cours de la semaine.
    • Les participants des deux premiers groupes ont vu leurs résultats s’améliorer de 21 % environ sur l’échelle Yale-Brown Obsessive Compulsive Scale (YBOCS).
    • Les symptômes du Toc et la rigidité cognitive se sont améliorés dans les 2 premiers groupes comparés au groupe contrôle.
    • Les 2 vidéos produisaient le même effet.

    Une médecine personnalisée basée sur la technologie

    « Il est frappant de constater que ces changements dans les fonctions exécutives et dans les symptômes des Toc sont intervenus après seulement une semaine d’intervention », ont déclaré les auteurs de l’étude.

    Plusieurs participants en condition de lavage ont signalé que l’intervention les avait rendus détendus et avait un effet apaisant. « C’était comme si je m’étais lavé les mains, je n’avais donc plus besoin de le faire… mes mains étaient propres après avoir utilisé l’application », a commenté l’un d’eux.

    Une persistance de la peur inconditionnelle

    Cependant, le recours à l’application mobile n’a pas réduit la peur inconditionnelle du fait de s’abstenir de se laver les mains ou de toucher des objets souillés. Les chercheurs émettent l’hypothèse que l’intervention a été trop courte pour avoir un tel impact.

    Ils estiment que ces résultats sont particulièrement intéressants dans la mesure où « l’inflexibilité cognitive peut représenter le marqueur neuropsychologique le plus important des Toc, ce qui souligne l’utilité clinique potentielle de ces interventions sur smartphone. En déplaçant la thérapie hors du bureau du clinicien et entre les mains des patients eux-mêmes, ces interventions peuvent être adaptées aux besoins spécifiques de chaque patient, ce qui pourrait éventuellement améliorer les traitements. »

    Ces formes de « médecine personnalisée basée sur la technologie » sont non seulement peu coûteuses et accessibles mais peuvent aussi être adaptées à chaque patient. Leur déploiement permettrait d’atteindre des communautés qui n’ont pas accès à des soins de santé mentale adéquats.