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  • La HAS planche sur les bonnes pratiques

    Accompagner le développement d’un secteur économique en plein boom tout en surveillant la qualité des outils de e-santé qui arrivent sur le marché, c’est l’équation que doivent résoudre les pouvoirs publics. L’Etat a donc choisi de ne pas labelliser les outils de santé numérique. D’autant que ce serait mission impossible vu le nombre d’applications mobiles de santé arrivant chaque jour sur le marché. Et l’échec de la labellisation des sites internet a permis de tirer des leçons.

    Cependant, afin de mettre un peu d’ordre dans ce que certains qualifient de « jungle », plusieurs institutions sont à pied d’oeuvre car l’évaluation de la e-santé nécessite de nombreuses compétences. L’ANSM valide la sécurité des solutions relevant des dispositifs médicaux, l’Anssi travaille au renforcement de la sécurité informatique, la Cnil contrôle l’utilisation des données personnelles et la HAS va devoir vérifier l’intérêt de ces outils dans des stratégies thérapeutiques. Elle a donc été missionnée pour produire un guide de bonnes pratiques qui devra lister les critères clés pour concevoir mais aussi utiliser une application ou un objet connecté de qualité.

    Le guide que doit produire la HAS vise aussi bien les développeurs que les professionnels de santé, les sociétés savantes qui voudront recommander un outil ou même les organismes privés de labellisation qui pourront s’emparer de cette grille d’analyse.  

    « La saisine initiale était sur la fiabilité médicale, déclare Marc Fumey, adjoint au chef de service Evaluation de la Pertinence des soins et amélioration des Pratiques et des Parcours à la HAS. Mais, nous avons estimé que nous devions l’élargir à la cybersécurité et à la protection des données pour que ce soit plus pertinent. Nous travaillons donc en partenariat avec la Cnil et l’Anssi. » En sortant ainsi de son champ traditionnel de compétences, la HAS a aussi dû faire appel à des experts d’un nouveau genre, familiers avec les  nouvelles technologies : plus de la moitié ne sont pas des professionnels de santé, la plupart ont moins de 30 ans… « Il n’est pas été simple de trouver des experts sans conflit d’intérêt », souligne Pierre Trudelle, chef de projet à la HAS.

    Une information loyale, complète et partagée

    Pour autant, ces experts ne partent pas de zéro pour établir une liste de critères d’évaluation de la e-santé. Tout d’abord, comme n’importe quel dispositif se revendiquant du champ de la santé, les outils numériques doivent répondre à des principes fondamentaux: la qualité, l’efficacité, la sécurité, la protection des données personnelles et le respect de l’autonomie des personnes et du libre choix, ce qui implique la transmission d’une information loyale complète et partagée. Ensuite, les experts de la HAS sont partis d’une revue de la littérature néerlandaise publiée en 2014: ses auteurs ont créé un outil en ligne d’analyse des applications par les pairs après avoir passé en revue toutes les études portant sur diverses méthodes d’évaluation de la m-santé et enquêté sur les attentes des développeurs et des consommateurs.

    Mettre en place un système de suivi

    A partir de cette base, le travail des experts de la HAS ne consistera évidemment pas à proposer une grille d’analyse unique pour tous les outils de e-santé. « Selon le niveau de risque, la destination d’usage (seul ou recommandé par son médecin), le niveau d’exigence ne sera pas le même », précise Pierre Trudelle. Publié probablement à l’été 2016, le guide de bonnes pratiques devra ensuite « vivre ». « Nous sommes en train de réfléchir à ce que l’on pourrait appeler son service après vente. Peut-être faudra-il mettre en place un système de veille, de suivi pour que ce guide évolue avec les pratiques… »

     

     

     

     

     

     

     

  • Télémédecine : évaluer pour rembourser

    En 2013, la Haute Autorité de Santé (HAS) soulignait le peu d’études françaises menées pour les évaluer les expérimentations de télémédecine mises en place sur tout le territoire. La France est en train de rattraper sont retard depuis la publication de l’arrêté du 10 juin 2014 fixant la liste des 9 régions sélectionnées pour mettre en oeuvre des expérimentations. En outre, les outils existent, et notamment MAST (Podel Assessment for Telemedecine) qui est une grille d’évaluation dédiée à l’analyse médico-économique des expérimentations de télémédecine. Elaborée au niveau européen, il permet les comparaisons internationales. Alors qu’elle est dotée d’un cadre, d’une méthode, pourquoi la télémédecine prend-elle tant de temps à se déployer?

    « Pour le secteur ambulatoire, un nombre infime d’actes de télémédecine sont pris en charge par l’assurance maladie obligatoire, ou par les ARS dans des expérimentations régionales, note le Cnom dans son rapport sur la santé connectée. Pourtant, la pratique de la télémédecine a donné lieu à de multiples études de portée scientifique ou médico-économique.

    Ces travaux et les évaluations réalisées, y compris sur le plan européen et international, permettent à cette pratique médicale de reposer sur des bases assurées, sans qu’il soit nécessaire de reproduire sans cesse des expérimentations avec des fonds de financement public.

    Le temps est venu, conclut le Cnom, des mises en œuvre concrètes et appliquées sur les territoires de santé afin de répondre aux besoins des patients et aux attentes des médecins qui les prennent en charge ».

    L’enjeu de la tarification

    Si les pouvoirs publics prennent du temps à franchir cette étape, c’est sans doute parce que l’enjeu de toutes ces expérimentations, c’est finalement la valorisation et la tarification des actes. A l’heure où la réduction du déficit de la sécurité sociale est une priorité, accepter de nouveaux actes au remboursement est éminemment délicat.

    C’est la raison majeure, mais pas la seule, pour laquelle la télémédecine prend du temps à se déployer sur le territoire. « Le manque de culture d’évaluation chez certains acteurs du médico-social, très enthousiastes à l’idée de développer la télémédecine » a aussi constitué un frein, selon le Pr Isabelle Durand-Zaleski, directrice de l’unité de recherche clinique en économie de la santé d’Ile-de-France. « Même s’ils ont très vite compris la nécessité d’évaluer. » Du côté des décideurs politiques, c’est plutôt l’impatience qui a pu gêner certains experts. « Ils veulent avoir des résultats au bout de 2 ans d’expérimentation. Mais, parfois, étant donné le nombre d’actes et de patients concernés, c’est insuffisant pour conclure, » estime le Pr Durand-Zaleski. D’autant que comme pour toute expérimentation, il est difficile d’imaginer l’évolution des résultats quand les conditions ne seront plus tout à fait les mêmes, que les acteurs ne seront plus des pionniers de la télémédecine et que les patients ne seront pas triés sur le volet pour être inclus dans l’essai…

    Evaluer prend du temps

    A l’Agence régionale de santé île-de-France, 26 projets de télémédecine ont été mis en place dans le cadre de l’appel à projets : 17 évaluations sont en cours et 4 sont terminées. Ils mesurent donc la difficulté de faire des études : « Pour éviter tout biais, il faudrait faire des essais randomisés avec tirage au sort », déclare Eric Lepage, responsable du programme santé numérique. En Ile-de-France, il n’y en a pas. Mais, évaluer sérieusement prend tout de même du temps. « Par exemple, nous menons une expérimentation de télé-expertise pour le dépistage de la rétinopathie chez les prématurés. Si nous prenons comme critère de jugement le développement de la cécité, il faut attendre 4 ou 5 ans. Nous ne pouvons pas nous le permettre. Les critères retenus sont donc le respect des bonnes pratique de la HAS, telles que la réalisation de l’examen dans les délais, le fait de disposer d’un laser… »

    Se garder de conclusions hâtives

    Une fois l’étude terminée, il faut aussi se garder de conclusions hâtives. L’évaluation sur le dépistage de la rétinopathie chez les prématurés montre qu’actuellement moins de 10% des nourrissons concernés bénéficient de cet examen dans les règles définis par la HAS; avec la télé-expertise, ils sont 70%. « La différence est significative mais d’une part, on ne peut pas dire qu’elle soit due à la télémédecine, précise Eric Lepage. Une autre organisation permettant d’organiser le transfert des enfants vers un centre capable de réaliser cet examen serait sans doute parvenu au même résultat. D’autre part, quand on fait l’analyse médico-économique, on se rend compte que la télémédecine conduit à un surcoût puisque davantage d’examens sont pratiqués. Il ne faudrait pas en conclure que la télémédecine coûte cher ». D’autant qu’à long terme, la prise en charge d’enfants atteints de cécité a aussi un coût pour la société. Mais, il est évidemment difficile à évaluer.

    Délicates à mener, ciblées sur quelques actes, ces évaluations devront malgré tout servir à cibler les actes qui pourront bénéficier, en priorité, d’une prise en charge par l’assurance maladie. Et au ministère de la Santé, on reconnaît que l’ « on avance avec beaucoup de prudence car si la télémédecine facilite la réalisation de certains actes, ces derniers risquent de se multiplier ». Avec un coût pour l’Assurance maladie.

     

  • Le salon HIT du 24 au 26 Mai 2016 Paris Expo – Porte de Versailles

    Le salon HIT de la Paris Healthcare Week traitera du 24 au 26 Mai 2016 des problématiques liées au Big Data, à la Sécurité des systèmes d’information, au Dossier Médical Personnel, à la Télésanté ou encore à la Santé Connectée.
    Il s’adresse aux professionnels du monde sanitaire et médico-social à la recherche de solutions technologiques pour optimiser la gestion de leur établissement et la gestion des soins.
    Le salon HIT est organisé autour d’un espace d’exposition accueillant 250 exposants, 4 villages thématiques et une agora dédiée et 5 parcours thématiques.

  • Guidelines « mHealth evidence reporting and assessment (mERA) »

    Le 22 mars 2016, l’OMS a publié un guide sur la recherche en m-santé. Cette méthodologie conçue par le mHealth Technical Evidence Review Group de l’OMS vise à standardiser le reporting des études menées dans la santé mobile.

    Guidelines « mHealth evidence reporting and assessment (mERA) »

  • « Wearables » de suivi de dépense de calories : une étude pointe leur imprécision

    La comparaison entre 12 wearables mesurant la perte de calories a fait l’objet d’une étude japonaise publiée dans l’édition de mai 2016 du JAMA Internal Medicine. Il apparaît que la plupart de ces objets connectés ne délivrent pas d’informations scientifiquement précises et qu’ils présentent des écarts de mesure significatifs de l’un à l’autre.

    Les chercheurs concluent cependant qu’ils ne sont pas inutiles: les mesures recueillies par ces dispositifs, bien qu’inexactes, sont constantes et permettent de suivre les dépenses d’énergie de manière ‘relative’ au quotidien.

    Les chercheurs de l’Institut national de santé et de nutrition du Japon ont comparé 12 wearables parmi lesquels on retrouve Fitbit Flex, Jawbone UP24, Misfit Shine, Garmin Vivofit et Withings Pulse O2.

    19 volontaires ont participé à l’étude, chacun portant les 12 appareils en même temps. Les mesures obtenues par les appareils ont été comparées aux résultats recueillis selon deux méthodes scientifiquement reconnues de mesures de calories.

    1re comparaison en chambre métabolique

    Pour la première partie de l’expérience, les volontaires ont été placés pendant 24h dans une chambre métabolique et ont suivi un protocole précis : trois repas, travail de bureau, télévision, ménage, marche sur tapis et sommeil. Leur consommation d’énergie a été mesurée en fonction de la température et de la composition en gaz de l’air dans la chambre. Les participants ont dépensé en moyenne 2 093 calories. Les wearables ne confirment pas tous ce chiffre comme on peut le constater sur le graphique suivant :

    Les différences entre les appareils sont importantes. Jawbone et Garmin ont sous-évalué la dépense de calories tandis que Fitbit et Misfit l’ont surévalué.

    2e partie en conditions réelles

    La deuxième partie de l’expérience a placé les volontaires en conditions de vie normale. Les participants ont bu une eau chargée en isotopes rares d’eau et d’hydrogène. La dépense de calories peut ainsi être estimée en fonction du temps que ces isotopes mettent pour apparaître dans les urines.

    Ils ont ensuite vécu leur vie pendant 15 jours (tout en portant les 12 appareils à la fois). Sur cette période, les volontaires ont dépensé en moyenne 2,314 calories par jour selon leurs analyses d’urine.
    Les résultats des wearables sont les suivants:

    La plupart sous-estiment cette fois la dépense d’énergie.

    L’étude conclut que les mesures de ces appareils sont inexactes d’un point de vue scientifique. Ils ne sont toutefois pas inintéressants d’un point de vue personnel puisque les résultats qu’ils fournissent restent constants d’un jour sur l’autre et permettent d’obtenir un suivi relatif de ses dépenses d’énergie.

  • 0,1 % des applications de santé disponibles sur smartphone ont reçu l’agrément de la FDA

    « La FDA a approuvé à peine plus de 160 applications sur les 165 000 disponibles sur smartphones », a déclaré le docteur Leslie Saxon le 6 mai 2016 sur CBS.

    La cancérologue fondatrice d’un ThinkTank dédié à la « santé sans fil » est membre du panel d’experts de la FDA qui travaille à l’élaboration d’un guide et de règles pour la conception d’applications santé.

    « Nous voyons des applications qui vont d’un extrême à l’autre, poursuit le médecin. Certaines sont très loin de fournir le service qu’elle prétendent offrir ».

    Elle cite l’exemple de l’application « Instant Blood Pressure » retirée du marché en mars 2016 après avoir été pointée du doigt par des chercheurs de l’Université John Hopkins. L’application, chargée plus de 100 000 fois, s’avérait incapable de détecter l’hypertension chez 8 utilisateurs sur 10.

    « Beaucoup d’applications présentes sur le marché n’ont pas été suffisamment testées sur leur fiabilité. D’autres n’ont tout simplement jamais été testées », conclut Leslie Saxon.

  • Visiomed reçoit le prix de l’innovation « bien-être » du MedPi 2016

    Le prix de l’innovation du MedPi 2016 dans la catégorie « bien-être » a été décerné le 12 mai 2016 à Visiomed, spécialiste dans l’électronique médicale nouvelle génération. Il récompense sa gamme de services de santé augmentée, une plateforme d’orientation des patients selon l’urgence de leur situation, un service de téléconseil et un électrocardiogramme de poche sans fil déjà primé lors du CES 2016 de Las Vegas.

    Fondée en 2007 par Eric Sebban, Visiomed a réalisé en 2014 un chiffre d’affaires de plus de 13 millions d’euros.

  • Connected Health Monaco 2016 du 31 Mai au 1er Juin

    La 2e édition de Connected Health Monaco aura lieu les 31 mai et 1er juin 2016 à l’hôtel Fairmont Monte-Carlo.
    Les thématiques abordées dans les débats seront: l’hôpital numérique et le patient numérique, la révolution des diagnostics et des traitements par la robotique et les nanotechnologies, la simulation pour l’enseignement des professionnels et l’éducation des patients ou la confidentialité des données.
    Le concours Start-up CHM permettra d’identifier, de récompenser et d’accompagner un créateur d’entreprise ou porteur de projet dans la e-Santé. Enfin «La nuit connectée» rassemblera acteurs de l’écosystème pour une soirée de networking.
    L’événement est présidé par Guy Vallancien, professeur d’urologie à l’université Paris Descartes, membre de l’Académie nationale de médecine et de l’Académie nationale de chirurgie.

  • Conseil médical : l’application Healthtap disponible via Facebook Messenger depuis avril 2016

    La société américaine HealthTap propose un service de téléconseil médical 24/24h et 7/7 jours par vidéo, texte ou voix. Depuis le 12 Avril 2016, sa plateforme est disponible gratuitement via Facebook Messenger.

    Tous les membres de Facebook peuvent poser leur question écrite à un ou plusieurs des 100 000 médecins répartis sur 141 spécialités inscrits sur la plateforme.
    Si la question a déjà été posée, des réponses précédemment apportées sont choisies et proposées automatiquement par un « bot », un robot intelligent intégré à Messenger et développé par Facebook.
    La messagerie de Facebook est utilisée quotidiennement par plus de 900 millions de personnes à travers le monde.

    HealthTap créé een 2010 par Gutman Ron a démarré comme une simple plateforme de question/réponse avant de s’orienter vers la e-santé et de s’auto-déclarer « cabinet de santé mondial ».

    En dehors de Facebook, l’application pour les patients et les médecins est disponible sur de nombreuses plateformes et appareils, smartphones et montres connectés. L’entreprise revendique une communauté de 100 000 médecins américains possédant une expérience moyenne de 21 ans.

    Le service, qui indique un temps de réponse moyen d’une heure, n’est pour le moment disponible qu’en Anglais. Il est par ailleurs vivement critiqué, non seulement pour les approximations dans certaines réponses apportées par le « bot » de Facebook, mais aussi pour le caractère superficiel du conseil fourni qui n’est lié à aucun examen médical et potentiellement basé sur des informations incomplètes. Des critiques déjà formulées en 2012 par Peter W. Carmel, président de l’American Medical Association. L’application propose au final de contacter un médecin en redirigeant vers le site de Healthtap. Un service payant à 24,99 dollars (21,95 euros) la consultation.

  • L’OMS publie un guide des bonnes pratiques pour la recherche en m-santé

    L’OMS a publié un guide sur la recherche en m-santé le 22 Mars 2016. Cette méthodologie conçue par le mHealth Technical Evidence Review Group de l’OMS vise à standardiser le reporting des études menées dans la santé mobile.
    Les chercheurs ont constaté que l’absence de marche à suivre et de normes constituait un frein au développement et à l’adoption des innovations dans la m-santé.
    Le guide « mHealth evidence reporting and assessment » (mERA), propose une nomenclature définissant clairement le champ d’intervention (le contenu), le contexte dans lequel l’intervention a été testée et la façon dont le test a été effectué (données techniques).
    Cette mise en forme standardisée a pour objectif de simplifier l’interprétation et la réutilisation des travaux de recherche en santé mobile.