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  • La pharmacovigilance à l’heure des réseaux sociaux et des associations de patients (eVeDrug)

    La société eVeDrug a présenté plusieurs projets de pharmacovigilance basés sur le numérique et développés avec des associations de patients. Les solutions sont basées notamment le crawling de réseaux sociaux pour détecter les effets indésirables (EI) qui n’ont pas été spontanément déclarés, voire qui ne sont pas répertoriés dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) de l’ANSM.

    Les différentes technologies ont été dévoilées à l’occasion du premier club utilisateurs organisé par l’éditeur de logiciels fin janvier 2019. « Certains découvraient qu’il existait des systèmes numériques de santé en pharmacovigilance, explique à Health & Tech Intelligence Claude Touche, président de eVeDrug, à propos de l’événement. Nous voulions montrer que cette vielle discipline pouvait être moderne et ne se limitait pas à la remontée d’EI par des professionnels sur une base de données institutionnelle. »  

    EVeDrug développe des systèmes informatiques dédiés aux vigilances sanitaires (bases de données externalisées, formulaires de déclarations et applications mobiles) en faisant appel aux différents acteurs de santé : industrie pharmaceutique, scientifiques, techniciens informatiques mais aussi associations.

    My eReport : allier vigilance sanitaire et e-santé

    Le premier exemple présenté concernait le cas de récupération de données de pharmacovigilance pour un médicament déjà commercialisé.

    My eReport permet à toute personne qui a pris un produit de santé de saisir les effets indésirables (EI) ou secondaires à partir d’un terminal mobile (smartphone ou tablette iOS/Android) ou d’un ordinateur avec une connexion internet. La déclaration peut être faite par un proche ou un professionnel de santé.

    Placer le patient au centre du processus pour restaurer sa confiance dans le système de santé

    « Nous accompagnons l’émergence des nouveaux outils et de nouveaux modèles d’interactivité, détaille Claude Touche, président de eVeDrug. Nous souhaitons restaurer la confiance entre les patients et leur système de santé en plaçant le principal intéressé au centre. »

    Mobiliser les associations

    Le changement de paradigme s’effectue en associant les associations aux développement des applications.

    Un projet multipartite associe industriels, institutionnels, start-ups et surtout des associations de patients, notamment Patients en réseaux, qui a développé la plateforme Mon réseau cancer du sein. Il s’agit d’accompagner et de suivre des patients sous traitements anti-cancers à domicile.

    Via Continuum Plus, les infirmières déclarent pour des patientes atteintes de cancer du sein afin d’effectuer une remontée vers les institutionnels. Pfizer, qui finance le projet, a accepté de ne recevoir qu’un double anonymisé.

    EVeCrawl : crawler les réseaux sociaux

    L’association François-Aupetit, qui lutte contre la maladie de Crohn et la recto-colite hémorragique, encourage les adhérents a déclarer les EI sur leur forum.

    L’application eVeCrawl facilite la récupération notamment des effets inconnus, non-répertoriés dans le RCP.

    L’association a par exemple identifié que l’infliximab, un anticorps monoclonal chimérique, était souvent associé sur leur forum a une migraine chronique, alors que cela n’apparaît pas dans les documents.

    Elle a confirmé ce constat en crawlant Facebook et les sites Doctissimo et Pfizer. « Ils ont trouvé 2 000 posts y faisant référence, indique Claude Touche. On arrive ainsi à vigilance globale en complément de la déclaration classique vers les centres régionaux de pharmacovigilance. »

    Une collaboration avec l’association de patients Renaloo

    Le crawling de réseaux sociaux complète les données existantes et fait ressortir des notions non-identifiées au départ, estime eVeDrug. La société travaille depuis plusieurs années avec une autre association de patients, Renaloo, qui agit pour les patients atteints de maladies du rein.

    Un projet de blockchain en pharmacovigilance en phase de développement

    « Nous avons terminé le crawling de leur forum et avons fait une catégorisation des effets déclarés par les patients, précise le président de eVeDrug. Pour aller encore plus loin, nous travaillons à un projet de blockchain en pharmacovigilance avec des patients qui accepteraient de laisser l’accès à leurs données. »

  • Colloque Panthéon-Assas (droit) : « E-santé – Quelle protection pour nos données ? » (21/02/19, Paris)

    « Quelles sont les utilisations envisagées pour les données de santé ? » ; « Comment concilier innovation médicale et protection, à la fois juridique et technique, de ces données ?« . Telles sont les questions qui seront abordées lors du colloque intitulé « e-santé : quelle protection pour nos données », organisé le 21 février 2019, de 8h45 à 12h30, par les étudiants du Master 2 professionnel droit et multimédia et de l’informatique du Centre d’études juridiques et économiques du multimédia (Cejem). L’événement aura lieu au sein de l’université Paris 2 Panthéon-Assas.

    Les inscriptions doivent être réalisées en retournant le bulletin d’inscription avant le 15 février 2019 ou auprès de Sophie Gesret, organisatrice de colloques au sein de l’établissement, au 01 44 41 56 55 ou par email à sophie.rose.gesret@gmail.com.

    Programme

    8h45 : Accueil des participants et petit déjeuner

    9h15 : Début des travaux

    Introduction de la matinée par un(e)étudiant(e)

    Modérateur : Nathalie Martial-Braz, professeure de droit privé à l’université Paris-Descartes – Centre du droit des affaires et de gestion (Cedga), institut universitaire de France (IUF), codirectrice du Pôle protection intellectuelle et numérique du réseau Trans Europe Experts*.

    La collecte des données :

    Les singularités des données de santé

    • Par Nathalie Martial-Braz.

    Le dossier médical partagé

    • Par Lorraine Maisnier-Boché, avocate enseignante à l’université Panthéon-Assas.

    Débat

    Pause

    L’exploitation des données :

    Données de santé et commercialisation : le potentiel de la blockchain

    • Par Vincent Galand, operations manager à Embleema, start-up spécialisée dans l’utilisation de la blockchain pour la gestion des données de santé.

    IA et données de santé : quel management en 2019 ?

    • David Gruson, membre du comité de direction de la chaire « santé » de Sciences Po et fondateur de l’initiative Ethik-IA.

    Transferts de données et cybersécurité

    • Myriam Quéméner, avocat général près la Cour d’appel de Paris, docteur en droit

    Conclusion par Jérôme Huet, professeur émérite de l’Université Panthéon-Assas

    12h30 : fin des travaux

  • Deepmind et les Vétérans mènent des recherches pour prévenir les lésions rénales aiguës aux USA

    L’initiative est née des anciens combattants américains (VA, veteran administration). Les vétérans  collaborent avec la division de recherche sur l’intelligence artificielle (IA) de Google pour prédire les maladies rénales aigües.

    Le projet se concentre sur la prévision de la lésion rénale aiguë (AKI), l’une des affections les plus courantes associées à la détérioration de l’état du patient, et un domaine dans lequel DeepMind Health et le département américain des Anciens Combattants ont une expertise croissante.

    L’objectif est d’utiliser la dernière technologie d’IA et d’apprentissage automatique de Deepmind Health afin d’analyser en détail les tendances d’environ 700 000 dossiers médicaux anonymisés fournis par le Département américain des anciens combattants et d’identifier avec précision les facteurs de risque de l’AKI et de prédire correctement son apparition chez les patients avant que leur état ne se détériore.

    En collaboration avec DeepMind, la division de recherche sur l’intelligence artificielle (IA) de Google, les anciens combattants ont développé un logiciel capable de prédire si un patient pourrait être atteint d’une lésion rénale aigüe ou non. Il y a quelques mois, DeepMind prétendait déjà être en mesure de détecter plus de 50 maladies oculaires avec autant de précision qu’un médecin.

    Grâce aux nouvelles puissances de calculs et aux algorithmes permis par l’IA, les professionnels de santé entrevoient la possibilité de s’orienter vers plus de prévention et de personnalisation, en offrant un meilleur accompagnement au patient et en dotant le personnel soignant d’un nouveau support.

    DeepMind veut faire de la santé sa priorité. La plus grande difficulté pour DeepMind dans les travaux sur les lésions rénales aiguës est l’accès à de grandes quantités de données nécessaires à l’élaboration de l’algorithme. 

    Les recherches de Deepmind  sont centrées sur une technique appelée apprentissage automatique. Les algorithmes interprètent les informations visuelles sous la forme d’images dé-personnalisées (scanners de la tête et du cou du NHS Foundation Trust de l’University College London, du scanner NHS Foundation Trust, de la vue, de la mammographie du Cancer Research UK Imperial Centre).  Les algorithmes apprennent à identifier les problèmes potentiels au sein de ces images et de ces résultats, et à recommander le bon plan d’action à un clinicien.

  • Des chercheurs américains lancent un appel en faveur d’une norme pour le big data (Plos Biology)

    Des chercheurs de l’université de Washington, de la Food and Drug Administration (FDA) et des leaders de l’industrie ont publié un appel* dans la revue PLOS Biology en faveur d’une méthode de communication normalisée pour effectuer le séquençage à haut débit appelée BioCompute. À leurs yeux, cette normalisation est indispensable pour que les données soient communicables et analysables par le plus grand nombre.

    Analyse génomique : nettoyer big data 

    Le séquençage à haut débit produit un très grand nombre de données dont se nourrit la médecine de précision. La génération standardisée de données génomiques permet aux cliniciens, aux chercheurs et aux organismes de réglementation d’évaluer la fiabilité des biomarqueurs générés à partir d’analyses complexes.

    La baisse des coûts et une plus grande accessibilité ont entraîné une prolifération de données qui ont fait progresser le domaine de la bioinformatique. Cependant, même si l’importance du partage des données est établie, l’enregistrement, la création de rapports et le partage des protocoles d’analyse sont souvent négligés.

    Un protocole pour normaliser les échanges de données

    Dans l’espoir d’améliorer le partage des données entre les institutions d’analyse génomique, la Food and Drug Administration américaine et un consortium de recherche dirigé par l’université George Washington ont donc publié un cadre pour la communication des calculs de séquençage à haut débit et l’analyse des données. Cette tentative de rationalisation de l’échange de données appelée BioCompute est en open source depuis plus d’un an.

    « Nous voulons que les paramètres exacts de « biocomputation » soient aussi faciles à obtenir que l’obtention d’une recette pour le saumon, avait déclaré au moment de la publication du document Raja Mazumder, professeur agrégé de biochimie et de médecine moléculaire à l’université Georges Washington. Cela permettra à toute la bioinformatique de connaître les éléments importants de la « recette » pour que tout le monde parle le même langage. »

    Un appel en faveur de la médecine personnalisée

    Manifestement, la recette n’a pas encore été adoptée par le plus grand nombre. Plus d’un an plus tard, les concepteurs de BioCompute lancent un appel dans la revue Plos Biology. Les signataires de cet appel – des chercheurs de la George Washington University (GW), de la Food and Drug Administration (FDA), et des leaders de l’industrie – rappellent que  » sans normes ni infrastructure autour de cette nouvelle technologie, nous ne disposons que d’une base médiocre pour les travaux futurs. Au lieu de nous concentrer sur une nouvelle découverte, nous serons accablés par des inefficacités. Une analyse des données robuste et reproductible est la clé de l’avenir de la médecine personnalisée. C’est pourquoi nous devons créer une norme pour aller de l’avant. »

    Un besoin de traçabilité et d’interopérabilité

    Le protocole BioCompute permet de standardiser le reporting de données génomiques en tenant compte de leur provenance. Dans le seul domaine de la biologie moléculaire, il existe des centaines de bases de données publiques qui conservent, filtrent et annotent les données pour les rendre plus utiles. Seule une poignée d’entre eux conservent les données «source» et assurent donc une vraie traçabilité. Et les systèmes actuels reposent sur des données stockées dans différentes langues informatiques. La normalisation vise aussi l’interopérabilité.

    BioCompute crée une norme unifiée de collecte et de communication des données génomiques. « Sans une infrastructure telle que BioCompute, nous allons créer des silos de données inutilisables, ce qui rendra plus difficile l’élaboration de la recherche » à partir de ce Big Data, ont déclaré les auteurs de cet appel.

    Actuellement, quelque 300 universités et acteurs privés utilisent BioCompute. Selon Gil Alterovitz, PhD, professeur adjoint à la Harvard Medical School et co-auteur de la publication, « nous sommes aujourd’hui à un point d’inflexion », appelant de ses vœux une adoption plus large de cette norme par le monde industriel.

  • HIMSS19 : value based health care et santé populationnelle, thématiques phares (11-15/02/19 – USA)

    Le Congrès HIMSS – Healthcare Information and Management Systems Society – 2019 aura lieu à Orlando (Floride) du 11 au 15 février 2019. Accueillant plus de 1 200 exposants et 40 000 visiteurs, cet événement est l’une des rencontres majeures de la e-santé organisé annuellement outre-Atlantique.

    Une vingtaine de thème sont à l’agenda du programme cette année. Parmi les thématiques plébiscitées, la valeur en santé (value based health care), la transformation des systèmes de santé et les phénomènes de ruptures occupent une place de choix dans le programme de l’évènement.

    H&TI sera présent  à Orlando et rendra compte en direct des temps forts du Congrès et organisera un webinar le 26 février pour vous présenter les grandes tendances de la santé numérique de demain.

    Le programme détaillé de l’événement, accessible en ligne, ménage cette année encore une place de choix à la gestion populationnelle en santé (ou Population Health Management) et à la valeur en santé (ou value based health care).

    Structuré autour d’une vingtaine de thématiques , le salon ouvrira son édition 2019 autour de la question de la relation avec le patient et l’impact de son évolution sur le système de santé ?(« Is Consumer-Directed Exchange Disrupting the Healthcare Marketplace?« )

    Le programme de conférences sera l’occasion de partager les retours d’expériences de nombreuses organisations de santé ainsi que d’écouter la vision des experts technologiques sur des sujets tels que l’intelligence artificielle (IA) ou la blockchain. 

    Liste des thématiques 2019 :

    • Clinical Informatics & Clinical Engagement
    • Clinicially Integrated Supply Chain
    • Consumer, Patient Engagement & Digital Connected Health
    • Consumerization of Health
    • Culture of Care & Care Coordination
    • Cybersecurity, Privacy & Security
    • Data Science/Analytics/Clinical & Business Intelligence
    • Disruptive Care Models
    • Grand Societal Challenges
    • Health Informatics Education, Career/Workforce Development
    • Health Information Exchange, Interoperability, Data Integration
    • Healthcare Applications & Technologies Enabling Care Delivery
    • Improving Quality Outcomes Through Health Information & Technology
    • Innovation, Entrepreneurship & Venture Investment
    • Leadership, Governance & Strategic Planning
    • Population Health Management & Public Health
    • Process Improvement, Workflow & Change Management
    • Public Policy, Reporting & Risk Management
    • Safe Information & Technology Practices for Patient Care
    • Social, Psychosocial & Behavioral Determinants of Health
    • Telehealth
    • User Experience (UX), Usability & User Centered Design

    H&TI participera au Congrès HIMSS 2019 et rendra compte en direct des tendances marquantes de l’événement.

  • H&T SUMMIT 2018: « We need to change the way in which students understand AI » (D. Cole, IBM)

    « We need to change the way we’re educating medical students, and the way in which they understand [artificial intelligence (IA)]. The sooner we get used to it and understand its true capacity, the better care we will be able to provide (information, decisions, face-to-face contact), « said David Cole , IBM Watson Health Head of Business Development and Innovation EMEA, who spoke at « Augmented Reality, AI & Expert Systems « workshop at Health & Tech Intelligence for people international event Value-based health care in the digital era, organized on 18 December 2018 in Paris by Care Insight.

    The specialist talked about the importance of a « collaboration » between humans (radiologist) and the machine (IA) to improve the process of medical image processing , underlining the fact that the IA Watson system of IBM relied on global collaboration to power the tool with multiple images and to move it forward.

    « We need to harness the power of AI the same way we did with fire, which led to our evolution, » said on his side Luc Soler , scientific director of Research Institute against Digestive Cancer (Ircad), and CEO of the online 3D modeling service Visible Patient. The expert presented to the audience the augmented surgery concept, being tested in France and abroad.

    AI to better structure health data (D. Cole, IBM Watson Health)

    Much of the data from cloud computing, analytics, and other new technologies is unstructured, said David Cole, IBM Watson Health Head of Business Development and Innovation EMEA.

    The traditional systems can’t make sense of such unstructured data (images, voice, tweets…), he added. The artificial intelligence (AI) system is trained and learns through interactions.

    An AI smarter than human?

    In 2011, the IBM Watson Computing System won against the human champions during the American Jeopardy TV show (IBM 2011 Grand Challenge).

    Subsequently, the group decided to apply this system to healthcare by testing it at an oncology center in New York.

    Medical record and research data were combined, so that the machine could assists doctors in making better medical decisions

    Bringing American data to the European Union has been a challenge

    Bringing this American data to the European Union has been a challenge for the company, David Cole said. He highlighted two major challenges:

    • Where do you get the data from?
    • Who trains the system?

    « Transparency is necessary, » he said.

    While more than one billion radiology images are produced each year worldwide, there is a global shortage of radiologists, David Cole added. « The question, then, is how to speed up processes?, » he asked, adding that IBM benefits from a global collaboration to feed images to its AI system (machine learning).

    The importance of better AI training for future physicians

    The expert believes that to optimize the use of artificial intelligence in the healthcare sector, it is essential to better train future practitioners. « We need to change the way we’re educating medical students, and the way in which they understand this technology. The sooner we get used to it and understand its true capacity, the better care we will be able to provide (information, decisions, face-to-face contact). « 

    Augmented surgery: a cooperation between the AI and the doctor (L. Soler, Ircad)

    Luc Soler, scientific director of Research Institute against Digestive Cancer (Ircad), focused on the augmented surgery concept (liver surgery).

    The ideal for surgeons would be to have a transparent patient

    « At the end of the day, the ideal for surgeons would be to have a transparent patient… because not seeing what goes on inside leads to errors, » he said. « A solution would be for surgeons to wear a « helmet » that enables augmented reality. »

    In that case, the information feeded to the system comes from CTs or MRIs.

    Double-checking results by technicians

    Artificial intelligence is not fully perfect, it can not work alone, he said. « There are therefore 2 technicians who are responsible for double-checking results. »

    This system can be used to:

    • Preoperative simulation (« This is what it’s mostly used for, today »):
      • patient-specific modeling (v);
      • applicable to any part of the human body;
      • some health insurances are willing to reimburse the use of this system.
    • Hololens helmet (Microsoft) use during surgery:
      • fusion of the modeling image with the real image.

    The next step will be the automation of the system and its « guidance ».

  • Fuite de données : 16000 professionnels de santé touchés en France et un nouveau piratage à Singapour

    Deux fuites de données majeures ont été recensées dans le monde de la santé au cours du mois de janvier 2019, à Singapour mais aussi en France.

    • France : plus de 16 000 adresses email de professionnels de santé de différents établissements sanitaires, « souvent publiées avec le mot de passe associé » et « issus de divers piratages », ont été découverts regroupés sur une plateforme en ligne, a alerté dans un bulletin publié le 28 janvier 2019 la cellule d’accompagnement cybersécurité des structures de santé* (ACSS) du gouvernement. La divulgation, jugée « massive » par l’organisme, a eu lieu le 18 janvier. « Les informations ont toutefois été retirées et ne sont plus directement disponibles », est-il précisé dans le bulletin d’alerte.

    • Singapour : le ministère de la Santé singapourien a annoncé le même jour que les données confidentielles de 14 200 personnes atteintes du VIH, dont celles de 8 800 étrangers, ont été piratées puis mises en ligne. Il s’agit de la deuxième faille de sécurité de grande ampleur survenue en moins d’un an au sein de la cité-État, la première ayant visé les patients qui avaient effectué un séjour dans des cliniques entre le 1er mai 2015 et le 4 juillet 2018. Les informations personnelles d’environ 1,5 million de personnes, dont celles du Premier ministre Lee Hsien Loong, avaient été volées.

    Fuite de données mondiales : 773 millions d’adresses email recensée

    La fuite révélée par la cellule ACSS, intitulée « Collection #1 », a eu lieu le 16 janvier 2019 à l’échelle internationale, précise l’organisme du ministère des Solidarités et de la Santé. Il s’agit d’une « découverte record », avec près de 773 millions d’adresses email recensées.

    « Des millions de mails et de mots de passe, issus de divers piratages, ont été découverts regroupés sur une plateforme (Mega) via 12 000 fichiers distincts pesant en tout 87 Go, est-il indiqué dans le bulletin. Ces fichiers sont le fruit de plusieurs années de collecte de données piratées, provenant de diverses sources (de 2008 à 2019). »

    Le document précise que les propriétaires de ces adresses de messagerie « ne sont pas responsables du piratage de ces bases de données mais il doit être signalé que ces adresses sont souvent publiées avec le mot de passe associé au compte de messagerie ».

    Un probable recours au chantage à venir

    La cellule d’alerte prévient que les pirates vont « très probablement » utiliser ces données pour mettre en place des escroqueries dites de « phishing » (technique utilisée pour obtenir des informations personnelles afin de perpétrer une usurpation d’identité) et « recourir au chantage ».

    Un site pour savoir si une adresse email a été piratée

    Pour vérifier si une adresse email se trouve dans le fichier divulgué, la cellule ACSS conseille de se rendre sur le site Haveibeenpwned.com, qui permet de lancer une recherche sur une adresse email, que celle-ci soit personnelle ou professionnelle.

    « Le site indique si l’adresse entrée est trouvée ainsi que, si cela est identifié, l’origine de la fuite (site professionnel, de réseau social, etc.), explique-t-elle. Une information qui ne signifie pas forcément que ces données soient en danger, mais il convient par mesure de précaution de changer le ou les mots de passe associés au compte. »

    De plus, la cellule met en avant deux documents réalisés par l’Asip Santé et par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), qui présentent des recommandations de sécurité relatives aux mots de passe :

    • Sensibilisation a la sécurité des mots de passe (Asip Santé et cellule ACSS) ;
    • Recommandations de sécurité relatives aux mots de passe (Anssi).

    Singapour : la séropositivité de 14 200 personnes atteintes du VIH dévoilée

    Le ministère de la Santé de Singapour a annoncé dans un communiqué que l’identité (noms, numéros de passeport ou de cartes d’identité), les coordonnées (adresses, numéros de téléphone) et la séropositivité (informations médicales en général) de 14 200 personnes atteintes du VIH ont été dévoilées sur internet, précisant que 2 400 personnes sont touchées par un vol de leurs coordonnées.

    Cette faille concerne 5 400 Singapouriens diagnostiqués positifs au VIH avant janvier 2013 et 8 800 étrangers atteints du virus et diagnostiqués avant janvier 2012.

    Une Américain serait l’auteur du piratage

    Un Américain serait à l’origine du piratage. Il a vécu dans la cité-État de 2008 à 2016 et a été condamné pour possession de drogue et faux et usage de faux. Il a utilisé un faux certificat de diplôme de l’université de Princeton pour devenir conférencier. De plus, il a utilisé le sang de son compagnon pour tricher à un test du VIH et conserver son visa. Il a été expulsé de Singapour après une condamnation de 28 mois.

    Le gouvernement singapourien a demandé l’aide des autres pays puisque cette personne ne réside plus au sein de la cité-État.

    Pour rappel, l’homosexualité masculine est passible de deux ans d’emprisonnement à Singapour. Toutefois, cette loi n’est plus appliquée depuis 1999.

    L’accès aux informations volées a été désactivé

    Selon les autorités, la personne suspectée détenait ces informations confidentielles depuis 2016. L’accès aux données volées a été désactivé le 25 janvier 2019.

    Le ministre de la Santé Gan Kim Yong a présenté ses excuses à plusieurs reprises par le biais de diverses déclarations dans les médias.

    Selon Ouest France, deux organismes de santé singapouriens ont été condamnés par l’autorité de protection des données à des amendes, dont le montant équivaut à 645 000 euros.

  • Étude : un algorithme mesure les chances de réussite des thérapies cognitives par internet (AJP)

    Des chercheurs suédois du Karolinska Institute ont mis au point un algorithme semi-automatisé qui évalue le risque d’échec d’un traitement de thérapie cognitivo-comportementale (TCC) par internet. Chez les patients les plus à risque d’échec, l’adaptation du traitement s’est traduite par une réduction plus importante des symptômes. Les résultats de cette étude* publiée le 30 janvier 2019 dans l’American Journal of Psychiatry suggèrent qu’un algorithme permet d’améliorer les chances de réussite des TCC en ligne.

    Les TCC par internet : efficaces mais pour qui ?

    Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) par internet se sont avérées efficaces dans le traitement de la dépression, des attaques de panique, des troubles du sommeil et d’autres troubles psychologiques. Au cours des 20 dernières années, de nombreuses études ont montré que ces techniques faisaient jeu égal avec les traitements traditionnels en face à face. En Suède, cette approche a d’ailleurs été largement adoptée en pratique clinique.

    Cependant, comme n’importe quel traitement, les bénéfices des TCC en ligne sont variables selon les patients mais les facteurs de réussite d’une telle stratégie n’ont pas encore été identifiés.

    Un algorithme pour prédire les échecs

    Des chercheurs suédois du Karolinska Institute ont donc souhaité mener des travaux afin d’évaluer les bénéfices d’un traitement adaptatif chez les patients les plus à risques d’être en échec, et ce en utilisant les données de base et les données des premières semaines de traitement pour prédire le résultat final.

    Cette prédiction permettait alors au thérapeute d’intensifier et de personnaliser le traitement, sans attendre d’être en échec.

    Concrètement, après 4 semaines de thérapies cognitivo-comportementales par internet (sur un programme de 9 semaines), les scientifiques ont procédé à une évaluation structurée du risque individuel d’échec à l’aide d’un questionnaire et d’un outil fondé sur un algorithme. Les patients ont ensuite été classés comme faisant face à un risque faible ou élevé d’échec, c’est-à-dire des bénéfices insuffisants. Les personnes à haut risque ont été assignées au hasard soit au traitement, soit à un soutien supplémentaire et à un traitement ajusté.

    Les résultats de cet essai contrôlé randomisé incluant 251 patients souffrant d’insomnie ont été publiés le 30 janvier 2019 dans l’American Journal of Psychiatry.

    Résultats

    • L’algorithme a permis de classer 102 patients comme étant à risque d’échec du traitement.
    • 71 % des participants ont fourni l’ensemble des données permettant d’établir la prédiction.
    • Les patients qui n’étaient pas à risque présentaient des réductions de score de gravité de l’insomnie plus importantes que tous les autres groupes.
    • L’adaptation de la TCC par internet permettait de réduire davantage les symptômes d’insomnie que la poursuite du traitement standard (par internet également).
    • L’intensification du traitement nécessitait en moyenne 14 minutes supplémentaires de temps entre thérapeute et patient lors de la semaine restante.
    • 1,2 % des patients se sont détériorés sans traitement adapté et 0 % avec adaptation.

    Un premier pas vers la personnalisation des TCC par internet

    « Les résultats indiquent qu’il existe une évaluation précise des patients susceptibles ou non de bénéficier de la quatrième semaine de traitement », a déclaré Erik Forsell, psychologue et doctorant au département de neurosciences cliniques du Karolinska Institute. Les chercheurs considèrent donc cette étude comme une première étape dans la personnalisation de la thérapies cognitivo-comportementales par internet.

    Une des limites de ces travaux est que les thérapeutes étaient conscients que les patients à risque risquaient d’être en échec thérapeutique, ce qui pourrait affecter leur performance (les obligeant à abandonner ou à faire un effort supplémentaire). Cependant, cet effet est moins probable dans le contexte du traitement fourni en ligne de cette étude, dont une grande partie est normalisée et pour lequel les thérapeutes sont supervisés en termes de temps passé.

    Une autre limite est que le temps passé à envoyer du matériel aux patients du groupe de traitement adapté ou d’essayer, mais sans succès, de joindre quelqu’un au téléphone n’a pas été mesuré. Les patients à risque bénéficiant de soins standard recevaient globalement moins de temps, probablement parce qu’ils étaient inactifs.

    Vers une validation de l’algorithme

    Quant à l’algorithme, il n’avait pas été préalablement validé. « Si cela avait été le cas, la prédiction aurait pu être plus précise et donner ainsi des résultats plus clairs, soulignent les chercheurs. Bien que les résultats de cet essai soient déjà assez clairs, des études supplémentaires sont encore nécessaires pour optimiser et automatiser de tels algorithmes afin de maximiser leur utilité. »

  • La DSI de Vivalto santé obtient une certification internationale pour la sécurisation des données

    La direction des systèmes d’information (DSI) de Vivalto santé, soit le GIE Vivalto santé services partagés, a obtenu début janvier 2019 la certification internationale ISO 27001, qui porte sur la sécurité de l’hébergement des données dans le cadre des services qu’elle propose aux cliniques du groupe.

    Cette certification garantit que la société est conforme aux exigences de la norme ISO 27001 relative au déploiement d’un système de management de la sécurité de l’information.

    Elle couvre quasi toutes les activités de la DSI, précise le groupe français dans un communiqué publié le 21 janvier 2019, soit l’hébergement d’infrastructure, l’infogérance, la conception de systèmes d’information (SI) et l’interopérabilité des systèmes d’information (SI), le pilotage projet, l’assistance utilisateurs, le contrôle de gestion et les achats sur le périmètre SI et télécommunications.

    Le groupe indique que la DSI souhaite désormais obtenir la certification d’hébergeur de données de santé (HDS), qui a remplacé en 2018 l’agrément d’hébergeur délivré par le ministère de la Santé.

  • Analyse : l’IA pourrait améliorer la communication médecin-patient mais pas avant 10 ans (BMJ)

    Une équipe de chercheurs britanniques et américains a exploré les capacités de l’intelligence artificielle (IA) à améliorer le colloque singulier. S’ils prévoient des progrès rapides dans l’utilisation de l’IA dans la communication médicale, ils soulignent cependant que l’application de la reconnaissance vocale posent des difficultés particulières en ce qui concerne les soins. Leur analyse* a été publiée le 18 janvier 2019 dans le British Medical Journal.

    La reconnaissance vocale dans le colloque singulier

    Aujourd’hui, nous pouvons donner des ordres à nos smartphones, parler à des appareils tels que des haut-parleurs intelligents et leur demander de nous tenir informés de la météo et de la circulation. Ils ne fonctionnent pas parfaitement, bien que leur capacité à comprendre le langage humain et à y réagir progresse rapidement.

    « Combien de temps pourrait s’écouler avant que la reconnaissance vocale, l’apprentissage automatique et d’autres développements en matière d’intelligence artificielle (IA) offrent des outils pour la médecine, et comment ces outils pourraient-ils donner un aperçu de ce qui se passe entre les cliniciens et les patients ? ». Telles sont les questions que se sont posé des chercheurs du Trinity College de Dublin (Irlande), de l’université d’Édimbourg (Écosse), et du Darmouth Institute for Health Policy and Clinical Practice, du New Hampshire (États-Unis). Ils ont publié leur analyse dans le British Medical Journal (BMJ) le 18 janvier 2019.

    Le potentiel de l’IA dans ce domaine est particulièrement intéressant à mesurer puisque la pratique de la médecine implique une communication complexe – souvent stressante – entre les prestataires de soins de santé, les patients et leurs familles.

    En outre, « les compétences en communication de nombreux cliniciens n’étaient pas évaluées auparavant, que ce soit à l’école ou en début de pratique. Et en même temps, tout indique que les cliniciens ont souvent du mal à communiquer avec leurs patients. Il est difficile d’améliorer quelque chose quand vous ne recevez aucun feedback « , a déclaré Glyn Elwyn, auteur principal de ces travaux et professeur au Dartmouth Institute.

    3 technologies pour révolutionner la communication

    Selon l’équipe de chercheurs, l’apprentissage automatique (machine learning) pourrait avoir un effet important sur la médecine et trois applications commencent à émerger dans le secteur de la santé.

    • L’analyse automatisée de mots et des phrases.
      Elle pourrait permettre de savoir si les patients et les soignants se sont compris, comment leurs modes d’expression ont convergé, si les médecins prenaient des exemples appropriés, utilisaient un jargon… L’intelligence artificielle pourrait également être utilisée pour analyser les conversations en temps réel et inciter les prestataires à envisager des diagnostics qui pourraient ne pas être évidents ou à offrir une gamme plus large d’options de traitement.
    • Les chevauchements de paroles.
      Ce type d’analyse examine les proportions de temps passé par les patients et les soignants à parler et si le prestataire s’interrompt pour permettre au patient d’exprimer ses préoccupations ou de poser des questions. Selon les auteurs de cette étude, cette approche est intéressante car plus le patient aura le temps de parler, mieux il adhèrera au traitement, moins il sera angoissé.
    • Ton et style dans les interactions.
      Dans le secteur de l’aviation, les compétences clés des pilotes en matière de communication ont été évaluées à l’aide d’algorithmes permettant d’analyser leur hauteur et leur énergie vocales. L’adaptation de telles méthodes au secteur de la santé pourrait aider à détecter les situations à haut risque lorsque les cliniciens sont soumis à un stress ou à des charges de travail pouvant affecter la qualité de leur communication.
      • Une analyse automatisée de la hauteur de la voix, du timbre et du rythme du débit de parole pourrait permettre une détection rapide des situations présentant un risque accru de poursuites pour faute professionnelle.
      • Les vocalisations non verbales peuvent aussi être pertinentes. Le rire, par exemple, a été associé à une probabilité réduite de faute professionnelle.
      • L’analyse des schémas vocaux pourrait également fournir des informations sur la santé physique et mentale des patients. Par exemple, les épisodes dépressifs peuvent être marqués par des changements systématiques dans le ton de la voix.

    Des progrès dans une dizaine d’années

    Les progrès sont visibles mais les chercheurs ne s’emballent pas. Ils estiment qu’une analyse systématique et en routine de l’intonation et des chevauchements de parole (turn-talking) sera possible dans quelques années. En revanche, pour une analyse plus complète du contenu, y compris des conseils en temps réel sur le diagnostic et les plans de traitement, il faudra sans doute être plus patient.

    Le colloque singulier entre un patient et un malade pose des problèmes spécifiques à l’IA : deux personnes qui parlent, souvent avec des discours qui se chevauchent, des temps très différents (salutations, rappel des antécédents, diagnostic…), des médecins qui adaptent leur style de communication aux besoins de leurs patients, un vocabulaire technique inhabituel … « À l’heure actuelle, même les systèmes d'[intelligence artificielle] les plus avancés sont incapables d’analyser et d’évaluer la complexité des interactions cliniques dyadiques », estiment les auteurs de cette analyse.

    Comment les soignants vont adopter ces outils ?

    Ils ne sont pas défaitistes pour autant. « Il y a cinq ans, l’idée d’utiliser l’IA pour analyser la communication clinique aurait été considérée comme impossible », reconnaissent ces chercheurs. Et la technologie avance à grands pas car « il existe un marché de masse pour cette technologie : la technologie Siri d’Apple, par exemple, gère plus de deux milliards de commandes vocales chaque semaine. » Il sera intéressant de voir si les systèmes de santé peuvent tirer parti de ces derniers développements et si les cliniciens seront ouverts à l’utilisation de tels outils.