Des chercheurs de l’Imperial College of London de l’université de Melbourne ont développé un logiciel d’intelligence artificielle (IA) qui s’est révélé capable de prédire le pronostic des patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire avec plus de précision que les méthodes actuelles. Cette technologie a su identifier le traitement qui serait le plus efficace, révèlent également les résultats d’une étude* publiés le 15 février 2019 dans la revue Nature Communications.
À la recherche de biomarqueurs dans le cancer de l’ovaire
Le taux de survie à 5 ans du cancer de l’ovaire est d’environ 35 à 40 % car la maladie est souvent diagnostiquée tardivement. C’est le sixième cancer le plus fréquent chez la femme. La plupart des patientes atteintes de la forme de haut grade subissent une chirurgie de réduction tumorale et une chimiothérapie, et ce sans tenir compte de biomarqueurs pronostics individuels.
La réponse à ce traitement est très hétérogène. Or, plusieurs biomarqueurs moléculaires ont récemment été identifiés. Par ailleurs, le diagnostic du cancer de l’ovaire – via un test sanguin et un scanner – ne permet pas aux cliniciens d’évaluer les effets probables d’une intervention chirurgicale.
Un logiciel d’IA pour établir un score de risque
Des chercheurs de l’Imperial College de Londres de l’université de Melbourne ont donc fait l’hypothèse que l’intelligence artificielle (IA) pourrait aider les cliniciens à administrer plus rapidement les meilleurs traitements et ouvrir la voie à une médecine plus personnalisée. Ils espèrent que la technologie permettra de classer les patientes en fonction de différences subtiles dans la structure de leur cancer plutôt que sur une classification basée sur leur type de cancer ou sur son état d’avancement.
Les chercheurs ont donc utilisé un logiciel mathématique appelé TEXLab pour identifier l’agressivité des tumeurs dans les tomodensitogrammes et les échantillons de tissus de 364 femmes atteintes d’un cancer de l’ovaire entre 2004 et 2015.
Le logiciel a examiné 4 caractéristiques biologiques des tumeurs qui influent de manière significative sur la survie globale – structure, forme, taille et constitution génétique – afin d’évaluer le pronostic des patientes. Elles ont ensuite reçu un score appelé « vecteur de pronostic radiomique » (RPV) indiquant la gravité de la maladie, allant de légère à sévère. Enfin, les chercheurs ont comparé ces résultats avec ceux des tests sanguins et les scores de pronostic actuels.
Les résultats de cette étude ont été publiés le 15 février 2019 dans la revue Nature Communications.
Résultats : la haute précision de l’IA
- Le logiciel d’intelligence artificielle a été 4 fois plus précis pour prédire le risque de décès que les méthodes standard.
- 5 % des patientes avec un score élevé avaient un taux de survie inférieur à 2 ans.
- Un score élevé était également associé à une résistance à la chimiothérapie et à des résultats médiocres à la chirurgie et/ou le traitement médicamenteux.
Un meilleur ciblage du traitement
Ces résultats suggèrent que le score dit « RPV » pourrait être un biomarqueur potentiel afin de prédire comment les patients réagissent aux traitements. Cette signature radiomique a l’avantage d’être non invasive et facilement accessible. Le modèle proposé repose en effet uniquement sur les informations issues du scanner pré-opératoire de routine.
Le Pr Eric O. Aboagye, co-auteur de l’étude, suggère qu’en outre, cette technologie pourrait servir à identifier les patientes peu susceptibles de répondre aux traitements standards, ce qui permettrait aux médecins de leur proposer des traitements alternatifs. Les chercheurs ont annoncé leur intention de mener une étude plus vaste afin d’évaluer la capacité de leur logiciel à prédire avec précision les résultats de la chirurgie et du traitement médicamenteux.