Cyber

  • Coalition S : un programme européen pour ouvrir l’accès en ligne aux publications scientifiques

    Science Europe, association regroupant les principales organisations de financement de la recherche et les organisations de recherche européennes, a annoncé le 4 septembre 2018 le lancement de Coalition S, un programme visant à favoriser un accès complet et immédiat – dans des revues ou plateforme à accès libre conformes – aux publications scientifiques financées par des fonds publics.

    Cette initiative, qui fédère 11 organismes nationaux de financement de la recherche et invite les bailleurs de fonds de recherche du monde entier à participer, est soutenue à l’échelle internationale par la Commission européenne et le Conseil européen de la recherche.
    Au niveau national, alors que la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Frédérique Vidal a annoncé le 4 juillet 2018 un plan pour la science ouverte, la France appuie ce projet via la participation de l’Agence nationale de la recherche (ANR).

    Concrètement, pour parvenir d’ici 2020 à ouvrir l’accès aux publications scientifiques, l’initiative Coalition S propose aux 11 organismes nationaux participants et à ceux qui les rejoindront de coordonner leurs actions autour de 10 principes, qui constituent le « Plan S ».

    Les 10 principes du plan S

    • Les auteurs doivent pouvoir conserver leurs droits d’auteur sur leurs publications, sans aucune restriction. Toutes les publications doivent paraître sous une licence ouverte, de préférence la « Creative Commons Attribution Licence CC BY ». Dans tous les cas, la licence utilisée doit être conforme aux exigences définies par la déclaration de Berlin. 
    • Les bailleurs de fonds assureront conjointement la mise en place de critères et d’exigences robustes pour les services que les revues et les plates-formes open access (en libre accès) conformes devront fournir.
    • S’il n’existe pas encore de revues ou de plateformes en libre accès de grande qualité, les bailleurs de fonds inciteront, de manière coordonnée, à les créer et à les soutenir, le cas échéant ; le support sera également fourni pour les infrastructures en libre accès, si nécessaire.
    • Les publications en open access doivent être financées par les bailleurs de fonds de recherche ou les universités, non par les auteurs eux-mêmes ; tous les scientifiques devraient pouvoir publier leurs travaux en libre accès même si les institutions dont ils dépendent disposent de moyens limités.
    • Les financements des publications en open access doivent être standardisés et plafonnés en Europe.
    • Les bailleurs de fonds demanderont au universités, aux organisations de recherches et aux bibliothèques d’aligner leurs politiques et leurs stratégies, notamment pour garantir une transparence.
    • Si ces principes s’appliquent à tous les types de productions de recherche, il n’est pas attendu que les monographies, les encyclopédies et les autres livres puissent être disponibles en accès libre avant le 1er janvier 2020.
    • L’importance des archives ouvertes pour l’accueil des nouveaux travaux de recherche est reconnue : ces dépôts ouverts ont une fonction d’archivage à long terme et portent un potentiel d’innovation éditoriale.
    • Les modes de publication « hybrides » – accessibles uniquement sous abonnement mais via lesquels les auteurs peuvent publier leurs travaux en open access moyennant versement de frais de publication supplémentaires – ne sont pas en accord avec les principes ci-dessus.
    • Les bailleurs de fonds surveilleront que les acteurs concernés respectent ces principes et sanctionneront ceux qui ne les appliquent pas.

    La position de l’Inserm

    Signataire de la Déclaration de San-Francisco sur l’évaluation de la recherche (DORA), qui propose notamment « d’exploiter les possibilités offertes par la publication en ligne », l’Inserm s’est « réjoui » de cette initiative. 

    Dans une dynamique similaire, l’institut français avait déjà augmenté de 22 % entre 2015 et 2017 son taux de publications en accès libre en ligne payées par l’organisme : environ 30 % des publications de l’Inserm sont disponibles en accès libre en 2018.

  • APHP, Inria : 1ères rencontres académiques de l’évaluation des objets connectés en santé, 8/10/2018

    L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), l’Université Paris Diderot et l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) organisent le 8 octobre 2018 à Paris les premières rencontres académiques de l’évaluation des objets connectés en santé, avec au programme plusieurs tables rondes et retours d’expériences sur les grands enjeux posés par le déploiement de ces dispositifs et par leur évaluation.

    À la lumière des premiers retours d’expérience d’évaluation d’objets connectés en santé, le but de cette rencontre est de s’interroger sur les modalités qui permettront de concilier le développement de ces outils à des fins médicales avec les exigences d’une médecine de qualité soucieuse de l’intérêt du patient.

    Il est possible de s’inscrire à cet événement via le lien ci-contre.

    9h

    Accueil

    9h30

    Introduction

    Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP ; Christine Clerici, présidente de l’université Paris Diderot ; Philippe Ruszniewski, doyen de la faculté de médecine de l’université Paris Diderot.

    10h

    Les grands enjeux posés par les objets connectés en santé

    Modérateur : Céline Lefève, maître de conférences en philosophie, co-responsable du programme USPC « La Personne en médecine », université Paris Diderot, et directrice de la chaire coopérative « Philosophie à l’hôpital » (AP-HP/ENS).

    • Les enjeux éthiques et philosophiques, avec Jean-Michel Besnier, professeur des universités, université Paris IV-Sorbonne, chaire de philosophie des technologies d’information et de communication ;
    • Les enjeux posés à notre système de santé : La E-santé, distinguer la lame de fond de l’écume, avec Etienne Minvielle, MD, PhD, titulaire de la chaire de management et directeur de l’EA 7348 management des organisations de santé à l’École des hautes études en santé publique (EHESP), mission « parcours innovant », Institut de cancérologie Gustave Roussy.

    11h45 

    Les grands enjeux posés par les objets connectés en santé (suite)

    • Numérique & santé connectée, avec Eric Fleury, directeur du centre de recherche Inria de Paris ;
    • Débat entre les auditeurs et les intervenants.

    12h45 

    Déjeuner

    14h

    Retours d’expériences autour de l’évaluation des objets connectés en santé

    Modérateur : François Crémieux, directeur général adjoint de l’AP-HP.

    • Les enjeux cliniques, avec Marie-Pia d’Ortho, directrice scientifique du Digital Medical Hub, cheffe de service de physiologie, explorations fonctionnelles de l’hôpital Bichat – Claude-Bernard, AP-HP ;
    • Fiabilité et aide à la décision, avec Anne Gégout-Petit, professeure des universités, université de Lorraine, institut Elie Cartan, responsable de l’équipe Inria BIGS ;
    • Les enjeux médico-économiques, avec Camille Jean, maître de conférences, laboratoire conception de produits et innovation, Arts et Métiers ParisTech ;
    • Les enjeux psychiques de l’interaction des patients et soignants avec les objets connectés, avec Cristina Lindenmeyer, psychanalyste, maître de conférences HDR au département d’études psychanalytiques – UFR IHSS, université Paris 7 Diderot.

    15h20 

    Table-ronde : Possibilités et limites des objets connectés en santé

    Modérateur : Rodolphe Gouin, directeur de la Fondation AP-HP pour la recherche.

    Intervenants : Marie-Pia d’Ortho ; Anne Gégout-Petit ; Cristina Lindenmeyer ; Jean-Yves Fagon, délégué ministériel à l’innovation en santé ; Corinne Collignon, adjointe au chef de service évaluation des dispositifs médicaux, direction de l’évaluation médicale, économique et de santé publique (DEMESP), HAS ; Camille Jean, maître de conférences, laboratoire conception de produits et innovation, Arts et Métiers ParisTech.

    16h30 

    Conclusion

  • Cybersécurité des infrastructures de santé : l’AP-HM pilotera le projet européen SAFECARE

    L’Assistance Publique – Hopitaux de Marseille (AP-HM) a été retenue courant septembre 2018 pour piloter le projet européen H2020 SAFECARE, financé par la Commission européenne pour une durée de trois ans et qui sera officiellement lancé les 11 et 12 septembre 2018 au Centre Hospitalier de la Timone (Provence-Alpes-Côte d’Azur).

    SAFECARE, composé d’un consortium de 21 partenaires provenant de 10 pays membres de l’UE, a pour objectif de renforcer la sécurité des infrastructures de santé. Il est axé autour de trois domaines : la cybersécurité, la mise en place d’une base de données et la sécurité physique.

    Le renforcement de la cybersécurité passe par la création d’un système d’analyse et de détection d’éventuels programmes malveillants dans les e-mails, les dossiers numériques des patients ou encore les images médicales. Quant à la base de données unique, il s’agit d’une une plateforme centrale censée recueillir les données des différents systèmes d’alerte.

    Un projet pilote sera mis en place à Marseille avec des acteurs de la crise et des intervenants afin de tester des scénarios d’attaque dans des conditions quasi-réelles.

    Renforcement de la cybersécurité

    L’un des objectifs du projet SAFECARE est de déployer un système d’analyse et de détection de potentiels malware (programmes malveillants) dans les e-mails, les dossiers numériques des patients ou encore les images médicales, afin de surveiller de près le trafic du réseau de ces services de santé.

    Des scénarios de cyberattaques seront testés pour élaborer des algorithmes permettant aux systèmes d’identifier des menaces types.

    Des alertes envoyées sur une plateforme centrale

    Une attention particulière sera portée à la sécurité du matériel médical électronique. En effet, le déploiement d’un système de surveillance connecté aux équipements médicaux, tels que les scanners et les cathéters, est prévu. En cas de problème, les praticiens seront alertés du problème et un message d’alerte sera envoyé sur une plateforme centrale.

    Mise en place d’une base de données

    Les données recueillies par les systèmes d’alerte seront rassemblées sur une plateforme centrale. Ce partage d’informations permettra d’améliorer la communication entre les personnes présentes sur le lieu de crise et leurs premiers interlocuteurs afin de faciliter la prise de décision pour la mise en place de plans d’intervention adaptés.

  • Appel à projets de recherches transversales pour l’élaboration d’un atlas numérique en embryologie

    L’Inserm lancera le 18 septembre 2018 un appel à projets de recherches susceptibles de s’intégrer dans un programme scientifique transversal en embryologie à destination, en particulier, des statisticiens, généticiens et biologistes cellulaires.

    En effet, « pour soutenir une recherche intégrée et pluridisciplinaire et assurer un continuum entre la recherche fondamentale et clinique », l’Inserm met en place un programme scientifique transversal dont les objectifs principaux sont : ​
    • de faire émerger dans la communauté scientifique des « consortiums nationaux interdisciplinaires« ; 
    • de promouvoir la recherche biomédicale française en accélérant le transfert et la valorisation des connaissances, par exemple en intégrant des industriels dans les programmes. ​

    Ce programme transversal, baptisé « HuDeCA », vise à construire le premier atlas numérique des cellules de l’embryon et du fœtus humain. « Ce projet s’inscrit dans le cadre d’une initiative internationale, qui vise à cartographier les cellules du corps humain (Human Cell Atlas ou HCA), normal et pathologique, adulte mais aussi en développement », précise l’Inserm. À l’échelle française, ce programme a pour objectif de développer des plateformes et des bases de données afin de structurer la communauté scientifique du pays. Il permettra également aux équipes de l’Inserm de répondre à des appels d’offres européens à venir dans le domaine du développement humain, dont des anomalies causent des maladies ou des malformations congénitales atteignant plus de 3 % des naissances par an en France et provoquant certaines maladies chroniques à l’âge adulte.​​​

    La date limite de dépôt de la lettre d’intention est fixée au 18 octobre 2018. Sa soumission peut être réalisée via le lien ci-contre.
    Un comité scientifique se réunira pour la sélection​ des projets en décembre 2018.
    Enfin, un séminaire et une présentation des axes de travail aura lieu en février 2019.

    Axes de travail visés par l’appel à projet

    Axe de travail 1 : élaboration d’une plateforme de gestion et d’une biobanque de tissus et cellules humains embryonnaires et fœtaux

    Une interface web pour des chercheurs reliée à une base de données centralisée, sécurisée et à multiples niveaux de permissions, qui comprend deux modules interdépendants, sera élaborée.

    Axe de travail 2 : Appréhender la diversité des cellules et des tissus embryonnaires et fœtaux humains 

    « Les techniques -omiques, notamment sur cellules uniques, permettront d’établir la carte d’identité moléculaire des différents types cellulaires de l’embryon et du fœtus et de suivre son évolution au cours du développement », précise l’Inserm.

    En particulier, les techniques d’imagerie établiront la position et confirmeront le stade d’apparition des différents types cellulaires. La culture primaire ex vivo d’embryons précoces ou de cellules issues de tissus embryonnaires et fœtaux permettra de déterminer les propriétés physiques et d’évaluer le potentiel développemental des différents types cellulaires.

    Axe de de travail 3 : Construire et mettre à disposition un atlas numérique des cellules embryonnaires humaines

    Cet objectif nécessite de nouvelles avancées technologiques ainsi que des approches informatiques « intégratives ». L’un des défis est de pouvoir disposer d’un système modulaire et flexible, permettant d’intégrer les évolutions technologiques futures (format et taille des données, types de données, etc.).

    L’Inserm précise que :

    • l’atlas devra être interopérable ou permettre l’intégration des résultats ;
    • des ontologies (mots clés, arborisation…) devront être définies à partir des normes en vigueur et périodiquement mises à jour selon le retour des utilisateurs, permettant ainsi d’organiser les données et de les rechercher ;
    • l’interrogation d’une base de données intégrera la mise à disposition des informations issues de tous les autres axes en temps réel ;
    • le développement des algorithmes permettra de faciliter et d’automatiser la segmentation des cellules et leur comptage à partir d’images 3D ;
    • le partage des données imagerie, leur lecture et leur interprétation seront facilités en développant des interfaces web en 3D ;
    • le transfert des données d’imagerie vers des applications de réalité virtuelle ou de réalité augmentée permettra une analyse plus rapide et précise des données et simplifiera leur compréhension.

    Critères d’éligibilité

    Pour être considérée éligible, la lettre d’intention doit satisfaire aux conditions suivantes :

    • la lettre d’intention de participation au consortium doit s’inscrire dans au moins un des axes de travail ;
    • le chercheur doit être un chercheur ou un enseignant-chercheur titulaire travaillant au sein d’une équipe labellisée par l’Inserm. Il peut, pour les besoins du projet, proposer l’association au maximum d’un chercheur ou d’une autre équipe relevant de l’Inserm ou d’un autre établissement, avec l’accord de ce dernier ;
    • le chercheur devra préciser son implication en temps dans le projet, les ressources, notamment en personnel ou en équipement, qu’il entend mobiliser pour la réalisation du programme transversal, en accord avec le responsable de l’établissement partenaire.

    Critères d’évaluation

    Les lettres d’intention seront soumises à un comité d’experts scientifiques, qui s’attachera à l’évaluation des projets selon des critères :

    • de qualité et d’originalité : clarté des objectifs et des hypothèses de recherche, caractère innovant et progrès par rapport à l’état de l’art ;
    • de compétences : pertinence des compétences par rapport aux objectifs du programme, possibilité d’associer les compétences dans un large réseau ;
    • d’excellence de l’équipe ou des équipes porteuses du projet de recherche : reconnaissance internationale, compétences des responsables d’équipe dans leur discipline ;
    • de qualité de l’environnement de recherche : ressources humaines mobilisées dans le programme, infrastructure à disposition pour réaliser le programme ;
    • d’innovation et de compétition : caractère innovant du projet par rapport aux enjeux scientifiques internationaux ou par rapport à la compétition internationale ;
    • concernant les retombées attendues : impact des retombées en termes de connaissances et de levée de verrous technologiques, articulation du projet dans la construction de consortium en réponse aux appels internationaux.
  • UK : le ministère de la Santé crée un code de conduite pour les techno basées sur les données et l’IA

    Le département de la Santé et des Affaires sociales britannique a publié début septembre 2018 un nouveau code de conduite pour l’utilisation de technologies basées sur l’exploitation des données dans le domaine de la santé et l’intelligence artificielle (IA) afin de créer un « environnement sûr et de confiance dans lequel l’innovation puisse prospérer ».

    L’objectif général de ce nouveau code est d’assurer un accord équitable pour le NHS dans tous ses partenariats futurs, d’établir des directives claires sur la manière dont les données des patients sont protégées et d’accélérer l’introduction de technologies éprouvées.

    À l’occasion du salon Health and Care Innovation Expo, qui s’est tenu les 5 et 6 septembre 2018 à Manchester, le ministre de la Santé Lord James Richard O’Shaughnessy a déclaré que les principes contenus dans le document constitueraient des « règles d’engagement » entre l’industrie et le système de santé. Bien que l’application de ce code ne soit pas obligatoire, il demande aux organisations concernées de respecter ces nouvelles mesures pour démontrer leur engagement à suivre les meilleures pratiques possibles en la matière.

    Les principes clés du nouveau code de conduite

    Actuellement en phase de consultation initiale, ce code de conduite détaille plusieurs principes auxquels les acteurs travaillant sur les technologies basées sur les données de santé devraient adhérer.

    Parmi eux figure l’obligation de présenter « une analyse de rentabilisation claire mettant en évidence les produits, les résultats, les avantages et les indicateurs de performance, et comment exactement le produit se traduira par une meilleure fourniture [de soins] et/ou de [meilleurs] résultats pour les personnes et le système de santé ».

    Le gouvernement s’engage à simplifier le cadre réglementaire et financier

    Le document énumère également des engagements que le gouvernement devra tenir, notamment pour simplifier le cadre réglementaire et financier afin de « ne pas étouffer l’innovation ni risquer la sécurité des patients » et pour encourager le système de santé à adopter des technologies innovantes.

    L’IA et l’apprentissage automatique (machine learning) est un domaine qui progresse « à la vitesse de l’éclair » et qui est « doté d’un énorme potentiel dans le secteur de la santé », a déclaré le ministre de la Santé britannique Lord James Richard O’Shaughnessy.

    La mise en place de ce code de conduite vise notamment :

    • à créer un « écosystème sûr » dans le domaine de la santé numérique et des algorithmes intelligents ;
    • à mettre en place des garanties appropriées au niveau de la sécurité et de la protection des données ;
    • à renforcer les normes en matière d’utilisation des données en établissant les meilleures pratiques possibles ;
    • à s’assurer que les entreprises concernées soient justes, transparentes et responsables vis-à-vis des données qu’elles utilisent ;
    • à créer un avantage concurrentiel pour le marché des soins du NHS et plus largement du Royaume-Uni ;
    • à établir des partenariats avec les prestataires de soins, les patients, les utilisateurs des services, le personnel, les acteurs de l’industrie et les universités.

    Le lancement de ce code de conduite survient après la mise en place d’un cadre éthique relatif à l’exploitation des données (Data Ethics Framework), publié par le département britannique du Numérique, de la Culture, des Médias et des Sports. Ce dernier précise les comportements à adopter pour une utilisation jugée appropriée des données au sein du gouvernement et dans le secteur public au sens large.

  • Le HCSP préconise de poursuivre le programme national pour la sécurité des patients (PNSP)

    Le Haut conseil de la santé publique (HCSP), en conclusion de son rapport d’évaluation du programme national pour la sécurité des patients (PNSP) mis en ligne le 3 août 2018, préconise de poursuivre le déploiement de ce programme initialement lancé pour la période 2013-2017.

    Le HCSP affirme que le PNSP 2013-2017 « représente le premier programme déployé en France porteur d’une vision transversale de la sécurité des patients tout au long de leur parcours de soins » et a pu permettre l’élaboration d’un cadre réglementaire fort, avec la rédaction de textes juridiques et de guides pédagogiques publiés par la Haute autorité de santé (HAS) à destination des acteurs de terrain.

    Le HCSP propose d’organiser la poursuite du PNSP 2013-2017 d’autant plus rapidement que les enjeux actuels de santé publique sont importants : 20 000 à 30 000 décès sont potentiellement associés à des effets indésirables associés aux soins chaque année en France (source : HCSP). 

    À l’issue de son rapport et pour la poursuite du programme, le HCSP formule en particulier 9 préconisations principales concernant notamment la mise en place de systèmes d’information (SI) adaptés, l’intégration plus systématique des questions de sécurité dans les parcours patients, la construction d’une culture commune de sécurité des patients, etc.
    « Ces préconisations, dont certaines dépassent le périmètre traditionnel de la sécurité des patients, témoignent de l’évolution des connaissances sur les conditions de la sécurité des patients », précise l’HCSP, dont l’ambition est « de préserver une visibilité forte sur la sécurité des patients tout en conservant son inscription dans toutes les initiatives de transformation du système de santé ».

    Préconisations innovantes pour une future politique de sécurité des patients

    Définir a priori le système d’information (SI) nécessaire au suivi et à l’évaluation des risques

    Afin de décider du caractère approprié ou non de tel ou tel SI, le HCSP préconise de définir des objectifs quantitatifs de réduction des risques, des méthodes de mesure incluant des indicateurs importants pour les usagers, des modalités de suivi des actions et du budget, etc.

    Intégrer les questions de sécurité dans les parcours de patients

    Dans ce cadre, le HCSP préconise notamment d’ »inscrire systématiquement un volet sécurité des soins dans la définition de l’organisation et du fonctionnement des parcours (productions de la HAS et de l’Assurance maladie, contrats entre ARS et offreurs de soins, expérimentations […]) ».

    Poursuivre la construction d’une culture commune de la sécurité des patients

    Le HCSP demande, en plus de respecter la charte de non-sanction consécutive à un signalement, de s’interroger comme au Danemark, en Suède, en Norvège, en Finlande et en Nouvelle-Zélande » sur la pertinence du régime de responsabilité médicale pour faute« , en particulier pour :

    • promouvoir la déclaration et l’analyse des événements indésirables liés aux soins ;
    • favoriser une appréciation par les experts moins centrée sur le comportement personnel d’un professionnel de santé donné et plus attachée à « l’utilisation des données scientifiques » ou « la mise en place d’une organisation et d’un management favorisant la sécurité des patients » ;

    De plus, d’après le HCSP, c’est la formation des professionnels de la santé ainsi que la sensibilisation des usagers aux questions de sécurité qui doivent permettre de soutenir la construction d’une culture de la sécurité. Aussi, le haut conseil recommande d’ »homogénéiser » et de « pluriprofessionnaliser » les formations, de fonder des actions sur les résultats d’une enquête nationale sur la culture de sécurité dans le domaine de la santé et de co-construire les évaluations et les actions avec les usagers.

  • La prévention et l’innovation au Health Care Summit de Politico, les 8 et 9 octobre 2018 à Genève

    Politico, média politique basé à Washington, organise en partenariat avec le quotidien suisse Le Temps son 3ème Annual Health Care Summit, qui se tiendra les 8 et 9 octobre 2018 à Genève.

    Cet événement, qui rassemblera des acteurs des systèmes de santé tels que des décideurs politiques, des scientifiques, des représentants de patients, etc., vise à donner des clés pour relever les défis mondiaux en matière de santé préventive à la lumière des nouvelles technologies et des modes d’organisations innovants à même de rendre les systèmes de santé plus proactifs. 

    Lors du sommet seront abordées les problématiques suivantes :
    • « Soins de courte durée, soins à domicile, prévention – comment trouver le bon équilibre ? » ;
    • « Quelles sont les nouvelles organisations et les nouveaux modèles de financement qui permettront un changement systémique ? » ;
    • « Comment tirer parti des nouvelles technologies pour rendre les systèmes de santé plus proactifs, préventifs et centrés sur le patient ? » ;
    • « Des applications de cybersanté en nutrition, activité physique, etc., et de la télémédecine aux tests prédictifs – comment allouer les ressources de la manière la plus durable et la plus efficace possible entre les différents niveaux de prévention ? » ;
    • « Quelles sont les questions les plus urgentes à résoudre pour s’assurer que les nouveaux progrès de la médecine et de la technologie ne créent pas plus de problèmes qu’ils n’en résolvent ? ».

    Pour s’inscrire, il suffit de se rendre sur le site officiel du sommet, accessible via le lien ci-contre.

    Programme

    Lundi 8 octobre 2018

    18h00 : Accueil des participants et cocktail de bienvenue

    18h40 : Interview « Restaurer la confiance pour inciter à la prévention »

    19h15 : Cocktail networking

    Mardi 9 octobre 2018

    08h30 : Accueil des participants et café de bienvenue

    09h00 : Interview d’ouverture « Soigner en amont : quels enjeux ? »

    09h45 : Conférence « La prévention dans toutes les politiques »

    10h30 : Pause networking

    11h00 : Débat « Favoriser la prévention et le diagnostic précoce par les nouvelles technologies et les dispositifs innovants »

    11h50 : Débat « Nouveaux fonds et modèles économiques : des échanges internationaux »

    14h00 : Tables rondes (au choix) : « Vaccination : quelles opportunités et quels défis en période de méfiance ? » ou « Data : qui devrait pouvoir les utiliser, y accéder, les héberger, les posséder, etc. ? » ou « Ralentir la protection et favoriser le diagnostic précoce des maladies chroniques ».

    15h00 : Tables rondes (au choix) : « Antibiothérapie : comment agir sur le mésusage des antibiotiques, changer les habitudes de prescription et trouver de nouveaux traitements ? » ou « Qu’est-ce que la valeur dans le domaine des soins et comment mesurer la valeur de la prévention ? » ou « Encourager des modes de vie sains : la simplicité des messages (« mangez mieux », « pratiquez une activité physique régulièrement », etc.) diffusés dans la population est-elle appropriée ? »

    16h00 : Clôture de l’événement

  • CPTS : les professionnels mobilisés, mais un pilotage national et des financements manquent (Igas)

    Le rapport du 6 septembre 2018 publié par l’Igas sur le déploiement des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) rend compte d’une « réelle mobilisation » des professionnels de santé pour ces CPTS malgré des soutiens organisationnels et financiers « très modestes » de la part des autorités publiques.

    En effet, la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, avait saisi l’Igas le 21 mars 2018 d’une « mission de définition d’une stratégie de déploiement des CPTS, en appui à la Directrice générale de l’offre de soins (DGOS) », rappelle l’introduction du rapport.

    Aussi, après avoir consulté les acteurs institutionnels nationaux (administrations, organisations professionnelles, fédérations hospitalières, représentants du secteur médico-social), des ARS, les Unions régionales des professionnels de santé (URPS) et des professionnels de santé membres de CPTS, la mission a constaté une « réelle » mais hétérogène mobilisation des professionnels de santé, ne disposant d’aucun cadre pré-défini, de peu de soutiens financiers par exemple pour se doter de SI appropriés. Aussi, l’Igas préconise dans ce rapport de dresser un cadre pour le déploiement des CPTS, de former et d’accompagner les professionnels de santé à l’exercice en CPTS, de proposer des outils d’évaluation continue des actions des CPTS, et de soutenir financièrement ces coopérations.

    À la suite de la publication du rapport, ces préconisations ont été très commentées par les syndicats de professionnels, notamment par le Syndicat des médecins libéraux (SML), qui redoute notamment que « les financeurs, l’État, l’Assurance maladie et les ARS [ne cèdent] à la tentation du saupoudrage » des financements.

    Le rapport est disponible dans son intégralité via le lien ci-contre.

    Bilan du déploiement des CPTS : cadre et soutiens insuffisants

    Des initiatives à attribuer aux professionnels et non à un cadre fixé a priori

    • Souplesse du cadre législatif : entre difficultés pour les professionnels et dynamisme des initiatives

    « Les dispositions de la loi du 26 janvier 2016 ne permettent pas d’identifier et de valoriser les CPTS dans l’ensemble des coordinations » constate la mission.

    En effet, cette loi, qui laisse une grande liberté d’initiative et de manœuvre aux professionnels de santé, engendre par exemple une difficulté pour les acteurs à « situer les responsabilités et les rôles respectifs des CPTS et des Plates-formes territoriales d’appui (PTA) ».

    Cependant, une telle absence de rigidité et de pilotage central des CPTS a permis l’émergence d’une grande variété de projets, dont 200 ont été recensés par les ARS, témoignant du dynamisme des professionnels de santé, dont certains se seraient approprié « l’idée de CPTS ». « Toutefois, il s’agit souvent de professionnels de santé engagés de longue date dans la coordination ou l’innovation de pratiques, maîtrisant les montages financiers et la gestion de projet, et connaissant les réseaux d’interlocuteurs et leurs pratiques », prévient la mission.

    • Absence d’accompagnement national stimulant

    « Le pilotage national des CPTS est peu stimulant, à l’inverse de celui des PTA« , indique la mission, d’après laquelle les incitations nationales au soutien des CPTS sont restées très modestes alors que les PTA sont « mieux outillées et mieux suivies par l’administration ».

    En outre, le rapport indique que « tout s’est passé comme si l’État, ayant dû concéder le caractère ascendant et non planifié de la création des CPTS, avait renoncé ensuite à organiser […] le cadre stratégique, les attendus et le déploiement de cette nouvelle modalité d’exercice ». Aussi, les acteurs de terrain auraient donc « fait au mieux » selon les enjeux propres à leur territoire, voire leurs tropismes personnels ou leurs habitudes de fonctionnement et d’organisation.

    • Accompagnement local insuffisant

    « L’accompagnement régional est généralement modeste et peu structuré », constate la mission.

    Si la création par la loi des CPTS a donné lieu à la rédaction de guides, cahiers des charges, et autres documents de cadrage par les ARS, la communication autour de ces documents par ces dernières est inégale : alors que, par exemple, l’ARS Ile de France a largement diffusé son guide, les documents d’autres régions sont restés « relativement confidentiels » – pour plusieurs ARS, la mission n’a ainsi pas pu trouver de documentation relative aux CPTS.

    Soutien financier très modeste

    • Le financement des CPTS par les ARS reste « extrêmement modeste »

    « À ce jour, le soutien financier des ARS aux CPTS est extrêmement modeste », déplore la mission, qui estime à environ 500 000 d’euros les soutiens accordés aux projets de CPTS en 2017.

    En 2018, elle anticipe à 1 ou 1,5 million d’euros les montants alloués aux CPTS, montants à rapprocher des 150 millions d’euros octroyés, hors PTA, aux réseaux en 2016.

    En outre, il est précisé dans ce rapport que ces soutiens ne sont que des financements d’amorçage : « la pérennité du financement de la CPTS n’est actuellement pas organisée au-delà de la signature de la convention avec l’ARS, hormis le cas échéant pour des actions spécifiques, par exemple de santé publique pour lesquelles les crédits sont identifiés au sein du FIR ».

    • Incitations financières par l’Assurance maladie

    « Depuis 2017, l’Assurance maladie incite financièrement les professionnels de santé à adhérer à une CPTS », rappelle la mission, qui précise que les médecins, pharmaciens, masseurs-kinésithérapeutes, sages-femmes et chirurgiens-dentistes peuvent recevoir un forfait annuel d’un montant de 100 euros à 400 euros au titre de la participation à une équipe de soins primaires, à une CPTS ou MSP.

    « Ainsi, au total, en 2017, les médecins ont été indemnisés par ce biais à hauteur de 950 000 euros pour leur participation à l’exercice coordonné », indique la mission, insistant sur le caractère « très modeste » de ces incitations financières, qui peuvent toutefois envoyer un « effet-signal » et faire connaître les modes d’exercice coordonné aux professionnels.

    Conséquence : pas de déploiement coordonné de systèmes d’information (SI) adaptés

    D’après la mission, alors que le décloisonnement entre ville, hôpital et secteur médico-social suppose la mise en place de SI à mêmes de faciliter la communication entre professionnels des trois domaines, « le déploiement et l’usage des outils socles nationaux sont très progressifs« , l’usage du DMP demeurant par exemple encore très faible.

    Le rapport souligne par ailleurs le « retard d’équipement, d’organisation et de pratique du secteur médico-social, en partie en raison de moyens insuffisants ».

    En effet, cette non adoption de ces SI appropriés ne semble par de la responsabilité des professionnels, qui mettent localement en place des SI sans disposer d’un cadre de cohérence et expriment une « demande forte d’outils de partage et d’échange de données (dossier partagé, messagerie sécurisée, messagerie instantanée, prise de rendez-vous en ligne, annuaire et répertoires communs, prescription électronique) [répondant] aux obligations de mobilité de certaines professions ». Ils demandent en particulier des solutions accessibles sur ordinateur comme sur téléphone, directement compatibles avec leur logiciel métier et immédiatement opérantes.

    Proposition d’une stratégie de déploiement

    Fixer une ambition et un cadre

    Pour fixer une ambition et un cadre au déploiement des CPTS, l’Igas recommande :

    • la fixation par la DGOS dès la fin 2018, d’un objectif partagé entre les professionnels et la puissance publique, qui pourrait être formulé ainsi : « à terme, tout patient doit pouvoir accéder à un parcours de soins organisé. La CPTS est l’organisation de référence des parcours ambulatoires » ;
    • la définir par la DGOS dès la fin 2018, au niveau national des impératifs que devront respecter les CPTS ;
    • la clarification par la DGOS dès la fin 2018 de l’articulation entre CPTS, ESP et PTA : l’ESP assure la prise en charge d’une patientèle en proximité, la CPTS est un mode coordonné d’exercice ambulatoire au service d’une population, la PTA intervient en tant que de besoin sur la gestion des cas complexes ;
    • de laisser le dimensionnement territorial, ainsi que l’organisation et la gouvernance des CPTS à l’initiative des porteurs de projets et des professionnels de santé.

    Fonder le déploiement sur l’accompagnement et l’évaluation permanente

    Pour fonder le déploiement sur l’accompagnement et l’évaluation permanente, l’Igas préconise : 

    • dès la fin 2018, de promouvoir une posture de soutien et de progressivité de la puissance publique (État et Assurance maladie) auprès des porteurs de projet ;
    • à partir du premier semestre 2019, de développer des synergies entre ARS et Assurance maladie pour l’accompagnement des CPTS, notamment dans le cadre du guichet unique créé à l’attention des professionnels de santé ;
    • d’organiser à partir de 2019, parallèlement aux décisions relatives au déploiement des CPTS, l’évaluation nationale et régionale de cette politique publique.

    Les leviers clés du développement des CPTS

    D’après la mission, les levier-clés du développement des CPTS sont : 

    • la promotion des dynamiques interprofessionnelles des CPTS dans le cadre du DPC notamment par un budget qui pourra atteindre en 2021 15 % de l’enveloppe actuelle aux actions de transformation de l’organisation territoriale de l’offre de soins ;
    • la définition de conditions de financement des CPTS et du déploiement du dispositif ;
    • l’élaboration de profils-types de CPTS selon une typologie territoriale ;
    • la confirmation de la réorientation du programme e-parcours vers l’outillage numérique des CPTS, et l’organisation de l’accompagnement territorial à l’usage des outils socles de coordination (DMP, messagerie sécurisée, e-prescription, etc.) ;
    • l’organisation d’un processus collectif d’animation de réseau et d’apprentissage s’appuyant sur des outils collaboratifs.

    Réactions du SML 

    Pour le Syndicat des médecins libéraux (SML) « les recommandations [que ce rapport] contient soulèvent à la fois des espoirs et des inquiétudes« .

    En effet, si le SML « partage l’ambition de créer un cadre général pour l’exercice en CPTS » et reconnaît également un caractère insuffisant aux soutiens alloués aux CPTS, il redoute une « dérive technocratique et coercitive » ainsi qu’un « saupoudrage des financements » ; pour le syndicat, l’élaboration d’un cadre général d’exercice en CPTS devrait :

    • faire l’objet d’une « véritable co-construction entre les syndicats médicaux […] et les pouvoirs publics » ;
    • nécessiter la conservation d’une certaine souplesse « pour que soit laissé aux médecins libéraux leur libre arbitre en matière d’organisation » ;
    • nécessiter des soutiens financiers plus importants que ceux avancés dans le rapport, « à la hauteur des enjeux » ;
    • favoriser la coordination et la coopération entre professionnels de santé libéraux sans « transfert sec des compétences » : « le médecin devra rester pilote du parcours de soins », prévient le SML, qui ajoute qu’il sera « particulièrement vigilant à ce que les CPTS n’ouvrent pas la voie au démantèlement des compétences des médecins libéraux ».

  • La DREES va mener des études sur le parcours et la qualité des soins, le SNDS et le Big Data

    La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) a publié le 23 août 2018 une présentation détaillée de son programme de travail.

    Construit autour des missions de la Direction – production de données par la production d’enquêtes en propre et mobilisation d’enquêtes existantes ou de données administratives, réalisation d’outils de chiffrage, de simulation et de projection, publication d’études, etc. – ce programme encadre l’élaboration de « plus de 60 publications […], dont 6 panoramas (ouvrages de synthèse regroupant des dizaines de fiches d’analyse), auxquels s’ajoutera la parution […] du rapport de l’Observatoire national du suicide », précise la préface.

    Parmi les axes d’analyse du système de santé qui y sont détaillés, figurent notamment des thématiques telles que :
    • la qualité des soins ;
    • le parcours de soins ;
    • l’exploitation des données du système national des données de santé (SNDS).

    Parcours de soins et convergence des dispositifs d’appui à la coordination des soins

    Parcours de soins des patients en hospitalisation à domicile (HAD)

    Pour analyser le parcours des patients en hospitalisation à domicile, la DREES prévoit d’explorer deux axes : les déterminants du recours à une HAD suite à une hospitalisation en médecine-chirurgie-obstétrique (MCO) ou en remplacement intégral d’une hospitalisation classique, et le devenir des patients après HAD (retour à une hospitalisation conventionnelle ou maintien à domicile ?).

    « Les disparités territoriales de pratiques seront examinées en contrôlant des caractéristiques individuelles », ajoute la DREES.

    Parcours de soins des patients dans des situations particulières

    La DREES étudiera en particulier le parcours de soins de patients après un accident vasculaire cérébral (AVC) ou après une tentative de suicide. 

    Convergence des dispositifs d’appui à la coordination des soins

    « De nombreux dispositifs d’appui à la coordination existent en France, souvent développés dans le cadre expérimental avec une mise en place successive depuis 1997 : réseaux, Centres locaux d’information et de coordination (CLIC), Paerpa (CTA), Prado, MAIA, PTA, etc. […] La convergence des dispositifs d’appui à la coordination constitue une mesure du plan d’accès aux soins« , rappelle la DREES.

    Aussi, à partir d’évaluations existantes et de résultats de travaux sur la coordination des soins dans d’autres pays, des études de la DREES viseront à proposer une méthode d’évaluation de ces dispositifs d’appui à la coordination.

    La qualité des soins

    Impact de la chirurgie ambulatoire sur la qualité des soins

    Une étude visera à mettre en évidence une relation entre chirurgie ambulatoire d’une part et qualité et sécurité des soins d’autre part.

    Le critère de qualité des soins d’une hospitalisation retenu pour l’étude sera la réadmission à 30 jours.

    Études exploratoires des corrélations entre les indicateurs de qualité et de sécurité des soins des établissements de santé et le devenir des patients à 30 jours

    « Une étude exploratoire des corrélations entre les indicateurs de qualité et de sécurité des soins (IQSS) recueillis au niveau établissement par la Haute Autorité de santé (HAS) dans les établissements de court séjour et des indicateurs de résultats tels que les réhospitalisations et la mortalité à 30 jours sera réalisée en partenariat avec la HAS », annonce la DREES.

    Cette étude débutera avec des pathologies telles que les AVC et l’infarctus du myocarde car la HAS collecte déjà un ensemble spécifique d’indicateurs à ces sujets. Puis, l’examen de la relation entre séjours avec des actes chirurgicaux fréquents – par exemple pour motif de colectomie – et infections nosocomiales sera réalisé.

    Le système national des données de santé (SNDS)

    « Le bureau réalisera de nombreuses études à partir du SNDS », annonce la DREES.

    Certaines d’entre elles, comme un travail sur les inégalités sociales et territoriales de santé de recours aux soins ou sur la morbidité hospitalière et les parcours de soins, mobiliseront les données du SNDS seules.

    D’autres au contraire mobiliseront les données du SNDS appariées à des données d’enquête, comme une étude sur l’état de santé et le recours aux soins des personnes âgées à domicile ou en institution, ou d’autres sur les bénéficiaires et les professionnels de santé participant à l’élaboration des Plans personnalisés de santé (PPS).

    En outre, la DREES participera à l’animation d’un groupe des utilisateurs du SNDS, qui vise « à créer une communauté dynamique au sein de la DREES pour encourager et faciliter l’appropriation du SNDS et son utilisation pour des études », précise la DREES. La mission d’un tel groupe est de réaliser un suivi régulier sur les différents travaux menés sur les données, de produire des documents sur l’utilisation du SNDS et de relayer les informations transmises par la Cnam sur la base de données.

  • Handicap : appel à manifestation d’intérêt pour l’identification des « territoires 100 % inclusifs »

    La secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargée des Personnes handicapées Sophie Cluzel, en lien avec l’Assemblée des départements de France (ADF), a lancé cet été un appel à manifestation d’intérêt pour l’identification des « territoires 100 % inclusifs » (en lien ci-contre). L’objectif est de « mobiliser les territoires départementaux témoignant d’un engagement politique fort, partenarial et innovant, pour conduire la transformation attendue, et cela dans une approche globale et citoyenne », précise le communiqué.

    La démarche vise à favoriser l’avancée « à un rythme plus soutenu » vers une société inclusive sur des territoires « démonstrateurs ». « En élargissant le cercle du partenariat autour de la réponse aux attentes et besoins des personnes en situation de handicap, on peut viser non seulement « une réponse territorialisée pour tous » mais bien une « réponse territorialisée 100 % inclusive pour tous », en phase avec l’ambition gouvernementale », indique le communiqué.

    Les courriers de manifestation d’intérêt doivent être envoyés au secrétariat d’État avant le 30 novembre 2018 à l’adresse suivante : territoiresinclusifs@pm.gouv.fr.
    Une réunion nationale des territoires engagés dans la démarche est prévue au printemps 2019.

    Devenir un territoire inclusif

    Les territoires (urbains, semi-urbains ou ruraux) qui souhaitent manifester leur intérêt pour cet appel devront adresser avant le 30 novembre 2018 une lettre d’intention au secrétariat d’État chargé des personnes handicapées à territoiresinclusifs@pm.gouv.fr. Le document sera signé par le président du conseil départemental ou par le directeur général de l’Agence régionale de santé.

    Dans la lettre d’intention, les territoires doivent expliciter les facteurs favorables au déploiement de la démarche et matérialiser l’engagement conjoint d’un ensemble d’acteurs institutionnels le plus large possible.

    La reconnaissance comme territoire inclusif sera signifiée par une lettre de la secrétaire d’État auprès du Premier Ministre chargée des personnes handicapées. Elle permettra de lancer la démarche et de finaliser la feuille de route.

    À l’issue de la phase de lancement de la démarche, au plus tard le 30 mars 2019, les territoires feront parvenir au secrétariat d’État concerné une feuille de route co-construite entre les acteurs, identifiant les chantiers à mener.

    Les 3 fondements clés d’une société dite « inclusive »

    Cette démarche « des territoires 100 % inclusifs » doit permettre :

    • « d’identifier les conditions de réussite de la transformation de la société et ce qu’elles peuvent impliquer par exemple en termes de souplesses d’action et d’évolutions du cadre législatif et règlementaire actuel, y compris sur les aspects budgétaires : ce qui fait que c’est possible / facilité, que cela fonctionne (en termes d’organisation de prises de décisions, de programmation des politiques, de règlementations, de financements, et de partage des responsabilités) » ;
    • « d’identifier des bonnes pratiques généralisables : comment faire pour que cela fonctionne » ;
    • « d’identifier des freins à lever: pourquoi cela peut bloquer ou ralentir et comment lever ces obstacles » ;
    • « d’imaginer et de construire des solutions et réponses aux blocages identifiés ».

    Les projets déployés par les territoires 100 % inclusifs doivent permettre « d’apporter des réponses aux ambitions et prérequis d’une société inclusive ». Une attention particulière sera portée à trois dimensions prioritaires d’une société inclusive :

    • Tout d’abord, une société inclusive, soit « ouverte à tous », doit reconnaître toutes les personnes qui la composent. « Pour cela, elle va aux devants des personnes quel que soit leur âge, leur situation de handicap ou de santé pour recueillir et analyser leurs souhaits et leurs besoins. La personne concernée est centrale et au cœur de l’anticipation, de la construction et de l’évaluation de la réponse. » Les territoires 100 % inclusifs devront s’assurer que les réponses apportées sont choisies par les personnes concernées et n’excluent pas certains citoyens.
      Les territoires démonstrateurs proposeront des moyens pour recueillir et analyser les souhaits et les besoins de chacune des personnes.
    • Ensuite, au sein d’une société inclusive, le domicile de la personne, le « chez-soi », détermine sa capacité à vivre au cœur de la société. « Quel que soit le lieu de vie de la personne, le lien social est préservé et son accès au droit commun, parce qu’il est accompagné, y est garanti. »
      Les projets portés par les territoires démonstrateurs devront, par exemple, proposer des éléments de réponses aux questions suivantes :
      • La réponse permet-elle à la personne d’exercer sa citoyenneté en disposant d’« un chez-soi », quel que soit le lieu de vie, qu’il soit en établissement ou à domicile ?
      • La réponse s’inscrit-elle dans une logique domiciliaire ? Respecte-t-elle la vie privée de la personne, y compris en établissement ?
      • La personne peut-elle faire ce qu’elle souhaite dans son lieu de vie : meubler, fermer à clé, avoir des animaux, recevoir qui elle souhaite quand elle en a envie ?
    • Enfin, une société inclusive doit s’adapter aux singularités de la personne « en aménageant et en faisant évoluer son environnement pour faciliter l’accès géographique, physique, communicationnel et financier à tous les citoyens ».
      Les projets devront garantir l’implication de toutes les composantes de la société pour penser les cadres de vie autrement dans toutes les dimensions : technique, écologique, sociale, loisirs, culture, paysage, transports, etc.

    Concrètement, la situation cible recherchée est la suivante :

    • Des services publics effectivement accessibles à tous, avec une large diffusion du « Facile à lire et à comprendre » (méthode européenne permettant une accessibilité des informations aux personnes déficientes intellectuelles), une accessibilité de tous les sites d’information et de services publics, un accès facilité et renforcé aux droits et ressources mobilisables.
    • Une organisation permettant de faciliter le choix de vie des personnes et en particulier l’accès au milieu ordinaire sur l’ensemble des composantes du parcours de vie : petite enfance, école, emploi, logement, soin, loisirs, vie sociale pour les personnes à la retraite, etc.
    • Une offre médico-sociale :
      • graduée par niveaux de spécialisation dans une logique de subsidiarité et de priorité au milieu ordinaire, et de disponibilité des ressources les plus adaptées pour accompagner les personnes en situation complexe-diversifiée, comprenant de véritables plateformes de services avec des accueils à la carte, de jour, de nuit, temporaires, séquentiels à temps partiel, etc.
      • au fonctionnement suffisamment flexible pour garantir la personnalisation des accompagnements et la continuité des parcours de vie.

    « Cette situation-cible doit être envisagée dans une perspective de durabilité au-delà de la réponse au présent appel à manifestation d’intérêt », précise le secrétaire d’État.

    Les avantages d’une reconnaissance en tant que « territoire 100 % inclusif »

    Selon le secrétariat d’État, l’obtention de la reconnaissance en tant que « territoire 100 % inclusif » ouvre aux territoires les opportunités suivantes :

    • valorisation de la démarche engagée ;
    • interlocuteurs nationaux identifiés au sein notamment du secrétariat général du Comité interministériel du handicap (SGCIH), du secrétariat général des ministères Sociaux (SGMAS), de la direction générale de la cohésion sociale (DGCS), de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) ;
    • association privilégiée aux chantiers nationaux relatifs à la transition vers une société inclusive ;
    • appui de chaque ministère et des services déconcentrés sur le terrain, notamment par l’intermédiaire des hauts fonctionnaires au handicap, aux différents acteurs de son champ dans la mise en œuvre des actions (information, sensibilisation, formation, appui technique, conseil, mise en place d’un cadre légal propice aux dérogations et expérimentations, etc.) ;
    • engagement des interlocuteurs nationaux à rechercher des possibilités de souplesses et de dérogations (en termes de cadre juridique, de modalités de financement, etc.) à partir des besoins exprimés par les territoires et après examen et ingénierie par les services nationaux compétents. Cette souplesse doit aussi , « et en premier lieu », être mise en œuvre par chacun des acteurs locaux co-responsables de la transition vers une société inclusive.