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  • Un AMI pour tester des dispositifs médicaux numériques dans trois spécialités (rythmologie, onco rénale, et urgences)

    Tester les DM numériques en rythmologie, oncologie rénale et urgences

    Dans le cadre de France 2030, un appel à manifestation d’intérêt (AMI) est lancé par Station [e]-Santé en partenariat avec trois réseaux d’investigation clinique pilotés par le CHU de Bordeaux : REFeR-RYTHMO (rythmologie), POCER (biologie délocalisée aux urgences) et UroDM (chirurgie du cancer du rein, imagerie, radiologie interventionnelle). L’objectif est de sélectionner et accompagner des dispositifs médicaux (DM) à composante numérique, en cours de développement ou de validation. Porté par le Plan Innovation Santé 2030, cet AMI articule deux volets du programme France 2030 :

    • Le soutien aux réseaux d’investigation clinique pour les dispositifs médicaux :
    • Et celui aux tiers-lieux d’expérimentation.

    Il répond à la nécessité de renforcer les capacités de validation, d’expérimentation et d’intégration des DM numériques dans les parcours de soins. Station [e]-Santé, tiers-lieu d’expérimentation en Nouvelle-Aquitaine, propose un cadre méthodologique et opérationnel pour tester les solutions en usage réel. De leur côté, les réseaux cliniques mobilisent leurs expertises médicales et infrastructures d’investigation pour évaluer l’efficacité et l’appropriation des dispositifs.

    Trois réseaux cliniques, trois spécialités ciblées

    Le réseau REFeR-RYTHMO, coordonné par le Pr Frédéric Sacher (CHU de Bordeaux, IHU Lyric), se concentre sur la rythmologie interventionnelle. Il regroupe 17 établissements, 18 services cliniques, quatre CIC-IT et deux IHU. Il cible les dispositifs tels que défibrillateurs, stimulateurs cardiaques ou systèmes d’ablation. POCER, piloté par le Pr Pierre Hausfater, travaille sur les tests de biologie délocalisée (Point of Care Testing) en services d’urgence et SMUR. Il fédère cinq établissements autour d’une approche multicentrique médico-économique. UroDM, porté par le Pr Jean-Christophe Bernhard, s’appuie sur le réseau UroCCR (58 centres) pour accompagner les DM innovants dédiés à la chirurgie du cancer du rein, à l’imagerie et à la radiologie interventionnelle, depuis la phase de conception jusqu’aux essais cliniques.

    Candidatures : périmètre, critères et accompagnement (jusqu’au 1er décembre 2025)

    Les solutions éligibles doivent comporter une composante numérique centrale (DM connectés, logiciels DM, IA, DM thérapeutiques ou diagnostiques numériques) et répondre à l’une des thématiques cliniques des réseaux. Le niveau de maturité minimal requis est TRL 4, avec une preuve de concept établie. L’accompagnement, démarrant en février 2026 pour six mois, comprend :

    • Un diagnostic pluridisciplinaire,
    • Un appui à l’intégration et à l’acceptabilité,
    • Un soutien à l’organisation d’études cliniques,
    • Un accès à des centres experts,
    • Une orientation vers des financements si nécessaire.

    Aucune rétribution financière n’est prévue dans le cadre de cet AMI, mais les porteurs bénéficieront d’un soutien adapté à leur niveau de maturité, en lien avec les capacités des réseaux et de Station [e]-Santé.

    Sélection : impact, faisabilité, engagement entrepreneurial

    Les projets seront instruits selon trois axes principaux :

    • Le potentiel d’impact clinique, organisationnel ou médico-économique du dispositif,
    • La solidité de l’équipe porteuse et du modèle économique,
    • La pertinence et la faisabilité de l’expérimentation proposée.

    Une présélection sera suivie, pour les dossiers retenus, d’une audition devant le jury composé d’experts médicaux, usagers et partenaires techniques. Les projets non éligibles pourront être redirigés vers d’autres dispositifs des réseaux.

    Informations pratiques

    📅 Clôture des candidatures : 1er décembre 2025
    📥 Dépôt via formulaire en ligne : Lien vers le formulaire Timetonic
    📧 Contact : station.e-sante@chu-bordeaux.fr
    📄 Cahier des charges et détails : https://station-e-sante.fr/wp-content/uploads/2025/10/Appel-a-Manifestation-dInteret-4-1.pdfwww.station-e-sante.fr

  • IA santé : 150 M€ investis par la Région Île-de-France pour structurer un écosystème d’excellence d’ici 2028

    150 M€ pour l’IA santé en Île-de-France malgré une chute des financements privés

    Le baromètre Médi’Scope 2025 observe une structuration de l’écosystème santé en Île-de-France, portée par la montée en maturité des projets. Mais dans un contexte économique tendu, les financements privés reculent nettement : en 2024, les investissements chutent de 20 % en nombre et de 36 % en montant moyen. La France devient le seul pays européen à enregistrer une telle baisse. L’Île-de-France affirme sa stratégie de souveraineté technologique et sanitaire en investissant dans l’innovation en santé numérique. Dans le cadre du programme régional 2025-2028, 150 millions d’euros sont alloués pour structurer un écosystème autour de l’IA en santé, combinant excellence académique, innovation industrielle et projets à fort impact sociétal.

    L’IDF concentre 58 % des startups françaises, mais bute sur l’accès aux données

    Avec 58 % des startups françaises de l’IA santé installées sur son territoire, l’Île-de-France s’impose comme moteur de cette filière. Cette concentration s’appuie sur un socle académique – trois universités franciliennes sont classées dans le top 50 mondial en sciences de la santé (classement Shanghai 2024) – et un tissu entrepreneurial en forte croissance : 450 startups santé/IA recensées en 2024, contre 225 quatre ans plus tôt. La dynamique est portée par des dispositifs publics ciblés comme le programme « Impact 2028 », les bioclusters (Paris Saclay Cancer Cluster, Brain & Mind) et les initiatives de co-développement telles que le challenge IA pour la sclérose en plaques, en partenariat avec l’Hôpital Fondation Rothschild.

    Si l’intégration de l’IA progresse dans les usages médicaux – 58 % des soignants l’utilisent déjà au quotidien – plusieurs vulnérabilités freinent sa diffusion à grande échelle. L’accès aux données de santé est identifié comme le principal obstacle, devant le recrutement d’experts et la conformité réglementaire. À cela s’ajoute la baisse des financements privés : en trois ans, les tickets moyens ont reculé de 36 % en France, seule nation européenne en décroissance sur ce point. Par ailleurs, la valeur de l’IA ne sera reconnue qu’à la condition de générer des bénéfices cliniques mesurables. La simple performance technologique ne suffit plus. Pour être durablement adoptée, l’innovation devra s’ancrer dans des cas d’usage directement utiles aux soignants et aux patients.

    Miser sur la transparence et la spécialisation pour se différencier en Europe

    La Région Île-de-France mise sur des choix différenciants pour affirmer son leadership européen. Le Fonds Femtech, première initiative du genre en Europe, soutient dix startups spécialisées dans la santé des femmes, autour de priorités comme l’endométriose, la ménopause ou la cardiologie féminine. Ce fonds illustre une volonté d’investir dans des niches technologiques encore peu explorées, où l’IA peut apporter des solutions concrètes. En parallèle, la région concentre 45 % des lauréats nationaux du plan France 2030 en santé et héberge trois des cinq bioclusters labellisés à l’échelle nationale. Avec plus de 3 milliards d’euros d’investissements sur la période 2022-2024, elle se positionne comme la deuxième région d’Europe pour les projets de (ré)investissements privés dans le domaine de la santé. L’Île-de-France ambitionne de faire de sa rigueur réglementaire (RGPD, exigences cliniques) un atout différenciateur dans la course à l’IA. En structurant un modèle d’innovation basé sur la confiance, la transparence et la pertinence clinique, elle se donne les moyens de peser dans la définition des standards européens.

  • PLFSS 2026 : 43,5 Md€ pour la branche autonomie, en hausse de 3,5 %

    PLFSS 2026 : une progression de 3,5 % des dépenses, mais un déficit multiplié par six en un an

    La progression très sensible des dépenses inscrites dans le projet de financement de la de la sécurité sociale (PLFSS) pour la branche autonomie doit permettre d’accentuer l’effort engagé en faveur du maintien à domicile, de promouvoir l’habitat intermédiaire, de maintenir un taux de couverture constant des dépenses d’APA et de PCH des départements, de contenir par des mesures le coût d’APA et de PCH, de poursuivre l’amélioration des prestations pour l’autonomie et enfin de préparer la réforme de la tarification dans le champ du handicap.

    L’objectif de dépenses pour 2026 de la branche autonomie est fixé à 43,5 milliards d’euros, en augmentation de 3,5 % par rapport à la prévision pour 2025. Cette croissance reflète celle des dépenses sous objectif global de dépenses (OGD), destinées aux établissement et services sociaux et médicosociaux, mais également celle des financements de la CNSA aux départements, avec notamment le maintien du même taux de couverture qu’en 2024 des dépenses de prestations d’allocation personnalisées d’autonomie (APA) et de compensation du handicap (PCH), ainsi qu’une amélioration du financement de l’habitat intermédiaire.

    Une progression marquée des dépenses : +2,4 % pour les personnes âgées, +2,5 % pour le handicap

    Les dépenses prévues pour la branche autonomie de la sécurité sociale en 2026 s’élèvent à 43,5 Md€ pour une projection 2025 de 42 Md€, soit une progression de 3,5%. L’objectif global de dépenses (OGD) des établissement et services sociaux et médicosociaux augmente de 2,4% dans le champ des personnes âgées et de 2,5% dans celui du handicap. En dehors de l’OGD, 9,3 Md€ de crédits, en augmentation de 3%, sont prévus, en particulier à hauteur de 6,3 Md€ pour les départements, afin de financer notamment la fusion des sections soins et dépendance des établissements et services médicosociaux (ESSMS), conduite à titre expérimental dans 23 départements.

    Le déficit attendu pour l’ensemble des comptes sociaux en 2025 s’élève à 23 Md€, en hausse de 50% par rapport à 2024, dont 0,3 Md€ pour la branche autonomie. Le PLFSS 2026 vise à ramener ce déficit à 17,4 Md€, mais avec une augmentation à 1,7 Md€ pour la branche autonomie. Après avoir dégagé ponctuellement un excédent de 1,3 Md€ en 2024, l’équilibre financier de cette branche devrait continuer de se dégrader en 2026 avec la dynamique du vieillissement, avant de se stabiliser les années suivantes, grâce au transfert à partir de 2027 d’une fraction de la CSG actuellement affectée à la branche famille, laquelle resterait malgré cela excédentaire (gel des prestations, baisse de la natalité, etc.).

    Un effort soutenu pour le maintien à domicile : 25 000 places SSIAD, 50 000 postes en Ehpad, 500 CRT… les objectifs à l’horizon 2030

    Le premier objectif de la politique en faveur des personnes âgées est d’augmenter la part du maintien à domicile et de réserver les Ehpad aux personnes les moins autonomes. Pour cela est programmé d’ici à 2030 un renforcement de l’offre de soins à domicile et une orientation accrue des établissements vers les personnes les moins autonomes :

    • La création de 25 000 places supplémentaires de services de soins infirmiers à domicile (SSIAD), avec une amélioration de la tarification pour les soins plus importants des personnes plus vulnérables ;
    • La transformation de 500 Ehpad pour les doter d’un centre de ressources territorial (CRT), destiné à faire bénéficier de son expertise les personnes âgées maintenues à domicile ou de les accueillir temporairement en établissement ;
    • Le recrutement de 50 000 professionnels supplémentaires en Ehpad, dont déjà 4 500 sont financés en 2026 à hauteur de 250 M€, afin d’intensifier l’accompagnement auprès des résidents les plus dépendants ;
    • Le doublement du nombre d’équipes à domicile spécialisées Alzheimer, élargies en équipes spécialisées pour les maladies neurodégénératives.

    La promotion de l’habitat intermédiaire : 100 M€ supplémentaires pour créer 10 000 places et renforcer les soins en résidence autonomie

    Le projet de loi entend également promouvoir l’habitat intermédiaire, afin de lutter contre le risque d’isolement social des personnes âgées restées à leur domicile, jugé comme un facteur d’aggravation de leur perte d’autonomie. Les différentes formes d’habitat intermédiaire permettent aux personnes âgées de vivre à domicile, tout en bénéficiant d’un environnement adapté et sécurisé. Le projet de loi prévoit donc un effort de 100 M€ supplémentaires à destination de l’habitat intermédiaire, permettant :

    • La création de 10 000 places supplémentaires, pour 50 M€ ;
    • Le renforcement des moyens pour les soins en résidence autonomie, pour les autres 50 M€, qui seront versés aux départements par la CNSA.

    La maîtrise des dépenses d’APA et de PCH : +300 M€ pour compenser la hausse des dépenses d’autonomie dans les budgets départementaux

    Le renforcement de 50 M€ des soutiens à l’habitat intermédiaire s’inscrit dans la hausse plus large de 300 M€ de la contribution de la CNSA aux départements , destinée à garantir le maintien du taux de compensation des prestations d’APA et de PCH versées par ces collectivités, dont les équilibres financiers sont très fragilisés par la hausse continue de ces dépenses. Parallèlement, des mesures sont prévues pour diminuer les montant alloués d’APA et de PCH et ainsi la charge des départements et de la CNSA :

    • En prenant en compte dans les ressources du bénéficiaire celles de son conjoint ;
    • En tenant compte également des prestations versées par les assurances privées.

    La poursuite de l’amélioration des prestations pour l’autonomie 

    1,5 Md€ mobilisés d’ici 2030 pour créer 50 000 solutions pour les personnes en situation de handicap

    Le projet de loi intègre en année pleine le remboursement intégral des fauteuils roulants, déjà décidé et qui entrera en vigueur dès le 1er décembre prochain. Le programme défini en 2023 des 50 000 solutions prévues d’ici 2030 pour accompagner les choix de vie des personnes en situation de handicap continuera d’être mis en œuvre, en s’appuyant sur une enveloppe pluriannuelle de 1,5 Md€ d’ici 2030. L’objectif est de disposer d’une offre adaptée sur les territoires les plus en tension, tout en renforçant l’offre pour les publics actuellement sans situation satisfaisante, comme les personnes handicapées vieillissantes. La mise en œuvre de ce plan est intégrée dans la programmation pluriannuelle des ARS, en lien avec les départements et les associations.

    La réforme de la tarification des établissements dans le champ du handicap

    Le projet de loi intègre une première étape de la réforme de la tarification des établissements œuvrant dans le champ du handicap, dite réforme SERAFIN-PH. Alors que le mode actuel de tarification repose encore trop largement sur la simple actualisation de dotations historiques, il s’agit d’établir les critères d’une tarification plus équitable :

    • En la fondant sur des critères objectifs ;
    • En la rendant incitative au maintien sur le lieu de vie des personnes en situation de handicap ;
    • En garantissant néanmoins une certaine stabilité du financement des établissements médicosociaux PH, soumis à des variations de charge, en conservant une part de dotation forfaitaire parallèlement à la part liée à l’activité.

    Afin de permettre aux établissements de se préparer à la réforme de leur tarification, l’exercice 2026 sera consacré à sa mise au point pour chaque établissement, et elle ne deviendra effective qu’en 2027.

    Projet de loi de financement de la sécurité sociale 2026 : https://www.legifrance.gouv.fr/dossierlegislatif/JORFDOLE000052390039/

  • IA et séquençage in vitro : une avancée pour la détection précoce des variants émergents

    42 % des pays à faibles ressources sans séquençage, une IA propose une alternative

    C’est un besoin médical confirmé par les données épidémiologiques, la pandémie de COVID-19 a rappelé l’urgence d’outils de surveillance rapides. Selon Worldometer, plus de 704 millions de cas et 7 millions de décès liés au SARS-CoV-2 étaient recensés au 1er septembre 2025 selon l’OMS . Les méthodes classiques (PCR et séquençage hospitalier) restent coûteuses – de 25 à 150 € par test – et lentes (48 à 96 h de délai). De plus, 42 % des pays à faibles ressources ne disposent pas de capacités de séquençage systématique, limitant la détection des variants émergents.

    Une IA pour anticiper plusieurs épidémies, les chercheurs en neurogénétique, hydrologie, intelligence artificielle et biostatistique de l’Université du Nevada ont conçu un algorithme d’IA analysant les eaux usées. Cette approche identifie précocement des signaux de grippe, VRS, variole du singe, rougeole, gonorrhée, Candida auris et SARS-CoV-2, souvent avant confirmation clinique.

    Surveillance virale : ICA-Var identifie 18 variants avec plus de 95 % de sensibilité sans s’appuyer sur les bases de données existantes

    ICA-Var : un pipeline d’analyse basé sur les composantes indépendantes baptisé « ICA-Var », le dispositif s’appuie sur un algorithme d’analyse en composantes indépendantes appliqué à plus de 3 600 échantillons. Il distingue et regroupe les motifs de mutations virales, repère des clusters non référencés et s’affranchit des bases de données biaisées par les seuls variants connus.

    Validée prospectivement sur 2 684 échantillons collectés entre 2021 et 2023, la plateforme a été décrite dans Nature Communications. Les résultats : jusqu’à quatre semaines d’avance sur les pipelines standards, 18 variants détectés avec une sensibilité >95 %, et 1 385 échantillons présentant une haute couverture génomique (séquençage de 50 à 80 % du génome). Cette profondeur analytique permet d’anticiper la circulation de nouveaux variants avant tout diagnostic clinique.

    Au-delà du SARS-CoV-2, ICA-Var ouvre deux perspectives : un dépistage communautaire sans prélèvements individuels, y compris en zones sous-médicalisées, et une veille épidémique de précision, utile pour l’adaptation rapide des campagnes vaccinales.

     

  • Santé des femmes : une approche genrée encore insuffisamment intégrée dans les politiques publiques

    • Reconnaître les spécificités médicales féminines, pour améliorer la prévention, le diagnostic et le traitement de pathologies sous-estimées (infarctus, douleurs chroniques, endométriose, ménopause)
    • Intégrer le sexe dans la recherche, en adaptant les essais cliniques et protocoles thérapeutiques
    • Informer et sensibiliser dès l’adolescence, sur la contraception, la fertilité, la santé mentale ou la ménopause
    • Réduire les inégalités d’accès aux soins, notamment pour les femmes en situation de précarité, de handicap ou victimes de violences
    • Prendre en compte la santé au travail, en intégrant les risques spécifiques et les discriminations dans les stratégies de prévention

    32 experts réunis pour proposer des solutions ciblées aux inégalités de prise en charge

    Entre avril et décembre 2024, la Fondation de l’Académie de Médecine a organisé un cycle de sept conférences consacrées à la santé des femmes, à l’initiative du Dr Élisabeth Eléfant et du Pr Richard Villet. Ces échanges, réunissant 32 intervenants (professionnels de santé, experts en sciences sociales, patientes), ont abouti à un livre blanc intitulé « Santé des femmes – Regards croisés et pistes d’actions ». L’objectif est d’éclairer les spécificités de la santé féminine au-delà des aspects reproductifs, en intégrant les déterminants biologiques, sociaux et culturels. La démarche se veut informative, réflexive, et surtout prescriptive. Des pistes d’action sont proposées à l’intention des décideurs publics, des professionnels de santé et du grand public. Tour d’horizon sur quelques mesures :

    @Fondation de l’académie de médecine : Santé des femmes

    6,5 % de mortalité post-infarctus chez les femmes, un retard de diagnostic pointé 

    Les femmes vivent plus longtemps, mais pas en meilleure santé

    Si les femmes vivent plus longtemps que les hommes (85,7 ans contre 80 ans), leur espérance de vie en bonne santé est similaire (64,2 ans contre 63,6). Elles présentent davantage de pathologies chroniques, un recours plus fréquent aux soins et des spécificités physiopathologiques souvent négligées. Les maladies cardiovasculaires, première cause de mortalité chez les femmes, illustrent ces écarts : leurs symptômes sont moins connus, leur diagnostic plus tardif, et la mortalité post-infarctus plus élevée que chez les hommes (6,5 % contre 2,5 % à 30 jours).

    Les intervenants insistent sur la nécessité de différencier sexe (données biologiques) et genre (construction sociale), et de considérer leur interaction dans les politiques de santé. L’approche genrée reste marginale dans les essais cliniques, la recherche biomédicale ou les diagnostics quotidiens. Par exemple, un infarctus est plus souvent confondu avec une crise d’angoisse chez les femmes, tandis que la dépression chez les hommes est sous-diagnostiquée. Ces biais influencent les traitements prescrits, la qualité des soins, et parfois les trajectoires de vie.

    Adolescentes : +35 % de troubles psychiques par rapport aux garçons

    La conférence consacrée aux adolescentes a révélé une hausse préoccupante des troubles psychiques (dépression, automutilation, troubles alimentaires), avec une prévalence 35 % plus élevée chez les filles. Ces fragilités sont renforcées par les violences sexuelles, la précarité, les inégalités sociales et un accès aux soins encore perfectible.

    En santé sexuelle, bien que la loi permette un accès anonyme et gratuit à la contraception et à l’IVG pour les mineures, les jeunes femmes expriment une défiance croissante vis-à-vis de la contraception hormonale. Une meilleure information est jugée indispensable, y compris dans l’éducation nationale, où seules 15 % des élèves ont bénéficié des trois séances d’éducation à la sexualité prévues par la loi.

    Des recommandations pour transformer les pratiques

    Le livre blanc formule plusieurs recommandations :

    Pour les décideurs publics : structurer une politique de santé équitable et différenciée

    • Reconnaître l’impact différencié du sexe et du genre sur la santé
      Intégrer ces dimensions dans les politiques publiques : les besoins, symptômes et réponses aux traitements diffèrent, selon le sexe.

    • Considérer la santé des femmes comme un enjeu de santé publique à part entière
      Cette reconnaissance implique de dépasser une approche égalitariste formelle. Il s’agit de penser des politiques spécifiques, sans occulter les besoins masculins, en s’appuyant sur les connaissances objectives disponibles.

    • Renforcer la recherche biomédicale genrée
      Intégrer systématiquement la variable sexe/genre dans les protocoles de recherche, y compris dès les phases précliniques (animaux mâles et femelles), pour éviter les biais structurels de validation des traitements.

    • Instaurer des obligations méthodologiques pour les publications scientifiques
      Demander aux éditeurs d’exiger systématiquement le sex-ratio dans les cohortes étudiées et d’appliquer des méthodes statistiques compensant les déséquilibres entre sexes.

    • Soutenir la formation initiale et continue des professionnels sur les biais de genre en santé
      Le rapport met en lumière le retard de la France par rapport à des pays comme le Canada ou l’Allemagne. Une réforme des programmes de formation médicale est jugée nécessaire.

    • Améliorer l’accès aux soins pour les femmes les plus éloignées du système de santé
      Cela concerne notamment les femmes en situation de handicap, de précarité, de violences, ou vivant en zone sous-dotée. Les initiatives de terrain comme les consultations mobiles ou les campagnes dans les quartiers populaires sont à encourager.

    • Prendre en compte la santé des soignants comme condition de qualité des soins
      Le bien-être physique et psychologique des professionnels, aujourd’hui mis à mal, est identifié comme un levier stratégique majeur, tant pour l’attractivité du métier que pour la continuité des soins.

    Pour les professionnels de santé : intégrer les différences sans enfermer

    • Tenir compte systématiquement du sexe et du genre dans l’évaluation clinique
      Ajuster l’interprétation des symptômes, le recours aux examens, le choix thérapeutique et la prévention selon les différences établies entre sexes.

    • Déjouer les stéréotypes dans le diagnostic et le traitement
      Exemples  : infarctus confondu avec crise d’angoisse chez les femmes, ostéoporose sous-diagnostiquée chez les hommes. Il s’agit de lutter contre les automatismes de genre dans les pratiques cliniques.

    • Adopter une approche biopsychosociale individualisée
      La prise en charge doit intégrer les dimensions comportementales, sociales, familiales et culturelles, notamment dans le suivi des troubles psychiques ou des maladies chroniques.

    • Être attentif aux formes spécifiques de vulnérabilité
      La grossesse, le post-partum, la ménopause, mais aussi la précarité ou les violences, constituent des contextes qui modifient les besoins de santé et les conditions d’accès aux soins.

    • Reconnaître que les différences entre sexes ne doivent pas masquer les similitudes
      L’objectif n’est pas de spécialiser excessivement les prises en charge, mais de mieux ajuster les protocoles existants, en évitant d’invisibiliser les pathologies masculines émergentes (ex. : ostéoporose, santé mentale).

    • Prendre soin de sa propre santé en tant que soignant
      Le livre blanc invite les professionnels à ne pas négliger leur propre équilibre, à revendiquer des conditions de travail compatibles avec la qualité des soins, et à faire de cette question un axe de dialogue institutionnel.

    Pour le grand public : déconstruire les idées reçues, renforcer l’autonomie

    • Mieux comprendre les spécificités féminines en santé
      Le rapport souligne que certains facteurs de risque (tabac, diabète, hypertension) ont un retentissement plus marqué chez les femmes, notamment en matière cardiovasculaire.

    • Reconnaître que les maladies cardiovasculaires concernent aussi les femmes, y compris jeunes
      Les signes d’alerte sont souvent différents, moins connus, et conduisent à des retards de diagnostic. Le public doit être formé à identifier ces signaux.

    • Se défaire des stéréotypes genrés en santé
      L’ostéoporose n’est pas une maladie exclusivement féminine. La dépression ne touche pas que les femmes. Les idées reçues influencent les comportements de santé, et nuisent à une prise en charge précoce.

    • S’informer activement et dialoguer avec les professionnels
      La santé sexuelle, la contraception, le dépistage, le recours aux soins : autant de domaines où les jeunes (et notamment les jeunes femmes) demandent plus d’écoute et de pédagogie.

    • Intégrer les nouveaux enjeux sociaux : transidentité, santé mentale, accès à l’éducation sexuelle
      Le rapport insiste sur la nécessité de s’adresser à toutes les jeunes générations, y compris celles en questionnement identitaire, et de proposer une éducation à la santé inclusive.

    La perspective défendue par les auteurs repose sur un principe d’« universalisme proportionné » : des politiques de santé s’adressant à toute la population, mais ajustées aux besoins spécifiques des sous-groupes, en l’occurrence les femmes. L’objectif est double : réduire les inégalités d’accès et améliorer l’efficience globale des systèmes de soins.

  • 24 solutions candidates au référencement Ségur Imagerie : 13 pour DRIMbox, 11 pour RIS

    Une deuxième vague de référencement en cours de sélection

    L’Agence du numérique en santé (ANS) a annoncé le 13 octobre les résultats de la phase de dépôt des candidatures de la vague 2 du Ségur du numérique pour l’imagerie. Au total, 24 solutions ont été soumises au référencement, dont 13 ciblent la DRIMbox et 11 concernent les logiciels de radiologie (RIS). Clôturée le 10 septembre, cette campagne s’inscrit dans la stratégie de transformation numérique des pratiques d’imagerie médicale, soutenue par le programme Ségur de la Santé.

    DRIM-M : vers un maillage national des images médicales

    Le projet DRIM-M constitue l’une des composantes principales de cette vague 2. Il repose sur la mise en place d’un espace de confiance national permettant le partage d’images entre les établissements, les professionnels de ville et les patients. Les services d’imagerie doivent connecter leur PACS à un réseau sécurisé via une passerelle appelée DRIMbox. Chaque DRIMbox recevra un nom de domaine unique et sera référencée dans un registre national d’identification, avec un domaine commun, mesimagesmedicales.fr, permettant leur interconnexion. Une liste blanche des solutions de confiance signée par l’ANS et un outil de supervision de l’activité des DRIMbox, nommé météo des DRIMbox, complèteront le dispositif. L’ouverture de cet espace est attendue d’ici la fin de l’année.

    RIS Ségur : un accès direct aux documents depuis les logiciels métiers

    Parallèlement, le référencement RIS Ségur porte sur l’adaptation des systèmes d’information radiologique pour permettre la consultation des documents de Mon espace Santé directement depuis les logiciels métiers. L’ensemble de ces dispositifs vise une meilleure continuité des parcours de soins et une fluidification des échanges entre professionnels, en s’appuyant sur les outils d’identification Pro Santé Connect pour les soignants et FranceConnect pour les patients.

    Le programme Ségur numérique Imagerie, destiné aux radiologues et médecins nucléaires, poursuit une logique d’unification technique à l’échelle nationale. Il accélère le déploiement de versions logicielles compatibles avec les nouvelles exigences en matière d’interopérabilité, de sécurité des flux et de partage sécurisé des données. Les deux types de référencement — DRIMbox et RIS — sont complémentaires et traduisent les priorités du ministère de la Santé en matière de numérisation des pratiques cliniques et d’accès facilité à l’information médicale.

  • Etude : seuls 42 % des tests compagnons en cancérologie bénéficient d’un financement durable

    Trois ans après la réforme du RIHN (LFSS 2022), l’extension 2025 de l’étude Leem sur l’accès aux tests compagnons révèle que seuls 42 % des actes de biologie moléculaire associés aux thérapies ciblées en cancérologie sont financés de manière pérenne. Le reste est couvert partiellement via le dispositif du RIHN, souvent de manière transitoire, freinant l’accès effectif aux traitements.

    87 thérapies ciblées disponibles, 420 000 recherches de biomarqueurs par an

    En 2025, 87 thérapies ciblées sont disponibles en France, réparties en 167 combinaisons thérapie/biomarqueur/indication. Ces traitements concernent principalement les cancers hématologiques (26 %), pulmonaires (22 %), du sein (19 %) et gastro-intestinaux (16 %). Au total, 420 107 recherches de biomarqueurs seraient nécessaires chaque année, concernant plus de 205 000 patients. Parmi les biomarqueurs les plus fréquemment recherchés figurent PD-L1, HER2 et KRAS, qui concentrent à eux seuls 28 % des besoins. Près de 60 % des actes relèvent cependant encore du RIHN, et certains cancers comme celui du poumon voient 90 % des tests associés financés de manière partielle et transitoire.

    Une majorité de biomarqueurs spécifiques à un seul type de cancer

    L’analyse souligne que la plupart des biomarqueurs sont recherchés dans une seule localisation tumorale. Des exemples incluent MET et ROS1 dans le cancer du poumon, ou RAS et FGFR2 dans les cancers digestifs. À l’inverse, certains biomarqueurs transverses comme BRAF V600 ou PD-L1 confortent les approches de médecine de précision. En hématologie, les biomarqueurs identifiés sont très majoritairement spécifiques d’un sous-type de pathologie, avec peu de marqueurs transverses. Cela renforce le besoin d’adapter les stratégies de financement à la diversité des usages cliniques.

    Accès dérogatoires : 44 % des thérapies précoces associées à un biomarqueur

    Entre juillet 2021 et décembre 2024, 610 traitements ont bénéficié d’un accès dérogatoire en cancérologie ou pour maladies rares. Parmi eux, 44 % des accès précoces (AP1/AP2) sont liés à un biomarqueur. La proportion est plus faible dans les accès compassionnels (12 %). Dans ce cadre, 57 % des tests compagnons sont financés par le RIHN : 80 % pour les accès compassionnels, mais seulement 37 % pour les accès précoces. Cette disparité témoigne d’un manque d’articulation entre les différents régimes d’accès et le financement des tests.

    Trois leviers identifiés pour améliorer l’accès

    L’étude souligne trois besoins opérationnels :

    1. Une coordination renforcée entre industriels du médicament et du diagnostic autour du RIHN

    Les données montrent un déficit de coordination entre les industriels du diagnostic in vitro et ceux du médicament lors des procédures RIHN. L’absence de demande conjointe ou de suivi coordonné de l’évaluation compromet la sortie rapide des tests compagnons vers une prise en charge pérenne. Un cadre de collaboration structuré est à mettre en place pour harmoniser le dépôt des dossiers, le partage de données et les calendriers de soumission.

    2. Un circuit de décision simplifié piloté par la HAS

    Le passage d’un accès précoce (AP) au remboursement pérenne reste lent et peu lisible. L’étude recommande un pilotage unifié par la HAS pour créer un chemin direct entre les dispositifs transitoires (comme le RIHN 1.0) et leur intégration dans le droit commun (via le futur RIHN 2.0). Cette simplification vise à éviter que des tests compagnons restent durablement sans statut, alors même que le traitement correspondant est disponible.

    3. Un meilleur lien entre autorisations compassionnelles et financement des tests compagnons

    Actuellement, aucun mécanisme ne garantit la prise en charge du test compagnon lorsqu’un traitement est accordé via un accès compassionnel (AAC). Or, dans 80 % des cas, le financement de ces tests repose sur le RIHN, sans garantie de continuité. L’étude appelle à établir un lien explicite entre l’autorisation d’un traitement en compassionnel et la couverture financière de son test compagnon, afin d’assurer un accès effectif au couple test-traitement.

    Enfin, 546 combinaisons thérapie/biomarqueur/indication sont recommandées à l’international. Parmi elles, 59 disposent d’une AMM européenne mais n’ont pas encore été évaluées par la HAS, et 278 pourraient obtenir une AMM. Cette marge de progression souligne l’importance d’accélérer les procédures d’évaluation pour anticiper les besoins en diagnostic.

  • Data : l’EDS Magellan étend son historique à dix ans et intègre les données de vaccination covid-19

    Trois entrepôts complémentaires pour éclairer la recherche

    Les trois entrepôts de données de santé gérés par Clinityx couvrent des périmètres distincts, mais complémentaires du système de santé :

    • Magellan, pionnier dans la catégorie des « SNDS fils », mobilise les données exhaustives de remboursement issues du Système national des données de santé (SNDS). Son extension va lui permettre d’exploiter dix ans d’historique et d’intégrer les données de vaccination contre la covid-19, offrant ainsi une profondeur d’analyse inédite pour la recherche épidémiologique et l’évaluation des politiques publiques.

    • THIN (pour “The health improvement network”) constitue, quant à lui, un observatoire unique des soins primaires, en agrégeant les données issues des dossiers médicaux électroniques de médecins libéraux. Mis à jour quotidiennement, il apporte une lecture directe de l’intention médicale et du raisonnement clinique dans la pratique de ville.

    • Enfin, SOG Health se concentre sur la délivrance en officine et permet de suivre en temps réel la prise en charge thérapeutique des patients, en observant les schémas de prescription et d’adhésion au traitement.

    Ces entrepôts, renouvelés pour trois ans par la CNIL, forment un écosystème cohérent au service de la recherche et de l’innovation en santé.

    Une gouvernance consolidée et une vision unifiée de la donnée de santé :

    Désormais responsable de traitement des EDS THIN et SOG Health, Clinityx by GERSData assume la gestion et la valorisation de l’ensemble des entrepôts de GERS SAS. Cette évolution structurelle renforce la cohérence et la transparence du dispositif, tout en garantissant la conformité aux référentiels éthiques et réglementaires. Pour Nicolas Glatt, directeur général de Clinityx, cette reconnaissance marque une étape clé : « Ces autorisations traduisent la confiance de la CNIL et réaffirment notre mission : mettre la donnée de santé au service de l’intérêt public, dans un environnement souverain et sécurisé », a-t-il déclaré lors des annonces concernant ces 3 entrepôts.

    Avec huit entrepôts désormais autorisés par la Cnil en tant que responsable, co-responsable ou opérateur, Clinityx s’affirme comme l’un des acteurs français majeurs du real-world data et du real-world evidence.

    “Sécurité, souveraineté et transparence” comme mot d’ordre

    Tous les entrepôts de Clinityx sont hébergés en France sur le cloud souverain cegedim.cloud, certifié HDS, ISO 27001, ISO 27017, ISO 27018, ISO 20000-1 et qualifié SecNumCloud. Ce choix technologique n’est pas anodin : il garantit une maîtrise complète de la chaîne d’hébergement et une protection maximale contre tout risque de transfert ou d’exploitation non conforme des données.

    Cette infrastructure offre un environnement de confiance pour l’ensemble des partenaires académiques, publics et privés, tout en plaçant la souveraineté numérique au cœur de la stratégie de Clinityx.

    Mettre la donnée au service de l’intérêt public :

    Au-delà de la conformité réglementaire, cette stratégie de consolidation vise un objectif clair : accélérer la recherche et l’innovation thérapeutique tout en garantissant une gouvernance éthique. Les données issues des entrepôts de Clinityx permettent de mieux comprendre les maladies chroniques, d’évaluer les parcours de soins, d’optimiser les politiques de prévention, et de soutenir la recherche clinique en France.

    En conjuguant puissance analytique, ancrage souverain et exigence de transparence, Clinityx souhaite incarner la nouvelle génération d’acteurs français du numérique en santé, capable de concilier performance scientifique et intérêt collectif.

  • Santé numérique en contexte de crise : les recommandations de l’ODESS 2025 pour repenser les modèles d’intervention

    Crises sanitaires et baisse des financements : intégrer, former, coopérer… six leviers pour refonder l’aide en santé numérique

    Alors que les crises sanitaires, environnementales ou géopolitiques se multiplient, l’accès aux soins est de plus en plus compromis. À cela s’ajoute une chute attendue de 35 à 40 % des financements internationaux pour la santé d’ici 2025. Dans ce contexte, l’ODESS plaide pour un changement de modèle. Son approche : soutenir des projets numériques déjà validés sur le terrain, renforcer les compétences locales, et favoriser des coopérations régionales durables avec une série de recommandations.

    • 📲Consolider les solutions éprouvées : l’ODESS recommande d’intégrer les outils numériques validés sur le terrain.
    • 🚀Renforcer les compétences locales : le développement des compétences techniques et organisationnelles est jugé essentiel pour garantir la durabilité des projets.
    • 🌍Stimuler la coopération régionale : L’Observatoire plaide pour une coopération renforcée entre pays, institutions et acteurs de terrain afin de mutualiser les ressources.
    • 📊Appuyer la surveillance épidémiologique : Des systèmes d’information interconnectés et décentralisés doivent permettre une détection rapide des crises sanitaires, même en zones reculées.
    • 👩‍💻Combattre la désinformation sanitaire : Face aux fausses informations, l’ODESS recommande d’associer communication de crise, éducation numérique et acteurs de confiance locaux.
    • 🛠️Adapter les technologies aux contextes fragiles : Les outils numériques doivent être simples, robustes, utilisables hors ligne et conçus avec les utilisateurs finaux pour rester opérationnels en situation de crise.

    Recommandation 1 : consolider les solutions numériques déjà éprouvées

    La première recommandation appelle à intégrer les outils numériques au cœur des systèmes de santé, non comme des ajouts ponctuels ou expérimentaux, mais comme des composantes structurelles. À travers son action, l’ODESS met en évidence la nécessité de sortir d’une logique de projets pilotes fragmentés au profit de modèles reproductibles, fondés sur l’analyse des résultats obtenus sur le terrain. Cette approche suppose un changement de cap : passer d’un financement de l’innovation à tout prix à un investissement dans la consolidation, la documentation et la mise à l’échelle des solutions ayant prouvé leur efficacité dans des contextes réels. La santé numérique doit être considérée comme un outil stratégique de planification, de pilotage et de réponse, au même titre que les infrastructures ou les ressources humaines en santé.

    Recommandation 2 : miser sur la montée en compétences

    Deuxième axe de travail identifié : le développement des compétences, condition indispensable pour assurer l’impact réel des solutions numériques. L’ODESS insiste sur l’importance d’un renforcement des capacités non seulement techniques, mais aussi organisationnelles, chez les professionnels de santé, les institutions et les porteurs de projet. La formation continue, l’apprentissage hybride, l’accès à des outils de décision mobile comme Safe Delivery App ou Z-Waka, sont autant de réponses concrètes à la pénurie de formation dans les contextes fragiles. L’accompagnement technique (mentorat, ateliers, mise en réseau) proposé aux lauréats de l’Observatoire est présenté comme un levier essentiel pour garantir l’autonomie des acteurs locaux et éviter une dépendance aux prestataires extérieurs.

    Recommandation 3 : dépasser les logiques concurrentielles et coopérer à l’échelle régionale

    Face à la fragmentation croissante des systèmes de santé, l’ODESS recommande de structurer des dynamiques de collaboration régionale et interinstitutionnelle. Il s’agit de dépasser les logiques verticales ou concurrentielles pour promouvoir des coopérations entre pays, agences de santé, sociétés savantes et organismes de formation. L’appui aux campus numériques, les partenariats avec l’Agence universitaire de la Francophonie ou le réseau AeHIN en Asie du Sud-Est illustrent cette volonté de créer des écosystèmes régionaux d’innovation. La circulation des savoirs, des retours d’expérience et des outils interopérables doit être encouragée pour améliorer l’agilité collective face aux crises.

    Recommandation 4 : des systèmes interconnectés et décentralisés de surveillance épidémiologique

    La quatrième recommandation porte sur l’usage stratégique des données de santé. En contexte de crise, la rapidité et la fiabilité de l’information conditionnent l’efficacité des réponses. L’ODESS promeut l’usage de systèmes d’information intégrés, interconnectés et fondés sur des données multisources (sanitaires, environnementales, géographiques), capables de détecter les signaux faibles, d’alerter les autorités, et d’orienter les ressources. Des projets comme DDS en Thaïlande ou SORMAS au Népal démontrent la faisabilité d’une surveillance épidémiologique nationale décentralisée, y compris dans les zones reculées. La consolidation de ces systèmes implique également une attention à la gouvernance des données, à leur qualité, à leur souveraineté et à leur accessibilité pour les décideurs de terrain.

    Recommandation 5 : structurer une réponse coordonnée face à la désinformation sanitaire

    La pandémie de COVID-19, puis les crises plus récentes, ont mis en évidence l’impact délétère de la désinformation sur les comportements de santé, la couverture vaccinale, la confiance dans les institutions et l’efficacité des campagnes de prévention. L’ODESS alerte sur le caractère viral de ces contenus et recommande de structurer une réponse offensive en matière de communication sanitaire. Cela implique d’associer les professionnels de santé à des démarches de fact-checking, de renforcer l’éducation numérique des jeunes publics, et de s’appuyer sur des figures de confiance au sein des communautés.

    Recommandation 6 : adapter les outils numériques aux réalités des zones en crise

    Enfin, l’ODESS insiste sur l’impératif d’adaptabilité technologique dans les zones affectées par des conflits, des catastrophes naturelles ou des crises de gouvernance. La résilience des projets numériques dépend de leur compatibilité avec des environnements à faible connectivité, de leur capacité à fonctionner hors ligne, et de leur simplicité d’usage. L’exemple de l’application MERA, utilisée auprès de réfugiés syriens au Liban, ou de DHIS2 déployé au Mozambique, démontre qu’une approche frugale, construite avec les utilisateurs finaux, permet de maintenir des services essentiels comme la vaccination. La coordination locale, la mobilisation d’« ambassadeurs » communautaires et la gouvernance des données doivent être intégrées dès la conception des projets pour garantir leur acceptabilité.

  • Idea’Dom : un appel à projet pour des solutions en faveur du maintien à domicile

    Vieillir chez soi : un appel à projets ciblé

    Sachant que les seniors souhaitent massivement, de 80 à 90%, vieillir chez eux, Silver Valley, un pôle d’innovation pour la Silver Économie, et l’Agirc Arrco, qui fédère les régimes de retraite complémentaires, lancent conjointement cette initiative. L’objectif est de détecter puis soutenir trois projets innovants pour faciliter la vie des personnes âgées à leur domicilie ou celles de leurs aidants.

    Peuvent participer tous les porteurs de solution visant à faciliter la transition démographique : start-ups, associations ou entreprises. Le jury de sélection est composé d’experts du secteur du domicile, de la santé, de la transition démographique, de l’entrepreneuriat et de l’innovation. Les lauréats recevront une donation financière de 10 000 €.

    Domicile des aînés : 3 projets promus et financés

    Ils bénéficieront également d’une large promotion auprès des acteurs du secteur et du grand public grâce à :

    • Une mise en avant dans l’appartement-témoin de l’Espace Idées Bien chez Moi ;
    • Une prestation marketing par la réalisation d’une vidéo promotionnelle diffusée sur les réseaux sociaux, vitrine pour l’innovation en faveur de l’autonomie ;
    • Une visibilité lors de manifestations institutionnelles, ainsi que la possibilité d’organiser des événements à l’appartement témoin Espace Idées Bien Chez moi;
    •  Une intégration dans un réseau d’acteurs du secteur du Grand-âge, de la protection sociale et de l’accompagnement de projet.

    Les projets sont à déposer jusqu’au 31 octobre 2025 via le site de Silver Valley.

    IDEA’DOM