Articles

  • Ile-de-France : premier bilan « positif » de la plateforme d’astreinte en infectiologie

    Au terme de 6 mois de fonctionnement, l’ARS Ile-de-France et l’AP-HP dressent un bilan « positif » de « l’astreinte francilienne d’infectiologie », une plateforme mise en place en avril 2016 à l’initiative de l’ARS. Elle vise à proposer aux prescripteurs hospitaliers « un conseil diagnostic et thérapeutique homogène sur tout le territoire francilien afin de prendre en charge de manière optimale les patients atteints d’une infection grave ou due à des bactéries résistantes aux antibiotiques ». À ce jour, le dispositif a été utilisé dans la prise en charge de « plus de 400 patients » ont indiqué les deux institutions le 26 décembre 2016. Concrètement, il s’appuie sur la mise en place d’une ligne téléphonique dédiée (le 01 46 61 15 00) qui permet de joindre un infectiologue hospitalier senior d’astreinte en dehors des horaires de prise en charge classiques : la nuit, le week-end ou les jours fériés. 103 médecins participent à cette astreinte pour délivrer à leurs collègues franciliens – hors pédiatrie – un « conseil spécialisé, diagnostique et thérapeutique ».

    Le dispositif s’appuie sur une ligne téléphonique dédiée (le 01 46 61 15 00) permettant de joindre un infectiologue hospitalier senior d’astreinte en dehors des horaires de prise en charge classiques : la nuit, le week-end ou les jours fériés. Actuellement, 103 médecins infectiologues participent à ce dispositif d’astreinte pour délivrer à leurs collègues franciliens – hors pédiatrie – un « conseil spécialisé, diagnostique et thérapeutique ».

    Un outil principalement utilisé par les services d’urgence

    • La plateforme reçoit en moyenne « 4 à 5 appels par nuit ».
    • Elle est utilisée par les services d’urgence dans 69% des cas.
    • 84% des utilisateurs travaillent dans des hôpitaux publics dont la moitié n’appartiennent pas à l’AP-HP
    • Dans 60% des cas le conseil sollicité concerne « les antibiothérapies complexes ou un problème de bactéries mulitrésistantes ».  
    • Plus rarement, il concerne des infections sévères (20%), des fièvres au retour de voyage (13%) ou des accidents d’exposition au sang (7%). 

     

  • E-santé : « Singapour sera un leader mondial dans la lutte contre le diabète » (Nawal Roy)

    « Notre objectif est d’atteindre 3 à 5 % de la population diabétique au cours des trois prochaines années », confie à H&TI Nawal Roy, fondateur et P.-D.G de la start-up Holmusk, créatrice de l’application Glyco Leap, dont l’objectif est d’aider les personnes diabétiques à adapter leur alimentation et leur activité physique pour tenter de mieux contrôler leur pathologie via une équipe de coachs santé.

    Depuis le mois d’avril 2016, le ministère de la Santé singapourien a déclaré « la guerre au diabète ». Des partenariats entre le secteur public et des entreprises privées spécialisées dans le secteur de la health tech émergent pour tenter de proposer des solutions novatrices. Parmi ces sociétés, Holmusk.

    Nawal Roy revient pour H&TI sur Glyco Leap, ainsi que sur ses projets et sa vision du marché de la e-santé à Singapour et en Asie. Il assure que la cité-État fera figure de chef de file dans la lutte mondiale contre le diabète.

    Lutte contre le diabète : « Nous serions ravis de collaborer avec le gouvernement » (Nawal Roy, fondateur d’Holmusk)

    Vous avez lancé Glyco Leap en 2015. Où en êtes-vous actuellement ?

    La phase de bêta test a été réalisée l’année dernière, en 2015. Depuis juillet 2016, nous avons officiellement mis en place notre stratégie B2C et ouvert notre application aux abonnements.

    Votre offre principale permet aux utilisateurs de bénéficier de conseils diététiques quotidiens délivrés par un coach diététicien. Qui sont ces experts ? Comment les choisissez-vous?

    Ce sont tous des diététiciens certifiés. Nous avons dans notre équipe de santé un médecin, un groupe de diététiciens, un scientifique spécialisé dans l’activité physique et un psychologue. C’est une équipe très complète.

    Nous pensons qu’avec le diabète, une grande partie du changement est liée à l’alimentation. Grâce à notre application, les utilisateurs apprennent à connaître leur condition physique, le type d’aliments qu’ils consomment et comment tout cela influe réellement sur leur maladie.

    Nous nous adressons uniquement aux personnes atteintes de diabète, aux personnes qui ont été diagnostiquées et à tous les pré-diabétiques, parce que nous croyons fermement que si vous contrôlez de manière précoce votre diabète, vous freinez de manière efficace les effets de la maladie sur votre santé.

    L’un des problèmes que vous pouvez rencontrer est le manque de motivation des utilisateurs qui risquent, avec le temps, de se décourager et de suivre vos recommandations avec moins d’assiduité…

    Ce problème de motivation est omniprésent. L’idée de base est donc de savoir à quel point l’utilisateur connaît sa maladie et à quel point il est motivé pour apprendre à la combattre. Par conséquent, nous nous concentrons avant tout sur la partie de la population la plus motivée à s’investir et à changer ses habitudes pour lutter contre le diabète.

    Quels sont les retours des utilisateurs jusqu’à maintenant ?

    Parmi les personnes qui ont souscrit à notre offre, les premières données que nous avons recueillies sur leur évolution sont très positives. La plupart des utilisateurs ont été en mesure d’atteindre l’objectif souhaité voire de le dépasser.

    Quel est votre objectif final avec cette application ?

    Nous voulons atteindre 3 à 5 % de la population diabétique au cours des trois prochaines années à travers Glyco Leap. À Singapour, cela représentera près d’un million de personnes. Aux États-Unis, ce sont près de 20 millions de personnes qui sont concernées.

    Le programme de base de six mois que vous proposez est facturé 69 SGD (45,6 €) par mois. Une somme non négligeable pour les revenus les plus faibles. Les dispositifs d’e-santé n’excluent-ils pas selon vous une partie de la population ?

    Nous sommes en train de lancer une nouvelle version à 20 dollars singapouriens (13 €) par mois. Je ne pense pas que les technologies liées à l’e-santé soient réservées à une certaine partie de la population. La plupart des personnes diabétiques dépensent plus de 1 200 dollars (790 €) par mois pour traiter leur maladie. Et elles dépensent encore plus à mesure que la maladie évolue.

    Grâce aux progrès scientifiques, on peut aider les malades à réduire leur dépenses sur le long terme en les encourageant à changer leur style de vie. En agissant sur leur mode de vie, on s’est aperçu qu’ils pouvaient vraiment influer positivement sur l’évolution de la maladie.

    Je pense donc que le service que nous offrons ne coûte pas grand-chose par rapport aux dépenses actuelles qu’engendrent le traitement du diabète. Ce serait même beaucoup plus facile pour les malades de solliciter notre aide si les frais liés à l’utilisation de l’application étaient remboursés par les compagnies d’assurance ou le ministère de la Santé.

    Ce serait la meilleure des options possibles.

    Si vous tombez malade, vous allez à l’hôpital, et les dépenses seront en partie couvertes par le gouvernement, mais si vous voulez agir en amont, si vous voulez utiliser un service comme le nôtre pour rester en meilleure santé, l’argent viendra uniquement de votre poche. Voilà pourquoi nous souhaiterions que les choses évoluent au niveau politique pour encourager les gens à rester en bonne santé et non attendre qu’ils tombent malade pour les aider financièrement.

    Comment faites-vous pour faire connaître votre application auprès des diabétiques ?

    Nous travaillons avec trois types de partenaires : les employeurs, les compagnies d’assurance et les établissements de santé, bien qu’avec ces derniers, ce soit encore en cours d’élaboration.

    Quelles sont vos relations avec le gouvernement singapourien ?

    Quand nous avons lancé le projet Glyco Leap, la « guerre contre le diabète » n’avait pas encore été déclarée par le gouvernement. Maintenant que c’est le cas, il y a moins de méfiance par rapport à notre projet et il est beaucoup plus facile de travailler avec les services publics sur ce sujet donc nous avons engagé plusieurs initiatives, sur plusieurs fronts.

    Nous n’avons pas encore annoncé de partenariat officiel mais nous serons ravis de pouvoir travailler avec le gouvernement sur le sujet.

    Holmusk est une société spécialisée dans l’analyse de données. Quelle est votre politique de confidentialité concernant les données privées des patients ?

    Nous recueillons et utilisons des données personnelles uniquement pour le besoin des utilisateurs et pour aucun autre but. Nous ne compromettrons jamais la confidentialité de ces informations, à aucun prix.

    Votre priorité est actuellement la lutte contre le diabète mais vous avez déclaré dans une interview accordée à e27.com que votre « objectif final était de [vous] concentrer sur le long terme sur toutes les maladies chroniques ». Avez-vous déjà quelques projets en tête pour les années à venir ?

    Nous nous intéressons déjà de près aux problématiques relatives à la santé mentale. Nous travaillons aussi avec certains hôpitaux sur les données cardiovasculaires des patients. Nous voulons nous pencher sur toutes les maladies chroniques, de l’asthme aux problèmes de santé liés au tabagisme. La lutte contre le diabète n’est donc qu’un point de départ.

    Comment votre société se démarque-t-elle de la concurrence sur le marché de l’e-santé et notamment des grosses entreprises, comme le géant de l’internet Alibaba, très présent en Asie du Sud ?

    • Je pense qu’actuellement notre équipe est la plus importante en termes d’effectif dans ce secteur spécifique qu’est la lutte contre le diabète. Nous avons mis en place l’une des meilleures technologies qui soit et l’une des meilleures équipes d’analystes de données.

      Nos concurrents se focalisent généralement sur un seul domaine et à petite échelle, alors que nous, nous cherchons à nous développer à l’échelle nationale mais aussi mondiale.

    • Nous avons par ailleurs créé notre société sur des bases solides, par le biais de conseillers et d’investisseurs réputés, un point très important.
    • Nous travaillons également avec des partenaires hautement crédibles, comme SingHealth, des universités renommées, etc.
    • Enfin, un autre de nos atouts est notre rapidité. Notre capacité d’exécution est très forte.

    Je pense que tous ces facteurs font la différence par rapport aux autres entreprises sur le marché.

    Quels aspects de votre service souhaiteriez-vous améliorer ?

    Nous essayons d’améliorer notre outil continuellement. Actuellement, nous concentrons nos efforts sur les personnes qui ont été diagnostiquées de manière précoce et sur les pré-diabétiques mais nous aimerions étendre notre service aux diabétiques chroniques ainsi qu’aux personnes touchées par un diabète de type 1.

    Nous sommes même en train de réfléchir à la manière dont nous pourrions inclure la prescription de médicaments via notre application. Il y a encore beaucoup à faire !

    Vous travaillez avec SingHealth pour un projet d’analyse poussée des données cardiovasculaires des patients mais vous travaillez aussi avec des écoles, des hôpitaux. Pensez-vous que la formation de partenariats entre des sociétés privées expertes telle que la vôtre et le secteur public est essentielle sur le marché de l’e-santé ?

    C’est évident. Le secteur public est sur le point de devenir un partenaire primordial sur le marché de la santé.

    Vous avez déjà acquis une société, MindLinc [un dossier médical électronique centré sur la santé mentale] aux États-Unis et vous avez ouvert un bureau en Malaisie. Vous avez également déclaré que vous alliez lancer Glyco Leap outre-Atlantique et ailleurs en Asie.

    Nous avons entamé le processus de lancement de notre application à Hong-Kong et en Malaisie. Elle devrait être disponible courant 2017. Nous allons aussi la proposer aux États-Unis. Enfin, nous sommes en train de créer une version web de Glyco Leap.

    Il y a de nombreuses sociétés spécialisées en e-santé qui se sont implantées à Singapour ces dernières années ou qui aimeraient s’y installer. Comment expliquez-vous cette intérêt pour la cité-État ?

    Premièrement, il est certain qu’il est plus facile de démarrer une entreprise ici comparé à d’autres pays en termes d’aides et de taxes mais je pense que Singapour attire également les entrepreneurs parce qu’il y a ici une forte concentration de capitaux, de talents et parce que l’accès aux autres marchés d’Asie est assez facile. Singapour est un bon point de départ.

    Quelle est votre vision de l’e-santé à Singapour et plus généralement en Asie ?

    Le marché de l’e-santé en est à sa toute première phase d’évolution, en Asie mais ailleurs dans le monde aussi. Ses acteurs tentent de résoudre de nombreux problèmes. L’un des principaux enjeux est d’essayer de combattre l’inefficacité du système de santé actuel mais la plupart des stakeholders s’efforcent surtout de surmonter les challenges liés à l’accès aux offres de soins. Aujourd’hui, l’accès aux hôpitaux, à la médecine et à la santé en général semble être un privilège dans la plupart des pays. Nous devons penser à des solutions dans ce domaine d’un point de vue macroéconomique.

    Pensez-vous que, dans les années à venir, Singapour puisse devenir le principal leader mondial dans la lutte contre le diabète à travers le marché de la health tech ?

    Sans aucun doute. Le diabète est un problème mondial. Aucun autre pays au monde n’a déclaré une guerre contre cette maladie. Cette initiative démontre un haut degré de leadership. Cette volonté d’engagement, et parce que je sais comment fonctionne le gouvernement singapourien – de manière très efficace -, me donnent foi en ce pays. Singapour deviendra un chef de file dans ce secteur.

    Le plan de Singapour pour « déclarer la guerre au diabète »

    En avril 2016, le ministère de la Santé singapourien a déclaré la « guerre au diabète ». C’est la première fois qu’un pays porte une aussi grande attention à la lutte contre cette maladie chronique.

    « L’OMS a récemment annoncé que le nombre total d’adultes atteints de diabète avait quadruplé depuis 1980, atteignant les plus de 400 millions en 2014, rappelait le 13 avril 2016 lors d’un discours M. Gan Kim Yong, le ministère de la Santé singapourien. Sur ces 400 millions, 400 000 sont Singapouriens. »

    « Parmi ces personnes touchées par le diabète, un Singapourien sur trois n’a pas encore été diagnostiqué. Et parmi les malades diagnostiqués, un sur trois n’adopte pas le comportement adéquat pour améliorer son état de santé. »

    Selon les prédictions officielles, on estime à un million le nombre de résidents singapouriens qui seront touchés par le diabète d’ici 2050 si aucune nouvelle mesure sanitaire n’est établie.

    Le ministre insiste sur les conséquences d’un diabète non-détecté, telles que :

    • le développement de maladies cardiaques ;
    • les accidents vasculaires cérébraux ;
    • l’insuffisance rénale ;
    • la cécité ;
    • les amputations…

    Le diabète coûte à Singapour plus d’un milliard de dollars (US) par an

    Selon une étude publiée en avril 2016 par la NUS Saw Swee Hock School of Public Health (Singapour) et l’Université de Californie du Sud, le diabète au sein de la population active coûtait à Singapour en 2010 plus d’1 milliard de dollars US (959 M €). Une somme qui pourrait dépasser les 2,5 milliards de dollars (2,4 Mds €) d’ici 2050.

    « Cependant, les coûts à long terme, compte tenu des conséquences psychosociales, sont bien plus importants, relève M. Gan Kim Yong . Nous devons relever ce défi. C’est pourquoi je déclare la guerre contre le diabète. Nous voulons aider les habitants de Singapour à vivre sans diabète et nous voulons aider ceux qui souffrent de la maladie à contrôler leur état de santé afin de freiner au mieux l’évolution de la maladie. »

    Une campagne de six mois pour recueillir les suggestions de la population

    Le Groupe de travail sur la prévention et la prise en charge du diabète (the Diabetes Prevention and Care Taskforce), dirigé par le ministre de la Santé et le ministre par intérim de l’Éducation, M. Ng Chee Meng, a lancé une grande campagne afin de recueillir le point de vue des Singapouriens sur la question.

    Les propositions et commentaires les plus pertinents seront pris en compte dans le Plan d’action qu’établira petit à petit en 2017 le ministère de la Santé pour mieux lutter contre le diabète.

    La campagne est divisée en deux temps :

    • De septembre à décembre 2016 : l’attention a été portée sur l’identification des obstacles qui empêchent les Singapouriens d’adopter un mode de vie sain. Le ministère a recueilli les meilleures suggestions pour promouvoir les bienfaits d’une alimentation saine et d’une activité physique régulière, mais aussi pour encourager les Singapouriens à effectuer un suivi régulier et à suivre les recommandations de leur médecin.
    • De janvier à février 2017 : l’objectif sera de collecter les points de vue de la population sur les mesures et initiatives proposées au cours de la première phase. Pour inciter un maximum de citoyens à participer au débat, une consultation en ligne sera lancée. Chaque participant pourra donner son avis sur les idées formulées lors de la première phase de la campagne et expliquer en quoi telle ou telle initiative lui semble plus efficace qu’une autre.

    Après le mois de février, le groupe de travail étudiera les réactions recueillies et évaluera la faisabilité des mesures proposées avant de les mettre officiellement en place.

    Guerre contre le diabète : un premier bilan encourageant

    En novembre 2016, le ministère a fait un premier point sur les débuts de la campagne. Plus de 1 600 réponses ont été récoltées. Certains participants ont notamment soumis quelques « bonnes idées », note le ministre, comme le fait d’essayer de rendre plus accessibles les aliments et les boissons les plus saines ou d’élargir des programmes d’activités physiques au sein de la collectivité afin de faciliter l’accès au sport sur le lieu de travail, par exemple, ou dans les espaces communautaires.

    • Des cliniques-bus mis en place pour soulager les médecins généralistes

    « Nous continuerons de collaborer avec les intervenants clés [dans les mois à venir], a insisté M. Gan Kim Yong. Je suis heureux de constater que la Société des diabétiques de Singapour (DSS) est un partenaire important dans la gestion du diabète. Par exemple, elle a mis en place un clinique-bus mobile qui accepte d’effectuer les consultations à la place des médecins généralistes pour les radios des pieds et des yeux. Ces services de soutien permettent aux médecins généralistes de fournir des soins plus généraux, ce qui est essentiel à la bonne gestion du diabète.

    La DSS et ses partenaires fournissent également une aide financière aux familles à faible revenu pour leur permettre d’accéder plus facilement à certains produits médicaux et programmes éducatifs. »

    • Des programmes de sensibilisation

    La DSS a aussi été active au niveau de la sensibilisation et de la prévention. Elle a notamment créé des programmes de sensibilisation diffusés par des infirmières éducatrices dans des conférences, des forums ou des ateliers.

    • Des interventions pilotes dans les centres communautaires pour coacher les malades

    Par ailleurs, en partenariat avec les établissements de santé publiques et les organisations de santé centrales, le groupe de travail sur la prévention et la prise en charge du diabète a lancé des interventions pilotes communautaires pour aider les personnes à haut risque à modifier leur mode de vie en établissant des objectifs et des programmes de coaching.

    Par exemple, un programme a été initié au sein du club communautaire de Toa Payoh West pour apprendre aux résidents à manger plus sainement.

    Des objectifs personnels ont été fixés pour chacun d’entre eux afin de les encourager à adopter un mode de vie sain et ainsi à mieux gérer leur diabète.

    À travers ces premiers projets mis en place, les prémisses de la guerre contre le diabète commencent déjà à être visibles à Singapour.

  • Dans les établissements, une organisation empirique

    Si l’innovation est plus facile à repérer du côté du médicament ou des équipements médicaux, ce n’est pas toujours le cas pour les technologies du numérique, secteur émergent où l’offre émane souvent de petites et moyennes entreprises aux capacités commerciales limitées.

    Les achats sont un sujet bien rodé dans le domaine des équipements biomédicaux. Ainsi, le CHU de Poitiers dispose d’une enveloppe annuelle dédiée à l’innovation au sein du Programme pluriannuel d’investissement. Chaque année deux appels à projets ont lieu en interne auprès des médecins. Sont considérés comme innovants ceux qui le sont au niveau national.

    Une sous-commission de la CME sélectionne les projets qui seront ensuite soumis à la Direction générale. A côté de cette enveloppe d’investissement, une deuxième enveloppe vient d’être mise en place pour financer les dispositifs médicaux à partir de 2017.

    La responsabilité du sourcing

    Nous n’en sommes pas encore là dans les technologies du numérique. Pour Lionel Pailhé, directeur des services économiques et des achats au CHU d’Angers, la difficulté tient au fait qu’il n’existe pas dans les organigrammes des établissements de personnes affectées au « sourçage » de l’innovation, chaque responsable d’achats faisant ce travail au décours de ses activités habituelles.

    Le responsable des achats du CHU d’Angers cite en exemple les besoins en matière d’identification des patients liés aux risques de déambulation. « Nous savons qu’il existe des objets connectés qui pourraient répondre à nos besoins et notre difficulté, c’est de repérer les acteurs et les offres actuelles »

    Les choses commencent toutefois à s’organiser. Au CHU de Poitiers, par exemple, Alain Lamy, le directeur des systèmes d’information, a recours à  deux types de sourcing : l’un émane des médecins qui ont repéré une innovation intéressante au décours de leurs activités, et l’autre provient des équipes de la DSI.

    Des exemples en cours de mise en place illustrent ces deux types de provenance : une intégration directe des résultats d’ECG dans le système d’information de l’hôpital pour le premier, et une technologie de communication qui transfère l’intelligence du téléphone dans le poste de travail informatique, pour le second.

    Contraintes réglementaires et de sécurité

    En dehors du fait qu’il s’agisse d’un secteur émergent, l’entrée de l’innovation numérique dans les hôpitaux se heurte quelquefois à des contraintes de sécurité ou d’ordre règlementaire spécifiques au monde hospitalier. Jean-Jacques Sallaberry, ingénieur à la DSI du CHU de Poitiers, cite l’exemple de l’hébergement des données, où les contraintes de sécurité ne permettent pas toujours le recours aux technologies du Cloud même si cela peut être souvent plus rapide et moins cher.

    Dans un domaine où les hôpitaux avancent plutôt à tâtons, l’Institut Bergonié de Bordeaux fait figure de privilégié. Christian Fillatreau, son directeur général adjoint, reconnaît volontiers que c’est par la présidence du  Cluster TIC Santé Aquitain, qu’il assure, qu’il repère les innovations dans les NTIC.

    Il faudrait selon lui que les organigrammes des Directions des systèmes d’information des gros établissements aient en leur sein quelqu’un chargé de la veille technologique, comme il existe aujourd’hui des chargés des questions de sécurité.

  • Paroles d’experts

    Dominique Legouge, directeur du GIP ResaH

    « Le rôle de l’acheteur est de gérer l’interface entre les industriels et les établissements de santé. Ce rôle doit commencer dès l’émergence d’un produit ou d’un service innovant. L’acheteur est pleinement légitime sur le sujet de l’innovation. Il n’intervient pas seulement lorsque le produit ou le service est sur le marché, il peut intervenir avant. Plus tôt il intervient dans la chaine de développement d’une innovation, plus il sera efficace. Il doit être capable sur un sujet donné de faire du sourcing c’est à dire d’identifier les solutions disponibles ou en cours de mise au point. Au ResaH on a fait une part importante à l’innovation dans les politiques et stratégies d’achat. La règlementation nous donne à cet égard tous les outils nécessaires ».

    Philippe MARCHAND, directeur de projet, spécialiste du monde hospitalier à l’Ugap

    « L’UGAP n’intervient pas au niveau de la maturation de l’innovation. Son rôle est  plutôt de faciliter l’accès aux marchés publics des solutions innovantes. Son positionnement est de détecter des solutions innovantes et de les promouvoir à travers son réseau commercial. A titre d’exemple nous étions présents lors de la dernière Paris Healthcare Week à travers un village d’Innovation avec plusieurs Start up. Nous leur permettons d’accéder au marché hospitalier ».

    Nicolas Roux, responsable achat stratégique UniHA

    « Nos axes pour juger une innovation, c’est la qualité du service rendu au patient, l’amélioration de l’attractivité de l’hôpital et de sa marge. C’est la combinaison de ces trois critères qui nous permettra de sélectionner une innovation ».

  • La porte d’entrée de l’innovation

    L’hôpital est bien souvent synonyme d’innovation. C’est là que les dernières molécules ou technologies médicales sont expérimentées à travers la recherche clinique. Seules des politiques d’achat ambitieuses et volontaristes permettront une diffusion de masse d’une innovation, et au plus grand nombre d’y accéder. Préoccupation nouvelle, l’achat innovant est désormais une priorité clairement affichée tant du côté des pouvoirs publics que des acheteurs.

    Le rôle des groupements d’acheteurs hospitaliers

    La mesure 32 du Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi affirme le principe de « l’Etat, acheteur exemplaire» afin de stimuler l’innovation et d’accompagner le développement des PME innovantes. Le  gouvernement s’est engagé à atteindre en 2020 un volume de 2% de la commande publique de la part de l’État, de ses opérateurs et des hôpitaux.

    Un décret du 26 septembre 2014 a également introduit dans le code des marchés publics le « partenariat d’innovation », un dispositif qui permet de faciliter la passation de marchés publics à visée innovante et d’aider les acheteurs publics à mieux utiliser leurs marchés pour stimuler l’innovation.

    Cette politique est mise en œuvre sur le terrain par les  groupements d’acheteurs hospitaliers tant publics que privés qui, à travers la mutualisation, jouent un rôle d’accélérateur en facilitant l’identification, l’évaluation et surtout la diffusion des innovations parmi leurs adhérents.

    Recenser les solutions innovantes

    La centrale d’achat francilienne ResaH a ainsi été le coordonnateur d’HAPPI (Healthy Ageing Public Procurement of Innovations), le premier appel d’offres transfrontalier lancé par sept centrales d’achat hospitalières européennes.

    Ce programme avait pour objectif de repérer au niveau européen les solutions permettant de prévenir et de guérir les chutes des personnes vieillissantes. Une plateforme a été développée pour recenser les solutions existantes ou en cours de finalisation, qui ont ensuite été évaluées ; les marchés ont attribués à trois PME innovantes, dont deux françaises.

    Le premier consistait en un système de détection de chute novateur, la solution « Visualisation et Alerte de Chute» (VAC) de la PME française C2S.  Le parcours de marche DM3 de la PME française Alter Éco Santé, atelier d’équilibre qui permet de recouvrer de l’autonomie et de réduire la peur de la chute, ainsi que le C-Mill, tapis de rééducation à la marche de Forcelink, ont été les deux autres titulaires des marchés HAPPI.

    Le Resah gère également les programmes d’achats innovants liés au programme TerriSanté, l’un des cinq programmes Territoires de Soins Numériques actuellement en expérimentation.

    La plateforme HAPPI est désormais utilisée sous le nom de www.innovation-sante-autonomie.fr, pour recenser les solutions innovantes dans le domaine de la santé et de l’autonomie.

    Les achats pré-commerciaux

    L’achat d’innovation ne pas que les seuls produits commercialisés. Il englobe également des achats pré-commerciaux. Dans ce cas, les procédures d’achat doivent être engagées avant même que le produit ne soit sur le marché. C’est le cas de RELIEF, lancé également par le ResaH, en partenariat avec des acheteurs suédois et espagnols, dans le but de susciter des solutions digitales permettant au patient de prendre en charge à domicile le traitement de la douleur dans les maladies chroniques.

    Il faut aussi signaler que le groupement francilien a été le premier opérateur à avoir appliqué dans le domaine de la santé le tout nouveau dispositif de partenariat innovation dans le domaine du numérique pour le compte du GCS Sesame d’Ile de France.

    30 000 € pour les start-up innovantes

    Intervenir le plus en amont possible, c’est aussi le souci d’UniHA, le groupement d’achat qui rassemble les CHU et les grands centres hospitaliers. Une somme de 30 000 € est ainsi consacrée chaque année pour aider les start up innovantes à documenter leur dossier, une pratique inaugurée avec succès récemment avec la start-up lilloise ATH Medical sur une solution de traçabilité permettant de recomposer de manière automatisée les boîtes d’ancillaires. Une sorte d’avance sur chiffre d’affaires qui a permis d’amorcer la pompe. « Un système gagnant/gagnant », se félicitent ses promoteurs.     

    Faciliter l’accès des établissements à l’innovation

    Du côté de l’UGAP, où le volume des achats concernant la santé et le médico-social représente le quart des commandes, on s’est doté récemment d’un pôle innovation avec des ressources dédiées. Depuis l’an dernier, l’UGAP lance également deux appels d’offres par an dédiés à l’innovation dans lesquels le caractère innovant compte pour 30% dans la note du candidat. Cela a permis d’identifier des solutions innovantes sur des sujets tels que la personne âgée, l’e-santé ou la télémédecine.

    En complément de la promotion de l’innovation technologique, la centrale d’achat public a également mis en place des formules de financement qui facilitent l’accès des établissements à l’innovation. C’est le cas du dispositif de « facturage collaboratif » qui permet à une start up d’être payée dans un délai d’1 jour, la centrale d’achat publique jouant ainsi un rôle de banquier. Signalons aussi des formules de location ou de crédit-bail intéressantes pour des établissements aux capacités d’investissement limitées.

    Enfin, depuis la fin janvier 2016, l’UGAP a ajouté à son catalogue une offre de conseil en organisation immédiatement actionnable qui permet à une innovation nécessitant un environnement organisationnel d’entrer rapidement dans l’établissement.

  • Conférence de l’Asip santé du 31 janvier 2017

    L’Asip Santé organise le 31 janvier 2017, en présence de la ministre de la Santé, Marisol Touraine, sa conférence annuelle. Quelles seront les innovations de demain ? Quel cadre fixer pour que la e-santé se développe en toute confiance ? Tels sont les sujets abordés au cours de cet événement décliné à travers deux tables rondes : l’une consacrée aux perspectives offertes par le numérique dans le secteur de la santé et la seconde consacrée aux nouveaux usages permis par cette transformation numérique au service du parcours de soins.

    Programme

    • 9h00 : café d’accueil
    • 9h30 : discours d’introduction
    • 10h00 : résultats du sondage Asip Santé/Ipsos « Les médecins à l’heure du numérique »
    • 10h15 : table ronde « Comment le numérique transforme la santé et quels sont ses impacts en santé ? »
    • 11h20 : table ronde « Le numérique au service du parcours de soins : comment relever le défi des usages ? »
    • 12h30 : Discours de conclusion

  • Maisons de santé : un bon outil mais une viabilité financière non garantie (CNOM)

    L’Ordre des médecins a lancé une enquête de terrain pour savoir si les maisons de santé remplissent leurs promesses. Ses résultats seront rendus publics en janvier 2017.

    « Les maisons de santé, tangibles ou bien virtuelles (des professionnels en réseau), sont ce qui se fait de mieux pour structurer l’offre de soins sur le territoire, estime François Arnault, en charge de cette enquête pour le CNOM, mais elles se heurtent à deux écueils, d’abord, la viabilité financière, avec un investissement de départ élevé – 800.000 euros en moyenne – et des financeurs multiples (Assurance-maladie, département, ville…) qui peuvent se retirer d’une année sur l’autre, ensuite, l’absence d’un projet médical précis, réaliste et à l’échelle de la communauté de communes».

    Fin 2015, on comptait quelque 800 maisons de santé en France. Ces structures qui accueillent des médecins libéraux, et parfois des infirmières, des kinésithérapeutes ou des dentistes, se sont mutlipliées depuis 2012, grâce à des financements publics croisés. Le gouvernement et les élus locaux y voient, en effet, un moyen de lutter contre la progression des déserts médicaux. Marisol Touraine a promis 1 200 maisons dee santé d’ici la fin de 2017 en présentant en novembre 2016 le porojet de PLFSS pour 2017.

  • Données de santé : les conditions d’accès aux données du SNDS publiées au JO le 28/12/2016

    Les données de santé s’ouvrent aux chercheurs et organismes privés. Les décrets précisant les conditions d’accès au Système national des données de santé (SNDS), qui doit rassembler à partir d’avril 2017 les informations personnelles sur les soins et faciliter leur exploitation par les chercheurs, ont été publiés le 28 décembre 2016 au Journal officiel.

    Ces décrets décrivent les modalités de gouvernance et de fonctionnement du système national des données de santé (SNDS) qui a vocation à regrouper les données de santé de l’assurance maladie obligatoire, des établissements de santé, les causes médicales de décès, les données issues des Maisons départementales des personnes handicapées ainsi qu’un échantillon de données de remboursement d’assurance maladie complémentaire.

    Ils fixent en outre la liste des organismes, établissements et services bénéficiant d’accès permanents aux données du SNDS en raison de leurs missions de service public ainsi que les modalités de ces accès.

    Les textes prévoient également des possibilités d’accès ponctuel aux données du SNDS ainsi que l’information des personnes auxquelles les données se rapportent, et leurs droits d’accès, de rectification et d’opposition qui s’exercent auprès de la caisse d’assurance maladie dont dépend la personne.

    Organisation du système national des données de santé

    Le traitement de données à caractère personnel dénommé système national des données de santé (SNDS) est mis en œuvre par la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS).« Il a pour finalité de mettre à disposition des données qu’il rassemble afin de contribuer :

    • A l’information sur la santé ainsi que sur l’offre de soins, la prise en charge médico-sociale et leur qualité, l’orientation des usagers dans le système de santé, en permettant la comparaison des pratiques de soins, des équipements et des tarifs des établissements et des professionnels de santé ;
    • A la définition, à la mise en œuvre et à l’évaluation des politiques de santé et de protection sociale, en favorisant l’identification des parcours de soins des patients, le suivi et l’évaluation de leur état de santé et de leur consommation de soins et de services d’accompagnement social, l’analyse de la couverture sociale des patients, la surveillance de la consommation de soins en fonction d’indicateurs de santé publique ou de risques sanitaires ;
    • A la connaissance des dépenses de santé, des dépenses de l’assurance maladie et des dépenses médico-sociales, en permettant d’analyser les dépenses des régimes d’assurance maladie par circonscription géographique, par nature de dépense, par catégorie de professionnels ou de prescripteurs et par professionnel ou établissement, les dépenses d’assurance maladie au regard des objectifs sectoriels de dépenses fixés, dans le cadre de l’objectif national de dépenses d’assurance maladie, par les lois de financement de la sécurité sociale, l’analyse quantitative des déterminants de l’offre de soins et la mesure de leurs impacts sur l’évolution des dépenses d’assurance maladie ;
    • A l’information des professionnels de santé, des structures et des établissements de santé ou médico-sociaux sur leur activité, en permettant la transmission aux prestataires de soins des informations pertinentes relatives à leur activité, à leurs recettes et, s’il y a lieu, à leurs prescriptions et la mise à la disposition de leurs représentants de données ne faisant pas apparaître l’identité des professionnels de santé ;
    • A la surveillance, à la veille et à la sécurité sanitaires, en développant l’observation de l’état de santé des populations, l’évaluation et la production d’indicateurs relatifs à l’état de santé de la population et l’analyse de leur variation dans le temps et dans l’espace, la détection d’événements de santé inhabituels pouvant représenter une menace pour la santé publique et l’évaluation de leurs liens éventuels avec des facteurs d’exposition et l’évaluation d’actions de santé publique ;
    • A la recherche, aux études, à l’évaluation et à l’innovation dans les domaines de la santé et de la prise en charge médico-sociale.

    Les catégories de données réunies au sein du système national des données de santé sont les suivantes :

    • Les informations relatives aux bénéficiaires de soins et de prestations médico-sociales
    • Les informations relatives aux organismes d’assurance maladie obligatoire et, s’il y a lieu, aux organismes d’assurance maladie complémentaire intervenant dans la prise en charge financière du bénéficiaire des soins et prestations
    • Les informations relatives à la prise en charge sanitaire, médico-sociale et financière associées à chaque bénéficiaire
    • Les informations relatives aux professionnels et services de santé intervenant dans la prise en charge des bénéficiaires
    • Les informations médico-sociales relatives à la situation des personnes en situation de handicap transmises à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie
    • Les informations relatives aux arrêts de travail et aux prestations en espèces

    Les données individuelles portent sur la totalité des bénéficiaires de l’assurance maladie. Elles sont conservées pendant une durée de dix-neuf ans en plus de l’année au cours de laquelle elles ont été recueillies. Passé ce délai, ces données sont archivées de façon à rester utilisables pour une durée de dix ans.

  • WHO

    World Health Organizationnull

  • MOH

    Ministry of Healthnull