Une équipe de chercheurs toulousains a réussi à reconstituer une vessie humaine en 3D à partir de ses propres cellules souches pour individualiser la thérapie anti-cancéreuse de patients présentant une tumeur sur ledit organe.
C’est une première mondiale (la 113e à l’actif des CHU), dont l’annonce a été communiquée par le CHU de Toulouse, l’Inserm et Urosphere, plateforme de recherche en urologie expérimentale, le 15 février 2017.
Le modèle scientifique de cette reconstitution a été validé, trois autres phases sont prévues dans l’optique d’un développement de cette technique en pratique clinique :
• « fabriquer » un organoïde malade, porteur de tumeurs malignes,
• tester des traitements médicamenteux sur l’organoïde malade,
• appliquer cette technique dans la pratique clinique quotidienne.
Actuellement, tout patient souffrant d’un cancer de la vessie est traité par chimiothérapie, mais les résultats de ce traitement sont aléatoires.
La reconstitution in vitro en 3D de la vessie malade d’un patient à partir de ses propres cellules souches permet de créer un « organoïde » sur lequel les médecins peuvent tester un traitement médicamenteux et par conséquent l’individualiser : l’organoïde présente des cellules identiques (mêmes caractéristiques) que celles de la vessie « d’origine ».
En fonction des réponses de l’organoïde aux différents protocoles testés, le traitement est élaboré sur mesure, répondant ainsi parfaitement aux besoins de ses propres cellules.
Levée d’un obstacle
Jusqu’à présent, la recherche se heurtait à l’impossible reconstitution du tissu tapissant la vessie (épithélium) dans sa dimension réelle, à savoir en 3 couches superposées. Or, seules des cellules superficielles, c’est-à-dire appartenant à la première de ces couches, pouvaient être prélevées et mises en culture pour être analysées afin de rechercher la cause de leur inflammation, comme c’est le cas lors d’un cancer.
Les chercheurs ont désormais réussi à mettre en culture des cellules souches prélevées sur une vessie, ce qui permet de reconstituer cette dernière dans son environnement « naturel » et en 3 dimensions.
Une première étape validée, les prochaines perspectives
Reconstituer l’épithélium d’une vessie saine représente une première phase. Trois autres phases sont prévues pour développer les applications de cette technique de reconstitution :
- « fabriquer » à partir de cellules malades un organoïde malade, porteur de tumeurs malignes par exemple ;
- tester des thérapies médicamenteuses sur cet organoïde malade ;
- appliquer cette technique dans la pratique clinique quotidienne.
Plusieurs équipes de recherche dans le monde travaillent sur la reconstitution d’organoïdes humains (côlon, prostate, poumon, sein, pancréas), mais jamais aucune n’avait réussi à créer un organoïde humain de vessie.