• Les implants du XXIe siècle,
• le renforcement du réseau de soins de proximité par le développement de la téléaudiologie,
• le modèle français de la téléaudiologie,
tels étaient les sujets relatifs au numérique et à l’innovation abordés lors de la Journée Nationale de l’Audition organisée par l’association JNA, qui s’est déroulée le 7 mars 2017 au ministère de la Santé.
L’innovation technologique en audiologie
Les implants du XXIe siècle imaginés par la société MED-EL comprennent un porte-électrodes inséré dans la cochlée, remplaçant les cellules ciliées et stimulant directement le nerf auditif. Cet implant cochléaire, inspiré par les technologies des prothèses auditives, transmet des informations à un récepteur situé à l’intérieur du crâne.
Jean-Luc Puel, président de l’association JNA, estime que « si demain on développe de nouvelles thérapies, il faut faire mieux que des aides auditives ou implants cochléaires ». L’enjeu étant le vieillissement, les prothèses ne sont pas suffisantes pour remplacer l’oreille. C’est pourquoi des implants hybrides couplent une stimulation électrique et une stimulation acoustique. Il existera toujours une aide auditive pour stimuler les reliquats auditifs, un implant cochléaire restituera les fréquences aiguës. Cette innovation sera à destination des patients presbyacousiques qui perdent en fréquences aiguës mais chez qui ils demeurent encore des fréquences graves.
Les conditions de développement de la téléaudiologie
Le numérique est encore absent des réseaux de soins et le Dr Didier Bouccara, Secrétaire général adjoint de l’association JNA, propose un état des lieux de ses futurs apports. Selon lui, le numérique pourrait :
- multiplier les développements de nouveaux systèmes de diagnostics et de traitements,
- permettre la réalisation de dépistage à distance,
- informer les patients sur les pathologies et les solutions,
- communiquer entre professionnels et entre chercheurs via un mode sécurisé.
Ainsi, il préconise de renforcer la qualité des liens entre soignants et soignés en améliorant le parcours de soins, d’utiliser davantage le numérique dans le diagnostic et de développer la spécialisation des audiologistes. Le suivi de la qualité repose sur trois conditions :
- avoir une technologie disponible et facile d’utilisation,
- pouvoir réaliser des gestes simples tels que l’otoscopie à distance,
- vérifier l’intégrité des systèmes auditifs, possible grâce au support du numérique.
S’inspirer d’expériences étrangères pour créer un modèle français de téléaudiologie
Mettre le patient au cœur de la prise en charge et adapter cette dernière aux évolutions technologiques, telles sont les ambitions de la start-up AudioPro Connect qui développe des applications de téléotoscopie, de télésuivi et de prise en charge. Après s’être interrogée sur la mise en œuvre des modèles Australiens et Américains de téléaudiologie, cette start-up a développé la plateforme « APC » utilisable par les personnes malentendantes et des professionnels. APC permet de mettre ces derniers en relation afin que le patient voit l’audioprothésiste via un « facilitateur » pour favoriser la connexion de sa prothèse.
La plateforme sert ainsi à :
- suivre le réglage de la prothèse qui s’avère être équivalent en termes de satisfaction et de capacité d’adhésion au protocole expérimental,
- former les étudiants à un examen otoscopique à distance,
- permettre un accès multicanal réunissant l’audioprothésiste, le médecin ORL, l’orthophoniste et les équipes de soins,
- agir contre les déserts médicaux : la plateforme est actuellement testée sur un patient éloigné de centre de soins.