Articles

  • Santé en Afrique : l’AFD finance le programme DEMSAN à hauteur de 10 millions d’euros

    Le projet DEMSAN, ou projet « démographie et santé sexuelle et de la reproduction » a été lancé dans les huit pays francophones de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, CEDEAO (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Niger, Sénégal, Togo) grâce à un financement de l’Agence Française de Développement.

    Pour les trois prochaines années, le projet sera mené grâce au renforcement du rôle et de la mission de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS) en matière de pilotage et de gestion des connaissances sur les questions démographiques et de santé sexuelle et reproductive.

    Il visera notamment au développement du numérique en santé.

    Oeuvrer pour la transition démographique en partenariat avec l’OOAS dans les huit pays francophones de la CEDEAO, tel est l’objectif de l’AFD en investissant dans le projet « démographie et santé sexuelle et de la reproduction ». 

    Le projet a trois objectifs principaux : 

    • assoir le rôle de l’OOAS sur les questions démographiques, de santé sexuelle et reproductive
    • renforcer le plaidoyer politique en faveur des droits et de la santé sexuelle et reproductive
    • favoriser l’émergence de la société civile dans ces domaines et renforcer les capacités des Etats membres en matière d’élaboration et de mise en œuvre, de suivi et évaluation des politiques et stratégies en faveur des droits humains et de la santé sexuelle et reproductive.

    Pour ce faire, le programme mettra en oeuvre un appui aux politiques de santé et de la reproduction, des travaux de recherche, le soutien aux initiatives de la société civile mais aussi le développement du numérique en santé. 

  • Objets connectés : utilité perçue VS utilisation effective pour les professionnels de santé (sondage)

    58% des acteurs de santé n’utilisent jamais ou peu les objets connectés en santé mais 67% d’entre eux les trouvent utiles voire très utiles ; tel est le principal enseignement du sondage, réalisé du 15 au 26 avril 2017 effectué dans le cadre de la campagne FASN et rendu public le 4 mai 2017.

    Réalisé en ligne auprès de 137 acteurs du système de santé (institutionnels, professionnels libéraux, praticiens hospitaliers, industriels et prestataires de services), ce sondage met en évidence une contradiction entre la perception de l’utilité des objets connectés et leur utilisation ainsi qu’une défiance vis-à-vis de la sécurisation des données collectées.

    Les résultats du sondage

    Dans le détail, 27% % des professionnels de santé libéraux et 28 % des praticiens hospitaliers utilisent souvent ou tout le temps des objets connectés. Ils sont 42% des industriels à les utiliser fréquemment ou tout le temps.

    Face à cette sous-utilisation apparaît pourtant une réelle perception d’utilité:

    • 67% de l’ensemble de l’échantillon considèrent utiles voire très utiles les objets connectés,
      • Ce sont les praticiens hospitaliers et les industriels qui les considèrent les plus utiles: ils sont 78% d’entre eux pour chacune des catégories à croire en leur utilité
      • En revanches les professionnels libéraux ne sont 36% dans ce cas.

    Cette contradiction s’explique peut-être par une défiance vis-à-vis de la sécurisation des données:

    • Seulement 39% de l’échantillon pensent que les données sont suffisamment ou partiellement bien sécurisées contre 55% à penser le contraire.
      • Parmi les plus septiques, les étudiants et les chercheurs sont 80% à penser que les données ne sont pas ou insuffisamment protégées.
      • Les industriels, eux, sont 58% à penser qu’elles sont entièrement ou partiellement protégées.

    La fiabilité des données, quant à elle, n’est pas remise en cause:

    • 64% de l’échantillon les trouvent entièrement ou partiellement fiables.
      • 78% des praticiens hospitaliers et 83% des industriels sont convaincus de la fiabilité des données,
      • Les professionnels libéraux et les étudiants et chercheurs sont quant à eux plus septiques: 55% et 50% respectivement.

    Concernant le prix, 1 sondé sur 2 pense que les objets connectés ne sont pas ou peu abordables financièrement, dont:

    • 55% des professionnels libéraux, 58% des institutions et 53% des étudiants et chercheurs partagent cette idée.
    • A contrario, 50% des praticiens hospitaliers défendent le prix contre 29% à le trouver inabordable et 48% des industriels trouvent les prix abordables.
  • Silver économie : la commune de Chalabre mise sur l’évaluation des technologies par les citoyens

    La commune de Chalabre (1144 hab), située dans l’Aude et massivement touchée par le vieillissement de sa population (+ 32% des habitants ont + de 60 ans) et la pénurie de médecins met en place un programme d’évaluation de dispositifs e-santé innovants par ses séniors bénévoles, en partenariat avec Kyomed et la Caisse d’Assurance Retraite et de la Santé au Travail Languedoc-Roussillon (Carsat).

    La e-santé semble être la réponse adéquate pour la commune de Chalabre qui souffre à la fois du vieillissement de sa population et de la pénurie de médecins. La commune a signé un contrat avec la start-up Kyomed il y a deux ans, afin de bénéficier des innovations e-santé : pilulier intelligent, télésanté. 

    Si Chalabre est éloignée des centres médicaux, la commune possède néanmoins des infrastructures développées telles qu’un EHPAD, un SSIAD et un centre de rééducation. L’installation d’une maison de santé est même en réflexion. Cela fournit à Kyomed un véritable terrain pour l’évaluation et le développement de ses dispositifs. 

    Aujourd’hui, il s’agit en effet d’évaluer les dispositifs afin de pouvoir fournir les services adaptés et répondant aux besoins réels de la population sénior de Chalabre. C’est donc une vingtaine d’habitants qui vont tester un bouquet de solutions, de la télésurveillance à l’application d’entrainement cognitif : 

    • Tavie Attentive de TAVIE qui permet de veiller sur la sécurité des personnes âgées et d’avertir les proches en cas de problème, par un système de téléassistance 7j/7 et 24h/24.  
    • Majord’Home de BUDGET TELECOM, qui offre la possibilité du maintien à domicile par la mesure et la surveillances des signes vitaux, retransmis sur le poste de télévision.
    • M@ Carsat de la CARSAT Languedoc Roussillon, une application mobile qui permet au senior isolé de garder un lien social avec la CARSAT, les aidants professionnels, les personnes de confiance et sa famille.
    • Trait d’Union d’ADSV consulting, une application tablette de jeux ludiques et d’entrainement cognitif.

    Les objectifs de ce programme sont à la fois mesurés en termes de santé publique mais cherchent également  à soutenir un regain économique pour la région, notamment par la création d’emplois. 

  • Cardiologie : Devinnova lance un patch-ECG connecté pour détecter le risque d’infarctus

    La start-up Devinnova, créée en 2016 à Montpellier, lance dès septembre sur le marché Vitalsigns, un électrocardiogramme connecté, composé d’un patch cutané à usage unique et relié à une application, capable de détecter les prémices d’un infarctus jusqu’à deux mois avant qu’il ne survienne.
    Devinnova a bénéficié du soutien du programme « Dell for Startups » de Dell et du programme d’accélération Start2You.

    Vitalsigns est un patch cutané à usage unique composé de 3 électrodes. Relié en bluetooth à une application smartphone ou tablette, il permet d’enregistrer le rythme cardiaque afin d’en déceler les troubles. Il peut ainsi détecter un risque d’infarctus jusqu’à deux mois avant. 

    Les données récoltées sont enregistrées sur le serveur de l’application et sont accessibles par le médecin en mode Saas afin que celui-ci puisse suivre en temps réel le patient à risque, pour une meilleure prise en charge. 

    Vitalsigns est un capteur polyvalent qui permet de détecter d’autres pathologies comme l’apnée du sommeil ou les maladies respiratoires par la mesure de : 

    • ECG
    • Fréquence respiratoire 
    • Température cutanée 
    • Saturation en oxygène
    • Posture du patient

    La société a annoncé la commercialisation de son dispositif dès septembre 2017. 

  • Otherwise, le disrupteur de l’assurance santé à l’assaut de l’assurance automobile avec la MAIF

    Otherwise, le courtier pionnier dans le domaine de la complémentaire santé communautaire et totalement digitalisée, créé en 2016, vient d’annoncer un partenariat avec la MAIF. Surfant sue la vague de l’innovation disruptive avec son modèle 100% digital et d’assurance collaborative, la start-up exploite pleinement les nouvelles technologies et notamment dans le domaine de la gestion des données pour croître, mais aussi se diversifier.
    En mai 2017, elle transpose son expérience de l’assurance santé en assurance automobile en collaboration avec la MAIF. L’objectif de l’union n’est pas de caractère financier, mais vise surtout une transformation du paysage de l’assurance avec l’élaboration de nouvelles offres.

    Stratégie de développement d’Otherwise

    Otherwise est spécialisé dans l’offre de complémentaire santé en ligne. Son modèle économique est celui de l’innovation disruptive. Il se repose complètement sur le digital et la constitution de communautés d’adhérents qui cotisent dans une cagnotte commune en mutualisant le risque. L’effet escompté est l’adoption de comportements responsables prévenant les risques et ayant un impact direct sur les dépenses. Pour les assurés, c’est la possibilité de récupérer jusqu’à 50% des cotisation versées, sous réserve que les prestations réglées aux adhérents le permettent.

    Un an après le lancement de son offre santé, Otherwise souhaite se diversifier et élaborer des offres pour un autre volet classique de l’assurance – l’automobile.

    La stratégie à court et moyen termes d’Otherwise est de développer une dizaine d’offres différentes répondant aux besoin différents.

    C’est pourquoi la start-up souhaite conclure des partenariats avec d’autres acteurs de l’assurance et adopte une démarche multi-partenaires. À long terme, un développement à l’international est visé.

    Les technologies et l’utilisation des données au service de la croissance

    La particularité de l’offre d’Otherwise, à caractère communautaire, nécessite une analyse des souscripteurs et de leurs habitudes et besoins afin de constituer au mieux les communautés.

    Cette opération devrait à terme s’appuyer sur le machine learning grâce auquel les données renseignées par les souscripteurs seront recoupées pour affecter les nouveaux adhérents à la communauté leur correspondant le mieux et en assurer l’animation afin d’optimiser la perspective du bonus collaboratif, c’est-à-dire la quote-part de la cagnotte communautaire reversée aux assurés faisant partie d’une communauté et qui en fin d’année n’aura pas été utilisée.

    Le modèle collaboratif au sein de la MAIF

    La MAIF est un acteur traditionnel, mais également porte-parole du collaboratif dans l’assurance et porteuse des valeurs de protection environnementale qu’elle assimile aux valeurs du modèle mutualiste.

    C’est dans l’optique du renouveau de l’écosystème que la MAIF soutien les start-up et les projets qui incarnent sa vision, car la société d’assurance mutuelle est convaincue de la pérennité du modèle collaboratif. Depuis 2015, elle a signe 17 partenariats avec des start-up de l’économie collaborative.

    La collaboration avec une start-up est fondée sur une expérience mutuellement bénéfique. Otherwise apporte une approche agile de l’économie collaborative ainsi qu’un projet créatif et la MAIF fait profiter la start-up de son expérience et de son positionnement dans le secteur.

  • Vietnam is trying to seize the opportunity of digital health

    In an analysis published in April 2017 on HealthInvestor Asia, Susann Roth, senior social development specialist at the Asian Development Bank, presents his view of the Vietnamese health market.

    She notes that the national healthcare system is currently evolving, ready to make profound changes to develop digital in order to improve the efficiency of its services. To successfully achieve this transformation, the national authorities will have to establish a clear and harmonized legal framework in line with industry professionals wishes.

    Vietnam is shifting to a digital economy

    Many countries have realized that investing in the area of eHealth is essential to achieve universal health coverage, Susann Roth said. Through the digitization of the industry, the professionals of the sector could unify the fragmented health systems and ensure continuity of care for all patients.

    90% of the population with access to mobile phones

    « Vietnam is clearly seizing this opportunity, » the expert assured. According to official figures, over 90% of the population currently has access to mobile phones. There are about 120 million mobile phone users and more than half of the Vietnamese uses the internet. Vietnam is now shifting quickly to a digital economy.

    The government wants to invest in ICT, particularly in the health sector

    Moreover, Vietnam is one of the developing countries with the highest rate of ICT adoption of and the lowest cost of using these technologies, it has enormous potential for e- health.

    • In 2014, the government identified ICT as a unique lever to foster the economic growth and social development in all sectors, including health.
    • The Ministry of Health followed the recommendations of the government by approving a plan to establish a national health information exchange architecture with defined interoperability standards. « These standards are especially important to support and report care across the continuum of health services. This in turn requires a governance framework to define who reports what to whom, in which format, and spells out clear privacy and security policies, » the specialist said.

    Vietnam: the success of the digitization process depends on human interoperability

    « As a passionate digital health advocate myself, I welcome Vietnam’s endeavor to digitize its health system. In reality, however, establishing a whole-system approach with the proposed solutions for integration and interoperability is highly complex. First and foremost success will depend on human interoperability, a clear blueprint, and strong leadership. »

    Susann Roth recently attended a workshop organized by the Ministry of Health and its General Department of Preventive Medicine to discuss next steps for the deployment of a health information exchange. The aim was to assess the current status of eHealth in the country and discuss the benefits of an architecture based on standardized ICT. For many national leaders of the industry, it was the first time openly to discuss on this particular field.

    Big Data management is at the center of the process

    Following the event, several objectives were established:

    • 1. Identify wish data assets should be shared. For example, Vietnam currently has about 1 000 different laboratory information systems, all based on different standards. This organization makes difficult to develop aggregate reporting. The situation is the same for electronic medical records at the hospital level, which also lack unified formats and standards.

    2. Use standards-based interfaces and an infrastructure component called « the master patient index » « main index patient » to bridge care between different care programs and systems.

    « The underlying infrastructure, behaviours, and data elements are generic and based on international standards, Susann Roth said. The case study helped Vietnamese health officials realize:

      • why interoperable health information system matters;
      • how ICT solutions can link existing systems without creating an entirely new ICT enterprise;
      • how data entry burden can be reduced. « 

    « Vietnam needs a governance framework across the department (…) and clear policies »

    The case of the toddler suffering from measles is an example to demonstrate the importance of ICT-driven interoperability in the health sector.

    Susann Roth noted that the actors of the country’s industry realized that the use of interoperability standards for data exchange:

    • can improve disease surveillance;
    • enables easier and faster health data sharing;
    • significantly reduces the tedious task of data collection.

    « Vietnam is on the right path toward realizing the potential of digitization in its health sector. Now we need a ministry-wide governance framework, officials willing to work together, and clear policies on data sharing and privacy to make it happen. »

    Vietnam: the latest initiatives in the eHealth sector

    • On March 24, 2017, Vietnam’s Deputy Prime Minister, Vu Duc Dam, officially launched the NIIS in Hanoi. It evolved from the digital immunization registry ImmReg and VaxTrak, a vaccine tracking tool, both developed and tested by Path, leader in global health innovation (US), beginning in 2012.

      The NIIS is an ambitious system that positions Vietnam as one of the global leaders in the digital healthcare market. Health centers around the world, in both developed and developing countries, have relied on paper-based records to record patient and vaccine information by hand.

    Path: the leader in health innovation contributes to the digitization of the Vietnamese healthcare system

    Path has global expertise in the use of technology to find innovative solutions to meet the challenges of the healthcare sector and has been offering its expertise in the increasingly digitized Vietnam for some years.

    The company has undertaken numerous initiatives to encourage the digitization of the Vietnamese healthcare system. Here are the main ones:

    • The Digital Immunization Registry project (ImmReg) has demonstrated that a customized electronic registry system allows faster and more efficient management of individual immunization records and vaccine delivery. Using the software developed by Path, health professionals in Vietnam can now generate lists of people due for vaccinations through a web-based application which is accessible on Commune Health Center–based computers and smartphones and that automatically send SMS text vaccination reminders to clients’ mobile phones.
    • The Global Health Security Partnership has supported the development of a centralized data collection system and a data visualization platform that will help managers make quick and strategic decisions and reduce the impact of outbreaks.
    • The Healthy Market project aims to improve the potential of social media to encourage behavior change by developing a Facebook community which both raises awareness about healthy practices for preventing and managing HIV among young men who have sex with men and connects users to offline HIV services.

      Example: The « Xóm Cầu Vồng » project (Rainbow Village) was launched in October 2015 and developed a network of 150,000 followers in one year. Interactive and fun content is published and cross-posted with celebrities and other opinion leaders, while health experts connect directly with Facebook users to provide counseling on a range of HIV-related issues and refer people for community-based HIV testing services.

    • Communities for Healthy Hearts have been deployed in Vietnam to improve case management of hypertension at the community level by developing by developing a patient monitoring software program that stores information and indicators related to hypertension patients, such as demographic data, logs of their hypertension screening, and details of their referrals, diagnosis and treatment.

      The project also includes the use of an mHealth device, whereby people at risk or receiving treatment for hypertension receive text messages to their mobile phone, which promotes hypertension screening, adherence to treatment, and healthy lifestyle choices.

    • The Breath for Life program is tackling the ongoing concern of pediatric tuberculosis (TB) in Vietnam, which is more difficult to diagnose in children than in children the adults. Diagnosis and treatment for TB is concentrated at provincial-level facilities, which means that families living in remote areas often have difficulty accessing these services.

      The project has supported the development of an on-line consultation system that allows institutions in different districts to seek consultation and advice from provincial facilities. The ECHO/Zoom software enables real-time remote consultation and facilitates the coordination of treatment between clinicians at the district and provincial levels, a device that reduce the need for patients to travel for diagnosis and treatment.

  • Le Vietnam fixe un cadre d’interopérabilité pour accélérer le développement en santé numérique

    Instaurer un cadre légal précis et harmonisé pour favoriser les échanges de données en accord avec les professionnels du secteur, tel est l’enjeu actuel de la transformation numérique du système de santé vietnamien.
    Susann Roth, spécialiste en développement social à la Banque asiatique de développement, expose son analyse du marché vietnamien dans le secteur de la santé, reprise en avril 2017 sur le site HealthInvestor Asia,
    Données de santé, HTA, BPCO, carnet numérique vaccinal, ou sécurité sanitaire, H&TI présente en complément un panorama des dernières avancées en E-santé au Vietnam.

    Le Vietnam est en train de passer à une économique numérique

    « Investir dans le secteur de l’e-santé est primordial pour atteindre une couverture sanitaire universelle dans de nombreux pays asiatiques », explique Susann Roth. La numérisation de l’industrie permet d’unifier les systèmes de santé fragmentés et d’assurer une continuité des soins pour tous les patients.

    90 % de la population a accès aux téléphones portables

    « Le Vietnam saisit clairement cette opportunité », constate l’experte. Selon les chiffres officiels, plus de 90 % de la population a actuellement accès aux téléphones portables. Le pays compte environ 120 millions d’utilisateurs de téléphones mobiles et plus de la moitié des Vietnamiens utilisent internet. Le Vietnam est donc en train de passer rapidement à une économie numérique.

    Le gouvernement souhaite développer les TIC, notamment dans le secteur de la santé

    Par ailleurs, comme il s’agit de l’un des pays en développement ayant le plus haut taux d’adoption de TIC et le plus bas coût de l’utilisation de ces technologies, il possède un énorme potentiel en matière d’e-santé.

    • En 2014, le gouvernement a identifié les TIC comme un levier unique pour favoriser la croissance économique et le développement social du pays dans tous les secteurs, y compris celui de la santé.
    • Le ministère de la Santé a suivi les recommandations du gouvernement en approuvant un plan visant à établir une architecture nationale d’échange d’informations sur la santé avec des normes d’interopérabilité définies. « Ces normes sont particulièrement importantes pour appuyer et signaler les soins dans le continuum des services de santé. Cela nécessite un cadre de gouvernance pour définir qui doit fournir des informations à qui, dans quel format, et pour instaurer des politiques claires de confidentialité et de sécurité », précise la spécialiste.

    Vietnam : le succès de la numérisation du secteur de la santé dépendra de l’interopérabilité du système

    « En tant que défenseure passionnée de la santé numérique, j’approuve l’effort du Vietnam pour numériser son système de santé. En réalité, cependant, l’établissement d’une approche globale avec les solutions proposées pour l’intégration et l’interopérabilité [de ce nouveau modèle] est très complexe. Tout d’abord, le succès [du projet] dépendra de l’interopérabilité humaine, de la clarté du plan et de la puissance du leadership. »

    Susann Roth a récemment assisté à un comité organisé par le ministère de la Santé et son département général de la médecine préventive pour discuter des prochaines étapes relatives au déploiement d’un système d’échange d’informations sur la santé. Le but était d’évaluer l’état actuel de l’e-santé dans le pays et de débattre sur les avantages d’une architecture basée sur les TIC standardisée. Pour de nombreux responsables nationaux de l’industrie, ces discussions sur ce domaine précis était une première.

    La gestion des big data au centre des préoccupations

    À l’issue de cette concertation, plusieurs objectifs ont été établis :

    • 1. Identifier les ressources de données qui devront être partagées. Par exemple, le Vietnam dispose actuellement d’environ 1 000 systèmes d’information de laboratoire différents, tous basés sur des normes différentes. Cette organisation rend difficile l’élaboration de rapports agrégés. Le constat est le même pour les dossiers médicaux électroniques au niveau de l’hôpital, dont les normes et les structures méritent une harmonisation.
    • 2. Utiliser les interfaces basées sur les normes et une composante d’infrastructure appelée « l’indice principal des patients » pour mettre en commun les soins entre les différents programmes et systèmes de soins.

    « L’infrastructure sous-jacente, les comportements et les données sont génériques et sont basés sur les normes internationales, explique Susann Roth. L’étude de cas a aidé les responsables de la santé vietnamienne à comprendre :

      • pourquoi le système interopérable d’information sur la santé était important ;
      • comment les solutions TIC pouvaient lier les systèmes existants sans créer une structure informatique entièrement nouvelle ;
      • comment le fardeau de la saisie des données pouvait être réduit. »

    « Le Vietnam a besoin d’un cadre de gouvernance à l’échelle du ministère (…) et de politiques claires »

    Le cas du tout-petit souffrant de la rougeole n’est qu’un exemple pour démontrer l’importance de l’interopérabilité centrée sur les TIC dans le secteur de la santé.

    L’experte indique que les acteurs de l’industrie du pays ont réalisé que l’utilisation de normes d’interopérabilité pour l’échange de données :

    • pouvait améliorer la surveillance des maladies ;
    • permettait un partage plus facile et plus rapide des données de santé ;
    • réduisait de manière significative la fastidieuse tâche que représente la collecte de données.

    « Le Vietnam est sur la bonne voie pour exploiter le potentiel de la numérisation [afin d’améliorer] son système de santé. [Il] a maintenant besoin d’un cadre de gouvernance à l’échelle du ministère, de fonctionnaires désireux de travailler ensemble et de politiques claires sur le partage et la confidentialité des données pour que [cette mutation] ait lieu. »

    Vietnam : les dernières avancées dans le secteur de l’e-santé

    • Le 24 mars, le vice-Premier ministre vietnamien, Vu Duc Dam, a officiellement lancé le Système national d’information sur la vaccination (NIIS) à Hanoï.

      Il a été élaboré à partir du registre de vaccination numérique ImmReg et de VaxTrak, un outil de suivi des vaccins développé et testé depuis 2012 par Path, leader de l’innovation mondiale en matière de santé (US).

      Le NIIS est un système ambitieux qui positionne le Vietnam comme l’un des chefs de fil mondiaux du marché la santé numérique. Les centres de santé dans le monde entier, aussi bien dans les pays développés que dans les pays en développement, se sont appuyés sur des documents papier pour enregistrer et centraliser sur une plateforme numérique les informations manuscrites sur les patients et les suivis de vaccination.

    Path : le leader de l’innovation en matière de santé contribue à la numérisation du système de santé vietnamien

    Path jouit d’une expertise mondiale dans l’utilisation de la technologie pour trouver des solutions innovantes afin de faire face aux défis du secteur de la santé et propose depuis quelques années son expertise aux autorités du Vietnam, de plus en plus numérisé.

    La société a entrepris de multiples initiatives pour encourager la numérisation du système de santé vietnamien. Voici les principales :

    • Le projet du Registre de vaccination numérique (The Digital Immunization Registry project, ImmReg) a démontré qu’un système de registres électroniques sur mesure permettait une gestion plus rapide et plus efficace des dossiers de vaccination individuels et de la délivrance des vaccins.
      À l’aide d’un logiciel élaboré par Path, les professionnels de la santé du Vietnam peuvent désormais générer des listes de personnes en fonction de leur dossier de vaccination grâce à une application web accessible depuis les ordinateurs et les smartphones du centre de santé local et qui envoie automatiquement des rappels de vaccination par SMS sur le téléphone mobile des patients.

    • Le Partenariat mondial pour la sécurité sanitaire (The Global Health Security Partnership) a soutenu le développement d’un système centralisé de collecte de données et d’une plateforme de visualisation de données qui aidera les dirigeants à prendre des décisions rapides et stratégiques et à réduire l’impact des épidémies.
    • Le projet des « marchés sains » (The Healthy Market project) a pour objectif d’améliorer le potentiel des médias sociaux pour encourager des changements de comportement en développant une communauté sur Facebook qui sensibilise les jeunes hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes à l’usage du préservatif et qui connecte les utilisateurs à des services hors-ligne de lutte contre le VIH.

      Exemple : le projet « Xóm Cầu Vồng » (Rainbow Village) a été lancé en octobre 2015 et a développé un réseau de 150 000 d’abonnés en une année. Un contenu interactif et amusant est publié sur le groupe et transmis par des célébrités et d’autres leaders d’opinion, tandis que des experts de la santé entrent directement en contact avec les utilisateurs de Facebook pour leur fournir des conseils sur les problèmes liés au VIH et les encourager à utiliser des services dédiés au test de dépistage.

    • Les communautés dites « pour les cœurs en bonne santé » (Communities for Healthy Hearts) ont été déployées au Vietnam pour améliorer la gestion des cas d’hypertension à l’échelle de la communauté en développant un programme de suivi des patients qui stocke des informations complètes et des indicateurs liés aux patients atteints d’hypertension, tels que des données démographique, les registres de leur dépistage de l’hypertension et les détails de leurs références médicales, de leurs diagnostics et de leurs traitements.
      Le projet inclue également l’utilisation d’un dispositif mHealth, via lequel les personnes à risque ou recevant un traitement pour l’hypertension artérielle reçoivent des SMS dans le but de les encourager à réaliser un dépistage, de bien adhérer à leurs traitements et d’adopter un mode de vie sain.
    • Le programme Breath for Life (« Un souffle pour la vie ») s’attaque quant à lui à un problème qui préoccupe de plus en plus les autorités vietnamiennes, soit la tuberculose pédiatrique (TB), plus difficile à diagnostiquer chez les enfants que chez les adultes.
      Le diagnostic et le traitement de la tuberculose sont concentrés dans des installations au niveau provincial, ce qui signifie que les familles qui vivent dans des régions éloignées ont souvent du mal à accéder à ces services. Le projet a appuyé la mise en place d’un système de consultation en ligne qui permet aux établissements des différents districts de réclamer des consultations et des conseils auprès des organisations provinciales.
      Le logiciel ECHO/Zoom permet une consultation en temps réel à distance et facilite la coordination du traitement entre les cliniciens au niveau des districts et des provinces, un dispositif limitant les déplacements des patients et de leurs familles pour le diagnostic et le traitement de la maladie.
  • AG2R La Mondiale absorbe Territoria Mutuelle et crée un pôle Fonctions Publiques

    La Smacl Santé et la Smacl Assurance se séparaient le 14 décembre 2016, faute de ne pas pouvoir s’inscrire dans une structure de groupe renforcée pour cause de contraintes règlementaires émanant de la Directive 2009/138/CE du Parlement européen et du Conseil, communément appelée « Solvabilité 2 ».
    Depuis le 2 mai 2017, la Smacl Santé s’appelle « Territoria Mutuelle », nom adopté par l’assemblée générale des adhérents du 28 avril. Le changement de nom est concomitant au changement de groupe, car Territoria Mutuelle intègre immédiatement le pôle Fonctions publiques de l’AG2R La Mondiale.

    Un divorce forcé pour contrecarrer un processus de fusion et de potentielle disparition qui aboutit au mariage entre Terrritoria Mutuelle avec l’AG2R LA MONDIALE.

    Ce rapprochement est justifié par un partage de valeurs basées sur le paritarisme et le mutualisme qui permettent de préserver la souveraineté de la mutuelle.

    C’est à cette occasion qu’au sein de AG2R LA MONDIALE un Pôle Fonctions Publiques a été créé. Présidé par Robert Chiche, président de l’ancienne Smacl Santé, ce pôle est composé de 4 mutuelles représentant les trois fonctions publiques: la fonction d’État, la fonction hospitalière et enfin territoriale.

  • JOUE

    Journal Officiel de l’Union Européennenull

  • DM : le nouveau règlement publié au JOUE, le Snitem alerte sur la « course contre la montre »

    Mis en ligne en février 2017, adopté par le Conseil de l’Union Européenne en première lecture en mars 2017 et voté par le Parlement européen en avril 2017, le nouveau règlement européen sur les dispositifs médicaux hors dispositifs de diagnostic in vitro a été publié au JOUE le 5 mai 2017. Ce règlement sera applicable en majeure partie à partir de juin 2020.

    Les principales dispositions du nouveau règlement concernent:

    • Le renforcement des règles relatives aux « organismes notifiés »
    • Le renforcement de la transparence sur les produits
    • L’évaluation de la conformité des dispositifs
    • La surveillance après commercialisation

    Le Snitem a réagi à cette publication en alertant sur « la course contre la montre » qui débute pour les entreprises pour se mettre en conformité avec ces nouvelles dispositions, « plus importante modification du cadre réglementaire pour le secteur depuis la création du marquage CE ».

    Le Snitem met également en garde contre le risque de « surréglementation en France », avec des « nouvelles dispositions nationales sans prise en compte des dispositions introduites dans le règlement ».

    Enfin, le Snitem indique prévoir « d’échanger avec le nouveau gouvernement sur un plan de soutien aux entreprises » du secteur du dispositif médical.