Avec trois projets d’études, NoHoW, SMART2D et PEPPER, financés par les fonds européens dans le cadre de Horizon 2020, les chercheurs européens évaluent scientifiquement l’utilité des applications mobiles dans les domaines de :
• la perte et puis maintien de son poids
• la maîtrise du diabète de type II grâce à un support collectif au sein d’un communauté de pairs
• la maîtrise du taux d’insuline grâce à l’IA chez les personnes souffrant de diabète de type I.
Face à la profusion de solutions connectées de surveillance du poids, les scientifiques au Danemark, en Suède et en Grande-Bretagne cherchent à fournir la preuve scientifique du bien-fondé des apps qu’ils élaborent en comblant les failles des solutions existantes.
Pour ce faire, des chercheurs européens basés à l’hôpital Frederiksberg au Danemark, au Karolinska Institute à Stockholm et à l’Université Brookes à Oxford mènent des études depuis 2015 et jusqu’en 2020.
NoHoW – la gestion du stress dans la lutte contre le surpoids et l’obésité
Face au constat que la majorité des personnes, de 90 à 95%, souffrant de surpoids ou d’obésité n’arrive pas à stabiliser son poids à l’issue d’un régime, les chercheurs de l’hôpital Frederiksberg au Danemark se penchent sur une technique de perte de poids perenne.
1 600 volontaires seront équipés d’objets connectés classiques dans ce domaine – balance connectée, détecteurs d’activité, des applications mobiles et des outils en ligne et un support Internet.
Mais ils bénéficieront surtout d’un accompagnement visant à leur fournir des techniques de maîtrise du stress, car les chercheurs ont constaté que le stress est un facteur clé dans le maintien de bonnes habitudes alimentaires. Maîtriser le stress et l’instabilité émotionnelle permet de couper court à la réaction naturelle de s’alimenter face aux difficultés.
L’application permettra de fournir des conseils personnalisés aux personnes équipées afin de gérer leurs émotions et d’aboutir à l’autogestion, qui à long terme est susceptible de permettre des économies en termes de santé publiques, sachant que 60 millions d’Européens souffrent des problèmes de poids. Le projet affirmera ou infirmera la capacité des outils techno à faire passer la technique comportementale la plus prometteuse et scientifiquement prouvée dans la maîtrise du poids. Cette étude prendra fin en 2020.
Smart2d – soutien communautaire pour maîtriser le diabète
Les systèmes de santé des pays occidentaux savent comment faire pour faire face à des problèmes d’urgence sanitaire et prodiguer des soins hautement spécialisés. En revanche, ils semblent ne pas savoir appréhender efficacement la prévention et le contrôle.
L’intérêt de cette étude qui étudie l’impact du soutien communautaire par les pairs dans la maîtrise d’une maladie chronique est son appui sur une innovation sociale qui met à profit l’existence de réseaux sociaux et de plateformes pour une communication et un échange en temps réel qui visent à responsabiliser les malades et leur entourage et à les diriger vers une approche d’autocontrôle et d’autosurveillance. Débutée en 2015, l’étude doit se terminer en mars 2019.
Pepper – l’IA et l’aide à la décision personnelle
Le projet réunit des informaticiens, des cliniciens et des représentants de l’industrie pour créer un système personnalisé d’aide à la décision pour la gestion du diabète de type I basé sur l’intelligence artificielle. L’outil vise à déterminer lui-même la quantité d’insuline à injecter.
Partie du constat que le taux de glycémie est difficile à maîtriser malgré toute la bonne volonté du malade, ce qui le met dans un état de frustration permanente, l’équipe a décidé de mettre au point un outil, composé d’une bande élastique et d’un glucomètre, qui va effectuer des mesures en temps réel. La personne pourra de plus apporter des informations complémentaires pouvant influer la décision de s’injecter de l’insuline. Parmi ces informations, on compte l’apport de glucides, la prise d’alcool ou l’intensité de l’effort physique.
Le croisement de toutes les informations disponibles permet un calcul précise de la quantité d’insuline à injecter, communiquée via un smartphone ou le kit d’injection. L’IA permet de faire des modèles prédictifs et en se basant sur l’expérience passée de la personne de savoir quelle action est la plus adaptée à la personne. Elle permet également d’éviter un surdosage.
Un essai clinique est prévu courant 2018 et si les résultats sont probants, la solution devrait être commercialisée.