• L’environnement clinique,
• les établissements de soins impliquant des objets connectés,
• la santé connectée personnelle,
• la télémédecine et les solutions de santé mobile,
• la recherche clinique et les essais cliniques,
• l’industrie des sciences de la vie et les biotechnologies,
Tels sont les six secteurs que le cabinet Beecham Research identifie comme sous-domaines de la e-santé façonnés par l’IoT dans son étude intitulée « Internet of Health » publiée fin juin 2017.
Pour chaque secteur, l’étude examine comment les objets connectés et la technologie sont utilisés et donne des exemples d’initiatives concrètes ou d’objets représentatifs.
L’application de l’IoT à la santé est en plein boom, mais l’étude ne manque pas de souligner la vulnérabilité des systèmes de santé connectée et rappelle qu’il ne faut pas perdre de vue les questions juridiques qu’elle soulève.
Les institutions nationales et internationales sont très actives pour tenter d’apporter des réponses réglementaires dans un contexte fluctuant – la gestion des données et leur caractère privé, le dossier patient électronique, la sécurité des outils et leur homologation, la sécurisation des échanges, la question de la responsabilité dans le cadre de l’utilisation des objets connectés, autant d’aspects qui sont en train d’être définis.
Environnement clinique
En Grande-Bretagne, en 2015 et 2016, il y a eu 16,256 millions d’hospitalisations, ce qui fait une augmentation de 30% par rapport aux dix dernières années. On est actuellement à la recherche de moyens permettant de réduire les admissions en hôpital ainsi que la durée des séjours. Ceci nous amène aux outils permettant une surveillance à distance et aux moniteurs permettant de suivre les paramètres donnés. Ces outils de suivi du patient en temps réel prolifèrent – les pilules intelligentes, le suivi de l’activité du patient, les moniteurs des paramètres vitaux, etc.
Cette réalité oblige à réinventer le modèle hospitalier qui n’a pas été revu depuis plus d’un siècle et implique notamment un recentrage sur le patient et une communication des données constante. C’est aussi le moment de revoir le modèle de la relation au patient et de l’impliquer davantage dans le processus de guérison. C’est là qu’également que le machine learning trouve sa place, car sur la base des données du patient, il peut fournir des conseils personnalisés.
Exemples :
- Honeywell, un fournisseur américain de solutions de recueil de données et d’ordinateurs portables, propose une solution de suivi du patient au sein de l’environnement clinique pour gérer son admission, le transfert vers le service adapté, le transit dans un établissement tiers ou un rapatriement en urgence
- BodyCap : la société française développe des capteurs électroniques miniaturisés communiquant sans fil et des solutions globales de monitorage embarqué, et a mis au point une gélule connectée que les patients peuvent ingurgiter afin permettre leur suivi et surveillance en temps réel en cas de maladie (mesure de la température, analyse de la courbe et déclenchent d’alerte en cas de dépassement du seuil autorisé)
Environnements de soins
Les EHPAD ou les centres de soins primaires ont également recours à l’IoT par des solutions permettant de surveiller les signaux vitaux ou l’observance du traitement. Dans ce domaine, on retrouve également les outils permettant de savoir si les rendez-vous médicaux sont honorés, de faire de la détection de fraude ou de poser un diagnostic à distance et prescrire des médicaments.
C’est aussi dans cette catégorie que l’on trouve les outils stimulant les personnes âgées ou dépendantes ou permettant d’alerter en cas de problème.
Exemples :
- Ambient Assisted Living : solution recueillant des informations sur la vie quotidienne des personnes
- Caring4U : projet européen testant les solutions d’amélioration des conditions de vie quotidiennes grâce à un réseau de capteurs.
La santé connectée personnelle
Ici, l’étude stipule deux types d’applications :
- le suivi continu de l’état d’un patient donné
- les applications de bien-être pour les personnes âgées ou pour sensibiliser le jeune public.
C’est ici que l’on retrouve les solutions encourageant le maintien à domicile. Les smartphones et les tablettes permettent de procéder à une surveillance à distance pour différentes causes ne nécessitant pas une hospitalisation : maladies chroniques de longue durée, entrée dans la dépendance, etc.
Exemples :
- Wellbeing Monitoring en Grande Bretagne : surveillance de personnes âgées ou fragiles
- Phillips : les objets connectés qui font office de montre, mais capable de se transformer en instruments de mesure médicaux
- Le centre hospitalier de l’Université d’Helsinki propose un hub pour la santé mentale pour répondre à une mauvaise couverture de soins dans ce domaine
- Le projet de recherche de l’université de Swansea au Pays de Galles teste un bandage qui permet de suivre la cicatrisation d’une blessure.
La santé mobile
Dans cette catégorie, l’étude identifie les systèmes d’information d’État qui permettent de répondre à des urgences sanitaires, des systèmes d’alerte, le suivi d’ambulance, etc.
La recherche clinique et les essais cliniques
Les données collectées dans le cadre de la pharmacovigilance permettent d’accélérer la commercialisation de nouveaux traitements. À ce titre, les données de patients hors essais cliniques pourraient contribuer à une meilleure maîtrise des effets indésirables.
En parallèle, en recherche clinique, c’est sur la digitalisation de l’information que la technologie influe en permettant l’amélioration du processus d’investigation, un cadre normé d’échange des informations et une sécurité accrue également.
Exemples :
- Le laboratoire Parexel a mis en place une plateforme d’analyse des données récoltées des sujets enrôlés dans les essais cliniques, mais à distance
- Medidata Solutions est un fournisseur de logiciel d’analyse de données (SaaS) reposant sur la technologie du cloud
- Litmus Health propose une plateforme de gestion des phases I et II des essais cliniques.
Les biotechnologies
Le monde de la biotech est le plus susceptible d’intégrer l’automatisation et la robotique pour une transformation profonde des laboratoires.
Exemples :
- Cold chain logistics : application suivant les variations de température capable de donner l’alerte en cas de dépassement de seuils autorisés
- Vindbona : projet d’élaboration d’un matériau à haute valeur technologique utilisé dans l’impression 3D d’os.
La progression de l’IoT est actuellement sous la loupe des législateurs à l’échelle planétaire et devra se soumettre aux exigences éthiques et de sécurité qui seront décidées.