Créé à l’origine en 2005 par Philips, CareServant propose des solutions sur tablettes pour le chevet du patient hospitalisé : divertissement, éducation thérapeutique, lien avec le personnel médical et l’hôpital.
Afin de mieux comprendre la solution que propose CareServant, Health&Tech Intelligence a réalisé un entretien avec Moïse Gerson, qui dirige la franchise francophone de la société.
Pouvez-vous nous présenter l’origine du projet ?
CareServant est un spin-off de Philips, créé en 2005, avec la vocation d’offrir des outils multimédias au chevet des patients hospitalisés. La solution répond à une réelle demande : les patients sont des consommateurs habitués dans leur vie quotidienne à un niveau de service et d’interaction de plus en plus élevés. Ils ont dans la plupart des domaines pris le pouvoir, notamment au travers des réseaux sociaux. Il s’agit d’offrir au patient une expérience interactive où il sera acteur de sa prise en charge et de son rétablissement.
Il y a deux ans, CareServant s’est renouvelé et les supports et contenus uniquement estampillés Philips sont aujourd’hui remplacés par des tablettes grand-public, offrant l’accès aux stores d’applications et une intégration facilitée vers le SIH. Les avantages sont aussi économiques et ouvrent la porte au « Bring Your Own Device », permettant ainsi un modèle économique non négligeable pour l’établissement.
Quels sont les enjeux sur les marchés que vous adressez aujourd’hui ?
CareServant Suisse et francophonie est une franchise dont j’ai l’exclusivité. L’offre que je propose répond à un constat, d’abord en Suisse. Suite à la loi e-health 2020, les patients peuvent choisir leurs établissements d’hospitalisation. Donc il y a un réel enjeu d’attractivité pour les hôpitaux.
Sur le marché français, l’enjeu est double : réduire l’hospitalisation et baisser les coûts. Notre solution permet d’une part de faire baisser la durée des hospitalisations par le bien-être mais aussi l’éducation thérapeutique des patients : prévention, information, éducation thérapeutique, les contenus sont élaborés pour pouvoir prendre en charge les patients de façon personnalisée. Un patient informé est un patient qui se rétablit mieux, et qui a donc moins de risque de développer des complications, ce qui représente une réelle économie pour l’hôpital.
De plus, nous optimisons grandement le travail des soignants tout en leur apportant des outils de communication, de traçabilité et d’information. Le report du temps gagné en tâches ingrates peut être ainsi reporté sur des soins auprès du patient.
En quoi consiste votre solution ?
Il s’agit d’un portail applicatif, qui s’adapte au profile du patient (pathologie, langue, âge…) et lui apporte du contenu informatif, thérapeutique, collaboratif et divertissant. Le soignant peut aussi interagir avec son patient.
Concernant le support, nous nous adaptons à la demande de nos clients : Android ou Apple. Mais je crois personnellement en Apple et son utilisation simple et intuitive. Nous proposons donc la tablette, et nous nous adaptons aux besoins des établissements : nous les disposons sur des bras articulés au chevet du patient, sur la table de chevet, ou encore de façon très mobile et transportable.
Notre valeur ajoutée c’est l’intégration d’outils de l’hôpital intelligent : applications métiers et adaptées au contexte, appel infirmier, commande des menus, interopérabilité avec les objets connectés, conciergerie, environnement domotisé.
A qui s’adresse votre solution ?
Notre solution s’adresse aux établissements hospitaliers publics comme privés. Mais il est plus facile de pénétrer le marché privé, notamment pour des raisons de procédures longues et compliquées dans le public.
Le marché français n’a pas été facile à pénétrer de manière générale, c’est pourquoi nous avons réalisé offres communes avec Econocom, acteur de la transformation digitale bien connu en France, Enovacom (intégration SIH), Orange, Apple, et bientôt Canal+. De plus, nous avons dû adapter nos serveurs afin qu’ils soient agréés données de santé en France.
Nous avons installé notre solution dans notre premier hôpital français il y a deux semaines, à Paris et d’autres gros groupes nous ont déjà donné leur accord.
Quel est le modèle économique ?
Nous nous adaptons, là encore aux demandes de nos clients : certains veulent des contenus spécifiques, d’autres raisonnent en termes de prix et souhaitent que nous adaptions notre offre à leur budget.
De manière générale, nous tarifons notre licence (qui comprend les nouvelles versions, support). A ce tarif s’ajoutent les différentes options choisies : coque, installation, personnalisation plus ou moins pointue des contenus, frais de hardware et de consulting. Ce prix global est lissé sur 36 mois, ce qui donne un forfait par lit et par mois. Le prix « tout compris » de nos solutions est proche d’1€/lit/jour.
Quelles sont vos perspectives d’évolution ?
En termes de géographie, notre objectif est de continuer notre implantation sur les territoires francophones.
En termes d’offre, CareServant doit continuer à faire des accords pour englober toute la chaîne du parcours de soins : avant, pendant et après l’hospitalisation pour que notre offre soit globale (par exemple via l’intégration de la prise de rendez-vous en ligne).