Dans le « Journal of Theoretical Biology » d’août 2017 a été faite l’annonce du premier modèle mathématique de la conscience incarnée. Il a vu le jour après dix ans de recherche – une équipe internationale de chercheurs du Texas, de l’Université Paris 7 et du University College de Londres, conduite par l’Université de Genève, a développé un modèle mathématique de la conscience incarnée permettant de prédire et d’analyser les comportements humains normaux ou pathologiques.
Le défi que souhaitait relever l’équipe de chercheurs associés issus de disciplines diverses comme les mathématiques, la psychologie, les neurosciences, la philosophie, l’informatique et l’ingénierie, était de produire une théorie psychologique fondée sur un modèle développé par les sciences dures qui prendrait en compte les paramètres émotionnels du conscient et de l’inconscient humain.
Ils ont découvert « la géométrie projective » de la conscience, regroupant les mécanismes inconscients liés à la perception et l’imagination, qui détermine nos actions et qui a été intégrée au modèle informatique.
Une expérimentation est en cours à travers la réalité virtuelle. L’objectif à long terme vise à déboucher sur des applications dans la robotique, l’intelligence artificielle et la santé.
Le modèle prédictif résultant repose sur une synthèse des phénomènes psychologiques incluant des phénomènes perceptifs de base pour qu’il se rapproche le plus possible de la conscience humaine.
L’expérimentation avec la réalité virtuelle permet de reproduire l’environnement spatial, temporel et émotionnel intervenant dans la prise d’une décision.
L’équipe en charge du projet a pour objectif d’orienter progressivement la recherche vers des modèles de psychopathologie. Des expérimentations ont montré que ce modèle pouvait être mis au service de la compréhension de l’autisme. Les chercheurs ont ainsi découvert que si le modèle mis au point était dépourvu de la dimension d’imagination, il se comportait comme une personne atteinte d’autisme. C’est une piste à exploiter pour tenter de cerner l’importance de l’imagination et de ses mécanismes spécifiques dans la prise en charge de la maladie.
Si cette modélisation permet de prédire efficacement un vaste ensemble de comportements humains et de comprendre leurs mécanismes, arriver à reproduire à l’identique la conscience humaine ne se fera pas de si tôt.