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  • Michaël Galy, directeur général du CHU de Saint-Etienne au 1er septembre 2017

    Michäel Galy, directeur d’hôpital hors classe, est nommé directeur général du Centre Hospitalier Universitaire de Saint Etienne par décret présidentiel du 22 août 2017. Jusqu’à présent directeur commun du centre hospitalier intercommunal de Poissy-Saint-Germain-en-Laye et du centre hospitalier de Mantes-la-Jolie, il a pris ses fonctions le 1er septembre 2017.

    Il succède à Frédéric Boiron, qui a rejoint le CHU de Lille en mai dernier.

  • Le gouvernement charge Cédric Villani d’une mission d’information sur l’intelligence artificielle

    Cédric Villani, député de l’Essonne et mathématicien, est chargé d’une mission d’information sur l’intelligence artificielle par le gouvernement, a annoncé Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État au Numérique, dans une interview au Journal du Dimanche le 3 septembre 2017.

    D’une durée de trois mois, la mission doit permettre de « proposer une stratégie pour les prochaines années, définir si un débat national doit être mené et sur quels sujets. »

    Le précédent gouvernement avait lancé #France IA en janvier 2017 pour élaborer une stratégie nationale sur l’intelligence artificielle. Des groupes de travail thématiques réunissant chercheurs et entrepreneurs avaient été mobilisés et un rapport assorti de recommandations rendu public le 22 mars 2017. Dans ce cadre, il était prévu que la filière santé élabore sa stratégie sectorielle en matière d’intelligence artificielle d’ici fin 2017.

    Cédric Villani faisait partie du conseil d’orientation de #France IA.

  • Sondage : la e-santé ne convainc pas les praticiens belges

    Les résultats d’un sondage auprès de 380 praticiens belges sur l’intérêt de la e-santé et les pratiques de la télémédecine par une plateforme d’information du secteur, MediQuality, en collaboration avec la première pharmacie en ligne belge, Newpharma, ont révélé un manque d’intérêt et des réticences considérables à l’adoption de la e-santé.

    La composition des sondés inclut 50% de généralistes et 50% de spécialistes (72 % d’hommes et 28% de femmes) dont l’âge peut avoir influé directement sur les résultats de l’enquête selon les auteurs de celle-ci : 2,90% de médecins interrogés a moins de 40 ans, 6 % ont entre 41 et 50 ans, environ 20 % ont entre 51 et 60 ans et près de 30 % sont au-dessus de 60 ans, alors que 41,4 % n’ont pas spécifié leur âge.

    Les principaux enseignements tirés révèlent que le niveau d’implication des médecins en e-santé est plutôt faible – 16% disent ne pas du tout se sentir impliqués par la e-santé et 37% des médecins âgés de moins de 40 ans et 49% de ceux de plus de 60 ans estiment être très peu impliqués.

    48% des répondants n’estiment pas que la e-santé permettra de réaliser des économies dans le secteur et 58% craignent même plus de désagréments que d’avantages dans leur pratique quotidienne.

    Moins d’un médecin sur quatre pense que la transformation numérique de son activité peut aider ses patients

    Un certaine méfiance est décelée également, puisqu’un tiers des médecins interrogés reconnaissent n’avoir jamais mis en œuvre une application de e-santé proposée par la plateforme e-Health (plateforme offrant de nombreux services aux entreprises, citoyens, institutions et aux professionnels de santé sous forme d’applications électronique). En revanche, le sujet phare qui attire l’attention des médecins s’intéressant aux applications est le dossier médical informatisé.

    Il faut noter également que près de 70% des professionnels de la santé craignent par-dessus tout les risques techniques ou erreurs possibles en avançant la manque de recul sur ces outils comme raison principale.

    Des réticences similaires existent face à la fourniture de médicament en ligne – 90% des médecins sondés n’ont jamais recommandé aux patients d’acheter leurs médicaments sur Internet, sauf en cas d’un produit coûteux.

    Un vent de changement est nécessaire

    Pour renverser la situation, les auteurs se sont livrés à l’exercice de proposer des mesures en faveur de la e-santé:

    • inclure des cours portant sur la e-santé dans le cursus académique ;
    • encourager les formations continues sur la e-santé ;
    • encourager la plateforme e-Health et son utilisation;
    • élaborer une stratégie allant au-delà de l’utilisation de la plateforme e-Health ;
    • continuer de financer des projets collaboratifs en matière de la e-santé et augmenter les budgets qui y sont consacrés ;
    • mettre en œuvre des outils de mesure des progrès réalisés en matière de la e-santé ;
    • faire évoluer les systèmes normatifs qui influencent la e-santé.

    De façon plus générale, le directeur générale de la première pharmacie en ligne estime que  » la transformation digitale du secteur médical est une évolution inexorable » le que  » médecin comme son patient doivent être encadrés de manière judicieuse ».

  • Télécardiologie : un arrêté fixant la rémunération de la surveillance des DAI et stimulateurs

    L’APMnews a publié vendredi 1er septembre une dépêche annonçant le projet d’un arrêté fixant :
    • un cahier des charges pour la télésurveillance des patients porteurs de prothèses cardiaques implantables à visée thérapeutique dans le cadre expérimental prévu par l’article 36 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2014 (LFSS 2014) ;
    • la rémunération des différents intervenants lors de la télésurveillance des patients porteurs de prothèses cardiaques implantables à visée thérapeutique dans le cadre des expérimentations de télémédecine.

    Le cahier des charges correspondant intitulé « Télésurveillance des patients porteurs de défibrillateurs automatiques implantables  » a été rendu public.
    Il concerne les patients porteurs de prothèses cardiaques implantables à visée thérapeutique qui sont invariablement :
    • un défibrillateur automatique (DAI) en prévention primaire ou secondaire chez des patients à haut risque de mort subite ou
    • un stimulateur cardiaque pour trouble de la conduction ou pour resynchronisation cardiaque.

    La rémunération pour la télésurveillance des prothèses cardiaques implantables est prévue sous forme forfaitaire à hauteur de 130 € par patient et par an, sous réserve d’une évaluation favorable, et se décompose de la façon suivante:
    • 100 € pour le professionnel de santé effectuant la télésurveillance et
    • 30 € pour celui en charge de l’accompagnement thérapeutique.
    À noter que le forfait de télésurveillance médicale comprend le suivi des données selon le calendrier des recommandations professionnelles, ainsi que le traitement des alertes reçues (appel ou convocation du patient si nécessaire, éventuelle réorientation de celui-ci, ajustement du traitement, etc.).

    L’objectif principal des expérimentations à conduire définies par le cahier des charges est de fixer une tarification préfiguratrice des actes de télémédecine permettant aux professionnels de santé de développer des projets adéquats en réponse aux besoins de santé et à l’offre de soins régionale.

    Les objectifs de la télésurveillance que ces expérimentations devraient permettre de valider sont :

    • cibler les patients à risque d’hospitalisations récurrentes ou les patients à risque de complications à moyen et long termes ;
    • parvenir à un état de stabilité de la maladie, voire d’amélioration, grâce à une surveillance adaptée et personnalisée ;
    • améliorer la qualité des soins et leur efficience ;
    • améliorer la qualité de vie des patients.

    Les objectifs du cahier des charges établi sont les suivants:

    • préciser les modalités de pilotage retenues ;
    • définir les engagements des acteurs impliqués dans la prise en charge ;
    • préciser les modalités d’évaluation des expérimentations réalisée ou validée par la Haute Autorité de Santé (HAS).
  • Etude : une appli pour dépister le cancer du pancréas avec un selfie aussi fiable qu’un test sanguin

    Une application utilisant l’appareil photo d’un smartphone et des algorithmes de vision par ordinateur pourrait aider à dépister plus précocement le cancer du pancréas. Grâce à un selfie, l’appli mesure le taux de bilirubine dans le blanc des yeux. Une étude* préliminaire qui sera présentée le 13 septembre à la conférence Ubicomp 2017, organisée par l’association internationale for Computing Machinery, montre que l’appli BiliScreen fait pratiquement aussi bien que le test sanguin.

    Lutter contre un diagnostic trop tardif du cancer du pancréas

    C’est un des cancers affichant le plus mauvais pronostic. Cinq ans après le diagnostic, le taux de survie ne dépasse pas les 5 %. La chirurgie et/ou la chimiothérapie ne le font grimper qu’à 20%. Ce taux de mortalité s’explique notamment parce que lorsque les premiers symptômes se manifestent, le cancer se trouve déjà à un stade avancé. Des recherches sont donc menées pour améliorer le dépistage du cancer du pancréas.

    Selfie, algorithme et machine learning

    Des chercheurs de l’Université de Washington ont développé une application mobile, dénommée BiliScreen, qui permettrait d’identifier l’un des symptômes de ce cancer : la jaunisse (ou ictère). La tumeur compresse le canal qui évacue la bile du foie vers l’intestin; la bile se retrouve donc dans le sang. C’est cette augmentation de bilirubine dans le sang que l’appli mesure, avant même que le blanc des yeux commence à jaunir.

    Pour effectuer ce dosage, la personne réalise un selfie avec l’appli et l’appareil photo de son smartphone. Grâce à des algorithmes de vision par ordinateur et des outils de machine learning, BiliScreen calcule le niveau de bilirubine dans la sclère, la partie blanche des yeux. Pour tenir compte dans des différences d’environnement lumineux dans lesquels les personnes sont amenées à faire des selfies, les chercheurs ont également testé deux accessoires : des lunettes en papier affichant des carrés de différentes couleurs permettant de mieux calibrer la teinte de la sclère, et une boîte plastique imprimée en 3D qui filtre la lumière extérieure.

    La technologie mobile comparée au test sanguin

    Les résultats de l’étude préliminaire, menée chez 70 personnes, seront présentés le 13 septembre à la conférence Ubicomp 2017, organisée par l’association international for Computing Machinery.

    • le taux de bilirubine était correctement évalué dans 89,7% des cas, comparé aux analyses de sang traditionnelles
    • le taux de sensibilité était de 96,8%, soit un risque de faux négatifs de 3,2%
    • le taux de spécificité était de 89,7%, soit un risque de faux positifs de 10,3% 

    Pour mettre au point cette application, les chercheurs américains se sont appuyés sur des travaux précédents qu’ils avaient menés pour développer BiliCam, une appli mobile qui dépiste les ictères du nouveau-né. Son évaluation, publiée récemment dans la revue Pediatrics, avait montré sa pertinence.

    Des espoirs à confirmer

    L’application mobile permettrait un accès plus aisé au dépistage que la prise de sang. Cette dernière suppose un contact avec un professionnel de santé et ne se prête pas facilement à un usage répété. L’appli, par ailleurs, pourrait rendre service aux personnes souffrant d’un cancer du pancréas qui doivent mesurer régulièrement leur taux de bilirubine.

    Scepticisme des cancérologues

    Ces résultats, bien que prometteurs, ne font pas l’unanimité. Pour certains cancérologues, il n’y aurait actuellement pas de preuve que cette application puisse effectivement repérer les cas de cancer du pancréas, d’autant que la jaunisse peut être un signe évocateur d’autres pathologies. Les auteurs de l’étude reconnaissent eux-mêmes que pour être validée, l’application devra être testée chez un plus grand nombre de patients, et notamment des personnes à risque d’ictère.

  • Business : Maincare Solutions, éditeur de logiciels, se lance dans le conseil en SI et créée Azelio

    Accompagner les professionnels de santé sur la mise en place d’une stratégie de système d’information, apporter des réponses aux problématiques complexes de projets et sécuriser leur mises en œuvre opérationnelle, telles sont les missions spécifiques de l’entité créée par Maincare, Azelio Conseil.

    La décision de la création de cette entité a été dévoilée en novembre 2016, lors de la réunion annuelle de Maincare Solutions, afin de fournir un conseil stratégique et un accompagnement de la transformation des systèmes d’information de santé (et de la e-santé) aux établissements et les GCS, souligne Christophe Boutin, le président de Maincare Solutions.

    Cette stratégie d’intégration d’une filière conseil au sein d’un groupe de solutions technologiques rejoint celle développées par Philips ou le Mipih en 2016.

  • IA : un harnais intelligent facilitant la réhabilitation à la marche à la suite de lésions graves

    Un harnais incluant de l’intelligence artificielle permet une réhabilitation individualisée à la marche chez des personnes souffrant de lésions à la moelle épinière, d’attaques ou d’autres troubles neurologiques affectant la marche a été présenté par le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) et les scientifiques de NCCR Robotics à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) fin juillet 2017.

    Des essais cliniques ont déjà été menés sur une population de 30 personnes dont les résultats probants ont été publiés dans l’édition de juillet 2017 de la revue « Science Translational Medicine ».

    Le dispositif de réhabilitation comprend un harnais suspendu au plafond afin de soulager le corps du patient de son propre poids, mais le cœur de l’innovation réside dans la connexion de cet harnais à un ordinateur et l’inclusion d’un algorithme au dispositif calculant les pressions qu’il faut exercer sur le tronc du patient pour l’aider à apprendre à marcher normalement le plus rapidement possible.

    Un harnais de seconde génération est actuellement en cours de développement.

    L’objectif du harnais est de dépasser le principal obstacle dans l’apprentissage de marche à la suite d’un désordre ou des lésions neurologiques – réapprendre au système nerveux à effectuer les mouvements corrects. Cela est difficile à cause de la perte de la masse musculaire et des lésions au câblage neurologique qui empêchent l’adoption de la posture de marche adéquate ainsi que des mouvements associés et maintient le patient dans un cercle vicieux.

    Grâce à l’intelligence artificielle, le harnais mobile, suspendu au plafond ne fait pas que soutenir le poids du corps du patient, mais exerce des pressions sur le tronc du patient en le poussant d’avant en arrière et de gauche à droite ou inversement, ou encore en combinant différentes pressions afin de contraindre le corps du patient à atteindre la posture naturelle à la marche. Ceci est possible grâce à une analyse fine effectuée en temps réel par un algorithme qui calcule les forces à appliquer en se fondant sur des paramètres liés à l’activité musculaire, au mouvement des jambes et à la longueur du pas.

    «Je m’attends à ce que cette plateforme joue un rôle essentiel dans la restauration de la marche chez les gens souffrant de troubles neurologiques», souligne Grégoire Courtine, neuroscientifique à l’EPFL et au CHUV.

    Développement en cours

    Le harnais équipé d’un assistant de marche intelligent a été testé dans le cadre d’une étude clinique enrôlant 30 personnes. Les résultat concluants de l’étude, à savoir une récupération plus rapide ou plus importante des capacités locomotrices a été constatée chez les patients, ont débouché sur le développement d’un assistant de deuxième génération, RYSEN, réalisé dans le cadre d’un projet de financement de l’Union européenne (EUROSTARS).

  • « The fight for patient empowerment » (Tim Greacen)

    Tim Greacen, Director of the research laboratory of the Public Health establishment Maison Blanche in Paris, and a specialist of health promotion and the rights of users of the healthcare system, has accorded an interview to Health&Tech Intelligence on patient empowerment.

    This interview was made in the context of the event Health & Tech for People which will take place on the 13th of December at the UICP in Paris.

    Join the adventure, click here.

     

    Where does the concept of empowerment come from, and how has it evolved?

    The concept of empowerment was first developed in community psychology to help poor people and excluded groups to defend their rights and take control over their lives, or in anthropology, empowering “primitive” tribes in the Amazonian forest to cope with industrial deforestation, around three dimensions:

    • Knowledge about their rights;
    • Know-how;
    • Means to put know-how into practice.

    If you have a health project, you need access not only to knowledge and know-how, but also to a system that provides decent care support in order to succeed. In countries like Australia, children are trained in health at school from a very early age and right through their school years. Health belongs to citizens, not to health professionals.

    But in countries with a traditional patriarchal health system like France, empowerment means taking back control over what belongs to you as a citizen.

    What needs to change in France to empower citizens?

    In France, we do not have a Ministry of Health but a Ministry of Sickness, with a ridiculously small health promotion budget. On the contrary, internationally, a wellness-based approach is being promoted. Wellness is about the quality of life, and about people’s life projects.

    People do not want to be taken charge of, they want to learn how to take care of their health, their own health, their children’s health, their local community’s health. Indeed, “We” is a key aspect of empowerment. I will take an example in mental health: the recovery movement in the US in the 1980s-1990s changed their whole way of looking at mental disorders. It is now accepted that you can get better, even if you have a serious illness like a psychosis. Yes, there is a risk of relapse. But you learn something new each time. The situation is very different in France: a wealthy country that keeps people with mental health disorders coddled in golden cages for decades years after they have first seen a doctor.

    The question we should ask ourselves is simple: do we want to be ill or not? The system needs to be rebuilt around a wellness-based approach. France is late, but it can catch up and is moving fast in the right direction. An illness-based, bio-medical approach still dominates.

    The determinants of health are multiple. Empowerment is about knowing what wellness is, what its determinants are, but also knowing how the system works, a hugely complex issue in wealthy countries like France.

    Which countries are more advanced?

    The Scandinavian countries, Australia, New Zealand… but there are many initiatives throughout the world, from basic wellness-based health education through to patient education, carer and peer support or community-based wellness programs.

    What is the role of the Internet and the digital revolution in the empowerment of people?

    Internet gives people easy and anonymous access to networks of information and support, including with regard to more delicate personal issues, for example in mental health, addictions, or sexual health.

    At some point in the future, we won’t need to go to hospitals or to the doctor’s anymore. We will be speaking with avatars who will give us up-to-date, evidence-based advice based on our complete personal health records.

    What is the role of patient advocacy groups?

    They have an essential role in voicing the users’ point of view with regard to the health system.

    Who is Tim Greacen ?  

    , doctor of psychology, is director of the research laboratory of the Public Health establishment Maison Blanche in Paris.

    Author and publisher of seven books and numerous publications on the rights of users of the health care system and promotion. Tim Greacen speaks sometimes to the scientific community, to the general public or to specific populations (people living with HIV, people with intellectual disabilities, people with psychic disabilities). His research work, as well as his associative activities, focuses on the empowerment of citizens in terms of health and, more specifically, the empowerment of people living with a mental disorder.

    Health & Tech for People

    Health & Tech for People is an international event which have the purpose of promoting Empowerment patient and the value based care thanks to a mondial benchark. To discover more information about it, click here.

  • « Le combat de l’empowerment patient » (Tim Greacen)

    Tim Greacen, directeur du laboratoire de recherche de l’Établissement public de santé Maison Blanche à Paris, spécialiste des questions de droits des usagers du système de soins et de promotion de la santé, a accordé à Health&Tech Intelligence une interview :

    • naissance du concept d’empowerment,
    • retard de la France dans la promotion de la santé,
    • initiatives internationales en la matière,
    • rôle du numérique dans l’empowerment des patients,

    Tels sont les principaux points abordés au cours de cette interview, qui a été réalisée dans le cadre de l’événement Health & Tech for People qui se tiendra le 13 décembre à l’UICP à Paris.

    Rejoignez l’aventure en cliquant ici.

    D’où provient le concept d’empowerment, et comment a-t-il évolué ?

    Le concept d’empowerment a été développé en psychologie sociale pour aider les personnes défavorisées et les groupes exclus à défendre leurs droits et à prendre le contrôle de leur vie, et en anthropologie pour permettre aux tribus d’Amazonie de faire face à l’exploitation forestière, autour de trois dimensions :

    • La connaissance de leurs droits
    • Le savoir-faire
    • Les moyens de mettre leur savoir-faire en pratique.

    Si vous avez un projet de santé, il faut non seulement que vous ayez accès à la connaissance et au savoir-faire, mais aussi à un système qui fournit un soutien de qualité pour réussir. Dans des pays comme l’Australie, les enfants apprennent la santé à l’école dès le plus jeune âge et tout au long de leur scolarité. La santé appartient aux citoyens, pas aux professionnels de santé

    Mais dans les pays où le système de santé est traditionnellement patriarcal comme en France, l’empowerment consiste à reprendre le contrôle de ce qui vous appartient en tant que citoyen.

    Qu’est-ce qui doit changer en France pour que les citoyens reprennent contrôle de leur santé ?

    En France, nous n’avons pas un ministère de la Santé mais un ministère de la Maladie, avec un budget énorme pour gérer la maladie, mais affreusement restreint pour la promotion de la santé. Au contraire, à l’international, c’est une approche centrée sur le bien-être qui est actuellement promue. Le bien-être renvoie à la qualité de vie et aux projets de vie.

    Les gens ne veulent pas être pris en charge, ils veulent apprendre à prendre soin de leur santé, de la santé de leurs enfants, de la santé de leur communauté. En réalité, « nous » est un aspect fondamental de l’empowerment. Je vais prendre un exemple dans la santé mentale pour illustrer mon propos : le mouvement du rétablissement aux Etats-Unis dans les années 1980-1990 a changé le regard porté sur les troubles mentaux là-bas. Il est maintenant admis qu’on peut se rétablir, même avec une maladie grave comme une psychose. Certes, il y a un risque de rechute, mais on apprend quelque chose à chaque fois. La situation est très différente en France : c’est un pays riche qui tend encore aujourd’hui à cocooner les personnes qui ont un trouble mental dans des cages dorées des décennies après qu’elles ont vu un médecin pour la première fois.

    La question qu’il faut se poser, c’est : avons-nous envie ou non d’être malades ? Le système doit être repensé autour de la notion de bien-être. La France est en retard sur ce point, mais elle peut rattraper son retard et elle avance vite dans la bonne direction. Le système français est encore dominé par une approche biomédicale, centrée sur la maladie.

    Les déterminants de la santé sont multiples. L’empowerment, c’est savoir ce que sont le bien-être et ses déterminants, mais aussi comment fonctionne le système, ce qui est extrêmement compliqué dans les pays riches comme la France.

    Quels pays sont plus avancés en la matière ?

    Les pays scandinaves, l’Australie, la Nouvelle-Zélande… mais les initiatives se multiplient partout dans le monde, qu’il s’agisse d’éducation à la santé, d’éducation thérapeutique, de soutien des aidants, de pairs aidants ou de programmes de bien-être fondés sur la communauté locale.

    Quel est le rôle du numérique dans l’empowerment des personnes ?

    Internet permet aux gens d’accéder facilement et de façon anonyme à des réseaux d’information et de soutien, y compris pour les sujets délicats sur le plan personnel, par exemple la santé mentale, les addictions et la santé sexuelle.

    Un jour, nous n’aurons plus besoin d’aller à l’hôpital ou chez le médecin. Nous parlerons à des avatars qui nous donneront des recommandations à jour, validées scientifiquement, et basées sur une connaissance de nos dossiers médicaux personnels.

    Quel est le rôle des associations de patients ?

    Elles jouent un rôle essentiel en faisant entendre le point de vue des usagers sur le système de santé.

    Qui est Tim Greacen ?

    Docteur en psychologie, est directeur du laboratoire de recherche de l’Établissement public de santé Maison Blanche à Paris.

    Auteur et éditeur de sept livres et de nombreuses publications sur les droits des usagers du système de soins et la promotion de la santé. Tim Greacen s’adresse tantôt à la communauté scientifique tantôt au grand public ou aux populations spécifiques (personnes vivant avec le VIH, personnes handicapées mentales, personnes handicapées psychiques). Son travail de recherche, comme ses activités associatives, porte essentiellement sur l’empowerment des citoyens en matière de santé et plus particulièrement l’empowerment des personnes vivant avec un trouble psychique.

     Health & Tech for People, Digital Disruption 

    Health & Tech for People est un événement international qui a pour but de promouvoir l’empowerment patient et le value based care à travers un benchmark mondial.

    Pour en savoir plus, cliquez ici.

  • Medcredits : première plateforme de télémédecine sécurisée en blockchain et payable en bitcoin

    La start-up MedCredits annonce le 22 août 2017 le développement de la blockchain au sein de sa nouvelle plateforme de télémédecine MEDX.

    Cette plateforme permet de mettre en relation le patient et le médecin sans aucun intermédiaire. Le patient a accès à tout un réseau de médecins qu’il peut contacter à tout moment. Il s’agit de la première plateforme construite à partir du protocole OpenBazaar, un réseau peer 2 peer. 
    MedCredits avait auparavant développé une plateforme de télémédecine Hippocrates dédiée à la dermatologie, permettant de mettre en relation des patients avec des dermatologues pour des consultations à distance grâce à un smartphone.

    Utiliser la blockchain pour révolutionner la télémédecine

    La blockchain est construite autour du concept de suppression  des intermédiaires pour instaurer une relation de confiance entre le patient et le médecin via le smartcontract, un algorithme définissant les bases de cette relation. En supprimant les intermédiaires, MedCredits veut diminuer les coûts en santé. 

    Le paiement est également calqué sur le modèle de la blockchain : MedCredits mettra en vente ses jetons en septembre 2017 (la date n’a pas encore été communiquée). Cette vente qui, durera entre un et deux mois a pour objectif d’atteindre un montant de 30 millions de dollars en bitcoin, Ether ou en WAVES (monnaies virtuelles). 

    Les modalités de fonctionnement de la plateforme seront également présentées en septembre 2017.