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  • UE : investir dans les infrastructures et structurer les données médicales est primordial (C.M. Auer)

    Clemens Martin Auer, directeur général au ministère fédéral autrichien de la Santé et des Droits des femmes, a fait une intervention remarquée lors de la conférence eHealthTallinn qui s’est déroulée à Tallinn du 16 au 18 octobre 2017.

    Le besoin d’investissements publics dans des infrastructures adaptées et la structuration des données en vue de leur échange transfrontalier sont des prérequis pour l’accélération du déploiement de la santé numérique à l’échelle de l’Union européenne.

    Il appelle également à une coopération politique supranationale plus « audacieuse » et des actions politiques plus contraignantes.

    Enfin, instaurer un climat de confiance autour du recours aux nouvelles technologies est une obligation vis-à-vis des citoyens.

    Clemens Martin Auer est responsable des systèmes d’information et de la coordination avec les instances de l’Union européenne au sein du ministère fédéral autrichien de la Santé. Il ne voit pas le numérique comme une menace mais comme une opportunité de :

    • répondre aux défis des systèmes de santé face à une population vieillissante et un besoin accru en soins ;
    • répondre de façon individualisée aux besoins de soins des patients ;
    • améliorer la surveillance médicale et a fortiori la prévention des maladies ;
    • contribuer à répondre aux changements systémiques qui affectent les systèmes de santé en permettant leur pérennisation.

    Les principales contraintes face à l’introduction du numérique dans les systèmes de santé sont :

    • la question de l’interopérabilité des systèmes ;
    • la question de la barrière liée à la compétence juridique en santé : problème insoluble, car le cadre d’action est limité par le traité de Lisbonne, ce qui n’empêche pas les États de prendre des mesures concrètes et audacieuses.

    Abandonner une politique volontariste au profit d’engagements effectifs

    Clemens Martin Auer souligne qu’à l’heure actuelle c’est le manque d’engagement politique qui entraîne une faiblesse politique.

    C’est la raison pour laquelle, actuellement :

    • dans peu d’États européens, les citoyens disposent d’une identité électronique en tant que patients ;
    • peu d’États européen disposent de répertoires numériques de professionnels de santé ;
    • une absence de standards techniques se fait sentir et quasiment aucun progrès n’a été fait en dans le domaine sémantique pour constituer des terminologies nécessaires à l’interopérabilité.

    Des engagements plus concrets de la part des gouvernements des États membres sont nécessaires pour permettre de :

    • aborder la question de l’identité numérique et les défis techniques liés à la mise en œuvre d’un  cadre pour l’échange des données ;
    • pointer du doigt à l’échelle nationale les barrières émanant des infrastructures numériques, car les établissement de santé (sans évoquer les soins gérées en ambulatoire) ne sont pas équipés pour échanger des données et les améliorations qui sont apportées aux systèmes d’information des établissements de santé visent à optimiser les processus internes et ne ne vont pas dans le sens d’une interopérabilité avec des tiers ;
    • sécuriser des subventions et des investissements publics dans les nouvelles infrastructures numériques.

    L’engagement du secteur public devrait également permettre aux industriels d’avoir un rôle plus actif dans la création et la commercialisation d’outils industriels rendant possible l’échange de données.

    La solution selon lui serait d’utiliser les fonds européens afin de dégager des investissements publics pour investir dans les infrastructures des systèmes de santé nationaux qui seraient des leviers pour atteindre les principaux objectifs futurs.

    Les données : soigner la matière première

    Échanger des données implique de résoudre en amont certaines questions autour des données elles-mêmes.

    Les données accessibles actuellement ne sont pas structurées de façon à permettre leur échange systémique, c’est pourquoi il est nécessaire de mettre en place des mesures visant à leur qualification et leur structuration :

    • qualifier les données (typologie, usages, structuration, moyens de collecte, etc.) ;
    • réorganiser et repenser les données par l’ensemble des acteurs (cliniciens, patients, opérateur d’établissements) pour charpenter les modes de création et de stockage ;
    • optimiser les techniques garantissant l’intégrité des données des citoyens-patients pour une utilisation sécurisée.
  • TSN : pérennisation de Santé Landes, première PTA de Nouvelle-Aquitaine

    Le projet Landais XL ENS(1) piloté par l’Agence Régionale de Santé Nouvelle-Aquitaine, dans le cadre de TSN, touche à sa phase finale pour se transformer le 31 décembre 2017 en la plateforme territoriale d’appui (PTA) Santé Landes : telle est l’annonce faite par l’ARS Nouvelle-Aquitaine lors d’un soirée de bilan organisée le 12 octobre 2017.

    L’ARS revient sur l’expérience qualifiée comme un succès et en veut pour preuve les 2 400 utilisateurs des services proposés par la plateforme Santé Landes dans le suivi, l’accompagnement et la coordination des soins des malades chroniques.

    De nouveaux outils ont également été annoncés : Navigateur Pro, à destination des professionnels de santé, et Compagnon Santé pour accompagner les malades.

    Bilan plus que positif

    • 2400 personnes ont bénéficié des services intégrés à la plateforme Santé Landes ;
    • 1400 patients ont été activement accompagnés.

    La plateforme est plébiscitée par les professionnels de santé, les structures sanitaires et les patients. Sont utilisateurs de la plateforme :

    • pratiquement 50% des médecins et infirmiers du territoire ;
    • près de 100 % des pharmaciens et des structures partenaires (centres intercommunaux d’action sociale (CIAS), centres communaux d’action sociale (CCAS), associations, EHPAD).

    Par ailleurs :

    • 40% des demandes d’appui proviennent des professionnels de santé et 20% des malades ;
    • le CH Mont-de-Marsan enregistre :
      • une stagnation des passages aux urgences ;
      • une baisse du nombre de séjours en médecine ;
      • une forte augmentation des admissions directes des entrées dans les services,

    toutes imputables à l’influence de la plateforme.

    Pérennisation de la PTA

    Lancée en septembre 2015, Santé Landes va continuer à proposer les services suivants :

    • repérage précoce des maladies inflammatoires chroniques ;
    • accompagnement de personnes atteintes de cancer avec une vigilance et un soutien personnalisés assurés par téléphone ;
    • accès facilité à des avis spécialisés (une expérimentation sur les plaies et les problèmes de cicatrisation) ;
    • sécurisation du circuit du médicament (observance médicamenteuse à domicile ;
    • coordination avec la démarche PRADO (porte d’entrée unique Prado / Santé Landes et meilleure lisibilité des parcours).

    Deux nouveaux services vont s’ajouter à ceux déjà disponibles :

    • Navigateur Pro à destination des professionnels de santé pour permettre une coordination multiprofessionnelle au service d’une meilure prise en charge des patients ;
    • Compagnon Santé pour faire de la prévention auprès des patients et leur fournir des informations et les accompagner pour une meilleure qualité de vie.
  • IHU : l’appel à projets relancé, date limite de dépôt des dossiers le 15 décembre 2017

    Agnès Buzyn, ministre de la Santé, et Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ont confirmé le 26 octobre 2017 le deuxième appel à projets pour des Instituts Hospitalo-Universitaires (IHU), dont la tenue était compromise depuis début octobre : la date de dépôt des dossiers avait en effet était ajournée sine die, et la gouvernance des IHU remise en question.

    La nouvelle date limite de dépôt des dossiers a été fixé au 15 décembre 2017. Deux IHU seront sélectionnés, et bénéficieront chacun de 34 à 50 millions d’euros de financement.

    En termes de gouvernance, ils pourront être portés par une personnalité morale, mais aucune fondation de coopération scientifique (FCS) ne pourra être créée spécifiquement à cette occasion. Les partenaires publics devront être majoritaires dans la gouvernance.

    Enfin, les projets seront bien évalués par un jury international indépendant, malgré la démission du précédent président du jury à la suite de l’ajournement de l’appel à projets début octobre.

  • Japet Medical Devices lève 1 million d’euros pour son exosquelette de traitement de la lombalgie

    1 million d’euros : tel est le montant de la levée de fonds finalisée le 27 octobre 2017 par Japet Medical Devices, auprès de Finovam, Fira Nord Est, Nord France Amorçage, SOSV et Bpifrance.

    Créée en 2014, la start-up a mis au point Atlas, un exosquelette permettant de soulager les lombalgies chroniques. Elle vise l’obtention du marquage CE d’ici mi-2018.

    Atlas sera dans un premier temps commercialisé auprès des centres de rééducation et des cabinets de kinésithérapie sous forme de package : ceinture exosquelette en 3 tailles et accès à la plateforme pour un montant de 15 000 €.

  • Anne Peyroche nommée présidente par intérim du CNRS

    Anne Peyroche a été nommée présidente par intérim du CNRS le 24 octobre 2017. Elle prend la suite d’Alain Fuchs, nommé président de Paris Sciences & Lettres.

    Ancienne élève de l’ENS de Cachan, agrégée en biochimie et génie biologique, Anne Peyroche était précédemment directrice générale déléguée à la science du CNRS.

  • Coordination des soins primaires : l’ARS et l’URPS PACA s’engagent pour le développement des PTA

    L’Agence régionale de santé et l’URPS médecins libéraux de Provence-Alpes Côte d’Azur ont signé le 26 octobre 2017 un contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (Cpom) 2017-2020 autour de l’amélioration de l’offre de soins de proximité.

    Parmi les sept axes de travail se trouvent le développement des plateformes territoriales d’appui et le déploiement d’une stratégie de systèmes d’information pour l’offre de proximité.

    L’ARS et l’URPS prennent des engagements financiers pour le déploiement des actions prévues dans le Cpom : en 2017-2018, le montant apporté par chacun des deux organismes sera d’environ 370 000 €.

    Le Cpom a été élaboré autour de trois actions structurantes :

    • la mise en place d’un observatoire régional de l’accès aux soins libéraux ;
    • le développement de l’exercice coordonné ;
    • le partage d’information entre professionnels de santé.

    Le soutien à l’exercice coordonné doit notamment passer par le développement de la télémédecine : ainsi sera mis en place dès fin 2017 un projet de télé-expertise en dermatologie, permettant à chaque médecin généraliste d’adresser à un dermatologue la photo d’un patient de façon sécurisée.

    En ce qui concerne le partage d’information, il doit s’appuyer sur l’implication de l’URPS dans l’élaboration d’une stratégie de systèmes numériques d’appui à la coordination (Snacs) et d’un schéma directeur régional e-santé.

  • « La radiomique permet d’identifier des biomarqueurs d’imagerie » (Karine Seymour, Medexprim)

    Karine Seymour, fondatrice de Medexprim, start-up qui a développé Radiomics Enabler, outil permettant de faciliter la réutilisation des données d’imagerie, a accordé une interview à Health&Tech Intelligence à l’occasion des Journées Francophones de Radiologie qui se sont tenues à Paris du 13 au 16 octobre 2017.

    • Le développement de la radiomique et ses applications,
    • L’intérêt d’automatiser le processus d’identification, d’extraction et d’anonymisation de séquences d’images archivées dans les PACS,
    • La réutilisation des données présentes dans les entrepôts pour la recherche,
    • Les perspectives de développement de Medexprim,

    Tels sont les principaux points abordés au cours de cet entretien.

    D’où est né Medexprim ?

    J’ai découvert le concept de radiomique en 2014 au cours d’une conférence réunissant les porteurs de projets de PACS régionaux en Martinique, lorsque j’étais chef de projet pour le PACS régional Midi-Pyrénées. C’est à ce moment-là que j’ai compris tout l’intérêt d’identifier des biomarqueurs en imagerie.

    Pouvez-vous préciser ce que recouvre la radiomics ?

    La radiomique permet d’aller au-delà de ce que regarde habituellement le radiologue quand il analyse l’image et d’en extraire des informations supplémentaires.

    Concrètement, elle consiste à appliquer des logiciels de post-traitement pour tirer un grand nombre d’informations quantitatives (morphologie, texture…) des organes observés – tumeurs et tissus environnants – et à identifier les corrélations entre ces éléments issus de l’imagerie et d’autres éléments, qu’ils soient cliniques ou génétiques. La radiomique permet d’identifier des biomarqueurs d’imagerie, pour évaluer et prédire l’évolution d’une tumeur ou proposer un traitement personnalisé.

    La radiomique est née en cancérologie, mais elle a également des applications en neurologie, en cardiovasculaire, etc.

    En quoi consiste la solution développée par Medexprim ?

    Il s’agit d’un ETL, ou extract transform load, qui permet d’automatiser le processus d’identification, d’extraction et d’anonymisation de séquences d’images, facilitant ainsi la réutilisation des données pour la recherche.

    Sans automatisation de ce processus, lorsque l’on souhaite réutiliser des données, soit on ne sait pas quelles sont les données pertinentes présentes dans le PACS et il faut alors disposer d’informations cliniques en amont, soit on a déjà une cohorte de patients, mais il faut alors ouvrir chaque dossier patient un à un pour en extraire les informations.

    Notre logiciel, Radiomics Enabler, permet de faciliter l’identification des séquences et d’automatiser le processus une fois les séquences d’images sélectionnées. Le CHU de Toulouse, notre site pilote, a comparé le temps opérateur nécessaire sans et avec utilisation de Radiomics Enabler pour 118 IRM et Pet scan : de 5,5 heures, on passe à 17 minutes.

    Le gain de temps est donc considérable, tout comme la capacité à chercher les bonnes données.

    Quelles sont vos perspectives de développement ?

    Nous commençons la commercialisation, et avons déjà un premier client français, l’association neurologique sud-francilienne pour la recherche clinique, dans le cadre d’une étude sur l’AVC. Nous sommes également positionnés en sous-traitance de Maincare pour la tranche recherche du PACS régional Nouvelle-Aquitaine.

    Notre modèle économique repose sur la fourniture de services : paramétrage de l’outil, installation, etc. Nous avons en effet fait le choix de proposer Radiomics Enabler en open source, ce qui nous permettra notamment de développer rapidement une communauté d’utilisateurs et de bénéficier de contributions externes.

    Nos clients potentiels sont les hôpitaux et centres de recherche, mais aussi les entreprises qui développent des outils d’IA et ont besoin de données pour l’apprentissage machine. Les industriels du dispositif médical ayant besoin de mener des études rétrospectives avec de l’imagerie, ou les CRO en imagerie, pour des études prospectives tout autant que rétrospectives, sont également susceptibles d’être intéressés par notre solution.

    Envisagez-vous une commercialisation à l’international ?

    Nous souhaitons nous développer aux États-Unis, notamment parce que les exploitations « big data » de données existantes y sont plus développées. C’est pourquoi nous participerons au RSNA (congrès annuel de radiologie aux États-Unis) cette année, dans le « start-up showcase ».

    Vous avez récemment conclu un partenariat avec Sword : pouvez-vous en préciser la portée et les enjeux ?

    Notre partenariat avec Sword s’inscrit dans le cadre du projet ConSoRe, l’entrepôt de données cliniques d’Unicancer. ConSoRe permet de faciliter l’identification de cohortes de patients et de réaliser des études épidémiologiques sur l’ensemble des centres de luttes contre le cancer participants, notamment grâce à une analyse sémantique des données non structurées. Radiomics Enabler y est désormais intégré via un bouton permettant à l’utilisateur d’accéder directement à notre outil. Il s’agit pour nous d’une preuve de concept : nous avons développé une API standardisée qui permet l’intégration de Radiomics Enabler à n’importe quel entrepôt de données.

    Êtes-vous confrontée à des difficultés, notamment d’ordre réglementaire, pour l’accès aux données ?

    Notre solution est déployée au sein des établissements de santé, et ce sont les professionnels de santé qui manipulent les données. En tant que prestataire de services de déploiement et support informatique, nous ne sommes pas soumis à la réglementation sur l’hébergement des données de santé. Ce sont les établissements qui effectuent les démarches nécessaires à la réutilisation de données dans les différents projets de recherche qu’ils mènent (Autorisation CNIL ou MR-03). Nous envisageons toutefois de proposer un conseil juridique aux établissements, en partenariat avec un cabinet d’avocats, afin de les accompagner dans ces démarches et dans la contractualisation avec des industriels pour la réutilisation de données.

  • Santé numérique : le Pays de Galles va investir 5,5 millions de livres sterling dans l’IT

    Le gouvernement gallois a annoncé début octobre 2017 qu’il allait investir 5,5 millions de livres sterling (6,2 M. €) dans les technologies numériques, espérant ainsi améliorer l’utilisation des données de santé et la délivrance de soins.

    Parmi les projets qui recevront un financement figure en tête un examen de chaque système de cybersécurité du NHS au sein du Pays de Galles. Les résultats de ces examens « éclaireront [les décisions visant à l’élaboration] de plans de cybersécurité nationaux et locaux », a déclaré le gouvernement gallois.

    Le gouvernement gallois renforce ses plateformes numériques de santé

    Ce financement servira à concrétiser l’engagement envers le numérique énoncé dans la stratégie « santé et soins éclairés » de 2015 déployée par le Pays de Galles, en examinant les méthodes permettant d’améliorer la qualité des soins et la sécurité des patients grâce à la technologie.

    En dehors du programme de cybersécurité, le gouvernement va également investir :

    • dans le Welsh Clinical Portal, une plateforme en ligne qui rassemble des informations sur les patients provenant de divers systèmes hospitaliers afin d’offrir aux médecins une vue complète sur les dossiers des patients ;
    • dans un système commun capable d’effectuer différentes tâches, telles que la gestion des demandes de tests médicaux ;
    • dans le système d’information sur les soins primaires gallois (WCCIS), une plateforme web permettant aux professionnels de santé et aux services de protection sociale de centraliser et de partager les informations dont ils disposent sur les patients.

    « Utiliser la meilleure technologie possible dans le NHS gallois »

    « Dans un [système national de santé] moderne, offrant des soins de classe mondiale au XXIe siècle, doivent être mis en place des systèmes de technologie de l’information nouvelle génération. Si vous voulez utiliser la meilleure technologie possible dans le NHS gallois, vous devez investir dans l’IT », a déclaré le secrétaire à la Santé de l’assemblée galloise, Vaughan Gething.

    Accélérer le développement des programmes cliniques

    Le gouvernement gallois travaille aux côtés d’un certain nombre d’organisations du NHS, telles que le NHS Wales Informatics Service (NWIS), afin d’accélérer le développement de programmes cliniques nationaux et de classer par ordre de priorité les solutions censées offrir les meilleurs avantages à la fois aux médecins et aux patients.

  • Aide à la décision clinique : NHS Scotland va utiliser le système suédois Cambio Healthcare Systems

    NHS Scotland a annoncé mi-octobre 2017 avoir sélectionné le système suédois Cambio Healthcare Systems pour fournir un système d’aide à la décision clinique au niveau national.

    Dans la première phase du projet, le département des soins primaires du gouvernement écossais accompagnera la mise en œuvre du dispositif au sein des premières organisations à adopter la solution.

    Cambio CDS : une solution adaptable à n’importe quel système

    Si tout fonctionne correctement, l’objectif à plus long terme est de déployer la solution Cambio CDS en tant que plateforme nationale d’aide à la décision clinique à travers toute l’Écosse.

    La division de la santé et des soins numériques du gouvernement écossais :

    • a géré le processus d’achat ;
    • prendra en charge la mise en œuvre initiale et l’évaluation dans les premiers sites d’adoption.

    L’application Cambio CDS peut être intégrée à n’importe quel SI de santé.

    Aider les médecins à prendre des décisions plus éclairées

    La solution est censée être intégrée dans le système informatique des hôpitaux pour améliorer la fluidité des soins.

    Concrètement, il s’agit d’un outil d’aide à la décision clinique combinant des informations spécifiques à chaque patient avec des données basées sur des preuves médicales. Les médecins peuvent prendre connaissance en temps réel de ces ressources pour obtenir des conseils sur tel ou tel traitement et proposer au patient celui qui semble le plus adapté mais aussi assurer une meilleure prévention.

    Cambio vise un déploiement international

    Le système de Cambio est déjà bien implanté dans les pays nordiques. Il a été déployé dans huit régions sanitaires suédoises, représentant 30 % de la population.

    De premiers essais concluants au niveau de la prévention des AVCs

    Une étude sur l’utilisation de l’outil dans le cadre de la prévention des AVCs a démontré que le dispositif permettait de sauver des vies et d’éviter des souffrances inutiles en réduisant les AVCs causés par un rythme cardiaque irrégulier.

    « Pour Cambio, cette opportunité [avec NHS Scotland] nous offre la possibilité de nous adresser à un public international plus large grâce à notre solution CDS indépendante », explique Peter Gille, P.-D.G. de Cambio Healthcare Systems.

    Le NHS d’Écosse couvre une population de 5,8 millions de personnes. Il dispose de 956 cabinets de médecins généralistes et de 14 conseils de santé. La première phase du projet est maintenant planifiée et le dispositif de Cambio sera prochainement déployé dans les premiers sites d’adoption du pays.

  • Etude : consulter son généraliste par téléphone ne réduit pas la charge de travail (BMJ)

    Introduire une première consultation par téléphone avant d’avoir un rendez-vous en face à face avec son médecin généraliste permet de résoudre beaucoup de situations. Une étude* publiée le 27 septembre dans le British Medical Journal (BMJ) montre que cette stratégie n’est cependant pas la panacée. Elle ne réduit pas le nombre de recours hospitalier et ne permettrait pas de réduire les coûts.

    Des outils pour faciliter l’accès aux soins de 1er recours 

    L’offre et la demande ne sont pas en adéquation. Dans de nombreux pays, les généralistes ne parviennent pas à répondre aux demandes de tous les patients, ce qui pose évidemment des problèmes d’accès aux soins. L’institut américain pour l’amélioration de la santé (US Institute for Healthcare Improvement IHI) a élaboré plusieurs stratégies pour venir à bout de ce problème de santé publique : augmenter le nombre d’infirmières, faciliter les échanges par email, faire varier le nombre de soignants en fonction des périodes de forte demande… ou encore développer les consultations par téléphone.

    La stratégie « telephone first »

    Quelque 150 médecins généralistes britanniques ont expérimenté la stratégie appelée « telephone first ». Concrètement, tout patient qui demandait un rendez-vous à son généraliste devait préalablement avoir une « pré-consultation » par téléphone afin d’évaluer la nécessité du face à face. Des entreprises commerciales ont également adopté ce système de « tri ». Des études affirmaient que cette approche permettait de réduire de 20% le recours aux services d’urgence et de faire des économies très substantielles. Mais les données étaient issues des entreprises prônant cette stratégie.

    Le National Institute for Health Research a donc diligenté une étude indépendante afin d’évaluer l’impact du « telephone first ». Des chercheurs de l’université de Cambridge ont mené une étude dont les résultats ont été publiés le 27 septembre dans le BMJ.

    Résultats

    • le nombre de consultations par téléphone a été multiplié par 12 ;
    • le nombre de consultations en face à face a diminué de 38% ;
    • le nombre global de consultations a augmenté de 28%.

    En revanche, la charge de travail des médecins généralistes a globalement augmenté :

    • Augmentation de 8% du temps de consultation.
    • Dans 51% des cas, la consultation par téléphone était suivie d’une consultation en face à face.
    • Dans 17% des cas, elle se terminait par un simple conseil.
    • Dans 22%, elle se soldait par une prescription.

    Dans l’année qui a suivi la mise en place de la stratégie « telephone first »,

    • une baisse de 2% des consultations aux urgences a été enregistrée ;
    • une augmentation de 2% des admissions hospitalières a été constatée.

    Une fausse bonne idée ?

    En conclusion, les auteurs de l’étude ont tenu à souligner que les affirmations des entreprises – soutenant la stratégie « telephone first »- n’ont pas été confirmées. Il n’existe, à leurs yeux, aucune preuve du fait que cette méthode est économique rentable et qu’elle réduit le recours aux services hospitaliers. Et les chercheurs enfoncent le clou en déclarant que « cela a conduit certaines cliniques à acheter ce type de service en se basant sur des allégations non fondées. » Ils appellent donc le NHS à une certaine vigilance et à  » fonder ses recommandations sur des preuves solides ».