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  • Australie : 1ers résultats positifs pour l’Agence de e-santé mais des défis restent à surmonter

    L’Agence de la santé numérique australienne (ADHA) a publié mi-novembre 2017 son premier rapport annuel. Parmi ses principales préoccupations figure en tête le développement de My Health Record (MyHR), le dossier de santé numérique national, sujet à controverse.

    Le système enregistre actuellement plus de 5,3 millions d’utilisateurs (sur près de 25 millions d’habitants). Un résultat encourageant mais le gouvernement est encore loin de son objectif, qui est de rassembler au final plus de 20 millions de citoyens australiens sur sa plateforme.

    Les prémices d’une stratégie nationale de santé numérique

    Le bilan de l’ADHA est plutôt positif puisque l’organisation a rempli un certain nombre de ses objectifs stratégiques, tels que :

    • 1. l’augmentation du nombre de personnes et d’organisations enregistrées dans le dossier de santé numérique national, MyHR – plus de 5,3 millions de personnes utilisent le système actuellement.
    • 2. la mise en place d’essais de messagerie sécurisée.
    • 3. la rédaction d’une stratégie nationale de santé numérique, composée de sept priorités, dont le but est de parvenir à une approche coordonnée de la prestation des services de santé numérique dans le pays d’ici 2022.

    Ces priorités consistent à veiller à ce que l’information sur la santé soit disponible partout et à tout moment et qu’elle puisse être échangée en toute sécurité. L’objectif est également de rendre lisibles des données de haute qualité, c’est-à-dire de les rendre compréhensibles pour l’ensemble des acteurs de l’industrie, en particulier les patients, et non uniquement pour les professionnels de la santé.

    Priorité n°1 : le développement de My Health Record

    Privatisation des données de santé, inefficacité : un système controversé

    L’amélioration de MyHR est l’une des principales préoccupations de l’agence, le système ayant essuyé de nombreuses critiques, certains accusant le dispositif de ne pas suffisamment protéger les données privées des utilisateurs – plusieurs violations de données ont été recensées au cours de l’année – et de manquer d’efficacité.

    L’agence réussit tout de même à convaincre

    Malgré les obstacles, l’Agence de la santé numérique australienne a relevé une partie du challenge. Au cours de cette première année d’existence, elle est parvenue à connecter deux fois plus d’hôpitaux et de services de santé à My Health Record par rapport à juillet 2016.

    Elle a par ailleurs réussi à augmenter le volume de partage de documents cliniques. 14 millions de dossiers de prescription ont été téléchargés en une année.

    Objectif 2018 : développer un modèle opt-out

    Les objectifs pour 2018 sont ambitieux.

    L’organisme a présenté dans son rapport ses priorités stratégiques pour l’année à venir, dont :

    • le développement d’un modèle opt-out* dans le cadre de la poursuite du développement de MyHR, une action qui risque d’être controversée. Objectif : un dossier numérique doit être créé par défaut pour chaque Australien d’ici la fin 2018, sauf pour les citoyens demandant explicitement à ne pas rejoindre le système.
    • la poursuite des essais de messagerie sécurisée ;
    • la préparation d’un projet de cadre d’interopérabilité – appelé la « licence d’exploitation » par le P.-D.G. de l’ADHA, Tim Kelsey.

    Autres priorités : sécurité des médicaments et formation de la main-d’œuvre au numérique

    • L’une des autres grandes priorités de l’agence est la sécurité des médicaments. Elle a récemment annoncé quelques avancées dans ce domaine, notamment l’intégration au sein du MyHR de vendeurs en pharmacie communautaires, de la Guilde (Pharmacy Guilde of Australia), une organisation nationale d’employeurs promouvant la valeur de la pharmacie communautaire dans le système de santé australien, et de la Pharmaceutical Society of Australia (PSA), un organisme représentant 29 000 pharmaciens australiens travaillant dans tous les secteurs et dans toutes les régions du pays.

    Par ailleurs, le fournisseur national des pharmacies hospitalières Pharmhos est en train de télécharger activement les dossiers de médicaments délivrés par les hôpitaux publics sur le système national (source : Pulseitmagazine.com.au).

    • Les autres projets de l’agence pour 2018 consistent à :
      • assurer une meilleure disponibilité et un meilleur accès à l’information sur les médicaments et les ordonnances ;
      • déployer des modèles de soins numériques ;
      • s’assurer que la main-d’œuvre utilise avec confiance les technologies de la santé numérique ;
      • développer une industrie de la santé numérique prospère et innovante.

    « La technologie transforme déjà notre capacité à prévoir, à diagnostiquer et à traiter les maladies, a déclaré le président de l’Agence, Jim Birch AM (source : Technologydecisions.com.au). Mais nous pouvons faire beaucoup plus pour déployer pleinement son potentiel en faveur de la santé de chaque australien, en donnant aux consommateurs plus de contrôle sur leur santé et leurs soins, en connectant et en responsabilisant les prestataires de soins et en promouvant le leadership mondial de l’Australie en matière de santé numérique et d’innovation. »

    * L’opt-out est une pratique qui consiste à envoyer un e-mail commercial à un individu sans lui avoir demandé son autorisation auparavant mais qui lui permet, cependant, dans le cadre du message, d’exiger à ne plus faire partie de la liste des destinataires.

  • « Les Asiatiques sont moins sceptiques que les Américains en matière d’e-santé » (S. Patel, MyDoc)

    « Notre grand atout est que nous fournissons plusieurs services rassemblés sur un seul produit. Je pense que ce type de modèle sera l’avenir du marché. » (Snehal Patel)

    Dans une interview accordée à H&TI fin octobre 2017, Snehal Patel, co-fondateur et P.-D.G. de la société de e-santé Mydoc, est revenu sur les prémices de son entreprise, en plein essor à Singapour et en Asie du Sud-Est, mais aussi sur les spécificité de son business modèle et sur les différences qu’il a pu observer au cours de sa carrière entre les marchés asiatique, européen et américain.

    Investir en santé numérique : un marché très spécifique

    Pourquoi avez-vous décidé d’investir dans le secteur de la santé numérique ?

    Snehal Patel : Je suis d’origine américaine. J’ai déménagé à Singapour en 2008 lorsque j’ai décidé de ne plus travailler en interne dans le domaine des entreprises de santé mais de m’intéresser à l’investissement sur ce marché. J’ai rejoint à Singapour une société de capital-investissement (private equity) qui se concentre sur les soins. Ce changement de carrière est très important pour comprendre le lancement de MyDoc.

    L’une des choses qui m’a interpellée lorsque j’ai déménagé en Asie, c’est qu’il y avait une fragmentation au sein du marché concernant la gestion de la santé des salariés. Presque partout dans le monde, surtout en Inde, en Indonésie et au Vietnam, les consommateurs sont beaucoup plus à l’écoute de leur santé qu’aux États-Unis mais il existe un manque de communication entre les professionnels de la santé au niveau des soins cliniques. Vous êtes en relation avec un médecin mais il ne communique pas avec le pharmacien par exemple. Il n’y a pas de réseau intégré.

    Notre modèle initial, avec ma société de capital-investissement, a donc consisté à acheter ces petits groupes au sein de l’industrie (docteurs, pharmaciens, assureurs, etc.), à les regrouper en une société commune, puis à changer l’ordre établi pour commencer à créer une réelle infrastructure.

    Et ça a fonctionné…

    Oui, ça a très bien pris. Le marché était actif en Inde, en Indonésie et au Vietnam, puis j’ai lancé mes activités aux Philippines. Quand j’ai établi une équipe basée sur cette infrastructure, c’était très intéressant mais il a fallu un investissement en capital spécifique pour acheter toutes ces cliniques.

    En 2010, la pénétration des technologies numériques en Asie était vraiment très importante. À tel point que lorsque je suis retourné à New York, j’ai constaté qu’il n’y avait pas un tel essor du secteur là-bas.

    L’importance d’une expérience locale

    Et vous avez ensuite fondé MyDoc.

    Ça a été le commencement. Je suis arrivé sur le marché avec mon expérience dans le domaine de la santé et avec les fonds provenant de ma société de private equity mais le secteur des nouvelles technologies était nouveau pour moi. Vas [Metupalle], l’autre co-fondateur, est lui aussi médecin mais l’avantage c’est que c’est un médecin local, il est Singapourien. Nous avons été mis en contact par des amis et nous avons rapidement réalisé que nous avions des intérêts communs.

    Dans le domaine de la santé numérique, il y a beaucoup de gens très intelligents et des idées très intéressantes mais le secteur des soins est un type d’industrie très différent des autres marchés. Peu importe où vous êtes dans le monde, pour comprendre quelles sont les solutions pouvant résoudre les problèmes du marché et la complexité frustrante de l’industrie, vous avez besoin de quelqu’un qui est actif dans le secteur pour y développer une activité.

    Vas et moi avions l’avantage de bien connaître les différents cycles du marché, nous savions comment nous pouvions établir une cohérence entre ces différents sous-domaines. Nous essayions aussi de résoudre les mêmes problèmes. La question centrale était : « Comment pouvons-nous mettre en commun nos idées pour rendre le système plus efficace, pour rendre les choses moins fastidieuses pour le consommateur ? »

    Vas a notamment une certaine expérience à Singapour en télé-radiologie et dans le domaine des start-up high tech. Notre modèle se basait initialement sur la création d’une solution de communication. Nous devions être en mesure de transférer efficacement des informations, des médecins aux patients, des patients aux infirmières, etc.

    Données privées : « nous discutons constamment avec nos partenaires »

    La protection des données personnelles est l’un des principaux défis dans le domaine du numérique, en particulier dans le secteur de la santé. Comment rassurez-vous les utilisateurs de MyDoc à ce propos ?

    La vie privée est une chose très importante. Elle se divise en deux parties : l’une concerne les préoccupations et attentes des consommateurs, l’autre celles des entreprises.

    Les deux peuvent être problématiques pour les start-up dans la mesure où les entreprises ont besoin de beaucoup d’efforts et de temps pour gagner la confiance des consommateurs mais ces challenges peuvent être surmontés.

    La partie « consommateur » est plus délicate à gérer. Aux États-Unis, par exemple, les consommateurs sont naturellement sceptiques quant à toute utilisation de leurs données survenant en dehors du cadre initialement prévu. En Asie, ils semblent être beaucoup moins préoccupés par cet aspect. Je ne dis pas qu’ils ne le sont pas ! Ils posent des questions pour savoir si vous êtes sérieux mais ils sont plus ouverts d’esprit et c’est un point très important. Si vous pouvez leur assurer que vous faites un bon travail en matière de protection de la vie privée, ils vous suivent. Aux États-Unis, cela prend plus de temps.

    Nous avons donc commencé à proposer des dépistages. On s’est aperçu qu’il y avait dans ce domaine un grand manque de communication entre les consommateurs et les professionnels de la santé, les patients suivant rarement les conseils des médecins après leur check-up pour tenter d’améliorer leur état de santé. L’objectif de MyDoc est d’être un connecteur.

    « Le consommateur est propriétaire de ses informations »

    Vous travaillez avec des compagnies d’assurance. Ne pensez-vous pas que cela pose un problème d’un point de vue éthique en ce qui concerne le respect de la confidentialité des données ?

    Nous discutons tout le temps des problèmes de confidentialité avec nos partenaires. Le cadre légal est très clair. MyDoc exige le fait que nous rendions le consommateur propriétaire de ses informations. S’il ne veut pas les partager avec quelqu’un, il n’a pas à le faire.

    Il faut un encadrement transparent pour communiquer sur ce point de manière optimale. Nous expliquons ainsi à nos partenaires que nous sommes une tierce partie, que nous sommes des sociétés distinctes. Il n’y a alors pas d’inquiétude à avoir si nos politiques sont différentes. Ainsi, AXA et AIA sont nos partenaires mais nous ne partageons pas notre solution avec eux, nos entités sont distinctes. Cela nous aide à garder privées les informations des consommateurs. Vous n’avez ainsi pas à vous demander en tant que consommateur si les compagnies d’assurance partagent vos données.

    Il a fallu un certain nombre de discussions et former nos équipes pour en arriver là mais nous pouvons aujourd’hui garantir aux utilisateurs que leurs données resteront privées.

    MyDoc@work : une solution pour encourager les employés à préserver leur santé

    Votre nouvelle série de produits, MyDoc@work, devrait être lancée fin 2017. Pouvez-vous en dire un peu plus sur ce service ?

    MyDoc@work est un outil de santé qui fournit des services de santé complets en entreprise.

    Différents canaux sont en train d’être développés pour nos clients. Quand nous avons créé la plateforme, nous avons dû ensuite trouver notre marché naturel. Aucun d’entre nous n’était leader sur ce point, nous n’avions pas une grande expérience en marketing, l’idée était donc de trouver comment nous pouvions approcher le plus facilement possible les utilisateurs. Au regard de ce qu’il se passait sur la plupart des marchés dans le monde entier, il semblait très difficile de développer une société B&C prometteuse.

    Ainsi, en termes de business modèle, nous avons rapidement décidé d’intégrer les entreprises et les assurances au sein du processus, le principal intérêt étant qu’ils seraient à même de payer les frais de santé.

    Pour les clients, ce type de modèle est très pratique. Nous leur fournissons par le biais de leur entreprise un produit vraiment intéressant, qui leur fait gagner du temps, qui est facile à utiliser, etc. Avec MyDoc@work, ils peuvent facilement parler avec des nutritionnistes, des dentistes ou des professionnels de la santé mentale par exemple.

    D’un point de vue conjoncturel, le problème est qu’ils ne veulent pas forcément échanger au départ. Même s’ils savent que c’est une bonne chose, ils sont réticents. La question est de savoir comment nous pouvons leur faciliter l’accès à ce service pour les inciter à l’adopter.

    Afin de les rassurer, nous avons des preuves démontrant que notre produit fonctionne. La semaine dernière (octobre), une étude réalisée par le Centre de recherche sur les services et les politiques de santé de la National University of Singapore et la société PwC a montré que « les patients présentant des résultats anormaux après un dépistage étaient près de six fois plus enclins à suivre les conseils d’un médecin via une consultation virtuelle (en utilisant MyDoc), que par le biais d’une consultation en personne avec un médecin généraliste ». Par conséquent, « proposer des consultations virtuelles peut potentiellement entraîner des économies environ cinq fois supérieures pour les patients et leurs payeurs sur le long terme puisque cela permet d’éviter certaines admissions futures en ce qui concerne les personnes souffrant de diabète (maladie prise en exemple par les auteurs de l’étude) ». Pour nous, c’est vraiment important.

    Les dispositifs health tech sont en train de devenir un must-have

    Pensez-vous que c’est aujourd’hui plus facile de « vendre » votre service, que les consommateurs sont moins sceptiques vis-à-vis de votre produit ? Quel est le retour des utilisateurs jusqu’à présent ?

    Beaucoup de choses sont en train d’évoluer. Les consommateurs réclament désormais le type de services que nous proposons. Ils les considèrent moins comme une nouveauté mais davantage comme un must-have.

    Regardez l’évolution sur le marché européen ou aux États-Unis et le changement de comportement des différents acteurs de l’industrie, des patients aux fournisseurs de soins, aux médecins, en passant par les partenaires des entreprises de santé ! Aux États-Unis, tout le monde se plaignait au début. Nous bénéficions aujourd’hui de la bénédiction des acteurs du secteur. Les médecins sont en mesure de prendre position à travers notre produit. Ceux qui étaient sceptiques sont désormais très heureux de la manière dont les choses se passent.

    Ils ont surpassé leurs peurs, la crainte de prendre un risque en intégrant une nouvelle technologie au sein de leur entreprise. Nous les avons rassuré en leur disant : « Nous comprenons vos réticences mais que pensez-vous si nous vous offrons un modèle axé sur votre activité qui agit de manière réellement bénéfique sur la santé ? » Ce genre d’argument nous a aidés. Nous recevons de plus en plus de soutien.

    Malgré cet enthousiasme grandissant, nous sommes très sélectifs. Nous voulons nous assurer que les services soient très efficaces sur long terme car la pire des choses qui pourrait nous arriver serait de perdre le contrôle. Jusqu’à présent, touchons du bois, tout se passe bien.

    MyDoc : 50 000 utilisateurs actifs

    Combien de personnes utilisent MyDoc ?

    Environ 50 000. Ça progresse assez vite. Le nombre d’utilisateurs augmente en moyenne de 10 % par mois.

    Une équipe dédiée au contrôle qualité

    Quels aspects de vos outils souhaiteriez-vous améliorer ?

    Nous sommes très à l’écoute des utilisateurs. Nous demandons toujours à nos clients ce que nous pouvons faire pour améliorer nos services. Jusqu’à présent, les retours sont très positifs.

    Nous avons une équipe dédiée au contrôle qualité pour nous assurer que nos services sont bons. L’un des tests réalisé au sein des entreprises a montré que 100 % des utilisateurs seraient susceptibles d’utiliser notre produit. C’est génial ! Nous prenons au sérieux tous les commentaires. Certains utilisateurs nous ont par exemple demandé comment ils pouvaient obtenir tel service ou telle information. Nous écoutons et nous essayons de répondre à leurs attentes.

    Notre gros atout est que nous fournissons plusieurs services rassemblés sur un seul produit. Je pense que ce type de modèle sera l’avenir du marché.

    « Les partenariats sont la clé de la réussite »

    Vous avez beaucoup de partenaires, dont AXA, AIA et Guardian Pharmacy. Pensez-vous que les partenariats sont essentiels pour réussir sur le marché de la santé numérique ?

    En tant que plateforme, pour nous, les partenariats sont la clé de la réussite. C’est grâce à eux que nous progressons. Nous avons constaté qu’en faisant une sélection plus restreinte et plus pointue, le résultat était nettement plus satisfaisant. Beaucoup d’entrepreneurs pensent que c’est bien de rassembler 16 000 médecins sur leur plate-forme. Personnellement, je ne crois pas que ce genre de modèles fonctionne. La qualité est plus importante que la quantité.

    MyDoc : 2,8 millions de dollars dédiés au développement régional

    En septembre, vous avez levé 5,2 millions de dollars américains (4,4 M. €) dans le cadre d’un tour de table (série A) et vous prévoyez de consacrer 2,8 millions de dollars (2,4 M. €) au développement de votre entreprise dans d’autres pays asiatiques. Où envisagez-vous de vous implanter ?

    Nous sommes déjà actifs au Sri Lanka, à Singapour, en Malaisie et à Hong Kong. Nous cherchons à nous implanter prochainement en Indonésie, en Thaïlande, aux Philippines et en Chine.

    Il faut beaucoup de temps pour s’allier à de grandes entreprises et de grandes compagnies d’assurance mais une fois que vous y êtes intégré, il est beaucoup plus facile de se développer parce qu’elles ont des bureaux un peu partout dans le monde. L’expansion de notre société est donc effectivement l’un de nos objectifs actuels.

    Souhaitez-vous également vous développer en Europe et aux États-Unis ?

    Nous avons dans notre équipe des compagnies d’assurance basées aux États-Unis et des entreprises high tech qui mènent des activités intenses au Royaume-Uni, en Espagne, en France et en Allemagne, où les marchés sont importants.

    L’un des avantages de travailler avec ces investisseurs est qu’ils peuvent étendre notre portée. Notre structure est encore relativement petite et nous ne voulons pas consacrer beaucoup d’argent à un développement à l’international mais des ajustements sont possibles donc nous y pensons tout de même.

    Santé numérique : les avantages d’un réseau solide entre acteurs du secteur

    Vous êtes également le co-fondateur de Galen Growth Asia, un groupe indépendant fondé à Singapour dans l’optique de développer l’écosystème des technologies de la santé en Asie-Pacifique. Pourquoi avoir créer cette organisation ?

    Plusieurs d’entre nous, parmi les co-fondateurs, avons intégré le marché de manière assez précoce. Lorsque nous assistions à des conférences centrées sur le domaine de la e-santé, nous discutions des différents services de santé disponibles et de ce qu’il se passait en général au sein de l’industrie. C’était génial mais nous avons réalisé que nous avions besoin de former un conseil solide, composé de ressources fiables. Nous avons décidé de nous réunir autour d’un café pour en parler et nous nous sommes mis d’accord pour établir un conseil par le biais duquel nous pourrions rassembler les acteurs du secteur et établir des connexions entre eux.

    Nous avons chacun notre propre entreprise et faire partie de ce réseau est avantageux. Je pense que cela aide aussi les jeunes entrepreneurs parce qu’ils peuvent discuter avec des investisseurs qui peuvent les épauler en leur disant, par exemple : « Vous savez quoi ? Il y a une opportunité à Singapour ou en Malaisie ». C’est un espace intéressant pour beaucoup de petites start-up car elles peuvent rencontrer des interlocuteurs pertinents pour partager des idées et essayer, pourquoi pas, de s’associer avec eux.

    Organisez-vous des événements dans les mois à venir ?

    Nous sommes en train de préparer le sommet des P.-D.G., qui rassemble certains des leaders les plus influents du secteur en Asie du Sud-Est (le sommet a eu lieu le 17 novembre). C’est l’un de nos plus importants événements de l’année.

    Singapour : une infrastructure idéale pour se développer en e-santé

    Selon vous, quels sont les principaux enjeux du système de santé de Singapour, et plus généralement des systèmes de santé asiatiques ? À votre avis, comment les technologies de la santé peuvent-elles aider les acteurs de l’industrie à surmonter ces problèmes ?

    À Singapour, le système de santé est très efficace, il est très dense comparé à ceux d’autres pays d’Asie mais des problèmes similaires existent.

    Revenons au moment où nous avons créé MyDoc. Lorsque nous avons lancé notre service pour la première fois, les critiques que nous entendions les plus étaient les suivantes : « Nous n’avons pas besoin d’une solution comme celle-ci à Singapour, où les services de soins sont excellents » et « Pourquoi aurions-nous besoin d’échanger avec un médecin en ligne ? Il y a des médecins partout ». C’est vrai. Mais les gens oublient deux points importants.

    • 1. En ce qui concerne les services de dépistage, seulement 20 % des personnes dépistées suivent les conseils des médecins après leur bilan. Il a été prouvé qu’une offre de services de consultation en ligne permettait aux employés d’effectuer plus facilement un suivi médical après un dépistage et les encourageait à le faire.
    • 2. Les gens oublient aussi souvent que les plus gros consommateurs de solutions de e-santé sont les consommateurs urbains. Non pas parce qu’ils manquent de ressources mais parce qu’ils manquent de temps et, le temps, c’est primordial dans nos sociétés. Par le biais de services de santé numériques, vous pouvez ainsi les aider à effectuer leurs démarches médicales plus rapidement et plus facilement.

    Singapour est un excellent modèle pour cela. Nous avons remarqué que sur d’autres marchés, l’infrastructure n’était pas aussi bonne.

    La cité-État est le siège de toutes les multinationales, comme Google. Compte tenu de notre marché, qui tourne autour des assurances des entreprises, il était logique de débuter notre activité ici.

    « Je pense que l’Asie deviendra un leader en matière de santé numérique »

    Singapour est actuellement le leader asiatique sur le marché de la santé numérique. Pensez-vous que la cité-État peut devenir un leader mondial dans ce domaine ?

    Je pense que l’Asie en général deviendra un leader en matière de santé numérique – c’est une question purement démographique. La région rassemble le plus grand nombre de personnes au monde, une population vieillissante qui aura besoin de solutions comme la nôtre.

    J’ai aussi l’impression que les personnes en Asie ont tendance à être plus à l’aise avec les nouvelles technologies que dans d’autres parties du monde, où l’on reste assez sceptique vis-à-vis de certaines de ces innovations.

    En ce qui concerne l’Asie du Sud-Est, Singapour est un endroit clé, où beaucoup d’innovations sont et vont être développées. C’est un lieu idéal pour expérimenter de nouvelles technologies. Ici, on peut très facilement discuter avec un stakeholder du secteur, un avantage essentiel pour tout entrepreneur.

  • PLFSS 2018 : la CMP examinant le texte adopté hier par le Sénat n’approuve pas à cause de la CSG

    Après l’adoption du PLFSS 2018 par le Sénat le 21 novembre 2017, la commission mixte paritaire chargée de proposer un texte sur les dispositions restant en discussion du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 s’étant réunie le mercredi 22 novembre 2017 à 11h30 n’a pas approuvé le texte.

    Le principal point de discorde entre les parlementaires sénateurs et élus réside dans la suppression de la hausse de la CSG applicable aux retraites dans le PLFSS 2018 par le Sénat.

    La chronologie qui se profile

    Le PLFSS 2018 sera examiné en nouvelle lecture à l’Assemblée nationale dans la semaine du 27 novembre 2017.

    Ce sera l’occasion pour les députés de modifier de nouveau le texte pour y apporter des amendements rétablissant leurs souhaits de départ.

    À la suite de cette modification, le texte sera renvoyé devant les sénateurs au 1er décembre 2017.

  • PGSSI

    Politique générale de sécurité des systèmes d’information de santénull

  • Grades

    Groupement régionaux d’appui au développement de la e-santé

  • PAACO

    Plateforme Aquitaine d’Aide à la communication en santénull

  • Etude : des antidouleurs connectés permettent de surveiller le suivi de la prescription

    Des opioïdes munis de capteurs sans fil permettent d’évaluer la compliance des patients à une prescription médicale. L’expérience a été menée chez des patients opérés suite à une fracture. Les résultats de l’étude* publiée dans le numéro de décembre de la revue Anesthesia & Analgesia montrent que les patients n’épuisent pas le stock de pilules prescrites.

    Traquer la dépendance aux antidouleurs

    La recherche sur les pilules connectées progresse. Alors que la Food & Drug Administration (FDA) vient d’autoriser la mise sur le marché d’Abilify MyCite, un le 1er comprimé électronique, destiné en l’occurrence aux personnes souffrant de schizophrénie et de troubles bipolaires, une étude parue la revue Anesthesia & Analgesia attire l’attention. D’autant qu’elle porte sur des opioïdes.

    Aux Etats-Unis, plus de deux millions de personnes sont dépendantes à ces anti-douleurs et d’après les centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), ils seraient à l’origine de plusieurs milliers d’overdoses mortelles chaque année. Cette dépendance serait favorisée par des prescriptions trop importantes. En effet, entre 42 et 72% (selon les études) des opioïdes prescrits ne seraient pas consommés.

    Afin d’évaluer l’ingestion réelle de ces médicaments, plusieurs techniques ont été développées. Des plus simples au plus sophistiquées : le comptage des pilules, les analyses d’urine ou encore des systèmes électroniques de détection de l’ouverture des bouteilles de médicaments… Aucun de ces systèmes ne s’est révélé satisfaisant. Ils ne permettent pas notamment de rendre compte des changements de dose en temps réel.

    Un comprimé doté d’un émetteur radiofréquence

    Les auteurs de l’étude publiée dans le numéro de décembre d’ Anesthesia & Analgesia estiment que les gélules connectées peuvent, en revanche, fournir une preuve irréfutable de l’ingestion du médicament. Ils ont donc mené un essai sur des opioïdes avec le système eTectRx : la pilule digitale comprend un émetteur radiofréquence ingérable et une capsule de gélatine dimensionnée pour un comprimé de 5mg d’oxycodone. Une fois avalée, la gélatine se dissout. Les ions de chlore sécrétés dans l’estomac activent le capteur qui émet alors une fréquence radio, capturée par un lecteur portable. Ces données sont ensuite transférées à une plate-forme sur le cloud consultable par des soignants.

    Quinze patients souffrant d’une fracture ont participé à l’étude. Ils ont tous été formés à la prise de ces médicaments et ils se sont vus délivrer 21 pilules d’oxycodone. Les recommandations étaient de prendre un à deux comprimés toutes les 6 à 8 heures. Après 7 jours de traitement à domicile, ils ont été interrogés.

    Résultats 

    • Les patients ont ingéré 6 comprimés en moyenne, au lieu des 21 délivrés
    • 82% des patients ont pris les médicaments durant les 72 premières heures
    • La majorité a pris l’initiative de réduire les doses au cours des 72 premières heures
    • A la fin de l’étude, les participants ont rendu en moyenne 12 comprimés numériques
    • 80% des patients ont déclaré que la douleur était bien contrôlée
    • 10 patients sur 15 ont signalé une persistance de la douleur après 3 jours mais ils ont précisé que les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) suffisaient
    • 6 patients sur 15 ont avoué prendre des opioïdes avant de se coucher alors que la douleur avait disparu, ce qui présente un risque respiratoire

    Une piste pour réduire la sur-prescription

    Cette étude présente évidemment des limites : la taille de son échantillon, elle n’a été menée que dans un centre et les patients n’avaient pas l’habitude de prendre des opioïdes.

    Cependant, elle met clairement en évidence le fait que les patients prennent nettement moins d’antidouleurs que ce que leur médecin leur a prescrit. Qu’elle que soit l’ampleur de la fracture, ils diminuaient tous la dose d’opioïde. Or, cette sur-prescription pose problème puisqu’elle peut conduire à de l’auto-médication ou de la revente de comprimés. Les auteurs de ces travaux espèrent que ces résultats vont contribuer à améliorer la prescription d’opioïdes, pour éviter les mésusages et donc les overdoses.

  • ARS Normandie : une charte pour le déploiement des Pôles de santé libéraux et ambulatoires (PSLA)

    L’Agence Régionale de Santé Normandie a annoncé le 21 novembre 2017 la signature d’une charte partenariale entre plus de 50 acteurs du secteur de la santé et représentants des collectivités territoriales pour le développement des Pôles de santé libéraux ambulatoires (PSLA) en Normandie.

    L’engagement ainsi pris a pour premier objectif de contribuer à maintenir un accès aux soins de proximité face aux défis du changement démographique des professionnels de santé dans la région, un objectif qui cadre dans le plan national pour renforcer l’accès aux soins de proximité lancé le 13 octobre 2017 par Agnès Buzyn.

    L’ARS de Normandie souligne qu’actuellement, 63 PSLA et maisons de santé pluridisciplinaires sont ouverts à travers la région, alors que 43 projets sont en construction ou en phase d’ingénierie.

    La politique partenariale des PSLA de l’actuelle région Normandie a été impulsée par l’URML Basse-Normandie il y a 10 ans de cela.

    Aujourd’hui, elle se généralise à l’échelle de la région au service de l’émergence et du fonctionnement de pôles.

  • Les 3 GCS de Nouvelle-Aquitaine se regroupent pour devenir le GIP ESEA, premier GRADeS de France

    Le nouveau GRADeS GIP ESEA Nouvelle-Aquitaine a vocation à se substituer aux Groupement de Coopération Sanitaire Poitou-Charentes, Groupement de Coopération Sanitaire Aquitaine ainsi qu’à l’activité e-santé du GCS Epsilim, telle est l’annonce faite dans un communiqué du 21 novembre 2017. Le GIP ESEA Nouvelle-Aquitaine est le premier GRADeS de France et l’opérateur de la e-santé de l’ARS Nouvelle Aquitaine.

    Ce regroupement, impulsé par l’Agence Régionale de Santé Nouvelle Aquitaine, est opérationnel depuis le 1er octobre 2017. ll participe à l’élaboration et à la mise en œuvre de la stratégie régionale de la e-santé portée par l’ARS Nouvelle-Aquitaine, en lien avec le socle commun de services numériques en santé accompagné nationalement par l’Agence des Systèmes d’information partagés de Santé.

    Les trois GCS de Nouvelle-Aquitaine se sont regroupés, lors de l’assemblée générale constitutive du 30 mai 2017, au sein du GIP ESEA, vecteur du développement de la e-santé au sein de la région Nouvelle-Aquitaine. Ce regroupement s’est inscrit dans le contexte du déploiement des GRADeS initié par le Ministère de la Santé le 10 janvier 2017, et accompagné par l’ASIP Santé.

    Missions et engagements

    Fort de l’expertise des 3 GCS, le GIP ESEA porte des missions d’intérêt général et devient désormais l’acteur institutionnel de la santé numérique en Nouvelle-Aquitaine.

    La conduite et le développement des projets permettront d’accompagner et de promouvoir les usages de services numériques en santé au bénéfice notamment des professionnels de santé libéraux, des établissements de santé, des établissements sociaux et médico-sociaux et des usagers de la région.

    Ces activités menées dans un cadre normé et sécurisé comprennent notamment :

    • la mise en œuvre des obligations réglementaires et des référentiels de bonnes pratiques concernant l’interopérabilité ;

    • la sécurité des systèmes d’information utilisés dans la prise en charge des patients et usagers à l’échelle régionale (PGSSI…).

    Trois agences territoriales historiques, Bordeaux, Limoges et Poitiers, marquent l’ancrage de proximité et le maillage permettant le développement des services et projets de santé numérique sur l’ensemble de la Nouvelle-Aquitaine.

    De nombreux services et projets

    Structure d’appui de l’ARS Nouvelle-Aquitaine sur la mise en œuvre :

    • d’outils de coordination et de gestion de parcours PAACO ;
    • de services de télémédecine (téléconsultations, télésurveillances médicales, télé-expertises) ;
    • de services d’orientation des patients Nouvelle-Aquitaine (également en en partenariat avec l’ORUNA – Observatoire Régional des Urgences Nouvelle-Aquitaine) tels que ViaTrajectoire et le Répertoire opérationnel de ressources ;
    • de la Messagerie sécurisée de santé.

    Le GIP accompagne aussi le volet e-santé des grands projets nationaux portés par l’ARS Nouvelle-Aquitaine, tels que le PAERPA, Territoire de Soins Numérique (TSN) et la mise en œuvre des Plateformes Territoriales d’Appui (PTA).

    Enfin, le portail www.esea-na.fr accueille progressivement les services mutualisés de la grande région.

  • ARS : les responsables e-santé

    L’objectif de la stratégie nationale e-santé 2020 est d’accompagner les acteurs du système de soins dans le virage numérique et de permettre à la France de rester à la pointe en matière d’innovation. En tant que régulateurs et financeurs du système de santé en région, les agences régionales de santé sont étroitement impliquées dans sa mise en œuvre.

    Les responsables e-santé des agences régionales de santé sont impliqués à des degrés divers sur les questions de :
    – dossier médical personnel (DMP) ;
    – objets connectés et applications mobiles en santé ;
    – systèmes d’information en santé ;
    – programme Hôpital numérique ;
    – programme territoire de soins numérique.

    Health&Tech vous propose de retrouver la liste des responsables e-santé par région, en novembre 2017.