Les santénautes, tels que les définit l’institut de sondage Harris Interactive, sont toutes les personnes qui utilisent le digital d’une façon ou d’une autre dans une optique de santé : de la consultation de sites web à l’utilisation d’applis en passant par les objets connectés.
Harris publie depuis plusieurs années un baromètres des tendances chez les santénautes français. Le 13 mars 2018, elle a dévoilé une étude comparative entre les pratiques en France et aux États-Unis.
Globalement, le taux d’équipement aux USA est plus important : que cela concerne la possession de montres connectées (18% en France, contre 33 % outre-Atlantique), les capteurs de mesures du sommeil (10 % contre 24 %) ou les tensiomètres (9% contre 26 %). En revanche, les deux populations se rejoignent sur les bénéfices qu’elles tirent de ces usages : « la e-santé aide à vivre plus sainement », « permet de suivre son activité physique » et « aide à suivre son traitement ».
L’étude Harris Interactive a été menée courant juin 2017 auprès de 3 000 personnes dans les deux pays. Elle a été auto-administré en ligne.
Premier enseignement : les Américains sont plus santénautes que les Français
A la question « êtes-vous utilisateurs d’au moins trois outils digitaux en santé par semaine », 43 % des Français interrogés ont répondu par l’affirmative, contre 70 % des Américains. Dans les deux pays, la moyenne d’âge des utilisateurs est de 38-39 ans, mais la différence c’est qu’en France les femmes sont les plus grandes utilisatrices (55 %) alors qu’aux États-Unis ce sont les hommes qui plébiscitent ces outils numériques (53 %).
Ici comme là-bas, le santénaute appartient à la classe moyenne ou élevée et l’utilisation des outils numériques concerne, le plus souvent, des couples avec enfants (34% en France et 46% aux USA).
En France, les utilisateurs de la e-santé sont 30 % à souffrir d’au moins 3 pathologies ou maux chroniques (les plus cités sont le cholestérol, les allergies, les troubles du sommeil). C’est le cas pour 46 % des utilisateurs de e-santé américains (mal de dos, obésité, cholestérol, hypertension, diabète).
73 % des répondants santénautes avérés des deux pays sont des personnes qui font attention à leur santé, qui font du sport et dorment suffisamment.
Les dispositifs de e-santé utilisés
97 % des santénautes recherchent des informations sur leur santé sur Internet deux à trois fois par semaine ; 84 % des Français et 93 % des Américains ont téléchargé des applis bien-être ou santé sur leur smartphone ou leur tablette, et 45% des Français et 62 % des Américains échangent sur les réseaux sociaux au sujet de leur santé. Là où l’écart se creuse, c’est dans l’usage des objets connectés : 36 % des Français contre 54 % des Américains sont équipés.
Balances connectées, capteurs de mesure du sommeil, tensiomètres, brosses à dents connectés, lecteurs de glycémie, patchs de prise de la température et montres connectés : si Français et Américains ne sont pas équipés dans la même mesure, les utilisateurs des deux pays manifestent l’intention d’acquérir ces produits. Ainsi, 20 % des Américains non équipés pensent investir dans les 12 prochains mois, comme 7 à 16 % des Français.
Il y a donc une forte demande de la part des personnes qui s’intéressent à leur santé.
La perception des bénéfices de la e-santé
Pour les Français (86 %) comme pour les Américains (91 %), le digital peut « tout à fait » aider « à développer ses connaissances en santé », « à vivre sereinement » (80 et 88 %), « à prendre de rendez-vous en ligne » (83 % et 88 %), « à suivre son activité physique » (78 % et 82 %), « à améliorer l’observance de son traitement » (79 % et 86 %) et « à partager ses données de santé » (77 % et 84 %).
Là où un décrochage se fait c’est pour la téléconsultation : les Français sont plus frileux que les Américains (67 % contre 86 %).
Les types de recherches sur la santé sur Internet
Elles interviennent à tous les moments du parcours de santé, mais les scores ne sont pas comparables dans les deux pays.
- à la suite d’une actualité lue sur la santé 54 % (France) et 56 % (États-Unis) ;
- suite à un symptôme : 59 % et 79 % ;
- après avoir consulté : 55 % et 75 % ;
- avant de revoir un médecin après un examen médical : 53 % et 70 %.
Les sources d’information sont les moteurs de recherche, les sites spécialisés dans la thématique santé, les réseaux sociaux et, dans une moindre mesure, les sites des laboratoires pharmaceutiques et les blogs de médecins.
Perspectives de la e-santé
Selon l’étude Harris Interactive, 92 % des répondants français et 98 % des Américains estiment que le développement du digital dans la santé est « une bonne chose ». Ce développement va, selon eux :
- aider à la compréhension des maladies (48 % des Français et 63 % des Américains) ;
- permettre de mieux surveiller sa santé (46 %, 59 %) ;
- lutter contre la désertification médicale (41 % et 47 %).
L’étude Harris complète est disponible à l’achat via ce lien.