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  • SERAFIN-PH : une transformation de l’offre soutenue par une réforme tarifaire

    La réforme SERAFIN-PH, inscrite au PLFSS 2026, concernera dans un premier temps les 4000 établissements et services sociaux et médicosociaux (ESSMS) accompagnant les enfants et jeunes adultes en situation de handicap. Elle a pour objet de faire du financement un levier pour accélérer la transformation de l’offre de services.

    Les principes de SERAFIN-PH :

    Les principes du financement par SERAFIN-PH (Services et Établissements : Réforme pour une Adéquation des FINancements au parcours des Personnes Handicapées) sont préfigurés dès la réflexion du rapport de Denis Piveteau de 2014, « Zéro sans solution », qui insiste sur l’autodétermination, « le pouvoir d’agir » des personnes en situation de handicap. Il préconise une organisation de l’accompagnement « centrée sur la personne et le parcours de vie ». Cela suppose de transformer les organisations de travail pour ne plus simplement proposer des « places mais des réponses ». Le rapport cite l’exemple des « communautés 360 » dans le champ du handicap, qui montrent que « la réponse ne dépend pas d’un seul intervenant mais nécessite de construire un réseau de professionnels partenaires appartenant à différents corps de métiers, différents axes d’intervention».

    Un rapport de l’IGAS de mars 2025, Handicap : comment transformer l’offre sociale et médico-sociale pour mieux répondre aux attentes des personnes ?, reprend cette orientation : « L’autodétermination ne peut se traduire dans les faits que si la structure qui accompagne est en capacité de proposer une offre modulaire, qui séquence plusieurs modes d’intervention professionnelle (hébergement, accueil de jour, intervention en milieu ordinaire) et adapte leur intensité dans le temps aux besoins et attente des personnes ». Selon les rapporteurs, cet objectif suppose de revenir sur des autorisations cloisonnées par les différentes catégories d’ESSMS, qui seront mises en extinction. La recomposition de l’offre suppose aussi de mobiliser des leviers financiers : « la réforme du financement, envisagée dans le cadre du projet SERAFIN-PH, doit converger avec les objectifs de la transformation ».

    Une dotation financière sur critères qualitatifs

    A l’avenir, les ESSMS recevront une dotation globale, fondée sur les caractéristiques de leur offre dans les domaines de l’hébergement, des services et des transports. Elle sera calculée en prenant en compte les besoins des enfants ou jeunes accueillis ou

    accompagnés, la souplesse de l’organisation et l’intensité de l’accompagnement. Il ne s’agira donc pas d’un financement à l’activité comme dans le secteur hospitalier.

    La réforme intègre également des dotations complémentaires, reposant sur six critères : la complexité des situations, la scolarisation en milieu ordinaire, les coopérations, l’appui au milieu ordinaire, l’autodétermination, l’usage du numérique (outils tels que le dossier de l’usager informatisé (DUI), l’aide à l’orientation personnalisée ViaTrajectoire, etc.).

    Il sera demandé aux ESSMS de se positionner par palier dans le processus de transformation, en s’autoévaluant. La progression de la qualité de leur mutation sera valorisée progressivement.

    Une mise en œuvre à partir du 1er janvier 2027

    Cette réforme, dont une expérimentation a été menée en 2022 dans 10 % des ESSMS, était initialement prévue pour être appliquée en 2024 mais ne sera mise en place très progressivement qu’à partir du 1er janvier 2027. La mise en œuvre complète de la réforme est prévue sur 8 ans pour permettre à chaque ESSMS d’adapter son organisation.

    • À l’automne 2026 : les ESSMS connaîtront leur dotation théorique et son évolution prévisible dans le cadre de la réforme.
    • De 2027 à 2030 : la réforme se mettra en place progressivement. La nouvelle organisation de la structure permettra de faire converger la dotation théorique et le financement antérieur. Des mesures nouvelles (360 M€, soit 90 M€ par an) viendront soutenir la démarche.
    • De 2030 à 2034 : la convergence financière produira pleinement ses effets.

    Cette réforme a vocation à remodeler en profondeur l’écosystème du secteur. Elle nécessite un accompagnement des structures, des professionnels et des usagers. Dès cette année, la CNSA et la DGCS seront très fortement mobilisées en appui de cette mise en œuvre, auprès des agences régionales de santé, des fédérations et des établissements.

    Rapport Denis Piveteau : « Zéro sans solution » : le devoir collectif de permettre un parcours de vie sans rupture, pour les personnes en situation de handicap et pour leurs proches (2014) : https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_zero_sans_solution_.pdf

    Rapport Igas : Handicap : Comment transformer l’offre sociale et médico-sociale pour mieux répondre aux attentes des personnes (2025) : https://www.igas.gouv.fr/handicap-comment-transformer-loffre-sociale-et-medico-sociale-pour-mieux-repondre-aux-attentes-des-personnes

     

  • « les fonds interviennent dans des projets de plus en plus matures, avec des sociétés de plus en plus proches du marché et avec des technologies déjà dérisquées » (David Petiteau, Medicen)

    Un nouveau cycle pour le financement de la santé numérique

    Le financement de la santé numérique entre en 2026 dans un cycle de contraction relative, où la priorité n’est plus la croissance à tout prix mais la survie et la discipline financière. « On sort de plus d’une décennie d’abondance de liquidités, de marchés publics cueillant la promesse d’exit relativement rapide. » résume David Petitetau responsable entrepreneurial, finance et scale-ups chez Medicen. Les dirigeants ont désormais pour préoccupations centrales « la gestion de la trésorerie » et « la recherche de financement », dans un contexte d’instabilité politique qui renforce l’aversion au risque. Les indicateurs globaux restent pourtant trompeurs : les montants levés en life sciences progressent d’environ 20%, tandis que le nombre d’opérations se replie, signe d’une plus forte sélectivité. Le risque majeur se situe sur l’amorçage et l’early stage, avec des tensions « épidémiologiques » ressenties par les acteurs de terrain, alors même que le renouvellement du pipeline d’innovation dépend de ces premiers tours.

    Un marché polarisé : « winners take most »

    Le capital-risque se concentre sur un nombre restreint d’acteurs jugés stratégiques, souvent positionnés sur des technologies d’IA en forte traction clinique, « ce n’est pas winners take all, mais winners take most ». Les scale-ups capables de démontrer un impact médical et un début de traction marché captent l’essentiel des tickets. Dans le même mouvement, « les fonds interviennent dans des projets de plus en plus matures, avec des sociétés de plus en plus proches du marché et avec des technologies déjà dérisquées », repoussant mécaniquement le curseur de risque supportable. Les segments les plus recherchés se structurent autour des solutions d’IA et d’assistants numériques pour l’efficience opérationnelle, de la tech‑bio pour le drug development, de la télémédecine et de la robotique, tandis que les DTx restent freinées par des règles d’accès au marché encore incertaines.

    Les dynamiques invisibles : bridges et pression des Limited Partners

    Derrière les tours annoncés, une part importante de l’activité concerne des opérations de refinancement internes. « La face immergée de l’iceberg, c’est cette importance des bridges qui ne sont pas ou très imparfaitement dans les stats publiées », les fonds utilisant leurs marges de manœuvre pour soutenir prioritairement les participations jugées les plus prometteuses. Parallèlement, la concentration touche aussi les sociétés de gestion, via des rapprochements capitalistiques et une dépendance accrue à quelques grands “Limited Partners” (investisseurs du fonds qui apportent le capital mais ne gèrent pas le fonds au quotidien, contrairement aux “General Partners”). Dans cet environnement, « les levées de fonds de ces sociétés de gestion pour leurs nouveaux fonds prennent significativement plus de temps que dans les années fastes », ce que confirment les baromètres montrant moins de deals, mais des tickets plus élevés concentrés sur des séries B. Pour les bailleurs de fonds, « la performance ne se mesure plus à la valorisation virtuelle, mais à ce qui revient effectivement en cash » : tant que le DPI n’est pas au rendez‑vous via IPO ou M&A, les nouveaux véhicules se lèvent plus lentement, et « concrètement, ils investissent moins ».

    Exigences accrues sur les dossiers : clinique, modèle économique et résilience

    Dans ce contexte resserré, la qualité des dossiers devient déterminante. « Mieux vaut prévenir que guérir, ça vaut aussi pour la gestion de la trésorerie » : approcher « la ligne jaune de la cessation des paiements » reste tabou, alors qu’il existe encore des leviers juridiques et financiers avant le point de non‑retour. Trois angles apparaissent trop souvent sous‑travaillés : un positionnement médical précis et explicite, la capacité à répondre à la question « mais in fine, qui va payer pour la solution ? », et un plan de création de valeur crédible du point de vue de l’investisseur. Le mot d’ordre devient « excellence commerciale et technique, et résilience financière », dans un environnement où le marché adresse moins de projets mais regarde de plus près l’exécution, le go‑to‑market et la trajectoire de rentabilité. Cette exigence s’inscrit aussi dans le mouvement de consolidation : en télé‑surveillance oncologique ou en santé numérique hospitalière, les rapprochements récents montrent que la capacité à s’agréger ou à compléter une offre existante devient un critère clé de soutenabilité.

    Mieux lire les cycles des fonds et diversifier ses financements

    L’une des clés d’adaptation consiste à mieux cartographier l’état des investisseurs sollicités. Il devient stratégique « d’être clair sur le statut » d’un fonds : « est‑ce qu’il est en phase de levée, de sélection des opportunités d’investissement, de gestion de portefeuille ou en phase d’exit ? ». Cette lecture fine évite de perdre du temps auprès de “General Partners” qui n’ont plus ou pas encore de capacité d’investissement, dans un contexte où « tant que les fonds n’ont pas rendu du cash à leurs propres investisseurs, ils lèvent moins vite et investissent moins ». En parallèle, les porteurs de projets sont invités à diversifier leurs sources de capital : business angels sectoriels, crowdfunding réservé aux professionnels de santé, fonds spécialisés comme Patient Autonome en santé numérique, véhicules deeptech régionaux ou tech‑bio. À l’heure où le capital-risque se reconfigure autour d’un nombre restreint de gagnants, la capacité des startups à anticiper leur besoin de cash, à structurer un récit clinique et économique robuste et à composer un tour de table hybride devient un déterminant central de passage à l’échelle.

  • Mon espace santé : virage vers la prévention personnalisée

    Un cap après quatre ans

    À l’occasion d’une conférence de presse organisée au ministère chargé de la Santé, l’Assurance Maladie et la Délégation au numérique en santé ont dévoilé les orientations 2026 de Mon espace santé. Quatre ans après sa généralisation, le service évolue d’un espace sécurisé de stockage et de partage des données vers un outil de coordination des parcours et d’accompagnement préventif.

    Janvier 2026, la plateforme revendique plus de 24 millions de profils activés, 2,5 millions d’utilisateurs mensuels et près de 420 millions de documents de santé déposés en un an. Un document sur deux produit par les professionnels de santé est désormais versé dans l’espace numérique.

    Les annonces de janvier 2026 traduisent un changement d’orientation. Mon espace santé intègre des fonctionnalités destinées à informer et accompagner les usagers à chaque étape de la vie : agenda santé, rappels ciblés, contenus de prévention aux âges clés et auto-questionnaires pour préparer les bilans de prévention.

    À partir de 2026, la plateforme doit aussi faciliter le repérage des situations à risque, l’accompagnement des personnes vivant avec une maladie chronique et la structuration de parcours dédiés, notamment pour le diabète.

    Des parcours de vie structurés

    Parmi les évolutions mises en avant figurent deux parcours déjà déployés.

    • Le parcours grossesse, utilisé par plus de 80 000 femmes, vise à informer et orienter les futures mères tout au long du suivi.
    • Le carnet de santé numérique de l’enfant permet de centraliser examens, vaccinations et repères de développement, de la petite enfance à l’adolescence.

    Mon espace santé s’appuie sur un écosystème de 45 applications et services référencés.

  • Numérisation de l’anatomocytopathologie : l’ARS Centre-Val de Loire lance un AMI régional

    L’ARS Centre-Val de Loire lance un AMI destiné à accompagner la numérisation de l’activité d’anatomocytopathologie (ACP) sur le territoire régional. L’initiative s’inscrit dans le cadre du Fonds pour la modernisation et l’investissement en santé (FMIS) et cible les acteurs impliqués dans la prise en charge des patients atteints de cancer.

    Cet AMI vise à accélérer la transformation numérique des laboratoires d’ACP afin d’améliorer la qualité et les délais des diagnostics. Il ambitionne également de renforcer la coopération entre établissements, de favoriser la mutualisation des moyens et de créer des conditions propices au développement de la recherche et des usages de l’IA en anatomopathologie.

    Établissements et projets éligibles

    L’appel s’adresse aux établissements de santé publics ou privés autorisés en cancérologie disposant d’une activité d’ACP. Les laboratoires conventionnés avec un établissement autorisé peuvent également candidater. Les projets portés par des groupements inter-établissements sont recevables dès lors qu’ils s’inscrivent dans une logique de coopération ou de mutualisation. Les projets attendus portent sur la numérisation des processus d’ACP, en lien avec l’amélioration des pratiques diagnostiques, la collaboration entre structures et l’exploitation secondaire des données à des fins de recherche ou d’outils numériques avancés.

    Le financement est accordé sur justificatifs, dans la limite de la subvention attribuée. Les bénéficiaires disposeront d’un délai de quatre ans à compter de la notification pour produire les factures nécessaires au versement des fonds.

    Dossier de candidature et calendrier

    Les candidats doivent constituer un dossier comprenant une note de cadrage du projet, selon le modèle annexé, un budget prévisionnel détaillé accompagné de devis, ainsi qu’une convention de partenariat en cas de projet multisite. Le dossier doit être transmis conjointement par courrier électronique avant le 31 mars 2026 à minuit. La notification des résultats interviendra à partir du 1er mai 2026.

    Points de vigilance pour les porteurs de projets

    Le respect strict des modalités de dépôt constitue un prérequis, tant sur les délais que sur l’envoi simultané du dossier aux trois adresses indiquées par l’ARS. L’utilisation du modèle de note de cadrage et l’anticipation des justificatifs financiers à produire dans les quatre années suivant la notification conditionnent également l’accès effectif aux financements.

    L’appel à manifestation d’intérêt est consultable sur le site de l’ARS Centre-Val de Loire.

    Tableau récapitulatif des principaux critères

    Critères Détails
    Dates importantes Clôture candidatures : 31 mars 2026 à minuit.
    Notification résultats : à partir du 1er mai 2026.
    Financement proposé Financement sur justificatifs, dans la limite de la subvention accordée.
    Factures à produire dans les 4 ans suivant la notification.
    Nature des projets attendus Projets de numérisation de l’ACP pour améliorer diagnostics, coopération inter-établissements et recherche/IA.
    Critères d’éligibilité Établissements de santé publics ou privés autorisés en cancérologie avec activité ACP.
    Laboratoires conventionnés avec un établissement autorisé.
    Groupements inter-établissements en logique de coopération/mutualisation.
    Modalités de dépôt et de sélection Dossier : note de cadrage (modèle annexé), convention de partenariat (si multisite), budget prévisionnel avec devis.
    Transmission par mail avant 31 mars 2026.

     

    Appel à Manifestation d’intérêt 2026 Cahier des Charges « Numérisation de l’activité d’AnatomoCytoPathologie en région Centre-Val de Loire »

  • NHS England crée un registre génétique national pour prévenir les cancers héréditaires

    3 limites majeures des stratégies de dépistage conventionnelles

    Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le cancer demeure l’une des premières causes de mortalité mondiale, avec 9,7 millions de décès et près de 20 millions de nouveaux cas chaque année. Environ 10 % des cancers, notamment du sein, de la prostate et colorectaux, sont liés à des prédispositions héréditaires. Les approches fondées sur l’histoire familiale, l’imagerie ou des tests ciblés (mammographie, coloscopie, PSA) restent imparfaites, en particulier chez les populations à haut risque génétique.

    • Sensibilité variable.
    • Détection tardive.
    • Faible intégration génomique.

    120 gènes analysés dans un registre génomique centralisé

    Déployé en janvier 2026, le registre national des prédispositions héréditaires au cancer du National Health Service (NHS) analysera 120 gènes associés à un sur-risque, au sein d’une base génomique unifiée.

    • 120 gènes de prédisposition.
    • Données cliniques et génétiques croisées.
    • Comparaison patients-familles.

    Une montée en charge fondée sur des données probantes

    Les cohortes héréditaires montrent qu’une stratification génétique du risque améliore la détection précoce et l’orientation vers la prévention.

    • Détection plus précoce.
    • Allocation optimisée des ressources.
    • Modèles de stratification du risque validés.

    Perspectives cliniques, éthiques et organisationnelles

    Court terme : ciblage des porteurs de variants pathogènes (BRCA, Lynch) avec dépistage renforcé et intégration des services de génétique et d’oncologie.

    Moyen terme : parcours de médecine personnalisée combinant tests à domicile, télésurveillance et accès aux essais cliniques.

    Long terme : suivi structuré de dizaines de milliers de patients et de familles à risque, avec extension des cohortes, harmonisation des données et confidentialité renforcée.

     

  • Une IA détecte des signes de BPCO à partir d’un ECG de routine

    La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) figure parmi les principales causes de mortalité dans le monde. Son diagnostic repose aujourd’hui sur la spirométrie ou l’imagerie thoracique, des examens coûteux en temps, en personnel et en équipements. En l’absence de recommandations de dépistage chez les patients asymptomatiques, le diagnostic intervient fréquemment plusieurs années après le début des symptômes. Dans ce contexte, une équipe de chercheurs du système hospitalier Mount Sinai a évalué l’intérêt d’un outil largement disponible en routine clinique : l’électrocardiogramme, analysé par des techniques d’apprentissage profond.

    Un modèle d’apprentissage profond appliqué à l’ECG

    Les chercheurs ont développé un modèle de réseau de neurones convolutifs (ConvNeXt Large), entraîné par transfert d’apprentissage à partir d’ECG standards 12 dérivations de 10 secondes, transformés en images 2D. L’objectif était de prédire un diagnostic incident de BPCO, défini par des codes CIM, à partir d’ECG réalisés dans les six mois précédant le diagnostic clinique.

    L’étude repose sur 761 002 ECG provenant de 67 581 patients, dont 18 225 cas de BPCO, issus de cinq hôpitaux new-yorkais du Mount Sinai Health System, complétés par une cohorte populationnelle indépendante de la UK Biobank.

    Des performances robustes sur plusieurs cohortes

    Le modèle affiche une performance stable selon les populations étudiées :

    • AUC 0,80 en validation interne
    • AUC 0,82 sur une cohorte externe hospitalière distincte
    • AUC 0,75 dans la UK Biobank

    Les performances sont maintenues chez les patients avec antécédents tabagiques documentés et restent comparables entre femmes et hommes. À un seuil fixé pour une sensibilité de 85 %, la valeur prédictive négative dépasse 90 %, positionnant l’outil comme un candidat au repérage de patients à faible risque.

    Un signal physiologique cohérent avec la maladie et un repérage possible avant le diagnostic clinique

    L’analyse d’explicabilité (Grad-CAM / FullGrad) montre que le modèle se concentre principalement sur la morphologie des ondes P, en lien avec les altérations auriculaires associées à l’hypertension pulmonaire et à la surcharge du cœur droit observées dans la BPCO. Les probabilités prédites par le modèle sont corrélées négativement aux paramètres spirométriques (VEMS, CVF, VEMS/CVF), avec des coefficients allant jusqu’à –0,34 chez les patients présentant une obstruction bronchique irréversible. Plus l’atteinte respiratoire est marquée, plus la probabilité prédite par l’IA est élevée.

    Chez les patients disposant d’ECG antérieurs, la probabilité prédite par le modèle augmente à mesure que l’on se rapproche de la date du diagnostic clinique. La capacité discriminante est maximale entre 6 et 9 mois avant le diagnostic, puis décroît progressivement au-delà de 15 mois. Une analyse de survie montre que la probabilité prédite par l’IA est fortement associée au risque ultérieur de BPCO, avec un hazard ratio de 10,79, supérieur à celui du tabagisme mesuré en paquets-années.

    Vers un outil de dépistage opportuniste

    Les auteurs soulignent que cette approche ne vise pas à remplacer la spirométrie, mais à compléter les parcours existants. L’ECG, déjà largement intégré aux flux hospitaliers et ambulatoires, pourrait servir de point d’entrée pour identifier des patients nécessitant une exploration respiratoire ciblée. L’absence de données tabagiques exhaustives et la baisse de performance à distance du diagnostic figurent parmi les principales limites. Les chercheurs insistent également sur la nécessité d’évaluations prospectives en conditions réelles, afin de mesurer l’impact sur les délais diagnostiques, la charge de faux positifs et l’intégration dans les pratiques cliniques.

    Cette étude s’inscrit dans une dynamique plus large d’extension de l’IA appliquée à l’ECG au-delà du champ cardiovasculaire. En exploitant les répercussions cardiaques d’une pathologie respiratoire chronique, elle ouvre la voie à des stratégies de dépistage opportuniste, à faible coût marginal, dans des systèmes de soins sous contrainte de ressources.

    Les auteurs concluent que l’utilisation de l’IA sur des examens de routine pourrait contribuer à réduire le retard diagnostique de la BPCO, à condition d’être encadrée, évaluée prospectivement et intégrée dans des parcours cliniques clairement définis.

     

    *Automated diagnosis of chronic obstructive pulmonary disease using deep learning applied to electrocardiograms

     

  • US : pourquoi la Health Tech entre dans un nouveau cycle porté par l’IA ?

    Au-delà des cycles de marché, le rapport souligne un changement de nature : l’IA fait évoluer les technologies de santé de simples outils de flux de travail vers des briques d’infrastructure critiques, influençant à la fois la performance économique et, potentiellement les résultats cliniques. L’enjeu des prochaines années sera d’identifier les entreprises capables de démontrer cette transformation dans la durée. La croissance ne suffit plus, la preuve opérationnelle devient centrale.

    Les signaux d’une Health Tech moins spéculative

    Selon le rapport de Bessemer Venture Partners, intitulé “State of Health AI 2026 “, l’année 2025 marque un point d’inflexion pour l’innovation en santé. Après la fermeture quasi totale de la fenêtre d’introduction en Bourse entre 2022 et 2023, six entreprises (Waystar, Tempus, Hinge Health, Omada Health, Caris Life Sciences et HeartFlow) ont réalisé leur IPO entre 2024 et 2025. Ensemble, elles ont ajouté 36,6 milliards de dollars de capitalisation boursière.

    Ces sociétés se distinguent de la génération précédente par des profils financiers plus solides : croissance soutenue, trajectoires claires vers la rentabilité et modèles économiques indépendants des effets conjoncturels de la période Covid. Leur performance boursière reflète ce changement. En 2025, les nouvelles valeurs Health Tech ont progressé de 18 %, un niveau comparable à celui du NASDAQ et du S&P 500, et supérieur à celui de l’indice des logiciels cloud émergents.

    Deux générations de Health Tech, deux dynamiques opposées

    Health Tech 1.0 : croissance rapide, bases fragiles

    La première vague (2015-2021) s’est développée dans le sillage de réformes structurelles du système de santé américain et a culminé pendant la pandémie. De nombreuses entreprises ont alors accédé aux marchés avec une forte croissance de chiffre d’affaires, mais des marges faibles et une dépendance à des conditions exceptionnelles. Le retournement macroéconomique a mis en évidence ces fragilités, entraînant une perte de confiance durable des investisseurs.

    Health Tech 2.0 : rentabilité et preuve du retour sur investissement

    À partir de 2024, une nouvelle cohorte émerge avec des caractéristiques différentes : opérations rentables ou proches de l’équilibre, rétention élevée, démonstration du ROI pour les clients. Ces entreprises représentent désormais près de 30 % de la capitalisation totale des sociétés suivies dans l’indice Health Tech de Bessemer.

    Un secteur encore décoté malgré de meilleurs fondamentaux

    Malgré des indicateurs supérieurs à ceux des éditeurs de logiciels à forte croissance (croissance annuelle moyenne de 67 % et marges de trésorerie plus élevées) les entreprises Health Tech se négocient encore avec une décote de 10 à 20 %. Cette situation s’explique par un « fossé de confiance » persistant, hérité des excès de la période 2020-2021 et par la perception de risques réglementaires et opérationnels propres à la santé. Selon Bessemer, cette décote pourrait se résorber à mesure que les sociétés accumulent plusieurs trimestres consécutifs de performances durables.

    Trois signaux issus du marché privé montrent que l’intelligence artificielle ne relève plus du simple effet d’annonce :

    • Reprise des fusions-acquisitions : plus de 400 transactions en 2025, motivées par l’intégration d’outils d’IA améliorant croissance et marges.
    • Retour du capital-risque : 527 tours levés pour près de 14 Md$, avec une hausse de 42 % du montant moyen.
    • Valorisations sélectives en hausse, notamment pour les entreprises d’IA en phase avancée, avec plusieurs tours dépassant le milliard de dollars.

    Un nouveau cadre de lecture

    Pour expliquer ces valorisations élevées, Bessemer propose le concept de « Health AI X Factor ». Il repose sur quatre critères cumulatifs :

    • Une hyper-croissance continue.
    • Une durabilité des revenus.
    • Une productivité permettant des marges proches du logiciel.
    • Une capacité d’expansion d’un produit ciblé vers une plateforme opérationnelle.

    Tendances pour 2026 : Assureurs, patients, autorités, les nouveaux moteurs de l’adoption de l’IA en santé

    Pour 2026, le rapport anticipe une convergence de dynamiques qui accélèrent l’ancrage de l’IA dans l’économie de la santé. Les assureurs devraient intensifier leurs investissements, poussés par les établissements de soins qui ont déjà intégré l’IA pour optimiser leurs recettes et leurs processus. En parallèle, les usages cliniques progressent, notamment pour le triage et l’évaluation des risques, dans des configurations où la décision reste supervisée par les professionnels de santé. Les autorités publiques testent également de nouveaux cadres de financement, en particulier via les expérimentations des Centers for Medicare & Medicaid Services, tandis que certains usages se développent en dehors des mécanismes de remboursement traditionnels, portés par des patients prêts à payer directement. Cette phase s’accompagne de l’émergence d’infrastructures de données dédiées à l’IA, du retour de modèles de soins fondés sur la valeur rendus plus soutenables par l’automatisation, et de l’essor de CRO numériques visant à réduire les coûts et les délais de la recherche et développement pharmaceutique.

     

  • Étude : vers un score métastatique multi-cancers grâce à l’IA (Cell Reports)

    Chaque année, ce ne sont pas les tumeurs primaires qui tuent le plus, mais leur capacité à se disséminer. Les métastases — ces cellules cancéreuses qui quittent leur site d’origine pour coloniser d’autres organes — sont responsables de la grande majorité des décès liés au cancer.

    Repérer la capacité des cellules à métastaser

    Pourtant, cette capacité à métastaser reste largement invisible au moment du diagnostic. Les cliniciens évaluent le risque à partir de la taille de la tumeur, de son stade, de son grade, et parfois de signatures génomiques spécifiques. Mais ces outils ne permettent pas toujours de capter un élément clé : la capacité biologique intrinsèque des cellules tumorales à migrer et envahir d’autres tissus. C’est précisément cette zone d’ombre que les chercheurs de l’Université de Genève ont cherché à éclairer.

    C’est pourquoi une équipe de chercheurs de l’Université de Genève a isolé et cloné des cellules de tumeurs du côlon, puis évalué leur capacité à migrer et former des métastases dans des modèles biologiques. L’expression de plusieurs centaines de gènes a été analysée sur une trentaine de clones provenant de deux tumeurs primaires. Ces analyses ont mis en évidence que les cellules capables de métastaser n’expriment pas les mêmes gènes que celles qui restent localisées dans la tumeur. Ces signatures ont ensuite été intégrées dans une IA, appelée MangroveGS, qui combine des dizaines à des centaines de signatures géniques pour prédire le risque métastatique.

    Les résultats de leurs travaux ont été publiés le 22 janvier dans la revue Cell Reports.

    Résultats : une IA précise à 80%

    • Précision prédictive de l’ordre de 80 % : après entraînement, MangroveGS classe correctement environ 8 patients sur 10 selon qu’ils développeront des métastases ou des récidives dans le cancer du côlon, une performance jugée supérieure aux outils existants.
    • Applicabilité à plusieurs cancers : les signatures issues du cancer du côlon sont également capables de prédire le potentiel métastatique dans d’autres tumeurs fréquentes comme celles du sein, du poumon ou de l’estomac.
    • Les signatures identifiées correspondent à des fonctions biologiques connues pour jouer un rôle clé dans la migration et l’invasion des cellules cancéreuses, ce qui confirme que l’IA capte bien les mécanismes réels de la métastase.
    • Le score permet de distinguer les tumeurs à faible et à haut potentiel métastatique, une information directement utilisable pour adapter la prise en charge des patients.

    Les résultats de cette étude remettent en fait en question la logique même des signatures génomiques utilisées en oncologie depuis vingt ans. Jusqu’à maintenant, ces tests reposent sur une sélection limitée de gènes choisis à l’avance, censés être associés au risque de récidive. MangroveGS adopte une approche différente : laisser l’IA identifier, parmi des centaines de signatures d’expression, les combinaisons réellement associées à la migration des cellules tumorales.

    Une IA plus puissante que des marqueurs isolés

    Les chercheurs soulignent cette rupture méthodologique : « Plutôt que de nous concentrer sur des gènes individuels, nous avons laissé l’algorithme identifier les combinaisons d’expression associées au potentiel métastatique ». Ce changement de perspective permet de passer d’une logique de marqueurs isolés à celle de programmes biologiques complexes.

    Autre changement majeur : l’objet même de la prédiction. Il ne s’agit plus seulement d’estimer le risque de récidive d’une tumeur, mais d’évaluer « la capacité intrinsèque des cellules tumorales à migrer et former des métastases ». Autrement dit, il ne s’agit plus seulement d’estimer un risque statistique de récidive, mais d’identifier si la tumeur possède, ou non, les caractéristiques biologiques qui lui permettent de former des métastases.

    Pour la pratique clinique, cela ouvre une voie nouvelle. À terme, cette information pourrait en effet devenir un complément clé des critères classiques de stade, de taille ou de grade tumoral, en apportant une lecture plus fine du risque réel de dissémination.

    *Emergence of high-metastatic potentials and prediction of recurrence and metastasis

    Aravind Srinivasan, Arwen Conod, Yann Tapponnier, Marianna Silvano, Luca Dall’Olio, Céline Delucinge-Vivier, Isabel Borges-Grazina et Ariel Ruiz i Altaba

    Cell Reports DOI : 10.1016/j.celrep.2025.116834

    https://www.cell.com/cell-reports/fulltext/S2211-1247(25)01606-7?_returnURL=https%3A%2F%2Flinkinghub.elsevier.com%2Fretrieve%2Fpii%2FS2211124725016067%3Fshowall%3Dtrue

     

  • Cancer du sein : la Cour des comptes alerte sur le recul du dépistage et une dépense en hausse de 65 % depuis 2015

    Parmi les recommandations :

    • Interdire les dépassements d’honoraires pour les examens liés au dépistage organisé.
    • Obliger tous les centres équipés à accueillir les patientes pour une mammographie.
    • Abaisser l’âge du dépistage à 40-45 ans.
    • Recourir davantage à l’IA encadrée dans l’imagerie médicale.
    • Réserver la chirurgie à des centres à haut volume d’activité.
    • Rendre obligatoire, d’ici 2027, un programme personnalisé d’après-cancer.

    En janvier 2026, la Cour des comptes a présenté à la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale une évaluation de la politique publique de prévention et de prise en charge du cancer du sein couvrant la période 2015-2025. Le constat est double : la pathologie reste la première cause de mortalité par cancer chez les femmes, tandis que les dépenses de l’assurance maladie ont progressé de plus de 65 % en huit ans, passant de 2,8 à près de 4,7 Md€ en 2023, alors que le nombre de patientes n’augmentait que de 6 %.

    Dépistage : la participation chute à 44 % malgré une efficacité reconnue

    Mis en place en 2004, le dépistage organisé cible les femmes de 50 à 74 ans, avec une mammographie prise en charge à 100 % et une double lecture systématique. Son efficacité est documentée : détecté précocement, le cancer du sein guérit dans neuf cas sur dix. Pourtant, la participation recule : 44 % en 2024, contre 52,3 % en 2011. Cette baisse touche toutes les tranches d’âge et s’accompagne d’un recours concurrent au dépistage individuel, plus coûteux et dépourvu de seconde lecture. La Cour relève également des inégalités d’accès liées à l’offre territoriale et aux caractéristiques sociales des femmes. Les initiatives locales pour aller au contact des populations peu participantes existent, mais restent hétérogènes et insuffisamment évaluées.

    La Cour appelle à un cadre national pour l’IA en dépistage

    La Cour des comptes anticipe une intégration de l’intelligence artificielle dans le dépistage organisé du cancer du sein, rendue possible par la dématérialisation des mammographies, mais appelle à en encadrer strictement les usages. Elle recommande l’adoption d’ici 2027 d’un plan national de déploiement de l’IA définissant précisément ses modalités d’intervention, notamment dans le cadre de la double lecture, tout en excluant toute substitution à l’expertise humaine. La Cour insiste sur le maintien d’une supervision médicale systématique, la responsabilité demeurant pleinement portée par les radiologues, et préconise de confier à la Haute Autorité de santé une mission d’évaluation régulière et de labellisation des logiciels utilisés. L’objectif est d’éviter des déploiements hétérogènes, de sécuriser juridiquement les pratiques et de préserver la confiance et l’équité du dispositif de dépistage organisé.

    L’organisation des soins à recomposer

    Sur le versant curatif, l’évaluation met en évidence des disparités marquées. Malgré un encadrement réglementaire, certains établissements autorisés n’atteignent pas les seuils d’activité requis, tandis que des prises en charge chirurgicales persistent dans des structures non autorisées. Or, les données scientifiques associent les faibles volumes d’activité à des risques plus forts et à de moins bons résultats. La Cour propose de relever le seuil minimal annuel à 150 séjours chirurgicaux pour autoriser une activité de chirurgie du cancer du sein, conformément aux recommandations européennes. Elle préconise en parallèle de renforcer la coopération territoriale : chirurgie dans des centres à haut volume, autres traitements au plus près du domicile lorsque cela est possible.

    Un reste à charge moyen de 1 549 €

    L’après-cancer demeure un point faible. Fatigue chronique, douleurs, difficultés professionnelles et reste à charge moyen estimé à 1 549 € pèsent durablement sur les patientes. Les soins de support, pourtant reconnus pour leur impact sur la qualité de vie et la prévention des récidives, restent inégalement accessibles et souvent insuffisamment financés. La Cour recommande de publier dès 2026 les textes d’application de la loi du 5 février 2025 sur la prise en charge des dépenses spécifiques, et de rendre obligatoire, à partir de 2027, le programme personnalisé d’après-cancer comme critère d’autorisation en cancérologie.

    Huit recommandations :

    • Conditionner l’activité d’imagerie à la participation au dépistage organisé : La Cour recommande de rendre obligatoire, dans la prochaine loi de financement de la sécurité sociale, la participation au dépistage organisé pour tous les centres souhaitant pratiquer l’imagerie sénologique, qu’elle soit de diagnostic ou de dépistage. L’objectif est de limiter le contournement du dispositif public par le dépistage individuel et d’augmenter la participation globale.
    • Structurer un plan national de déploiement de l’IA en dépistage : Face aux évolutions technologiques, la Cour appelle à adopter d’ici 2027 un plan national encadrant le recours à l’intelligence artificielle dans le dépistage organisé. Ce plan doit préciser les usages autorisés, notamment dans la double lecture des mammographies, et prévenir les déploiements locaux hétérogènes.
    • Confier à la HAS l’évaluation et la labellisation des logiciels d’IA : Afin de sécuriser les pratiques, la Cour recommande de confier à la Haute Autorité de santé une mission d’évaluation régulière et de labellisation des logiciels d’IA utilisés dans le dépistage du cancer du sein. Cette mesure vise à garantir la qualité, la sécurité et la transparence des outils déployés.
    • Mettre fin aux prises en charge chirurgicales non autorisées : Dès 2026, la Cour demande un suivi renforcé de l’activité des établissements autorisés à pratiquer la chirurgie du cancer du sein et l’arrêt immédiat de toute prise en charge réalisée dans des structures non autorisées, identifiées comme un risque pour la qualité et la sécurité des soins.
    • Relever le seuil minimal d’activité chirurgicale à 150 séjours par an : Pour améliorer les résultats sanitaires, la Cour recommande de porter à 150 le seuil annuel minimal de séjours chirurgicaux requis pour autoriser un établissement à pratiquer la chirurgie du cancer du sein, conformément aux recommandations européennes et aux données scientifiques sur le lien entre volume d’activité et qualité des soins.
    • Recomposer l’offre de soins et renforcer la coopération territoriale : Ce relèvement des seuils doit s’accompagner, selon la Cour d’une recomposition anticipée de l’offre de soins dans les projets régionaux de santé 2028-2032. L’objectif est d’organiser une prise en charge graduée : chirurgie dans des centres à haut volume, autres traitements au plus près du domicile lorsque cela est possible.
    • Appliquer effectivement la loi du 5 février 2025 : La Cour recommande la publication, dès 2026, des textes réglementaires nécessaires à l’application de la loi du 5 février 2025 visant à améliorer la prise en charge des dépenses spécifiques liées au cancer du sein. Elle souligne que l’absence de décrets retarde l’effet concret de la réforme pour les patientes.
    • Rendre obligatoire le programme personnalisé d’après-cancer : Enfin, la Cour préconise de rendre obligatoire, à partir de 2027, l’élaboration d’un programme personnalisé d’après-cancer pour les établissements de santé, et d’en faire un critère d’autorisation d’exercer en cancérologie. Cette mesure vise à structurer l’accompagnement des patientes et à réduire les inégalités d’accès aux soins de support.

     

  • HospiConnect : un financement dédié à l’identification électronique des professionnels de santé

    Un nouveau levier financier pour la sécurité numérique hospitalière

    L’arrêté du 27 janvier 2026 institue un programme de financement visant à renforcer la sécurité informatique des établissements de santé. Pris sur le fondement de l’article L.1111-24 du code de la santé publique, le dispositif s’inscrit dans la continuité du programme « Cyber accélération et résilience des établissements » présenté en décembre 2023, à l’issue des travaux de la taskforce Cyber engagés depuis 2022.

    Baptisé HospiConnect, ce programme fait suite à un appel à projets d’expérimentation lancé en 2024. Il cible spécifiquement l’acquisition de moyens d’identification électronique conformes au référentiel national d’identification des acteurs et des usagers des services numériques en santé, approuvé par arrêté en mars 2022.

    Un périmètre centré sur l’identification électronique

    Le programme a pour objet de financer l’équipement des établissements en dispositifs d’identification électronique destinés aux professionnels de santé, ainsi que, selon les choix techniques retenus, les équipements nécessaires sur les postes de travail.

    L’objectif est de répondre aux obligations de sécurité liées au traitement des données de santé à caractère personnel et des données personnelles inhérentes à l’activité de soin. Le dispositif couvre uniquement l’équipement des professionnels et des postes de travail. La gestion des identités et des accès aux DPI ainsi que l’accès au DMP relèvent, eux, de la deuxième phase du programme HOP’EN 2.

    L’attribution des financements est assurée par l’Agence du numérique en santé, qui met en œuvre un système de financement ouvert. Tous les établissements éligibles peuvent candidater, sans plafond national du nombre de bénéficiaires.

    La liste des établissements éligibles ainsi que les montants plafonds auxquels ils peuvent prétendre est publiée en ligne par l’ANS. Les Agences régionales de santé interviennent en appui, notamment pour l’instruction de premier niveau des dossiers et l’accompagnement des établissements.

    Conditions d’éligibilité et objectifs à atteindre

    Peuvent bénéficier du dispositif les établissements de santé publics ou privés ayant déposé une candidature validée dans le cadre du programme HospiConnect HOP’EN 2, conformément à l’instruction du 29 décembre 2025. Les financements sont conditionnés à l’atteinte d’objectifs précis, définis en annexe de l’arrêté. Pour l’objectif principal, les établissements doivent notamment :

    • Avoir transmis une note de cadrage dans le cadre de HospiConnect HOP’EN 2 lors de leur première demande.
    • Avoir complété une évaluation de maturité dans le cadre du programme HospiConnect CaRE dans les délais requis.

    Les preuves d’atteinte des objectifs reposent sur des données consolidées au niveau national via la plateforme Convergence.

    Un calendrier étalé jusqu’en 2028

    Le dispositif entre en vigueur le lendemain de la publication de l’arrêté. La signature des conventions entre les établissements et l’ANS doit intervenir au plus tard le 1er juin 2026.

    Les dépôts de preuves et les phases d’instruction sont programmés sur trois exercices successifs, de 2026 à 2028, la clôture du guichet de dépôt des preuves étant fixée à l’été 2028. Les versements interviennent après vérification complète de l’atteinte des objectifs.