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  • Suisse : un jeu de données clinique fédéré pour soutenir la recherche en santé

    Grâce à la publication de métadonnées standardisées, chercheurs et cliniciens peuvent désormais identifier précisément quelles données cliniques existent en Suisse et selon quelles modalités y accéder, sans transfert de données individuelles et dans un cadre strict de protection de la vie privée.

    Le Swiss Personalized Health Network (SPHN) annonce la mise à disposition de descriptions standardisées (des métadonnées) pour son Federated Clinical Routine Dataset. Cela represente un corpus couvrant plus de 800 000 patients et plusieurs milliards de données cliniques harmonisées et issues de la pratique de soins courante.

    L’enjeu n’est pas l’ouverture brute des données, mais la possibilité, pour les acteurs de la recherche et de l’innovation, de savoir quelles données existent, où elles se trouvent et dans quelles conditions elles peuvent être mobilisées.

    Le Swiss Personalized Health Network est une infrastructure nationale placée sous la responsabilité de la Swiss Academy of Medical Sciences, en collaboration avec le Swiss Institute of Bioinformatics.
    Son principe repose sur une architecture fédérée : les données au niveau patient restent stockées au sein de chaque hôpital, sans centralisation, tandis que leurs descriptions sont partagées au niveau national.

    Un jeu de données clinique de grande ampleur

    Au 31 décembre 2025, le SPHN Federated Clinical Routine Dataset comprenait :

    • Plus de 800 000 patients ayant consenti à la réutilisation de leurs données à des fins de recherche.
    • 6 hôpitaux universitaires : Bâle, Berne, Genève, Lausanne et Zurich (hôpitaux adultes et pédiatriques).
    • 12,5 milliards de points de données sémantiquement harmonisés couvrant :
      • Données démographiques.
      • Diagnostics et procédures.
      • Médicaments.
      • Examens de laboratoire, dont la microbiologie.
      • Constantes vitales et scores cliniques.
      • Allergies.
      • Données de soins intensifs et d’oncologie.
      • Echantillons biologiques.

    Toutes les données et métadonnées respectent les principes FAIR (Findable, Accessible, Interoperable, Reusable) et sont alignées avec des standards internationaux, dont l’European Health Data Space (EHDS). Les établissements participants convertissent leurs données cliniques selon les schémas SPHN et des terminologies internationales, puis transmettent les métadonnées correspondantes au catalogue central du réseau.

    Ce catalogue de métadonnées SPHN est accessible en ligne : chercheurs, cliniciens et acteurs de l’innovation peuvent y explorer les types de données disponibles en Suisse et obtenir des informations sur les procédures d’accès à des fins de recherche, sans exposition directe des données sensibles.

  • Le Store de confiance Numih : 15 partenaires labellisés en un an et une feuille de route 2026 centrée sur l’accès aux données

    Les usages les plus adoptés concernent l’optimisation des plannings (fort ROI), le suivi du parcours patient, notamment aux urgences, et la gestion des stocks, identifiée comme une priorité pour 2026.

    Pensé comme un point d’entrée, ce store facilite l’accès à des solutions numériques ciblées et interopérables avec les SIH existants. Il s’adresse aux établissements confrontés à des systèmes complexes et interconnectés, pour lesquels le développement spécifique est difficile en raison des enjeux de sécurité, de conformité et de déploiement à grande échelle.

    Les solutions peuvent être concurrentes

    Le store de confiance repose sur un modèle ouvert et non exclusif. Numih France accueille des acteurs publics comme privés, sans logique de verrouillage commercial, afin de préserver la liberté de choix des établissements et de favoriser la diversité des approches. Des soutions peuvent même être concurrentes.  Un an après son lancement, le store référence 15 partenaires, +1 avec récemment DansMaBlouse. Les solutions labellisées couvrent des besoins opérationnels identifiés comme prioritaires par les établissements : à savoir l’optimisation des plannings, l’amélioration des parcours patients, la détection et le scoring des risques cliniques ou liés à l’iatrogénie, l’optimisation du codage PMSI, la gestion des stocks, la reconnaissance vocale, ou encore la transcription assistée par IA.

    Quelques exemples de solutions 

    @Dossier de presse, Numih France : Ensemble, pour le numérique de demain

    Le store joue également un rôle d’accélérateur pour les éditeurs et les startups. Il leur permet de tester leurs intégrations dans un environnement réel, de bénéficier d’un accompagnement technique, et de diffuser plus largement leurs solutions.

    Trois à six mois d’évaluation pour intégrer le store 

    La labellisation des partenaires s’appuie sur un processus, d’une durée généralement comprise entre trois et six mois, intégrant la compatibilité technique avec les SIH, la robustesse des flux de données, et la conformité réglementaire. Environ 50 % des candidatures sont actuellement refusées. Parmi les critères exigés :

    • Cas d’usage réel et pertinent pour le patient ou les professionnels.
    • Niveau de maturité élevé (au moins un site en production).
    • Conformité RGPD et sécurité des flux.
    • Respect des exigences de souveraineté et de valeurs RSE.

    2026 : Numih prépare un catalogue de données et renforce son socle FHIR

    Pour 2026, Numih France se fixe de structurer, documenter et sécuriser l’accès aux données de santé. Cela passe par la création d’un catalogue de données qui recense les jeux de données produits par son SI. En parallèle, Numih poursuit le développement de son serveur FHIR. Ce socle technique vise à limiter les développements spécifiques, à renforcer l’interopérabilité et à soutenir le déploiement de nouveaux usages, notamment ceux intégrant de l’IA. Enfin, le programme prévoit de poursuivre l’élargissement progressif du store en 2026, en labellisant de nouveaux partenaires sur la base de besoins exprimés par les établissements, afin d’enrichir les cas d’usage couverts.

    Hausse des candidatures

    Le nombre de dépôts de dossier a fortement augmenté depuis la visibilité apportée par San Expo et le lancement de la marque MiPih France.

    MiPih prévoit 2 à 3 commissions de labellisation par an, avec une vingtaine de dossiers potentiels pour 2026. L’objectif est de poursuivre l’ouverture du Store. Aucune annonce budgétaire précise n’a encore été faite, mais l’investissement humain est important, avec des équipes quasiment à temps plein dédiées à l’analyse des dossiers et à la mise en œuvre technique.

  • Une IA au service du diagnostic in vitro du mycétome

    864 images pour standardiser la microscopie

    Classé par l’Organisation mondiale de la santé parmi les maladies tropicales négligées, le mycétome est une infection chronique et destructrice du tissu sous-cutané, souvent détectée tardivement. Son diagnostic repose sur l’examen histopathologique et la culture des grains, une méthode exigeante nécessitant une expertise limitée dans les zones rurales endémiques. Le projet MyData, conduit par le Mycetoma Research Centre (université de Khartoum), en collaboration avec l’Inserm, le CNRS et l’université de Tours, établit la première base ouverte d’images histologiques du mycétome. Annotée selon des protocoles standardisés, elle constitue un support de référence pour la formation des algorithmes de diagnostic in vitro :

    • 864 images microscopiques consolidées dans une base ouverte ;
    • Annotation pixel par pixel des grains fongiques et bactériens ;
    • Standardisation des critères d’analyse pour le diagnostic différentiel et la reproductibilité.

    Un modèle d’IA validé pour le diagnostic in vitro

    À partir de cette base, les chercheurs ont élaboré un modèle de classification combinant radiomique et apprentissage automatique. Publiée dans Machine Learning for Biomedical Imaging (Melba), l’étude rétrospective, menée sur 142 patients collectés sur cinq ans, confirme la performance du diagnostic in vitro assisté par IA :

    • Exactitude diagnostique : 91,9 %, démontrant la fiabilité du modèle ;
    • Classification binaire validée, différenciant l’eumycétome de l’actinomycétome ;
    • Validation croisée sur données multicritères, assurant la robustesse des prédictions.

    Vers un diagnostic in vitro assisté par IA

    Projet pionnier en pathologie numérique tropicale, MyData constitue une brique essentielle pour les futurs outils de diagnostic in vitro pilotés par intelligence artificielle. Ses applications s’étendent du télédiagnostic à la décision clinique, favorisant un accès équitable à l’expertise histopathologique dans les environnements à faibles ressources.

     

  • La stratégie cancer se prolonge jusqu’en 2030, entre continuité budgétaire et défis opérationnels

    Si la continuité des financements est salutaire, plusieurs acteurs expriment des réserves sur la mise en œuvre concrète de la prévention, jugée insuffisamment opérationnelle. Un point de consensus critique concerne également la faible place accordée à l’alcool, alors que les politiques antitabac ont produit des résultats tangibles ces dernières années.

    Un budget reconduit pour le second volet de la stratégie

    Face à une pathologie qui touche plus de 400 000 personnes par an en France, le financement du plan de lutte contre le cancer est maintenu jusqu’en 2030 à un niveau équivalent à celui de la période 2021-2025. Emmanuel Macron a annoncé une enveloppe de plus de 1,7 milliard d’euros sur cinq ans, couvrant l’ensemble du continuum, de la prévention à l’amélioration des soins.

    La stratégie décennale reste pilotée par l’Institut national du cancer

    Pour la période 2026-2030, les pouvoirs publics ont choisi de concentrer les mesures autour de cinq publics :

    • Les jeunes,
    • les personnes âgées,
    • le monde du travail,
    • les personnes en situation de handicap
    • et les territoires ultramarins.

    Vaccination, dépistage ciblé et continuité des soins : les priorités affichées

    La prévention reste le premier axe. La stratégie entend agir dès l’enfance afin de limiter l’exposition aux facteurs de risque, notamment le tabac, l’alcool et les UV. Parmi les mesures figure la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) au collège, élargie aux filles et aux garçons dès 11 ans, combinée à un dépistage organisé du cancer du col de l’utérus à partir de 25 ans, avec un rattrapage possible jusqu’à 26 ans.

    La deuxième priorité vise un dépistage plus personnalisé. Les programmes existants (sein, colorectal, col de l’utérus) doivent être renforcés par des modalités d’accès diversifiées et des démarches d’« aller-vers ». Un dépistage organisé du cancer du poumon sera expérimenté à court terme, avec l’inclusion de jusqu’à 20 000 personnes en vue d’une généralisation. L’objectif est de détecter plus tôt pour améliorer la prise en charge, comme l’a rappelé Stéphanie Rist lors de la journée mondiale contre le cancer.

    La feuille de route prévoit une évolution des parcours de soins. Les priorités portent sur l’accélération de l’accès au diagnostic, la continuité entre ville et hôpital, le retour à domicile avec un suivi sécurisé et le renforcement de l’accompagnement après la phase curative. La structuration de l’offre de soins oncologiques de support et le soutien aux proches aidants figurent également parmi les objectifs opérationnels.

    Dans le champ du dépistage, les autorités soutiennent le développement de technologies de détection précoce, telles que :

    • les tests sanguins multi-cancers,
    • la recherche de biomarqueurs
    • et le recours à l’intelligence artificielle pour identifier plus finement les personnes à risque aggravé.

    La stratégie mise sur l’exploitation structurée des données de santé pour orienter les politiques publiques et les priorités de recherche.

    Bâtir un service public du cancer fondé sur les données

    La création d’un registre national des cancers, officialisée fin 2025, constitue un axe de cette approche. Il vise à centraliser l’ensemble des cas sur le territoire afin d’améliorer la surveillance épidémiologique, le suivi des trajectoires de patients et l’évaluation des politiques de dépistage, de prise en charge et de suivi après-cancer. Ce registre doit également servir d’appui à la recherche et à l’élaboration des politiques publiques.

    La dernière priorité concerne la recherche, avec un accent mis sur la compréhension des mécanismes précoces de l’apparition des cancers, mais aussi sur les phases avancées, marquées par les métastases et les résistances aux traitements. « Comprendre les étapes du long processus d’apparition des cancers est la clé pour détecter plus tôt les risques et développer des stratégies pour bloquer ce processus », souligne le Pr Bruno Quesnel, directeur du pôle Recherche et innovations à l’INCa.

  • Télémédecine : entre promesse d’accès et fracture numérique

    Insights: 

    • En France, 29% des Français ont déjà eu recours à la téléconsultation, mais celle‑ci ne représente encore qu’environ 4% de l’ensemble des consultations médicales, soit 1,2 million d’actes par mois et 69 millions entre 2020 et 2024 (1,7 Md€ remboursés).

     

    • Les usages sont très concentrés : la téléconsultation pèse 7% de l’activité en psychiatrie, 6% en endocrinologie, 3% en gynécologie mais seulement 2–2,3% en médecine générale, confirmant un positionnement surtout sur le suivi et non sur l’examen initial.

     

    • L’outil accroît aujourd’hui les inégalités : les habitants de villes de plus de 50 000 habitants utilisent six fois plus la télémédecine que les ruraux, alors même que 87% du territoire est en « désertification médicale ».

     

    •  À Toulouse, la téléconsultation pré‑anesthésique permet d’éviter 46 000 km de déplacements pour 331 patients, soit 40 102 € d’économies pour eux et 2 737 € pour l’Assurance Maladie, autour de 130 € par patient, sans dégradation des résultats cliniques ni de la satisfaction (9/10 dans les deux groupes).

     

    •  L’Estonie illustre le modèle le plus abouti : 100% des patients ayant consulté disposent d’un dossier électronique, 95% des données médicales sont numérisées, 2,7 millions de requêtes patients sont enregistrées par mois pour un coût initial d’environ 7,50 € par citoyen.

     

    📌« Téléconsultation en France : 69 millions d’actes, mais seulement 4% des consultations »

    En 2025, 29% des Français ont déjà téléconsulté, mais la téléconsultation ne représente encore qu’environ 4% des consultations médicales, soit 1,2 million d’actes par mois et 69 millions entre 2020 et 2024 pour 1,7 milliard d’euros remboursés. Les usages sont concentrés sur quelques spécialités (7% de l’activité en psychiatrie, 6% en endocrinologie, 3% en gynécologie, 2,3% en médecine générale) et restent très marqués socialement et géographiquement, les urbains des villes de plus de 50 000 habitants l’utilisant six fois plus que les ruraux. La fracture numérique exclut près de 16 millions de Français et plus de 500 communes en zones blanches, limitant l’impact en termes d’accès dans les territoires sous-dotés. Enfin, la part des téléconsultations réalisées par des médecins libéraux est passée de 96% à 55% entre 2020 et 2024, tandis que les sociétés de téléconsultation sont montées à 40%, révélant un modèle économique libéral fragilisé à 25 € l’acte.

    👉 Plus de détails sur «Téléconsultation : une innovation entrée dans les pratiques, encore loin de tenir toutes ses promesses – Health & tech»

     

    📌Téléconsultation : acceptabilité >80%, 130 € économisés par patient et −29 kg CO₂ par acte

    Les études coréenne, espagnole et française montrent une acceptabilité élevée de la télémédecine, avec plus de 80% de répondants prêts à l’utiliser, des WTU/WTP particulièrement fortes en psychiatrie (WTU 64,5%, WTP 27%) et une intention d’usage expliquant 60,7% de la variance de l’utilisation effective en Espagne. À Toulouse, 331 des 401 patients (82,5%) ont bénéficié d’une téléconsultation préanesthésique, générant 46 000 km évités, 40 102 € d’économies pour les patients et 2 737 € pour l’Assurance Maladie, soit environ 130 € d’économie globale par patient. L’empreinte carbone est réduite de 9 688 kg CO₂eq, soit 29,3 kg CO₂eq évités par patient, avec une baisse d’environ 99% des émissions liées à la consultation par rapport au présentiel. La revue SWOT met en parallèle ces bénéfices de coûts/temps et d’environnement avec des limites liées à l’absence d’examen physique (+15% d’erreurs diagnostiques en dermatologie), aux problèmes de connectivité et aux tensions organisationnelles et rémunératoires.

    👉 Plus de détails sur «Téléconsultation : la valeur économique est avérée dans les parcours programmés et à faible risque (revue de littérature) – Health & tech»

     

    📌Start-up de télémédecine : 34 M€ levés en 2025 

    En 2025, cinq start-up françaises de télémédecine ont levé 34 M€ : 3 M€ pour Ensweet, 2 M€ pour CardiaMetrics, 14 M€ pour RDS, 5 M€ pour Ad Scientiam et 10 M€ plus un marché public régional pour Rofim. Ensweet vise 60 000 patients par an à cinq ans dans la téléréadaptation cardiaque, alors que plus de 70% des 100 000 victimes annuelles d’accident cardiaque n’ont aujourd’hui accès à aucun programme, et a déjà montré qu’un patient sur deux n’aurait pas été réadapté sans ce modèle. RDS se positionne sur un marché mondial du monitorage des signes vitaux estimé à 15 milliards de dollars en 2025, avec une croissance annuelle de 15%, tandis que CardiaMetrics cible l’insuffisance cardiaque, première cause d’hospitalisation après 65 ans en France pour plus de 70 000 décès annuels. Rofim équipe déjà plus de 1 700 établissements et 70 000 professionnels et devient l’éditeur de la plateforme régionale TéléO en Occitanie, tandis qu’Ad Scientiam étend ses biomarqueurs digitaux au-delà de la sclérose en plaques grâce à un apport de 5 M€.

    👉 Plus de détails sur «34 millions d’euros et un marché public pour la télémédecine en 2025 – Health & tech»

     

    📌Télémédecine mondiale : 60% des pays déploient sans évaluation, 4,4 Md$ remboursés aux États-Unis

    L’analyse de 32 systèmes de santé montre que plus de 60% des pays déploient la télémédecine sans évaluation systématique, alors que seulement 37% des États de la région OMS/Europe mesurent vraiment leurs programmes, créant des zones d’ombre sur la sécurité, le coût‑efficacité et l’équité. Les pays leaders combinent une infrastructure numérique unifiée et un remboursement équivalent au présentiel : l’Estonie a 100% de dossiers patients numérisés, 95% de données médicales digitalisées et un coût de lancement de 7,50 € par citoyen, tandis que les États‑Unis ont versé 4,4 Md$ de remboursements Medicare avec 50% de cas de patients connus en 2025. L’Australie atteint 22,5% de population utilisatrice, 1,4 million d’appels au 1800MEDICARE dont 73% de consultations virtuelles, et investit 350,9 M AUD dans My Health Record plus 1,4 Md AUD dans 137 Urgent Care Clinics. À l’inverse, les économies à revenu faible ou intermédiaire (Bangladesh, Inde, pays africains) restent freinées par des infrastructures fragiles, une faible littératie numérique et l’absence de cadre réglementaire contraignant, malgré des initiatives comme les 500 000 téléconsultations de l’ISRO en Inde sur 20 ans.

    👉 Plus de détails sur «Télémédecine : 60% des pays déploient sans évaluation systématique, selon une analyse de 32 systèmes de santé – Health & tech »

     

    📌Assises de la télémédecine : 14 millions de téléconsultations, mais une dynamique en perte de vitesse 

    En 2025, la France enregistre environ 14 millions de téléconsultations, en dessous du pic de 17 millions de 2020, avec néanmoins plus de 17 000 médecins généralistes utilisateurs chaque mois (près d’un sur trois) et 270 000 actes de téléexpertise annuels, dont 60% réalisés par des libéraux. Les données confirment une hausse de près de 20% des téléconsultations en 2024 (13,9 millions d’actes), mais une diffusion très inégale : 55% des actes sont encore réalisés par des libéraux, tandis que les sociétés de téléconsultation atteignent 40%, avec seulement environ 2% de l’activité clinique des généralistes concernés. Les ateliers régionaux des Assises (sept thématiques, de la téléconsultation assistée aux publics vulnérables) ont mis en avant la nécessité de parcours hybrides, d’un fort accompagnement humain, de référentiels qualité/formation et d’une clarification du financement. Ils débouchent sur six grands axes de recommandations : simplifier les outils, renforcer la médiation, ancrer la télémédecine dans les organisations territoriales, garantir la qualité, clarifier la facturation et cibler les territoires sous-dotés pour réduire les inégalités d’accès.

    👉 Plus de détails sur «Assises : une télémédecine installée mais une dynamique ralentie – Health & tech»

     

    📌Téléconsultation 2026 : agrément STLC, IA Act et prix à 25 € refaçonnent le marché

    Entre 2024 et 2026, la fin de la période transitoire a imposé un agrément ministériel aux sociétés de téléconsultation, excluant du remboursement les plateformes n’ayant pas validé leurs nouveaux statuts éthiques et leur solidité technique, tandis que l’absence d’intégration à Mon Espace Santé ou à l’ordonnance numérique devient éliminatoire. Un paradoxe tarifaire est assumé : la consultation présentielle a été revalorisée à 30 € fin 2024, tandis que la téléconsultation reste à 25 €, même si la Convention médicale 2024‑2029 a levé le quota de 20% d’activité à distance pour la patientèle propre afin de favoriser le suivi hybride. La nouvelle feuille de route nationale privilégie la téléconsultation assistée en pharmacies ou cabines, encadre les lieux d’implantation, bloque automatiquement les arrêts de travail de plus de trois jours via des logiciels certifiés et revalorise la téléexpertise à 23 € pour soutenir des relais de croissance plus vertueux. À l’échelle européenne, l’EHDS et l’IA Act classent la plupart des modules d’IA de triage et d’aide au diagnostic en « haut risque », imposant transparence, traçabilité, supervision humaine et adoption de formats comme EEHRxF et MyHealth@EU, faisant de la conformité réglementaire le nouveau moteur de compétitivité internationale.

    👉 Plus de détails sur «Régulation de la téléconsultation en 2026 : le défi de la maturité industrielle et souveraine – Health & tech »

  • Assises : une télémédecine installée mais une dynamique ralentie

    Après un rebond des téléconsultations à 13,9 millions d’actes en 2024 (+20 %), l’Assurance Maladie et la DGOS ont ouvert un cycle de concertation nationale afin de redéfinir la place de la télémédecine dans le parcours de soins et de formuler des propositions au ministre début 2026. L’initiative visait à engager une réflexion sur l’organisation de la télémédecine de demain, dans un contexte où cet outil s’était durablement installé depuis la crise sanitaire.

    20 % de hausse en 2024, mais une diffusion encore socialement et géographiquement marquée

    Après un pic pendant la crise sanitaire, le volume de téléconsultations avait reculé entre 2020 et 2023 avant de repartir à la hausse en 2024, avec 13,9 millions d’actes, soit une progression proche de 20 % sur un an.

    En 2024, les professionnels de santé libéraux réalisaient encore plus de la moitié des téléconsultations (55 %), mais leur part diminuait au profit des sociétés de téléconsultation, qui concentraient désormais 40 % des actes, contre 6 % en 2021. L’activité de téléconsultation restait limitée chez les médecins généralistes libéraux, représentant environ 2 % de leur activité clinique, tandis qu’elle était plus développée dans certaines spécialités : 7 % chez les psychiatres et 6 % chez les endocrinologues.

    Les données mettaient également en évidence des écarts territoriaux et sociaux. Les patients recourant à un médecin généraliste libéral en téléconsultation résidaient le plus souvent dans des communes favorisées, alors que ceux utilisant des plateformes de téléconsultation vivaient davantage dans des zones à faible accessibilité à un médecin généraliste.

    Vers une structuration ancrée dans les territoires

    Dans ce contexte, l’Assurance Maladie et la DGOS souhaitaient ouvrir une nouvelle étape de structuration de la télémédecine, en mobilisant l’ensemble des parties prenantes et en s’appuyant sur les réalités territoriales.

    Un calendrier étalé jusqu’à début 2026

    Les travaux des Assises devaient se dérouler de septembre à décembre 2025, sous la forme d’ateliers thématiques organisés en région, associant représentants des professionnels de santé, patients, institutions et opérateurs. Sept ateliers étaient programmés :

    • Télémédecine et publics vulnérables (Grand Est)
    • Modalités de la téléconsultation assistée (Bretagne)
    • Lien avec les territoires et parcours du patient (Occitanie)
    • Téléconsultation en Outre-mer (Martinique et Guyane)
    • Téléexpertise (Nouvelle-Aquitaine)
    • Pertinence, qualité et formation (Île-de-France)
    • Filières visuelle et auditive (Normandie)

    Une phase préparatoire s’était tenue entre février et juin 2025. Les conclusions ont été restituées le 26 janvier 2026 et transmises au ministre de la Santé et de l’Accès aux soins.

    Méthodes partagées et propositions convergentes sur la téléconsultation assistée

    Réunis dans le cadre des Assises de la télémédecine, les ateliers régionaux ont structuré un travail associant assurance maladie, ARS, professionnels, usagers et industriels, afin de formuler des propositions sur la téléconsultation assistée, la prise en charge des publics vulnérables et l’ancrage territorial. L’objectif n’était pas de rouvrir le débat sur la légitimité de la télémédecine, mais de partir de pratiques existantes pour identifier les conditions concrètes de déploiement.

    Cette approche a reposé sur des binômes régionaux associant l’Assurance Maladie et les Agences régionales de santé, avec l’appui de structures d’ingénierie territoriale et d’acteurs de terrain. Les formats retenus (cafés, ateliers thématiques, groupes asynchrones) visaient à favoriser l’expression de l’ensemble des parties prenantes et à dépasser les logiques institutionnelles.

    Adapter les usages plutôt que généraliser les outils pour les publics vulnérables

    Dans le Grand Est, l’atelier consacré aux publics vulnérables a mis en évidence la diversité des situations concernées : précarité sociale, handicap, affections de longue durée, grand âge, addictions, migrations ou encore milieu carcéral. Cette pluralité a conduit les participants à privilégier une analyse par cas d’usage plutôt qu’une approche uniforme.

    Les travaux ont fait émerger plusieurs points de consensus :

    • La nécessité de parcours hybrides combinant présentiel et distanciel, notamment pour sécuriser l’entrée dans le parcours de soins ;
    • l’importance d’un accompagnement humain renforcé, via des professionnels de santé ou des médiateurs, pour limiter les risques d’exclusion numérique ;
    • un besoin de clarification des cadres juridiques et des référentiels d’usage, en particulier pour la téléconsultation assistée.

    Téléconsultation assistée : un levier partagé, des conditions à préciser

    Plusieurs ateliers, notamment en Bretagne, ont été spécifiquement dédiés à la téléconsultation assistée. Les groupes de travail ont rassemblé des professionnels pratiquant déjà ces dispositifs en ville, en établissement et à domicile, ainsi que des représentants d’éditeurs et d’industriels.

    Les constats convergent :

    • La téléconsultation assistée bénéficie d’un accueil globalement favorable, en particulier pour les patients peu autonomes ou éloignés du numérique ;
    • sa mise en œuvre implique une organisation complexe, mobilisant au moins trois acteurs (patient, médecin, professionnel accompagnant) et nécessitant coordination, disponibilité et outils interopérables.

    Parmi les propositions récurrentes figurent :

    • La définition de référentiels nationaux de qualité et de formation, précisant les professionnels habilités à accompagner la téléconsultation ;
    • la reconnaissance du temps de coordination et d’organisation, aujourd’hui peu visible dans les modèles de valorisation ;
    • une meilleure identification des acteurs pilotes au niveau territorial, afin de limiter les redondances et accélérer le déploiement.

    La question des seuils d’activité en téléconsultation a suscité des échanges plus contrastés, certains participants plaidant pour des adaptations ciblées dans les territoires en tension.

    Une dynamique de groupes de travail appelée à se prolonger

    Au-delà des thématiques, les ateliers ont mis en évidence une forte convergence des analyses entre régions. Cette homogénéité n’était pas fortuite : les organisateurs ont volontairement évité le cloisonnement des sujets, afin de faire émerger des fondamentaux partagés.

    Bilan des assises : des usages installés mais inférieurs au pic pandémique

    En 2025, environ 14 millions de téléconsultations ont été réalisées en France (contre 17 millions en 2020, année marquée par la crise sanitaire). La pratique demeure régulière : plus de 17 000 médecins généralistes y recourent chaque mois, soit près d’un praticien sur trois. La téléexpertise poursuit sa progression, avec 270 000 actes enregistrés sur l’année. La répartition des usages reste contrastée :

    60 % des téléexpertises sont effectuées par des médecins libéraux, tandis que 40 % le sont par des praticiens hospitaliers. Ces chiffres traduisent une implantation progressive, mais encore inégale selon les contextes d’exercice et les territoires.

    Une dynamique nettement ralentie

    Les travaux menés entre septembre et novembre 2025 dans le cadre des Assises nationales ont fait émerger un constat partagé : la dynamique de développement de la télémédecine, fortement accélérée pendant la pandémie, s’est nettement infléchie.

    Les témoignages recueillis lors des ateliers régionaux pointent plusieurs facteurs convergents : difficultés d’intégration dans les pratiques professionnelles courantes, complexité des outils et des procédures, disparités d’équipement, mais aussi essoufflement des dynamiques institutionnelles engagées pendant la période Covid.

    Téléconsultation et téléexpertise restent mobilisées, mais de façon hétérogène, souvent à l’initiative de professionnels ou d’établissements moteurs. Les usages peinent à se diffuser plus largement, notamment dans les zones sous-dotées, les structures médico-sociales et certaines filières spécialisées.

    Un socle de recommandations pour structurer la suite

    Clarifier le financement, structurer les usages et soutenir les zones sous-dotées

    À partir de ce diagnostic, les participants aux Assises ont formulé plusieurs recommandations visant à redonner un cadre opérationnel au développement de la télémédecine. Ces préconisations s’articulent autour de six axes :

    • Simplifier les outils et les parcours : La réduction des freins techniques et administratifs apparaît comme un préalable, tant pour les professionnels que pour les patients, afin de favoriser une intégration plus fluide dans les pratiques quotidiennes.
    • Renforcer l’accompagnement humain : Les acteurs insistent sur la nécessité de dispositifs de médiation, d’assistance et de formation adaptés, en particulier pour les publics éloignés du numérique.
    • Ancrer la télémédecine dans les organisations territoriales : L’intégration de la télémédecine dans les projets de santé des CPTS, des établissements et des filières est identifiée comme un levier de diffusion et de cohérence des usages.
    • Garantir la qualité des actes : Le développement de référentiels communs, de formations spécifiques et de dispositifs d’évaluation continue est jugé nécessaire pour assurer la pertinence et la sécurité des pratiques.
    • Clarifier le cadre de financement : Les participants appellent à une clarification des règles de financement et de facturation, afin de sécuriser les professionnels et de limiter les écarts d’interprétation sur les conditions de recours.
    • Soutenir les secteurs sous-dotés : Enfin, le soutien ciblé aux territoires et secteurs sous-dotés, via les outils de planification territoriale et l’expérimentation de nouveaux modèles d’organisation, est présenté comme un enjeu central pour réduire les inégalités d’accès.

    À l’issue des Assises, la télémédecine apparaît moins comme un dispositif d’exception que comme une pratique installée, dont le développement futur dépendra désormais de sa capacité à s’inscrire durablement dans les organisations, les territoires et les cadres de régulation existants.

  • 34 millions d’euros et un marché public pour la télémédecine en 2025

    Dans le cadre de son étude sur la télémédecine, Health&Tech Intelligence vous propose de faire un point sur les opérations financières de ces douze derniers mois dans ce secteur.

    Ensweet lève 3 millions d’euros et vise une prise en charge par l’Assurance Maladie

    Ensweet, basée à Lille, développe une solution de téléréadaptation cardiaque active à domicile, complémentaire de l’hôpital, dans un contexte où plus de 70% des 100 000 Français victimes chaque année d’un accident cardiaque n’accèdent à aucun programme de réadaptation, alors même que ces programmes réduisent nettement mortalité et réhospitalisations. La MedTech combine application patient, plateforme soignants et kit connecté (vélo, capteurs) pour proposer un suivi hybride, interopérable avec les centres de soins de suite, afin d’ajuster le lieu et l’intensité de la prise en charge selon le niveau de risque. L’enjeu est autant clinique que médico‑économique : désaturer les structures, diminuer les coûts de transport et de temps soignant, et améliorer l’adhésion et la reprise d’activité, une étude sur 1 500 patients montrant qu’un sur deux n’aurait pas eu accès à la réadaptation sans ce modèle, avec 30% de reprises professionnelles en cours de programme et aucun incident rapporté. La levée de 3 millions d’euros de mai 2025 menée notamment par Mutuelles Impact et AG2R LA MONDIALE, doit permettre de changer d’échelle, avec un objectif de 60 000 patients par an à cinq ans et un alignement stratégique sur la future prise en charge par l’Assurance Maladie d’ici fin 2026.

    Rofim : 10 millions levés et un marché du GRADeS Occitanie

    Rofim, medtech marseillaise spécialisée en télémédecine hospitalière, propose une plateforme intégrant plusieurs modules (téléexpertise, téléconsultation, e‑RCP, téléassistance, DCC) et équipe déjà plus de 1 700 établissements et 70 000 professionnels, avec un ancrage fort en Outre‑mer. La levée de fonds de 10 millions d’euros de septembre 2025 a été soutenue par la Banque des Territoires, Orange Ventures Impact, Région Sud Investissement et de nouveaux investisseurs comme CAAP Création. Elle doit financer l’internationalisation, le renforcement des équipes (environ 50 collaborateurs) et l’intégration accrue de l’intelligence artificielle dans les différents usages de télémédecine. Le même mois Rofim a été sélectionné comme nouvel éditeur de TéléO, la plateforme régionale de téléexpertise et de transfert d’imagerie portée par le GRADeS e‑santé Occitanie, au terme d’un processus associant ARS, établissements et professionnels de santé. Le nouveau marché, centré sur la téléexpertise (notamment DICOM) et le transfert d’imagerie, exclut désormais la téléconsultation, qui sera laissée au libre choix des acteurs. Une migration progressive de l’ancienne solution vers la nouvelle plateforme Rofim est prévue entre janvier et juin 2026.

    Cardia metrics : 2 millions d’euros pour cibler les établissements hospitaliers

    CardiaMetrics, medtech caennaise fondée en 2023, développe un capteur sous-cutané destiné au suivi hémodynamique à distance des patients insuffisants cardiaques. L’implant collecte en continu des signaux physiologiques, transmis à une plateforme de télésurveillance où des algorithmes d’IA analysent les données pour permettre aux cardiologues d’ajuster précocement les traitements, en amont des décompensations et des hospitalisations. La société s’est construite en lien étroit avec les CHU, notamment via un premier essai clinique au CHU de Caen et un board médical, et cible prioritairement les établissements hospitaliers avant un déploiement envisagé auprès des cabinets libéraux. CardiaMetrics a levé plus de 2 millions d’euros en plusieurs étapes : amorçage de 300 000 euros, puis une première tranche de 1,25 million d’euros à l’été 2025, complétée par un million additionnel combinant investisseurs historiques, business angels santé/data, salariés, fondateurs, ainsi que des financements Bpifrance, Crédit Mutuel et Réseau Entreprendre Isère. Dans un contexte où l’insuffisance cardiaque est la première cause d’hospitalisation après 65 ans en France, avec plus de 70 000 décès annuels et moins de 25 000 patients aujourd’hui télésuivis, ce positionnement répond à un marché en forte tension, illustrant l’appétit persistant des investisseurs pour les medtechs à forte valeur médicale.

    RDS lève 14 millions pour son dispositif référencé RESAH et UNIHA

    RDS, medtech française basée à Strasbourg, commercialise un patch connecté de télésurveillance continue des patients, à l’hôpital et à domicile. MultiSense, dispositif médical de classe IIa marqué CE, permet le suivi en continu de paramètres physiologiques clés et est déjà déployé dans une quinzaine d’établissements en France, Belgique et Allemagne, avec un référencement RESAH et UNIHA. Cette levée de 14 millions d’euros en septembre 2025 menée par le fonds SPI de Bpifrance avec la participation de Critical Path Ventures, MACSF, Capital Grand Est et investisseurs historiques, porte les montants levés depuis la création de RDS à 28 millions d’euros (dilutif et non dilutif confondus). Les fonds doivent accélérer la commercialisation européenne, soutenir la montée en puissance industrielle en France et préparer l’international, via une étude médico‑économique pour le remboursement, des essais cliniques complémentaires et un dossier FDA en vue d’une entrée sur le marché américain en 2028. Dans un marché mondial du monitorage des signes vitaux estimé à 15 milliards de dollars en 2025, en croissance annuelle de 15% portée par le virage vers le domicile et les protocoles de réhabilitation améliorée après chirurgie, RDS se positionne comme un acteur important du télé‑suivi post‑opératoire.

    Ad Scientam : 5 millions d’euros pour les fondateurs de MSCopilot

    Ad Scientiam, société parisienne fondée en 2013, est spécialisée dans le numérique médical appliqué à la collecte de données cliniques via smartphone. Elle développe des dispositifs médicaux logiciels qui transforment des signaux mesurés sur mobile en biomarqueurs digitaux, afin de remplacer ou compléter les mesures traditionnelles utilisées en essais cliniques. L’entreprise s’est notamment faite connaître avec MSCopilot, premier dispositif marqué CE d’auto‑évaluation pour les patients atteints de sclérose en plaques, et étend désormais son approche à d’autres pathologies en neurosciences, maladies rares et santé mentale. L’entrée de TechLife Capital, fonds de capital‑croissance spécialisé en technologies de santé, au capital d’Ad Scientiam pour 5 millions d’euros en novembre dernier vise à financer plusieurs axes : renforcement de la plateforme technologique, élargissement du portefeuille d’indications et accélération du déploiement international.
  • Régulation de la téléconsultation en 2026 : le défi de la maturité industrielle et souveraine

    La téléconsultation vue sous le prisme de la maturité réglementaire et territoriale

    L’évolution du cadre réglementaire entre 2024 et 2026 a opéré un tri sélectif brutal mais nécessaire au sein de l’écosystème de la téléconsultation. Pour les éditeurs et les structures technologiques, la conformité n’est plus une simple option technique, mais une barrière à l’entrée devenue un avantage compétitif pour les acteurs les plus robustes. Cette sélection par la norme est devenue une réalité de marché incontournable à la fin de l’année 2025, date butoir marquant l’expiration de la période transitoire accordée aux opérateurs pour se mettre en conformité. Dès lors, l’agrément ministériel pour les Sociétés de téléconsultation (STLC) s’est imposé comme le filtre ultime de survie : toute structure n’ayant pas validé ses nouveaux statuts éthiques et sa solidité technique s’est vue de facto exclue du remboursement par l’Assurance Maladie, scellant ainsi la disparition des plateformes de mise en relation purement commerciales au profit de structures de soins officiellement régulées.

    Désormais, les plateformes purement commerciales doivent impérativement prouver l’absence de lucrativité prédominante sur le soin pour maintenir leur activité. Parallèlement, l’investissement technique requis pour répondre à l’interopérabilité imposée par la Doctrine du numérique en santé de 2026 et le Ségur est devenu colossal. Pour un éditeur, l’incapacité à s’intégrer nativement à Mon Espace Santé ou à l’ordonnance numérique entraîne une exclusion de facto du marché du remboursement, verrouillant le secteur autour d’acteurs certifiés.

    Cette transformation impacte tout autant la pratique médicale, puisque la téléconsultation est désormais sanctuarisée mais sous haute surveillance. Un paradoxe tarifaire volontaire s’est installé : alors que la consultation physique a été revalorisée à 30 € fin 2024, l’acte à distance est resté fixé à 25 €, hors majorations. Ce signal fort de l’Assurance Maladie réaffirme que le numérique doit demeurer un complément et non un substitut financier. En contrepartie, la convention médicale 2024-2029  de la Cnam a levé le quota de 20 % d’activité pour les médecins traitants auprès de leur propre patientèle, encourageant ainsi un suivi hybride de proximité. Si ce bilan est jugé positif pour la sécurité des patients et la pérennité du système, il fragilise néanmoins l’agilité des petites entreprises. Ces dernières font face à une inflation réglementaire où s’entremêlent les exigences de l’ANS, de la Cnil, de l’IA Act et de l’EHDS, rendant l’innovation de rupture plus coûteuse et plus lente.

    Un arsenal de régulation territoriale :

    Face à la reprise de la croissance des actes de téléconsultation, qui ont atteint les 14 millions en 2024 et en 2025, l’État a repris fermement la main sur la géographie du soin numérique. La nouvelle feuille de route nationale sur la télémédecine, issue des Assises de janvier 2026, répond à un double enjeu de souveraineté et d’équité. Elle vise d’une part à renforcer l’égal accès aux soins dans les zones sous-dotées, notamment pour les patients âgés ou en situation de handicap, et d’autre part à conforter la place de la télémédecine dans les pratiques quotidiennes des médecins traitants et spécialistes. Ce cadre privilégie désormais la téléconsultation assistée en pharmacie ou en cabine, permettant des mesures physiologiques fiables qui limitent drastiquement les risques d’erreurs de diagnostic.

    La stratégie nationale s’articule autour de quatre axes qui redéfinissent la juste place de l’outil numérique dans le parcours de soins des Français. Le premier axe se concentre sur le développement des compétences des professionnels, particulièrement en matière de télésémiologie, pour garantir la qualité de l’examen à distance. Le deuxième axe vise à renforcer la place de la télémédecine dans le suivi global du patient, évitant ainsi la multiplication des actes isolés. Le troisième axe priorise le déploiement des outils au bénéfice des populations les plus dépendantes. Enfin, le quatrième axe impose une limitation stricte des dérives en encadrant les lieux d’implantation des équipements, afin d’interdire le déploiement de bornes dans des espaces purement commerciaux déconnectés du soin.

    Ce contrôle territorial s’accompagne de garde-fous techniques rigoureux sur les prescriptions, notamment le blocage automatisé des arrêts de travail de plus de trois jours par les logiciels certifiés. Pour offrir des relais de croissance sains aux entreprises du numérique, l’État mise sur la téléexpertise, dont l’avis rendu par un spécialiste a été revalorisé à 23 € au 1er janvier 2026. Cette mesure incite les structures technologiques à ne plus seulement concevoir des outils de mise en relation directe, mais à devenir des facilitateurs de la collaboration entre professionnels de santé, garantissant ainsi une médecine connectée, éthique et durable.

    L’Espace des données et l’IA Act désormais au cœur de la pratique

    Le véritable changement d’échelle pour les acteurs de la e-santé ne se joue plus seulement à Paris, mais à Bruxelles. L’Espace européen des données de santé (EHDS), désormais entré dans sa phase de déploiement opérationnel, redéfinit radicalement les frontières du soin numérique et, par extension, l’architecture même des plateformes de téléconsultation. Ce règlement ne se contente pas de renforcer le RGPD, il crée un véritable « marché unique » de la donnée de santé où la téléconsultation devient le premier cas d’usage concret de la continuité des soins transfrontalière. Pour les plateformes françaises, l’enjeu de l’utilisation primaire des données impose une interopérabilité technique sans précédent via l’infrastructure MyHealth@EU. Concrètement, un médecin français réalisant une téléconsultation pour un patient espagnol en déplacement doit pouvoir accéder instantanément au « Patient Summary » européen de ce dernier.

    Cette fluidité repose sur l’adoption impérative du format d’échange européen des dossiers de santé informatisés (EEHRxF), transformant le compte-rendu de téléconsultation en un document universellement lisible. Au-delà du soin, l’utilisation secondaire des données générées par ces millions de consultations à distance ouvre des opportunités inédites pour la recherche épidémiologique, à condition pour les éditeurs de se plier aux exigences strictes des organismes d’accès nationaux. Cette standardisation devient le nouveau socle de confiance permettant aux pépites françaises de se projeter sur un marché de 450 millions de citoyens, tout en érigeant une barrière protectrice contre l’hégémonie de solutions extracommunautaires dont les standards de sécurité ne s’aligneraient pas sur ces exigences de souveraineté.

    De nombreuses fonctions des outils de téléconsultation impactées par l’IA Act :

    Parallèlement, le cadre réglementaire européen s’est musclé avec l’entrée en pleine application de l’IA Act, dont l’impact sur les fonctionnalités avancées de téléconsultation est massif. Ce texte fondateur a classé la quasi-totalité des outils de tri, de triage automatisé et d’aide au diagnostic assisté par algorithme intégrés aux plateformes dans la catégorie « à haut risque ». Pour les éditeurs, cette classification impose une mise en conformité technique extrêmement lourde sur l’ensemble du cycle de vie du logiciel. L’époque des algorithmes « boîtes noires » intégrés aux interfaces de téléconsultation est définitivement révolue. Désormais, chaque système d’intelligence artificielle analysant les symptômes d’un patient avant ou pendant l’appel vidéo doit répondre à des exigences strictes de transparence, de traçabilité et de précision.

    Cette rigueur se traduit par une obligation de supervision humaine effective, qui redéfinit la relation entre le médecin téléconsultant et son outil. Concrètement, une suggestion diagnostique ou une alerte clinique générée par une IA ne peut plus être délivrée de manière abrupte : elle doit être accompagnée d’une documentation permettant au praticien d’en comprendre le raisonnement sous-jacent. Pour les structures du numérique, ce cadre européen agit comme un puissant filtre industriel. Il protège les acteurs vertueux qui investissent dans la qualité clinique contre la concurrence déloyale de solutions technologiques moins fiables ou opaques. En faisant de l’explicabilité et de la sécurité des piliers non négociables, l’Europe transforme ses contraintes réglementaires en un levier de souveraineté économique, imposant ses standards comme la référence mondiale de la confiance en santé numérique.

    La régulation de 2026 marque donc la fin de l’ère de l’expérimentation pour laisser place à celle de l’industrialisation éthique. Le cadre français, par son arsenal de régulation territoriale et son agrément STLC, sécurise l’ancrage local et l’éthique du modèle de soins. De son côté, le cadre européen offre la puissance juridique et technique nécessaire pour transformer ces exigences en standards d’exportation. Pour les dirigeants de la HealthTech, le succès ne repose plus sur la simple rapidité de déploiement d’un outil, mais sur la robustesse de son architecture réglementaire, faisant de la conformité le premier moteur de leur compétitivité internationale.

    Point sur la régulation française et européenne - @H&TI
    Point sur la régulation française et européenne – @H&TI
  • Télémédecine : 60% des pays déploient sans évaluation systématique, selon une analyse de 32 systèmes de santé

    Les enseignments clés

    • 32 pays et initiatives analysés sur six continents couvrant modèles de santé, cadres légaux et adoption utilisateurs ;
    • 60% des régions WHO/Europe ne procèdent à aucune évaluation systématique des programmes de télémédecine déployés ;
    • L’Estonie occupe le rang #1 mondial (Bertelsmann Foundation 2024) avec 100% de dossiers patients numérisés et 99% des services publics digitalisés ;
    • Les États-Unis ont versé 4,4 milliards USD en remboursements télémédecine Medicare, avec 50% des cas patients connus autorisés en 2025 ;
    • L’Australie affiche un taux d’adoption de 22,5% de la population (2024‑25) grâce à des subsides gouvernementaux permanisés ;
    • Les économies en développement (Inde, Afrique) restent limitées par des infrastructures fragiles et l’absence de cadres réglementaires contraignants.

    Estonie, leader mondial : 100% des patients disposent d’un dossier électronique

    L’Estonie occupe la première place du classement mondial de la santé numérique (Bertelsmann Foundation 2024). Le système repose sur l’infrastructure X‑Road, qui interconnecte l’ensemble des services publics et privés depuis 2008. La technologie blockchain Guardtime KSI, déployée dès 2011, sécurise chaque accès au dossier médical par un certificat cryptographique de non‑répudiation.

    100% des patients ayant consulté un médecin disposent d’un dossier électronique. Le système enregistre 2,7 millions de requêtes patients par mois. 95% des données hospitalières et médicales sont numérisées. Le coût de lancement s’est élevé à environ 7,50 euros par citoyen.

    Le succès estonien repose sur trois piliers : un soutien politique continu depuis l’indépendance en 1991, une infrastructure nationale unifiée (X‑Road) et un contrôle patient des données via authentification forte (carte d’identité nationale, mobile‑ID). Le déploiement précoce, antérieur à 2009, a évité la fragmentation observée dans d’autres pays.

    Les défis persistent : l’interopérabilité avec les systèmes de santé étrangers reste limitée. L’acceptation initiale par les professionnels de santé a nécessité des programmes de formation et d’incitation.

    États‑Unis : 4,4 milliards de dollars versés en remboursements télémédecine

    Le marché américain demeure le plus dynamique en nombre de solutions commerciales et d’innovation. L’adoption reste toutefois fragmentée selon la couverture d’assurance et la géographie. Les assouplissements introduits durant la pandémie COVID‑19 pour Medicare et Medicaid (nouveaux patients, consultations inter‑États, dérogations HIPAA) ont été partiellement permanisés par l’American Relief Act 2025.

    Les téléconsultations à domicile sont désormais autorisées de façon permanente, y compris en audio seul. Les consultations inter‑États deviennent permanentes pour les praticiens éligibles. Les codes de facturation ont été étendus aux kinésithérapeutes, ergothérapeutes et orthophonistes.

    Le gouvernement Medicare a versé 4,4 milliards USD en remboursements télémédecine. 50% des cas de télémédecine concernent des patients connus (avril 2025, avant la limite de 30% pour les patients inconnus).

    Trois défis majeurs subsistent : les lacunes de couverture d’assurance santé créent des inégalités d’accès importantes. La variation réglementaire entre États génère une complexité administrative. Les préoccupations relatives à la confidentialité des plateformes sociales (vidéo via Facebook, WhatsApp) restent non conformes aux recommandations HIPAA.

    Allemagne : normalisation accélérée et applications de santé remboursées

    L’Allemagne transite en 2025 d’un cadre expérimental vers une normalisation systématique. Le Digital Healthcare Act (DVG) et l’ordonnance DiGAV établissent un processus d’approbation accéléré (fast‑track) pour les applications numériques de santé (DiGA).

    L’annexe 31c BMV‑Ä (1er mars 2025) normalise les consultations vidéo pour les praticiens de l’assurance maladie statutaire (SHI). Le registre DiGA liste les applications automatiquement remboursées si elles respectent les critères de qualité. Des limites d’adoption encadrent le déploiement : 50% des cas pour patients connus (avril 2025), 30% pour patients inconnus, avec plafonds trimestriels.

    Le marché allemand a atteint une valorisation de 6,15 milliards USD en 2024, avec une croissance annuelle estimée à 7,29%. Les limites de 50%/30% visent à contrôler le risque de débordement des volumes.

    Le modèle repose sur trois facteurs de succès : un processus réglementaire accéléré favorise l’innovation, un remboursement basé sur liste assure la qualité, et des normes professionnelles élevées préexistantes facilitent l’adoption.

    Australie : 22,5% de la population adoptent la télémédecine

    L’Australie affiche un taux d’adoption élevé (22,5% de la population en 2024‑25) grâce à des subsides gouvernementaux permanisés après la pandémie COVID‑19. Le Medicare Benefits Schedule étendu couvre les consultations vidéo pour tous les résidents.

    Le service 1800MEDICARE a enregistré 1,4 million d’appels en 2024, dont 73% de consultations virtuelles avec médecin généraliste sans déplacement du patient. L’initiative Better Access accélère l’adoption en santé mentale. Le dossier médical électronique My Health Record (MHR) bénéficie d’investissements de 350,9 millions AUD pour opération et extensions (2024‑26). Les Medicare Urgent Care Clinics (137 cliniques) représentent un investissement de 1,4 milliard AUD sur 7 ans.

    Des disparités persistent : 18,5% des consultations concernent la médecine générale en vidéo, contre seulement 4% pour les spécialistes. Les zones isolées connaissent un accès inégal malgré les objectifs d’expansion.

    Convergence mondiale : remboursement équivalent et infrastructure unifiée

    Les pays affichant une adoption élevée privilégient un remboursement identique entre téléconsultations et visites physiques. Les Pays‑Bas appliquent un remboursement équivalent aux actes « normaux » via la NZa. La France rembourse 70% par l’Assurance Maladie et 30% par les complémentaires, identique à une visite de médecin généraliste. L’Australie uniformise les codes de facturation MBS. Le Canada adapte les codes de facturation provinciaux.

    À l’inverse, les restrictions géographiques ou différenciations de remboursement limitent l’adoption. La Corée du Sud, en raison d’une interdiction historique médecin‑patient, affiche une adoption de 9,38% post‑COVID, contre des taux supérieurs dans les pays sans restriction.

    Les leaders combinent une infrastructure numérique centralisée avec une flexibilité locale. L’Estonie interconnecte tous les systèmes via X‑Road et sécurise par blockchain KSI, avec un portail e‑Patient contrôlé par le patient. La Norvège propose le portail national Helsenorge.no intégrant l’IA en radiologie. La Suède (Stockholm) utilise l’application décentralisée Always Open, soutenue par une fonction centrale et le système Primary Care Quality de benchmarking. Le Royaume‑Uni déploie l’application NHS avec 28 millions d’utilisateurs.

    La Suisse illustre l’inverse : la fragmentation cantonale limite l’adoption à un usage auxiliaire. La télémédecine comme traitement exclusif à distance reste interdite par le Tribunal fédéral. L’absence d’infrastructure nationale crée un manque d’interopérabilité.

    60% des pays déploient sans évaluation : un risque pour la sécurité

    L’OMS/Europe constate que 37% des pays seulement évaluent leurs programmes de télémédecine (enquête 2022). Cette absence d’évaluation pose trois risques majeurs.

    Sécurité inefficace : les données sur la qualité clinique et l’incidence des effets indésirables manquent. Coût‑efficacité opaque : les ressources réelles (informatique, support, formation) comparées aux bénéfices restent mal documentées. Équité invisibilisée : les disparités par âge, revenu et géographie ne sont pas mesurées.

    Un essai norvégien de monitoring à domicile pour maladies chroniques a amélioré la sécurité des patients et réduit les réadmissions. Les ressources opérationnelles substantielles requises laissent cependant la question du coût‑efficacité ouverte.

    Infrastructure et connectivité : économies en développement freinées

    Les économies à revenus faibles et moyens (LMIC : Bangladesh, Inde, Afrique) rencontrent des barrières structurelles. En Afrique du Sud, 66% de smartphones sont attendus d’ici 2025, mais la fiabilité du réseau reste variable. La littératie numérique des populations rurales limite l’usage des outils digitaux. Le financement d’infrastructure nécessite un investissement gouvernemental soutenu.

    L’Inde constitue un cas d’étude. La National Telemedicine Task Force a été établie en 2005. 500 000 consultations par vidéoconférence ont été réalisées en 15 ans, une progression lente. Le projet ISRO a connecté 45 hôpitaux ruraux et 15 hôpitaux spécialisés en 20 ans.

    La barrière majeure reste l’absence de réglementation contraignante et les lacunes en matière de consentement patient et de responsabilité médico‑légale.

    Cadres réglementaires incomplets : déploiements ad hoc

    Plusieurs juridictions tardent à mettre en place des cadres complets. L’Italie a lancé un appel politique pour la télémédecine en mars 2020 seulement, lors de la crise COVID‑19. Le déploiement ad hoc dans les hôpitaux débordés s’est heurté à une infrastructure limitée.

    La Belgique pratiquait la télémédecine de longue date avant la mise en place d’un cadre légal formel (décret royal avril 2025). Le Parlement a appelé en 2024 à un cadre complet pour les applications de santé numériques et à la création d’une Health Data Protection Authority.

    Télésanté mentale : adoption rapide dans 51% des pays européens

    L’OMS/Europe identifie la télésurveillance en santé mentale dans 51% des pays de la région, contre 84% pour la téléradiologie et 77% pour la télémédecine/monitoring général.

    La Norvège propose la plateforme eMeistring pour la thérapie en ligne. La Suède (Stockholm) a initialement lancé des services avec quatre médecins en ligne uniquement. L’Australie accélère la tendance via l’initiative Better Access. Les États‑Unis autorisent désormais les services comportementaux sans restrictions géographiques de façon permanente.

    Monitoring à domicile : bénéfices cliniques, coût‑efficacité incertain

    Le monitoring à domicile pour patients chroniques affiche des bénéfices cliniques, mais le coût‑efficacité reste incertain. L’essai norvégien a réduit les réadmissions et amélioré la sécurité, mais les ressources opérationnelles substantielles requises soulèvent des questions.

    Le Danemark déploie des tablettes de monitoring pour la BPCO au niveau national. Un monitoring de l’insuffisance cardiaque était prévu en 2022. La France rembourse à 100% la télésurveillance pour huit indications : tension artérielle, poids, fréquence cardiaque, saturation en oxygène, débit de pointe expiratoire, INR, glucose, oxymétrie du sommeil.

    Inégalités d’accès : fractures par âge et géographie

    Israël révèle une disparité majeure : les jeunes utilisent trois fois plus la télésanté que les personnes âgées post‑COVID (9,38% vs ~3%). Le programme Telemedicine for the Periphery améliore l’accès rural mais ne comble pas la fracture par âge.

    Le Canada montre que les patients ruraux bénéficient de moins de rendez‑vous virtuels que les urbains. L’adoption est élevée en Colombie‑Britannique et à Terre‑Neuve‑Labrador, faible au Québec et en Alberta. L’Australie constate un accès inégal dans les zones isolées. La Corée du Sud affiche une adoption inégale selon le revenu, l’âge et la géographie.

    Le Royaume‑Uni illustre l’impact de l’inclusion numérique. Le programme Learn My Way a permis à 83% des participants de gagner en confiance avec les outils digitaux en 2019. Dix millions de personnes supplémentaires utilisent NHS.uk et les applications de santé en 2021 par rapport à 2020. Le programme NHS Widening Digital Participation (2013‑20) a bénéficié d’un investissement de 150 millions de livres pour la digitalisation des soins sociaux adultes.

    🌍 Pays/Initiative 🏥 Contexte Système Santé 📜 Cadre Légal/Politique 📱 Services Déployés 💰 Modèle Remboursement 📊 Indicateurs Usage ⚙️ Technologies/Plateformes ⚠️ Défis/Facteurs Succès 🎓 Leçons Internationales
    🇿🇦 Afrique du Sud Système de santé hétérogène entre pays africains, fardeau élevé de maladies, pénurie de médecins, fortes disparités urbain‑rural Lignes directrices HPCSA 2014 amendées 2020, absence de politiques télémédecine cohésives à l’échelle du continent Soins primaires, programmes VIH, pilotes eHealth, initiatives ciblant les zones rurales Donnée non disponible Pénétration des smartphones projetée à 66% d’ici 2025 Solutions mHealth, applications sur smartphones Connectivité limitée, coûts élevés, accès à l’électricité, instabilité politique; succès porté par la forte pénétration mobile et les partenariats internationaux Nécessité de soutien international pour l’infrastructure, adaptation aux contextes locaux et financement externe avant viabilité
    🇩🇪 Allemagne SHI couvrant 73 M de personnes (86,5% pop.), système fédéral Digital Healthcare Act, DiGAV, Annexe 31c BMV‑Ä (2025), DVPMG (fast‑track), jurisprudence sur les traitements à distance, réforme hôpitaux KHVVG Téléconsultations SHI, télémédecine assistée en pharmacie, applications DiGA Barème SHI, DiGA remboursées si inscrites au registre; plafonds 50%/30% des cas en téléconsultation Limites trimestrielles 50%/30% instaurées; marché télémédecine ~6,15 Md USD en 2024 Registre DiGA, plateformes de vidéoconférence accessibles à la plupart des spécialités Publicité des traitements à distance encadrée, priorité aux patients de proximité, évaluation HTA européenne; fast‑track favorise innovation Remboursement conditionné à une liste approuvée comme levier qualité, rôle clé du cadre réglementaire accéléré
    🇧🇷🇨🇱 Amérique latine (Brésil, Chili) Écart rural‑urbain marqué, population vieillissante, systèmes fragmentés Stratégies nationales dans certains pays, réseau Rute (Brésil) depuis 2006 Réseau télémédecine infarctus, technologies EHAS rurales, téléconsultations Chili : transition vers financement gouvernemental Adoption hôpitaux publics ~30% plus élevée que privés Réseau Rute (124 universités/hôpitaux), solutions Wi‑Fi bas coût Absence de départements dédiés, progression lente; assouplissements COVID au Brésil catalyseurs Coopérations inter‑pays efficaces; importance d’investir dans l’infrastructure rurale
    🇦🇺 Australie Vaste territoire, communautés isolées, population vieillissante, Medicare universel Extensions MBS pour tous, mesures COVID pérennisées, investissement 1,4 Md AUD pour 137 Urgent Care Clinics Télésanté primaire et spécialisée, télé‑santé mentale, modèles hybrides, programmes ciblant communautés indigènes Facturation MBS (bulk‑billing concessions), codes COVID rendus permanents, subsides Medicare, initiative Better Access 22,5% de la population a utilisé la télésanté en 2024‑25; 86 M+ personnes ont accédé à la télésanté depuis 2020 Plateformes variées, My Health Record, outils IA de support diagnostique Couverture des zones isolées reste difficile; réformes gouvernementales stables et demande croissante en zones rurales Subventions publiques et pérennisation des mesures COVID comme leviers majeurs; pertinence des modèles hybrides
    🇧🇩 Bangladesh Inégalités marquées, qualité variable, infrastructure limitée Aucun cadre national de télémédecine Système hub‑and‑spoke, visioconsultations entre hôpitaux Donnée non disponible Donnée non disponible Skype et visioconférence entre établissements Infrastructure limitée, enjeux confidentialité et sécurité des données Priorité à un cadre réglementaire national et à l’investissement dans les infrastructures de base
    🇧🇪 Belgique Assurance santé basée sécu sociale, accès universel Cadre morcelé jusqu’en 2025; décret royal télésanté avril 2025, lois santé, hôpitaux, droits patients, eHealth, RGPD Téléconsultations, soins à distance, prescriptions numériques, e‑diagnostic Remboursement pour services inscrits à la nomenclature si conditions remplies (souvent contact physique préalable) Donnée non disponible Plateforme publique eHealth, DME Pratiques anciennes formalisées tardivement; COVID a révélé enjeux de confidentialité et d’intégration Alignement remboursement, qualité et intégration dans le parcours de soins comme condition de durabilité
    🇨🇦 Canada Système public avec fortes différences provinciales, focus historique sur le rural Réglementations et codes de facturation provinciaux adaptés pendant COVID Téléconsultations urbaines et rurales, soins virtuels de première ligne, pré/post‑chirurgie, urgences virtuelles Codes de facturation spécifiques par province 45,2% des patients ont eu un rendez‑vous virtuel en 2023, après un pic à 70% en Ontario T2 2020 Plateformes virtuelles provinciales, visioconférence Hétérogénéité inter‑provinciale, adoption plus faible en zones rurales; préférences pour le présentiel Besoin de cohésion nationale; démonstration qu’une transformation organisationnelle lourde n’est pas toujours nécessaire
    🌴 Caraïbes Îles éloignées, petites populations, systèmes fragmentés Stade précoce, pas de cadre régional cohésif DSE (Bahamas), pilotes télémédecine (Jamaïque, SickKids oncologie) Donnée non disponible Donnée non disponible DPI basiques, projets pilotes Coordination inter‑îles difficile, ressources limitées Fort potentiel de mutualisation régionale des ressources et expertises
    🇨🇳 Chine Écart urbain‑rural majeur, population massive Règles e‑healthcare 2018 élargissant la télémédecine au médecin‑patient; cadre encore peu clair Réseaux nationaux, hôpital IA de Wuhan, télémédecine médecin‑patient, innovations sans contact Donnée non disponible Croissance rapide des plateformes commerciales durant et après COVID Plateformes Good Doctor, Alibaba Health, Tencent, robots médicaux, dispositifs sans contact Réglementation floue, persistance des écarts urbain‑rural; forte capacité d’innovation Importance d’un cadre clarifié pour un déploiement équitable, tout en capitalisant sur l’innovation technologique
    🇰🇷 Corée du Sud Société vieillissante, coûts croissants, infrastructure IT avancée, accès universel NHI Medical Service Act interdisant historiquement médecin‑patient à distance, assouplissements COVID et grève médecins, pilote télémédecine 2023, base légale en crise sanitaire Téléconsultations inter‑professionnels, pilote patients connus, applis mHealth, CGM, ECG domicile IA, DTx approuvées MFDS Couverture NHI pendant COVID, pilotes financés MOHW/NHIS Usage télésanté passé d’environ 4% à plus de 9%; marché mHealth et distance health en forte croissance projetée Plateformes mHealth, CGM, ECG IA, Dr. Answer 3.0, services via smartphones/wearables Barrières réglementaires, disparités d’usage; rôle clé des géants ICT et du soutien gouvernemental Pandémie comme catalyseur, besoin d’interventions ciblées pour l’équité et de consolidation réglementaire
    🇩🇰 Danemark Système régional/municipal, GP gatekeepers, couverture universelle Plan national télémédecine 2012 Télémédecine plaies (care.net), monitoring BPCO et insuffisance cardiaque, app My Doctor Mix paiement à l’acte et capitation Donnée non disponible Plateforme care.net, tablettes de monitoring, applications mobiles Réforme santé en discussion, volonté de renforcer les soins primaires Déploiement national de cas d’usage ciblés, accéléré par COVID
    🇪🇸 Espagne Système national de santé, forte variation régionale Pas de politique nationale unifiée, stratégie IT 2012 Téléconférences ambulatoires, consultations COVID via apps gratuites Donnée non disponible Adoptions rapides dans certains hôpitaux pendant COVID Application MediQuo, plateformes vidéo Surcharge hospitalière, fortes disparités régionales Besoin de diffusion nationale des modèles hospitaliers performants
    🇪🇪 Estonie Couverture universelle, 95% des données médicales numérisées Système e‑Health national (2008), X‑Road, blockchain KSI depuis 2011 Téléconsultations, DME national, e‑prescriptions quasi totales, collaboration GP‑spécialistes Coût de lancement e‑Health ~7,5 € par citoyen 100% des patients ont un dossier numérique; 2,7 M requêtes patients/mois; classée n°1 digital health index 2024 X‑Road, blockchain KSI, portail e‑Patient, carte ID et m‑ID Interopérabilité, acceptation pro, cybersécurité; fort soutien politique Importance d’une infrastructure numérique intégrée et d’un portage politique fort; gouvernance centralisée efficace pour petit pays
    🇺🇸 États‑Unis Forte variabilité inter‑États, disparités de couverture, Medicare/Medicaid pour populations ciblées Assouplissements COVID prolongés par l’American Relief Act 2025, CY 2025 PFS final rule élargissant la télésanté Toutes spécialités, audio‑only domicile, services comportementaux, rôle des RHC/FQHC Medicare/Medicaid, assureurs privés, fonds FCC, nouveaux codes et règles de facturation Offre et utilisation fortement accrues depuis COVID, part significative des consultations en télémed Plateformes diverses, solutions audio‑vidéo, systèmes conformes HIPAA Inégalités d’accès liées à l’assurance et au numérique; besoin de cohérence fédérale Leader d’innovation; importance de pérenniser les mesures efficaces et d’évaluer les services sur critères cliniques
    🇫🇮 Finlande Centres de santé municipaux, système décentralisé Réforme santé débattue de longue date Visioconférence croissante, e‑références, travail en équipe à distance Mix paiement à l’acte et salaire 86% des districts hospitaliers et 39% des centres de santé utilisaient la vidéo en 2017 Systèmes de visioconférence, DME Pénurie de médecins généralistes, besoin d’intégrer santé et social Télémédecine comme réponse aux pénuries, importance des approches multidisciplinaires
    🇫🇷 France Assurance Maladie universelle avec compléments Stratégie nationale santé 2017‑22, LFSS 2017, généralisation téléconsultation (2018) et téléexpertise (2019) Téléconsultation toutes spécialités, téléexpertise, télésurveillance (8 indications), solutions CHU Téléconsultation remboursée 70% AMO/30% AMC, télésurveillance prise en charge à 100% sur périmètre défini Donnée non disponible DMP, plateformes vidéo conformes Accord patient préalable, compte‑rendu obligatoire, extension progressive de la téléexpertise Remboursement de droit commun comme accélérateur, DMP pour la continuité et la structuration des usages
    🇬🇱 Groenland Isolement extrême, population dispersée, pas de niveaux de soins formalisés Révision du plan de santé en cours Pipaluk (store‑and‑forward) en retrait, nouveaux outils via Steno Diabetes Centre, Skype largement utilisé Salaire Donnée non disponible Pipaluk, Skype, outils Steno Recours fréquent à des médecins de courte durée, continuité des soins difficile Pertinence des solutions store‑and‑forward pour zones ultra‑isolées, besoin de renouvellement technologique
    🇫🇴 Îles Féroé Petite population insulaire, dispersion géographique Pas de guidelines spécifiques pour GP, pas de registre systématique Données limitées sur les services Mix paiement à l’acte et capitation Donnée non disponible Donnée non disponible Pratique solo répandue, recours à médecins de courte durée Manque de données pour orienter les politiques, besoin de suivi structuré
    🇮🇳 Inde Important écart urbain‑rural, système mixte public‑privé IT Act 2000, guidelines télémédecine 2020, NDHB 2020, National Digital Health Mission, task force télémédecine 2005 eSanjeevani OPD, projets ISRO, réseaux ruraux, projets nationaux (IDSP, ONCONET) Donnée non disponible Forte montée en charge pendant COVID, progression structurelle lente Plateforme eSanjeevani, architecture fédérée NDHM, Digital Health Card Infrastructure télécom limitée, cadre juridique incomplet, manque d’investissement privé Besoin d’un cadre contraignant complet et d’un investissement massif dans l’infrastructure et la formation
    🇮🇸 Islande Grandes zones rurales, population concentrée en ville, pas de gatekeeping formel Révision loi santé en cours Projet Klaustur (9 cliniques rurales télé‑soutenues), usages ad hoc (patients en mer), pic vidéo durant COVID Mix paiement à l’acte, salaire, P4P récent Donnée non disponible Visioconférence, plateformes de téléconsultation Clarification des responsabilités entre niveaux de soins en cours, suivi des patients chroniques fragmenté Intérêt des modèles innovants ruraux, intégration P4P pour la qualité
    🇮🇱 Israël NHI Law 1994, dossiers numérisés quasi à 100% Obligation légale d’accès équitable, fort cadre de financement public Téléconsultations heures ouvrables et hors‑heures, services administratifs, TytoCare pour examens à distance Donnée non disponible Usage télésanté plus que doublé; TytoCare réduit ~45% des visites inutiles, 92% de satisfaction, 87% des cas sans suivi présentiel TytoCare, applis mHealth, IA, DME Fracture numérique marquée par âge et statut socio‑éco; disparités malgré système universel La transformation numérique peut creuser les inégalités sans politiques ciblées; importance d’impliquer précocement les cliniciens
    🇮🇹 Italie Variation régionale importante, NHS sans télémédecine essentielle Guidelines 2012, mobilisation politique tardive (mars 2020) Déploiement ad hoc en milieu hospitalier pendant COVID Donnée non disponible Impréparation face au pic de la pandémie Infrastructure et connectivité limitées Ruptures logistiques, déficits d’infrastructure; besoin de coordination nationale Montre l’impact de l’absence de préparation et l’importance du soutien politique à la télémédecine
    🇯🇵 Japon Population très âgée, infrastructure IT robuste Stratégie nationale Digital Health, assouplissement licences, révision des taux de remboursement en cours Téléconsultations, monitoring via wearables, applis mHealth, intégration EHR/IA Ajustements en cours pour rendre les actes attractifs Marché santé numérique projeté à forte croissance d’ici 2033 mHealth, wearables, IA, IoT, plateformes hospitalières, chatbots Besoin d’éducation de la population, conformité stricte à la protection des données Solide base IT et politique, importance de solutions culturellement adaptées et de standards d’interopérabilité
    🇰🇿 Kazakhstan Vaste territoire, faible densité, écarts urbain‑rural NTMN 2004, programme Digital Kazakhstan 2018‑2023 Téléconsultations (500 000+), vidéoconférences, QG téléhealth COVID avec monitoring Système public 500 000+ téléconsultations en 15 ans, expansion rurale significative Visioconférence, DME unifiés, app nationale rendez‑vous Géographie et faible densité compliquent l’accès, mais fort soutien politique Exemple pour pays à grande superficie; intérêt d’un réseau national structuré
    🇳🇴 Norvège Système universel, zones rurales/montagneuses, responsabilités partagées Changements réglementaires permanents, NDE pour la coordination Téléradiologie établie, e‑consultations Helsenorge, vidéo, eMeistring, hospitalisation à domicile, monitoring de maladies chroniques Mix paiement à l’acte et capitation, incitations zones difficiles Quasi tous les GP offraient des services numériques en 2020 Helsenorge, eMeistring, IA en radiologie Barrières de financement, infrastructure et RH; peu d’évaluations systématiques Leader téléradiologie; nécessité de stratégies complètes et d’évaluations rigoureuses
    🇳🇿 Nouvelle‑Zélande Petit pays, volonté de rattraper Australie/USA National Telehealth Service, guidelines COVID Téléconsultations Donnée non disponible Usage promu pendant COVID Plateformes validées via advisory list Objectif de se hisser au niveau des leaders régionaux Importance des bonnes pratiques et de la coopération internationale
    🇳🇱 Pays‑Bas Assurance santé (Zvw) et loi soins longue durée (Wlz) Pas de loi spécifique, régulation NZa, Zvw inclut e‑health remboursable E‑care (diagnostic, suivi, prévention), e‑support, e‑public health Télémédecine remboursée comme acte présentiel si critères remplis; financement élargi depuis 2020 Donnée non disponible Vidéo GP/spécialistes, technologies soins domicile Adoption croissante, assureurs peuvent poser des conditions Remboursement équivalent au présentiel comme levier puissant d’adoption
    🇬🇧 Royaume‑Uni NHS universel NHS Long Term Plan, objectifs EPR 2025, investissements numérique soins sociaux Soins primaires à distance, essais cliniques, counseling, NHS App comme point d’entrée Donnée non disponible 28 M+ utilisateurs NHS App, 40 M+ NHS login, forte croissance usage post‑COVID NHS App, NHS.uk, EPR, partenariats télécoms, programmes d’inclusion numérique Inclusion numérique défi majeur; 10 M+ nouveaux utilisateurs des services digitaux en un an Financement étatique, app nationale forte, programmes d’inclusion comme conditions de succès
    🇸🇬 Singapour Haute densité, système performant, leader régional Regulatory sandbox 2018, guidelines 2019 HSA, relaxations COVID, guidelines SMA Direct‑to‑patient (MyDoc, DoctorAnywhere), soins chroniques vidéo, clinique COVID virtuelle CHAS et MediSave couvrent les patients chroniques connus (pas les nouveaux) 11 startups dans le sandbox, pics d’usage pendant COVID MyDoc, DoctorAnywhere, apps de triage COVID Besoin de distanciation dans zone dense, sandbox favorisant l’innovation Sandbox réglementaire comme outil clé; importance de la clarté réglementaire et des limites de couverture
    🇸🇪 Suède Système très décentralisé, forte autonomie régionale Pas de loi spécifique; mesures provisoires COVID à Stockholm; enquête Digi‑physical 2019 Application Always Open (AO), consultations vidéo/téléphone/chat/SMS, services en ligne multiples Capitation + FFS selon régions, compensation ajustée COVID Multiplication par 16 des consultations vidéo pendant la première vague COVID; usage soutenu dans les unités adoptantes AO, CDCS, Primary Care Quality, DME Adoption rapide sans programme structuré; forte variabilité inter‑unités Décentralisation comme atout de flexibilité, mais nécessité de coordination et d’outils de qualité nationaux
    🇨🇭 Suisse Système fédéral cantonal, permis locaux Pas de loi spécifique télémédecine; mêmes règles que présentiel, LPMed, nLPD, lois cantonales; jurisprudence limitant le tout‑distance Téléconsultations, prescriptions à distance sous conditions (interaction en temps réel) Donnée non disponible Donnée non disponible Solutions avec chiffrement, hébergement en Suisse, authentification forte Fragmentation cantonale, exigences élevées de confidentialité, restriction du « tout télémédical » Télémédecine reconnue comme outil complémentaire, importance d’un hébergement et d’une sécurité conformes au droit national
  • Téléconsultation : une innovation entrée dans les pratiques, encore loin de tenir toutes ses promesses

    29 % des Français ont déjà téléconsulté, mais l’usage reste minoritaire

    La téléconsultation s’est imposée comme l’un des héritages durables de la pandémie. En 2025, près de 29 % des Français déclarent avoir déjà eu recours à une téléconsultation, preuve d’une adoption désormais entrée dans les usages.

    Cependant, cette pratique reste encore marginale dans l’activité globale : elle représente environ 4 % des consultations médicales en France, après le pic observé pendant la crise sanitaire. Dans la pratique quotidienne des médecins libéraux, sa part demeure encore limitée.

    Les travaux engagés par l’Assurance Maladie à travers les Assises de la télémédecine, en cours jusqu’en 2026, visent justement à définir le rôle que devra jouer la téléconsultation dans l’organisation future des soins : outil ponctuel ou composante durable du parcours patient.

    1,2 million de téléconsultations par mois : un usage désormais courant

    La téléconsultation n’est plus marginale dans le paysage sanitaire français. En moyenne, 1,2 million de téléconsultations sont réalisées chaque mois, et un médecin généraliste sur trois facture au moins une téléconsultation.

    Entre 2020 et 2024, ce sont 69 millions de téléconsultations qui ont été facturées, pour un montant total de 1,7 milliard d’euros remboursés par l’Assurance Maladie. Ces chiffres traduisent une intégration durable de la téléconsultation dans les parcours de soins, au-delà de la période exceptionnelle du COVID-19.

    L’évolution des volumes confirme une phase de normalisation. Après un pic à 17,3 millions de téléconsultations en 2020, l’activité recule progressivement :

    • 13,2 millions en 2021
    • 12,6 millions en 2022
    • 11,7 millions en 2023

    L’année 2024 marque une reprise, avec 13,9 millions de téléconsultations facturées, soit +18,7 % par rapport à 2023. Cette dynamique suggère un nouvel équilibre, où la téléconsultation retrouve une trajectoire de croissance modérée, déconnectée du contexte d’urgence sanitaire.

    @CNAM

    Des usages concentrés sur certaines spécialités

    La téléconsultation ne se déploie pas de manière homogène selon les disciplines médicales. Elle est davantage mobilisée dans des spécialités compatibles avec le suivi à distance :

    • Psychiatrie : 7 % de l’activité clinique
    • Endocrinologie : 6 %
    • Gynécologie : 3 %
    • Médecine générale : 2,3 %

    Ces écarts illustrent une spécialisation progressive des usages, la téléconsultation s’inscrivant davantage dans des logiques de suivi que dans l’examen clinique initial.

    Un paradoxe territorial : les urbains six fois plus utilisateurs que les ruraux

    Pensée initialement comme un levier de réponse à la désertification médicale — qui concerne aujourd’hui 87 % du territoire français — la téléconsultation bénéficie en pratique majoritairement aux populations urbaines, jeunes et socialement favorisées.

    Les chiffres sont sans appel : les habitants des villes de plus de 50 000 habitants utilisent six fois plus la télémédecine que ceux des zones rurales. À l’inverse, les publics les plus exposés aux difficultés d’accès aux soins personnes âgées, précaires ou éloignées du numérique restent largement sous-représentés parmi les utilisateurs.

    Cette inversion de la cible questionne directement les établissements de santé de proximité : sans dispositifs d’accompagnement renforcés, la téléconsultation risque de reproduire, voire d’amplifier, les inégalités territoriales existantes.

    16 millions de Français exclus du numérique : le frein structurel

    La fracture numérique constitue aujourd’hui le principal obstacle à une téléconsultation réellement inclusive. Près de 16 millions de Français se trouvent en situation d’illectronisme, majoritairement des seniors et des personnes précaires, incapables d’utiliser de manière autonome les outils numériques de santé.

    À cette difficulté s’ajoute une réalité infrastructurelle persistante : plus de 500 communes françaises demeurent en “zones blanches” sans accès Internet, et des milliers d’autres en “zones grises”, avec une connexion insuffisante pour garantir la qualité d’une téléconsultation. Or, ces communes concentrent précisément les populations âgées vivant déjà dans des territoires médicalement sous-dotés.

    Pour les établissements de santé, cette situation impose un constat clair : sans médiation humaine, équipement dédié ou accompagnement local, la téléconsultation ne peut remplir sa mission d’équité territoriale.

    Une appropriation encore partielle par les professionnels de santé

    La structure de l’offre de téléconsultation a fortement évolué en quelques années. En 2020, 96 % des téléconsultations étaient facturées par des médecins libéraux, contre seulement 1 % par des sociétés de téléconsultation.

    En 2024, la répartition est nettement différente : 55 % des téléconsultations sont facturées par des médecins libéraux, tandis que 40 % le sont par des sociétés spécialisées.

    Le recul est particulièrement marqué chez les médecins généralistes, dont la part est passée de 79 % des téléconsultations en 2020 à 40 % en 2024. Cette évolution illustre les limites d’un modèle économique reposant sur une tarification alignée sur le présentiel (25 € la consultation), souvent insuffisante pour couvrir les contraintes organisationnelles, techniques et réglementaires.

    @CNAM