Alors qu’un couple sur huit rencontre des difficultés de fertilité, les pouvoirs publics entrent dans une phase de mise en œuvre. Co-présidé par Salomé Berlioux et Samir Hamamah, le comité de pilotage accompagne la ministre dans le déploiement d’un plan autour de 16 actions, à l’interface des choix individuels et du système de soins.
Un portail national de référence sur la santé reproductive et la fertilité doit être créé, accessible via Santé.fr, avec des contenus validés scientifiquement et adaptés aux âges de la vie. Le plan prévoit aussi l’envoi, à l’ensemble des Français à 29 ans, d’une information ciblée sur la santé sexuelle et reproductive. Elle rappellera que la fertilité concerne femmes et hommes, abordera la contraception et mentionnera l’autoconservation des gamètes sans la présenter comme une réponse systématique. Ce premier axe comprend également le renforcement de l’éducation à la santé reproductive à l’école, une campagne nationale de communication et la prévention des risques environnementaux et comportementaux.
Dépistage et diagnostic plus précoces
L’amélioration du parcours de soins passe par l’intégration d’une fiche dédiée à la fertilité dans « Mon bilan prévention » et par de futures recommandations de la Haute Autorité de Santé sur la santé pré-conceptionnelle.
La généralisation des plateformes PREVENIR doit renforcer le repérage précoce des facteurs de risque liés aux expositions environnementales. Le plan s’inscrit par ailleurs dans la continuité de la stratégie nationale de lutte contre l’endométriose et prévoit un renforcement du repérage du syndrome des ovaires polykystiques.
30 nouveaux centres d’autoconservation prévus pour réduire les délais d’accès
Sur la prise en charge, l’objectif affiché est d’atteindre 70 centres d’autoconservation ovocytaire d’ici 2028, via l’ouverture de 30 nouveaux centres en complément des 40 existants. Des travaux portent sur l’ouverture de cette activité aux centres privés à but lucratif afin de réduire les délais. Un système d’information national pour la gestion des dons de gamètes et d’embryons doit améliorer transparence et traçabilité. Le plan prévoit aussi un sondage national sur l’autoconservation, une amélioration de l’information des patients en AMP et une mission d’organisation des parcours au sein des centres, confiée à l’Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale.
La fertilité devient une thématique prioritaire dans certains appels à projets, notamment dans le cadre du programme d’équipement prioritaire de santé des femmes. Le plan annonce également un renforcement du suivi épidémiologique de la santé reproductive féminine et masculine.
En parallèle, un chantier national est lancé dans un contexte d’indicateurs défavorables : mortalité maternelle stagnante, hausse légère de la mortalité infantile, notamment néonatale, depuis 2011, tensions démographiques des professionnels, fragilité de certaines maternités et baisse durable de la natalité.
Trois experts missionnés, un périmètre élargi
Les travaux ont été confiés à Loïc Sentilhes, Elsa Kermorvant et Eliette Bruneau. Leur mission : établir un diagnostic complet de l’organisation des soins périnataux, à partir des recommandations scientifiques, des sociétés savantes, de la mission d’information du Sénat (septembre 2024) et du rapport de l’IGAS en cours de finalisation. Le périmètre couvre l’ensemble du parcours : prévention avant et pendant la grossesse, suivi post-natal, organisation des maternités, urgences, néonatologie et prise en charge des publics précaires ou éloignés du système de santé. Les premières conclusions sont attendues d’ici juin 2026, avec l’objectif de concilier sécurité, qualité et équité des soins sur l’ensemble du territoire. Si plusieurs mesures reposent sur des outils d’information ou de suivi (portail national via Santé.fr, système d’information pour les dons de gamètes, plateformes PREVENIR), à ce stade, le plan fertilité ne comporte pas de volet explicitement dédié au numérique en santé.
