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  • Le CHU d’Angers mise sur l’IA pour diagnostiquer les maladies du foie sans chirurgie

    Issu du dossier de presse Perspectives 2026 du CHU d’Angers*, le projet Vandor vise à valider d’ici 2027 une méthode non invasive pour diagnostiquer les maladies inflammatoires du foie, grâce à l’IRM et à l’intelligence artificielle, en partenariat avec plusieurs CHU et une entreprise innovante.

    Une alternative à la biopsie hépatique traditionnelle

    L’objectif est de détecter les marqueurs d’inflammation et de repérer plus tôt les patients atteints de MASH fibrosante (metabolic dysfunction associated steatohepatitis), une forme évolutive des maladies inflammatoires du foie. Enjeu important de santé publique, près d’un quart de la population est concerné par une inflammation hépatique.

    Le projet Vandor, piloté par le tiers-lieu d’innovation Mobis du CHU d’Angers, vise à améliorer le diagnostic précoce des maladies inflammatoires du foie sans recourir à un geste chirurgical. Ce programme associe plusieurs CHU, dont ceux de Rennes et Toulouse, ainsi que l’entreprise bordelaise SoQut Imaging, primée en 2024 pour sa technologie de biopsie numérique. Actuellement, la caractérisation de l’inflammation hépatique repose sur la biopsie réalisée par cœlioscopie, un acte invasif impliquant des douleurs et des risques opératoires. Vandor propose une alternative fondée sur l’IRM, enrichie de séquences spécifiques capables d’analyser le tissu hépatique, combinées à un algorithme d’intelligence artificielle pour l’interprétation des images.

    Le CHU d’Angers expérimente un parcours IRM-IA pour le suivi des maladies du foie

    Contrairement aux biopsies ou aux tests sanguins, peu compatibles avec un suivi régulier, la technologie développée dans le cadre de Vandor constitue un outil d’aide à la décision médicale. Le projet se déroule en deux phases :

    • Évaluation clinique de la technologie, avec une comparaison entre deux groupes de patients pour valider sa fiabilité diagnostique.
    • Expérimentation d’un nouveau parcours de soins, intégrant l’IRM dans des centres d’imagerie de ville, avec interprétation centralisée au CHU et consultation spécialisée si nécessaire.

    Ce second volet suppose un travail sur les échanges sécurisés de données entre la ville et l’hôpital afin d’intégrer les résultats dans le dossier patient informatisé du CHU. L’étude prévoit l’inclusion de 112 patients sur les trois sites partenaires. Le projet repose sur une collaboration entre les services d’Hépato-gastro-entérologie, d’Imagerie médicale et des Systèmes d’information numériques. Il s’inscrit dans le calendrier 2025-2027, avec un budget total de 389 000 euros, dont 50 % financés par la BPI.

    Quels prérequis pour un déploiement à l’échelle ?

    Le déploiement du parcours IRM-IA nécessite une intégration fluide dans les systèmes d’information hospitaliers. Un connecteur conforme au Dossier Patient Informatisé (DPI) et au standard FHIR doit permettre l’intégration des images DICOM et des résultats issus de l’intelligence artificielle dans les dossiers médicaux. L’usage de standards comme DICOMweb, associé à des solutions PACS compatibles avec l’IA, permet de garantir la cohérence du flux de données tout au long du parcours.

    Trois centres hospitaliers universitaires (Angers, Rennes et Toulouse) participent à l’évaluation du dispositif, assurant une validation multicentrique sur des profils patients diversifiés. Pour une montée en charge nationale, il est pertinent d’élargir les cohortes aux territoires à forte prévalence métabolique.

    L’adhésion des cliniciens repose sur la compréhension des résultats produits par l’IA. Une interprétation lisible, appuyée sur des éléments cliniques explicites, est essentielle. La diffusion d’une formation courte à la lecture augmentée d’IRM hépatique, à destination des radiologues et hépatologues, favoriserait l’adoption de ces nouveaux outils.

    Le projet propose une alternative aux biopsies, avec pour objectif une réduction des coûts liés aux actes invasifs, une moindre morbidité et une meilleure organisation des parcours. L’élaboration d’un modèle médico-économique permettrait de comparer les coûts directs (actes, hospitalisation) aux bénéfices attendus en matière de suivi simplifié et de diminution des complications.

    De nouveaux usages cliniques

    Les séquences IRM utilisées dans Vandor pourraient être transposées à d’autres pathologies chroniques, comme les maladies pancréatiques, intestinales ou musculaires, grâce à leur potentiel de détection des phénomènes inflammatoires. La constitution d’un référentiel d’imagerie hépatique annotée faciliterait l’entraînement d’algorithmes IA fiables.

    Des living labs d’imagerie augmentée, intégrés aux tiers-lieux d’innovation, peuvent jouer un rôle dans l’accélération du déploiement clinique des technologies d’IA. Les partenariats public-privé, comme celui noué avec SoQut Imaging, s’inscrivent dans une dynamique. L’intégration de ces outils dans les systèmes d’information hospitaliers s’articule avec les réflexions en cours sur l’urbanisation des données de santé et le renforcement des compétences en ingénierie IA. Dès les premières phases, des comités d’évaluation médico-économique contribuent à documenter l’impact sur la qualité des soins et les coûts associés.

  • À Gustave Roussy, l’IA avance au rythme des pratiques cliniques

    Il y a de plus en plus de données médicales, les dossiers sont très complexes, et les équipes font face à une charge administrative importante. Il fallait aussi garantir la qualité et la sécurité des soins. Plutôt que de tester l’IA dans des projets isolés, elle a été intégrée directement dans les pratiques de l’hôpital, en collaboration avec les médecins, les chercheurs et les services informatiques. Le but est de faire de l’IA un outil de soutien, pour mieux organiser les informations et automatiser certaines tâches, sans jamais remplacer le jugement des médecins.

    L’expérience de Gustave Roussy illustre plusieurs conditions pour intégrer l’IA dans un hôpital :

    • Structuration des données et des flux cliniques avant tout développement.
    • Déploiement de solutions internes lorsque les contraintes de souveraineté ou de conformité l’imposent.
    • Mise en place d’une gouvernance transversale dédiée à la donnée et à l’IA.
    • Priorité à la supervision humaine et à l’explicabilité des algorithmes.
    • Intégration des outils dans les pratiques existantes, sans automatisation de la décision.
    @Gustave Roussy : L’IA en oncologie – L’humain augmenté au service du soin et de la recherche*

    Développement interne et maîtrise des données

    Face aux contraintes réglementaires, Gustave Roussy privilégie des outils développés en interne et hébergés localement, comme le projet MedGR, assistant d’aide à la lecture des dossiers médicaux, ou les outils d’extraction de données pour la préparation des réunions RCP. Cette stratégie implique des ressources spécifiques côté SI et métiers, mais répond à une préoccupation partagée par de nombreux établissements : limiter la dépendance à des systèmes fermés ou inadaptés aux pratiques locales. Les outils déployés sont conçus pour fonctionner sous supervision humaine, dans des environnements certifiés pour l’hébergement de données de santé.

    Une structuration des données au service de la recherche

    En parallèle, l’IA s’intègre dans plusieurs programmes de recherche. Des projets comme la constitution de la cohorte LUCC (cancer du poumon) ou le développement de jumeaux numériques visent à structurer des bases cliniques à grande échelle et à développer des modèles prédictifs. Ces travaux, encore en phase d’évaluation, mettent en évidence l’importance de la traçabilité et de la gouvernance des données. Gustave Roussy travaille également sur des outils pour identifier de nouveaux biomarqueurs ou concevoir des molécules ciblées via l’IA. Ces approches s’inscrivent dans des consortiums associant recherche académique et partenaires industriels, avec un objectif commun de modélisation et de personnalisation des traitements.

    LUCC : structurer les données du cancer du poumon grâce à l’IA

    Lancée par Gustave Roussy et la start-up Lifen, la cohorte LUCC (Large & Unified Cancer Cohort) vise à structurer automatiquement les données de patients atteints de cancer du poumon à tous les stades. L’intelligence artificielle y est utilisée pour extraire, à partir de dossiers médicaux non structurés, des informations utiles à la recherche et au pré-dépistage pour les essais cliniques. Ce traitement permet de créer une base de données exploitable. Une étude publiée dans Annals of Oncology a montré que l’IA, lorsqu’elle est combinée à l’expertise humaine, améliore la qualité de l’extraction d’informations. Ouverte à tout type d’établissement, la cohorte LUCC pourrait servir de modèle pour d’autres pathologies, en particulier celles pour lesquelles les données sont encore éparses, comme certains cancers chez les jeunes adultes.

    Des usages cliniques déjà déployés

    Plusieurs outils sont d’ores et déjà intégrés dans les pratiques de soin. En imagerie, les logiciels MammoScreen et ProFound AI assistent les radiologues dans la détection de tumeurs. En pathologie, le test RlapsRisk BC, développé dans le cadre du consortium PortrAIt, permet une estimation du risque de rechute à partir de lames histologiques numérisées. D’autres dispositifs ciblent le parcours patient : chatbot d’information pour la chirurgie mammaire, applications de suivi post-traitement, ou encore outils de mise en relation avec des essais cliniques. Tous reposent sur des architectures techniques conformes aux exigences de sécurité des données de santé.

    L’établissement s’appuie sur une gouvernance structurée pour encadrer ces usages. Un Data Access Committee valide les accès aux données et les usages autorisés, en lien avec les règles éthiques et réglementaires. Des référentiels internationaux, tels que les recommandations de l’ESMO sur les modèles de langage ou les biomarqueurs IA, sont utilisés comme socles d’évaluation.

    Les outils sont conçus pour rester sous contrôle humain, avec une exigence d’explicabilité. L’institut rejette les approches de type « boîte noire » et limite les usages à des scénarios validés.

    *L’IA en oncologie – L’humain augmenté au service du soin et de la recherche – Gustave Roussy

  • Télémédecine : des dérogations au plafond des 20 % pour faciliter l’accès aux soins

    Le gouvernement autorise certaines dérogations au quota de 20 % de téléconsultations pour les médecins, notamment pour faciliter l’accès aux soins dans les zones sous-dotées.

    En clôture d’une consultation de six mois sur la télémédecine, la ministre de la santé a annoncé un assouplissement partiel du cadre réglementaire afin de soutenir le recours à la téléconsultation dans les territoires touchés par la désertification médicale. En France, la téléconsultation ne représente que 3,3 % des consultations contre une moyenne de 13 % dans les pays de l’OCDE, selon les données de l’Assurance-maladie.

    Jusqu’à présent, les médecins ne pouvaient pas réaliser plus de 20 % de leur activité en téléconsultation. Cette règle reste en vigueur mais des exceptions seront désormais possibles pour ;

    • Les médecins retraités, remplaçants ou en situation de handicap.
    • Les professionnels traversant des « moments de vie particuliers », comme les jeunes parents.

    La ministre a également annoncé que les téléconsultations dites assistées (en présence d’un autre professionnel de santé, comme une infirmière) ne seront plus comptabilisées dans ce quota. Elles seront développées en priorité dans les établissements médico-sociaux, notamment les Ehpad, dans l’objectif de limiter les passages évitables aux urgences.

    Un outil d’inclusion, sous conditions

    Stéphanie Rist a rappelé que la télémédecine devait rester un outil d’inclusion, en facilitant l’accès aux soins pour les publics éloignés du système de santé : personnes sans médecin traitant, résidant en zones sous-denses, dépendantes, en situation de handicap ou incarcérées. En revanche, la ministre a tenu à souligner que certaines pratiques devront être « questionnées ou interrompues », notamment dans les secteurs de l’optique et de l’audioprothèse. Elle a appelé à un usage « vertueux » de la téléconsultation, notamment en garantissant un accès encadré aux médecins spécialistes.

  • AstroDoc mise sur une IA médicale avec le lancement d’ASTRID

    À l’occasion de la conférence JP Morgan Healthcare, la société américaine AstroDoc a annoncé le lancement d’ASTRID, une plateforme d’IA dédiée à la santé, dont le déploiement mondial débutera au printemps 2026. Contrairement aux récentes initiatives d’OpenAI et d’Anthropic, centrées sur l’analyse des données de santé, ASTRID se positionne comme un outil complet de parcours de soins.

    ASTRID est adossée à AstroDoc Virtual Care, cabinet médical virtuel américain. L’objectif est de répondre au « dernier kilomètre » : là où d’autres outils s’arrêtent à l’analyse, ASTRID guide vers des solutions. Aux États-Unis, les utilisateurs accèderont directement à des soins : consultations médicales, prescriptions, orientation vers des spécialistes, examens de laboratoire et d’imagerie. À l’international, ASTRID proposera une version gratuite de conseils médicaux alimentés par plusieurs modèles d’IA, avec une extension progressive des fonctionnalités en fonction des réglementations locales.

    Deux offres différenciées : gratuite mondiale et premium intégrée

    • Version gratuite : accessible à tous les anglophones, sans abonnement, avec chat vocal et textuel, vérification croisée des réponses par plusieurs LLMs, conformité aux normes internationales de protection des données (HIPAA, RGPD).
    • Version premium (printemps 2026, États-Unis) : accès à des soins via AstroDoc Virtual Care, prescriptions et coordination médicale intégrée. Une version internationale est prévue selon les spécificités locales.

    Une bêta a été ouverte en janvier 2026 pour les patients existants d’AstroDoc. Contrairement à OpenAI et Anthropic, dont les solutions d’IA santé posent des questions de conformité et s’adressent principalement aux entreprises, AstroDoc revendique une gestion directe et réglementée des dossiers médicaux via son propre cabinet, sans intermédiaire technologique. Pour le Dr Qamar, également fondateur de MedLion et MedWand, il ne suffit plus d’offrir des données médicales aux patients. Il faut les relier à des solutions concrètes. C’est ce que prétend réaliser ASTRID, en alliant IA et prise en charge intégrée.

  • Télémédecine : les Assises 2025 actent un ralentissement et appellent à une relance

    État des usages en 2025

    En 2025, environ 14 millions de téléconsultations ont été réalisées, contre 17 millions en 2020, année marquée par le pic pandémique. La pratique reste régulière, avec plus de 17 000 médecins généralistes y recourant chaque mois, soit un praticien sur trois. La téléexpertise poursuit également sa progression, avec 270 000 actes enregistrés sur l’année. En termes de répartition, 60 % des téléexpertises sont effectuées par des médecins libéraux, les 40 % restants étant assurés par des praticiens hospitaliers. Ces chiffres traduisent une implantation progressive mais encore inégale selon les contextes d’exercice.

    Une dynamique ralentie après la crise sanitaire

    Les travaux menés entre septembre et novembre 2025 dans le cadre des Assises nationales ont permis de faire émerger un constat partagé par les acteurs de terrain : la dynamique de développement de la télémédecine, fortement accélérée pendant la pandémie, s’est depuis nettement infléchie. Les témoignages recueillis lors des ateliers régionaux ont mis en évidence plusieurs causes convergentes : difficultés d’intégration dans les pratiques professionnelles courantes, complexité des outils et procédures, disparités d’équipement, mais aussi essoufflement des dynamiques institutionnelles enclenchées pendant la période Covid.

    La téléconsultation et la téléexpertise restent utilisées, mais de manière hétérogène, souvent à l’initiative de quelques professionnels ou établissements moteurs. Les usages peinent à se diffuser plus largement, notamment dans les zones sous-dotées, les structures médico-sociales ou les filières spécialisées.

    Des recommandations pour relancer une trajectoire cohérente

    À partir de ce diagnostic, plusieurs recommandations ont été formulées par les participants pour redonner un cadre opérationnel au développement de la télémédecine. Ces préconisations visent à consolider les usages existants, en développer d’autres et s’articulent autour de plusieurs axes :

    • Simplifier les outils et les parcours d’usage, afin de réduire les freins techniques et administratifs, tant pour les professionnels que pour les patients.
    • Renforcer l’accompagnement humain, en prévoyant des dispositifs de médiation, d’assistance ou de formation adaptés, notamment pour les publics éloignés du numérique.
    • Ancrer la télémédecine dans les organisations territoriales, en l’intégrant dans les projets de santé des CPTS, des établissements et des filières.
    • Garantir la qualité et la pertinence des actes, en développant des référentiels communs, des formations spécifiques et des dispositifs d’évaluation continue.
    • Clarifier les règles de financement et de facturation, pour sécuriser les professionnels et limiter les écarts d’interprétation sur les conditions de recours.
    • Soutenir les usages dans les secteurs sous-dotés, en mobilisant les outils de planification territoriale et en favorisant l’expérimentation de nouveaux modèles d’organisation.

     

  • Etude : les IA scribes allègent la charge des médecins, au prix de nouvelles inquiétudes (Health and technology)

    Publiée le 9 janvier 2026 dans Health and Technology, l’étude* met en évidence une baisse de la charge administrative, mais aussi des erreurs possibles, un flou sur les données et les responsabilités juridiques.

    Des scribes au cabinet Les IA scribes promettent de faire disparaître une partie du travail invisible de la consultation : taper, résumer, structurer, envoyer des courriers. Dans un système de soins sous tension, l’argument n’a rien d’anecdotique. Mais ces outils touchent en fait des éléments centraux du métier : le dossier médical, la confidentialité et la trace écrite qui engage le médecin.

    Des chercheurs de la Commonwealth Scientific & Industrial Research Organisation (Canberra), l’équivalent du CNRS ont donc mené une étude qualitative explorant pour la première fois l’expérience concrète des praticiens face à ces assistants. Concrètement, les auteurs de cette étude ont conduit des focus groups en février-mars 2025 à Sydney et Melbourne, ainsi qu’une session en ligne. L’échantillon comprend 33 médecins : 21 généralistes et 12 spécialistes, répartis entre utilisateurs et non-utilisateurs d’IA scribes. Les échanges ont fait l’objet d’une analyse thématique qualitative, complétée par un comptage du nombre de participants ayant évoqué chaque thème.

    Les résultats de leurs travaux ont été publiés le 9 janvier 2026 dans Health and Technology.

    Résultats : un atout pour limiter la surcharge administrative

    Bénéfices rapportés par les utilisateurs

    • Amélioration de la qualité des notes : 93,3 % des utilisateurs jugent les comptes rendus mieux structurés et plus complets.
    • Gain d’efficacité : 86,7 % évoquent une réduction de la charge administrative et du temps passé à documenter.
    • Meilleure interaction patient : 66,7 % estiment pouvoir davantage se concentrer sur l’écoute.
    • Effet financier possible : 26,7 % mentionnent des économies liées à la transcription ou à l’organisation.

    Freins et risques identifiés

    Manque de connaissances sur la technologie et les données : 93,3 % des utilisateurs et 94,4 % des non-utilisateurs évoquent de telles lacunes.

    • Erreurs de l’IA (omissions, confusions, valeurs inexactes) : 86,7 % des utilisateurs et 83,3 % des non-utilisateurs les redoutent.
    • Risque médico-légal : 80 % des utilisateurs et 83,3 % des non-utilisateurs estiment que l’IA scribe engendre un tel risque
    • Atteintes possibles à la confidentialité : 86,7 % des utilisateurs et 72,2 % des non-utilisateurs.
    • Sur-dépendance et perte de compétences : 80 % des utilisateurs et 61,1 % des non-utilisateurs.
    • Perte de contrôle clinique : 46,7 % des utilisateurs contre 66,7 % des non-utilisateurs.

    Leviers d’adoption

    • Besoin de recommandations de bonnes pratiques émises par des autorités médicales.
    • Exigence de transparence sur le stockage et l’usage des données.
    • Intérêt pour un apprentissage par les pairs et des environnements de test sans risque.

    Les chercheurs estiment que les IA scribes peuvent donc devenir un outil majeur pour faire face à la surcharge administrative, à condition que ces solutions ne soient développées massivement qu’après avoir défini un cadre de confiance. Un préambule nécessaire car les chercheurs insistent sur le double visage des IA scribes. Ces outils ont certes le potentiel de « réduire la charge administrative et simplifier la documentation clinique », mais « les erreurs de l’IA, la connaissance limitée de la technologie et les inquiétudes concernant son impact sur le travail clinique représentent des barrières importantes ».

    Pour dépasser ces freins, l’équipe appelle à « des politiques claires et des directives issues des principales organisations médicales » et à des recherches menées « dans des contextes réels de mise en œuvre ». Sans règles explicites sur la responsabilité, la gestion des données et la validation humaine des notes, la greffe risque de ne pas prendre.

    Une influence qui dépasse la simple prise de notes

    Au-delà de ces conclusions, l’étude met en fait en lumière un enjeu d’acculturation. En effet, tandis que les utilisateurs de ces outils décrivent surtout des gains concrets de temps et une meilleure relation avec les patients, les non-utilisateurs redoutent davantage la perte de contrôle clinique. Cette divergence suggère que la barrière est plus culturelle que technique.

    Enfin, l’étude suggère que l’effet des IA scribes dépasse la simple prise de notes. En proposant d’emblée une structure de compte rendu, l’outil oriente la manière de présenter les symptômes, les diagnostics et le plan de soins. Cette mise en forme peut ensuite influencer les courriers adressés aux spécialistes, le codage des actes et l’organisation du suivi. L’IA participe ainsi à la construction du dossier médical. Autrement dit, il est crucial que le médecin en ait conscience afin qu’il reste le décideur final.

    * AI in medical practice: doctors’ perspective on the benefits, challenges and facilitators of artificial intelligence scribe use.

    Irons, J.L., Duenser, A., Pickett, T. et al. Health Technol. (2026).

    https://link.springer.com/article/10.1007/s12553-025-01042-x

     

  • CHU de Montpellier : 14,9 M€ pour déployer l’IA

    Dans le cadre de l’appel à projets France 2030, le CHU de Montpellier obtient une enveloppe de 14,9 millions d’euros pour concrétiser son programme “Alliance Santé IA”, un projet de déploiement d’intelligence artificielle sur l’ensemble de ses missions hospitalières. L’annonce a été faite le 19 janvier par la directrice de l’établissement, Anne Ferrer.

    Porté depuis trois ans par le CHU en partenariat avec l’entreprise Dell, le programme vise à intégrer l’IA dans les activités de soin, de recherche, d’enseignement, mais aussi dans le management et la gestion de l’établissement. L’objectif est d’augmenter l’efficacité des équipes mais sans externalisation des données.

    Premiers cas d’usage testés

    Plusieurs expérimentations ont déjà été menées, notamment dans le service des urgences pédiatriques. L’IA y est utilisée pour fournir aux parents une évaluation rapide de l’état de leur enfant, des recommandations de suivi à domicile, ainsi qu’une traduction des informations pour les patients non francophones. Par ailleurs, l’IA est explorée comme outil d’aide à l’inclusion de patients dans des études cliniques, ou encore comme assistant pour les chirurgiens. L’ensemble de ces usages repose sur un principe de sécurisation des données, qualifié de “coffre-fort” numérique. Le développement du projet nécessitera l’embauche de profils spécialisés, présentés comme “rares et précieux”, pour accompagner la mise en œuvre et l’exploitation des outils d’IA.

  • L’évaluation Qualiscope des Ehpad : les établissements commerciaux bien notés 

    Qualiscope restitue des rapports d’évaluation par organisme mais ne permet pas de faire des analyses transversales. Le think tank Matière Grise a surmonté cet obstacle et produit une analyse des Ehpad suivant leur mode de gestion. 

    La HAS étend le processus d’évaluation au médicosocial 

    A partir de 2023 les établissements et services médicosociaux (ESSMS) ont été évalués sur la base d’un référentiel défini par la HAS. En septembre 2025, environ 12 000 rapports d’évaluation, sur la base des évaluations réalisées depuis 2023, ont été mis en ligne, ce qui représente une étape importante dans la démarche de contrôle de qualité dans ce secteur. L’évaluation répond à la nécessité d’introduire objectivité et transparence pour les familles et c’est aussi un moyen de promouvoir les efforts des équipes. L’évaluation comporte 18 critères impératifs et l’ensemble des 157 critères s’organise autour de 3 thèmes : la personne, les professionnels et la gouvernance, chaque critère étant évalué de 1 à 4. Sur cette base d’évaluation, la structure est notée de A à D. Les critères impératifs qui n’ont pas été notés 4 doivent faire l’objet de la définition de mesures correctives immédiates. La méthode d’évaluation comporte des entretiens avec les personnes accompagnées, les professionnels et les membres de la gouvernance et s’appuie parallèlement sur les sources documentaires de chaque organisme.

    Un processus évolutif 

    Les évaluations sont réalisées sur la base du référentiel de la HAS par des organismes indépendants accrédités par le Comité français d’accréditation (Cofrac). La grande spécificité du domaine médicosocial a conduit la HAS à élaborer une convention de partenariat avec le Cofrac, qui devrait bientôt être publiée, afin de renforcer la cohérence des démarches d’évaluation entre les différents organismes. Le référentiel commun ne garantit pas en effet l’unicité de la démarche d’évaluation et le partenariat avec le Cofrac est la voie choisie afin de parfaire le dispositif.

    Les évaluations médicosociales ont suscité des critiques, en particulier sur l’importance jugée excessive accordée aux preuves documentées par rapport aux constatations faites lors des rencontres et échanges sur place. Sur ce point aussi, la HAS a apporté des précisions sur la conduite de l’évaluation, en mettant davantage en avant les évaluations sur place des pratiques professionnelles. Les procédures sont souvent encore trop peu formalisées dans les organismes du secteur médicosocial et il faut que les organismes d’évaluation se réfèrent plus directement aux pratiques de terrain.

    La mise en perspective des Ehpad par Matière grise  

    Les évaluations publiées sur Qualiscope l’ont été par établissement, sans aucune vision synthétique par exemple par région, département, statut juridique, etc. Le think tank a mis en œuvre des moyens spécifiques pour dépouiller informatiquement 3526 évaluations d’Ehpad sur les 7421 qui rentreront in fine (2027) dans la procédure d’évaluation. Cela permet de faire des regroupements et des analyses. Sur la base de cet échantillon, qui représente près de la moitié des Ehpad de France, la notation se répartit ainsi : 

    A  34,7% 
    B  43% 
    C  20,6% 
    D  1,8% 

    L’étude s’est attachée à différencier les Ehpad en fonction de leurs statuts : public, privé non lucratif et commercial. Selon leur statut, les établissements se classent ainsi, suivant le nombre de critères impératifs satisfaits sur les 18 :

    Statut juridique  Nb de critères impératifs satisfaits / 18 
    Ensemble   13 
    Publics  11,9 
    Privés non lucratifs  13,4 
    Commerciaux  15 

    L’examen de la répartition des notes globales confirme la même tendance :

    Statut juridique  A (%)  B (%)  C (%)  D (%) 
    Ensemble  34,7  43  20,6  1,8 
    Publics  23,8  45,5  27,9  2,8 
    Privés non lucratifs  32,2  45,3  20,3  1,2 
    Commerciaux  53,7  35,7  9,7  0,9 

    Ces résultats montrent que les établissements commerciaux offrent des prestations de meilleure qualité que les autres : ils sont deux fois plus souvent notés A que les publics et environ trois fois moins souvent notés C ou D. Cela va à l’encontre des idées reçues, surtout après le scandale d’il y a quelques années. Des explications ont été recherchées du côté d’une supposée meilleure capacité de formalisation des procédures dans le secteur privé, effectivement plus enclin à faire intervenir des cabinets de conseils pour mieux cadrer les processus. D’où la demande ayant abouti faite à la HAS par des responsables du secteur de renforcer l’évaluation sur le terrain par rapport au contrôle sur documents.

    L’évaluation de l’ensemble des établissements et services médicosociaux, commencée en 2003, doit s’étaler sur 5 ans avant son renouvellement. Cette procédure d’évaluation est encore, du fait de ces ajustements constants au cours de son premier cycle d’évaluation 2023-27, un chantier en cours.

    Les 18 critères impératifs du référentiel HAS d’évaluation des ESSMS 

    Les 18 critères impératifs sont répartis dans les chapitres 2 et 3 du référentiel de la HAS (droits des personnes, accompagnement à la santé, démarche qualité et gestion des risques) : Ces 18 critères visent en particulier à garantir le respect des droits des personnes accompagnées, la sécurisation des pratiques, ainsi qu’une démarche structurée de gestion des plaintes, des événements indésirables et des situations de crise. 

    Chapitre 2 – Droits fondamentaux et respect de la personne 

    2.2.1 – Les professionnels soutiennent la liberté d’aller et venir de la personne accompagnée. 

    2.2.2 – Les professionnels respectent la dignité et l’intégrité de la personne accompagnée. 

    2.2.3 – Les professionnels respectent la vie privée et l’intimité de la personne accompagnée. 

    2.2.4 – Les professionnels respectent la liberté d’opinion, les croyances et la vie spirituelle de la personne accompagnée. 

    2.2.5 – Les professionnels respectent le droit à l’image de la personne accompagnée. 

    2.2.6 – L’ESSMS favorise l’exercice des droits et libertés de la personne accompagnée. 

    2.2.7 – L’ESSMS garantit la confidentialité et la protection des informations et données relatives à la personne accompagnée. 

    Chapitre 3 – Accompagnement à la santé, démarche qualité et gestion des risques 

    3.6.2 – Les professionnels respectent la sécurisation du circuit du médicament. 

    3.11.1 – L’ESSMS définit, avec les professionnels, un plan de prévention et de gestion des risques de maltraitance et de violence au bénéfice des personnes accompagnées. 

    3.11.2 – L’ESSMS traite les signalements de faits de maltraitance et de violence et met en place des actions correctives. 

    3.12.1 – L’ESSMS organise le recueil et le traitement des plaintes et des réclamations. 

    3.12.2 – L’ESSMS communique sur le traitement des plaintes et des réclamations aux parties prenantes. 

    3.12.3 – Les professionnels analysent en équipe les plaintes et les réclamations et mettent en place des actions correctives. 

    3.13.1 – L’ESSMS organise le recueil et le traitement des évènements indésirables. 

    3.13.2 – L’ESSMS communique sur le traitement des évènements indésirables auprès des parties prenantes. 

    3.13.3 – Les professionnels déclarent et analysent en équipe les évènements indésirables et mettent en place des actions correctives. 

    3.14.1 – L’ESSMS définit, avec les professionnels, un plan de gestion de crise et de continuité de l’activité et le réactualise régulièrement. 

    3.14.2 – L’ESSMS communique son plan de gestion de crise en interne et en externe. 

     

    Qualiscope de la HAS : https://www.has-sante.fr/jcms/c_1725555/fr/qualiscope 

    Étude de Matière grise sur les Ehpad :  https://matieres-grises.fr/nos_publication/evaluations-de-la-haute-autorite-de-sante-les-ehpad-prives-loin-devant/ 

     

  • World Brain Health Forum 26 : repenser la R&D en neurosciences en intégrant l’IA dès les premières étapes de la R&D

    Dans les pathologies neurodégénératives, plus de 90 % des projets cliniques échouent avant d’atteindre le marché. Ce constat a guidé les échanges de la session dédiée aux stratégies d’accélération thérapeutique du World Brain Health Forum 2026. Une idée forte s’est dégagée : l’intelligence artificielle ne doit plus être considérée comme un simple outil d’analyse, mais comme une brique de la recherche translationnelle, capable de modifier la trajectoire du développement de traitements.

    L’IA redonne de la valeur aux échecs cliniques en neurologie

    Les intervenants* ont insisté sur un point : l’IA permet non seulement d’analyser la complexité biologique du cerveau, mais aussi de tirer parti des données issues d’échecs cliniques passés. L’exemple de la sclérose latérale amyotrophique (SLA) a été cité : des essais jugés négatifs sur le critère principal ont révélé a posteriori une efficacité grâce à l’analyse de biomarqueurs spécifiques (neurofilament light chains), entraînant une relecture complète de la stratégie de validation. L’IA est aussi utilisée pour modéliser les trajectoires cellulaires dans le cerveau vieillissant, à partir de données multi-échelles issues de millions de cellules. En reconstituant l’évolution silencieuse de certains types cellulaires (microglie, astrocytes), il devient possible de détecter des transitions précoces vers des états pathologiques.

    Cette capacité à réinterpréter les signaux faibles dans les cohortes, à modéliser les réponses différenciées, et à identifier les profils de patients répondeurs s’impose comme un axe prioritaire du co-développement.

    Intégrer l’IA dès la conception pour réduire l’échec clinique

    Ces approches permettent de passer d’une médecine de traitement à une médecine d’anticipation, centrée sur les points d’inflexion biologiques plutôt que sur les symptômes visibles. Mais pour tirer pleinement parti de ces outils, les intervenants ont souligné trois conditions :

    • Accès à des données cliniques de qualité, compatibles avec les besoins d’entraînement des modèles ;
    • Standardisation des biomarqueurs numériques pour guider les essais précoces ;
    • Partage ouvert et structuré des données entre acteurs publics, industriels et académiques.

    L’appel est clair : sortir de la fragmentation des approches, construire un socle commun de données et de méthodes, et intégrer l’IA dès la phase de conception des projets thérapeutiques.

    * intervenants :

    • Priya Singhal : Biogen, vice-présidente exécutive et directrice du développement, États-Unis
    • Shibeshih Belachew : Indivi, directeur médical, Suisse
    • Claudia Hirawat : Présidente exécutive de VOZ, États-Unis

     

  • Un questionnaire national pour évaluer l’usage réel de l’IA en imagerie médicale

    Lancée par la Société Française de Radiologie, l’enquête nationale sur “l’usage et l’acceptabilité de l’intelligence artificielle” en imagerie médicale a pour objectif de cartographier les pratiques. Cette initiative s’adresse aux radiologues et aux établissements de santé afin de fournir une photographie réaliste de l’adoption de l’IA dans le secteur. L’enquête repose sur trois axes :

    • Elle vise d’abord à cartographier l’usage de l’IA, en identifiant les types d’établissements impliqués, les modalités d’utilisation, les cas d’usage tels que le triage, la segmentation, la quantification, le compte rendu ou encore la gestion des flux, ainsi que le niveau d’intégration de ces outils dans les workflows et les modes de gouvernance associés.
    • Elle cherche également à mesurer l’acceptabilité de ces technologies en interrogeant la perception de leur utilité, leur impact sur la charge de travail et la qualité des soins, le degré de confiance des utilisateurs, les freins rencontrés et les besoins en formation, selon les modèles d’analyse comportementale TAM et UTAUT.
    • Enfin, l’enquête a pour ambition de produire des données exploitables pour éclairer les décideurs, les institutions, les responsables hospitaliers et les autres spécialités médicales sur le niveau réel de maturité de l’IA en radiologie.

    Le questionnaire est estimé à 10 minutes. Il est accessible à l’ensemble des professionnels du domaine, avec un appel à large diffusion pour maximiser la représentativité des réponses.

    Le lien vers le questionnaire est disponible ici : https://lnkd.in/dZpRZDHH