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  • L’Institut Pasteur investit 9M€ dans un centre dédié à l’analyse et au stockage de données « omics »

    L’Institut Pasteur a inauguré le 13 septembre 2018 deux nouveaux bâtiments « Omics » dédiés à la production, au stockage sécurisé et harmonisé ainsi qu’à l’analyse de données massives engendrées par des travaux de génomique (séquençage et analyse de l’ADN de cellules), d’épigénomique (analyse des modifications épigénétiques de l’ADN), de transcriptomique (étude de l’ARN), de protéomique (étude de l’ensemble des protéines d’une entité biologique), de métagénomique (caractérisation des communautés de micro-organismes) et de génotypage (analyse des polymorphismes génétiques).

    Cette nouvelle structure, conçue et bâtie dans un contexte d’amélioration des techniques de séquençage, d’émergence du big data en santé et dans les sciences de la vie, et dans une volonté de favoriser la pluridisciplinarité ainsi que l’ouverture de la science, accueillera notamment :
    • des experts du séquençage dans un pôle « Biomics » ;
    • des mathématiciens, statisticiens et informaticiens capables d’exploiter ces données au sein d’un « hub ».
    En effet, la capacité à générer des données massives dans les sciences de la vie a profondément transformé les approches en recherche et en santé publique, qui doivent, pour pouvoir conserver et exploiter ces données, s’ouvrir à l’interdisciplinarité, aux échanges entre disciplines ainsi qu’entre équipes de professionnels.

    C’est pourquoi l’Institut Pasteur, pour s’adapter à ces changements et à l’apparition de cette nouvelle biologie dite « computationnelle », a transformé une ancienne résidence universitaire en un pôle d’expertise dont la construction aura coûté 9 millions d’euros financés par des dons du public, s’est doté de nouveaux séquenceurs à haut débit, et a recruté environ 40 experts amenés à travailler :
    • avec les équipes de recherche de l’Institut Pasteur et du Réseau international des instituts Pasteur, qui disposeront ainsi d’un accès facilité à des solutions de production, de stockage et d’analyse des données ;
    • avec les partenaires de l’Institut Pasteur, dans le cadre de recherches ou de missions de santé publique.

    À quels types de travaux de recherche et de santé publique serviront ces nouvelles installations ?

    Selon Olivier Schwartz, directeur scientifique de l’Institut Pasteur et responsable de l’unité « virus et immunité », de telles installations permettront à l’institut de réaliser 3 grands types de travaux.

    1. Séquencer à échelle industrielle des échantillons de micro-organismes (virus, bactéries, parasites, champignons)

    Un séquençage systématique, harmonisé selon un cahier des charges précis de toutes les collections de l’Institut Pasteur ainsi que de tous les échantillons reçus par l’Institut, devrait permettre de prévoir l’émergence d’épidémies, de caractériser ces épidémies et d’analyser la sensibilité des pathogènes aux molécules thérapeutiques afin de guider la conception de vaccins et de traitements adaptés.

    Aussi, l’un des enjeux d’un tel programme de séquençage est de pouvoir répondre plus facilement et plus rapidement à des besoins de santé publique urgents.

    2. Analyser le contenu de cellules afin de les comparer entre elles

    Si l’analyse du contenu de cellules procaryotes (bactéries) ou de virus peut permettre de comparer le génome de milliers de pathogènes entre eux afin, par exemple, de repérer l’apparition d’un gène de résistance aux traitements, l’analyse du contenu de cellules eucaryotes (notamment comme les cellules animales ou humaines) tumorales et leur comparaison à des cellules issues de tissus normaux pourrait par exemple aider à comprendre les processus de tumorisation. L’enjeu serait notamment de pouvoir bloquer ce processus pathogène éventuellement de façon personnalisée, adaptée à une tumeur particulière d’un patient donné.

    3. Stocker, classer, ordonner, analyser les données produites par des techniques d’imagerie macro ou microscopiques

    Les données générées par des techniques d’imagerie médicale ou microscopique s’accumulent et le progrès des techniques accroissant la définition des images rend parfois les clichés de plus en plus complexes à lire et à analyser. Si en enjeu réside dans la capacité à stocker de telles données de façon sécurisée, un autre consiste en le développement de solutions d’aide à la lecture d’images complexes, d’aide à la recherche ou d’assistance aux professionnels de santé (diagnostic, préparation d’interventions chirurgicales, etc.).

    Finalement, il s’agit de développer dans les différents domaines d’expertise de l’institut une démarche intégrée, qui va de l’échantillon vers l’interprétation des résultats.

    Pourquoi centraliser les installations dans un seul pôle d’expertise ?

    La centralisation de tels moyens vise d’abord à optimiser le séquençage et l’analyse des données pour accélérer les recherches et faciliter la réponse de l’Institut Pasteur à des urgences de santé publique : l’accélération du séquençage et de l’analyse augmente l’accessibilité à de tels services pour de nombreuses équipes de recherche ainsi que pour des acteurs de la santé publique en France et dans d’autres pays. La mutualisation des moyens permet en outre la coordination des 33 établissements de l’institut, répartis dans 26 pays du monde.

    De plus, la polarisation des installations garantit un stockage des données sécurisé, des données qui n’ont pas à sortir de l’Institut Pasteur. Ainsi, d’après Olivier Schwartz, une des ambitions de l’Institut Pasteur est d’héberger une base de données cliniques et comportementales sécurisée et européenne sur l’autisme.

    Enfin, il s’agit de réussir à séquencer toutes les collections d’échantillons de l’institut afin de valoriser ces dernières et de pouvoir accéder plus facilement à ces collections, alors que le transport des échantillons demeure problématique en 2018, notamment pour des raisons réglementaires.

    Intérêt de santé publique : l’exemple de la plateforme P2M

    P2M est une plateforme de microbiologie mutualisée à destination de l’ensemble des 14 centres nationaux de référence (CNR) de l’Institut Pasteur accueillie au sein du pôle « Omics » à des fins de santé publique : elle permet de séquencer rapidement – 20 000 à 26 000 séquences d’acides nucléiques peuvent y être déterminées et analysées chaque année – selon un cahier des charges précis et à bas coût des échantillons de pathogènes repérés dans la population et transmis par des hôpitaux, des médecins, des laboratoires de ville, l’Inra, le Cirad, etc., aux CNR.

    Elle a été mise en place récemment après la preuve de concept, en 2015, de l’intérêt du séquençage à haut débit des échantillons transmis par les centres nationaux de référence : un séquençage de qualité et rapide (la séquence du génome de bactéries telles que les Listeria monocytogenes peut être déterminée en 5 jours et analysée 10 jours après réception de l’échantillon), suivi de la comparaison du génome du pathogène étudié à celui d’autres pathogènes enregistré dans une banque de données, permet d’identifier rapidement l’agent d’une épidémie potentielle ou d’infections nosocomiales ainsi que ses sensibilités ou, au contraire, ses résistances aux traitements connus.

    En effet, la technique de séquençage de nouvelle génération (NGS) utilisée par les équipes de P2M permet de réaliser le séquençage du génome de centaines micro-organismes pathogènes en même temps, de visualiser rapidement les séquences d’ADN ou d’ARN décelées et de comparer ces séquences à celles d’autres pathogènes envoyés simultanément à l’institut ou archivées dans une banque issue du séquençage des collections de l’Institut Pasteur, en cours de réalisation.

    Les équipements qui ont permis d’industrialiser un tel procédé de séquençage ont été financé par MSD Avenir. Tout d’abord développés par la société Integragen pour la cristallographie, ils permettent aujourd’hui, en biologie moléculaire, de travailler avec de très faibles volumes d’ADN initiaux pendant 20 à 36 heures consécutives. Ainsi, la plateforme est capable de répondre à des urgences sanitaires telles que l’affaire Lactalis, survenue au cours de l’été 2018.

    Outre la dotation de la plateforme en matériel de pointe, les personnels formés à l’utilisation de tels outils et suffisamment importants pour faire face à des crises de santé publique (épidémies, contamination de produits agro-alimentaires, etc.) constituent une richesse de la plateforme, rappelle Vincent Enouf, responsable de la plateforme de microbiologie mutualisée de l’Institut Pasteur.

  • Parsys Telemedecine, équipementier de matériel de télémédecine, lève 4 millions d’euros

    Parsys Telemedecine, fabricant français de solutions de télémédecine, a annoncé avoir levé 4 millions d’euros le 12 septembre 2018.

    L’entreprise offre des solutions permettant de réaliser des diagnostics à distance dans le cadre des urgences médicales et de la télé-expertise, telles que les stations de télémédecine, les chariots de télémédecine et les électrocardiographes portables sans fil.

    La levée de fonds, portée par Odyssée Venture, Bpifrance et Crédit coopératif, vise à :
    • mettre en œuvre sa stratégie pour renforcer sa position de leader sur le marché du maritime et se développer à l’international avec un focus dans des pays émergents ;
    • renforcer les équipes commerciales et techniques ;
    • réaliser le pipe commercial enregistré sur ce marché de la télémédecine, jugé par la PME en forte croissance en France et à l’étranger.

    Trois outils connectés de télémédecine

    La société propose trois supports différents :

    • une station de télémédecine au service de la mobilité, des soins d’urgence ou de la téléconsultation. Les examens médicaux réalisés peuvent être transmis en quelques secondes à un centre médical distant via internet, 3G ou satellite ;
    • un chariot de télémédecine : équipé des mêmes éléments que la station, il s’agit d’un format plus adapté à l’usage hospitalier ;
    • un électrocardiographe portable sans fil conçu pour capturer et transférer rapidement des tracés ECG de 12 à 18 dérivations simultanées.

    Ces outils sont donc équipés de capteurs médicaux (électrocardiographe breveté, tensiomètre, oxymètre de pouls, glucomètre, thermomètre, spiromètre, etc.) qui transmettent les données à un cloud de télémédecine.

    La société collabore notamment avec Marlink, acteur majeur des communications satellitaires maritimes et le GCS SESAN, qui regroupe 165 hôpitaux en région parisienne.

  • Singapour : 4 sociétés de télémédecine rejoignent un programme d’expérimentation du gouvernement

    Quatre nouveaux fournisseurs de services de télémédecine ont rejoint le 7 septembre 2018 le nouveau programme du ministère de la Santé (MOH) Licensing Experimentation and Adaptation Programme (LEAP). Lancé en avril, le LEAP sera maintenu jusqu’à ce que les actes de télémédecine soient officiellement autorisés en vertu de la loi sur les services de santé de la cité-État.

    Les quatre acteurs en question sont les sociétés de télémédecine MyDoc et Doctor Anywhere, l’application de livraison de médicaments à domicile Speedoc et MaNaDr, qui permet notamment aux patients de prendre des rendez-vous en ligne et de discuter à distance avec un médecin.

    Deux autres sociétés avaient déjà intégré le programme. Il s’agit de Ringmd, un dispositif mobile via lequel les patients peuvent réaliser des appels vidéo avec un généraliste basé à Singapour, et de WhiteCoat, une plateforme virtuelle proposant des consultations de télémédecine.

    LEAP : un programme pour expérimenter les modèles de soins innovants

    Lancé en 2018 par le ministre d’État à la Santé singapourien, le Dr Lam Pin Min, le Licensing Experimentation and Adaptation Programme (LEAP) est « une initiative de sandbox réglementaire qui permet de développer en toute sécurité des modèles de soins innovants dans un environnement contrôlé », explique le ministère de la Santé (MOH) sur son site web.

    Contexte

    « Au cours des dernières années, Singapour a connu une croissance dans le secteur de la télémédecine, les acteurs publics et privés étant apparus pour offrir une variété de services aux patients », relève le MOH, soulignant que la télémédecine permettait d’offrir une meilleure commodité aux patients et une meilleures accessibilité aux offres de soins et aux médicaments.

    La médecine mobile (visites à domicile), par ailleurs, « offre une plus grande accessibilité aux patients qui, pour diverses raisons, ne peuvent pas se rendre dans un hôpital ou une clinique, en amenant des praticiens à leur chevet », ajoute le ministère.

    Modalités du programme

    Dans le cadre du programme LEAP, le ministère de la Santé va se concentrer sur la mise en place d’un cadre réglementaire relatif aux services de télé-consultation et de médecine mobile, en invitant les fournisseurs concernés à participer à son expérimentation.

    Il collaborera avec les fournisseurs retenus pour :

    • définir des conditions limites claires pour la pratique de ces deux exercices particuliers ;
    • entreprendre des stratégies de gouvernance clinique et des données ;
    • établir des stratégies d’atténuation des risques pour les patients.
  • DORA

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  • Marchés : Medasys retenu par le Resah pour le déploiement de robots de préparation de chimiothérapies

    Medasys, éditeur français de solutions logicielles pour les établissements de santé, a annoncé le 5 septembre 2018 par communiqué avoir conclu pour une durée de quatre ans un accord-cadre avec le groupement d’intérêt public Resah afin de fournir, de mettre en service et d’assurer la maintenance de robots de préparation de chimiothérapies.

    Grâce à ce partenariat, tous les adhérents du Resah disposeront d’un interlocuteur unique pour acquérir Pharmoduct, le robot connecté conçu par Dedalus (groupe auquel appartient Medasys) dans l’optique d’automatiser la préparation des traitements anticancéreux et ainsi d’assurer une meilleure prise en charge des patients.

    L’installation et la mise en service de Pharmoduct dans une salle blanche sont « simples et rapides« , assure Medasys, « et garantissent de ce fait la continuité de l’activité ».

    Automatiser les processus oncologiques pour une meilleure prise en charge patient

    Interopérable avec le système d’information existant, Pharmoduct « assure la continuité du circuit oncologique en optimisant le processus de préparation des poches de chimiothérapies (mélange de médicaments antiblastiques) », précise l’éditeur dans son communiqué. Ainsi, il guide les pharmaciens sur les méthodes, la quantité et les temps de production à respecter par le biais d’un processus contrôlé reposant sur une automatisation intelligente.

    Le dispositif « combine une approche « industrielle » de production et les économies d’exploitation associées avec les standards de qualité et de sécurité régissant les processus métiers » :

    • traçabilité complète : vérification de la conformité des prescriptions, suivi des dosages ;
    • précision élevée du dosage thérapeutique : dosage gravimétrique ;
    • contrôle élevé de la contamination microbienne : système de décontamination par ozone.
  • Sénégal : Aphia services lance une appli mobile pour assurer un suivi national des données de santé

    Aphia services, filiale du cabinet de conseil en management sénégalais Performances Group, a lancé le 10 septembre 2018 à Dakar l’application mobile Aphia, qui permet aux patients d’accéder en ligne à leur dossier médical.

    Le dispositif vise à améliorer la prévention, à optimiser le parcours de soins, à sécuriser la couverture médicale et à fiabiliser le suivi individuel de chaque citoyen afin d’assurer un monitoring au niveau national grâce au recueil de données de santé précises.

    Aphia, une appli au service des professionnels de santé et des patients

    Aphia a déjà mis en place il y a quatre ans une version web et mobile destinées aux praticiens dans les centres de santé, avec trois pilotes déployés.

    La première version d’Aphia, disponible gratuitement sur Apple Store et Google Play, met à la disposition des patients un annuaire complet et géolocalisé des différentes organisations et professionnel de santé du Sénégal :

    • médecins généralistes ;
    • spécialistes ;
    • pharmacies ;
    • laboratoires.

    L’application donne également accès à un réseau de prise en charge médicale : assurances santé, mutuelles, Ipres (l’Institution de prévoyance retraite du Sénégal).

    « Les prochaines versions de l’application mobile Aphia mettront rapidement l’accent sur des services avancés tels que la gestion des rendez-vous médicaux, l’observation des traitements, la surveillance de la santé, la relation clients-assurance santé et bien d’autres fonctionnalités », précise le directeur général d’Aphia Services, Medoune Thiam (source : Reussirbusiness.com). « La digitalisation du secteur de la santé est indispensable pour simplifier la vie des citoyens et améliorer le système sanitaire. »

  • LEAP

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  • Cybersécurité des infrastructures de santé : l’AP-HM pilotera le projet européen SAFECARE

    L’Assistance Publique – Hopitaux de Marseille (AP-HM) a été retenue courant septembre 2018 pour piloter le projet européen H2020 SAFECARE, financé par la Commission européenne pour une durée de trois ans et qui sera officiellement lancé les 11 et 12 septembre 2018 au Centre Hospitalier de la Timone (Provence-Alpes-Côte d’Azur).

    SAFECARE, composé d’un consortium de 21 partenaires provenant de 10 pays membres de l’UE, a pour objectif de renforcer la sécurité des infrastructures de santé. Il est axé autour de trois domaines : la cybersécurité, la mise en place d’une base de données et la sécurité physique.

    Le renforcement de la cybersécurité passe par la création d’un système d’analyse et de détection d’éventuels programmes malveillants dans les e-mails, les dossiers numériques des patients ou encore les images médicales. Quant à la base de données unique, il s’agit d’une une plateforme centrale censée recueillir les données des différents systèmes d’alerte.

    Un projet pilote sera mis en place à Marseille avec des acteurs de la crise et des intervenants afin de tester des scénarios d’attaque dans des conditions quasi-réelles.

    Renforcement de la cybersécurité

    L’un des objectifs du projet SAFECARE est de déployer un système d’analyse et de détection de potentiels malware (programmes malveillants) dans les e-mails, les dossiers numériques des patients ou encore les images médicales, afin de surveiller de près le trafic du réseau de ces services de santé.

    Des scénarios de cyberattaques seront testés pour élaborer des algorithmes permettant aux systèmes d’identifier des menaces types.

    Des alertes envoyées sur une plateforme centrale

    Une attention particulière sera portée à la sécurité du matériel médical électronique. En effet, le déploiement d’un système de surveillance connecté aux équipements médicaux, tels que les scanners et les cathéters, est prévu. En cas de problème, les praticiens seront alertés du problème et un message d’alerte sera envoyé sur une plateforme centrale.

    Mise en place d’une base de données

    Les données recueillies par les systèmes d’alerte seront rassemblées sur une plateforme centrale. Ce partage d’informations permettra d’améliorer la communication entre les personnes présentes sur le lieu de crise et leurs premiers interlocuteurs afin de faciliter la prise de décision pour la mise en place de plans d’intervention adaptés.

  • Etude : les effets positifs de la télésurveillance de l’hypertension s’estompent à long terme (Jama)

    D’après une étude* parue dans le Jama le 7 septembre 2018, si le télésuivi de la pression artérielle par un pharmacien donne de meilleurs résultats cliniques qu’une prise en charge traditionnelle, ceci ne serait valable qu’à court terme : les bénéfices du télémonitoring de la pression artérielle s’estomperaient avec le temps.

    La télémédecine au service du contrôle de l’hypertension

    En France, le nombre de personnes hypertendues a diminué ces dernières années : il est passé de 31,4% des personnes âgées de plus de 35 ans en 2012 à 27,9% des personnes âgées de plus de 35 ans en 2018. Cependant, seule la moitié de ces 10 millions de patients contrôlerait son HTA. Aux Etats-Unis, où le coût de l’hypertension dépasserait les 50 milliards de dollars par an, le constat est le même : dans les pays développés, l’hypertension artérielle demeure un problème de santé publique.

    Or, plusieurs études ont déjà montré que la télémédecine permet d’améliorer, au moins à court terme, le contrôle de la pression artérielle quand des pharmaciens ou des infirmières assurent un accompagnement.

    Afin de mieux comprendre l’intérêt et les effets cette fois à long terme d’un télésuivi à domicile, des chercheurs américains de l’Institute for Education and Research de Minneapolis et du Health Research Institute du Kaiser Permanente de Seattle ont mené une étude consistant à assurer le suivi d’un essai randomisé de 326 patients souffrant d’hypertension artérielle (HTA) non contrôlée.

    Un moniteur de pression artérielle et un coaching par téléphone

    Concrètement, les patients appartenant au groupe d’intervention se sont vus remettre un moniteur de pression artérielle transmettant leurs données via un site web sécurisé, puis invités à mesurer leur pression à domicile au moins six fois par semaine. De plus, pendant les six premiers mois de l’étude, ils ont reçu un appel téléphonique d’un pharmacien toutes les deux semaines, ou jusqu’à ce que le contrôle de leur pression artérielle se maintienne pendant six semaines. Dans les six mois suivants, ils ont reçu un appel téléphonique tous les deux mois avant que la prise en charge redevienne « classique », au bout d’un an.

    Les auteurs de cette étude dont les résultats ont été publiés dans le Jama Network Open le 7 septembre 2018 ont suivi leurs patients pendant 54 mois, soit 4 ans et demi.

    Résultats

    • Au bout de 12 mois, les patients télémonitorés présentaient une pression systolique nettement plus faible que ceux du groupe contrôle (-9,7 mmHg).
    • Au bout de 18 mois, le télémonitoring maintenait son avance (-6,6 mmHg) par rapport à la prise en charge classique.
    • La pression systolique était également plus basse dans le groupe télémonitoring (-5,1 mmHg au bout d’un an).
    • 72% des patients ont participé au suivi sur 54 mois.
    • Au 54ème mois de suivi, la différence entre les deux groupes était beaucoup plus faible : -2,6 mmHg pour la pression systolique et seulement -1.0 mmHg pour la pression diastolique.
    • Les auteurs de l’étude précisent que les effets positifs du télémonitoring à distance se sont maintenus jusqu’au 24ème mois (soit un an après la fin de l’intervention).

    Pourquoi les effets du télémonitoring ne durent pas

    Des réductions d’une telle ampleur et de cette durée ont le potentiel d’entraîner des effets cliniquement importants sur les événements cardiovasculaires, estiment les auteurs de l’étude. En revanche, «le suivi prolongé de cet essai testant les effets du télémonitoring à domicile avec un pharmacien ne montre aucune différence significative de contrôle de la pression artérielle à 54 mois.», ont précisé les chercheurs.

    Comment maintenir la bonne pression

    Le maintien à long terme du contrôle de la pression artérielle exige probablement une surveillance continue et la reprise de l’intervention si la pression artérielle augmente. Les chercheurs estiment donc que des travaux supplémentaires sont nécessaires pour déterminer le contenu, l’intensité et la durée du renforcement nécessaire au maintien des avantages de l’intervention sur une période plus longue. Pour eux, le dossier médical électronique est clairement « un outil prometteur pour mesurer les effets de l’intervention et détecter la détérioration du contrôle de la pression artérielle après un contrôle initial réussi ».

     

  • APHP, Inria : 1ères rencontres académiques de l’évaluation des objets connectés en santé, 8/10/2018

    L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), l’Université Paris Diderot et l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) organisent le 8 octobre 2018 à Paris les premières rencontres académiques de l’évaluation des objets connectés en santé, avec au programme plusieurs tables rondes et retours d’expériences sur les grands enjeux posés par le déploiement de ces dispositifs et par leur évaluation.

    À la lumière des premiers retours d’expérience d’évaluation d’objets connectés en santé, le but de cette rencontre est de s’interroger sur les modalités qui permettront de concilier le développement de ces outils à des fins médicales avec les exigences d’une médecine de qualité soucieuse de l’intérêt du patient.

    Il est possible de s’inscrire à cet événement via le lien ci-contre.

    9h

    Accueil

    9h30

    Introduction

    Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP ; Christine Clerici, présidente de l’université Paris Diderot ; Philippe Ruszniewski, doyen de la faculté de médecine de l’université Paris Diderot.

    10h

    Les grands enjeux posés par les objets connectés en santé

    Modérateur : Céline Lefève, maître de conférences en philosophie, co-responsable du programme USPC « La Personne en médecine », université Paris Diderot, et directrice de la chaire coopérative « Philosophie à l’hôpital » (AP-HP/ENS).

    • Les enjeux éthiques et philosophiques, avec Jean-Michel Besnier, professeur des universités, université Paris IV-Sorbonne, chaire de philosophie des technologies d’information et de communication ;
    • Les enjeux posés à notre système de santé : La E-santé, distinguer la lame de fond de l’écume, avec Etienne Minvielle, MD, PhD, titulaire de la chaire de management et directeur de l’EA 7348 management des organisations de santé à l’École des hautes études en santé publique (EHESP), mission « parcours innovant », Institut de cancérologie Gustave Roussy.

    11h45 

    Les grands enjeux posés par les objets connectés en santé (suite)

    • Numérique & santé connectée, avec Eric Fleury, directeur du centre de recherche Inria de Paris ;
    • Débat entre les auditeurs et les intervenants.

    12h45 

    Déjeuner

    14h

    Retours d’expériences autour de l’évaluation des objets connectés en santé

    Modérateur : François Crémieux, directeur général adjoint de l’AP-HP.

    • Les enjeux cliniques, avec Marie-Pia d’Ortho, directrice scientifique du Digital Medical Hub, cheffe de service de physiologie, explorations fonctionnelles de l’hôpital Bichat – Claude-Bernard, AP-HP ;
    • Fiabilité et aide à la décision, avec Anne Gégout-Petit, professeure des universités, université de Lorraine, institut Elie Cartan, responsable de l’équipe Inria BIGS ;
    • Les enjeux médico-économiques, avec Camille Jean, maître de conférences, laboratoire conception de produits et innovation, Arts et Métiers ParisTech ;
    • Les enjeux psychiques de l’interaction des patients et soignants avec les objets connectés, avec Cristina Lindenmeyer, psychanalyste, maître de conférences HDR au département d’études psychanalytiques – UFR IHSS, université Paris 7 Diderot.

    15h20 

    Table-ronde : Possibilités et limites des objets connectés en santé

    Modérateur : Rodolphe Gouin, directeur de la Fondation AP-HP pour la recherche.

    Intervenants : Marie-Pia d’Ortho ; Anne Gégout-Petit ; Cristina Lindenmeyer ; Jean-Yves Fagon, délégué ministériel à l’innovation en santé ; Corinne Collignon, adjointe au chef de service évaluation des dispositifs médicaux, direction de l’évaluation médicale, économique et de santé publique (DEMESP), HAS ; Camille Jean, maître de conférences, laboratoire conception de produits et innovation, Arts et Métiers ParisTech.

    16h30 

    Conclusion