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  • Appel à projets : la Fondation Pierre Fabre finance des projets améliorant les soins, dont la e-santé

    La Fondation Pierre Fabre lance ce 12 novembre 2018 son appel à projets régionaux Occitanie 2019 aux acteurs de coopération en santé de la région Occitanie en faveur de la santé dans les pays du Sud (Afrique, Asie du Sud-Est).
    Ces projets doivent soutenir l’amélioration de l’accès aux soins dans les pays du Sud et être portés par une entité basée en Occitanie. Ils peuvent concerner l’un des domaines suivants :
    • lutte contre les pandémies et les maladies négligées ;
    • amélioration de la santé maternelle et infantile ;
    • soutien aux systèmes de santé nationaux et accès aux soins médicaux ;
    • renforcement des compétences des personnels de santé ;
    • projets de recherche ;
    • développement de solutions de e-santé.

    Les lauréats pourront bénéficier d’une dotation allant de 5 000 à 15 000 euros par projet.

    Les candidatures peuvent êtres soumises jusqu’au 31 janvier 2019. 

    La Fondation a par ailleurs signé un accord de partenariat avec un des réseaux en e-santé les plus actifs de la région, le Asia e-Health Information Network (AeHIN) début octobre 2018.

    Les conditions d’éligibilité

    Les projets doivent :

    • être portés par une association ou une institution (collectivité, établissement de santé, université, etc.) basée en Occitanie ;
    • ne pas s’étaler sur une durée excédant 2 ans ;
    • être au bénéfice d’un pays d’Afrique sub-saharienne francophone, de Madagascar, des Caraïbes (hors départements français) ou d’un pays d’Asie du sud-est (zones d’intervention de la Fondation Pierre Fabre) ;
    • répondant aux objectifs fixés par la Fondation ;
    • impliquant un ou plusieurs partenaires locaux.

    Modalités de candidature

    La candidature est constituée du formulaire de présentation de l’appel à projets, du formulaire de candidature ainsi que des annexes portant sur le budget et le chronogramme prévisionnels. L’ensemble des documents sont téléchargeables depuis le lien ci-contre : 

    • Document de présentation appel à projets régionaux 2019 ;
    • Formulaire appel à projets régionaux 2019 ;
    • Annexe 1 – Chronogramme prévisionnel AAPR 2019 ;
    • Annexe 2 – Budget prévisionnel AAPR 2019.

    Contact

    Les équipes d’Occitanie coopération peuvent fournir des renseignements :

    • par téléphone au 05 32 26 26 73 ;
    • par mail à l’adresse mdaboville@oc-cooperation.org.

    Critères d’évaluation

    • Objectifs du projet conformes à l’objet de l’appel à projets ;
    • Qualité avérée du projet médical (réponse à un besoin identifié et validé par les autorités sanitaires et en cohérence avec les plans de santé publique mis en œuvre au niveau local et/ou national) ;
    • Innovation ;
    • Impact sur l’environnement en santé ;
    • Capacité à mettre en œuvre en local les moyens alloués (structures, RH, etc.) et à évaluer les résultats du projet (mise en place et suivi des indicateurs de résultat et d’impact) ;
    • Stratégie de pérennisation du projet ;
    • Autonomie des bénéficiaires au terme du projet.

    Le partenariat avec Asia e-Health Information Network (AeHIN)

    Le parteanriat avec l’AeHIN a été signé à l’occasion de la 6ème assemblée générale du réseau organisée à Colombo (Sri Lanka) du 7 au 9 octobre  2018, ayant réuni plus de 300 participants de 40 pays, principalement des membres des ministères et organisations liées à la santé en Asie. La Fondation Pierre Fabre y a pris part dans le cadre d’une conférence intitulée « La santé digitale interopérable au service de la couverture sanitaire universelle ».

    Ce partenariat prévoit un partage des expertises et un soutien renforcé aux lauréats asiatiques de l’Observatoire de la e-Santé dans les pays du Sud, dont plusieurs étaient invités à Colombo, comme Amakomaya (lauréat 2017, Népal), Opération ASHA (lauréat 2018, Cambodge) et TraumaLink (lauréat 2018, Bangladesh).

    Les priorités d’action du réseau s’articulent autour des 4 thèmes suivants :

    • le développement durable de la e-santé autour de l’organisation des systèmes d’information sur la santé, de l’enregistrement des données médicales vitales dans les pays et dans la région ;
    • la promotion des normes et l’interopérabilité dans les pays et entre les pays ;
    • l’aide des pairs pour améliorer et partager les connaissances au sein d’un réseau efficace ;
    • le renforcement du leadership, de la gouvernance durable des ministères de la santé ainsi que le contrôle et l’évaluation.
  • Initiative IDF lance le « prêt santé initiative » pour lutter contre les déserts médicaux franciliens

    Initiative Île-de-France, un réseau associatif francilien d’accompagnement, de financement et d’hébergement des entrepreneurs, lance le « prêt santé initiative » (PSI), un dispositif régional d’accompagnement et de financement dédié aux professionnels de santé en partenariat avec la région Île-de-France, la Caisse des dépôts et le Crédit agricole d’Île-de-France, telle est la nouvelle annoncée le 6 novembre 2018.

    L’objectif vise à :
    • augmenter le nombre d’installations pour lutter contre la désertification médicale ;
    • participer au maintien du lien social et de l’économie locale ;
    • donner les moyens aux professionnels de la santé de s’installer sur l’ensemble du territoire francilien.

    Pallier la fracture médicale de la région IDF par l’installation de maisons médicales et en augmentant les fonds propres de professionnels de santé

    Face aux constat que de nombreux territoires de la région manquent de professionnels de santé notamment pour répondre aux besoins de soins de proximité, le réseau associatif a décidé de lancer un dispositif spécifique dédié à l’accompagnement et au financement des professionnels de santé de la région.

    Une baisse régulière de 6 % des effectifs de médecins libéraux inscrits au tableau de l’Ordre des médecins creuse les disparités et les déséquilibres de la couverture médicale en région, une baisse couplée à une augmentation du besoin de santé qui s’explique par l’augmentation de la population et de facteurs aggravants tels que l’augmentation de la dépendance, l’accroissement des pathologies chroniques, etc.

    « La désertification médicale dans de nombreux territoires de l’Ile-de-France est l’une des causes d’inégalité d’accès aux soins. L’absence de services de proximité, tels que la santé, déséquilibre l’écosystème économique et social local. En tant qu’acteur du développement économique, Initiative Ile-de-France a décidé de s’engager pour l’accompagnement et le financement des professionnels du secteur médical et paramédical à travers la création du dispositif PSI, afin de favoriser leur installation », explique Édouard de Penguilly, président d’Initiative Ile-de-France.

    À travers le dispositif, Initiative souhaite favoriser l’installation des maisons médicales et des professions de santé et renforcer les fonds propres des professionnels de santé.

    Un prêt d’honneur sans intérêt ni garantie jusqu’à 30 000 euros

    Grâce au partenariat avec la région Île-de-France, la Caisse des dépôts, le Crédit agricole d’Île-de-France, l’Agence régionale de santé (ARS), les Unions régionales de professionnels de santé (URPS) ou les Ordres et l’écosystème de la santé, l’association vise à répondre aux besoins urgents du secteur libéral en tension du fait du coût des investissements et du fonctionnement de l’installation et de l’activité.

    Le prêt d’honneur, sans intérêt ni garantie pouvant atteindre jusqu’à 30 000 euros par porteur de projet, doit être utilisé comme levier pour un prêt bancaire. Il est associé à un accompagnement en amont et en aval de l’installation qui inclut des services suivants : expertise du projet d’installation, formation à la gestion d’entreprises, expertise financière, juridique et comptable, etc. 

  • 7 Français sur 10 pensent que le développement du numérique n’aura que des bénéfices (Odoxa)

    7 Français sur 10 pensent que le développement du numérique dans le secteur de la santé « n’aura que des bénéfices pour les patients comme les soignants » et 68 % estiment même qu’il améliorera la qualité des soins en France, révèle le 13e baromètre santé 360* (en lien ci-contre) réalisé par Odoxa.

    Centrée sur les professions libérales de santé (médecins généralistes et spécialistes, infirmiers, sages-femmes, kinés, dentistes, pharmaciens), cette enquête dévoilée le 12 novembre 2018 présente un panorama « de l’image de toutes ces professions, de leur attitude et de celle des Français concernant les réformes (actées ou à venir) qui les concernent, et des usages et attitudes des uns et des autres concernant le développement du numérique en santé« .

    Malgré une bonne opinion générale vis-à-vis de la e-santé, les sondés estiment globalement qu’une « bonne transparence » et « une bonne sécurisation des usages » sont nécessaires à son bon déploiement : 4 Français sur 10, par exemple, déclaraient qu’ils ne savaient pas si les professionnels de santé qu’ils fréquentaient échangeaient entre eux des informations sensibles les concernant.

    Dans le cadre de ce baromètre, Odoxa a interrogé par internet des Français et des citoyens issus d’autres pays européens (Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Espagne) ainsi que des professionnels de santé.

    Le numérique est perçu comme la solution pour résoudre des problèmes structurels

    • « D’un point de vue global, le numérique en santé est largement plébiscité », commente Odoxa : 7 Français interrogés sur 10 pensent que son développement n’aura que des bénéfices pour les patients comme pour les soignants et 68 % qu’il améliorera la qualité des soins en France.
    • Dans le détail, le développement du numérique est perçu comme la solution qui permettrait de résoudre des problèmes structurels du système de santé et, plus précisément, en ce qui concerne le parcours de soins et le développement des maisons de santé pluridisciplinaires.
      • Le parcours de soins satisfait moins d’une personne sondée sur deux (- 13 points en 3 ans) et les trois-quarts des professionnels de santé (PLS) en sont mécontents. Selon les trois-quarts des Français et des autres Européens interrogés, le développement du numérique serait une solution pour l’améliorer.
      • 37 % des Français fréquentent les maisons de santé pluridisciplinaires et 45 % des médecins, des infirmiers et des sages-femmes y exercent déjà.
        Pour favoriser le développement de ces maisons de santé, 85 % des sondés français pensent que le numérique constitue un enjeu essentiel. Les deux-tiers des Français plébiscitent dans ces maisons de santé l’utilisation de solutions numériques labellisées par l’État.

    Un besoin de transparence et d’une bonne sécurisation des usages

    « Ce positivisme sur le numérique en santé a des limites », précise Odoxa, ajoutant que son bon développement suppose « une bonne transparence » et « une bonne sécurisation des usages ».

    Or ce n’est pas le cas aujourd’hui, note la société de sondage :

    • Plus de 4 Français interrogés sur 10 ne savent pas si les PLS qu’ils fréquentent échangent entre eux des informations sensibles les concernant.
    • Parmi les Français qui savent que les professionnels de santé qu’ils fréquentent échangent des informations sensibles à leur sujet, environ la moitié ne sait pas comment ils font pour échanger ces informations et un tiers pensent qu’ils utilisent des messageries sécurisées.
    • Du côté des professionnels, 9 sur 10 déclarent échanger des informations sensibles sur leurs patients et dans les deux-tiers des cas, ils échangent ces informations sans utiliser de messageries sécurisées.
    • L’ignorance/la méconnaissance est le principal frein avancé par les PLS qui n’utilisent pas ces messageries.
  • Soins ville-hôpital : Cegedim et Pharmagest annoncent l’interopérabilité de leurs solutions en France

    Cegedim, société spécialiste de l’informatique médicale, et Pharmagest, fournisseur de logiciels dans le domaine officinal et en e-santé, à destination des établissements sanitaires et médico-sociaux, ont annoncé le 9 novembre 2018 la mise en place d’un partenariat technologique stratégique en France visant à fluidifier le parcours patient et les relations ville-hôpital grâce à leur expertise logicielle.

    En s’associant, les deux partenaires souhaitent contribuer à assurer l’interopérabilité pour les professionnels de santé en ville et à l’hôpital afin de répondre aux enjeux de la désertification médicale et au vieillissement de la population en France. Leur démarche sert notamment le déploiement d’outils de télémédecine.

    Interopérabilité de technologies au service d’un parcours de soin plus fluide

    Les deux acteurs s’accordent à dire que l’efficacité des professionnels de santé et la qualité des soins qu’ils prodiguent est fonction de la disponibilité des informations médicales à propos des patients pris en charge.

    Leur collaboration vise à dépasser les limites d’interopérabilité que rencontrent les systèmes actuellement à la disposition des professionnels de santé. Ils estiment que « seul un partenariat technologique fort entre des acteurs majeurs peut conduire à l’élaboration d’un système d’information de santé fiable et efficace ». Ainsi, aussi bien les logiciels que les bases de données des deux acteurs en France sont rendus interopérables.

    Soutenir le déploiement de la téléconsultation et de la télésurveillance

    Afin d’appuyer leurs clients dans le déploiement d’outils au service de la télémédecine et leur permettre de garantir la qualité des soins à destination des personnes âgées et isolées dans les déserts médicaux, Cegedim et Pharmagest annoncent l’interopérabilité de leurs solutions à destination des entités et professionnels suivants :

    • les EHPAD (logiciels Malta informatique) et les médecins de ville, centres de santé, MSP et paramédicaux (logiciels Cegedim) ;
    • les structures de HAD (logiciels Dicsit) les médecins de ville, centres de santé, MSP et paramédicaux (logiciels Cegedim) ;
    • les hôpitaux (GHT équipés par Axigate) et les médecins de ville, centres de santé, MSP et paramédicaux (logiciels Cegedim et plateforme de prise de rendez-vous Docavenue) ;
    • les pharmaciens (LGPI Global Services de Pharmagest et Smart Rx de Cegedim) et les médecins de ville, centres de santé, MSP et paramédicaux (logiciels Cegedim et Docavenue Téléconsultations), avec une plateforme de mise en relation dans le cadre de la téléconsultation entre les pharmacies équipées du module OffiTéléconsult by Pharmagest et les médecins équipés par Cegedim de Docavenue Téléconsultation.

  • European Cyber Week : l’IA et la santé au coeur des débats du 19 au 22 novembre 2018 à Rennes

    L’intelligence artificielle (IA) et son influence sur la cybersécurité ainsi que la cybersécurité en santé sont au cœur de la 3é édition de la European Cyber Week, le forum européen de la cybersécurité et de la cyberdéfense, qui se tient à Rennes du 19 au 22 novembre 2018.

    Au programme, des conférences techniques, des rencontres d’affaires et des événements de haut niveau, adressant tour à tour des enjeux civils et militaires à destination des entreprises, des laboratoires de recherche, des institutions et des étudiants.

    Cet événement se décline en plusieurs événements :
    • journées C&ESAR avec la conférence C&ESAR qui s’intéressera à ces deux volets : les apports de l’IA pour la cybersécurité et les risques de sécurité propres aux intelligences artificielles ;
    • journées Cyber Valley déclinées en plusieurs thématiques : santé, l’Europe de la cybersécurité, les régions européennes, Média, RDV parlementaires ;
    • un forum de recrutement ;
    • journée inter chaires – Ma Thèse 3.0 ;
    • challenge étudiant ;
    • RDV parlementaires – gratuit (inscription en ligne – cliquez ici) ;
    • Les rendez-vous B2B.

    Pour l’inscription, consulter le lien ci-contre. Les frais d’inscription varient en fonction du nombre de jours.

    Le programme complet est disponible à cette adresse.

    ID2Santé interroge les enjeux de l’IA et de cybersécurité

    ID2Santé, centre d’innovation technologique qui accompagne les projets innovants en santé humaine pour la région Bretagne, est l’organisateur de la partie dédiée aux enjeux de la santé. Ce sera l’occasion de croiser des enjeux de la santé, de l’IA et de la cybersécurité.

    Les domaines d’application en santé sont nombreux : personnalisation des traitements, détection et prédiction des maladies, orientation dans le parcours de soins, recherche médicale, etc. L’apport de l’IA dans ces offres est fonction de la capacité à croiser des données de santé massives qu’elles soient cliniques, biologiques, de vie réelle ou médico-administratives. C’est dans ce contexte, où les données seront au centre de l’innovation, que le secteur de la santé va avoir un besoin accru de compétences en cybersécurité.

    Santé, intelligence artificielle et cybersécurité : quels enjeux ?

    Le programme de la journée dédiée à la santé :

    8:30 Accueil

    9:00 Introduction

    9:05 Panorama de cas d’usage de l’intelligence artificielle appliquée à la santé, Denise SILBER, analyste internationale des tendances de l’e-santé

    9:15 :  L’IA fait progresser la recherche médicale, les diagnostics et les soins, mais comment est prise en compte la sécurité des données et des algorithmes par les acteurs innovants du secteur de la santé ? Comment assurer la cybersécurité de l’Intelligence Artificielle dans le domaine de la Santé ? 

    • Market Approval: The Challenges Facing Medical Device Manufacturers, Armelle GRACIET, Director of Industrial Affairs – Snitem (Syndicat des fabricants de dispositifs médicaux)
    • Development of diagnostic test solutions for cancer: Quality and safety of data, Sébastien NIVET, Clinical Manager – VitaDX
    • Early stage cybersecurity audits – Feedback about a connected healthcare devide, Virgile JARRY, cybersecurity auditor, ACCEIS with Quentin BODNIER, R&D project leader, Biosency
    • AI in medical device ecosystem: the hacker’s perspective, Yann ALLAIN, Advisor for information system and IoT security – Serma Safety and Security

    10h40 : Coffee Break​

    • Intelligent monitoring on neonatal intensive care units through longitudinal clinical data analytics, Alfredo I. HERNANDEZ, Directeur de recherche à l’Inserm avec Guy Carrault, Professeur, Chef de projet au laboratoire LTSI-INSERM U1099 et Patrick Pladys, Chef du service pédiatrie au CHU de Rennes
    • Substra: a distributed platform for traceable machine learning on sensitive data, Camille MARINI, Technical Lead Machine Learning Platform, Owkin
    • HealthSuite Insights: An artificial intelligence platform to deliver analytics for healthcare,  François ANDRY, PhD, Senior Director, Enterprise Architecture – Philips Platforms

    12:00 : Health Data Hub : un laboratoire d’exploitation des données de santé, point fort de la stratégie France IA, Marc CUGGIA, MD, PhD (LTSI – UMR Inserm – Université de Rennes 1) et expert de la mission de préfiguration du Health Data Hub

    12:20 : Focus réglementaire : Comment la réglementation européenne prend en compte le développement de l’Intelligence Artificielle dans le domaine de la santé ?​Anne Auffret, Policy Officer, European Commission, Directorate-General for Communications Networks, Content and Technology (CONNECT), Unit eHealth, Well-Being and Ageing

    Contact

    Pour l’inscription, contacter Hopscotch Congrès​ à l’adresse suivante : congres@hopscotchcongres.com

  • Débat : l’intelligence artificielle va-t-elle rendre les médecins obsolètes ? (BMJ)

    Précise, insensible aux biais personnels, peu coûteuse… Les atouts de l’intelligence artificielle (IA) sont nombreux et représentent une concurrence sérieuse pour les médecins, avance un chercheur de l’Institut pour la médecine translationnelle de Zürich (Suisse) dans le British Medical Journal* (BMJ) daté du 7 novembre 2018. Deux autres chercheurs de l’Université McGill (Canada) et de l’hôpital universitaire de Zürich (Suisse)  estiment, quant à eux, que les machines ne remplaceront jamais les médecins.

    Quand l’IA surpasse le médecin…

    Les médecins sont-ils en concurrence frontale avec les ordinateurs. L’intelligence artificielle va-t-elle un jour prendre leur place ? C’est la question à laquelle ont été invités de répondre plusieurs chercheurs dans le British Medical Journal du 7 novembre 2018.

    La réponse est « oui » pour le Pr Jörg Goldhahn, directeur adjoint de l’Institut de médecine translationnelle de Zürich. Ce dernier estime que même si les machines ne sont pas encore « universellement meilleures que les médecin », elles ont les capacités techniques de le devenir, et ce grâce aux capacités illimitées dans le traitement des données, aux potentiels de machine learning et d’auto-correction dont elles disposent. « Les systèmes intègrent continuellement de nouvelles connaissances et se perfectionnent à une vitesse inatteignable pour les humains, écrit Jörg Goldhahn. Même un raisonnement clinique complexe peut être simulé, y compris les préoccupations éthiques et économiques », ajoute-t-il.

    L’empathie, le talon d’Achille du médecin

    Et l’idée selon laquelle les médecins pourraient rivaliser avec les machines en se tenant au courant des avancées de la recherche tout en maintenant un contact étroit avec leurs patients est « tout simplement une illusion », affirme le chercheur de Zürich. La nécessité de réduire les coûts de la santé rend aussi l’IA très compétitive. En outre, Jörg Goldhahn estime que « la capacité des médecins d’établir des liens avec leurs patients, présentés souvent comme la carte maîtresse des praticiens, pourrait bien être leur talon d’achille ». L’IA, impartiale et sans conflits d’intérêts, inspire, selon lui, davantage confiance. « Le médecin que nous connaissons aujourd’hui finira par devenir obsolète », affirme-t-il en guise de conclusion.

    … Et quand la machine ne peut pas rivaliser avec l’humain

    Le Dr Vanessa Rampton de l’Institut McGill (Canada) et le Pr Giatgen A Spinas, de l’hôpital universitaire de Zürich (Suisse) ne sont pas de cet avis. Ils estiment les machines ne remplaceront jamais entièrement les médecins. Selon eux, seuls ces derniers ont la capacité de comprendre l’humain de manière holistique, en tenant notamment compte du mode de vie du patient et de ses émotions. Cette connaissance globale nécessite « du respect, du courage et le sens des responsabilités », autant de qualités pas facilement accessibles aux machines. Dans des situations complexes, avec un risque élevé d’effets indésirables,  » il n’existe pas d’algorithme adapté en fonction des émotions, de la communication non verbale, des valeurs, des préférences personnelles des patients, des circonstances sociales dominantes, etc.

    Etre mortel comme son patient

    L’utilisation de l’IA en médecine, fondée sur la conviction que les symptômes sont mesurables, atteint ses limites lorsqu’elle est confrontée à des facteurs émotionnels, sociaux et non quantifiables qui contribuent à la maladie », soulignent les deux chercheurs. Les ordinateurs sont disqualifiés, tout simplement parce qu’ils ne sont pas humains, et donc mortels. Et si les robots sont capables de faire preuve d’empathie, ce n’est que pure forme ! Machines et médecins travailleront donc de plus en plus ensemble mais « les médecins restent irremplaçables. »

    Soigner sans médecin : un scénario « impensable »

    Dans un commentaire** associé à ce débat, publié également dans le BMJ, trois autres membres de la communauté scientifique qui « cumulent à eux seuls 61 années d’histoires de patients » ont écrit qu’ils considéraient l’IA « comme un serviteur plutôt que comme le directeur des soins médicaux ».  » Imaginez une mère et un père à qui l’on annonce que leur fils de 3 ans va perdre ses reins à cause d’une maladie rare. Imaginez l’émotion brute sur leurs visages. Maintenant, imaginez ce même scénario sans aucun professionnel de la santé dans la pièce. La seule interaction est avec une forme artificielle d’intelligence. Une machine. C’est impensable. »

     

  • « Face aux épidémies, le traitement des données en temps réel est la clé » (E. Castle, eHealthAfrica)

    Evelyn Castle, directrice et co-fondatrice de eHealth Africa (eHA), a partagé avec Health & Tech Intelligence l’expertise et le retour d’expérience des programmes de sa start-up dans l’amélioration des résultats en matière de santé publique, d’anticipation et de gestion des pandémies, ainsi que les missions d’appui aux systèmes de santé nationaux, à la suite de son intervention au World Health Summit (14-16 octobre 2018, Berlin).

    Né lors de l’épidémie du virus Ebola en 2014 en Sierra Leone, le projet eHealth Africa s’est rapidement imposé en proposant un suivi de la propagation par un traitement de la donnée en temps réel mais aussi des outils de traçage tels que Sense Ebola ou des applications comme DHIS2. D’autres solutions d’nteropérabilité comme la plateforme Aether apportent enfin leur soutien aux systèmes de santé nationaux, explique-t-elle.

    Face à l’urgence de l’épidémie, un traitement de la donnée en temps réel s’impose

    Pouvez-vous revenir sur l’origine de eHealth Africa (eHA) ?

    Evelyn Castle : eHA a vu le jour au Nigéria en 2010, avant d’étendre son action en Sierra Leone, au Liberia et en Guinée. La start-up basée en Afrique de l’Ouest développe des solutions d’appui aux systèmes de santé grâce à la conception et la mise en œuvre d’outils basés sur l’exploitation et le traitement des données de santé. EHealth Africa a soutenu l’effort national en 2014 face à l’épidémie d’Ebola en Sierra Leone, lorsque le nombre de personnes infectées doublait chaque jour.

    Pouvez-vous nous en dire plus sur l’intervention d’eHA lors de cette épidémie d’Ebola ?

    Nous savions que cette épidémie n’aurait aucune chance de ralentir avant que nous ne puissions obtenir des données en temps réel qui nous permettraient une prise de décision plus efficace.

    Sur la base de son expérience dans le développement et la mise en œuvre de solutions, eHA a développé des outils de surveillance des maladies. Chaque pays était confronté à des défis différents et avait des priorités spécifiques selon le stade de l’épidémie. Nous avons donc développé une batterie d’outils pour résoudre le problème, le défi majeur étant la diversité des formats en matière de données d’un pays à l’autre.

    Sense Ebola: un premier outil de traçage des contacts

    Quel est l’objectif précis recherché à travers le développement de l’application Sense Ebola ?

    L’application Sense Ebola a été conçue pour collecter des données lorsque des équipes médicales vérifiaient l’état de santé des personnes qui avaient été en contact étroit avec des patients atteints du virus Ebola. Elle garantissait que chaque personne ayant eu un contact potentiel avec le virus était suivi deux fois par jour et signalait si un contact présentait des symptômes du virus.

    L’outil a été conçu pour fonctionner sur les téléphones Android, aussi bien en ligne que hors ligne. Les données sont stockées sur le mobile et synchronisées automatiquement avec les bases de données nationales et centrales de chaque pays, lorsque la connexion est établie. Un tableau de bord affiche les données de toutes les équipes de recherche de contacts, permettant aux ministères et aux partenaires une vision globale de l’état de la recherche de contacts au niveau national.

    Quels ont été les résultats ?

    Au total, l’application Sense Ebola a été utilisée par plus de 700 traceurs de contacts en Sierra Leone, au Liberia, en Guinée et au Nigeria, réduisant le temps de déclaration des contacts avec l’épidémie de plus de 12 heures.

    De fait, l’épidémie du Nigeria a pu être arrêtée avec seulement 20 personnes infectées. La traçabilité des contacts était un outil nécessaire pour répondre au suivi d’un cas une fois identifié mais une autre lacune majeure dans la réponse au virus Ebola était d’identifier immédiatement le foyer afin de pouvoir le signaler. Dans ce but, la Sierra Leone et le Liberia ont décidé de mettre en œuvre un cadre de surveillance intégré de la maladie et de la riposte (IDSR) référencé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

    Ce cadre permet une interopérabilité des données de laboratoire, réduisant le délai de détection et de confirmation du laboratoire afin que la réponse soit déployée le plus rapidement possible. Dans le cadre de la mise en œuvre de l’IDSR, la Sierra Leone et le Liberia se sont concentrés sur la création d’un outil de notification électronique, sur la base des rapports hebdomadaires de maladie à déclaration obligatoire immédiate. Néanmoins, les deux pays avaient des exigences différentes dans le traitement des flux et le reporting. En Sierra Leone, l’objectif était de collecter les données des établissements de santé sur une base hebdomadaire, de valider cette information au niveau du district, et enfin d’analyser la remontée des informations au niveau national.

    DHIS2 Mobile : une plateforme de collecte et d’analyse de la donnée statistique

    Vous avez alors créé l’application DHIS2 Mobile.

    « Oui, afin de répondre à cette exigence, nous avons créé DHIS2 Mobile, une plateforme de collecte, de validation, d’analyse et de présentation de la donnée statistique, qui permet de télécharger le formulaire IDSR dans les bases de données nationale de Sierra Leone.

    Ce système fonctionne actuellement dans 372 centres de santé en Sierra Leone et plus de 95 % des établissements réalisent un reporting hebdomadaire des formulaires eIDSR.

    L’application a-t-elle été utilisée dans d’autres pays, comme le Liberia ?

    Le Liberia voulait aller plus loin et obtenir des données basées sur des cas concrets mais la mauvaise couverture en réseau mobile dans le pays ne permettait pas les échanges par SMS. En réponse, nous avons développé RapidPro pour gérer la plateforme SMS des établissements de santé combinés avec l’application DHIS2 permettant des signalements immédiats au gestionnaire. Lorsque la connexion au réseau mobile est disponible, les données sont synchronisées au niveau national par le système de suivi DHIS2. 

    Ce système fut testé dans deux comtés du Liberia, avant que la gestion de l’outil ne soit déléguée au ministère de la Santé pour un déploiement à l’échelle nationale. Pour un traitement optimal, le système national de surveillance des maladies doit inclure des données cliniques issues des hôpitaux publics et privés, en provenance des canaux des médias sociaux, mais aussi des données provenant directement du public, via les centres d’appels ou les SMS.

    Comme beaucoup d’autres acteurs du secteur de la santé, nous avons développé des outils en réponse à un problème spécifique et en cas d’urgence mais nous redémarrions presque systématiquement à zéro à chaque évènement, recréant des fonctions nouvelles ou des outils différents. Cela a notamment permit l’élaboration de solutions telles que la plateforme IDSR.

    Aether : un outil pour des solutions d’échange de données uniformisées

    Quid de la plateforme Aether ?

    Ce cadre de développement permettrait de déployer des solutions plus rapides, à moindre coût, tout en instaurant un système de soutien durable et continue.

    Aether permet aux organisations de mettre en place des solutions de traitement et d’échange de données uniformisées, facilitant les échanges de données entre les systèmes. Grâce à cette plateforme, les données sont collectées à partir de différentes sources et mappées au sein d’un schéma commun. Ce schéma constitue un contrat de données, qui facilite l’interopérabilité et l’échange des données de santé. Les données sont stockées sous forme de messages pouvant être traitées ou publiées dans des applications externes en temps réel, garantissant un accès rapide des organisations à l’information. Les données sensibles peuvent être masquées et publiées dans un environnement cloud hautement sécurisé. 

    Aether permet d’intégrer facilement des solutions de santé numérique les plus utilisées, telles que ODK, Kibana, Elastic Search, CKAN et nous développons continuellement des solutions de comptabilité pour les systèmes DHIS2 et le standard HL7 FHIR qui définit une palette d’objets d’information modulaires appelés « ressources », qui s’assemblent et se relient entre elles, afin de construire de façon efficiente des systèmes de partage de données cliniques ou administratives.

    Aether permet également de développer des connecteurs pour des applications non prises en charge, en personnalisant en fonction des besoins. Enfin, Aether est un projet open source ouvert à tous.

    Comment Aether peut-il concrètement soutenir un IDSR national ? 

    Dans le cadre d’un IDSR, trois domaines doivent être traités en priorité : la détection de la maladie et sa notification, la confirmation du laboratoire et enfin la réponse à l’épidémie.

    Dans ce cadre, eHA utilise trois systèmes qui se concentrent sur l’obtention de ces données, la détection et le signalement des maladies, grâce à l’application mobile DHIS2, qui collecte le rapport IDSR auprès des établissements de santé. La confirmation des échantillons de laboratoire est obtenue à partir des informations du logiciel BIKA Lab, un système de gestion de l’information libre, très répandu. Enfin, dans le suivi des épidémies, eHA utilise le suivi SENSE Ebola pour rechercher les contacts donnant lieu à contamination. 

    Nous devons cartographier l’ensemble des données recueillies par ces outils au sein du « schéma ». Ces données seront ensuite publiées dans un tableau de bord IDSR qui permettra de surveiller l’évolution des indicateurs clés. Une fois ce système configuré, nous sommes prêt à agir.

    Pourquoi la collaboration avec les États est-elle aussi complexe ?

    Lorsque nous entamons des discussions avec les systèmes de santé nationaux, nous envisageons toujours des stratégies complexes autour du traitement de plusieurs millions de données différentes, ce qui rend la construction d’un système national d’information de santé dans le meilleur des cas complexe, dans le pire des cas impossible.

    Aether est une rampe de lancement, il permet d’entamer la coopération vers plus d’interopérabilité. L’outil se veut flexible pour évoluer au fil du projet. Quelques données clés suffisent pour identifier les besoins et prendre les bonnes décisions.

    Des outils tels que Sense Ebola, Follow-up, ODK et KoboCollect sont performants mais pour tirer le meilleur parti des données collectées, nous devons veiller à ce qu’une plateforme comme Aether permette le partage et l’analyse des données de santé en toute sécurité afin d’aider les professionnels à prendre les meilleures décisions possibles.

  • Poietis lance la commercialisation de sa gamme de bio-imprimantes de nouvelle génération

    Poietis a annoncé la commercialisation de sa nouvelle gamme de bio-imprimantes « Next Generation Bioprinting » (NGB) avec deux systèmes dont l’un à destination de chercheurs (NGB-R) et l’autre destiné aux cliniciens  (NGB-C), à l’occasion du Congrès International de bio-fabrication qui s’est tenu à Würzburg en Allemagne du 28 au 31 octobre 2018.

    L’objectif principal de ces deux nouveaux systèmes est de fournir des outils qui :
    • couvrent l’ensemble des besoins en ingénierie tissulaire de la recherche à la fabrication de lots cliniques ;
    • se démarquent de l’offre actuelle par un progrès dans la standardisation des processus de fabrication des tissus.

    Deux nouveaux systèmes de bio-impression sur le marché

    Afin de doter les acteurs de l’ingénierie tissulaire de moyens permettant de couvrir l’ensemble des besoins en ingénierie tissulaire, Poietis lance ces deux nouvelles plateformes qui permettent aux chercheurs et cliniciens de concevoir et de bio-imprimer des tissus avec une résolution cellulaire.

    La société juge que les applications cliniques et industrielles de la médecine régénératrice se multiplient et a segmenté son marché en trois cibles :

    • les modèles tissulaires in vitro alternatifs à l’expérimentation animale en dermo-cosmétique ;
    • la recherche pharmaceutique ;
    • la médecine régénérative.

    Caractéristiques techniques : automatisation et robotisation

    L’objectif de ses plateformes est de pallier la limitation des méthodes conventionnelles sur le plan de la standardisation des processus de fabrication et de fonctionnalité des tissus produits. Elles intègrent des technologies d’automatisme et de robotique, couplées à de nombreux capteurs en ligne – notamment de la microscopie cellulaire – et du traitement par IA.

    En outre, elle inclut dorénavant la totalité des techniques de bio-impression telles que le laser, l’extrusion, ou encore le jet d’encre par micro-vanne, ce qui constitue une première sur le marché des bio-imprimantes.

    « Nous avons fait évoluer la plateforme NGB vers un système automatisé et robotisé afin d’améliorer la standardisation des procédés de fabrication et la fonctionnalité des tissus biologiques » souligne Fabien Guillemot, président et directeur scientifique de Poietis. « La combinaison de la bio-impression multimodale avec l’acquisition et le traitement en ligne des images des cellules imprimées va permettre aussi de garantir, avec une résolution cellulaire, que ce que nous concevons est ce que nous imprimons » a-t-il ajouté.

    Les plateformes intègrent les principes de l’industrie 4.0 :

    • NBG-R est un système de bio-impression 4D de nouvelle génération, multimodal, développé et pensé spécifiquement pour les chercheurs et biologistes. Combinant la bio-impression assistée par laser, par micro-vanne et/ou par extrusion, il permet une véritable polyvalence de l’impression (de la cellule unique aux sphéroïdes) et offre la possibilité d’utiliser un grand nombre de biomatériaux et d’hydrogels. Cette plateforme comprend un système d’imagerie cellulaire embarqué pour le suivi en temps réel de la fabrication et s’appuie sur une suite logicielle complète allant de la CAO de tissus biologiques, la gestion des protocoles de bio-impression, à l’analyse des données de fabrication ;

    • NGB-C est un système de bio-impression, pensé spécifiquement pour les cliniciens afin d’assurer une normalisation des processus de fabrication de tissus fonctionnels qui seront considérés d’un point de vue réglementaire comme des médicaments de thérapie innovante (MTI). Le système permet de réaliser un procédé de fabrication en système clos, en conditions totalement aseptiques, au sein d’un isolateur. Il s’appuie sur des solutions de robotisation et intègre des technologies pour assurer la répétabilité et la traçabilité complète des opérations de fabrication.

  • Réactions DMP : les patients intéressés et les professionnels satisfaits mais avec des réserves

    À la suite de la campagne de relance du DMP le 6 novembre 2018, les acteurs de santé ont émis des réactions :

    • présente lors du lancement de la campagne par Agnès Buzyn et Nicolas Revel, France Assos Santé plaide en faveur du DMP et s’appuie une enquête* selon laquelle 70 % des Français sont spontanément intéressés par la possibilité de disposer d’un outil de centralisation en ligne de ses données de santé, une proportion qui atteint 85 % après présentation du dossier médical partagé (DMP).

    Du côté des professionnels de la santé, les avis jusqu’ici exprimés sont plutôt favorables, quoique mitigés :
    • le Syndicat des médecins libéraux (SML) pense que le retour à un DMP est « une décision raisonnable » mais estime que l’Assurance maladie « aurait pu, comme elle le fait pour les autres professions de santé habilitées à le faire, instaurer une rémunération incitative afin de rémunérer le temps passé par les médecins à ouvrir des DMP » ;
    • la Confédération des Syndicats médicaux français (CSMF) se réjouit elle aussi de la relance du dispositif, mais émet quelques conditions pour que l’outil soit une réussite, dont « l’évolution urgente de tous les logiciels professionnels utilisés par les médecins pour permettre l’élaboration de données structurées facilement utilisables ».

    « La généralisation du DMP doit à présent être une priorité » (SML)

    « La généralisation du DMP est un élément incontournable à la mise en œuvre de la coordination des soins, indique le syndicat. Le SML salue la volonté de l’Assurance maladie et regrette le temps ainsi que l’argent englouti dans un gouffre financier dont il faudra reparler. (…) La généralisation du DMP doit à présent être une priorité, et le SML souhaite que l’utilisation du DMP soit simple et n’entraîne pas de double saisie. »

    « Le DMP [doit contenir] un volet de synthèse médicale structuré » (CSMF)

    Selon la CSMF, le dossier médical partagé « n’apporte rien au patient » s’il ne contient pas « un volet de synthèse médicale structuré », expliquant que s’il se résume « à une boîte dans laquelle chaque Français aurait en vrac toutes les données concernant sa santé, il sera inexploitable, raison de ses échecs répétés ».

    Le volet de synthèse médicale évoqué « nécessite des données structurées qui ne peuvent être élaborées que par le médecin traitant », explique la confédération. Son élaboration nécessite un temps de travail médical qui « doit être reconnu et être financé » lors de sa publication, « en particulier pour les patients polypathologiques, en affection de longue durée ou atteints d’un handicap », précise-t-elle.

    Afin de faciliter la création de ce volet de synthèse médical structuré, les logiciels professionnels des médecins « doivent devenir beaucoup plus ergonomiques », recommande la CSMF, une évolution jugée « indispensable » mais qui variable selon l’éditeur.

    En résumé, selon la confédération, les conditions de la réussite du nouveau DMP passent par :

    • « le financement de l’élaboration d’un volet de synthèse médicale pour le médecin traitant, pour les patients polypathologiques ou atteints d’un handicap, ainsi que pour les nouveaux patients » ;
    • « l’évolution urgente de tous les logiciels professionnels utilisés par les médecins pour permettre l’élaboration de données structurées facilement utilisables ».

    La CSMF appelle le gouvernement à accompagner les médecins pour la création de ces volets de synthèse médicale.

    « Le DMP permettra à chacun de devenir acteur de sa santé » (France Assos Santé)

    « Le DMP permettra à terme à chacun de devenir acteur de sa santé, ceci renforcé par la possibilité de renseigner des informations diverses, telles que la personne de confiance, ses choix en matière de dons d’organes et, à venir, ses directives anticipées », a déclaré France Assos Santé dans un communiqué du 7 novembre 2018 présentant les résultats de son enquête.

    Selon l’association, les usagers sont au cœur du dispositif grâce « à la possibilité d’ajout de documents personnels, la gestion individuelle des autorisations d’accès délivrées aux professionnels de santé de son choix ainsi que la possibilité de masquage des informations qu’ils ne souhaitent pas partager ».

    Enseignements principaux de l’enquête France Assos Santé :

    Globalement :

    • 70 % des Français interrogés sont spontanément intéressés par la possibilité de disposer d’un outil de centralisation en ligne de ses données de santé ;
    • après présentation de la nouvelle version du DMP, ce taux atteint 85 %, « mettant en avant l’intérêt marqué pour ses principales fonctionnalités », commente France Assos Santé.

    Les raisons qui inciteraient à l’ouverture du DMP principalement citées :

    • la possibilité de partager des informations avec les professionnels de santé pour permettre une meilleure prise en charge (raison citée par 36 % des répondants) ;
    • le fait de bénéficier d’un accès centralisé à ses données de santé (36 %).

    Les fonctionnalités qui inciteraient principalement à l’utilisation du DMP :

    • permettre l’accès à ses informations de santé en cas d’urgence médicale (57 %) ;
    • faciliter la coordination entre les professionnels de santé intervenant tout au long du parcours de santé (54 %) ;
    • éviter la déperdition d’informations pour ne pas recourir à des actes répétés et redondants (51 %) ;
    • avoir un espace regroupant toutes les données médicales (46 %) ;
    • limiter les risques d’interactions entre les différents traitements (39 %).

    À propos des questions de confiance et de sécurités des données

    • La majorité des Français sondés (51 %) font davantage confiance à un acteur public qu’à un acteur privé (17 %) pour la mise en œuvre d’un dossier médical en ligne ;
    • 54 % des personnes interrogées souhaitent solliciter des garanties en termes de sécurisation des données, « les freins identifiés à l’utilisation d’un DMP étant la question du vol ou du piratage des données et de la récupération des informations par d’autres acteurs (employeurs, compagnie d’assurance…) » ;

    54 % des répondants considèrent par ailleurs « la gratuité de l’accès au service » comme un critère important pour l’utilisation de cet outil.

  • RDV Médicaux saisit l’Autorité de la concurrence pour que l’AP-HP ouvre l’accès à sa base médecins

    RDV Médicaux a saisi l’Autorité de la concurrence pour que l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP) ouvre l’accès à sa base de médecins à tous les acteurs de la prise de rendez-vous en ligne, annonce la plateforme dans un communiqué publié le 6 novembre 2018.

    La start-up explique regretter que la prise de rendez-vous en ligne avec les médecins de l’AP-HP ne soit interconnectée « qu’avec le service d’un seul acteur du marché ». Les médecins et les patients ayant fait confiance à d’autres opérateurs, tels que RDV Médicaux, se voient ainsi contraints, selon ses observations, « de s’inscrire auprès du seul opérateur auquel l’AP-HP a donné accès à sa base de données s’ils veulent prendre rendez-vous dans un hôpital public parisien ».

    La société a ainsi choisi de saisir l’autorité pour que cette dernière « diligente une enquête auprès des acteurs du marché et détermine en particulier si l’exclusivité de l’accès aux agendas des médecins de l’assistance publique octroyée à une société privée ne contrevient pas aux règles d’une saine concurrence par les mérites au préjudice des patients comme des médecins« .

    Contexte

    En octobre 2018, RDV Médicaux et Docavenue se sont associés dans l’optique de faire communiquer leurs plateformes de rendez-vous médicaux en ligne (voir article en lien ci-contre) et ainsi, entre autres, d’ »assurer aux patients une offre plurielle », commente RDV Médicaux dans son communiqué.

    Objectif souhaité : rendre interopérable les services de prises de rendez-vous en ligne

    « Dans la continuité de ce partenariat », la start-up appelle l’AP-HP, « établissement public en charge de la défense des intérêts de tous ses patients usagers et conformément à ses missions de santé publique », à ouvrir sa base de données répertoriant l’ensemble de ses médecins à l’ensemble des opérateurs du marché de la prise de rendez-vous en ligne.

    Selon RDV Médicaux, un tel accès permettrait de rendre interopérable les services de prises de rendez-vous en ligne.