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  • L’OCDE encourage le recueil de données réelles pour la conception de nouveaux traitements (rapport)

    Associer les patients dans le processus de collecte des données de santé peut améliorer le développement des médicaments, estime l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans un rapport publié en février 2019 et rédigé sur la base d’une enquête portant sur 26 pays.

    Les pays étudiés reconnaissent que l’utilisation des données est encore loin d’atteindre le maximum de son potentiel. Alors que 39 % invoquent un manque de moyens pour leur analyse, 29 % pointent principalement du doigt la législation en matière de protection des données personnelles, qui limite la possibilité de les partager, 25 % citent l’infrastructure technologique et 7% la mauvaise qualité de l’information.

    L’OCDE relève que les données concrètes, comme les éléments générés par les études d’observation, sont utilisées davantage comme base pour l’évaluation des technologies que comme aide à la décision pour l’autorisation de mise sur le marché des médicaments. L’organisation constate le fait que ces données ne sont disponibles qu’une fois que le produit est déjà sur le marché et, d’autre part, que la priorité est toujours attribuée aux éléments issus des essais cliniques traditionnels.

    Ces données sont utilisées notamment pour surveiller les effets secondaires indésirables des médicaments déjà en circulation, ce qui peut conduire à leur retrait du marché, ou à une modification de leur étiquetage, voire à une alerte sanitaire. Elles servent également pour la révision d’évaluations antérieures, susceptibles de reconsidérer l’intérêt thérapeutique d’un médicament et de modifier son taux de remboursement, comme ce fut le cas en France avec les benzodiazépines.

    Un cadre méthodologique pour établir l’efficacité d’un médicament à partir de données recueillies en routine

    Saluant en conclusion de son rapport les efforts déployés pour « collecter, intégrer et analyser les données en vie réelle des patients », l’organisation regrette de voir l’usage de ces sources limité par « un manque de données et d’aptitude à contrôler le partage de ces données ». Elle appelle à la mise en place d’un « cadre méthodologique » pour établir l’efficacité d’un médicament à partir de données recueillies en routine, soulignant que cette approche doit « gagner en légitimité et en reconnaissance de la part des agences d’évaluation des technologies de la santé ».

  • Télémédecine : les équipements connectés retenus pour le forfait structure 2019 (oxymètre, caméra…)

    Conformément à l’avenant 6 à la convention médicale, la liste des équipements connectés retenus pour le forfait structure a fait l’objet d’une validation en commission paritaire nationale des médecins (CPN) en décembre 2018. Cette liste sera actualisée chaque année, précise la Caisse nationale de l’Assurance maladie, qui a publié fin février sa version 2019.

    Ainsi, les équipements connectés liés à la pratique de la télémédecine pouvant faire l’objet d’une aide financière pour 2019 sont les suivants :
    • oxymètre connecté ;
    • stéthoscope connecté ;
    • dermatoscope connecté ;
    • otoscope connecté ;
    • glucomètre connecté ;
    • électrocardiogramme (ECG) connecté ;
    • sonde doppler connectée ;
    • échographe connecté ;
    • mesure pression artérielle connectée ;
    • caméra (utile pour regarder l’état de la peau par exemple) connectée ;
    • outils de tests visuels, audiogramme connectés ;
    • matériel d’exploration fonctionnelle respiratoire dont le spiromètre et le tympanomètre connectés.

    « La télémédecine regroupe les pratiques médicales effectuées par un médecin à distance en mobilisant des technologies de l’information et de la communication. L’observation et l’analyse de la situation médicale du patient peuvent nécessiter d’utiliser des appareils médicaux connectés spécifiques. Une aide à l’équipement des médecins libéraux a été instaurée par le biais de deux nouveaux indicateurs inscrits dans le volet 2 du forfait structure. Cette aide est effective depuis cette année, pour un versement de l’Assurance maladie en 2020 », explique la Cnam dans son communiqué.

    Volet 2 du forfait structure : 2 nouveaux indicateurs en faveur du déploiement de la télémédecine

    • un indicateur de 50 points (350 €) pour s’équiper en vidéotransmission, mettre à jour les équipements informatiques et s’abonner, le cas échéant, à des plateformes de télémédecine pour assurer des actes de téléconsultation dans des conditions sécurisées ;
    • un indicateur de 25 points (175 €) pour s’équiper en un ou plusieurs appareils médicaux connectés, dans la liste des équipements retenus chaque année.

    Des justificatifs qui attestent de l’achat d’un équipement chaque année sont nécessaires pour bénéficier de ce forfait annuellement.

    Les médecins doivent s’assurer que leur équipement soit suffisamment sécurisé

    Les professionnels de santé pratiquant la télémédecine doivent s’assurer que l’équipement qu’ils utilisent remplissent des conditions de sécurité suffisantes pour les échanges de documents médicaux (photos, etc.) venant en complément de la téléconsultation, rappelle la Caisse nationale de l’Assurance maladie.

    Pour ce faire, ils doivent vérifier « auprès de leur éditeur de logiciels ou de leur fournisseur de solutions de télémédecine que les critères de sécurité sont bien respectés pour l’échange de données personnelles de santé », détaille-t-elle.

    Un ensemble de référentiels va être publié pour faciliter les usages

    Des solutions de télémédecine « complètes et répondant aux exigences de sécurité » vont être lancées sur le marché de manière progressive, ajoute la Cnam, précisant qu’un accompagnement va continuer à être assuré par le ministère des Solidarités et de la Santé, les agences régionales de santé et leurs opérateurs.

    « Un ensemble d’informations et de référentiels sera édité pour faciliter les usages », indique-t-elle.

  • DOT

    Directly Observed Treatment

  • Data : les start-ups françaises e-santé ont levé 46,4 millions d’euros en février 2019

    Les start-ups françaises spécialisées dans le secteur de la e-santé ont levé 46,4 millions d’euros en février 2019.

    La plus importante somme a été recueillie par Alan, avec 40 millions d’euros récoltés dans un nouveau tour de table mené par son investisseurs historique Index Ventures, basée à San Francisco et à Londres, aux côtés des partenaires de DST Global, le fonds d’investissement du milliardaire russe Yury Milner, qui a été l’un des premiers investisseurs de Facebook, Twitter et Airbnb.
    La complémentaire santé numérique, qui propose une assurance complémentaire santé et prévoyance 100 % numérique aux entreprises, prévoit de recruter 110 personnes en 2019.

    À noter par ailleurs que Concilio, une plateforme d’accompagnement santé personnalisé, lance une nouvelle levée de fonds dans le cadre d’un tour de financement de série A que l’entreprise envisage de clôturer en 2019. La société française a rassemblé depuis sa fondation en 2015 5 millions d’euros, dont 3 millions d’euros levés en 2017.

    Au niveau international, la start-up britannique Accurx, qui a conçu un service de messagerie à destination des médecins, a recueilli 8,8 millions de livres (environ 10 M€) en série A auprès de l’entreprise d’investissement londonienne Atomico, avec la participation de la société de capital-risque britannique LocalGlobe et de l’accélérateur d’entreprises international Entrepreneur First.

    Le tableau présentant le détail des levées de fonds réalisées par les start-ups françaises en e-santé au mois de février 2019 est accessible dans la rubrique « Data » via ce lien.

  • Les start-ups françaises e-santé ont levé 46,4 millions d’euros en février 2019

    Les start-ups françaises spécialisées dans le secteur de la e-santé ont levé 46,4 millions d’euros en février 2019.

    La plus importante somme a été recueillie par Alan, avec 40 millions d’euros récoltés dans un nouveau tour de table mené par son investisseurs historique Index Ventures, basée à San Francisco et à Londres, aux côtés des partenaires de DST Global, le fonds d’investissement du milliardaire russe Yury Milner, qui a été l’un des premiers investisseurs de Facebook, Twitter et Airbnb.
    La complémentaire santé numérique, qui propose une assurance complémentaire santé et prévoyance 100 % numérique aux entreprises, prévoit de recruter 110 personnes en 2019.

    À noter par ailleurs que Concilio, une plateforme d’accompagnement santé personnalisé, lance une nouvelle levée de fonds dans le cadre d’un tour de financement de série A que l’entreprise envisage de clôturer en 2019. La société française a rassemblé depuis sa fondation en 2015 5 millions d’euros, dont 3 millions d’euros levés en 2017.

    Au niveau international, la start-up britannique Accurx, qui a conçu un service de messagerie à destination des médecins, a recueilli 8,8 millions de livres (environ 10 M€) en série A auprès de l’entreprise d’investissement londonienne Atomico, avec la participation de la société de capital-risque britannique LocalGlobe et de l’accélérateur d’entreprises international Entrepreneur First.

  • Kaiku (Finlande) s’allie à Amgen pour exporter son appli de suivi des symptômes du myélome multiple

    La société finlandaise Kaiku Health, spécialiste du suivi numérique des patients, s’allie avec Amgen pour accélérer le développement de sa solution numérique de suivi des symptômes du myélome multiple, ou maladie de Kahler, un type courant de cancer de la moelle osseuse.

    Kaiku Health a développé en 2017 à l’hôpital universitaire de Turku (Finlande) un algorithme adaptatif permettant de suivre 9 des symptômes les plus couramment observables au cours du traitement, signalés par les patients, tels qu’engourdissements, douleur et fatigue. Il propose aujourd’hui un module spécifique d’assistance aux patients, en application au sein du même établissement.

    L’entreprise « automatise le suivi des symptômes grâce à son application numérique conviviale optimisée pour l’IA qui interroge le patient tout au long du parcours de soins, délivre automatiquement des informations pertinentes au patient en fonction de son état et alerte l’équipe médicale si les symptômes deviennent inquiétants », détaille Lauri Sippola, président-fondateur de Kaiku, dans un communiqué publié début mars 2019.

    Le module n’est actuellement utilisé que par l’hôpital de Turku mais sera bientôt introduit grâce à Amgen, entreprise leader en biotechnologie, dans d’autres établissements en Finlande et à l’étranger.
    « En Finlande, l’esprit pionnier fait partie de notre mentalité et les hôpitaux sont prêts à améliorer leurs processus en employant de nouvelles technologies », a déclaré Niilo Färkkilä, qui dirige les activités d’Amgen au sein du pays.

  • La plateforme E360 Genomics d’Iqvia anonymise les liens entre données génétiques et cliniques

    La société américaine Iqvia présente sa plateforme E360 Genomics, qui permet aux chercheurs en sciences de la vie d’agréger des données pour étudier les correspondances entre gènes et traits observables, notamment sur les maladies rares. La solution remplace les données sensibles par des symboles, de façon à ne pas identifier le patient et ainsi à protéger sa vie privée, indique l’entreprise dans un communiqué publié début mars 2019.

    En supprimant les informations d’identification des données patients, tout en maintenant les liens entre les données génomiques et les résultats cliniques, la société veut rendre plus souple et moins coûteuse la recherche pharmaceutique et l’élaboration de nouveaux médicaments.

    Fin 2018, Iqvia a commencé à contribuer au projet britannique de séquençage de génome « 100 000 génomes » (100,000 Genomes Project), avec une plateforme reliant déjà les résultats cliniques à des données génomiques anonymisées. Le 100,000 Genomes Project vise à séquencer 100 000 génomes de patients du NHS atteints d’une maladie rare, de leurs familles et de patients atteints de cancer. Il est porté par Genomics England, une société créée par le ministère de la Santé et des Affaires sociales anglais pour piloter cette initiative.

  • Blockchain : Gustave Roussy s’allie à Embleema pour assurer un partage sécurisé des données patients

    L’Institut Gustave Roussy de Villejuif (Val-de-Marne), premier centre anti-cancer en Europe, s’associe à la start-up française Embleema pour que les données des patients recueillies dans le cadre de parcours de soins soient numérisées et partagées de façon sûre afin de faciliter un usage anonyme à des fins de recherche.

    Grâce à la technologie blockchain, les patients exerceront un contrôle accru sur leurs données stockées :
    • consentement éclairé pour leur recueil, comme actuellement dans les protocoles de recherche ;
    • contrôle facile de l’accès et de l’usage.
    L’objectif est que les données de suivi de pathologie, ou « données concrètes », puissent servir la recherche clinique à tout moment avec l’accord du patient.

    Embleema va apporter son expertise technologique en matière d’échange sécurisé de données de santé par blockchain, permettant aux patients de consolider l’ensemble de leurs données sur un même dossier, et d’exercer à tout moment une pleine souveraineté sur leur partage, précisent les deux partenaires dans un communiqué publié le 5 mars 2019.
    L’Institut Gustave Roussy contribuera de son côté à la constitution du réseau en hébergeant des nœuds de la blockchain et validera les catégories de données pertinentes pour le partage avec la recherche en participant au consortium d’Embleema.

    « Initier un modèle européen d’utilisation des données de soins au service de la recherche »

    Le Pr Alexander Eggermont, directeur général de Gustave Roussy, a déclaré que ce partenariat avec Embleema allait « initier un modèle européen d’utilisation des données de soins au service de la recherche, en toute transparence et en respectant pleinement les droits du patient » (communiqué). Du côté de la recherche, cela permettra selon lui « d’utiliser des données concrètes pour mieux évaluer l’efficacité et la sûreté des traitements, ainsi que pour en développer de nouveaux plus rapidement ».

    Robert Chu, P.-D.G. d’Embleema, souligne pour sa part la nécessité d’ »accélérer le développement et la mise à disposition de nouveaux traitements » et d’ »améliorer le suivi en vie réelle des traitements existants ». Il estime que « l’implication du patient dès l’origine et la possibilité pour lui de contrôler le cheminement de sa donnée » est « une avancée majeure pour rattraper le retard français en la matière ».

    PatientTruth : 1ère application de la technologie d’Embleema

    La première application de la technologie Embleema a été déployée aux États-Unis sous le nom de PatientTruth. Elle permet  au patient non seulement d’assembler son historique de santé, et de garantir un contrôle total de l’accès et du partage, mais aussi de recevoir des jetons numériques pour sa participation à des études scientifiques.

    La société française développe actuellement une plateforme décentralisée permettant le partage de ces données avec la recherche clinique. La commercialisation des données par les patients est prévue pour cette année.

  • ICT4Silver Final : aider les entreprises à intégrer le marché de la silver éco (14/03/19, Bruxelles)

    Comment aider les entreprises de tous les secteurs industriels concernés par la silver économie pour que l’ensemble des parties prenantes de l’écosystème soient gagnantes et que ce marché prenne son envol ? Telle est la question centrale autour de laquelle tournera le ICT4Silver Final Event, qui se tiendra à Bruxelles le 14 mars 2019 à partir de 17h.

    L’événement est organisé par le consortium du projet ICT4Silver, qui vise à promouvoir au sein des pays du sud-ouest européen (Sudoe) :
    • des réponses adaptées en matière de santé et de maintien à domicile des personnes âgées ;
    • l’accès des entreprises aux opportunités de marché de la silver économie.
    L’initiative est centrée sur la zone territoriale Sudoe parce que cette dernière aura la population la plus âgée en Europe en 2050.

    Les inscriptions à cette soirée doivent être réalisées en remplissant le formulaire en ligne accessible via ce lien.

    L’un des objectifs du projet étant de développer les technologies numériques pour mieux répondre aux besoins du marché, l’Ugecam, le CHU de Bordeaux et le bailleur social Logévie ont par ailleurs témoigné fin janvier, à l’occasion d’un TIC santé meeting, sur leur participation aux tests de e-solutions à destination des personnes âgées.

    Programme

    16h30 Accueil

    17h00 Keynote : Quelles sont les difficultés rencontrées par les PME pour entrer sur le marché de la silver économie ?

    • Par Liliana Ferreira, dirigeante de Fraunhofer Aicos (Portugal).

    17h30 : Quels outils de développement économique sont développés et testés en Europe ?

    • Étude d’utilisation en tant qu’outil permettant aux PME d’avoir un accès plus rapide au marché, par le projet ICT4SILVER
    • Accélérateur silver économie « AgeTech accelerator » comme outil pour développer l’activité des entreprises, par Joseph Pucek, Clubster Santé (réseau des entreprises de santé des Hauts-de-France), responsable du projet Seas2grow (France).

    18: 00 Quels cadres d’intervention sont disponibles pour soutenir sa PME ?

    • L’opportunité d’une alliance Cluster et Living Lab à travers l’Europe, par le projet ICT4SILVER
    • La vision de la Commission européenne sur cette problématique (à confirmer)

    18h30 Conclusion

    • Antonio Remartinez, consultant pour le secteur du vieillissement et de la santé ;
    • Eurico Neves, expert en innovation – évaluateurs d’ICT4SILVER.

    Cocktail dînatoire pour discuter des possibilités de collaboration

    ICT4Silver : l’Ugecam, le CHU de Bordeaux et Logévie testent des e-solutions

    L’Ugecam, le CHU de Bordeaux et Logévie ont témoigné de leur participation aux tests de solutions numériques à l’occasion du TIC santé meeting, qui a été organisé fin janvier 2019 autour de l’usage des e-technologies auprès de personnes âgées.

    Cet événement s’est tenu dans le cadre de la fin du projet européen ICT4Silver. Il était piloté par le cluster TIC Santé et l’Agence de développement et d’innovation de la Nouvelle-Aquitaine, en collaboration avec des partenaires espagnols et portugais.

    • L’Ugecam a essayé Physiosensing, une plateforme portable de balance et de pression équipée d’une technologie de feedback visuel. Par le biais d’exercices d’entraînement fondés sur la stabilité et la correction de la posture, la solution permet de travailler la réhabilitation physique, d’évaluer et de réduire les troubles de l’équilibre.

    Les tests ont été menés sur les patients faisant partie du programme d’ETP chute, qui s’adresse aux personnes âgées chutant régulièrement ou présentant un risque de chute, et ceux atteints d’obésité ou de troubles addictifs avec des problèmes d’équilibres.

    • Le CHU de Bordeaux a, lui, testé le questionnaire E2CMI de manière numérique, ce qui permet aux personnes âgées et aux soignants de faciliter la réalisation de ce test visant à améliorer le service rendu aux usagers.
    • Le bailleur social Logevie a quant à lui apprivoisé l’oreiller sonore New’ee de la société Life Design Sonore, basée à Limoges. Il s’agit d’un objet connecté qui permet d’adapter l’environnement sonore des salles collectives de façon personnalisée auprès de chaque personne.

    L’objectif de l’initiative était de tester des solutions numériques à destination des séniors en France, en Espagne et au Portugal pour identifier les différences entre les marchés.

  • Étude : une appli vidéo améliore l’observance du traitement de la tuberculose (The Lancet)

    Le suivi des patients souffrant de tuberculose grâce à une application mobile serait plus efficace que la prise en charge habituelle, montre une étude randomisée et contrôlée réalisée par une équipe de l’University College London et publiée le 21 février 2019 dans The Lancet. Selon ces travaux, les patients équipés de cette appli qui permet d’enregistrer et d’envoyer par vidéo la prise de médicaments étaient plus observants que ceux du groupe contrôle. En outre, cette technique dite de TOV (traitement sous observation vidéo) s’est révélée beaucoup moins chronophage pour les équipes soignantes.

    Tuberculose : l’enjeu majeur de l’observance

    Depuis le début des années 90, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise la mise en place d’une « observation directe de la thérapie » (DOT). Cette méthode, qui consiste à ce que le malade prenne son médicament journalier sous le regard d’un soignant ou d’une autre personne, mais pas d’un membre de la famille), a pour but d’améliorer le taux d’observance, peu élevé dans le cas de la tuberculose. Le schéma thérapeutique (prise de médicaments tous les jours ou 5 jours par semaine et en auto-traitement le week-end) rend le DOT très lourd à gérer pour les équipes et pour les patients qui doivent se déplacer.

    Une appli vidéo pour un meilleur suivi à distance

    Les progrès de la vidéo sur smartphone ont permis d’envisager une autre stratégie, plus légère : le traitement sous observation vidéo (TOV), qui est commandé comme alternative au DOT. À l’origine, cela nécessitait un appel vidéo en direct (TOV synchrone) entre le patient et l’observateur.

    Plus récemment, des applications pour smartphone permettant l’enregistrement et la transmission de clips vidéo pour un visionnage ultérieur (TOV asynchrone) ont été développées. Cette procédure est actuellement utilisée dans certaines cliniques aux États-Unis mais le niveau de preuves est encore faible du fait du nombre limité d’essais contrôlés randomisés disponibles. En outre, le TOV n’a pas encore été évalué chez des patients socialement complexes.

    Une étude menée dans 22 centres

    Des chercheurs britanniques de l’University College London ont mené le premier essai randomisé, contrôlé, en double aveugle et multi-centrique comparant un TOV asynchrone et le DOT traditionnel.

    Quelque 226 patients souffrant de tuberculose (non multi-résistante) ont été recrutés dans 22 centres de soins puis randomisés en 2 groupes. La majorité d’entre eux avaient connu la prison, la rue, la toxicomanie, l’alcoolisme ou des pathologies mentales.

    Ceux appartenant au groupe TOV se voyaient remettre un smartphone : ils ont été formés à l’enregistrement et à l’envoi de vidéos via l’appli dédiée. Ils devaient transmettre une vidéo chaque jour lors de la prise du traitement. Des observateurs de traitement formés visionnaient les vidéos via un site web protégé par mot de passe. Afin de répondre aux préoccupations selon lesquelles une réduction des contacts en face à face pourrait conduire à une non-détection des effets indésirables, les patients ont été encouragés à signaler les effets indésirables du médicament sur les vidéos.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 21 février 2019 dans The Lancet.

    Résultats : efficace et économe

    • 70 % des patients suivis via l’application mobile atteignaient un taux d’observance d’au moins 80 % alors qu’ils n’étaient que 31% dans le groupe contrôle.
    • Après 6 mois de suivi, l’observance se maintenait à 77 % dans le groupe vidéo.
    • Il n’y avait pas de différence dans le taux de positivité dans les cultures de crachats.
    • Le personnel consacrait en moyenne 3,2 minutes par prise médicamenteuse dans le groupe vidéo, contre 56 minutes dans le groupe TOV lors d’un contrôle à domicile et 15 minutes au centre de soins.
    • Le coût de la prise en charge pour 6 mois était de 5 700 livres (environ 6 650 €) pour 5 prises par semaine, contre 1 645 livres (environ 1 920 €) avec l’appli vidéo, soit un coût 3 fois moins important.

    Une prise en charge vidéo pour l’hépatite C ?

    Le traitement sous observation vidéo s’est donc révélé très efficace. Même dans des populations socialement complexes, le taux d’abandon du traitement de la tuberculose était plus faible que dans le groupe « observation directe de la thérapie ». L’absence de contacts humains n’a eu aucune incidence sur les événements indésirables. En outre, le système est nettement plus économique, même en incluant le coût des téléphones et des forfaits.

    Certes, l’étude présente quelques limites – des bugs informatiques, l’exclusion des tuberculoses multi-résistantes – mais les chercheurs estiment que ces résultats sont généralisables à l’ensemble des patients car les malades étaient issus de 22 centres et avaient des profils très différents.

    Par ailleurs, compte tenu de l’accueil très favorable réservés par les patients au TOV, les auteurs de ces travaux estiment que ce type de prise en charge pourrait être décliné dans le cadre d’autres maladies, telles que l’hépatite C.