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  • Facebook répond aux inquiétudes sur la confidentialité des données de santé

    Facebook va lancer un nouveau type de communauté, les groupes de soutien en santé. Soulignant sa volonté de devenir une plateforme « centrée sur la confidentialité » (privacy-focused), la direction du réseau social a précisé que les membres des groupes qui recevront ce statut pourront obtenir des informations anonymement, en chargeant les administrateurs de poser des questions à leur place. Cette nouveauté a été annoncée le 30 avril 2019 lors de F8, la conférence annuelle de développeurs du groupe.

    Le juriste et homme politique américain David Harlow (Libertarian Party) souligne que dans le nouveau système, les membres d’un groupe de soutien en santé ne pourront pas savoir de qui émane une question quand celle-ci a été postée par l’administrateur mais que celui-ci en sera informé, de sorte que l’anonymat ne sera pas total. Pour la chercheuse Kirsten Ostherr (Rice University), cette annonce permet à Facebook de donner le change sur le respect de la vie privée sans apporter de changement structurel.

    Avec les annonces faites cette semaine, Facebook réagit notamment à une récente affaire mettant en cause la confidentialité des échanges sur ses groupes spécialisés en santé. Le réseau social est la cible d’une plainte déposée en janvier 2019 auprès de la Federal Trade Commission (FTC), l’autorité fédérale américaine du commerce, après que des membres d’un groupe fermé dédié aux femmes porteuses de la mutation génétique BRCA, associée à un risque plus élevé de cancer du sein, ont découvert en juillet 2018 que leurs noms et adresses pouvaient être téléchargés en bloc, manuellement ou via une extension du navigateur Chrome.

    Les auteurs de cette plainte, parmi lesquels figure David Harlow, accusent Facebook de donner accès aux informations de santé des utilisateurs à des fins commerciales, en permettant notamment aux annonceurs de cibler les porteurs de pathologies spécifiques.

    Les parlementaires de la commission de la Chambre des représentants chargée du commerce ont adressé en février 2019 une lettre ouverte à Mark Zuckerberg, patron fondateur de Facebook, estimant que la société pourrait avoir « omis d’avertir correctement les membres de groupes que des informations personnelles sur la santé peuvent être consultées par des sociétés d’assurance-maladie et des cyber-harceleurs, entre autres ».

    Dans une tribune parue en avril 2018 dans le Washington Post, Kirsten Ostherr livrait une description éloquente des problèmes de confidentialité que posent les groupes Facebook spécialisés en santé, et de leurs conséquences concrètes :

    « Supposons que vous ayez discuté sur Facebook après qu’on vous a diagnostiqué un cancer du sein. Cela vous a été utile pour comparer les différentes possibilités de traitement avec d’autres personnes ayant eu les mêmes pathologies. Seul problème: Facebook vous a classé comme patient et vous recevez en permanence des publicités ciblées sur les services de cancérologie existant près de chez vous. Ils apparaissent sur votre écran d’ordinateur au travail, et sont visibles de tous vos collègues, au moment même où vous visez une promotion importante… »

    « Facebook sait beaucoup de choses sur votre santé. Maintenant il veut faire de l’argent avec », indique en titre la tribune de Kirsten Ostherr.

  • L’exosquelette Atalante de Wandercraft obtient le marquage CE

    L’exosquelette autonome Atalante développé par la start-up française Wandercraft obtient le marquage CE médical. Cela va permettre à la société, fondée en 2012, de commercialiser son dispositif sur le marché européen auprès de centres de rééducation et d’établissements de neurologie, indique-t-elle dans un communiqué publié en mars 2019. 

    Cet exosquelette, qui se contrôle de manière simple et intuitive, avance de manière autonome et contrôle l’équilibre de l’utilisateur grâce à des algorithmes de robotique, ne nécessitant pas l’utilisation de béquilles. Il pourra s’étendre aux traitements post-AVC et à la rééducation des autres déficiences ayant un impact sur la marche.

    Fixé sur le corps, ce mécanisme est articulé et motorisé. Il fonctionne en tandem avec l’utilisateur pour lui faciliter les mouvements par le biais de la force de moteurs électriques. Grâce à lui, les personnes en situation de paraplégie peuvent se lever et marcher lors des exercices de rééducation.

  • DATA : les start-ups françaises e-santé ont levé 27 millions d’euros en avril 2019

    Les start-ups françaises spécialisées dans le secteur de la e-santé ont levé 27,502 millions d’euros en avril 2019. La plus importante somme a été recueillie par Qare, une société qui propose des téléconsultations, avec 20 millions d’euros récoltés dans un nouveau tour de table mené par le fonds Kamet Ventures, l’incubateur du groupe Axa, partenaire historique de la société, qui devient son actionnaire majoritaire.

    Avec la somme récoltée, Qare envisage de recruter 15 000 praticiens partenaires à l’horizon 2020, de multiplier ses effectifs par 5 d’ici 2020 pour dépasser les 150 collaborateurs mais aussi de développer de nouvelles spécialités médicales et des fonctionnalités supplémentaires.   

    La deuxième opération la plus conséquente du mois a été réalisée par Keen Eye Technologie, qui a levé 6 millions d’euros auprès de CM-CIC Innovation et du fonds d’amorçage Quadrivium 1, géré par Seventure Partners. Avec cette levée de fond, la société souhaite commercialiser sa solution d’analyse automatique des images biomédicales en Europe et aux États-Unis afin de  « démontrer pleinement son potentiel dans les laboratoires », explique dans un communiqué Sylvain Berlemont, président-fondateur.

    À noter par ailleurs à l’international :
    • le tour de table d’Ajax Health, une entreprise américaine spécialisée dans les dispositifs médicaux (DM) et dirigée par l’entrepreneur en santé Duke Rohlen, qui a recueilli plus de 85 millions de dollars (environ 75,5 M€) pour exploiter et développer des entreprises innovantes de DM ;
    • la levée de 7 millions de dollars (6,2 M€) réalisée par Medbelle, une start-up basée à Londres à et Berlin, qui cherche à encourager la numérisation du parcours de soins à travers une solution permettant aux patients de gérer un certain nombre de procédures médicales (prise de rendez-vous, recherche d’un spécialiste, suivi de la procédure, etc.) par le bais d’une plateforme web et d’une application mobile.

    Le tableau présentant le détail des levées de fonds réalisées par les start-ups françaises en e-santé au mois d’avril 2019 est accessible dans la rubrique « Data » via ce lien.

  • Les start-ups françaises e-santé ont levé 27 millions d’euros en avril 2019

    Les start-ups françaises spécialisées dans le secteur de la e-santé ont levé 27,502 millions d’euros en avril 2019. La plus importante somme a été recueillie par Qare, une société qui propose des téléconsultations, avec 20 millions d’euros récoltés dans un nouveau tour de table mené par le fonds Kamet Ventures, l’incubateur du groupe Axa, partenaire historique de la société, qui devient son actionnaire majoritaire.

    Avec la somme récoltée, Qare envisage de recruter 15 000 praticiens partenaires à l’horizon 2020, de multiplier ses effectifs par 5 d’ici 2020 pour dépasser les 150 collaborateurs mais aussi de développer de nouvelles spécialités médicales et des fonctionnalités supplémentaires.   

    La deuxième opération la plus conséquente du mois a été réalisée par Keen Eye Technologie, qui a levé 6 millions d’euros auprès de CM-CIC Innovation et du fonds d’amorçage Quadrivium 1, géré par Seventure Partners. Avec cette levée de fond, la société souhaite commercialiser sa solution d’analyse automatique des images biomédicales en Europe et aux États-Unis afin de  « démontrer pleinement son potentiel dans les laboratoires », explique dans un communiqué Sylvain Berlemont, président-fondateur.

    À noter par ailleurs à l’international :
    • le tour de table d’Ajax Health, une entreprise américaine spécialisée dans les dispositifs médicaux (DM) et dirigée par l’entrepreneur en santé Duke Rohlen, qui a recueilli plus de 85 millions de dollars (environ 75,5 M€) pour exploiter et développer des entreprises innovantes de DM ;
    • la levée de 7 millions de dollars (6,2 M€) réalisée par Medbelle, une start-up basée à Londres à et Berlin, qui cherche à encourager la numérisation du parcours de soins à travers une solution permettant aux patients de gérer un certain nombre de procédures médicales (prise de rendez-vous, recherche d’un spécialiste, suivi de la procédure, etc.) par le bais d’une plateforme web et d’une application mobile.

  • La Poste et les Landes créent XL Autonomie pour favoriser l’autonomie des seniors via le digital

    Le groupe La Poste et le département des Landes créent la nouvelle société XL Autonomie, qui propose le bouquet de services baptisé « vivre à domicile » destiné aux personnes vulnérables.

    Cette mesure d’élargissement du dispositif de téléalarme, présente dans le département depuis plus de 30 ans, en une solution plus diversifiée basée sur le numérique et l’accompagnement humain a pour vocation de permettre aux personnes âgées de vivre chez elles le plus longtemps possible et ainsi de briser l’isolement social qu’elles peuvent subir.

    Le service sera délivré à 15 euros par mois. Un accompagnement financier sera mis en place pour que la facture ne soit pas trop élevée pour le bénéficiaire, indique Xavier Fortinon, président du conseil départemental des Landes, dans un communiqué publié le 30 avril 2019.

    Philippe Wahl, le P.-D.G. du groupe La Poste, déclare avoir pour ambition d’offrir ce service à 2 500 personnes dans les Landes dans les 5 prochaines années mais aussi de déployer la solution sur d’autres territoires, en s’adaptant en fonction des besoins de chaque région.

    Une solution expérimentée depuis 2 ans

    Expérimentée depuis 2 ans, XL Autonomie entend retarder l’entrée en Ehpad grâce à un bouquet de services composé d’une tablette avec applications sociales et jeux de mémoire, d’un système de téléalarme et d’un dispositif d’éclairage nocturne par détecteur de présence, complété en fonction des profils par un service de portage de médicaments et une visite de lien social réalisée par un facteur.

    Entre décembre 2016 et décembre 2018, 43 personnes âgées de 75 ans en moyenne ont pu tester la solution, désormais déployée à l’ensemble du département. Dominique Cole, expérimentatrice, rapporte que, pour elle, « c’est désormais une façon de vivre » et qu’ainsi elle « n'[était] plus seule ». 

    Accompagnant : un nouveau métier pour aider les personnes âgées à utiliser les nouvelles technos

    Lors de la phase d’expérimentation, Raphael Tamponnet, directeur général de XL Autonomie, explique que le groupe a très vite constaté que les personnes âgées étaient perdues face à ces nouvelles technologies qui se développement et la création du métier d’accompagnant est vite devenue « une évidence pour tout un écosystème ».

    L’accompagnant pourra faire le lien avec les professionnels de santé et, en cas de besoin, avec les structures médico-sociales grâce au suivi des dossiers de chaque personne dans le dispositif et à une formation de 10 jours.

  • Telegrafik et Vivago associent leurs solutions pour mieux signaler les chutes des résidents d’Ehpad

    Après une première installation de sa solution en 2016, la société Telegrafik annonce qu’un second établissement a été équipé début 2019 de son système interconnecté de protection des résidents en Ehpad. La combinaison de la montre connectée Vivago et du système de détection automatique de chute de Telegrafik permet notamment d’informer immédiatement le personnel soignant en cas de chute.

    « L’association des deux technologies permet d’augmenter la sécurité des résidents et d’augmenter le confort de travail du personnel soignant. », explique Carole Zisa-Garat, P.-D.G. de Telegrafik, dans un communiqué publié le 30 avril 2019.

    Cette solution combine 2 outils. Tout d’abord, la montre Vivago, qui optimise la traçabilité de tous les événements 24h/24 du résident en Ehpad et l’accès à ces informations pour les médecins et infirmières. La montre est associée à un module d’intelligence artificielle et dispose d’un appel manuel du résident ainsi que d’alarmes automatiques en cas de situation de danger. L’activité physiologique du résident est mesurable de manière permanente tout comme l’observation de la qualité de son sommeil, à l’aide d’un tableau de bord.

    Le second outil est la solution Otono-me Edao Ehpad. Elle repose sur un dispositif de vidéo-vigilance installé dans les chambres des résidents. En cas de situation à risque, une levée de doute est réalisée avant d’alerter le personnel soignant de la situation et de la nécessité d’une intervention. Telegrafik indique qu’il s’agit de la seule solution validée par un programme hospitalier de recherche clinique : « Le dispositif permet la réduction de 15 % des chutes à conséquences graves et la réduction de 47,9 % du coût des chutes graves », déclare le Pr Thierry Dantoine, du CHU Limoges (communiqué).

  • Facivi, une plateforme numérique pour faciliter le quotidien des professionnels de santé

    L’Automobile-club médical de France (ACMF) lance Facivi, une start-up destinée à fournir des services dédiés à la qualité de vie des actifs via une plateforme multicanale.

    L’ambition de Facivi, dont la création a été dévoilée le 28 avril 2019 à l’occasion de la Journée mondiale sur la sécurité et la santé au travail, est de faciliter le quotidien des 2 millions de professionnels de la santé français avec une gamme complète de services pour les aider 24h/24 et 7j/7 à résoudre les difficultés rencontrées dans le cadre de leur activité via une plateforme intelligente, associant un portail numérique et un plateau d’assistants personnels chargés de trouver les meilleures solutions.

    Depuis 67 ans, l’ACMF cherche à rendre des services aux médecins pour leur faciliter le quotidien. « Quand [j’ai repris] la direction de l’association, il y a 3 ans, ma mission était de transformer l’offre et de l’adapter au virage du numérique, en accord avec les besoins et les usages actuels des professionnels de santé », explique Stéphane Soubiran, directeur général de Facivi et petit-fils du fondateur de l’ACMF. La start-up a ainsi été incubée au sein de l’association. Elle bénéficie de son réseau et de son expérience mais son ambition est de s’ouvrir plus largement.

    Les adhérents de l’ACMF seront les premiers bénéficiaires de la plateforme, qui est destinée aux entreprises publiques et privées, aux mutuelles, aux syndicats, aux ordres, aux fédérations et aux autres associations, sous forme d’abonnement individuel ou de souscription par structure.

    La qualité de vie au travail comme levier de croissance

    FAcivi est l’aboutissement des 60 années d’actions de l’ACMF, association à but non lucratif fondée en 1952 au service des acteurs de santé. L’ACMF a fait évoluer son offre sous l’égide de son nouveau directeur général, Stéphane Soubiran, qui prend la tête la start-up Facivi. « Nous avons développé une solution propriétaire de facilitation de vie avec un guichet », indique-t-il.

    Si 49 % des entrepreneurs estiment que leur principal défi est de maintenir ou d’accroître leur chiffre d’affaires (source : étude Odoxa 2017), 60 % des managers considèrent la qualité de vie au travail comme un enjeu majeur de compétitivité (source : étude Cegos décembre 2017) et 89 % des collaborateurs se déclarent plus motivés lorsque leur employeur prend en considération leur bien-être (source : étude QVT 2017 Malakoff Médéric).

    La qualité de vie des professionnels de santé serait donc un gage de performance, d’engagement et de fidélité des équipes grâce à l’accès à des services qui protègent leur pouvoir d’achat, les aident à mieux gérer leur quotidien et les mettent à l’abri des coups durs.

    Avantages, services et assistance

    Facivi est l’extrapolation de sa maison-mère, centrée d’abord sur la mobilité puis sur l’assistance médicale et habitation ainsi que la protection juridique. « Avec Facivi, j’ai voulu constitué une plateforme multicanal et élargir l’offre pour ne plus être sur les seules prestations d’assistance mais aussi [sur celles] de service et de conciergerie avec un réseau de prestataires de service de confiance et de service », commente Stéphane Soubiran, afin d’aider les utilisateurs, par exemple, à trouver un artisan, un dépanneur, une nounou ou une aide ménagère : « En tant que professionnel de santé, les impacts ne sont pas les mêmes quand une nounou est malade », précise-t-il.

    Le troisième volet est plus orienté sur le plaisir et les loisirs, « comme un super comité d’entreprise, avec une plateforme d’achat en ligne. ».

    Incubée à l’ACMF mais ouverte à tous

    Facivi a été incubé au sein de l’ACMF avant de devenir une structure à part entière sous forme de société par actions simplifiées. La création de la plateforme dans le cadre d’une start-up est une évolution à plusieurs titres. « D’une part, nous créons une société qui dépend d’une association à but non-lucratif et nous proposons ces services à tous les professionnels de santé, alors qu’historiquement, nous étions orientés vers les médecins », explique le directeur général.

    Les 11 000 médecins membres de l’ACMF sont les premier à bénéficier de cette solution. « Facivi est le fournisseur exclusif de l’ACMF, dans une logique de souscription individuelle, note-t-il. Elle répond aussi aux besoins de structures de soins, de groupes et de grandes pharmacies avec une souscription de groupes ». Dans ce cadre, les professionnels auront accès à une interface personnalisée de la plateforme, qui peut être en « marque blanche », pour s’intégrer à un intranet existant.

    Plusieurs structures ont marqué leur intérêt : Alliance Healthcare, Alphega Pharmacies, Leader Santé, le Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (Sniil), ou encore le Groupe Pasteur Mutualité (135 000 assurés).

  • Étude : le big data permet de prédire le risque de hernie après intervention (congrès de chirurgie)

    Sur la base des données de santé de près de 30 000 patients, des chercheurs américains de l’université de Pennsylvanie ont développé une application qui prédit la probabilité qu’un patient développe une hernie après une chirurgie abdominale. La compilation des data issues des dossiers électroniques permet de générer un score de risque pour chaque patient et en temps réel. L’application, qui a fait l’objet d’une étude*, a été présentée le 12 avril 2019 au congrès annuel de l’American Surgical Association, qui se tenait à Dallas, au Texas.

    Les data de 30 000 dossiers électroniques analysées

    Après une chirurgie abdominale, environ 20 % des patients souffrent d’une hernie incisionnelle. Des tissus ou un organe ressortent au niveau de la plaie. Ce renflement sous la peau affaiblit le muscle, engendre des douleurs et nécessite bien souvent une nouvelle intervention chirurgicale, ce qui ouvre la porte à un risque accru de complications. Les soins liés aux hernies incisionnelles coûtent au système de santé américain environ 7,3 milliards de dollars US (environ 6,5 Mds €) par an en raison du nombre de ces cas et des problèmes de qualité de vie qu’ils posent.

    Pour diminuer ce risque, encore faut-il être en capacité d’évaluer le risque d’être victime d’une telle hernie pour chaque patient. C’est pour cette raison que des chercheurs de la faculté de médecine Perelman de l’université de Pennsylvanie ont développé une application pour identifier les facteurs de risque les plus courants ainsi que les interventions chirurgicales entraînant le plus fréquemment des hernies incisionnelles dans plusieurs spécialités. Ils ont utilisé les dossiers de santé électroniques de près de 30 000 patients ayant subi une intervention chirurgicale intra-abdominale, urologique ou gynécologique à Penn entre janvier 2005 et juin 2016. L’application combine toutes les données pour générer score de risque en temps réel pour chaque patient.

    Les chercheurs ont présenté le 12 avril 2019 les résultats de leur étude et leur application au 139ème congrès annuel de l’American Surgical Association, qui se tenait à Dallas, au Texas.

    Résultats

    • Plus de 1 100 patients (3,8 %) ont nécessité une deuxième intervention chirurgicale pour prendre en charge une hernie incisionnelle.
    • Les chirurgies colorectales étaient les plus souvent associées aux hernies par incision (7,7 % des cas), suivies des interventions vasculaires (5,2 %) et bariatriques (4,8 %) puis des greffes (4,5 %).
    • Le fait d’avoir déjà subi une chirurgie abdominale était le facteur de risque qui augmentait le plus la probabilité de hernie (87,5 % des cas).
    • Les autres facteurs de risque étaient le tabagisme et une infection récente (75 % des cas chacun)
    • L’obésité a également été identifiée comme un facteur favorisant les hernies incisionnelles.

    Un outil d’une grande fiabilité

    « Notre outil détermine les risques pour chaque cas au point de traitement, donnant ainsi aux chirurgiens et aux patients la possibilité d’examiner ce résultat à l’avance et d’intégrer des données dans le processus de prise de décision », a déclaré John P. Fischer, auteur de cette étude et professeur de chirurgie plastique. En outre, la fiabilité de ce modèle reposant sur le big data s’est révélé particulièrement stable. Alors que les tests de mesure de fiabilité attribuent la note de 0,5 à un système relevant du pile ou face et la note de 1 à un degré de certitude, l’application sur les hernies incisionnelles a obtenu le score de 0,89.

    L’équipe du Pr Fisher a précédemment développé un outil d’évaluation des attentes des patients lors de chirurgies abdominales ainsi que des résultats rapportés par ces derniers après l’intervention. Les chercheurs estiment que c’est la combinaison de ces différentes évaluations qui devrait améliorer l’impact des hernies incisionnelles.

  • 2018, année record pour les deals en medtech et e-santé (rapport Bain & Company)

    « Les actifs du secteur de la santé ont attiré un nombre record d’investisseurs [en 2018] » affirme le cabinet de conseil Bain & Company. La valeur des transactions a augmenté de près de 50 % pour dépasser les 56 milliards d’euros (63,1 milliards de dollars US, contre 42,6 milliards de dollars enregistrés en 2017), et le nombre de transactions est passé de 265 en 2017 à 316 en 2018, indique-t-il dans un rapport publié le 17 avril 2019.

    2018 est notamment un bon cru pour le secteur des technologies médicales et des services connexes, avec un chiffre record de 67 transactions, contre 51 en 2017. Les montants annoncés sont revenus aux sommets de 2014, atteignant 10,5 milliards de dollars grâce à 5 deals d’une valeur supérieure à 1 milliard de dollars. Le document rapporte que 3 des 10 plus importants rachats de 2018 en santé ont été réalisés en medtech : LifeScan, Sebia International et Sirtex Medical.

    Le secteur de la santé s’appuyant de plus en plus sur des solutions logicielles et technologiques, le nombre de transactions en e-santé a augmenté pour la troisième année consécutive, avec 48 deals en 2018 contre 32 en 2017. Bain & Compagny souligne que 73 % des transactions ont été effectuées dans le secteur des fournisseurs de soins, les technologies numériques ayant le plus progressé dans ce celui-là. Les montants annoncés ont atteint 8,6 milliards de dollars, grâce à 2 deals d’une valeur supérieure à 1 milliard de dollars. Le rapport cite notamment le rachat d’Athenahealth, fournisseur de services réseaux et d’applications mobiles en santé, par Veritas Capital et Elliot Management pour 5,7 milliards de dollars.

    Medtech : Bain & Co invite à être attentif à la réglementation

    Bain invite les acquéreurs potentiels de sociétés medtech à être attentifs aux nouveaux développements en matière de réglementation du secteur au niveau mondial.

    Une clarification salutaire

    Le cabinet estime que la réglementation des dispositifs médicaux MDR adoptée en 2017 par l’Union européenne (UE), prévoyant des normes plus rigoureuses d’ici à 2020, a « clarifié les choses pour les investisseurs », encourageant une hausse des transactions. De même, la région Asie-Pacifique a vu une augmentation des transactions après que la Chine et l’Inde ont introduit en 2017 de nouvelles réglementations sur les dispositifs médicaux (DM) qui ont rassuré les investisseurs.

    Une réforme très attendue aux États-Unis

    Aux États-Unis, la FDA prévoit de modifier la procédure d’homologation accélérée des dispositifs médicaux 510 (k) : ce projet de réforme, qui devrait être dévoilé début 2019, « ralentira probablement certaines innovations et augmentera les coûts de R & D », indique Bain & Company. 

    Le MDR complexifiera mais rassurera

    Le règlement européen MDR, qui exigera également un examen plus approfondi des produits medtech, augmentera aussi les coûts de fabrication, « ce qui pourrait conduire à une consolidation plus poussée ».

    Les modifications annoncées en 2017, estime le rapport, « augmenteront le nombre d’appareils réglementés, relèveront les normes relatives aux données cliniques et obligeront les entreprises à recertifier de nombreux appareils existants ». Le cabinet rappelle cependant que le règlement accroîtra également la sécurité et la fiabilité des DM, et donc la visibilité pour les investisseurs.

    E-santé : plusieurs créneaux porteurs

    Bain prévoit que les opérations rachat se concentreront sur les sociétés e-santé dont l’activité consiste à aider les financeurs à fonctionner plus efficacement, facilitant le changement de modèle de tarification et le contact avec le consommateur, comme l’automatisation des fonctions administratives.

    « De nombreuses opportunités » seraient également à chercher « à l’intersection du payeur et du prestataire », dans les solutions d’analyse de données et celles qui visent à assister les biotech de la recherche à la commercialisation, est-il indiqué.

    Le cabinet anticipe parallèlement un intérêt accru pour les solutions d’interopérabilité entre plateformes, alors que les solutions de stockage de données comme le cloud sont en train de devenir un moyen alternatif d’interopérabilité. C’est ce qu’on bien compris les géants Google et Amazon, qui continuent de perfectionner leurs solutions basées sur le cloud pour faciliter l’analyse des données de santé. 

    Vers un autre record en 2019

    « L’année dernière a été une année incroyable pour les transactions dans le secteur de la santé », a déclaré Nirad Jain, codirecteur des activités santé de Bain & Company, évoquant « les fondamentaux solides » du secteur et ses bonnes performances sur la période récente, qui ont attiré les investisseurs « en quête de valeurs refuge ». Selon lui, « la concurrence pour les actifs en santé s’est intensifiée au cours de l’année et ne montre aujourd’hui aucun signe de faiblesse ».

    « 2019 devrait être une autre année record », prévoit le rapport, soulignant que « les fondamentaux du secteur santé sont souvent relativement à l’abri des cycles économiques, avec pour conséquence des rendements stables, ce qui attire beaucoup les investisseurs ». Bain & Company s’attend à ce que les marges bénéficiaires élevées du secteur, sa résistance à la récession et les possibilités de rachat persistent en 2019, soutenant notamment les investissements dans les technologies médicales.

  • Paris Descartes organise une consultation citoyenne sur la régulation de l’IA en santé

    4 questionnaires en ligne, dont un centré sur le secteur de la santé, sont proposés par l’université Paris Descartes dans l’optique de mener une consultation citoyenne « la plus large possible », dans le cadre du projet de recherche « Quelle régulation pour l’intelligence artificielle (IA) ? » mené par la faculté de droit, d’économie et de gestion de l’établissement.

    Les résultats de ce sondage visent à alimenter les recommandations proposées au gouvernement par l’équipe de chercheurs en droit, en économie, en gestion et en informatique de l’université.

    Le questionnaire axé sur l’IA et la santé est accessible via ce lien.

    L’ensemble des questionnaires sont regroupés sur le site officiel du projet. En dehors de la santé, les 3 autres thématiques traitées sont :
    • l’IA et les données personnelles ;
    • l’IA, la banque, la finance et l’assurance ;
    • mobilité et IA : le véhicule autonome.

    Parmi les questions posées sur l’IA et santé figurent :

    des questions génériques fermées :

    • « Seriez-vous prêt.e à recevoir des conseils médicaux d’une intelligence artificielle ? » ;
    • « Feriez-vous confiance à l’intelligence artificielle pour établir un diagnostic ?  » ;
    • « Pensez-vous que l’intervention d’un médecin soit nécessaire ? » ;
    • « Pensez-vous que l’intelligence artificielle est aujourd’hui régulée par des textes réglementaires ? » ;

    des questions génériques ouvertes :

    • « Pourquoi êtes vous favorable ou opposé.e à l’intelligence artificielle en santé ? » ;
    • « Que pensez-vous de l’exploitation actuelle des données de santé (utilisation pour la recherche, efficience de la prise en charge du patient et du système de santé) ? » ;
    • « Considérez-vous avoir une visibilité suffisante de l’utilisation de vos données de santé ? » ;
    • « Seriez-vous prêt.e à partager vos données de santé pour la recherche l’amélioration des systèmes d’intelligence artificielle ? Si oui, seriez-vous prêt.e à le faire de manière non anonyme ? » ;
    • « Pensez-vous que vos données de santé sont suffisamment protégées (DMP, dossiers patients, dossiers hôpitaux) ? » ;

    des questions portant sur des sujets précis :

    • « Seriez-vous prêt.e à ingérer une pilule connectée afin d’assurer un meilleur suivi de votre traitement ? » ;
    • « Vous paraît-il dangereux de créer un health data hub visant à mutualiser toutes les données de santé, cliniques et administratives, afin d’améliorer les dispostifs d’intelligence artificielle en santé ? »
    • « Pensez-vous que le traitement, le diagnostic et/ou la prise en charge par l’intelligence artificielle devrait être remboursé par l’assurance maladie ? » ;

    des questions portant sur des réflexions d’ordre philosophique :

    • « Un monde où chacun peut s’améliorer ou s’augmenter grâce à l’intelligence artificielle, sans limite dans les possibilités d’augmentation, ni de pratiques, est-il souhaitable ? » ;
    • « Accepteriez-vous d’être amélioré.e/augmenté.e ? C’est-à-dire de vous faire implanter une puce permettant d’augmenter vos capacités intellectuelles, de vous faire implanter une prothèse permettant d’augmenter vos capacités physiques, ou encore lors de votre décès, de faire greffer votre cerveau dans un cyborg afin de conserver vos souvenirs. »

    Contact

    Pour plus d’informations, contacter Vincent Jung, assistant de recherche à l’université Paris Descartes, à vincent.jung1@parisdescartes.fr.

    Un projet de recherche ciblé sur les questions éthiques et juridiques liées à l’IA

    « Au cours de ces dernières années, la société a profondément évolué sous l’effet du progrès technique et des nouvelles technologies. L’avènement de l’intelligence artificielle (IA) suscite notamment une révolution numérique dont il est difficile de mesurer toutes les conséquences, commente la faculté de droit, d’économie et de gestion de l’université Paris Descartes sur le site officiel de son projet de recherche « Quelle régulation pour l’IA ? ». De ces nouveaux usages résulte une nouvelle économie, celle de la donnée, au point que l’on ne cesse de parler, à leur endroit, de nouvel or noir. Ces données sont au cœur de nouveaux usages qui ne cessent de croître au rythme de la croissance des échanges numériques. »

    L’IA est porteuses de progrès mais aussi génératrice de risques éthiques et juridiques

    L’établissement note que l’intelligence artificielle, « comme toute nouvelle technologie », est porteuse « de progrès et d’innovations pour la société et l’ensemble de ses citoyens » (applications en matière de santé, de transport, de développement durable ou de ressources humaines) mais aussi « génératrice de risques et de dangers, que ce soit éthiques et juridiques, qu’il convient d’appréhender au travers une réflexion sur la régulation de l’intelligence artificielle ».

    Cette analyse est jugée « essentielle » par les porteurs du projet :

    • pour interroger les mécanismes existants de régulation et leur capacité à s’adapter à cette nouvelle forme d’intelligence et à ses multiples applications ;
    • pour interroger la pertinence d’une nouvelle régulation idoine qui permette le développement de l’IA dans un environnement qui assure la protection des individus.

    « L’universalité du sujet mérite d’être abordée de manière interdisciplinaire, sous un angle aussi bien juridique, économique, qu’avec des spécialistes de l’informatique, de la santé, des sciences humaines et sociales », estime l’université.

    Cette dernière propose ainsi un projet d’établissement à travers sa faculté de droit, d’économie et de gestion, réunissant les laboratoires de sciences juridiques (IDS, Cedag et Centre Maurice Hauriou), mais aussi les gestionnaires du Cedag, le laboratoire d’économie de la santé (Liras) et le laboratoire d’informatique (Lipade) de l’université Paris Descartes.

    Une collaboration avec des partenaires et une implication des générations futures

    Afin de ne pas se limiter à une approche « purement fondamentale », l’idée est de collaborer avec des partenaires, promoteurs ou utilisateurs de l’intelligence artificielle :

    • École 42 ;
    • Ville de Malakoff ;
    • Ville de Vanves.

    De plus, les étudiants de masters, de doctorat et de l’Ecole 42 « participent tout au long de l’année universitaire 2018/2019 à cet évènement institutionnel pluridisciplinaire », précise l’établissement, estimant que « la formation des générations futures, créateurs et usagers de ces nouvelles technologies[, est] fondamentale pour assurer l’inclusion, la diversité et la mixité nécessaires en matière d’intelligence artificielle ».

    Prochains séminaires de Paris Descartes sur la régulation de l’IA

    • Jeudi 16 mai 2019 de 14h à 19h
      • Séminaire 8 – Intelligence artificielle et ressources humaines Direction scientifique : M. Jean-Louis CARPENTIER, Cedag, et Mme Ludivine ROUSSEY, Liraes
      • Faculté de droit, d’économie et de gestion – salle des congrès
    • Mercredi 22 mai 2019 de 14h à 19h
      • Séminaire 9 – Intelligence artificielle et propriété intellectuelle Direction scientifique : Pr Nathalie MARTIAL-BRAZ et Mme Caroline LE GOFFIC
      • Faculté de droit, d’économie et de gestion – salle des congrès
    • Mardi 4 juin 2019 de 14h à 19h
      • Séminaire 10 – Intelligence artificielle et management Direction scientifique : Pr Corina PARASCHIV, Cedag
      • Faculté de droit, d’économie et de gestion – salle des congrès
    • Vendredi 28 juin 2019 de 14h à 19h
      • Séance grand public : ciné-débat autour d’un film
      • Faculté de droit, d’économie et de gestion – salle des congrès
    • Jeudi 12 septembre 2019 de 14h à 19h
      • Séance de clôture direction scientifique : Pr Nathalie MARTIAL-BRAZ, Cedag, et Pr Anne LAUDE, IDS
      • Faculté de droit, d’économie et de gestion – salle des congrès