Articles

  • IC

    Insuffisance cardiaque

  • NACA

    Le score NACA est une appréciation préhospitalière de la gravité des atteintes médicales ou chirurgicales selon une échelle de 0 (indemne) à VII (décès)

  • USA : Amazon acquiert Health Navigator, à l’origine d’un outil numérique pour orienter les patients

    Amazon acquiert Health Navigator, une société fondée en 2013 à Chicago qui développe des outils numériques pour la vérification à distance des symptômes et le triage à destination des entreprises de santé cherchant à orienter au mieux les patients dans leur parcours de soins. L’opération, dont les détails financiers n’ont pas été dévoilés, a été confirmé par Amazon au média américain CNBC le 23 octobre 2019. Il s’agit du deuxième achat du géant américain lié au domaine de la santé, après l’acquisition de la e-pharmacie PillPack en 2018.

    Le groupe va proposer la solution Health Navigator à ses employés dans le cadre de ses cliniques virtuelles Amazon Care, qui sont mises à l’essai depuis septembre 2019 auprès des salariés de l’entreprise résidant dans la région de Seattle (État de Washington), où se trouve le siège de la société. « Amazon Care élimine les déplacements et les temps d’attente, en connectant les employés et leur famille à un médecin ou à une infirmière via un chat ou un appel vidéo, avec en option un suivi présentiel par une infirmière », explique le groupe (communiqué de septembre). Via ce service sera également proposée la prescriptions de médicaments, qui pourront être réservés dans une pharmacie.

    Health Navigator : une offre de télémédecine visant à mieux orienter les patients

    Health Navigator a été fondé en 2013 par David A. Thompson, son P.-D.G. Ce dernier est connu dans le secteur médical pour avoir développé un ensemble de protocoles, appelé « Schmitt-Thompson », devenu l’outil de référence des infirmiers et autres cliniciens pour orienter les patients au bon endroit pendant leur parcours de soins, généralement via des centres d’appels.

    David A. Thompson est par ailleurs médecin urgentiste et membre du corps professoral (à temps partiel) du Northwestern Memorial Hospital à Chicago, dans l’Illinois.

    Un partenariat déjà conclu avec Microsoft

    Health Navigator collabore avec divers partenaires, comme Microsoft, pour fournir des solutions en ligne tels que des outils de vérification des symptômes, facilitant les diagnostics à distance, et de triage, en aidant les patients à déterminer s’ils souhaitent rester à domicile, consulter un médecin ou se rendre directement aux urgence.

    Un grand nombre des clients de la société sont des entreprises de télémédecine, qui proposent des examens à domicile via un système vidéo et des applications permettant aux médecins de se connecter à distance avec leurs patients.

    Fonctionnement de l’appli Health Navigator

    Amazon est entré sur le marché de la e-pharmacie en 2018 avec l’achat de Pillpack

    Amazon a acquis en 2018 PillPack pour 753 millions de dollars US (678 M€) afin de se lancer sur le marché des pharmacies en ligne. Une entrée qui s’est avérée difficile à gérer pour les acteurs établis du secteur, qui tentent d’empêcher le géant américain d’accéder aux données des patients ou d’engager leurs employés (Amazon a publié environ 50 offres d’emploi pour l’unité répertoriée sur son site web).

  • Des démarches en cours pour le remboursement d’Odysight, appli de surveillance de l’acuité visuelle

    La start-up parisienne Tilak Healthcare est en négociation pour que son application mobile Odysight, un serious game qui permet de surveiller à distance l’acuité visuelle (Odysight), puisse bénéficier d’un remboursement optique par l’Assurance maladie. La solution, qui a obtenu un marquage CE en 2018, est actuellement prescrite comme un dispositif médical (DM) par une quarantaine de centres ophtalmologiques français : les médecins donnent un code d’accès au patient pour qu’ils puissent activer le jeu.

    Contacté par Health & Tech Intelligence le 25 octobre 2019, Tilak indique avoir commencé à travailler avec la Haute autorité de santé (HAS) pour monter un dossier « article 51 » et espérer le remboursement de l’application à terme.

    Conçue par une équipe d’ophtalmologues et de spécialistes du jeu vidéo, Odysight est un jeu médical mobile gratuit (serious game) utilisé pour surveiller de manière continue des patients atteints de maculopathies, comme la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) et l’œdème maculaire. Concrètement, la solution propose des tests visuels numériques adaptés de ceux pratiqués en cabinet et un jeu de puzzle qui vise à stimuler les capacités cognitives et visuelles. L’objectif est d’établir un meilleur diagnostic, et ce de manière plus rapide, de la maladie et de son évolution afin de proposer le traitement le plus adapté possible.

    En attendant un éventuel remboursement, « et pour permettre de proposer la solution au plus grand nombre de patients », Tilak Healthcare a signé en mai 2019 un partenariat exclusif de co-promotion avec Novartis France, qui assure dans ce cadre « la promotion de l’application au sein de son réseau de délégués, afin d’éviter les frais côté patients », précise à H&TI la société.

    Un déploiement sur l’ensemble du territoire national est en cours mais aussi à échelle mondiale. Tilak entend notamment développer son serious game à Pittsburgh, aux États-Unis. En juin, la start-up a par ailleurs annoncé le prototypage de son second jeu médical, TLK-002, dédié à la lutte contre la dépendance aux opioïdes. Pour son développement, la société va collaborer avec le Centre de neurosciences du Brigham and Women’s Hospital, aux États-Unis.

    Odysight : un puzzle numérique

    L’objectif du jeu est d’aider le personnage Iris (photo) « à rassembler les pièces manquantes des mondes brisés et [de combattre] à ses côtés pour vaincre les ombres », est-il expliqué sur le site officiel de Tilak Healthcare. Au fur et à mesure de son avancée, le patient découvre un monde fantastique composé de puzzles dynamiques à recomposer.

    Une alerte envoyée au médecin si les résultats des tests sont préoccupants

    La fréquence des tests réalisés via l’application est prédéfinie par l’ophtalmologiste, qui peut suivre en temps réel l’évolution des paramètres visuels de son patient par l’intermédiaire d’un tableau de bord en ligne.

    Le spécialiste reçoit une alerte si le dispositif détecte un changement de ces paramètres et organise, si cela s’avère nécessaire, un rendez-vous physique avec le patient au plus vite. Ce dernier peut ainsi être soigné rapidement, généralement par injections intraoculaires, une intervention qui permet d’éviter des lésions irréversibles.

    Caractéristiques principales du dispositif :

    • l’application a été pensée par des médecins et élaborée par des professionnels du jeu vidéo ;
    • les pathologies ciblées sont les maladies de la rétine ;
    • la solution suit l’évolution de paramètres établis par l’ophtalmologiste à partir de la qualité de la vision de l’utilisateur (acuité visuelle de près, sensibilité aux contrastes, présence et évolution de scotomes ou de métamorphopsies, trouble de la vision se manifestant par une déformation des images) ;
    • il est doté des avantages des serious games innovants : utilisation simple, rythme adapté en fonction du profil de chaque patient, direction artistique novatrice et mise à jour régulière.
  • Hackathon data pharma/lauréat : un agrégateur des données patients intégré au logiciel du pharmacien

    Un agrégateur des données médicales du patient (du DMP et du DP) intégré au logiciel métier du pharmacien. C’est le dispositif au centre du projet « Ça marche » – « Integrated patient data », qui a remporté le hackathon « Health Data Hub : les données de santé au service du pharmacien d’officine », organisé les 19 et 20 octobre par R+/Résopharma et l’Association nationale des étudiants en pharmacie de France (Anepf), en parallèle du Congrès national des pharmaciens (Bordeaux).

    Le but de cet intégrateur est de faciliter l’interprétation des données hétérogènes afin de réaliser des analyses par segmentation et prédictive pour la pharmacie. 3 000 euros ont été versés à l’équipe internationale à l’origine de cette innovation, pour l’aider à développer son innovation. Le jury était présidé par Jean-Marc Aubert, directeur de la Drees et pilote de la task force « réforme du financement du système de santé ».

    Autre projet récompensé : Arma, qui décroche le prix « coup de cœur » du jury. Il s’agit d’une surcouche logicielle de data visualisation des données enregistrées dans le logiciel métier et équipé d’un module centré sur le patient. L’objectif est d’aider le pharmacien à réaliser une meilleure prévention auprès de sa patientèle (rappel de vaccination par exemple) et d’optimiser le potentiel commercial de l’officine.

    Le hackathon a réuni une vingtaine d’étudiants et de professionnels aux profils pluridisciplinaires (pharmaciens, développeurs, UX designers…), qui devaient imaginer une utilisation innovante des données au service du pharmacien, le tout en répondant à des problématiques précises : « Comment utiliser les données pour prédire les ventes en pharmacie d’officine ? » ; « Comment aider le pharmacien à mieux connaître son patient à l’aide de la visualisation de données ? » ; « Comment exploiter les différentes sources de données de santé dans les outils officinaux (logiciel spécialisés, messageries, réseaux sociaux, sites fournisseurs…) ? », etc.

    Hackathon data pharma : les autres finalistes

    • P4pillon

    P4pillon est un logiciel métier centré sur la coopération entre les professionnels de santé et une nouvelle organisation à l’officine.

    L’outil est déjà utilisé sur son territoire et le réseau Mille soins (Limousin, Centre). L’idée du projet est de revoir la place du pharmacien dans le parcours de soins (anticipation des sorties hospitalières et lanceur d’alerte) et de rationaliser les stocks gérés au patient.

    • Pharmadex

    Pharmadex est une application mobile qui permet le scan d’ordonnance et la e-réservation de produit pour les patients. Le but de cette solution est d’aider le pharmacien à mieux anticiper l’arrivée du patient au comptoir et à l’orienter vers les missions qui lui seraient le plus indiquées.

    • Satya

    Satya propose une surcouche logicielle qui centralise l’ensemble des informations médicales et administratives du patient. Pour chaque patient, le pharmacien dispose des informations à jour ou d’alertes si une action est requise, ce qui lui permet de gagner du temps dans les démarches administratives (complémentaire santé, coordonnées du prescripteur, etc.) et ainsi de davantage se concentrer sur le cœur de son métier, la dispensation.

    L’équipe de Satya souhaite également s’appuyer sur un algorithme d’analyse de la délivrance pour la sécurisation du patient (interaction médicamenteuse).

  • H&TI Webinar : la prise en charge de l’AVC en France, chiffres clés et innovations (30/10/19, 11h)

    Chers abonnés,

    Nous avons le plaisir de vous inviter au prochain H&TI Webinar, à l’occasion de la journée nationale pour la prise en charge de l’accident vasculaire cérébral (AVC) en France, un enjeu majeur de santé public.

    Le Webinar sera articulé autour :

    • des principaux indicateurs de santé publique liés à l’AVC ;
    • des innovations dans la prise en charge de l’AVC ;
    • des start-ups qui proposent des solutions de prévention ou de suivi post AVC.

    Connectez-vous le 30 octobre 2019 de 11h à 11h35 et posez vos questions en direct aux intervenants.

    L’échange sera animé par le Dr Béatrice Falise-Mirat, directrice scientifique de Care Insight.

    Les inscriptions, gratuites, doivent être réalisées via ce lien.

  • Étude : un service de téléconsultation d’urgence réduit les déplacements des urgentistes au domicile

    Un service préhospitalier de téléconsultation d’urgence a été mis en place avec succès à Aix-la-Chapelle (Aachen), en Allemagne. C’est ce que révèle une étude publiée le 8 octobre 2019 dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR). Les travaux mettent en avant que le système permet à la fois :
    • de venir en aide aux patients de manière efficace et sûre à leur domicile ;
    • de libérer les urgentistes de la ville d’une charge de travail qui a fortement augmenté ces dernières années.

    Plus précisément, l’étude montre que ce service a été plébiscité par les médecins urgentistes et les paramedics (ambulanciers formés à la réalisation de divers gestes thérapeutiques) exerçant à Aix-la-Chapelle car l’outil semble sûr et fiable. En effet, sur plus de 6 000 patients prise en charge à distance en 3 ans, « seuls » 6 ont subi des événements iatrogènes notables, et moins de 0,5 % des communications ont été bloquées par des incidents techniques.

    Contexte de l’étude : des médecins urgentistes pas assez nombreux

    Les services d’urgence allemands reposent, pour l’acheminement des patients jusqu’à l’hôpital, sur 2 systèmes :

    • l’un concerne des paramedics, qui se déplacent jusqu’au domicile des patients atteints par des affections peu graves en ambulance ;
    • l’autre fait appel aux médecins urgentistes, emmenés jusqu’aux malades en situation d’urgence vitale par des dispositifs équivalents au services mobiles d’urgence et de réanimation (Smur) français.

    Ces dernières années, les urgentistes ont été de plus en plus sollicités pour se déplacer au domicile de patients ne se trouvant pourtant pas en situation d’urgence vitale car :

    • selon le droit allemand, les médecins étant les seuls professionnels de la santé autorisés à prescrire des médicaments et les secouristes n’étant autorisés à administrer des médicaments non prescrits que dans quelques cas d’extrême urgence (seulement si le patient est en danger de mort, si l’administration du médicament est encadrée par une procédure standard prédéfinie, si une autre mesure non médicamenteuse et non invasive n’est pas indiquée et si aucun médecin n’est présent sur les lieux), les urgentistes sont souvent envoyés au domicile de personnes ne se trouvant pas en situation d’urgence vitale pour administrer rapidement un médicament ;
    • des erreurs mènent souvent à la sollicitation de professionnels inappropriés (paramedics pour des cas complexes et urgentistes pour des cas moins graves) ;
    • le nombre total de recours aux services d’urgences a fortement augmenté et ne cesse de croître.

    Ainsi, en Allemagne, 45 % des appels mènent à la sortie des médecins.

    Objectifs de l’étude : évaluer l’utilisation, la sécurité et les performances techniques d’un service de télémédecine d’urgence

    La charge de travail qui pèse sur les urgentistes a mené, dans la ville d’Aix-la-Chapelle (Aachen, Allemagne), à la mise en place d’un service télémédical préhospitalier d’urgences : actuellement, à Aix-la-Chapelle, les ambulanciers arrivés au domicile du malade découvrant une situation nécessitant l’administration d’un médicament et la présence d’un médecin peuvent soit solliciter la venue d’un urgentiste, soit demander le soutien d’un médecin du service de télémédecine d’urgence.

    Lors de cet acte de télémédecine réalisé en urgence :

    • les secouristes (ou le médecin urgentiste présent sur place mais dépassé par la situation), au moyen de l’équipement d’ambulances spécifiques dédiées à la télémédecine, transmettent instantanément au médecin des images et des vidéos de l’intervention en cours ainsi que les paramètres vitaux du patient et les coordonnées GPS de l’ambulance ;
    • le médecin, assisté par un algorithme d’aide à la décision thérapeutique, communique vocalement des conseils et des directives aux secouristes depuis un centre de contrôle ;
    • en retour, les paramedics appliquent les recommandations de l’urgentiste notamment pour l’administration de médicaments alors autorisée (puisque supervisée par un médecin).

    Cette étude consiste en une analyse rétrospective de l’utilisation, de la sécurité et des performances techniques de ce service de télémédecine d’urgence observées pendant les trois premières années d’activité de ce service.

    Les méthodes : évaluer l’utilisation, la sécurité et les performances techniques du service

    L’utilisation : les patients ayant bénéficié de ce service

    • Inclusion des patients : données quantitatives sur les interventions du service

    Tous les patients ayant été pris en charge par les urgentistes du service préhospitalier de télémédecine d’urgence au cours des trois premières années de fonctionnement de ce service (avril 2014 – mars 2017) ont été inclus dans l’étude. 

    • Données qualitatives sur les interventions du service

    Les données qui ont fait l’objet d’analyses statistiques dans le cadre de cette étude sont :

    • l’âge des patients ;
    • le sexe des patients ;
    • les scores de gravité des blessures et des affections NACA des patients ;
    • les principaux symptômes présentés par les patients ;
    • le nombre d’administrations de médicaments non opioïdes ou opioïdes ayant eu lieu dans le cadre de ces interventions à distance ;
    • les durées de téléconsultation ;
    • les modalités de transport des patients ;
    • les temps de mission des secouristes et médecins physiquement sortis de l’hôpital.

    La sécurité : analyse des événements indésirables survenus pendant les actes de télémédecine

    Les critères de sélection des comptes rendus d’actes de télémédecine d’urgence témoignant de la survenue avérée ou probable d’événements indésirables ont été :

    • la présence, dans ces comptes rendus, de mots renvoyant aux concepts suivants : « échec » ; « instable » ; « agitation » ; « aucun signe de récupération » ; « médecin sur place » ; « hypotension » ; « allergie » ; « anaphylaxie » ; « accident » ; erreur » ; « confusion », etc. ;
    • la présence dans ces comptes rendus de références à l’administration de médicaments difficiles à utiliser ou associés à des effets indésirables nombreux ou dangereux (catécholamines telles que l’adrénaline ou la noradrénaline, opioïdes, etc.).

    Les performances techniques : étude des réponses des urgentistes à un questionnaire concernant la qualité des transmissions

    « Au cours de ces trois premières années d’activité du service, les médecins ont été priés, après chaque téléconsultation, de remplir un questionnaire concernant […] notamment la qualité de transmission des informations », précisent les auteurs. L’analyse des performances techniques ont été fondées sur les réponses des urgentistes à ce questionnaire.

    Selon ce formulaire étaient considérés comme des « défaillances complètes du système » :

    • les cas de transmission impossible des communications vocales ;
    • les cas de transmission impossible des données vitales en temps réel – notamment des résultats d’ECG ;
    • les cas de transmission impossible d’images fixes et de perturbations du flux vidéo.

    Résultats : hausse du recours à la télémédecine et bilan plutôt positif

    Utilisation : un important recours au service de télémédecine d’urgence préhospitalier

    • Des patients âgés pris en charge pour des affections de gravité modérée à sévère

    Pendant les trois premières années de fonctionnement du service, les urgentistes ont pris en charge à distance 6 265 patients.

    Ces patients, d’âge médian de 70 ans et qui étaient à 53 % des femmes, souffraient d’affections classées majoritairement dans les catégories III (blessures et maladies nécessitant une investigation et un traitement hospitalier, sans menace  vitale) et IV (blessures et maladies graves pouvant évoluer vers un risque vital en l’absence de traitement hospitalier) de la classification NACA. 6,43% se trouvaient par ailleurs en état d’urgence pré-réanimation (catégorie NACA V : blessures et maladies avec risque vital immédiat qui sans traitement d’urgence évolueraient probablement vers le décès).

    Ainsi, seuls 8 % des patients pris en charge à distance n’ont été ni traités à leur domicile, ni transférés à l’hôpital : seuls 8 % des patients ne présentaient pas d’affection modérée à sévère mais des pathologies peu graves.

    • Augmentation du recours au service de télémédecine au cours de la période étudiée

    Les téléconsultations ont augmenté de 152 à 420 au cours des quatre premiers trimestres suivant la mise en place du système. Puis de plus en plus d’ambulances ont été équipées du matériel nécessaire pour des téléconsultations. En 2015, 11 ambulances pouvaient être utilisées pour des actes de télémédecine d’urgence 24h/24. Là, le service a enregistré 26 téléconsultations supplémentaires à chaque nouveau trimestre.

    Alors que les téléconsultations se sont multipliées pendant 3 ans, les sorties d’urgentistes ont légèrement diminué de façon continue pendant cette période (1 % de sorties de Smue en moins par trimestre).

    • Un service utilisé principalement par les secouristes pour l’administration télé-déléguée de médicaments

    Dans l’ensemble, 91% des téléconsultations ont été conduites pour soutenir les paramedics sur site. 4,5 % de ces actes de télémédecine ont été requis par un urgentiste présent sur place.

    Dans 4 % des téléconsultations, le médecin qui menait la téléconsultation a estimé nécessaire d’envoyer un urgentiste sur place auprès des secouristes. Les secouristes ont requis un acte de télémédecine en attendant l’arrivée physique d’un urgentiste dans 3 % de leurs missions.

    Sécurité : des événements indésirables liés à un geste thérapeutique peu nombreux et contrôlés

    « 6 des 6 265 patients ont présenté des effets indésirables », indiquent les auteurs de l’étude :

    • un patient a perdu connaissance après administration télé-déléguée de nitroglycérine pour un syndrome coronarien aigu : un médecin a immédiatement été envoyé sur les lieux par l’urgentiste à distance ;
    • une patiente de 94 ans a manifesté un état de grande agitation après avoir reçu de la kétamine pour le traitement d’une fracture de la hanche : un médecin a été envoyé sur place ;
    • un patient a reçu du reprotérol (bêta-2-mimétique) à la place de la scopolamine (parasympatholytique) en raison de la similitude phonétique des noms commerciaux allemands des deux molécules ; 
    • les secouristes ont accidentellement perforé l’artère cubitale au lieu d’une veine d’un patient, perforation qui a été traitée instantanément avec un bandage compressif ;
    • deux patients ont présenté un érythème après l’administration de médicaments.

    Tous ces patients ont présenté des constantes normales à leur arrivée à l’hôpital : ceci témoigne de procédures de prise en charge des événements iatrogènes adaptées

    Performances techniques : peu de défaillances complètes

    5 220 questionnaires portant sur la qualité technique d’autant de consultations (83 % du nombre total de téléconsultations) ont été recueillis et analysés.

    Des défaillances complètes du système sans transmission possible sont survenues :

    • pour 0,25 % (14/5220 ; IC à 95% de 0,2 % à 0,5 %) des communications vocales à deux voies ;
    • pour 1 % des transmissions de coordonnées GPS ;
    • pour 1,34 % des transmissions de flux vidéo unidirectionnelles ;
    • pour 1,43 % les transmissions d’images fixes ;
    • pour 1,66 % des transmissions des résultats d’ECG au repos à 12 dérivations ;
    • pour 1,91 % des transmissions de données vitales en temps réel.

    Au total, des défaillances complètes se sont produites dans 0,34 % des téléconsultations.

    Discussions : le nombre d’événements indésirables liés aux soins sous-estimé, des dysfonctionnements techniques surestimés

    La forte augmentation du nombre de téléconsultations au cours de la première année d’exploitation doit être attribuée principalement :

    • à l’augmentation du nombre d’ambulances équipées pour des actes de télémédecine ;
    • à l’augmentation de la durée d’ouverture du service à 24h par jour.

    Toutefois, au cours des deux années suivantes, le nombre de téléconsultations a encore augmenté, de même que la télé-délégation de médicaments. Cette augmentation est donc probablement aussi due à l’adaptation des paramedics à ce système et à leur pleine adoption de ce dernier.

    Un nombre d’événements indésirables liés aux soins légèrement sous-estimé

    Le faible nombre d’événements iatrogènes observés était sans doute dû au fait que des événements indésirables courants n’ont pas été signalés par les médecins : seuls des événements indésirables perçus comme inhabituels ou qui ne seraient pas survenus si un urgentiste avait été présent ont sans doute été signalés.

    Des dysfonctionnements techniques surestimés

    La plupart des événements rendant les transmissions impossibles ou difficiles sont liés à une mauvaise réception du service mobile (ces événements peuvent donc être résolus en déplaçant l’ambulance).

    « Le questionnaire de performance technique n’a par ailleurs pas été rempli dans 17 % des missions [conduisant probablement] à une surestimation des dysfonctionnements techniques car les médecins ont préféré remplir le formulaire après avoir rencontré des difficultés techniques au cours de la sortie », indiquent les auteurs de l’étude.

    Finalement, cette analyse rétrospective des téléconsultations préhospitalières d’urgence menées pendant 3 ans à Aix-la-Chapelle montre que le système mis en place dans la ville allemande est utilisé, sûr et techniquement fiable. « Ce service télémédical d’urgence est susceptible de fournir des soins  de haute qualité, d’alléger la charge de travail des médecins urgentistes et de rendre ces derniers plus disponibles pour les cas d’urgences vitales les plus graves », concluent les auteurs des travaux. 

  • PLFSS 2020 : les députés adoptent la clause de sauvegarde pour les DM à l’hôpital (article 15)

    Les députés adoptent l’article 15 du PLFSS pour 2020, qui prévoit la création d’une clause de sauvegarde pour le secteur des dispositifs médicaux (DM) à l’hôpital. La décision a été prise en séance publique le 24 octobre 2019. Cet article avait initialement été supprimé en commission des Affaires sociales après le rejet d’un amendement présenté par le rapporteur général Olivier Véran (LREM).

    La ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn défend cette disposition du PLFSS en soulignant que le secteur du DM à l’hôpital a cru « de plus de 4 % entre 2012 et 2018 », ce qui « fait peser mécaniquement la régulation sur d’autres dépenses de l’hôpital dans le contexte actuel que chacun connaît ». Elle souligne que le nombre de patients traités par un dispositif médical remboursé au sein de l’hôpital « augmente faiblement », entre 1 et 2 % par an, expliquant que « c’est l’effet prix et l’effet structure qui sont donc les plus importants dans l’augmentation des dépenses ».

    « S’agissant du périmètre, cette clause est limitée au secteur hospitalier, ce qui minimise l’impact sur le secteur des DM », ajoute la ministre, relevant au passage que « 80 % des dépenses de DM » orthopédique et cardiovasculaire à l’hôpital sont portés par « moins de 20 entreprises », qui « ne sont pas des start-ups mais de grandes entreprises ».

    « La clause de sauvegarde s’envisage dans un paysage global du DM caractérisé par un équilibre des mesures au sein de ce PLFSS », équilibre qui « serait remis en cause si cette clause n’était pas votée », poursuit Agnès Buzyn. Elle compte au nombre des mesures du texte « très positives pour les DM » :

    • l’abrogation, à partir de 2021, de la taxe sur les premières ventes de DM, avec à la clé « un gain économique pour le secteur de 40 à 45 millions d’euros » ;
    • la proposition « d’aligner le taux de TVA pour tous les DM hospitaliers[, soit de tous] les passer à 5,5 % alors que certains sont encore à 20 % » ;
    l’amendement 1959 présenté par le gouvernement pour introduire un équivalent de l’ATU « ouvrant largement l’accès précoce pour les DM qui ont un fort intérêt clinique » avec « de nouvelles conditions tarifaires ».

    La ministre relève que le taux retenu de 3 %, « identique à celui qui existait pour les médicaments les plus innovants au niveau hospitalier », correspond également « à l’engagement de progression annuelle des dépenses relatives aux médicaments innovants », engagement pris dans le cadre du Comité stratégique des industries de santé (CSIS).

    Des arguments en faveur de la suppression de la clause de sauvegarde

    Le député Paul Christophe (LR), auteur de l’amendement de suppression de cet article en commission, estime pour sa part qu’en matière de DM, l’augmentation des coûts est aussi « liée à l’augmentation des coûts des technologies » et qu’il faut « raisonner en dépense nette » en incluant la baisse de charges induite « si grâce à un implant on peut n’être immobilisé qu’une seule journée ou deux au lieu de subir six mois [d’hospitalisation] avec une opération à cœur ouvert ».

    Le rapporteur général Olivier Véran, auteur de l’amendement examiné en séance en faveur de la suppression de la clause de sauvegarde, indique de son côté que la « dynamique » du secteur du DM peut selon lui s’expliquer en partie par une évolution des volumes car « la pratique des DM change ». Il cite l’exemple de la « révolution » de la thrombectomie, grâce à laquelle des patients victimes d’AVC « repartent quelques heures plus tard sans handicap ».

    45 millions d’euros seront « sans doute » redonnés au secteur du DM avec la suppression de la taxe sur les premières ventes, cependant, l’Ondam prévoit lui d’imposer 250 millions supplémentaires d’économies cette année dans le domaine du DM, relève par ailleurs, à l’adresse de la ministre, le député Jean-Carles Grelier, auteur d’un amendement en commission pour la suppression de la clause de sauvegarde.

  • ESUS

    Entreprise solidaire d’utilité sociale

  • Suivi des plaies chroniques : un patch connecté testé début 2020 en essais cliniques (CNRS Grenoble)

    Grapheal, une start-up fondée au printemps 2019 et hébergée par le CNRS de Grenoble, développe un patch intelligent (baptisé du nom de la société) équipé d’un biocapteur qui permet de suivre à distance la cicatrisation tout en la stimulant et qui informe les professionnels de santé concernés de l’état d’une plaie à risque, sans avoir à retirer le pansement ou à se déplacer. Portée par 4 chercheurs grenoblois, la solution vise à apporter une solution aux problèmes des plaies chroniques, qui touche en particulier les patients diabétiques. Encore au stade expérimental, l’approche a été validée par 8 essais précliniques. La start-up lance une levée de fonds pour financer les premiers essais cliniques, programmés pour début 2020.

    La particularité de ce pansement est qu’il s’agit de la première innovation à utiliser dans le domaine de la santé le graphène, un nanomatériau découvert en 2004 qui présente l’avantage d’être à la fois léger, flexible et très solide. Le graphène est par ailleurs biostimulant, « c’est-à-dire que les cellules se régénèrent plus vite à son contact », explique la start-up dans un communiqué publié le 24 octobre 2019.

    En France, environ 120 000 patients atteints de diabète sont admis aux urgences pour des ulcères aux pieds, dont environ 10 000 ressortent amputés, rappelle la société, qui a pour objectif d’éviter l’aggravation des plaies à risque par le biais de sa technologie.

    Le graphène, un matériau pertinent pour une application en santé

    Une équipe pluridisciplinaire de 4 chercheurs est à l’origine du projet Grapheal –Advanced Wound Care :

    • Vincent Bouchiat est le P.-D.G. de Grapheal et est spécialisé dans le domaine des nanomatériaux, de l’électronique et de la gestion de projet ;
    • Antoine Bourrier est spécialiste en biophysique et en biotech ;
    • Behnaz Djoharian est ingénieure logiciel et expérimentée en IoT ;
    • Riadh Othmen est docteur en physique et expert en nanomatériaux.

    Ce sont ces chercheurs qui ont découvert que le graphène était biostimulant. « Cette qualité est exceptionnelle car lorsqu’un corps étranger pénètre notre organisme, le système immunitaire peut le détecter et déclencher une série de processus qui permettra de le détruire », note la start-up (communiqué).

    Les travaux des 4 experts ont également révélé que le nanomatériau détectait avec précision un phénomène biologique.

    C’est cette double caractéristique qui leur a donné l’idée d’une application dans le secteur de la médecine. « Ils ont choisi d’apporter une réponse de suivi diagnostique aux patients diabétiques couplé à une solution de télémédecine », est-il indiqué dans le communiqué. En effet, les plaies chez le patient diabétique peuvent entraîner une inflammation chronique qui empêche la cicatrisation. Un mauvais suivi peut aller jusqu’à l’amputation d’un membre.

    Un pansement cicatrisant couplé à un outil de télésuivi

    Des propriétés curatives

    • les caractéristiques physico-chimiques du graphène et son interaction cellulaire provoquent une biostimulation qui accélère le processus de cicatrisation de la plaie :
      • tests in vitro et in vivo réalisés entre 2016 et 2018 chez le porc et la souris (essais précliniques portés par des laboratoires CNRS et Inserm rattachés aux CHU de Grenoble, de Lyon et de Montpellier, ainsi que deux sociétés indépendantes ayant testé la non-toxicité du matériau) ;
    • très fin et souple, le graphène ne gêne pas le mouvement ;
    • respirant, le patch laisse passer les exsudats.

    Un outil de télésuivi

    • Un biocapteur de détection d’infection permet d’alerter les soignants en cas de début d’infection.
    • Le patch dispose d’un circuit pour traiter les signaux électriques, d’un microcontrôleur pour la numérisation des données et d’un module NFC pour leur transmission sans fil. La détection en amont de l’infection est permise grâce à la mesure du pH du lit de la plaie. Les données recueillies sont envoyées par NFC vers un smartphone Android ou iOS via une application qui traite et affiche les informations reçues.
      • Le système permet d’avoir accès à l’historique de l’évolution de la plaie. Y sont également intégrées les observations de l’infirmier et des données sur l’état actuel de la plaie par le biais de probabilités d’infections ou de quantité d’exsudats.
    • La solution évalue par ailleurs l’état du pansement, l’objectif étant de le changer le moins souvent possible afin d’optimiser le processus de cicatrisation et de réduire les coûts.