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  • Maladies rares : les European reference networks (ERN), un outil intéressant mais complexe (colloque)

    « Le DMP représente une avancée réelle dans le cadre de la prise en charge » des patients atteints de maladies rares par les services d’urgence, car ces pathologies « nécessitent des connaissances très spécifiques et des précautions thérapeutiques auxquelles les professionnels de santé concernés n’ont jamais été confrontés ou sensibilisés ». C’est ce qu’estime Jean-Philippe Plançon, président de l’Association française contre les neuropathies périphériques (AFNP), intervenu lors de la table ronde « La digitalisation est-elle une chance pour les maladies rares ? », organisée le 5 novembre 2019 dans le cadre de la 6e édition des Rencontres RARE à Paris. « Le DMP représente dans ce cas une protection non seulement pour le malade mais aussi pour l’équipe », souligne le spécialiste.

    Le Dr Christine Bodemer, chef du service de dermatologie de l’hôpital Necker-Enfants malades (APHP), a détaillé de son côté les activités de l’ERN Skin de l’AP-HP, dont elle est coordinatrice. Les ERN (European reference networks) sont des réseaux virtuels de professionnels de santé lancés depuis 2017 au niveau européen pour faciliter la discussion sur des affections complexes ou rares. « Cet outil est fantastique dans l’esprit », juge le médecin, regrettant dans les faits « sa complexité, le temps qu’il prend » et « le personnel nécessaire pour qu’il devienne fluide ».

    ERN : un outil pour construire un panel de discussion sur un cas précis

    L’organisation d’un ERN est « assez similaire à celles des RCP (réunions de concertation pluridisciplinaires) au niveau national », indique le Dr Christine Bodemer : « Quand il y a la volonté de discuter d’un cas entre plusieurs experts de pays différents, on construit un panel de discussion, et tous les membres d’un ERN peuvent faire cette demande. »

    Une anonymisation de la fiche patient

    La fiche du patient, nominative au départ, est « rapidement anonymisée » : « comme les maladies sont très rares on reconnait facilement un patient » mais « tout est fait » pour le respect de la confidentialité des données.

    La problématique des réglementations propres à chaque pays européens

    « Toute la difficulté et la complexité » des ERN résident selon elle dans l’impératif de « respecter les réglementations de chaque pays européen, qui sont complexes et très différentes les unes des autres ».

    Elle cite en exemple la « fiche de consentement » que le médecin référent doit faire signer par le patient : ce seul processus peut prendre « plusieurs mois » pour avoir l’accord des différents pays sur la fiche d’information.

  • Asie : MyDoc (Singapour) et l’assureur BaoViet déploient des services de santé numériques au Vietnam

    La société singapourienne MyDoc, qui propose l’une des principales applications de téléconsultation en Asie, signe un accord avec BaoViet, l’une des plus importantes sociétés d’assurance du Vietnam avec une part de marché de 40 %. L’objectif de cette alliance est de développer des cliniques numériques (solutions de e-santé) au Vietnam afin d’améliorer l’accès aux soins au sein du pays. Selon les 2 partenaires, qui ont annoncé leur alliance début novembre 2019, c’est la première fois qu’un service de clinique cashless est proposé aux titulaires d’une assurance maladie au Vietnam.

    Le service sera déployé par étapes, avec des médecins locaux agréés du groupe de cliniques DHA, établissement partenaire, et un grand groupe de pharmacies multi-sites. Les adhérents de l’assurance BaoViet pourront accéder gratuitement à une conciergerie numérique et à des services de santé à valeur ajoutée sur leur téléphone mobile, dont des téléconsultations et la e-prescription, en anglais mais aussi en vietnamien.

    En dehors du Vietnam, MyDoc étend actuellement ses activités à Hong Kong, en Thaïlande, aux Philippines et en Inde, où il exploite des cliniques virtuelles et physiques pour les employés du siège de son investisseur UST Global.

    À noter que la start-up n’est pas la seule société singapourienne à s’intéresser au marché vietnamien. Depuis le mois de septembre, Doctor Anywhere, une plateforme de télémédecine de la cité-État, a conclu deux accords respectifs avec deux entreprises vietnamiennes pour déployer des services de e-santé au sein du pays.

    « Des normes et des procédures strictes » pour sélectionner les partenaires cliniques

    « Nous sélectionnons soigneusement les meilleurs partenaires cliniques à travers une série de normes et de procédures strictes, indique le Dr Snehal Patel, P.-D.G. et cofondateur de MyDoc dans un communiqué. Toutes les équipes cliniques sont tenues de suivre une formation clinique et sur les produits [mais aussi de] passer des consultations tests avant d’obtenir la certification. Ce n’est qu’en faisant passer nos patients au premier plan que nous pourrons fournir des soins de qualité aux 600 millions de personnes en Asie du Sud-Est. »

    MyDoc multiplie les partenariats avec les compagnies d’assurance

    MyDoc a récemment noué des partenariats avec d’autres compagnies d’assurance telles que Prudential, en 2019, et AIA, en 2018, pour offrir à leurs clients respectifs un système intégré de gestion de santé ou de dépistage, généralement au moyen d’applications destinées aux clients conçues par les compagnies d’assurance.

    « Nous simplifions le processus de réclamation de l’assurance maladie et nous nous attaquons au manque de capacité dans le domaine des soins en réduisant les réadmissions à l’hôpital, commente le Dr Snehal Patel (communiqué). Notre modèle de passerelle intégrée offre plus qu’un accès rapide aux meilleurs soins. Nos équipes de recherche clinique peuvent utiliser des millions d’études réalisées sur des données cliniques anonymisées sur sept ans pour identifier les modèles de maladie et leurs traitements. Nous permettons aux fournisseurs leaders comme BaoViet d’obtenir les bons soins au bon moment et de les pratiquer hors des hôpitaux. »

    Le Vietnam attire les start-ups de e-santé singapouriennes

    Un taux d’inflation médicale en hausse

    Le Vietnam affiche actuellement le taux d’inflation médicale le plus élevé d’Asie (14,2 %). Selon les chiffres officiels, d’ici 2021, le pays devrait dépenser 22,7 milliards de dollars (20,48 Mds €) dans le domaine des soins, soit une augmentation de 12,5 % par rapport à 2017 (16,1 Mds USD ; 14,52 Mds €).

    Doctor Anywhere a signé 2 accords avec des sociétés vietnamiennes depuis septembre

    Les sociétés de e-santé basées à Singapour ont récemment étendu leur présence au Vietnam.

    En septembre 2019, Doctor Anywhere, une start-up de télémédecine de la cité-État, a signé un accord de coopération stratégique avec Bao Minh Insurance, un autre grand groupe d’assurance vietnamien. Le but de ce partenariat est de regrouper sur une plateforme unique une série de services de santé en ligne et hors ligne, notamment de téléconsultation et de délivrance de médicaments, un marché en ligne pour les achats en matière de santé et de bien-être ainsi que des services de santé à domicile.

    Doctor Anywhere a également signé en octobre un accord avec ViettelPay, une société qui appartient à Viettel, le plus grand opérateur de téléphonie mobile du Vietnam. Par le biais de cette alliance, les clients de ViettelPay vont pouvoir se connecter directement à la clinique virtuelle de Doctor Anywhere pour consulter un médecin et accéder à une gamme de services de bien-être directement sur l’application ViettelPay.

  • PLFSS 2020 et lutte antifraude : 2 élues proposent un « cachet électronique » pour la carte Vitale

    « Désactiver en temps réel » la carte Vitale en fin de droits, et pour ce faire décider que les ajouts de données de la base de la Cnam seront « vérifiés par les professionnels de santé ». C’est ce que propose le rapport remis le 6 novembre 2019 par la députée Carole Grandjean (LREM, Meurthe-et-Moselle) et la sénatrice Nathalie Goulet (UDI, Orne) sous le titre « Lutter contre les fraudes aux prestations sociales, un levier de justice sociale pour une juste prestation », aboutissement d’une mission confiée en mai par le Premier ministre Édouard Philippe.

    Nathalie Goulet a déposé sur la base de cette mission un amendement au PLFSS proposant une « désactivation automatique de la carte Vitale » en cas de perte des droits. La sénatrice relève dans son exposé sommaire qu’« il n’existe à ce jour aucun lien ni aucune interface [permettant cette procédure alors qu’]il y a en France des cartes Vitale en grand surnombre ». Les auteurs du rapport soulignent que l’application de cette mesure, « rendrait inutile la proposition » d’une carte Vitale « de validité limitée dans le temps », émises en septembre 2019 par les deux rapporteures lors de la présentation de leurs premières conclusions.

    Les deux élues proposent l’utilisation du cachet électronique visible* (CEV) par les administrations ou organismes du service public qui « délivrent des documents administratifs ou pièces justificatives », et notamment les cartes Vitale. Elles estiment que ce mode de sécurisation mis en place en 2019 par le Crous « offre une garantie de fiabilité à tous types de documents ». Convaincue par l’audition de l’Association internationale de gouvernance du cachet électronique visible (AIGCEV), Nathalie Goulet a déposé un amendement au PLFSS afin d’«étendre la pratique de ce certificat aux attestations de cartes vitale, les rendant ainsi infalsifiables ». Un autre amendement de sa part propose la suppression de la photo d’identité sur la carte Vitale, jugeant qu’elle « n’apporte aucune sécurité complémentaire dans le cadre de la lutte contre la fraude ».

    À noter que le PLFSS 2020 sera examiné par le Sénat en séance publique à partir du 12 novembre 2019.

    Des propositions en faveur de l’interconnexion des fichiers

    Carole Grandjean et Nathalie Goulet estiment dans leur rapport que « l’amélioration des systèmes de renseignement, notamment dans la centralisation des informations  (décès, etc.), passera nécessairement par un renfort de l’interconnexion des données entre organismes de protection sociale » et par « une alimentation automatique des fichiers sur le format « dites-le nous une fois » ».

    Des mesures présentées pour améliorer le RNCPS

    Les deux élues formulent par conséquent plusieurs propositions pour améliorer le RNCPS (Répertoire national commun de la protection sociale), fichier créé en 2006. Il s’agit notamment pour elles :

    • de « faire pleinement participer l’ensemble des organismes octroyant des prestations d’aides sociales au dispositif d’interconnexion », « caisses de façon annexe, mais également collectivités et CIAS/CCAS (Centres intercommunaux et communaux d’action sociale) » ;
    • de « permettre des demandes de renseignements massifiées à l’ensemble des acteurs du dispositif simultanément » ;
    • de prévoir « un guichet accessible pour chaque assuré social par une e-carte d’identité, cumulant les avantages de la carte Vitale » et de la carte européenne d’assurance maladie ;
    • de renforcer la Dinsic (Direction interministérielle du numérique et des systèmes d’information), devenue récemment la Dinum (Direction interministérielle du numérique), dans ses missions de « contribution à l’organisation de l’interconnexion des données à visée de la juste prestation ».

    « À ce jour, la plupart des échanges entre organismes se font sur processus d’interrogations individuelles », regrettent les deux parlementaires, qui appellent de leurs vœux « une démarche automatisée », avec pour objectif une situation dans laquelle « l’identifiant NIR étant correctement renseigné, l’ensemble des dispositifs accordés sous gestion seraient accessibles sur format consolidé pour l’ensemble des opérateurs et désormais des assurés sociaux ».

    L’exemple de la Banque Carrefour de la Sécurité sociale belge

    Les rapporteures donnent en exemple la Banque Carrefour de la Sécurité sociale belge, « une plateforme d’interconnexion des données entre organismes et administrations, sans stockage des données, qui restent stockées au sein de chaque institution afin de renforcer la sécurisation ». Au sein de cette base, « l’actualisation des données alimente chaque organisme en simultané et empêche des écarts de déclarations, erreurs ou fraudes», grâce aux « contrôles et recoupement de données ».

  • Influence for Health : sensibiliser et soutenir les patients via les réseaux sociaux (témoignages)

    Sensibiliser, mobiliser, apporter du soutien ou encore changer le regard sur une pathologie par le biais des réseaux sociaux. Tels sont les objectifs des patients et professionnels de santé venus témoigner en octobre à l’occasion de l’édition 2019 d’Influence for Health, un événement dédié aux influenceurs santé coorganisé par Orange Healthcare, RCA Factory et Buzz e-santé, en partenariat avec le Réseau communication santé, le Festival de la communication santé et What’s Up Doc. Ces nouveaux acteurs de la santé numériques agissent pour certains au sein d’une association de patients ou de professionnels, pour d’autres en dehors.

    Les influenceurs présents lors de l’événement représentent à eux 6 plusieurs centaines de milliers de followers, et plusieurs millions de vues chaque mois. Health & Tech Intelligence revient en détail sur ces témoignages :
    • Martin : comment Instagram lui a permis de surmonter son handicap ;
    • The French Radiologist : une étudiante en médecine devenue influenceuse ;
    • Karine : comment se mobiliser sur les réseaux sociaux face au cancer ;
    • Vincent : comment les réseaux sociaux l’ont aidé dans son activité de kinésithérapeute ostéopathe ;
    • Diab’Aide : 2 jumelles parlent de leur quotidien de personnes diabétiques sur YouTube ;
    • Seper Hero : un voyage à l’origine d’une communauté qui a donné sens à la vie de Marine, atteinte de sclérose en plaques (SEP).

    « À Orange, nous développons des outils de communication numérique. Nous proposons de l’hébergement en données de santé. Ici, nous voulons montrer que les services de santé numériques sont au service des professionnels de santé et des patients« , commente Emmanuelle Pierga, directrice de la communication d’Orange Healthcare.

    Focus sur 6 acteurs de santé présents sur les réseaux sociaux

  • Recouper la base Transparence Santé avec le SNDS permet de pointer les mauvais prescripteurs (BMJ)

    « Les médecins généralistes français ne recevant pas d’avantage de l’industrie pharmaceutique sont associés à des prescriptions plus efficaces et moins chères. » C’est la conclusion d’une étude réalisée par l’université Rennes 1 en recoupant les données 2016 de la base Transparence Santé sur les liens d’intérêts des médecins avec l’industrie, et celles du SNDS sur les prescriptions. « De par sa méthodologie, l’étude ne peut pas montrer de lien de cause à effet », souligne cependant ses auteurs dans un communiqué daté du 6 novembre 2019.

    Créée en 2013 par le ministère chargé de la Santé, la base Transparence Santé « rend accessible l’ensemble des informations déclarées par les entreprises sur les liens d’intérêts qu’elles entretiennent avec les acteurs du secteur de la santé ». Recouper les données qu’elle contient avec les indicateurs du SNDS « évaluant le coût et la qualité des prescriptions utilisés par l’Assurance maladie dans le calcul de la ROSP (Rémunération des médecins sur Objectifs de Santé Publique) » permet aux auteurs des travaux d’établir, qu’en moyenne, le groupe de médecins « n’ayant reçu aucun avantage en 2016 ni depuis la création de la base Transparence Santé en 2013 » est associé à :

    • des prescriptions moins coûteuses (« le groupe de médecins ayant bénéficié de 1 000 euros ou plus en avantages est associé à des coûts de prescription en moyenne 5.33 euros plus élevés que le groupe sans avantage ») ;
    plus de prescriptions de médicaments génériques par rapport aux mêmes médicaments non génériques (antibiotiques, antihypertenseurs, statines) ;
    moins de prescriptions de vasodilatateurs et de benzodiazépine pour des durées longues « comparativement aux groupes de médecins ayant reçu le plus d’avantages » ;
    moins de prescriptions de sartans comparativement aux inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC),« recommandés pour leur efficacité similaire avec un moindre coût », «comparativement aux groupes de médecins ayant reçu le plus d’avantages ».

    Selon l’étude, publiée dans la revue British Medical Journal (BMJ), ces résultats « renforcent l’hypothèse selon laquelle l’industrie pharmaceutique peut influencer les prescriptions des médecins généralistes », et offrent un aperçu sur l’étendue de cette influence.

    Transparence Santé : une base actualisée tous les 6 mois

    La base de données publique Transparence Santé du ministère des Solidarités et de la Santé inclut « l’ensemble des informations déclarées par les entreprises sur les liens d’intérêts qu’elles entretiennent avec les acteurs du secteur de la santé, du médecin généraliste aux sociétés savantes». La base, actualisée tous les 6 mois et conservant les informations sur 5 ans, vise à « porter ces liens à la connaissance de tous et à les rendre aisément accessibles ».

    Une interface simplifiée et un outil statistique ajouté

    En pratique, est-il souligné dans le communiqué, « la technicité du système et les erreurs contenues dans la base en rendent l’accès difficile », de sorte que le collectif EurosforDocs a développé en complément une interface simplifiée, « ajoutant un outillage statistique et s’efforçant d’améliorer la qualité des données enregistrées ».

  • PUMa

    Protection universelle maladie

  • Transcriptomique

    Étude de l’ensemble des acides ribonucléiques messagers produits lors du processus de transcription d’un génome

  • Hitachi et le Centre Léon Bérard lancent un lab de recherche pour lutter contre le cancer via l’IA

    L’entreprise tech japonaise Hitachi et le centre de lutte contre le cancer lyonnais Léon Bérard (CLB) signent un accord afin de promouvoir conjointement la recherche et le développement en vue d’améliorer l’efficacité des diagnostics et des traitements du cancer par le biais de l’intelligence artificielle (IA). Dans ce cadre, ils créent un nouveau laboratoire de recherche, baptisé « Hitachi Lyon Lab », sur le site du CLB, indique l’établissement français dans un communiqué publié le 6 novembre 2019.

    Plus précisément, la société japonaise et le centre lyonnais mèneront ensemble « une activité de recherche et de développement sur de nouvelles technologies de dépistage et de diagnostic des cancers grâce à l’exploitation de l’imagerie médicale, comme la TDM/IRM, à l’aide de l’IA« , explique le CLB. Les deux partenaires prévoient également de développer des outils de prédiction de la réponse à la radiothérapie grâce à l’utilisation des données transcriptomiques et génomiques des tumeurs.

    « Il est devenu possible d’analyser les informations du génome d’un individu à faible coût »

    Selon les statistiques de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le Japon est le pays effectuant le plus grand nombre de TDM et d’IRM par million d’habitants, note le Centre Léon Bérard (CLB) dans son communiqué.

    « Avec les progrès réalisés dans le domaine des équipements d’imagerie de diagnostic, le nombre d’images examinées par les radiologues est en augmentation et les technologies visant à réduire la charge de travail des radiologues grâce à l’intelligence artificielle (IA) sont en cours de développement, contextualise le CLB. De plus, en raison des grandes avancées en matière de technologie d’analyse génétique de ces dernières années, il est devenu possible d’analyser les informations du génome d’un individu à faible coût, tandis que la médecine personnalisée offrant des soins médicaux adaptés à chaque individu est devenue un centre d’intérêt majeur dans les pays développés. »

    Lutte contre le cancer : 2 partenaires experts

    Hitachi est spécialisé dans les domaines diagnostiques-cliniques et informatiques

    Hitachi développe des solutions conçues pour améliorer la qualité et l’efficacité des soins médicaux dans les domaines diagnostiques-cliniques (tels que des équipements d’imagerie de diagnostic et des systèmes d’hadronthérapie) et informatiques (tels que des technologies de l’information et des systèmes basés sur IA)

    L’entreprise japonaise cherche également à améliorer la prise en charge des personnes atteintes de cancer en proposant des système d’hadronthérapie (méthode de radiothérapie) à divers hôpitaux de renommée mondiale. Ainsi, elle a permis de traiter plus de 60 000 patients dans ce cadre à ce jour, indique l’établissement lyonnais.

    Le Centre Léon Bérard fournit des diagnostics et des traitements de pointe

    Le Centre Léon Bérard, de son côté, se concentre principalement sur des activités orientées sur le soin, la recherche et la formation. Il est affilié à Unicancer, la fédération nationale des centres de lutte contre le cancer, qui rassemble 20 centres similaires.

    Le CLB fournit des diagnostics et des traitements de pointe aux patients atteints de cancers, dont des protocoles de radiothérapie et des traitements innovants. « Les images, ainsi que les données moléculaires des tumeurs, qui vont être au cœur de cette nouvelle collaboration,sont collectées et conservées au CLB à des fins de diagnostics, [de] traitements mais aussi de recherches, avec le consentement des patients », précise l’établissement français.

    Hitachi Lyon Lab : l’expertise clinique du CLB associée au savoir-faire d’Hitachi en IT/IA

    Dans le cadre de leur partenariat, Hitachi et le Centre Léon Bérard vont mener des recherches au sein du nouvel Hitachi Lyon Lab afin d’améliorer l’efficacité des diagnostics et des traitements du cancer, en combinant l’expertise clinique et les données associées aux traitements contre le cancer des patients du CLB avec le savoir-faire d’Hitachi dans le domaine de l’imagerie de diagnostic et d’IT/IA.

    Ainsi, ils développeront conjointement des technologies d’imagerie de diagnostic capables de détecter les éventuelles localisations cancéreuses et d’accompagner les radiologues dans l’établissement d’un diagnostic à partir d’images de type TDM et IRM avec l’aide de l’IA, explicite l’établissement lyonnais.

    « L’identification de marqueurs biologiques exploitant les données génomiques dans un contexte de résistance permettra également de prédire les réponses et de formuler des pronostics quant à l’issue de la radiothérapie », ajoute le CLB.

  • AME : l’Inspection des finances & l’Igas prônent l’ouverture automatique du DMP pour les sans-papiers

    « Rendre obligatoire le dossier médical partagé (DMP) pour les bénéficiaires de l’AME pour permettre une juste prescription des soins. » C’est la 6e proposition du rapport L’aide médicale d’État : diagnostic et propositions, rendu public le 5 novembre 2019 par l’Inspection générale des finances (IGF) et l’Inspection générale des Affaires sociales (Igas) afin d’« empêcher les fraudes et les dévoiements » de ce dispositif, mis en place en 1999 pour « dispenser les soins nécessaires à des étrangers en situation irrégulière présents sur notre territoire », et financé par l’État à hauteur de 904 millions d’euros en 2018. 

    La mission recommande également (proposition 12) de « fluidifier la facturation et le suivi de la dépense de soins de ville » des bénéficiaires de l’AME « en transformant la carte AME en une carte à puce de type carte Vitale, permettant la télétransmission et le suivi des prescriptions et consommations pharmaceutiques ». À défaut, elle demande de « pousser aussi loin que possible » une « dématérialisation « en mode dégradé » » , avec la consultation par le professionnel de santé de l’applicatif ADRi (Acquisition des droits intégrée) inclus dans le logiciel de facturation Sesame-vitale.  

    Ces deux mesures permettraient selon le rapport d’activer le contrôle médical de l’assurance maladie qui « n’est pas opérationnel » actuellement, de sorte qu’« un volume conséquent de soins » échappe à tout contrôle médical « tant en ville qu’à l’hôpital ».  En matière de soins hospitaliers, elles permettraient un contrôle de conformité et de codage (contrôle T2A notamment). En donnant aux médecins « l’accès aux données de suivi de prescriptions et à l’historique des remboursements », ces deux mesures pourraient en outre éviter « les redondances, le nomadisme ou les incompatibilités de plusieurs traitements prescrits par des professionnels différents », en particulier « les abus présumés de prescriptions des traitements de substitution aux opiacés », est-il précisé. 

    Pour « la vérification du statut irrégulier des demandeurs », le rapport demande dans sa Proposition n°2 de « systématiser » « au plus tard courant 2021 » l’accès des CPAM  à « la base de données Visabio du ministère des Affaires étrangères recensant les dates d’octroi de visa », une possibilité ouverte par la ministre de la Santé Agnès Buzyn début octobre. Cette mesure pourrait également permettre de connaître « les revenus déclarés par [un patient] dans le cadre de sa demande de visa »  et ainsi vérifier la condition de ressources requise pour l’AME.

    Pour empêcher « l’octroi de visa aux « touristes médicaux » ou leur entrée sur le territoire », le rapport demande dans sa Proposition 5 de mettre à disposition des consulats de France et de la police aux frontières :
    une base de données relative aux bénéficiaires présents et passés de l’AME;
    une base de données relative aux créances hospitalières.

    Des mesures contre les usages abusifs des dispositifs de l’AME

    Pour « lutter contre les usages abusifs des dispositifs de l’AME, des soins urgents et de la demande d’asile », les auteurs du rapport proposent :

    • d’instaurer pour la prise en charge de soins programmés non-essentiels (liste à définir réglementairement) un délai de carence de 9 mois, avec dérogation possible en cas d’urgence avérée sur décision du contrôle médical de l’Assurance maladie ;
    • de modifier le régime de protection maladie des demandeurs d’asile en l’alignant sur celui des étrangers en situation irrégulière ou, alternativement, en instaurant un délai de carence de 3 mois pour l’ouverture des droits à la PUMa et en réduisant de 12 à 3 mois la durée de maintien des droits après rejet de la demande d’asile ;
    • de renforcer la coopération hospitalière avec les principaux pays d’origine des étrangers en situation irrégulière, en y incluant un volet de dissuasion de la migration pour soins et un volet de facilitation des rapatriements volontaires de malades.

    Des mesures contre la fraude à l’AME

    Pour « lutter de façon visible et volontaire contre la fraude à l’aide médicale d’État », les deux inspections recommandent notamment :

    • de sécuriser la vérification de la présence physique des demandeurs en imposant le retrait des cartes d’AME par le bénéficiaire dans un délai de deux mois ;
    • de sécuriser la vérification du statut irrégulier des demandeurs en approfondissant et systématisant les contrôles d’identité en cas d’absence de passeport ou de passeport vierge ;
    • de sécuriser l’usage des attestations d’hébergement comme preuve de résidence en incluant la pièce d’identité de l’hébergeant comme pièce obligatoire, en identifiant les cas de multi hébergement dès l’instruction des dossiers et en conditionnant la poursuite de l’instruction à un entretien si un particulier héberge plus de deux bénéficiaires (hors ayants droits) ;
    • de sécuriser la vérification de la condition de ressources applicable à l’AME en relevant à 100 € le seuil de revenus déclenchant une demande de compléments d’information, en prenant en compte le revenu du partenaire en situation régulière et en systématisant les demandes d’information sur les ressources auprès des consulats français des pays des demandeurs.

    Des mesures pour l’efficacité de l’AME

    Pour « améliorer l’efficacité et l’efficience des dispositifs de l’AME et des soins urgents », les auteurs du rapport jugent pertinent :

    • d’améliorer le pilotage de l’AME par la Direction de la sécurité sociale (DSS) en systématisant la conduite d’études ad hoc, et de faciliter l’information du Parlement en enrichissant les indicateurs transmis ;
    • de faciliter la facturation des soins pour les hôpitaux en supprimant la condition préalable d’un refus d’AME pour la facturation en soins urgents, en assurant une communication systématique aux hôpitaux des décisions des CPAM sur l’ouverture des droits AME, en fixant le délai de prise en charge rétroactive des soins à trois mois et en étendant le délai de forclusion à deux ans : il est proposé d’instaurer en contrepartie un contrôle de conformité a posteriori par l’Assurance maladie ;
    • de faciliter la prise en charge en médecine de ville en étendant le forfait patientèle médecin traitant (FPMT) aux bénéficiaires de l’AME, et en développant un suivi qualitatif et quantitatif de cette population sur le modèle de celui des bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire,afin de mieux documenter les refus de soins ;
    • de mettre en place une visite médicale de prévention proposée systématiquement aux nouveaux bénéficiaires lors du retrait de la carte AME : la mise en place serait progressive et commencerait par Paris et la Seine-Saint-Denis qui ont déjà expérimenté le dispositif.

  • DATA : les start-ups françaises e-santé ont levé 14,74 millions d’euros en octobre 2019

    Les start-ups françaises spécialisées dans le secteur de la e-santé ont levé 14,74 millions d’euros en octobre 2019. Le plus important tour de table a été réalisé par FineHeart, une start-up spécialisée dans les dispositifs médicaux (DM) cardiovasculaires, qui recueille 5,44 millions d’euros auprès de 7 investisseurs, parmi lesquels 2 nouveaux actionnaires, l’Américain Longview Healthcare Ventures et le Français Doliam.

    La société va utiliser cette somme afin de poursuivre les tests précliniques et la pré-industrialisation de l’ICOMS (Implantable Cardiac Output Management System), DM implantable destiné au traitement de l’insuffisance cardiaque (IC) sévère. L’ICOMS apporte une assistance à la contraction native du cœur en se synchronisant aux battements : il permet d’accélérer le flux sanguin à travers la valve aortique et de surmonter les complications rencontrées avec les dispositifs médicaux LVAD (dispositif d’assistance ventriculaire gauche) actuellement disponibles.

    La deuxième opération la plus conséquente du mois passé a été effectuée par Visiomed, spécialiste de l’électronique médicale nouvelle génération (développe notamment des DM connectés), qui a levé 3 millions d’euros « dans le cadre d’un placement privé d’obligations convertibles en actions réalisé avec suppression du droit préférentiel de souscription auprès d’investisseurs professionnels » (communiqué), dont 520 000 euros souscrits par Patrick Schiltz, P.-D.G. du groupe, et 2,45 millions d’euros souscrits par Frédéric Paul, administrateur de la société. La somme recueillie va permettre de couvrir les besoins de financement de l’entreprise jusqu’à la fin 2019, « avant de tirer profit du nouveau plan stratégique qui sera dévoilé prochainement », indique-t-elle. Ce plan a pour objectif d’« atteindre l’équilibre opérationnel de Visiomed Group et [d’]assurer le développement de ses activités, notamment sur le segment à fort potentiel de la santé connectée ».

    Le tableau présentant le détail des levées de fonds réalisées par les start-ups françaises en e-santé au mois d’octobre 2019 est accessible dans la rubrique « Data » via ce lien.