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  • AVC : l’hôpital Foch développe une appli de suivi et de coordination des soins par géolocalisation

    « Suivre en temps réel l’arrivée d’une victime » d’un accident vasculaire cérébral (AVC) pour « faciliter la coordination des équipes de santé » et des moyens de transport, et « permettre une réduction des délais de diagnostic et de prise en charge des patients. » C’est l’objectif de l’application de géolocalisation Alert’AVC, lancée par l’Hôpital Foch de Suresnes (Hauts-de-Seine) à l’occasion de la journée mondiale des AVC le 29 octobre 2019, après 12 mois de développement.

    Téléchargeable via IOS ou Androïd, l’application Alert’AVC  est utilisable par les professionnels de santé après authentification.

    L’AP-HP précise dans un communiqué daté du 30 octobre que les deux lignes de traitement des AVC qui existent actuellement en France, la thrombolyse et la thrombectomie, nécessitent toutes deux « une prise en charge extrêmement rapide de la victime » et la coordination de 10 à 15 professionnels : Samu, pompiers, infirmières, neurologues, radio-neurologues, anesthésistes et chirurgiens. « Chaque demi-heure perdue représente 15 % de chance de récupération en moins » pour une victime d’AVC, souligne le neurologue Bertrand Lapergue, coordinateur scientifique du projet. « Cette connaissance précise de l’arrivée des victimes dans un centre de soins spécialisé est fondamentale : elle détermine l’efficacité des nombreuses avancées thérapeutiques actuelles. »

    L’hôpital Foch souligne qu’une personne est touchée par un AVC en France toutes les 4 minutes (chiffre Inserm) mais aussi que ces accidents représentent « la première cause de handicap acquis chez l’adulte » et « la première cause de mortalité des femmes en France ». Un quart des personnes victimes d’un AVC en décèdent, la moitié survivent avec un handicap.

    Description du fonctionnement de l’application Alert’AVC :

  • L’AP-HP et Tribvn Healthcare lancent SOSlide, une plateforme de second avis dédiée aux pathologistes

    Permettre aux pathologistes d’« accéder à un réseau de correspondants qualifiés afin d’obtenir rapidement et sans contrainte géographique un avis spécialisé. » C’est l’objectif de la plateforme SOSlide (pour « Second opinion slide »), présentée par l’AP-HP et la société Tribvn Healthcare lors du congrès Carrefour pathologie organisé à Paris du 4 au 7 novembre 2019. Le développement de ce projet fait l’objet d’un partenariat de 5ans entre les deux entités, annoncé en novembre 2018.

    La plateforme « se substitue à l’envoi traditionnel par courrier qui occasionne des délais de traitement et des risques de perte » et « permet ainsi de réduire considérablement le temps de prise en charge » mais aussi de « garder une traçabilité des échanges et des échantillons », précisent les 2 partenaires dans un communiqué daté du 4 novembre.

    Les lames de verre traditionnellement lues au microscope sont numérisées via un scanner de lames puis transmises de manière sécurisée à l’anatomopathologiste, qui peut alors réaliser son diagnostic sur son ordinateur « et à distance du lieu de prise en charge du patient » grâce à « une image d’une excellente définition » et à « des possibilités de zoom comparables à celles du microscope ».

    SOSlide est ouverte à tous les pathologistes français, qu’ils exercent en milieu hospitalier ou libéral. L’inscription se fait sur le site www.soslide.org mais nécessite la mise en place d’un contrat entre Tribvn Healthcare et la structure d’exercice du professionnel pour la gestion de la facturation – la rémunération se fait par le biais d’un système de paiement à l’usage.

    Description du fonctionnement de la plateforme SOSlide :

  • Les dépenses de santé dans la zone OCDE devraient dépasser la croissance du PIB d’ici 2030 (rapport)

    Les dépenses de santé par habitant augmenteront à un taux annuel moyen de 2,7 % dans la zone OCDE et atteindront 10,2 % du PIB d’ici 2030, par rapport à 8,8 % en 2018 : elles dépasseront ainsi la croissance du PIB au cours des 15 prochaines années dans la quasi totalité des pays de la zone. C’est ce que révèle le Panorama de la santé 2019 de l’OCDE, publié le 7 novembre 2019.

    Dans le détail, l’organisation indique que les États-Unis est le pays qui a dépensé le plus dans le secteur de la santé en 2018, avec 16,9 % de son PIB. Suivent ensuite :
    • la Suisse : 12,2 % de son PIB ;
    • l’Allemagne, la France, la Suède et la Japon : 11 % de leur PIB.
    A contrario, certains pays affichent des dépenses de santé inférieures à 6 % de leur PIB, comme le Mexique, la Lettonie, le Luxembourg et la Turquie, avec un taux à 4,2 %.

    Les auteurs du rapport notent que les dépenses pourraient, de manière générale, être plus efficaces dans les domaines des médicaments génériques, de l’organisation des professionnels de santé (en transférant certaines tâches des médecins vers les infirmiers ou d’autres profesionnels) et de la sécurité des patients.

    La panorama met par ailleurs en avant « des tendances préoccupantes pour ce qui est des résultats sur le plan de la santé et des modes de vie malsains », relevant que l’espérence de vie progresse moins vite dans la plupart des pays de l’OCDE, en particulier aux États-Unis, en France et aux Pays-Bas. La consommation d’alcool, de tabac et d’opioïdes ainsi que l’obésité sont notamment pointés du doigt.

    À noter : Les indicateurs de l’édition 2019 de ce panorama ainsi que les notes par pays seront disponibles ldébut décembre.

    « les systèmes de santé peuvent et doivent faire mieux pour améliorer la santé de nos populations, commente Stefano Scarpetta, directeur de l’emploi, du travail et des affaires sociales à l’OCDE. Il est essentiel, si nous voulons affecter des ressources là où elles auront le plus d’impact, d’évaluer comment les systèmes de santé transforment la vie des individus pour le meilleur. »

    Génériques, organisation et sécurité des patients : des améliorations possibles

    Dans son panorama, l’OCDE indique que les dépenses pourraient globalement être plus efficaces dans les domaines suivants :

    • les médicaments génériques : le recours à ces produits pourraient permettre de réaliser des économies, note l’OCDE, mais actuellement ils ne représentent que la moitité du volume des produits pharmaceutiques vendus dans les pays de la zone.
      •  En 2017, « les génériques ont représenté plus des trois quarts du volume des produits pharmaceutiques vendus au Chili, en Allemagne, en Nouvelle-Zélande et au Royaume-Uni, mais moins d’un quart au Luxembourg et en Suisse », précise l’organisation ;
    • la répartition des tâches des professionnels de santé : selon le rapport, transférer certaines tâches effectuées par les médecins vers les infirmiers et d’autres professionnels de santé peut atténuer la pression des coûts et permettre de gagner en efficacité. « Les systèmes de santé et de protection sociale emploient aujourd’hui plus de travailleurs que jamais auparavant, les soins et les services sociaux représentant environ un emploi sur dix dans les pays de l’OCDE », contextualise l’organisme.
    •  la sécurité des patients : l’améliorer est bénéfique pour la santé et peut aussi permettre de réaliser des économies, commentent les auteurs du rapport, relevant que près de 5 % des patients hospitalisés ont contracté une infection nosocomiale en 2015-2017.

    L’espérance de vie progresse moins vite dans la plupart des pays

    L’espérence de vie moyenne dans la zone OCDE est de 81 ans. L’organisation note que, depuis peu, elle progresse moins vite dans la plupart des pays, notamment aux États-Unis, en France et aux Pays-Bas. « L’année 2015 a été particulièrement mauvaise, l’espérance de vie ayant reculé dans 19 pays », indique-t-elle.

    Une augmentation de l’obésité et du diabète

    Cette évolution est notamment liée à la prévalence croissante de l’obésité et du diabète, « qui n’a pas permis de maintenir les progrès accomplis précédemment en matière de réduction des décès dus aux maladies cardiaques et aux AVC », analyse l’OCDE. Les taux d’obésité continuent d’augmenter dans la plupart des pays de l’OCDE : 56 % des adultes sont en surpoids ou obèses et près d’un tiers des enfants âgés de 5 à 9 ans sont en surpoids.

    À noter également que les maladies respiratoires, comme la grippe et la pneumonie, ont entraîné davantage de décès ces dernières années, notamment chez les personnes âgées.

    Le nombre de décès liés aux opioïdes est élevé dans certains pays

    Le problème des opioïdes est également mis en avant dans le rapport. Depuis 2011, les décès liés à ces substances ont augmenté d’environ 20 % dans les pays de l’OCDE, faisant environ 400 000 victimes aux États-Unis. Le nombre de décès dus aux opioïdes est également assez élevé aux au Canada, en Estonie et en Suède.

    La consommation de tabac et d’alcool reste préoccupante 

    « Le tabac [et] l’alcool continuent de tuer prématurément et de dégrader la qualité de vie », observe par ailleurs l’OCDE :

    • les taux de tabagisme diminuent mais 18 % des adultes fument encore quotidiennement ;
    • la consommation d’alcool atteint en moyenne 9 litres d’alcool pur par personne et par an dans les pays de l’OCDE, soit près de 100 bouteilles de vin : près de 4 % des adultes sont dépendants à l’alcool.

    La pollution atmosphérique également pointée du doigt

    La pollution atmosphérique est responsable d’environ 40 morts pour 100 000 habitants dans les pays de l’OCDE. Les taux de mortalité sont beaucoup plus élevés dans des pays comme l’Inde et la Chine, avec environ 140 décès pour 100 000 habitants.

    Facteurs de risques pour la santé dans les pays de l’OCDE

    Panorama de la santé 2019 dans les pays de l’OCDE (en anglais)

  • L’Angleterre généralise la prescription électronique, la France poursuit des expérimentations

    Comme plusieurs pays scandinaves dès le début des années 2000, l’Angleterre généralise en novembre 2019 le recours aux prescriptions électroniques.

    Le gouvernement britannique a en effet annoncé le 19 octobre 2019 qu’avant la fin de l’automne, la plupart des ordonnances émises dans le pays seraient traitées sous forme numérique, permettant ainsi :
    • une meilleure communication entre les professionnels de santé, en particulier entre les prescripteurs et les dispensateurs ;
    • une réduction de la charge administrative qui pèse sur les professionnels de santé ;
    • une augmentation du niveau de sécurité des prescriptions ;
    • un plus grand contrôle des dépenses de santé ;
    • le développement de nouveaux usages.

    En France, la prescription électronique fait l’objet d’expérimentations visant une généralisation plus tardive qu’en Angleterre : la généralisation de la prescription électronique est prévue pour 2022 dans le cadre du plan Ma santé 2022. Malgré les avantages que pourraient amener les ordonnances numériques, des syndicats de médecins français alertent sur les potentielles dérives de ce nouveau mode de prescriptions et la nécessité de disposer d’une base de données non contrôlée par la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam).

    Généralisation du recours aux prescriptions électroniques en Angleterre

    Généralisation prévue pour novembre 2019

    La généralisation du recours aux prescriptions électroniques sera effective en novembre 2019 à travers toute l’Angleterre, a annoncé le 19 octobre 2019 Jo Churchill, sous-secrétaire d’État chargée de la prévention, de la santé publique et des soins primaires.

    Le service de prescription électronique (EPS) délivré par le National Health Service (NHS) achèvera donc dans le même temps son déploiement, qui a débuté en mars 2019 et était arrivé, en octobre 2019, à sa quatrième phase pilote.

    Ce que le passage à la e-prescription changera pour les patients du NHS

    Pour les patients britanniques, le passage à l’ordonnance numérique signifie :

    • que la plupart de leurs prescriptions seront désormais traitées électroniquement par leur médecin et leur pharmacien ;
    • qu’ils devront désigner à l’EPS la pharmacie où ils souhaitent recevoir les traitements prescrits par voie électronique ;
    • que le choix d’une ordonnance papier demeurera possible pour une délivrance de médicaments dans toute pharmacie.

    Jo Churchill a par ailleurs déclaré que cet « élément essentiel d’une refonte numérique des prescriptions de tous les patients britanniques (…) permettra d’accroître l’efficacité et le niveau de sécurité des traitements dont ils bénéficieront ».

    Avantages attendus de l’ordonnance numérique

    Les avantages attendus liés à l’utilisation massive d’ordonnances numériques ont été évalués sur la base des résultats obtenus par les pays ayant déjà adopté ce nouveau mode de prescription et des résultats d’une étude indépendante réalisée en avril 2016 en Angleterre.

    Selon ces évaluations, les avantages du déploiement de l’EPS en Angleterre seraient les suivants :

    • Une facilitation la communication entre les prescripteurs et les pharmaciens.

    La prescription électronique devrait favoriser une bonne coordination entre les équipes médicales et pharmaceutiques. En effet, le partage automatique des données et la possibilité pour le pharmacien de commenter les ordonnances numériques permettent à la fois de faciliter l’analyse pharmaceutique à l’officine et le retour d’informations vers le prescripteur.

    De plus, la généralisation de ces ordonnances permettrait de faciliter la visualisation de l’historique des prescriptions de chaque patient et ainsi d’optimiser l’analyse des ordonnances et la pertinence des conseils délivrés par le pharmacien.

    • Une diminution de la charge administrative qui pèse sur les professionnels de santé pour augmenter le temps médical ou pharmaceutique disponible.

    L’utilisation d’ordonnances numériques est associée à une automatisation de plusieurs tâches administratives liées au recueil et à l’analyse des prescriptions mais surtout à la transmission d’informations au NHS et aux systèmes de mutuelles et d’assurances santé. Cette automatisation de certaines tâches administratives devrait donc permettre une réduction de la charge administrative qui pèse sur les prescripteurs comme sur les pharmaciens.

    La gestion des stocks des pharmacies et des flux de patients à l’officine devrait par ailleurs être facilitée par le passage à la prescription numérique.

    Il est ainsi attendu que ce système permette de dégager pour les prescripteurs et les pharmaciens plus de temps médical ou pharmaceutique. Ces professionnels pourraient ainsi délivrer des soins, des conseils, une expertise de meilleure qualité à des patients alors plus conciliants.

    • Une augmentation le niveau de sécurité des prescriptions.

    Le recours à la e-prescription pourrait réduire le nombre d’ordonnances perdues chaque année par les patients.

    Les ordonnances numériques devraient par ailleurs apparaître plus lisibles que les ordonnances papier encore souvent manuscrites qui créent des confusions et occasionnent des erreurs de dispensation.

    La prescription électronique pourrait par ailleurs améliorer la traçabilité des médicaments délivrés.

    • Un meilleur contrôle des dépenses de santé.

    Le ministère de la Santé et des Affaires sociales (DHSC) anglais a déclaré que l’EPS pourrait permettre au NHS d’économiser jusqu’à 300 millions de livres (348 M€) d’ici 2021.

    Depuis mars 2019, de nombreuses ordonnances ont déjà été transmises par voie numérique (68 % des ordonnances traitées en août 2019) : ces prescriptions électroniques ont déjà permis de réaliser des économies importantes.

    • un encouragement du développement de nouveaux usages.

    Enfin, la transmission par voie électronique des ordonnances permettrait d’accélérer, en Angleterre, le développement de nouveaux usages liés au numérique tels que la télémédecine et en particulier la téléconsultation pharmaceutique d’urgence.

    La prescription électronique en France

    Historique de la prescription électronique en France

    La prescription électronique est autorisée en France depuis la loi du 13 août 2004.

    En juillet 2010, l’ordonnance numérique avait été mentionnée par la ministre de la Santé de l’époque Roselyne Bachelot dans un discours présentant un plan de développement du dossier médical partagé (DMP) : « Seront […] expérimentés le DMP de l’enfant […] ou encore la prescription électronique », affirmait-elle.

    En 2012, le Comité de liaison des Institutions ordinales en Santé avait rendu une note d’orientation précisant les enjeux et un cadre pratique de mise en place de la e-prescription.

    En 2017, une première expérimentation avait été menée par la Caisse nationale d’Assurance maladie (Cnam).

    Aujourd’hui partie intégrante du plan Ma santé 2022, la prescription électronique de médicaments 2D (PEM2D) fait l’objet d’une nouvelle expérimentation visant à confirmer les résultats de la phase test de 2017 et à permettre une généralisation de la e-prescription d’ici 2022.

    L’expérimentation de l’Assurance maladie

    • Les acteurs de l’expérimentation PEM2D

    Dès 2017, le ministère a retenu le projet d’e-prescription de la CNAMTS et des syndicats de médecins et de pharmaciens (FSPF et UPSO).

    La première expérimentation a été menée dans 3 départements : le Val de Marne, la Saône et Loire et le Maine et Loire, où 53 médecins et 33 pharmaciens avaient été inclus dans l’étude et équipés de 2 logiciels médecins (Crossway, CLM / groupe Cegedim ou HelloDoc Imagine Editions / Compugroup) ou d’officines (LGPI,Groupe Pharmagest ou Smart RX Agile, SMART RX / groupe Cegedim). La nouvelle expérimentation de 2019 a lieu dans ces mêmes régions pilotes.

    • Objectifs des phases d’expérimentation

    La première phase d’expérimentation visait en particulier à éprouver entre médecins, pharmaciens et Assurance maladie une première solution de dématérialisation partielle.

    Cette solution s’appuyait sur un QR Code 2D imprimé par le médecin sur l’ordonnance remise au patient. Ce QR Code était alors lu par le pharmacien lorsqu’il délivrait l’ordonnance et transmettait les données à l’Assurance maladie sous forme structurée et compressée. Cependant, la lecture des QR Code n’a pas été optimale.

    Ainsi, la deuxième phase d’expérimentation lancée au début de l’année 2019 vise à tester une base de données partagée par les médecins et les pharmaciens facilitant la visualisation des ordonnances numériques : il s’agit de passer d’ordonnances semi-électroniques à des prescriptions totalement digitalisées.

    Déploiement prévu par Ma Santé 2022 : chronologie

    Le schéma suivant, extrait d’une présentation réalisée par l’Assurance maladie en mars 2019 lors de la Journée des métiers de la médecine, de la chirurgie et de l’obstétrique (MCO), résume les prochaines étapes du déploiement de la prescription électronique :

    Ce que la prescription électronique pourrait changer en France

    Les avantages recherchés par les acteurs français de la santé s’approchent des changements espérés par les décideurs du NHS anglais.

    Ces acteurs attendent en particulier que la prescription électronique :

    • facilite la communication entre les équipes médicales et officinales ;
    • permette de contrôler les dépenses de santé. Plus d’un milliard de feuilles de soins sont traitées chaque année. Or, selon la CNAMTS, le traitement d’une feuille de soins électronique ne coûte que 0,27 € en moyenne, contre 1,74 € pour une feuille de soins papier reçue par la poste. Il en résulterait une économie de 1,5 milliards d’euros par an, hors dépenses informatiques ;
    • participe à la lutte contre la fraude (vols d’ordonnanciers, falsifications d’ordonnances, etc.) dont l’ampleur est chaque année constatée par les enquêtes OSIAP (Ordonnances Suspectes, Indicateur d’Abus Possible) ;
    • encourage le développement de nouveaux services tels que des centres d’appels spécialisés dans le médicament permettant d’obtenir 24h/24 des informations sur une prescription.

    En fait, la prescription électronique apparaît comme une technologie complémentaire au dossier médical électronique et à la télémédecine.

    Cependant, des syndicats de médecins tels que le Syndicat de l’Union française pour une médecine libre (UFML-S) enjoignent l’Assurance maladie à ne pas ouvrir une base de données lui appartenant comme support à la e-prescription. En effet, en mars 2018, le syndicat émettait par communiqué une alerte concernant un potentiel conflit d’intérêt : « la PEM2D aux mains de l’Assurance Maladie est la porte ouverte à la médecine protocolisée [guidée] par des intérêts économiques », au non respect du secret médical alors ouvert aux employés de la sécurité sociale, au détriment de la liberté des prescripteurs comme des patients, affirmait en 2018 l’UFML-S.

  • Territoires d’innovation (AAP) : Strasbourg porte un projet pour déployer la e-santé à large échelle

    Déployer la e-santé en territoire à large échelle, en zone médicale dense tout comme dans des déserts médicaux. Tel est l’objectif du projet « Territoire de santé de demain » porté par la ville et l’Eurométropole de Strasbourg, décrypté à l’occasion du forum de l’IoT, qui s’est tenu le 24 octobre 2019 sur le thème « la vie connectée : le temps des changements ».

    La région Grand Est affiche des indicateurs de santé en deçà de la moyenne nationale et des disparités d’accès aux soins en région. Pour améliorer les indicateurs de santé, la ville et l’Eurométropole de Strasbourg ont créé un consortium composé des plus grands acteurs de l’innovation, du soin et du numérique afin de proposer un schéma de soins qui réponde aux problématiques actuelles, sur les territoires urbains et ruraux.

    Le projet est l’un des 2 seuls lauréat « santé », sur 24 dossiers retenus, financés dans le cadre de l’appel à projets (AAP) « Territoires d’innovation », dont les résultats ont été annoncé en septembre par le premier Ministre Édouard Philippe.

    Health & Tech Intelligence détaille le programme strasbourgeois sur la base des propos tenus au cours du forum de l’IoT par Gaston Steiner, directeur délégué e-santé de l’Institut hospitalo-universitaire de Strasbourg, Rémy Bañuls, directeur du développement économique et de l’attractivité de la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg (plateforme régionale d’innovation e-santé mutualisée entre les 33 communes de Strasbourg) et Bérengère Ray, directrice business développement santé à Docaposte.

    AAP « Territoires d’innovation »  : contexte

    L’appel à projets « Territoires d’innovation » vise à identifier, sélectionner et accompagner des projets qui incarnent une stratégie ambitieuse de transformation des territoires, associant les acteurs publics et privés, les populations et usagers, et les forces académiques et de recherche.

    « Territoire de santé de demain » : une enveloppe de 115 millions d’euros

    L’objectif est notamment d’accélérer l’intégration de l’innovation au niveau local. Sur les 24 lauréats, seuls 2 dossiers concernent la santé, dont « Territoire de santé de demain », porté par l’Eurométropole de Strasbourg.

    Les besoins financiers de ce projet sont évalués à 115 millions d’euros, dont 10 millions issus de subventions de l’État et 25 millions de prises de participation.

    Du local au national

    « Nous sommes un territoire d’excellence mais les services du premier Ministre attendaient aussi que nous montrions notre capacité à transformer en profondeur, » explique Rémy Bañul. L’Eurométropole s’est alliée avec deux territoires ruraux pour partager leurs problématiques spécifiques, différentes de celles de la ville en termes de vieillissement plus marquée et d’isolement. Dans cette dynamique, la gouvernance large avec de nombreux partenaires est un point fort, précise Gaston Steiner.

    L’ambition est aussi nationale « grâce a l’investissement d’industriels comme La Poste pour faire de la dentelle territoire par territoire et avoir des solutions déployables à grande échelle », ajoute Rémy Bañul.

    2 premiers projets ont démarré

    Après deux ans de travail intense, des premiers projets ont démarré, dont un suivi post-chirurgie bariatrique, avec évaluation à 6 mois de l’acceptabilité du patient, de la cohérence des données et de la valeur ajoutée pour le médecin. Une trentaine de patients est intégrée dans ce programme. Un deuxième projet dans le deuxième domaine ciblé qu’est l’autonomie est en cours pour détecter les risques de dénutrition en Ehpad par des objets connectés. 200 patients sont inclus dans ce programme.

    Les ambitions de Docaposte

    Selon Rémy Bañuls, l’un des axes de vigilance est d’être transposable dans d’autres territoires en évitant la juxtaposition de solutions, ce qui implique une réflexion forte sur le modèle économique. « Territoire de santé de demain » a démarré sur une échelle territoriale significative d’1 million d’habitants, avant de réfléchir à le réplique avec des partenaires impliqués comme Docaposte. « Nous nous sommes naturellement engagés auprès de l’Eurométropole car La Poste a choisi de faire de la santé un axe de développement stratégique, basé sur ses valeurs de confiance et de sécurité, et son maillage territorial », explique Bérengère Ray. La Poste va ainsi déployer ses moyens d’investissement pour trouver un bon modèle qui permette un déploiement à l’échelle industrielle.

    « Nous participons à la construction d’une plateforme d’accélération d’innovation [en apportant] notre savoir-faire sur les sujets de sécurité, de RGPD, d’interopérabilité, d’investissement », complète Bérengère Ray. Enfin, La Poste ambitionne d’apporter son contrat de confiance et de proximité pour privilégier l’humain. « Le télésuivi du diabète, par exemple, doit être accompagné dans les territoires pour gérer les questions de fractures sociales, territoriales et numériques au plus près de l’écosystème en place », indique la directrice business développement santé de Docaposte.

    Une intégration au territoire

    Une clé du succès est l’intégration à l’écosystème du territoire. Strasbourg, par exemple, est une ville pionnière sur le sport-santé sur ordonnance pour les personnes atteintes de certaines pathologies chroniques. « Nous avons agi de la même manière avec des sociétés savantes, des associations et des startups qui proposent des services humains et numériques », précise Gaston Steiner.

    Toute cette chaîne d’acteurs du numérique, de l’humain et du médico-social vont apporter les solutions pour le service au domicile du patient. « Nous n’apportons pas une solution réfléchie au nationale pour l’imposer dans le domicile mais nous regardons les problématiques locales et travaillons avec les acteurs, » ajoute Bérangère Ray.

    Des enjeux règlementaires et de responsabilité

    Le projet strasbourgeois intègre les outils nationaux tels que le dossier médical partagé (DMP). Les plus grands enjeux ne sont pas techniques mais organisationnels et réglementaires avec, par exemple, la question de la délégation de tâches aux infirmières dans le cade du télésuivi. Cela passe aujourd’hui par des dérogations données par les agences régionales de santé (ARS). « Demain, il faudra aller plus loin pour que, à chaque moment, le bon professionnel intervienne au bon moment, avec des process nouveaux à définir », indique Rémy Bañuls.

    Dans ce nouveau schéma, pour Docaposte, beaucoup de tâches simples, des interventions de niveau 1 et complémentaires, peuvent être faites par un agent de La Poste, comme vérifier que le matériel est branché.

  • DMP : 8 millions de dossiers ouverts, les médecins encore sceptiques

    « Le DMP est progressivement en train d’entrer dans les mœurs et dans les pratiques », affirme le directeur général de la Cnam, Nicolas Revel, saluant le franchissement du cap des 8 millions de dossiers ouverts. Confirmé le 7 novembre 2019 en Conseil des ministres pour un second mandat à la tête de la Caisse, il relève « une belle progression » du dispositif chez les généralistes, dont « 20 % l’alimentent » et « 46 % le consultent plus ou moins » (source : AFP).

    Nicolas Revel juge ces chiffres «  très satisfaisants », alors que l’exécutif vise l’ouverture de 40 millions de dossiers médicaux partagés d’ici à 2022. Il souligne le rôle du « travail de fourmi » confié aux conseillers informatique service de la Caisse pour aider les médecins à s’approprier cet outil, dont il reconnaît que « l’ergonomie » doit être améliorée, en lien avec les éditeurs de logiciel.

    Le DMP se heurte à un fort scepticisme de la part des médecins, comme en témoignent les réactions partagées sur Twitter au sujet du dispositif. Sylvaine Le Liboux, secrétaire générale du syndicat Les Généralistes-CSMF, estime que « sans volet médical de synthèse rédigé par le médecin traitant », le DMP « n’a aucun intérêt pour le patient » car « chercher l’aiguille de l’info pertinente dans la botte de foin de compte rendus disparates accumulés est inutile médicalement parlant », juge-t-elle. Son confrère Richard Talbot (FMF) n’y voit de son côté qu’ »un empilement de PDF non indexés, même pas par ordre chronologique et sans aucun moteur de recherche » avec « des temps d’accès démesurés ».

  • PLFSS 2020 : le Sénat supprime en commission le référencement sélectif des DM / l’article 15 modifié

    La procédure de référencement sélectif des dispositifs médicaux (DM) « telle que proposée » par l’article 28 du PLFSS « présente les caractères d’un dispositif mal abouti aux effets trop incertains ». C’est ce qu’affirme la commission des Affaires sociales du Sénat dans le rapport rendu public le 7 novembre 2019 après examen du texte. Jugeant « plus opportun » de « déterminer au préalable les facteurs véritables du reste à charge » et de « viser ces derniers à l’aide de procédures moins contraignantes », les sénateurs ont supprimé ce dispositif qui avait été validé par les députés, par un amendement estimant notamment :

    • qu’« en se limitant au seul élément figurant à la LPPR », le dispositif « court le risque de manquer sa cible, faute d’englober l’ensemble des aides techniques réellement facteurs de reste à charge » ;
    • qu’« en empêchant tout nouvel entrant de pénétrer le marché », il suscitera la formation d’oligopoles, « ce qui engendrera à long terme une hausse des prix » ;
    • que « l’injonction qui pourra être faite aux sélectionnés de « fournir des quantités minimales de produits et de prestations sur le marché français » ne paraît pas réaliste au vu du maillage actuel de la filière du dispositif médical » composée « à 84 % de très petites entreprises » .

    La commission a validé l’introduction par l’article 15 d’une clause de sauvegarde élargie aux DM, mais jugeant que ce dispositif  « intervient peut-être de façon trop précoce », elle lui a ajouté par amendement « un mécanisme incitatif à la négociation conventionnelle similaire à celui qui s’applique à la clause de sauvegarde des médicaments ». Permettant aux futurs redevables de la contribution de conclure « avant l’établissement de leur créance » une convention avec le Comité économique des produits de santé (CEPS) « susceptible d’exonérer l’exploitant en cas de versement d’une remise conventionnelle », il y ajoute « un abattement forfaitaire de 20 %, identique à celui pratiqué dans le secteur du médicament ».

    À noter que le PLFSS 2020 sera examiné en séance publique au Palais du Luxembourg à partir du 12 novembre 2019.

    La prise en charge temporaire des DM « fluidifiée »

    La commission des Affaires sociales a validé l’article 28 bis du projet de loi, introduisant sur proposition du gouvernement une prise en charge temporaire par l’Assurance maladie d’un dispositif médical (DM) dont la demande d’inscription sur la LPPR est en cours d’instruction.

    Afin de « fluidifier la procédure d’accès précoce », elle a fixé par amendement à 15 jours le délai imparti au ministère de la Santé pour « s’opposer au montant de la compensation proposée » par l’exploitant du DM pour la période de prise en charge temporaire et « faire une nouvelle proposition ».

    3 modifications à la procédure de remise en état des DM

    La commission a validé la procédure de remise en bon état d’usage d’un DM introduite par l’article 28, en lui apportant 3 modifications :

    • l’amendement 199 : énonce que « l’obligation faite au distributeur de mentionner au patient l’existence d’un dispositif médical remis en bon état d’usage » doit porter sur « le même dispositif médical que celui initialement prescrit ». Selon les parlementaires, « la mise à disposition d’un produit usagé, à laquelle on ne peut qu’adhérer, ne doit pas pour autant permettre des substitutions de produits, qui seraient dommageables à la prise en charge » ;
    • l’amendement 200 : « vise à s’assurer que la remise en bon état d’usage concernera bien » le DM « pris dans son ensemble », et non « les seuls éléments inscrits au remboursement de l’assurance maladie », soulignant qu’ »un important reste à charge peut être lié aux aides techniques qui n’ont pas la qualité de dispositifs médicaux » ;
    • l’amendement 201 : vise à « ne pas conditionner le droit au dispositif médical usagé à l’affiliation à un régime obligatoire ».
  • Numérisation des hôpitaux : Hoppen (ex Télécom Santé) lève 32 M€ et acquiert Télécom Services

    Hoppen (ex Télécom Santé), société qui développe des solutions technologiques pour accompagner les hôpitaux et les cliniques dans leur transformation numérique, recueille 32 millions d’euros et acquiert Télécom Services, premier opérateur de services TV numériques des hôpitaux publics.

    Ce rapprochement stratégique est mené par Hoppen avec le soutien de 2 nouveaux investisseurs, Extens (premier fonds européen dédié à la e-santé) et Geneo Capital Entrepreneur (fonds entrepreneurial), ainsi que de ses actionnaires historiques (Kreizig Invest, Logoden Participations, Unexo, Breizh Up et Crédit Agricole Ille et Vilaine Expansion) et d’un pool bancaire. L’entrée au capital de la société d’Extens et de Geneo Capital Entrepreneur va permettre à Hoppen d’augmenter ses investissement dans ses technologies afin de lancer de nouveaux services innovants sur le marché et de recruter des talents. Grâce à cette opération, l’entreprise va aussi pouvoir étendre ses activités à l’international, « en commençant par l’Allemagne et la Grande-Bretagne », et viser « la position de leader en Europe », indique-t-elle dans un communiqué publié le 7 novembre 2019.

    Le nouveau groupe Hoppen constitué est dirigé par Matthieu Mallédant, président, épaulé par 2 directeurs généraux : Sébastien Duré, cofondateur de Télécom Santé (devenu depuis Hoppen), et Pascal Wagener, précédemment président de Télécom Services. Son activité est répartie sur les 2 sites de la société (Rennes et Nanterre). L’entreprise emploie désormais plus de 300 personnes, en conservant près de 200 personnes détachées au sein des établissements de soins. Elle bénéficie d’une expérience de 25 ans en milieu hospitalier et adresse 150 sites, publics et privés.

    Hoppen a doublé son chiffre d’affaires entre 2017 et 2018. Le groupe prévoit de le multiplier par 1,5 entre 2018 et 2019.

    Hoppen développe des solutions logicielles en collaboration avec les établissement

    Des offres organisées autour de 3 pôles : la chambre connectée, le parcours ambulatoire et l’expérience patient

    Créé en 2011 près de Rennes (Cesson-Sévigné), Hoppen développe des solutions logicielles en collaboration avec les établissements de santé pour répondre aux enjeux majeurs du système de santé français.

    L’entreprise propose un ensemble de solutions digitales conçues pour améliorer les services apportés à 600 000 patients par an et leur confort, faciliter leurs parcours de soins, optimiser les processus internes et simplifier le quotidien du personnel.

    Les offres sont organisées autour de 3 pôles : la chambre connectée, le parcours ambulatoire et l’expérience patient.

    41 millions d’euros d’opération depuis sa création

    En dehors de cette dernière levée de fonds de 32 millions d’euros, Hoppen a réalisé 9 millions d’euros d’opérations cumulées depuis sa création sous le nom de Télécom Santé :

    • 920 000 euros en 2014, notamment auprès de Kreizig Invest et de Logoden Participations ;
    • 8 millions d’euros en 2016, auprès de Kreizig Invest, d’Unexo, de Breizh Up et de Crédit Agricole Ille-et-Vilaine Expansion.

    L’entreprise « enclenche [à cette période] une stratégie plus ambitieuse et lance son offre de services « Hôpital digital », couvrant l’intégralité des besoins du parcours patient, ainsi que des outils métiers de pilotage indispensables au personnel hospitalier, en France et à l’international », commente la société dans son communiqué.

    En 2018, Télécom Santé change d’identité et devient Hoppen.

    Objectif : créer « le champion de la digitalisation des établissements de santé »

    « Le marché commence seulement à se structurer, la création de synergies est essentielle, c’est ce que nous faisons grâce à ce rapprochement avec Télécom Services », explique Sébastien Duré, co-fondateur et co-directeur général de l’entreprise.

    Hoppen s’appuie sur un socle solide d’actifs et ambitionne de créer « le champion de la digitalisation des établissements de santé ».

    Les actifs de Télécom Services représentent un accélérateur de croissance pour l’entreprise. Cette synergie amène Hoppen « vers une taille critique et lui permet de proposer une offre unique sur le marché », est-il indiqué dans le communiqué.

    Europe : un potentiel marché du divertissement patients évalué à 2,6 milliards d’euros

    Actif sur un marché potentiel de 12,8 millions de patients hospitalisés en France répartis sur 3 295 établissements de santé (source PMSI 2018 – mise à jour : juin 2019), Hoppen « est le plus important acteur spécialiste de l’hôpital numérique à se développer sur ce marché à fort potentiel », avance le groupe :

    • Europe : potentiel marché du divertissement patients (télé, multimédia, accès internet…) estimé à 2,6 milliards d’euros ;
    • France : 884 millions d’euros sur le marché du divertissement patients.

    « Une vision commune du digital pour les bienfaits du monde de la santé nous a permis naturellement de nous rapprocher, et de pouvoir dès demain être force de proposition pour davantage accompagner nos clients », commente Pascal Wagener, co-directeur général de la société.

  • RNCPS

    Répertoire national commun de la protection sociale

  • crous

    Centre régional des oeuvres universitaires et scolaires