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  • Télémédecine : l’Asip publie une partie de son étude et met en concertation le référentiel socle

    Établir un état des lieux de l’offre de services et des plateformes régionales de télémédecine, restituer les cas d’usage en télémédecine, garantir la sécurité des échanges lors de téléconsultation… Tels sont, entre autres, les objectifs de l’étude demandée par le ministère des Solidarités et de la Santé à l’Asip Santé (rebaptisée « Agence du numérique en santé »), en lien avec l’action 18 (accompagnement au déploiement de la télémédecine et du télésoin) de la feuille de route du numérique en santé.

    Dans un communiqué publié le 13 novembre 2019, l’agence indique avoir publié une partie de ses travaux au terme d’une étude de 18 mois sur le sujet, précisant que le référentiel socle de télémédecine (téléconsultation, téléexpertise) est mis en concertation publique sur un site dédié, accessible via ce lien. Ce référentiel est « issu d’un travail de co-construction avec des professionnels de santé et des chefs de projet de télémédecine ou de e-santé de différentes régions », précise l’Asip, ajoutant qu’il a ensuite été confronté à l’offre industrielle. 

    Pour l’instant, les 5 documents suivants sont consultables en ligne sur Esante.gouv.fr :
    • une synthèse de l’étude sur la télémédecine : présente la synthèse des différents chantiers de l’étude et leurs conclusions ;
    • un état des lieux de l’offre de services et des plateformes régionales de télémédecine : décrit et analyse les caractéristiques techniques de 21 plateformes régionales ainsi que plus de 400 services de télémédecine développés pendant la période des expérimentations précédant le 15 septembre 2018 ;
    • une restitution des cas d’usage en télémédecine : regroupe la description de 14 cas d’usage de télémédecine, permettant de faire ressortir 3 modèles génériques de pratique de la télémédecine (téléconsultation, téléexpertise) ;
    • le document « Téléconsultation : comment garantir la sécurité des échanges ? » : décrit de façon synthétique les modalités d’échange entre professionnels de santé et patients dans le cadre d’un acte de téléconsultation, et apporte des réponses ainsi des références permettant de garantir la sécurité dans ce type d’échange ;
    • une étude comparative sur le développement de la télémédecine à l’international : compare les stratégies de déploiement de la télémédecine dans 11 pays, dont la France.

    Présentation des 5 documents disponibles

    Synthèse de l’étude sur la télémédecine

    Depuis le 15 septembre 2018, la télémédecine est entrée dans le droit commun au remboursement par l’Assurance maladie. Cela signifie que tout médecin est censé pouvoir proposer à ses patients une consultation à distance.

    À la demande du ministère des Solidarités et de la Santé, en mars 2018, l’Asip Santé a réalisé une étude nationale pour accompagner le déploiement de la télémédecine.

    La synthèse de cette étude est téléchargeable ici.

    État des lieux de l’offre de services et des plateformes régionales de télémédecine :

    • recense l’ensemble des plateformes de télémédecine disponibles dans chaque région ;
    • recueille un certain nombre d’informations nécessaires à leur évaluation : périmètre fonctionnel et offre de service de télémédecine, quantification des usages, typologie des acteurs,  liste des caractéristiques techniques et des données échangées, portage, coûts et financements associés…
    • En parallèle, un recensement des équipements matériels disponibles pour la pratique de la télémédecine (téléconsultation et télé-expertise) a été effectué au sein des différentes structures pratiquant la télémédecine (établissements sanitaires, établissements du médicosocial, maisons et centres de santé…).

    Document téléchargeable ici.

    Restitution des cas d’usage en télémédecine :

    • La description de ces cas d’usages est un prérequis pour faire évoluer le cadre d’interopérabilité des systèmes d’information de santé (CI-SIS) et pour alimenter la réflexion sur la définition d’un référentiel fonctionnel socle de télémédecine.

    Document téléchargeable ici.

    « Téléconsultation : comment garantir la sécurité des échanges ? »

    Ce document :

    • décrit de façon synthétique les modalités d’échange entre professionnels de santé et patients dans le cadre d’un acte de téléconsultation ;
    • apporte des réponses et des références permettant de garantir la sécurité dans ce type d’échange.

    Document téléchargeable ici. 

    Étude comparative sur le développement de la télémédecine à l’international :

    • compare les stratégies de déploiement de la télémédecine dans 11 pays, dont la France. Permet :
      • de comparer les similitudes et les divergences d’approches sur le sujet ;
      • d’observer que certaines problématiques telles que l’interopérabilité des SI sont omniprésentes.

    Document téléchargeable ici.

    Un volet de contenu du CI-SIS bientôt publié

    L’Asip Santé indique qu’unn volet de contenu du cadre d’interopérabilité des systèmes d’information de santé (CI-SIS) en lien avec les échanges de données de santé intervenant dans le cadre de la télémédecine sera prochainement publié.

    Il comprendra 2 documents CDA :

    • une demande d’acte de télémédecine (téléconsultation ou téléexpertise uniquement) en CDAR2 niveau 3 ;
    • un compte-rendu d’acte de télémédecine (téléconsultation ou téléexpertise uniquement) en CDAR2 niveau 1.
  • Remedee Labs lève 12 millions USD (10,9 M€) pour tester les ondes millimétriques contre la douleur

    La société française Remedee Labs annonce une levée de fonds de 12 millions de dollars (10,9 millions d’euros) en série A réalisée pour financer la prochaine phase d’essais cliniques de sa solution de gestion de la douleur, un stimulateur d’endorphine (un analgésique naturel) par l’émission d’ondes millimétriques. La start-up précise dans un communiqué daté du 14 novembre 2019 que ce tour de table a été géré par la société de capital risque Hardware Club, avec la participation de Habert-Dassault Finance, Partech, C4 Ventures, Supernova Invest ainsi que de plusieurs investisseurs privés.

    Breveté par Remedee Labs, le module miniaturisé MEET (Microelectronic Endorphin Trigger) est le premier émetteur à ondes millimétriques à usage médical, et il est intégrable dans des dispositifs mobiles wearables. Cette solution est actuellement testée dans le cadre de 2 nouveaux essais au sein du CHU de Grenoble pour la gestion de la douleur péri-chirurgicale (post-chirurgie cardiaque) et de la douleur arthritique.

    Remedee Labs prépare une nouvelle série d’essais concernant des douleurs spécifiques, notamment la migraine, l’amélioration des résultats de la kinésithérapie et certaines pathologies liées à la douleur chronique.

    La société souligne par ailleurs que le lancement de ces essais coïncide avec une crise mondiale des opiacés, qui pousse la communauté médicale à s’intéresser à de nouvelles approches en matière de gestion de la douleur.

  • AMI ARS Île-de-France : « des solutions innovantes pour faire face au défi du grand âge » (31/01/2020)

    L’ARS Île-de-France et l’ensemble des conseils départementaux se mobilisent en faveur des personnes âgées en perte d’autonomie afin de construire collectivement les réponses d’aujourd’hui et de demain, et lancent dans ce but un appel à manifestation d’intérêt (AMI) sur la thématique « des solutions innovantes pour faire face au défi du grand âge »

    Dans le cadre de cette démarche globale d’évolution de l’offre, il est demandé aux acteurs territoriaux intervenant dans le champ des personnes âgées en perte d’autonomie de s’engager pleinement dans cette démarche, en mobilisant leur expertise, celle des usagers et des aidants, en s’alliant avec les partenaires de leur territoire, et en faisant preuve de créativité afin de contribuer à l’évolution du système de santé, contextualisent les initiateurs de l’AMI. 

    L’ARS Île-de-France et les conseils départementaux mobilisent pour cet appel l’ensemble des crédits disponibles et mobilisables pour les personnes âgées. L’agence engagera pour le financement de ces solutions territoriales, coordonnées et innovantes, 22 millions d’euros de crédits pérennes supplémentaires dès 2020.

    Cet AMI s’adresse à l’ensemble des établissements et services médico-sociaux ainsi qu’aux unités de soins de longue durée mais aussi aux professionnels de santé libéraux s’associant à des acteurs du secteur médico-social ou sanitaire, et aux autres dispositifs accueillant ou accompagnant des personnes âgées en risque de perte d’autonomie. 

    Cet appel s’attachera également à favoriser l’innovation comme levier puissant de construction des parcours de santé, décloisonnant les secteurs et promouvant la coordination des acteurs.

    Les candidats ont jusqu’au 31 janvier 2020 pour déposer leur dossier de candidature :
    • sous forme dématérialisée à l’adresse suivante : ars-idf-aap-medicosocial-pa@ars.sante.fr ;
    • et par voie postale ou par porteur en 2 exemplaires sous format papier dans la délégation départementale ARS du territoire concerné (cf. tableau page 15 de l’AMI).
    La phase de sélection finale des projets est prévue en juin 2020.

    Les objectifs de l’appel à manifestation d’intérêt

    Afin de faire émerger des projets issus des territoires, et dans une démarche participative avec les usagers et les aidants, les projets devront prendre en compte :

    • les souhaits des personnes âgées de rester vivre chez elles aussi longtemps que souhaité et souhaitable ;
    • le besoin de disposer d’une palette diversifiée d’offres pour répondre de façon adaptée à chaque situation individuelle ;
    • la place des aidants familiaux dans le quotidien des personnes âgées ;
    • le défi démographique à venir, en accordant notamment une place plus importante aux services proposés à domicile ;
    • la nécessité de mieux articuler/coordonner les offres entre elles, sans rupture pour les usagers et leurs familles ;
    • les contraintes liées à la démographie des professionnels de santé, en pensant dès à présent les mutualisations/coopérations possibles, dans un souci d’améliorer également l’attractivité du secteur pour les professionnels.

    L’ARS Île-de-France souhaite accompagner la mise en place d’organisations innovantes, adossées ou non à des technologies notamment de e-santé, favorisant la préservation de l’autonomie et le soutien sur le lieu de vie des personnes âgées.

    Les actions innovantes identifiées

    L’ARS Île-de-France et les conseils départementaux de la région ont identifié un certain nombre d’actions innovantes et non exclusives, à partir des besoins exprimés sur leurs territoires et des expérimentations déjà en cours :

    • dispositif innovant de services renforcés à domicile ;
    • habitat inclusif pour personnes âgées ;
    • plateforme d’accueil temporaire pour faciliter la poursuite de la vie à domicile ;
    • différents modes d’accueil séquentiels ;
    • hébergement temporaire en sortie d’hospitalisation ;
    • hébergement temporaire en sortie d’hospitalisation ;
    • l’Ehpad territorial ;
    • plateforme ressource territoriale centrée sur des acteurs du domicile ;
    • télémédecine et innovations technologiques.

    Concernant spécifiquement la télémédecine, les acteurs du domicile (SSIAD, SPASAD, IDEL…) sont encouragés à avoir recours à une téléconsultation dans l’objectif de faciliter le parcours de soins de leurs patients et les Ehpad à développer leurs usages en télémédecine en lien avec les acteurs de la filière gériatrique mais également avec le monde libéral.

    Les projets présentés, en coopération avec les acteurs locaux et en articulation avec une organisation territoriale des soins, pourront bénéficier d’un financement pour des dépenses d’ingénierie de projet, de formation des professionnels et d’équipement informatique (en dehors des cas déjà couverts par l’avenant n°6 à la convention médicale).

    L’ensemble des projets proposés devront s’inscrire dans la stratégie régionale des systèmes d’informations en santé et l’intégration dès que possible avec l’outil Terr-eSante devra être recherchée.

    Critères de sélection des projets 

    Les projets devront être largement concertés avec l’ensemble des partenaires du territoire et démontrer une analyse des besoins et des prestations existants en faveur des personnes âgées en perte d’autonomie afin de s’inscrire en complémentarité des dispositifs déjà en place.

    L’association des usagers à la constitution des projets est un facteur clef de réussite.

    Chaque solution nouvelle proposée sera analysée en tenant compte de :

    • la solidité et la qualité de la gouvernance de projet ;
    • l’expérience des candidats ;
    • la mobilisation partenariale (associations d’usagers, familles, professionnels des secteurs sanitaires, médico-social et social…) ;
    • le respect des priorités territoriales définies par l’ARS Île-de-France et les conseils départementaux ;
    • le potentiel en termes de mise en œuvre d’innovations ;
    • la capacité de l’opérateur à mettre en œuvre rapidement les solutions proposées ;
    • la capacité financière du candidat, du budget de fonctionnement proposé et de l’éventuel projet d’investissement ;
    • le modèle économique viable et reproductible des expérimentations proposées ;
    • la compatibilité avec la procédure d’autorisation et les dérogations potentielles.

    Projets prioritairement attendus par départements

    Modalités de candidature

    Le processus de sélection fera l’objet :

    • d’un dépôt de dossier de candidature (dossier complet + fiche de synthèse) avant la date limite du 31 janvier 2020 ;
    • d’une phase de pré-sélection conjointe ARS et conseil départemental compétent début avril 2020 ; 
    • de possibles échanges avec l’ARS Île-de-France et le conseil départemental compétent pour une co-construction du projet ;
    • d’une phase de sélection finale des projets en juin 2020. 
  • Journée de mobilisation pour l’hôpital public : soignants et managers demandent une hausse de l’Ondam

    « Seuls une réponse à la hauteur des enjeux et un investissement important permettront de répondre au désarroi des médecins et des soignants », affirme le Cnom dans un communiqué publié ce 14 novembre 2019, à l’occasion de la journée de mobilisation organisée « pour l’hôpital public » à l’appel du collectif inter-hôpitaux. L’Ordre estime que « les difficultés que rencontre depuis longtemps l’hôpital public, et qui se cristallisent aujourd’hui », ne pourront être réglées sans « briser les frontières trop longtemps hermétiques entre l’hôpital et le monde libéral et entre les différents professionnels de santé ».

    70 directeurs médicaux des départements médico-universitaires de l’AP-HP alertent dans une tribune publiée dans Le Monde du 14 novembre sur des « difficultés croissantes » qui leur « font craindre un point de rupture irréversible ». « Nous ne sommes plus en mesure d’assurer nos missions dans de bonnes conditions de qualité et de sécurité des soins », déclarent ces professionnels, jugeant que le « système s’écroule ».

    Le collectif appelle à une « refonte complète du mode de financement et de la place de l’hôpital public dans notre système de santé » et demande en « urgence » :
    • de réviser à la hausse l’Ondam ;
    • de revaloriser le salaire des personnels paramédicaux, infirmiers en premier lieu, et des médecins ;
    • de faciliter l’accès aux logements à proximité des lieux d’exercice des agents et de créer pour eux des places en crèche.

    Le SMPS veut « (re)faire l’hôpital »

    Le Syndicat des managers publics de santé (SMPS) propose pour sa part dans une tribune intitulée «(Re)faire hôpital » : 

    • une « régionalisation de la gouvernance en santé » avec la mise en place d’un véritable Ordam (Objectif régional des dépenses d’assurance Maladie) ;
    • « un statut nouveau pour les hôpitaux » garantissant « une plus forte autonomie pour les dirigeants hospitaliers », avec « une convention collective de secteur » ;
    • une T2A « complétée par un financement au forfait par mission ou par objectif ».

    Le texte est signé par Jérémie Sécher, président du SMPS, Laurent Bertoletti, pneumologue au CHU de Saint-Etienne, et Philippe Denormandie, directeur des relations santé du groupe Nehs (et père du ministre de la Ville et du Logement, Julien Denormandie).

    La FHF demande « un plan Macron pour l’hôpital public »

    « Les arbitrages budgétaires envisagés par les pouvoirs publics pour l’année 2020 mettent en péril l’hôpital », abonde la Fédération hospitalière de France (FHF) dans un communiqué daté du 14 novembre, soulignant que le plan Ma Santé 2022 ne pourra ni se faire « dans la pénurie », ni « se résumer à des actions de communication ».

    La Fédération demande « un plan Macron pour l’hôpital public » et plus précisément :

    • « une hausse significative de l’enveloppe financière allouée en 2020 » ;
    • « un choc d’attractivité pour les personnels » car « les écarts de rémunérations et de contraintes des professionnels, entre le privé lucratif et le public, ne sont plus tenables », insiste-t-elle ;
    • Une relance de l’investissement « après des années de cure d’austérité » ; 
    • Des mesures concernant « la pertinence », car « 30 % des dépenses de l’Assurance maladie ne sont pas pertinentes [et] les réduire de 1% par an permettrait de dégager 2 milliards d’euros », à affecter « prioritairement [à]l’investissement ».

  • Diabète et télémédecine : les patients favorables mais craignent de perdre le contact humain (Roche)

    Les Français comme les patients diabétiques sont plus de 70 % à penser que la téléconsultation améliore la qualité de vie des patients tout en déshumanisant le contact avec le médecin. Cette ambivalence est l’un des éléments qui ressort de l’étude* Harris Interactive menée pour Roche Diabetes Care France auprès d’un échantillon de 2 581 personnes sur la vision des Français et des patients chroniques – avec un focus sur les patients diabétiques – sur la télémédecine. Les résultats de cette enquête ont été présentés le 13 novembre 2019, veille de la Journée mondiale du diabète.

    Ainsi, 78 % des sondés estiment que la téléconsultation est une solution pour remédier aux déserts médicaux mais qu’elle pourrait faire perdre le contact humain. De plus, presque la moitité des répondants – 44 % des patients diabétiques – pensent que la téléconsultation est un support idéal pour le suivi des maladies chroniques mais qu’elle n’est pas pour autant une évolution positive de la médecine.

    Autre enseignement clé : les patients diabétiques de type 1 ont une opinion globalement « très positive » envers la télémédecine (67 % pensent que la téléconsultation améliore la qualité de vie des patients) et sont également les plus équipés (44 %) des sondés en objets et dispositifs de santé connectés.

    De manière plus générale, les auteurs de l’étude constatent que les Français sont partagés : la moitié des répondants envisagent d’avoir recours à la téléconsultation, l’autre non. « Ce chiffre traduit l’ambivalence fondamentale du regard que nous portons sur la télémédecine et sur deux de ses applications que sont la téléconsultation et la télésurveillance, analyse Roche (dossier de presse). Malgré l’intérêt dont la télémédecine fait l’objet depuis plusieurs années et sa centralité dans les débats, elle reste méconnue et suscite des interrogations voire, parfois, de la méfiance. Ces réserves sont aussi valables chez les personnes diabétiques que chez le grand public, alors même qu’elle semble un outil particulièrement adapté au suivi de la pathologie. »

    À noter que Roche Diabetes Care proposent depuis plusieurs années des technologies et des services innovants dans le domaine du diabète. Dans le cadre du programme Etapes, l’entreprise a commencé il y a un mois à tester le télésuivi de patients diabétiques en connectant leurs lecteurs de glycémie à l’application mobile Gluci-chek, développée par la société : une dizaine d’hôpitaux participent à l’expérimentation, les premiers patients (4-5) ont été embarqués. De manière globale, environ 1 000 patients diabétiques sont actuellement télésuivis par le biais d’Etapes.

    L’opinion des patients diabétiques de type 1 envers la télémédecine est « très positive »

    L’opinion des patients diabétiques de type 1 envers la télémédecine est « très positive », constatent les auteurs de l’étude. « Or, ces patients ont expérimentés la téléconsultation et la télémédecine plus que le grand public et les patients métaboliques, note Roche Diabètes Care France. Est-ce la preuve que, pour percevoir les bénéfices de la télémédecine et l’adopter, le meilleur moyen est d’en faire l’expérience par soi-même ? »

    Parmi les patients diabétiques de type 1 interrogés :

    • 63 % sont prêts à envisager la télémédecine ;
    • 67 % pensent que la téléconsultation améliore la qualité de vie des patients ;
    • 55 % pensent que la téléconsultation améliore la qualité et l’efficacité des soins ;
    • 64 % estiment cependant qu’un frein à la téléconsultation est l’impression d’être moins bien pris en charge ;
    • 59 % considèrent que la télésurveillance leur permettrait d’être plus sereins concernant leur maladie ;
    • 56 % estiment que la télésurveillance leur permettrait de se sentir mieux pris en charge.

    Les patients diabétiques de type 1 sont les plus équipés des sondés en objets ou dispositifs de santé connectés

    La téléconsultation jugée particulièrement adaptée aux patients diabétiques

    57 % des patients chroniques métaboliques (MCM) adhèrent au fait que la téléconsultation est idéale pour les maladies chroniques

    Les patients diabétiques sont prêts à téléconsulter en premier lieu après d’un diabétologue/endocrinologue

    Autres enseignements clés de l’étude

    Les patients diabétiques sont mieux informés sur la télémédecine

    • 90 % des Français disent avoir entendu parler de télémédecine mais moins de la moitié d’entre eux s’estiment bien informés sur le sujet.
    • Les patients chroniques et diabétiques sont un peu plus informés que les autres : 39 % et 41 % – 50 % pour les personnes atteintes d’un diabète de type 2 insulino-traités – contre 35 %.
    • En revanche, en ce qui concerne plus spécifiquement la téléconsultation, les patients diabétiques de type 2 insulino-traités ne sont que 38 % à s’estimer bien informés.

    32 % des patients chroniques ont une bonne image de la téléconsultation et de la télésurveillance

    • La moitié des Français a une image plutôt neutre de la téléconsultation et de la télésurveillance, et un quart d’entre eux une image positive.
    • Des chiffres légèrement supérieurs chez les patients chroniques : 32 % ont une bonne image de la téléconsultation et de la télésurveillance.

    Un regard ambivalent sur la télémédecine

    « Les Français ont le sentiment de perdre une relation au médecin qui leur est chère (certains évoquent même une crainte de « déshumanisation de la médecine » ou quelque chose de « peu rigoureux », « peu fiable ») mais ne renoncent pas pour autant à regarder en face les enjeux d’avenir », analyse Roche Diabetes Care France (communiqué).

    L’utilisation d’objets/dispositifs de santé connectés (thermomètre connecté, lecteur de glycémie connecté, pilulier connecté, etc.) va de pair avec une meilleure connaissance et une image plus positive de la télémédecine

    • 77 % des sondés parmi le grand public utilisateur d’objets et de dispositifs connectés et 79 % parmi les patients diabétiques qui les utilisent voient précisément en quoi consiste la télémédecine.
    • Ils sont plus de 70% à y voir la garantie d’une meilleure accessibilité des soins et plus de 60 % à être favorables à son développement.

    Autre constat :

    • près de 75 % des répondants affirment que les médecins ne parlent pas ou ne recommandent pas les objets ou dispositifs connectés ;
    • pourtant, ils sont un peu plus de 80 % à penser que ces objets et dispositifs connectés aurait un intérêt si les données stockées pouvaient être transmises à leur médecin.

    « La relation des patients à leur médecin est fondamentale, il est important de la préserver : la télémédecine n’a de sens que si elle vient la renforcer, commente Frédéric Jacquey, président de Roche Diabetes Care France. Les outils connectés dont nous disposons aujourd’hui peuvent changer la vie des patients chroniques et enrichir leurs échanges avec les professionnels de santé qui les entourent. Et pour cela, les médecins sont les meilleurs ambassadeurs. »

  • Télémédecine : MaQuestionMedicale.fr, un site conçu par des médecins, démarre une 2e levée de fonds

    MaQuestionMedicale (MQM) démarre sa deuxième levée de fonds en « Love Money » (capitaux propres apportés par la famille, les proches, etc.) auprès des professionnels de santé. C’est ce qu’annonce via un tweet posté le 2 novembre 2019 cette plateforme de télémédecine créée à Lyon en 2018, qui revendique 250 médecins participants et 10 000 utilisateurs en France.

    Le site MQM, « imaginé par des médecins pour leur utilisation quotidienne », se présente comme une solution « sans abonnement, sans sauvegarde des données des patients et surtout complètement indépendant des mutuelles et assurances », accessible via un navigateur web.

    La société affirme dans son dossier de presse que ses concurrents actuels sont « presque tous des sociétés étrangères et/ou gérées par des fonds d’investissement », fonctionnant avec « prise de rendez-vous, prenant la place d’un patient en présentiel, nécessitant toutes un logiciel médical de cabinet, avec avance des frais par le patient [et] abonnement mensuel onéreux pour le médecin ».

    MQM fait valoir que sa solution permet aux patients, en plus du video chat, de laisser des messages textes, des documents, des images et des vidéos à leur médecin. Par son biais sont aussi rendus possibles le tiers payant intégral et l’édition automatique des ordonnances, des feuilles de soins et des factures de mutuelles, sans logiciel médical de cabinet et sans « stockage de données à des fins de revente ».

    « Les médecins français passent environ 2 heures par jour à répondre à des demandes ne nécessitant aucun examen clinique et souvent non rémunérées », commente MQM, soulignant que cette activité qui « empiète sur les consultations » doit être « réintégrée dans une pratique formalisée, sécurisée », sans que le médecin ait à « subir de pressions de la part de ses patients » (emails, appels, SMS nocturnes). C’est de cette prise de conscience qu’est née la société, qui se veut « centrée sur les besoins du médecin et de son patient ».

  • Séminaire « innovation, co-conception et dynamiques collectives en santé » : le 26 novembre 2019, Paris

    Le Conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGE) et le Forum des Living Labs en santé et en autonomie (LLSA) organisent un séminaire le 26 novembre 2019 à Paris sur la thématique « innovation, co-conception et dynamiques collectives en santé ». L’événement est parrainé par le ministère des Solidarités et de la Santé.

    Axé sur les processus d’innovation et sur l’importance des pratiques interdisciplinaires et collaboratives, le CGE a publié en février 2019 un rapport sur la politique industrielle en matière de dispositifs médicaux (DM), en lien avec le ministère des Solidarités et de la Santé. Ce dernier a en parallèle publié sa feuille de route stratégique du numérique en santé, qui « met également l’accent sur ce type de démarche et l’importance des expérimentations en conditions réelles », commente le CGE dans un communiqué présentant le séminaire.

    À noter que le Forum des Living Labs en santé et en autonomie (LLSA) est un réseau associatif composé en majorité de living labs et de diverses parties prenantes (représentants de patients, de professionnels, de laboratoires de recherche, d’organisations à but lucratif ou non). Ses missions sont d’élaborer, de partager et de diffuser les idées, les connaissances et les meilleures pratiques dans le domaine de l’innovation participative. Cette action inclut notamment le développement et la mise en œuvre de la méthodologie « Concept Maturity Level en Santé » ou « CML Santé », note le CGE. Cette méthodologie permet notamment de mesurer le plus précisément possible la maturité des projets innovants.

    « Lors du séminaire du 26 novembre, les porteurs de projets collaboratifs, des living labs, des entreprises, des laboratoires de recherche ayant expérimenté ces nouvelles approches partageront leur expérience, leurs difficultés et leurs réussites, explique le CGE. L’approche méthodologique « CML santé » sera également présentée à partir de cas concrets. Des intervenants des ministères de l’économie et des finances ainsi que des solidarités et de la santé témoigneront de l’importance des collaborations interministérielles sur un tel sujet. »

    Les inscriptions, gratuites mais obligatoires, sont à réaliser en ligne via ce lien.

    Programme

  • Innovation en santé : des effectifs multipliés par 2 entre 2019 et 2021 (Medicen – étude CIS)

    « D’ici à trois ans, la pénurie de business developers scientifiques, d’experts de la data et de l’intelligence artificielle va devenir problématique, avec un risque de décrochage dans la compétition internationale et une perte d’attractivité de la France pour les entreprises de l’innovation santé. » C’est ce qui ressort de l’étude CIS (Compétences Innovation Santé), publiée le 12 novembre 2019 par le pôle de compétitivité Medicen Paris Région (dédié à l’innovation dans la santé) avec le cabinet AEC Partners, sous le titre « Besoins en compétences et nouveaux métiers de l’innovation santé en Ile-de-France ».

    Sur la base des contributions de 102 acteurs de l’innovation en santé (dont 82 start-ups mais aussi des chercheurs, des consultants et des experts), les auteurs de ces travaux annoncent que les entreprises de l’innovation santé sont susceptibles de voir leurs effectifs multipliés par 2 entre 2019 et 2021, avec 3 500 postes à pourvoir, dont 39 % dans la filière medtech (dispositifs médicaux) et 16 % dans la filière e-santé. Ils appellent de leurs vœux « l’émergence de profils hybrides, imprégnés des enjeux de santé, de la connaissance du patient et rompus aux technologies de pointe » et demandent par conséquent de « décloisonner les formations » afin de « créer des filières alliant scientifique et réglementaire, ou encore numérique ».

    • La filière medtech doit prévoir un « poids croissant du digital dans les technologies médicales » (solutions multitechnologies, DM connectés) ;
    la filière e-santé s’apprête à vivre une « accélération des cycles d’innovation » et une série de « sauts technologiques majeurs » (deep tech, IA), combinée à un « essor massif des données de santé et des données personnelles » ;
    • ces deux filières devront faire face à la « prégnance croissante des enjeux règlementaires sur le secteur » : règlement MDR, encadrement des objets connectés.

    La filière « service » qui rassemble les prestataires de services de l’industrie de la santé « essentiellement des sociétés de recherche contractuelle ») aura pour sa part à gérer :
    • l’« entrée des objets connectés dans les études cliniques » ;
    • l’ « augmentation du nombre de solutions au-delà du médicament » ;
    • la « généralisation d’outils de traitement digitaux conçus en dehors de la santé ».

  • Étude : un algorithme prive de soins des Afro-Américains à cause d’un biais racial (Science)

    Une équipe de chercheurs américains a découvert qu’un algorithme très utilisé par les médecins avait conduit à sous-estimer les besoins de soins de millions d’Afro-Américains. Ce biais racial reposait sur une analyse erronée des coûts de santé : moins une personne dépensait d’argent pour ses soins, moins elle était considérée comme à risque et ayant besoin de soins complémentaires. Les résultats de cette étude* ont été publiés le 25 octobre 2019 dans la revue Science.

    Un algorithme pour évaluer les besoins en soins…

    Les médecins américains ont déjà largement recours à des algorithmes décisionnels, notamment pour évaluer rapidement les patients les plus susceptibles de développer des pathologies et leur proposer une prise en charge adaptée. L’un d’entre eux est déployé à l’échelle nationale, et c’est l’un des plus importants outils commerciaux utilisés par les assureurs pour prendre des décisions en matière de santé pour des millions de personnes chaque année.

    Dans ce système, les patients ayant des besoins médicaux particulièrement complexes sont automatiquement signalés par l’algorithme. Une fois sélectionnés, ils peuvent recevoir des ressources supplémentaires. Dans un pays comme les États-Unis où la santé coûte très cher et où le bénéfice d’une prise en charge supplémentaire est loin d’être automatique, les décisions d’un tel algorithme pèsent lourd.

    … sans tenir compte de la précarité des patients

    Or, des chercheurs américains viennent de démontrer que cet outil que  » presque tous les grands établissements utilisent, ainsi que les assureurs  » avait lésé des millions d’Afro-Américains en matière de traitement. L’étude ne nomme pas les développeurs de l’algorithme mais détaille la façon dont il parvient à des conclusions erronées.

    Concrètement, pour évaluer les besoins en soins d’un patient, l’algorithme emploie le critère des coûts. Plus une personne a un niveau de dépenses de santé élevé, plus elle est classée par l’algorithme comme à risque et susceptible de recevoir des soins complémentaires . Les chercheurs américains, auteurs de l’étude parue dans Science le 23 octobre 2019, ont estimé que cet algorithme reposait sur des biais raciaux.

    Résultats

    • En raison de l’inégalité d’accès aux soins, les patients noirs dépensent beaucoup moins pour leurs traitements que les patients blancs souffrant de la même affection.  
    • l’algorithme n’a pas tenu compte de cette différence entre patients noirs et blancs
    • l’algorithme concluait au départ que 17,7% des patients afro-américains avaient besoin de soins complémentaires alors que ce taux montait à 46,5% lorsque le biais était corrigé

    « Le coût est un indicateur de santé acceptable mais il est susceptible d’introduire un biais, et en l’occurrence, c’est le choix de cet indicateur qui a biaisé l’algorithme », a déclaré Ziad Obermeyer, professeur associé par intérim à l’Université de Californie à Berkeley, co-auteur de l’étude. D’autres disparités, telles que la manière dont les médecins traitent les patients, peuvent également contribuer à cette différence.

    La bonne nouvelle, c’est que « ce biais est réparable, pas avec de nouvelles données, ni avec un réseau de neurones plus sophistiqué, mais en modifiant simplement ce que l’algorithme est censé prédire « , estiment les chercheurs. L’analyse d’un sous-groupe de coûts, tel que les soins aux urgences, permettrait de minimiser les risques de biais.

    Projet de loi de bioéthique : comment se prémunir des biais

    Comme le soulignent les auteurs du rapport « Algorithmes : biais, discrimination et équité », réalisé en mars 2019 par Telecom ParisTech et l’université de Nanterre, « la mise en oeuvre d’un algorithme correspond à l’application de règles et d’instructions qui devraient permettre de s’affranchir de la partialité qui caractérise parfois les décisions humaines. Cependant, les algorithmes n’échappent pas à cet écueil… Et nous savons que les opinions peuvent conduire à des pratiques discriminatoires à l’encontre des personnes. »

    Focus sur l’article 11

    Pour remédier à ces travers, l’article 11 du projet de loi de bioéthique, votée en première lecture à l’Assemblée nationale le 15 octobre, prévoit des garde-fous : la traçabilité des algorithmes (pour éviter l’effet « boite noire »), l’intervention d’un professionnel de santé pour le paramétrage de ces algorithmes et la mise en perspective des résultats issus des algorithmes par un professionnel de santé. En marge du projet de loi, le gouvernement avait estimé que la validité des conclusions produites par les algorithmes pouvait être  » limitée par des défauts ou biais (volontaires ou non) liés à leur développement et/ou aux bases sur lesquelles s’est réalisé l’apprentissage, mais aussi par les limites des informations effectivement prises en compte au regard des particularités spécifiques propres à chaque situation clinique « .