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  • Estonie : le volontariat pour le partage des données permet la mise à disposition de solutions

    La bio-banque d’Estonie (Estonian Biobank), créée en 2000, est basée sur le volontariat de la population. Actuellement, elle rassemble des données sur la santé et la génétique d’environ 20 % de la population adulte estonienne, soit près de 200 000 personnes. L’Estonian Genome Center de l’université de Tartu (EGCUT), qui gère cette base, a utilisé les données disponibles de cette dernière dans le cadre de projets de recherche nationaux et de collaborations internationales.

    Le Pr Andres Metspalu, directeur de l’EGCUT, est revenu en détail sur cet outil lors du FD Health Day, organisé le 13 novembre 2019 à Paris par France Digitale. L’occasion pour Health & Tech Intelligence de faire le point sur ce modèle centré sur la collaboration étroite entre citoyens et professionnels de santé.

    En résumé, le fonctionnement de cette bio-banque repose sur :
    • un enrôlement de volontaires basé sur le volontariat et l’engagement des médecins ;
    • un cadre législatif : le Human Genes Research Act (HGRA), soit la loi relative à la recherche sur les gènes humains, permet à la bio-banque d’accéder au système de santé en ligne, aux registres nationaux et aux bases de données hospitalières afin de mettre à jour en continu les informations sur la santé de tous les participants ;
    • une vision internationale : partenariat avec le consortium européen BBMRI, qui a pour objectif de préparer une infrastructure paneuropéenne de recherche sur les bio-banques et les ressources biomoléculaires pour la recherche biomédicale et biologique en Europe et dans le monde ;
    • un retour éclairé assuré auprès des patients.

    Un enrôlement de volontaire basé sur le volontariat et l’engagement des médecins

    Les volontaires sont recrutés par des médecins généralistes et par des médecins hospitaliers formés. Après enregistrement de leur consentement (« gene donor consent form« ), leur profil est documenté (antécédents personnels et familiaux, facteurs de risques, habitudes de vie, métier, …) avec le médecin pendant une consultation de près de 2 heures à travers :

    • le remplissage d’un questionnaire CAPI (Computer Assisted Personnal Interview) ;
    • la prise d’un certain nombre de mesures (taille, poids, paramètres physiologiques…).

    Engagement : fournir des commentaires personnalisés aux participants

    Le programme national de médecine personnalisée estonien (2015-2018) prévoit que la génomique devienne partie intégrante du système de santé national. Les données générées à la bio-banque permettent de prédire le risque de maladie, d’identifier des facteurs de risque pouvant faire l’objet d’une action médicale et d’optimiser la prescription de médicaments et potentiellement retarder l’apparition de la maladie.

    La restitution des résultats génomiques individuels aux participants de la bio-banque a commencé en 2016. L’hypercholestérolémie familiale a été utilisée comme modèle au cours de cette première étape. D’autres axes sont explorés (cancer du sein et pharmaco-génomique). Il est prévu d’intégrer ces données au système médical dans les années à venir.

    Le système national intégrera donc les données des différents prestataires de soins estoniens avec leur profil génétique afin de créer un dossier de santé commun pour chaque patient.

    Une population informée et favorable :

    Un effort continu a été réalisé depuis la création de la bio-banque et de l’EGCUT pour communiquer largement sur les objectifs de cette démarche, en particulier à travers des conférences, des événements, des sessions de questions-réponses et des publications.

    Une enquête annuelle est réalisée pour évaluer la connaissance de l’EGCUT et l’opinion de la population estonienne sur le sujet. Selon le sondage réalisé à 2010 :

    • 85 % des Estoniens indiquent être au courant des activités de l’EGCUT ;
    • 59 % disaient par ailleurs fortement soutenir le projet : le nombre de personnes opposées a toujours été inférieur à 4 %.

    Exemples de retours faits aux patients :

    Un retour personnalisé est réalisé aux participants à la bio-banque :

    • type d’informations transmises :
    • exemples de rapports fournis aux participants :

    Un cadre législatif rapidement mis en place

    Le Human Genes Research Act (HGRA), soit la loi relative à la recherche sur les gènes humains, a été mis en place dès janvier 2001.

    Elle a pour objectif :

    • de réglementer la création et le maintien d’une banque de gènes ;
    • d’organiser les recherches génétiques nécessaires ;
    • de garantir le caractère volontaire du don de gènes et la confidentialité de l’identité des donneurs de gènes ;
    • de protéger les personnes.

    Cette loi et le consentement signé par tous les participants permettent à la bio-banque d’accéder au système de santé en ligne, aux registres nationaux et aux bases de données hospitalières afin de mettre à jour en permanence les informations sur la santé de tous les participants.

    La recherche : un engagement international

    L’EGCUT a utilisé les données disponibles dans la bio-banque estonienne pour des projets de recherche nationaux et dans le cadre de collaborations internationales.

    La bio-banque est partenaire du consortium européen BBMRI, qui a pour objectif de préparer une infrastructure paneuropéenne de recherche sur les bio-banques et les ressources biomoléculaires pour la recherche biomédicale et biologique en Europe et dans le monde.

  • BBMRI

    The Biobanking and BioMolecular Resources Research Infrastructure

  • Health Data Week : H&TI Morning spécial Ethik-IA le 20 novembre 2019 à Paris

    Dans le cadre de la Health Data Week, qui se tient du 18 au 22 novembre 2019, la société Care Insight organise un H&TI Morning spécial Ethik-IA consacré à la loi de bioéthique et l’introduction de la « garantie humaine » du numérique en santé.

    Cette session portera plus précisément sur la « garantie humaine algorithmique » (GHA) comme levier de régulation positive du pilotage par les données, l’idée étant de se baser sur cette nouvelle obligation de conformité dans le contexte du déploiement de la loi de bioéthique.

    La matinée sera rythmée en 3 temps :

    GHA et loi de bioéthique : avec David Gruson, docteur en droit de la santé et fondateur de l’initiative Ethik-IA ;
    GHA et pilotage par les données de santé publique : avec Judith Mehl, directrice générale d’Ethik-IA et Béatrice Falise-Mirat, directrice scientifique de Care Insight ;
    GHA et protection sociale complémentaire : avec Anaïs Person, déléguée à la protection des données (DPD/DPO) de plusieurs organismes.

    Les inscriptions à l’événement, gratuites, doivent être réalisées en ligne via ce lien.

  • Étude : le machine learning capable de prédire l’espérance de vie des insuffisants cardiaques (ESC)

    Une équipe de l’université de Californie à San Diego (UC San Diego) a mis au point un algorithme d’apprentissage automatique (machine learning) capable de prédire l’espérance de vie des patients souffrant d’insuffisance cardiaque. À partir de 8 variables, les chercheurs ont établi un score de risque permettant de déterminer les risques de décès élevés et faibles avec une précision de 88 %. Les résultats de cette étude* ont été publiés le 12 novembre 2019 dans l’European Journal of Heart Failure, le journal de la Heart Failure Association de la Société européenne de cardiologie (European Society of Cardiology – ESC).

    Quand un malade veut en savoir plus sur son pronostic

    La prévision de la mortalité est importante chez les patients insuffisants cardiaques. Cependant, les stratégies actuelles de prévision du risque ne donnent que des résultats modestes. Leur faiblesse vient probablement du fait qu’elles s’appuient sur des méthodes d’analyse statistique qui ne permettent pas de saisir les informations pronostiques dans de grands ensembles de données.

    Avi Yagil, un professeur de physique à l’Université de Californie à San Diego, s’est attaqué à ce problème lorsqu’il a découvert qu’il souffrait d’une insuffisance cardiaque. En échec de traitement, il a finalement bénéficié d’une transplantation cardiaque en juin 2016. Et c’est lors de sa convalescence qu’il a commencé à réfléchir aux moyens d’améliorer le parcours de soins pour des patients comme lui.

    « Dans mon travail quotidien, j’utilise l’apprentissage automatique (machine learning) pour comprendre une grande quantité d’informations et de mesures de particules et de leurs interactions, explique Avi Yagil. Le corps humain est encore plus complexe mais la profession médicale n’utilise pas assez les technologies nécessaires pour saisir les corrélations multidimensionnelles entre les mesures, telles que les tests de laboratoire, les signes vitaux, et les résultats. Nous avons émis l’hypothèse que cette méthodologie pourrait contribuer à améliorer le pronostic et le traitement des patients atteints d’insuffisance cardiaque. « 

    Un algorithme basé sur 6000 insuffisants cardiaques

    Le physicien s’est alors associé avec ses cardiologues de la faculté de médecine de l’université de San Diego de l’Institut cardiovasculaire de l’UC San Diego Health. « Nous voulions développer un outil qui prédit l’espérance de vie des patients atteints d’insuffisance cardiaque, indique Eric Adler, directeur des transplantations cardiaques. Il existe des applications dans lesquelles les algorithmes détectent toutes sortes de choses, comme les produits que vous souhaitez acheter. Nous avions besoin d’un outil similaire pour prendre des décisions médicales. La prévision de la mortalité est importante pour les patients insuffisants cardiaques. »

    Pour développer leur algorithme d’apprentissage automatique, les chercheurs se sont basés sur les données de dossiers médicaux électroniques anonymisés de 5 822 patients hospitalisés ou ambulatoires souffrant d’insuffisance cardiaque. Le score de risque a été calculé à partir de 8 variables facilement disponibles pour la majorité des patients insuffisants cardiaques, telles que la tension artérielle diastolique, la créatinine, ou encore le nombre de globules blancs.

    Les résultats de cette étude ont été publiés en ligne dans l’édition du 12 novembre 2019 du European Journal of Heart Failure.

    Résultats : précis à 88%

    • L’algorithme était capable de prédire avec précision l’espérance de vie dans 88 % des cas.
    • La précision a été identique lorsque l’outil a été testé sur des données de patients non identifiées de l’université de Californie à San Francisco et sur une base de données provenant de 11 centres médicaux européens.
    • Ce score de risque était supérieur à celui obtenu par deux scores de risque traditionnels, disponibles dans ces mêmes populations.

    « Cet outil nous donne un aperçu de la probabilité qu’un patient donné décède d’une insuffisance cardiaque au cours des trois prochains mois ou d’un an, explique Eric Adler. C’est incroyablement précieux. Cela nous permet de prendre des décisions éclairées basées sur une méthodologie éprouvée et de ne pas avoir à chercher dans une boule de cristal. »

    Ces résultats doivent être validés mais le fait de « pouvoir les réutiliser dans des populations indépendantes est d’une importance capitale, validant ainsi notre méthodologie et ses résultats », notent les auteurs de l’étude.

    La précieuse collaboration entre physicien et cardiologues

    Les chercheurs ont par ailleurs souligné que le partenariat entre physiciens et cardiologues a été essentiel à la mise au point d’un outil fiable.

    « Nous avons appris à Avi Yagil comment penser en tant que cardiologue et il nous a appris à penser comme le ferait un physicien », précise Barry Greenberg, directeur du programme de traitement avancé de l’insuffisance cardiaque à l’Institut cardiovasculaire de l’UC San Diego Health.

  • Aide à la prescription : ExactCure lève 1 million d’euros et s’allie à Vidal, spécialiste des SIS

    La société française ExactCure, spécialiste de la lutte contre les médications inappropriées, lève 1 million d’euros auprès de la plateforme d’investissement OneRagtime, avec l’objectif d’« agrandir son département R&D » et de « recruter de nouveaux talents ».

    Le « jumeau digital » conçu par ExactCure sous forme d’une application pour smartphone simule l’efficacité et les interactions des médicaments dans le corps d’un patient en fonction de ses caractéristiques personnelles  (âge, poids, statut rénal, génotype…), de sorte que le patient gagne en autonomie mais aussi pour éviter sous-doses, surdoses et interactions médicamenteuses, explique la start-up dans un communiqué publié le 14 novembre 2019. Cette solution permet au patient de visualiser l’effet des médicaments sur son corps et au professionnel de santé d’affiner ses prescriptions par des simulations personnalisées.

    Suite à un partenariat conclu avec Vidal Group, la solution d’ExactCure sera proposée aux hôpitaux français utilisant Vidal Sentinel, un outil d’évaluation du risque des prescriptions destinée aux pharmaciens hospitaliers.

  • PLFSS 2020 : le Sénat rejette le texte en 1ere lecture après les annonces d’Emmanuel Macron

    Le Sénat n’a pas adopté la troisième partie du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2020, relative aux recettes et à l’équilibre de la Sécurité sociale pour l’exercice 2020 et a ensuite rejeté l’ensemble du projet de loi, par 281 voix contre et 0 voix pour. C’est ce qu’annonce la Chambre haute dans un communiqué publié à l’issue de la séance publique du 14 novembre 2019, ajoutant qu’elle « examinera le projet de loi en nouvelle lecture le samedi 30 novembre et le dimanche 1er décembre« .

    Ces votes font suite aux propos d’Emmanuel Macron selon lesquels un plan pour l’hôpital sera annoncé à l’issue du Conseil des ministres du 20 novembre, soit le lendemain du vote solennel au Sénat en conclusion de la première lecture.

    Réactions :

    • « En retardant les annonces chiffrées à mercredi prochain, après le vote du PLFSS, le président de la République, encore une fois, méprise le Parlement et particulièrement le Sénat », commente Éliane Assassi, présidente du groupe CRCE (Communiste, républicain, citoyen et écologiste), jugeant que cela n’est « plus acceptable ».
    • Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Palais du Luxembourg, accuse les ministres Agnès Buzyn (Santé) et Olivier Dussopt (Comptes publics) d’avoir « voulu instrumentaliser le Sénat dans un rôle d’un théâtre d’ombres virtuelles », sachant « pertinemment, avant même que [les] débats ne débutent », que les parlementaires allaient délibérer sur « un PLFSS qui n’était pas sincère », ce qui « ne pouvait être que vain ».

  • IDEL

    Infirmier diplômé d’État libéral

  • Ensae

    École nationale de la statistique et de l’administration économique

  • Sénat : la carte Vitale biométrique validée en commission à titre expérimental

    La commission des Affaires sociales du Sénat a largement modifié la proposition de loi LR déposée au mois de mai 2019 visant à « remplacer » la carte Vitale par une carte biométrique afin de « compléter le dispositif en matière de lutte contre la fraude sociale ». Elle a adopté les amendements LR qui font de cette innovation un simple « dispositif expérimental » mis en oeuvre « pour une durée de douze mois » et en suppriment « l’entrée en vigueur généralisée ».

    Le texte adopté en commission le 13 novembre « autorise des organismes gestionnaires de l’assurance Maladie, qui seront désignés par décret, à délivrer à « tous les bénéficiaires qui leur sont rattachés » une carte Vitale « à laquelle est intégrée l’image numérisée des empreintes digitales du titulaire ». Il est précisé que « la fin du bénéfice des droits aux prestations d’assurance Maladie » entraîne « l’impossibilité d’utiliser la carte Vitale biométrique ».

    Le texte prévoit qu’« au plus tard deux mois avant le terme de l’expérimentation », le ministre chargé de la Sécurité sociale se verra remettre un rapport d’évaluation de la carte Vitale biométrique, faisant notamment état de « l’évolution des chiffres de la fraude en obtention des droits ».

    La sénatrice Nathalie Goulet (UDI) a déposé en vue de l’examen en séance publique de cette proposition de loi, prévu le 19 novembre, 4 amendements issus du rapport qu’elle a corédigé avec la députée LREM Carole Grandjean sur la fraude sociale. Ces amendements demandent notamment que la durée de validité de la carte Vitale soit « systématiquement coordonnée avec la durée des droits de son porteur », que soit remis « un rapport sur les causes et les coûts pour les finances publiques des cartes Vitale en surnombre », et que soit supprimée la photo d’identité actuellement exigée pour les cartes Vitale, jugeant que celle-ci n’est « en aucun cas un élément de lutte contre la fraude ».

  • CI-SIS

    Cadre d’interopérabilité des systèmes d’information de santé