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  • Une plateforme pour orienter les patients grâce aux retours d’expérience de leurs pairs (Renaloo)

    La plateforme MoiPatient.fr, qui a ouvert fin septembre 2019 son premier volet « MesData », lance sa première enquête en ligne sur le reste à charge invisible, l’objectif étant de construire une médecine plus collaborative : mené par France Assos Santé, ce sondage vise à mesurer le coût réel des soins pour les patients, selon leur propre expérience, en allant au-delà des statistiques produites par le ministère de la Santé. Cette plateforme de recherche participative, citoyenne et innovante, initiée par l’association Renaloo, a pour ambition de contribuer à la production de nouveaux savoirs issus des patients, centrés sur leur expérience, de favoriser leur participation à l’évaluation et aux évolutions du système de santé tout en apportant des garanties éthiques, de sécurité et de confidentialité sur les usages et la protection des données des patients recueillies, notamment en recourant à la blockchain.

    « MesData » est le pôle enquête de la plateforme, destiné à « rendre visible l’invisible ». « Nous avons voulu construire un espace de recherche participative et de production de connaissances patients centrées », explique Nathalie Mesny, présidente de Renaloo, interrogée en octobre par Health & Tech Intelligence à l’occasion du lancement de l’enquête en ligne. Les patients volontaires contribuent à l’amélioration des connaissances et de la qualité des soins en fournissant leurs propres données sur leur santé, en partageant leur relation au système de soins et l’impact de leur pathologie sur leur vie quotidienne ou celle de leur entourage ainsi que sur certains aspects économiques. « Le but est de rendre audible l’expérience des personnes concernées par les maladies chroniques ou le handicap par le biais des patients eux-mêmes, de leurs proches et des soignants« .

    « MesSoins », le second volet de la plateforme, visera à orienter les patients dans le système de santé grâce aux retours d’expériences de leurs pairs.

    « Rendre audible et accessible toute cette intelligence émanant de patients »

    Quelle est le concept de la plateforme MoiPatient ?

    Nathalie Mesny : Le projet est né, il y a plus de deux ans, de l’idée de recueillir le savoir autour des parcours de soins et, d’une manière générale, de l’environnement des traitements des patients atteints de maladies chroniques afin de les mettre à disposition de manière structurée aux différentes parties prenantes, notamment de la recherche. Nous voulions rendre audible et accessible toute cette intelligence émanant de patients, qui ne sont écoutés que dans certaines occasions bien précise sur des sujets souvent très fragmentés, en silos. Il manquait une expression complète sur l’ensemble d’un parcours de soins.

    Nous avons donc voulu construire une plateforme avec 2 volets :

    • le premier, qui vient d’être lancé, MesData, va se structurer autour de problématiques posées par différentes sources : l’État, un laboratoire, toutes les parties prenantes qui ont besoin d’avoir un éclairage sur une problématique.
      • Après avoir vérifié que le sujet est bien posé et va dans l’intérêt des patients, nous le présentons à un comité scientifique pour revérifier à la fois son caractère bénéfique et valide au niveau technique.
      • Il s’agit ensuite d’élaborer le questionnaire et d’appeler tous les patients qui peuvent être éligible à répondre à la problématique pour qu’il soit parfaitement au courant de la méthodologie et des finalités de l’étude. Nous nous engageons derrière à ce qu’ils soient les premiers à être au courant des résultats de l’enquête et de l’avancement.
    • L’expérience individuelle est enrichie par l’ensemble des témoignages qui donnent un caractère plus contextuelle, robuste. Ce volet a été lancé en octobre avec des partenaires soucieux, mobilisés pour rendre audible ces témoignages. Il faut donner envie aux patients, qu’ils aient le sentiment que leur participation va être utile pour la recherche et ne va pas leur nuire. Nous sommes en effet extrêmement attachés à la sécurité des données et à la confidentialité. Nous avons mis en place un consentement, redemandé à chaque enquête dans la mesure où les objectifs et les méthodes ne sont pas forcément les mêmes. Il s’agit d’un consentement plus qu’éclairé, vraiment actif.

    Renaloo : un blog devenu une association écoutée par les pouvoirs publics

    Comment l’association Renaloo a-t-elle construit son mode d’action ?

    Renaloo est née d’un blog d’une patiente, Yvanie, qui a vécu une insuffisance rénale terminale liée à une maladie génétique et qui a reçu un rein de sa mère. Elle a fait ce parcours à une époque où il était extrêmement difficile d’obtenir de l’information plus poussée et d’avoir un ressenti d’autres personnes. Elle vivait dans un désert médical et s’est rendue compte qu’aux États-Unis, il y avait plus de témoignages disponible en ligne sur la pathologie rénale comme sur le don qu’en France.

    Petit à petit, ce blog est devenu un site, puis une association le jour où elle a décidé de mettre cette expérience individuelle au service des personnes concernées par la maladie rénale. Le premier champ d’action était très documentaire, puis un forum a été mis en place. Progressivement, Yvanie a fédéré autour d’elle des « sachants » de différentes disciplines, avec différents regards portés avec bien sur des patients et des proches. Lors de la précédente loi de bioéthique, nous avons commencé à faire entendre plus largement la voix des patients et avons créé un think tank. Nous sommes allés démarcher les parlementaires avec nos convictions, notre réseau et nos savoir-faire.

    La dimension politique de notre action est née avec l’organisation des États généraux du rein, événement fondateur qui a mis la lumière sur la pathologie mais aussi les problématiques sociétales et économiques qu’elles engendraient. Derrière ce projet, il y a eu une production de savoir importante. Les États généraux ont montré la robustesse de Renaloo et sa capacité à mobiliser mais aussi à nous poser comme interlocuteur à écouter, un interlocuteur parfois craint  ou vilipendé quand on gratte là où cela fait mal ou que l’on remet en cause le système.

    « Les choses n’avanceront qu’en réunissant toutes les parties prenantes »

    En quel sens votre approche est-elle innovante ?

    Nous avons acquis cette légitimité par le terrain quand nous avons commencé à aborder les champs de progrès à travers la production de savoirs issus des États généraux du rein, comme les longues années d’attente en dialyse, qui réduisent les chances de réussite de greffe. Nous avons alors mis le doigt dans un engrenage que l’on ne soupçonnait pas. Nous n’avions pas anticipé les résistances et le fait que notre plaidoyer pour la greffe remettrait en cause toute l’économie de la dialyse. Nous avons certes pu être maladroit mais avons essayé de faire en sorte que ce débat reste le plus possible factuelle. 

    Et surtout, nous continuons à être persuadé que les choses n’avanceront qu’en réunissant toutes les parties prenantes, en particulier les néphrologues et les transplanteurs, y compris ceux qui se sont opposés à nos diagnostics. Pour s’aligner sur le constat, nous avons été extrêmement attentifs à la qualité des analyses, en s’entourant de sociologues, d’économistes, de gens très mobilisés sur la bonne tenue du recueil, mais aussi de l’interprétation des résultats.

    Nos interlocuteurs reconnaissent notre robustesse et la documentation de nos analyses. Nous avons naturellement élargi notre réflexion au système de santé, pour trouver des actions pour que ce système continue d’être efficace, généreux, tout en trouvant des pistes pour le financer autrement et de manière plus adaptée aux défis du secteur. Par exemple, repenser les forfaits dialyses pour promouvoir la greffe, qui coûte au final beaucoup moins cher pour la collectivité par rapport à la dialyse, cela est vertueux pour tous.

    Une plateforme destinée à toutes les pathologies chroniques

    Comment passe-t-on à une plateforme pluri-pathologiques ?

    Sur la base de cette légitimité, de ce savoir sur les pathologies rénales, nous avons construit cette plateforme destinée à toutes les pathologies chroniques en prenant le parti de s’associer. Cela n’a pas été évident pour tous car les associations n’ont pas l’habitude de se fédérer autour d’une cause commune. Grâce à la force collective de France Assos Santé, nous avons fait émerger l’idée de MoiPatient. Cette structuration de l’action s’est accompagnée d’une structuration organisationnelle de l’association, avec notamment l’embauche de salariés dédiés à cette action.

    Le but est de rendre audible l’expérience des personnes concernées par les maladies chroniques ou le handicap : les patients eux-mêmes, leurs proches et les soignants. MesSoins, le second volet de la plateforme, visera à orienter les patients dans le système de santé grâce aux retours d’expériences de leurs pairs. Une première enquête sur le reste à charge invisible, menée par France Assos Santé, a été lancée pour mesurer le coût réel des soins pour les patients, selon leur propre expérience, en allant au-delà des statistiques produites par le ministère de la Santé.

    Le digital est un formidable outil de recueil et de caisse de résonance. Nous avons parfaitement conscience que cela ne résume pas le parcours de soins ou de vie de quelqu’un. Dans cette idée, nous développons aussi des actions sur le terrain en région autour de rencontre en live.               

  • Pratique avancée : 2 syndicats (FNI et Sniil) signent l’avenant n° 7 à la convention des infirmiers

    L’Union nationale des caisses d’Assurance maladie (Uncam) et 2 des syndicats représentatifs de la profession, la Fédération nationale des infirmiers (FNI) et le Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (Sniil), signent l’avenant n°7 à la convention nationale des infirmiers, qui définit les modalités de valorisation des infirmiers exerçant en pratique avancée (IPA) en ville.

    « Destiné à répondre aux enjeux qui pèsent sur notre système de santé (vieillissement de la population, augmentation du nombre de malades chroniques, virage ambulatoire…), le nouveau métier d’infirmier en pratique avancée a été inscrit dans la loi de modernisation du système de santé de 2016 et réaffirmé dans Ma santé 2022« , note l’Assurance maladie dans un communiqué publié le 4 novembre 2019, jour de la signature de l’avenant. C’est la première profession de santé pour laquelle est mise en place un exercice dit en « pratique avancée », à l’image de ce qui se fait déjà dans d’autres pays (Australie, Canada, États-Unis, Finlande, Irlande, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Royaume-Uni).

    Les textes mettant en place le métier d’IPA visent à :
    • 1. améliorer l’accès aux soins notamment dans les territoires sous dotés en médecins ;
    • 2. améliorer la qualité des parcours des patients par le biais d’une coordination renforcée ;
    • 3. soutenir les médecins dans la prise en charge de patients atteints de pathologies ciblées ;
    • 4. diversifier l’exercice des infirmiers et à développer des perspectives de carrières.

    La Cnam souhaite encourager le développement de ce nouveau métier pour « améliorer le suivi de patients atteints de pathologies chroniques », « optimiser le temps médical » et « renforcer ainsi l’accès aux soins des 5,6 millions de personnes potentiellement concernées ».

    IPA : une formation sur 2 ans

    Le métier d’IPA s’adresse à des infirmiers expérimentés, exerçant en établissement de soins ou en ville, soit en libéral, soit comme salarié d’un centre de santé ou d’une maison de santé pluri-professionnelle.

    Un diplôme d’État niveau master

    Pour devenir IPA, l’infirmier doit, depuis la rentrée 2018, suivre une formation de 2 ans avec :

    • un tronc commun la première année ;
    • une spécialisation la deuxième année

    La durée de formation est plus courte dans le cadre d’une validation des acquis de l’expérience (VAE).

    La formation fait l’objet d’un diplôme d’État de niveau master, précise l’Assurance maladie (communiqué).

    Des compétences élargies par rapport à celles de l’infirmier classique

    Dans le respect du parcours de soins, l’IPA participe à la prise en charge globale des patients atteints de maladies chroniques dont le suivi lui a été confié par un médecin.

    Pour cela, l’infirmier en pratique avancée dispose de compétences élargies par rapport à celles de l’infirmier.

    L’IPA peut ainsi :

    • conduire un entretien, effectuer le questionnement nécessaire (anamnèse) et réaliser l’examen clinique ;
    • conduire toute activité d’orientation, d’éducation, de prévention ou de dépistage ;
    • effectuer tout acte d’évaluation,de conclusion clinique ou de surveillance clinique et paraclinique consistant à adapter le suivi du patient en fonction des résultats ou sur l’évaluation des risques liés aux traitements ; réaliser des actes techniques sans prescription médicale et en interpréter les résultats, demander des actes de suivi et de prévention pour les pathologies dont il assure le suivi. La liste est fixée par arrêté ;
    • prescrire, pour les pathologies dont il assure le suivi, des médicaments non soumis à prescription médicale obligatoire,des dispositifs médicaux ou des examens de biologie et dont la liste est fixée par arrêté ;
    • renouveler, en les adaptant si besoin, des prescriptions médicales pour les pathologies dont il assure le suivi et dont la liste est fixée par arrêté.

    Les domaines d’intervention et les activités des infirmiers en pratique avancée sont définis dans le code de la santé publique.

    Par ailleurs :

    • les IPA réalisent une activité transversale de coordination et de concertation avec l’équipe de soins, « indispensables pour la prise en charge des patients », note la Cnam.
    • les IPA peuvent être amenés à réaliser des actions d’évaluation et d’amélioration des pratiques professionnelles comme des études et travaux de recherches en santé publique.

    Une rémunération au forfait

    « La nature même des missions conduites dans le cadre de la pratique avancée exige de sortir d’une logique de paiement à l’acte pour privilégier une rémunération au forfait, indique l’Assurance maladie. L’enjeu de la négociation a donc été de s’accorder sur le niveau approprié de valorisation des IPA en ville. Ainsi, cette rémunération prend en compte la prise en charge des patients confiés et les missions transversales de coordination et de recherche associées. »

    Les partenaires conventionnels ont convenu d’une valorisation de plusieurs forfaits :

    • 1. un forfait, destiné à vérifier l’éligibilité du patient au suivi par l’IPA, valorisé à hauteur de 20 euros et facturable une seule fois ;
    • 2. une fois l’éligibilité vérifiée, 4 forfaits trimestriels de suivi peuvent être facturés par an et par patient (si au moins un contact par trimestre). Chaque forfait valorise toutes les interventions réalisées par l’IPA au cours du trimestre de prise en charge y compris les actions de coordination et de concertation nécessaires :
      • le premier forfait de l’année correspond à un contact plus long avec le patient, il est valorisé à 58,90 euros par patient ;
      • les trois forfaits suivants,sont valorisés chacun à 32,70 euros par patient et par trimestre.

    À l’exception du premier contact de suivi avec le patient, les autres contacts de suivi par l’IPA peuvent être réalisés à distance par vidéotransmission en alternance avec un suivi du patient en présentiel.

    Par ailleurs :

    • Pour les patients dont la prise en charge est plus complexe en raison de leur âge (enfants de moins de 7 ans et patients âgés de 80 ans et plus, soit 20% de la patientèle prévue) :
      • une majoration d’un montant de 3,90 euros pourra être associée à ces forfaits. Si besoin, les frais de déplacement peuvent être facturés à chaque passage au domicile du patient.
    • « Compte tenu de l’activité transverse de coordination réalisée par les IPA avec les médecins et les autres professionnels de santé, les partenaires conventionnels ont convenu de majorer l’indicateur d’exercice coordonné du forfait annuel d’aide à la modernisation », explique l’Assurance maladie :
      • cet indicateur d’un montant de 100 euros pour les infirmiers libéraux a été porté à 400 euros pour les IPA conventionnés, et jusqu’à 1 120 euros pour les IPA conventionnés exerçant en zone en sous-densité médicale.
    • Est prévue la mise en place d’une aide financière pour soutenir le démarrage de l’activité exclusive en pratique avancée et ce, quelle que soit la zone d’installation de l’IPA :
      • cette aide d’un montant de 27 000 euros est versée sur 2 ans. Le versement de cette aide est conditionné au suivi par l’IPA d’un nombre minimal de patients sur l’année (50 patients la première année et 150 patients la deuxième année) ;
      • « au-delà de 300 patients, les partenaires conventionnels ont considéré que la viabilité économique de l’activité est assurée et ne nécessite plus cette aide », précise la Cnam.

    « L’IPA exerçant une activité exclusive en pratique avancée n’est pas soumis au dispositif de conventionnement en zones surdotées, ni au dispositif d’encadrement de l’activité en zones périphériques des zones surdotées. De même, il n’est pas soumis à l’obligation d’avoir réalisé une expérience professionnelle préalable, ces professionnels étant déjà des infirmiers expérimentés », complète l’Assurance maladie.

  • ACT

    Acceptance and commitment therapy (thérapie d’acceptation et d’engagement)

  • Google rachète Fitbit pour 2,1 Mds $ (1,8 Mds €) : des craintes quant à l’exploitation des données

    « Google a conclu un accord définitif en vue de l’acquisition de Fitbit, une marque de wearables de premier plan ». Dans un post publié sur son blog le 1er novembre 2019, le géant américain confirme le rachat supposé depuis quelques semaines, percevant dans cette opération une occasion d’investir davantage dans Wear OS, son logiciel pour montres connectées. Le montant de la transaction, qui sera finalisée en 2020, s’établit à quelque 2,1 milliard de dollars (1,8 milliard d’euros).

    « Avec les appareils portables comme avec nos autres produits, nous ferons preuve de transparence concernant les données que nous recueillons, promet Google dans son communiqué. Nous ne vendrons jamais d’informations personnelles à qui que ce soit ». Les données de santé et de bien-être Fitbit  « ne seront pas utilisées pour les annonces Google », ajoute l’entreprise, précisant qu’elle donnera aux utilisateurs Fitbit « le droit de réviser, de déplacer ou de supprimer leurs données ». 

    Ces déclarations n’ont pas convaincu le représentant démocrate David Cicilline, un des leaders de l’action antitrust engagée contre Google, qui accuse le groupe de vouloir ainsi accéder aux « informations les plus sensibles des Américains », soit leurs données de santé et de localisation. Il demande « une investigation immédiate et exhaustive » sur cette acquisition.

    Plusieurs analystes du secteur soulignent que Fitbit fédère une communauté de plusieurs millions d’utilisateurs de ses appareils wearables et utilise leurs données personnelles (nombre de pas quotidiens, calories brûlées, distance parcourue, durée et qualité du sommeil, fréquence cardiaque) pour leur fournir des conseils et un accompagnement personnalisé.

  • États-Unis : Optum (UnitedHealth) acquiert Vivify Health, société spécialisée dans le télésuivi

    La division Optum – du groupe américain d’assurance et de santé UnitedHealth – acquiert Vivify Health, une société basée au Texas spécialisée dans la surveillance à distance des patients (télésuivi). Une information confirmée le 30 octobre 2019 à la chaîne CNBC par deux personnes proches du dossier. Les termes de l’accord n’ont pas été divulgués.

    Optum fournit des services commerciaux et technologiques centrés dans le domaine de la santé. Fondé en 2009, Vivify Health propose de son côté des appareils connectés (balance sans fil, tensiomètre portable…) permettant de suivre les patients à risque depuis leur domicile, avec notamment pour objectif de réduire l’affluence au sein des services d’urgence. Les personnes principalement ciblées par ces dispositifs sont les patients souffrant de maladies chroniques, telles que l’asthme et le diabète. À noter que Vivify a recueilli environ 23,4 millions de dollars (20,97 M€) de financement depuis sa création.

    Le marché des outils de télésuivi est en croissance depuis quelques années, ce qui le rend attractif pour des sociétés spécialisées dans les soins telles que UnitedHealth, la plus grande entreprise de santé au monde en termes de chiffre d’affaires. Selon un rapport de Grand View Research publié en mars, le marché mondial des systèmes de surveillance des patients à distance pourrait atteindre plus de 30 milliards de dollars (26,89 Mds €) d’ici 2023.

    UnitedHealth a récemment investi massivement dans le secteur, avec notamment l’acquisition du réseau social de patients PatientsLikeMe et d’Equian, une entreprise qui offre des services de traitement des paiements pour les entreprises de santé et les assureurs. En juin, l’entreprise a également racheté pour 4,3 milliards de dollars (3,86 Mds €) DaVita Medical Group, qui fournit des services de dialyse, après approbation de la Federal Trade Commission.

  • IA : le projet Artemis prévoit de créer un observatoire de la santé des militaires

    « Créer un observatoire de la santé des militaires respectant l’anonymisation des traitements. » C’est un des axes de recherche en matière d’intelligence artificielle (IA) pour les forces françaises suivis dans le cadre du projet Artemis, un programme lancé par la Direction générale de l’armement (DGA) et qui a fait l’objet d’un rapport de la task force IA du ministère des Armées, publié en septembre 2019.

    Dans sa feuille de route portant sur l’intelligence artificielle, que détaille ce document, le ministère annonce que cette technologie permettra « un traitement massif des données de santé et un élargissement de la veille sanitaire » à même d’identifier « des facteurs de risques liés aux environnements et aux conditions d’emploi des forces », et de proposer « les mesures de protection adaptées pour limiter l’impact sur la santé des militaires ». 

    Il est précisé dans le rapport que « la collecte et le traitement par des outils dotés d’IA embarqués ou non de données biométriques et médicales à l’entraînement et en opération » pourra:

    • « bénéficier à la santé des militaires au quotidien, en aidant les personnels soignants dans leur diagnostic et l’accompagnement de la prise en charge » ;
    • « optimiser la conduite des opérations », en fournissant « des informations pertinentes sur la gestion des personnels » : état de fatigue, de stress, rotation des équipages ;
    • permettre dans la durée « l’identification de facteurs de risques ou de protection pour la santé des militaires ».

    Un dispositif conforme au RGPD

    La task force IA souligne que « la collecte et l’exploitation massive de données » ne peut s’envisager que « dans le strict respect de la législation en vigueur sur les données personnelles », et notamment le RGPD.

    Création d’une Cellule de coordination de l’intelligence artificielle de défense (CCIAD)

    Elle annonce que la compétence en intelligence artificielle (IA) du ministère des Armées se structurera autour d’une Cellule de coordination de l’intelligence artificielle de défense (CCIAD) placée au sein de l’Agence innovation défense.

    Le projet inclura la création d’un « comité ministériel d’éthique » pluridisciplinaire et permanent, « centré sur les technologies émergentes dans le domaine de la défense ».

  • Étude – diabète et HTA : l’inertie clinique limite les économies permises par les apps mobiles (JMIR)

    Les applications mobiles visant à modifier les habitudes hygiéno-diététiques de patients atteints d’affections cardio-métaboliques, telles que le diabète de type 2 ou l’hypertension artérielle (HTA), permettraient de diminuer les coûts des prises en charge des individus touchés par ces maladies.
    Cependant, l’inertie clinique des prescripteurs s’avère être une limite à l’efficience économique de ces nouvelles prises en charge digitales adjointes aux traitements conventionnels : les médecins semblent tarder à diminuer les posologies des médicaments prescrits face à la rapide diminution du taux d’HbA1C et de la pression artérielle des patients, générant des dépenses de santé inutiles et réduisant les économies permises par ces applications. 

    C’est à ces conclusions que sont parvenus les auteurs d’une étude sur le sujet menée aux États-Unis, publiée le 9 octobre 2019 dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR).

    Ce travail, qui survient dans le contexte d’un intérêt grandissant des spécialistes de la santé pour les thérapies digitales et les applications mobiles, doit cependant être complété par d’autres études. En effet, les résultats de cette recherche soulèvent de nombreuses questions qui demeurent sans réponse, comme le fait de savoir comment il serait possible de lutter efficacement contre l’inertie clinique sans culpabiliser les prescripteurs.

    Contexte de l’étude

    Efficacité des interventions visant à modifier les comportements

    Plusieurs études ont démontré que les interventions visant à modifier les comportements, les modes de vie et à pousser les individus à adopter des habitudes hygiéno-diététiques plus saines :

    • améliorent les résultats biologiques et cliniques des patients atteints de troubles métaboliques ;
    • peuvent conduire à la réduction des posologies des traitements médicamenteux des patients, voire à l’abandon de ces pharmacothérapies.

    Ces programmes semblent particulièrement efficaces dans la prise en charge des patients atteints :

    • de diabète de type 2 (réduction du taux d’hémoglobine glyquée HbA1C) ;
    • d’hypertension artérielle (contrôle de la pression artérielle systolique) ;
    • d’hyperlipidémie (réduction de la cholestérolémie et du taux de lipoprotéines de faible densité ou LDL).

    Efficacité des applications mobiles comme support de ces interventions

    « Plus récemment, il a été démontré que les applications logicielles mobiles constituent des plateformes efficaces permettant de proposer des interventions comportementales aux patients atteints de maladies cardiométaboliques et addictives », indiquent les auteurs de ce travail de recherche. Par exemple, une étude menée auprès de patients diabétiques a montré qu’une application mobile dont l’utilisation était assistée par une équipe de soins permettait de réduire les taux d’HbA1C (marqueur du diabète de type 2) de 0,8 à 1,3 % sur une période de 3 mois. Un dispositif similaire dédié aux patients hypertendus a par ailleurs montré une capacité à réduire la pression artérielle des patients de 11 à 17,6 mmHg sur une période d’étude de 3 mois également.

    L’efficacité apparente de ces supports mobiles résiderait, selon une hypothèse, dans le caractère à la fois ludique et accessible de ces applications alors souvent utilisées non occasionnellement mais plusieurs fois par jour par les patients : les programmes proposés sur ces supports peuvent donc être suivis intensivement.

    L’engouement pour ces plateformes mobiles peut par ailleurs s’expliquer par la facilité de mise en œuvre des programmes qu’elles permettent à l’échelle d’un établissement de santé, d’une région, voire d’un pays : recourir à des applications mobiles permet de proposer des interventions comportementales à une population plus vaste que lors de sessions à suivre physiquement mais individuellement auprès de professionnels de santé, pour une coût réduit.

    Cependant, si ces dispositifs mobiles sont efficaces, leur efficience économique a encore été peu étudiée : l’objectif des auteurs de l’étude était précisément d’évaluer les potentielles économies que ces applications permettaient de réaliser par rapport à une prise en charge conventionnelle seulement médicamenteuse.

    Méthodes : une étude menée sur 3 ans

    Des patients suivis pendant 3 ans pour ne pas surévaluer les économies potentiellement réalisées

    Une période d’étude de 3 ans a été choisie par les auteurs pour évaluer l’efficience des interventions comportementales proposées via des applications mobiles. Cette durée a été choisie car aux États-Unis, où cette recherche a été menée, les programmes visant à corriger des habitudes diététiques peinent à être suivis au long cours par les patients, qu’ils soient dispensés en présentiel ou à distance via des applications. En effet, de nombreux patients abandonnent ces programmes après 1 an. Aussi, étudier l’efficience d’applications mobiles pendant 3 ans permet de ne pas surévaluer les économies potentiellement réalisées, plus importantes dans les premières semaines suivant l’instauration du programme qu’au cours des mois suivants.

    Le modèle : 2 grandes cohortes de patients observées

    Le modèle d’étude était fondé sur l’observation de deux grandes cohortes de patients. La première a reçu uniquement un traitement pharmaceutique, l’autre a bénéficié en plus des ces traitements conventionnels d’un accès à une application mobile permettant de suivre un programme d’hygiène alimentaire et d’incitation à la pratique régulière d’une activité physique.

    Ces deux grands types de cohortes ont rassemblé soit des individus souffrant plus ou moins sévèrement de diabète de type 2, soit des patients plus ou moins sévèrement hypertendus.

    L’étude visait à observer l’évolution des marqueurs biologiques ou cliniques (taux d’hémoglobine glyquée dans le diabète de type 2, pression artérielle systolique dans l’hypertension artérielle) des patients de chaque cohorte, et à suivre la progression des coûts associés à la prise en charge de tous ces patients.

    Évaluation des coûts : les programmes d’hygiène évalués concernent des patients non insulino-dépendants

    Le coûts des médicaments et des complications liées au diabète et à l’hypertension artérielle ont été évalués sur la base de récentes revues de la littérature américaine.

    Les coûts liés à l’insulinothérapie n’ont pas été pris en compte : les programmes d’hygiène évalués par l’étude concernent des patients non insulino-dépendants (de tels programmes ne sont généralement pas adaptés pour les patients insulino-dépendants).

    Résultats : des économies liée à la réduction des posologies de médicaments

    Les auteurs de l’étude ont estimé que la combinaison traitement conventionnel – programme visant à modifier les habitudes hygiéno-diététiques dispensé via une application mobile permettait de réaliser, par rapport à une pharmacothérapie seule :

    • 83 dollars (75 euros) d’économies par patient diabétique et par mois la première année du programme, puis 174 (157 euros) et 178 dollars (160 euros) d’économies par patient diabétique et par mois la deuxième et la troisième année ;
    • 70 dollars (63 euros) d’économies par patient hypertendu et par mois la première année du programme, puis 113 (102 euros) et 107 dollars (96 euros) d’économies par patient hypertendu et par mois la deuxième et la troisième année.

    La majeure partie de ces économies est liée à la réduction des posologies de médicaments permise par les applications mobiles, et dans une moindre mesure à la diminution du nombre d’hospitalisations pour complications également autorisée par l’adjonction de ce genre de dispositifs aux traitements conventionnels.

    Des économies plus importantes dans le cadre du traitement du diabète de type 2 que dans celui de l’HTA :

    Bien que les applications mobiles semblent être légèrement plus efficaces cliniquement dans la prise en charge de l’hypertension artérielle que dans la prise en charge du diabète de type 2, les économies réalisées semblent par ailleurs plus importantes dans le cadre du traitement du diabète du type 2 que dans celui de l’hypertension artérielle car :

    • le coût moyen des médicaments antidiabétiques est supérieur à celui des antihypertenseurs ;
    • le diabète de type 2 est associé à un plus grand risque d’hospitalisation que l’hypertension artérielle.

    Les applications mobiles semblent avoir été particulièrement efficientes dans la prise en charge des patients les plus sévèrement atteints recrutés pour l’étude (présentant, à l’initiation de la recherche, un taux d’HbA1C supérieur à 7,5 % ou une pression artérielle supérieure à 130 mmHg).

    Des économies moins importantes la 1ère année d’étude que les 2 suivantes

    Les économies estimées par les auteurs sont moins importantes la première année d’étude que les deux suivantes, et ce malgré la prise en compte de l’abandon de l’application par de nombreux patients après la première année du programme, car :

    • la réduction des posologies de médicaments tarde à être mise en place malgré un contrôle du taux d’HbA1C ou de la pression artérielle assez précoce. Ceci est lié à une certaine inertie clinique des prescripteurs (résistance à la modification des prescriptions par les médecins) ;
    • la réduction du nombre d’hospitalisations tarde également à survenir, en lien avec la même inertie clinique.

    Le recours à des applications mobiles visant à modifier les habitudes de vie des patients permet donc d’augmenter l’efficience économique des prises en charge médicamenteuses qui, mises en place seules, sont associées à des surcoûts. L’inertie clinique manifestée par les prescripteurs peut néanmoins diminuer les économies autorisées par le recours à ces nouvelles thérapies digitales.

    Des logiciels d’aide à la décision clinique pour lutter contre l’inertie clinique

    Lutter contre l’inertie clinique

    De plus amples recherches doivent être menées à propos de l’impact notamment économique de l’inertie clinique.

    Cependant, les auteurs de l’étude s’interrogent quant à de potentielles mesures permettant de lutter contre cette inertie clinique. Une des solutions qu’ils envisagent pour résoudre ce problème concerne l’utilisation de logiciels d’aide à la décision clinique.

    Limites de l’étude

    Le diabète et l’hypertension artérielle sont des affections chroniques : des études complémentaires doivent être menées sur de plus longues durées, idéalement en conditions de vie réelle.

    Les coûts associés aux éventuels effets indésirables de ces nouvelles prises en charge combinant pharmacothérapies et interventions comportementales sur support mobile doivent par ailleurs être mieux pris en compte dans des recherches futures, au même titre que les dépenses associées à une mauvaise observance de ces nouvelles prescriptions.

    Au fur et à mesure que des applications sont développées, de plus en plus de patients suivent dans le même temps différents programmes similaires à ceux utilisés au cours de cette étude : les économies observées n’ont-elles été dues qu’aux dispositifs mobiles étudiés ? L’effet éventuellement synergique de diverses applications devrait être analysé dans le futur.

    Enfin, les coûts des prises en charge étant assez différents aux États-Unis et dans d’autres pays tels que la France, ce travail de recherche devrait être complété par des études menées au sein d’autres systèmes de santé tels que le NHS (Royaume-Unis) ou la Sécurité Sociale française.

  • Doctopsy (ex Doctoconsult) lance Mon Sherpa, appli mobile d’accompagnement psychologique

    Apporter un suivi complet à toutes les personnes qui ont besoin d’un soutien et d’un accompagnement psychologique à un moment difficile de leur vie. C’est l’objectif de Mon Sherpa, une application mobile lancée courant octobre 2019 par Doctoconsult, rebaptisé « Doctopsy » il y a quelques semaines. Les premières pathologies ciblées sont l’anxiété, le stress, les troubles du sommeil et la dépression légère. Suivront l’addiction, la phobie et l’autisme asperger, indique la société dans un communiqué.

    La solution fonctionne autour d’un chatbot (ou agent conversationnel), qui dialogue avec l’utilisateur pour comprendre ses besoins afin de lui proposer un programme personnalisé basé sur des thérapies cognitives et comportementales (TCC) : techniques de pleine conscience, de visualisation, de respiration, de yoga, de méditation, ACT, etc. Les activités et le contenu éditorial de l’appli ont été rédigés par des médecins, des psychologies et des assistantes sociales.

    Le développement de l’outil a été supervisé par un conseil scientifique composé de médecins psychiatres, de psychologues, de chercheurs du CNRS et de l’ICM. « [La solution] a été utilisée pendant plusieurs semaines auprès de bêta-testeurs qui souffraient de ces pathologies avant d’être mise sur le marché », précise Doctopsy, ajoutant que des médico-économiques sont en cours d’élaboration « pour valider son impact sur ces personnes en souffrance psychologique qui n’ont aujourd’hui que très peu de solutions au quotidien ».

    Dans le cadre d’un sondage OpinionWay pour Doctopsy réalisé au lancement du projet auprès de patients ayant souffert de pathologie mentale, 59 % des personnes interrogées (sur 305) ont indiqué percevoir un intérêt à utiliser une application comme Mon Sherpa (30 % citent cependant des éléments négatifs, dont un manque d’intérêt).

    Un outil qui vise à « enrichir » le suivi médical et non à le remplacer

    « Aujourd’hui, de nombreuses personnes en souffrance psychologique n’ont aucune aide à leur disposition. D’autres sont suivies par un médecin mais la durée entre deux consultations peut être importante. Or on sait que dans ces pathologies, un accompagnement au quotidien est un vrai facteur clé de guérison, commente le Dr Fanny Jacq, psychiatre et fondatrice de Doctoconsult, rebaptisée en octobre « Doctopsy » (communiqué). Mon Sherpa est une solution globale et complète d’accompagnement psychologique, qui ne remplace pas bien sûr le suivi médical mais vient l’enrichir. »

    Une sécurisation et une anonymisation « absolues des données »

    L’appli est disponible sur l’Apple Store (offre Freemium : 5,99€/mois).

    Doctopsy garantit une sécurisation et une anonymisation « absolues des données » recueillies par la solution. Les patients peuvent, s’ils le souhaitent, partager leurs données d’activité et d’humeur avec leur médecin.

    Enseignements clés du sondage OpinionWay pour Doctopsy

    La téléconsultation, un acte encore peu courant dans la pratique des médecins et le suivi des patients

    Application type Mon Sherpa : un engouement global pour les patients sondés, quoique certains critiquent son manque d’intérêt

    Histoire de Doctopsy et solutions proposées

  • Connect

    Creating Opportunities Now for Necessary and Effective Care Technologies

  • MDR

    Medical Device Regulation (règlement relatif aux dispositifs médicaux de l’Union européenne)