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  • Investissements d’avenir : AAP « plateformes d’accélération vers l’industrie du futur » (11/01/2021)

    Dans le cadre du programme « Investissements d’avenir » et de l’action « Accompagnement et transformation des filières », un appel à projets (AAP) sur les « plateformes d’accélération vers l’industrie du futur (idFu) » est ouvert jusqu’au 11 janvier 2021.

    Cet AAP vise « à soutenir financièrement des projets de diffusion des meilleurs savoir-faire et technologies propres à l’industrie du futur (numérique, robotique, impression 3D, IoT, data, etc.) pour permettre la transformation des entreprises en accélérant leurs investissements dans l’innovation, clé de la nouvelle industrie française », précise Bpifrance, en charge de la conduite de l’instruction des dossiers, sous la coordination du Secrétariat général pour l’investissement (SGPI).

    Les plateformes ont pour objectif de favoriser le développement des PME et ETI par l’investissement dans les savoir-faire et technologies de l’industrie du futur (numérique, robotique, impression 3D, IoT, data, etc.). Une application dans le secteur de la santé est possible.

    Les dossiers de candidature sont à déposer en ligne au plus tard le 11 janvier 2021 à midi, selon le calendrier annexé au cahier des charges, sur le site Extranet.bpifrance.fr, accessible via ce lien.

    Contacts :
    • adminfilieres@bpifrance.fr
    • Laura Sevestre : 01 53 89 55 42
    • Julien Simon : 01 53 89 87 25

    Projets attendus

    • Le projet est porté de manière individuelle par une entité disposant dès à présent d’infrastructures physiques et de ressources humaines en cohérence avec les objectifs visés ; 
    • la plateforme présente une phase d’amorçage de 5 ans maximum ainsi qu’un plan d’affaires crédible et cohérent accompagné d’un plan de financement comprenant un équilibre entre ressources privées et publiques ;
    • le projet se verra proposer un cofinancement par l’État des dépenses d’investissement et de fonctionnement : en parallèle de cette aide de l’État, la plateforme sera également soutenue financièrement par la région d’implantation.

    Les caractéristiques de l’offre

    L’offre technologique comporte plusieurs familles de solutions technologiques relevant du référentiel de l’Alliance industrie du futur (AIF) parmi lesquelles :

    • les procédés de fabrication innovant : fabrication additive, usinage assisté, composite, assemblage hétérogènes, etc. ;
    • les contrôles avancés : métrologie du futur, imagerie numérique, traitement du signal, etc.
    • la performance environnementale et énergétique : management de l’énergie, usine propre, recyclabilité, etc. ;
    • l’IoT et data : capteurs, connectivité, infrastructure de stockage, intelligence artificielle, cybersécurité, machine to machine, etc. ;
    • l’homme augmenté : assistance cognitive et physique, application mobiles, interface homme machine, etc. ;
    • la robotique/cobotique : cobot, exosquelette, robot coopératif et interactif, drone, etc. ;
    • les outils numériques de conception et supervision : modélisation multiphysiques, réalité virtuelle et augmentée, conception 3D, BIM, etc.

    L’offre de transformation consiste à :

    • présenter aux dirigeants d’entreprise des technologies et méthodes de l’industrie du futur (idFu) :
      • être en mesure de le conseiller quant aux technologies adaptées à la mise en œuvre de son plan stratégique ;
      • lui donner accès à des experts « méthodes et technologies de l’idFu » formés sur la base du référentiel de l’AIF ;
      • proposer des échanges d’expériences portant sur l’intégration de l’idFu (utilisation d’une bibliothèque de cas d’usage, mise en relation avec les réseaux d’entrepreneurs, avec des Vitrines de l’idFu).
    • faciliter l’appropriation de méthodes et technologies de l’idFu par les équipes :
    • conseiller la PME sur les offres locales de plateaux techniques adaptées à ses besoins ;
    • accompagner les PME dans la conception et la conduite de ses essais ;
    • conseiller les entreprises vers une autre plateforme d’accélération vers l’idFu adaptée à leurs besoins.
    • proposer des prestations de transformation vers l’idFu et de conduite de projets,complémentaires à l’offre locale (après cartographie des offres de soutien à la conduite de projet à destination des PME dans le ressort géographique visé)
    • mettre en relation les PME avec des fournisseurs de technologies et/ou de conseil :
      • recenser les fournisseurs de technologies et les intégrateurs adaptés aux besoins du tissu industriel ;
      • faire connaître aux entreprises locales les différents types d’offres de conseil pour conduire un projet d’intégration (au besoin organisation de rencontres regroupant 6des fournisseurs de conseil et des entreprises locales, par exemple le club des offreurs de solution AIF) ;
      • conseiller les entreprises sur les offres de conseil et de solutions technologiques adaptées à son projet.
    • veiller à ce que l’offre de formation locale soit adaptée au besoin de l’industrie du futur :
      • cataloguer les organismes de formation, dont les offres peuvent faciliter l’intégration des méthodes et technologies de l’idFu ;
      • mettre en relation les entreprises avec les organismes de formation adaptés au projet d’intégration de technologie de l’idFu.

    Critères d’éligibilité et de sélection

    Pour être éligible, un projet doit :

    • être complet au sens administratif (cf. dossier de candidature) ;
    • correspondre à la nature des projets attendus indiquée au paragraphe 2 ;
    • présenter des indicateurs quantifiés attestant de l’impact attendu du projet en termes de transformation des entreprises industrielles du territoire visé, en particulier des PME et ETI ;
    • être porté par une entité présentant une solidité financière en cohérence avec l’importance des travaux menés dans le cadre du ou des projets présentés, ainsi qu’avec les aides sollicitées ;
    • disposer d’un modèle d’affaires avec un autofinancement après la phase d’amorçage de la structure projet ;
    • bénéficier d’un soutien financier de la Région où il est implanté (ce soutien porte sur des dépenses différentes de celles financées par l’État et se matérialise par une lettre du Président du Conseil Régional marquant son intérêt pour financer le programme présenté et démontrant la cohérence avec les priorités stratégiques de la Région en matière de développement économique, de soutien aux entreprises et de politique industrielle (SRDEII, S3…) ainsi que la complémentarité avec les dispositifs en cours sur le territoire régional ;
    • impliquer financièrement et significativement le porteur de projet.

    Pour être sélectionnés, les projets éligibles sont instruits notamment sur la base des critères suivants :

    • qualité et clarté de la gouvernance du projet notamment l’implication des industriels locaux dans les organes de décision ;
    • apport concret et déterminant au tissu industriel local (plus-value par rapport à l’existant) avec un objectif quantitatif ambitieux des PME et ETI bénéficiant des prestations ;
    • capacité du porteur de projet à atteindre les objectifs de PME et ETI industrielles transformées ;
    • capacité à démarcher les entreprises cibles selon une approche active et à les accompagner ;
    • crédibilité du porteur à être le réceptacle d’intérêts communs, condition nécessaire pour susciter la confiance des PME et ETI ;
    • capacité du porteur à mobiliser l’écosystème économique local dans le projet,notamment les entreprises industrielles ;
    • pertinence de la taille du projet et du dimensionnement des étapes conduisant à sa réalisation ;
    • qualité du modèle économique, du plan d’affaires et du plan de financement présentés, ainsi que des retours financiers vers l’État ;
    • solidité financière de la structure porteuse ;
    • pertinence du parc d’équipements proposé au vu des enjeux locaux de transformation des PME vers l’idFu ;
    • pertinence des prestations proposées pour répondre aux spécificités des PME industrielles locales ;
    • délais de mise en œuvre ;
    • qualité de la prise en compte des questions concernant les besoins de formation ;• impacts écologiques et énergétiques.

    Les critères suivants pourront également s’appliquer, lorsque cela s’avère pertinent :

    • intérêt stratégique pour le développement de la ou des filières concernées ;
    • développement d’avantages concurrentiels des secteurs industriels dans la concurrence mondiale ;
    • caractère avéré de la mutualisation entre différents acteurs de la filière (entreprises et éventuellement acteurs publics de la recherche) ;
    • degré d’ouverture et d’interopérabilité des outils mutualisés ;
    • part des entreprises (notamment PME) concernées par le projet dans la chaîne de valeur de la ou des filières visées.
  • HDW19 – H&TI Webinar : les challenges IA en santé (visionner l’échange)

    Faire un état des lieux des challenges IA en santé et présenter les modes d’emploi à suivre pour mieux intégrer l’intelligence artificielle dans le secteur. Tel était l’objectif du webinar organisé par Health & Tech Intelligence le 19 novembre 2019 dans le cadre de la Health Data Week, une semaine d’événements dédiés aux données de santé (18-22 novembre 2019). La session était animée par le Dr Béatrice Falise-Mirat, directrice scientifique de Care Insight. Hugo Mania, chargé de mission cloud & datacenter au ministère de l’Économie et des Finances, était l’invité spécial de cette session. 

    Les intervenants ont abordé la stratégie économique française fondée sur la diffusion de l’IA dans les entreprises mais également au sein des enceintes européennes et internationales. L’idée était de donner des éléments de réponses pour savoir comment faire émerger et structurer une offre française, et comment la rendre accessible pour ainsi développer sur le long terme une économie française et européenne de la donnée.

    La conférence a été l’occasion de présenter plus en détail le fonctionnement du dispositif « Challenges IA », dont l’objectif est de favoriser des démarches d’open innovation entre les entreprises ou les entités publiques confrontées à des enjeux numériques et les start-ups ou PME, qui proposeront des solutions innovantes.

    La vidéo de cet échange, disponible en ligne ici et visionnable ci-dessous, permet d’en savoir plus sur la manière de participer à ces challenges.

    Visionner le webinar : « les challenges IA en santé acteurs de santé – start-ups/PME : une opportunité d’open innovation« 

  • Le ministère de la Santé canadien peine à réglementer la santé mobile (rapport JMIR)

    Le projet de directive pour la réglementation des applications mobiles de santé du ministère de la Santé canadien (Santé Canada) n’est pas considéré comme satisfaisant par les auteurs d’un rapport publié dans le Journal of medical internet research (JMIR) le 4 novembre 2019. Ce projet a été publié par le ministère en janvier 2019, dans le contexte d’un engouement des patients du monde entier pour la santé mobile. 

    Selon ce document, intitulé « Attention aux applis mobiles : considérations sur le futur de la santé mobile au Canada », une difficulté majeure amenée par la santé mobile concerne le statut des applis mobiles de santé : doivent-elles toutes être considérées comme des dispositifs médicaux ? La réponse proposée par Santé Canada dans son projet de directive est, pour les auteurs du rapport, encore trop partielle.

    Le gouvernement devrait par ailleurs, selon le rapport, revenir sur cette ébauche de directive afin que celle-ci encadre mieux l’utilisation des applications mobiles de santé à des fins de recherche.

    Les auteurs indiquent finalement que Santé Canada devrait, lors de la révision de son projet de directive, s’appuyer sur des universités et des sociétés savantes.

    Contexte : un engouement pour les applis de santé et des efforts de réglementation

    Le contexte dans lequel les institutions de la santé canadienne tentent de réglementer la santé mobile est marqué notamment par :

    • l’engouement des canadiens pour des applications mobiles de santé aux potentiels effets thérapeutiques ou indésirables mal évalués ;
    • les efforts de réglementation initiés par des institutions de santé étrangères, en particulier américaines (FDA) et anglaises (NHS).

    Engouement pour des applications mobiles aux effets encore peu évalués

    Si le ministère de la Santé canadien, Santé Canada, déploie depuis janvier 2019 des efforts de réglementation dans le domaine de la santé mobile, c’est notamment parce que :

    • la majeure partie des Canadiens possède un smartphone pouvant se faire le support d’une application mobile de santé : plus des 3/4 de la population du pays et des 9/10 des Canadiens appartenant à la génération des millenials possèdent un smartphone ;
    • dans le pays, une part non négligeable des utilisateurs de smartphones a déjà téléchargé une application mobile de santé : cela concerne plus de la moitié des utilisateurs canadiens, qu’ils soient des patients ou des professionnels de santé et qu’ils aient eu recours à des applications permettant de suivre l’évolution de données de condition physique, de gérer des traitements ou de partager des éléments issus de dossiers médicaux, etc. ;
    • peu d’applications mobiles ont été évaluées préalablement à leur mise sur le marché canadien. L’efficacité ou l’innocuité de beaucoup d’applications mobiles de santé n’ont donc pas été établies, la protection des données des patients utilisant ces applications n’est pas toujours garantie et les recommandations en matière d’utilisation de ces dispositifs semblent encore vagues, voire absentes.

    Le Royaume-Uni et les États-Unis comme modèles

    La volonté canadienne de réglementer des applications mobiles de santé s’inscrit dans le contexte d’une forte activité de contrôle de ce genre de dispositifs exercée à l’étranger notamment par le National Health Service (NHS) du Royaume-Uni et la Food and Drug Administration (FDA) américaine.

    • Le NHS a en effet mis au point une bibliothèque d’applications de santé analysées en fonction de divers facteurs tels que la sécurité des données ou l’innocuité clinique.
    • La FDA a adopté une approche fondée sur l’évaluation des risques : les applications pouvant être qualifiées de dispositifs médicaux et dont l’utilisation présente certains risques pour la santé sont soumises à une surveillance particulière.
      Le projet de directive de Santé Canada suit en particulier le modèle de la FDA fondé sur le risque.

    Le projet de directive de Santé Canada : la difficile caractérisation des applications mobiles de santé

    En janvier 2019, un projet de directive concernant la réglementation des logiciels en tant que dispositifs médicaux (Software as a Medical Device : SaMD) a été publié par Santé Canada.

    Si cette ébauche permet de poser les bases d’une réflexion concernant le statut réglementaire des nouvelles technologies utilisées dans le domaine de la santé, elle laisse néanmoins ouvertes de nombreuses questions concernant en particulier :

    • les applications non présentées comme pouvant être utilisées pour mesurer des données de santé ;
    • le recours à ces dispositifs dans le cadre non de soins mais de travaux de recherche.

    Des solutions qui ne peuvent être apparentées à des SaMD

    La volonté première de Santé Canada, en vertu du Règlement sur les dispositifs médicaux en vigueur dans le pays, est de considérer les applications mobiles de santé comme des SaMD. Toutes les applications mobiles utilisées pour partager ou suivre l’évolution de données de santé ne peuvent cependant pas être définies comme des SaMD classiques car :

    • les applications mobiles sont bien plus répandues que les SaMD habituels : 100 000 d’entre elles sont disponibles au sein des points de vente d’Apple et d’Android ;
    • les applications mobiles, au contraire des SaMD classiques, ne sont pas seulement utilisées par des professionnels de santé dans un cadre par exemple hospitalier : elles sont pour la plupart utilisées par le grand public.

    Il semble ainsi que la directive proposée par le ministère de la Santé canadienne devra être encore révisée pour atteindre un contrôle plus adapté de ces objets particuliers.

    Des solutions dont un statut analogue à celui des SaMD devrait garantir la sécurité d’utilisation

    Selon ce projet de directive, les logiciels répondant à la définition d’un dispositif médical (DM) sont réglementés conformément à un système de classification fondé sur les risques décrits dans le Règlement sur les dispositifs médicaux. Les applications mobiles de santé sont-elles cependant toutes considérées comme des dispositifs médicaux par les auteurs de la directive ?

    Les solutions grand public permettant d’entrer des données concernant l’état physique du patient afin de recevoir des conseils hygiéno-diététiques personnalisés ne répondent pas, d’après la directive de Santé Canada, à la définition d’un dispositif médical. Ceci est problématique aux yeux des auteurs du compte rendu car :

    • ces applications peuvent néanmoins présenter un risque pour la santé des utilisateurs : ceux-ci pourraient être amenés, suite à la réception des informations transmises par l’application, à prendre des décisions de santé potentiellement inappropriées et dangereuses ;
    • ne pas considérer ces applications mobiles comme des dispositifs médicaux dispense de garantir aux utilisateurs un niveau de sécurité de leurs données de santé acceptable or les données de santé entrées dans ces applications apparaissent particulièrement sensibles.

    Un contrôle qui pourrait échapper au ministère de la santé canadien

    Le contrôle de nombreuses applications pourrait échapper à Santé Canada si cette directive était conservée en l’état.

    Cette potentielle perte de contrôle est d’abord liée au fait que le projet de directive prévoit de réglementer les applications mobiles de santé considérées comme des SaMD en fonction de l’utilisation prévue par leur fabricant. Or de nombreuses applications ne sont pas utilisées conformément à la déclaration d’utilisation du fabricant. Certaines proposent par exemple des fonctionnalités auxiliaires, parfois ajoutées au fil des mises à jour du produit, qui s’approchent de fonctionnalités médicales non décrites comme telles.

    De nombreuses applications pourtant considérées comme des SaMD pourront par ailleurs être mises à la disposition du public sans aucune autorisation par Santé Canada : l’App Store d’Apple, par exemple, ne devra pas demander au ministère de la Santé canadien d’autorisations spécifiques pour mettre sur le marché ses applications mobiles de santé.

    Un projet de directive qui ne prend pas suffisamment en compte l’utilisation de ces applications dans le cadre de travaux de recherche

    Si le projet de directive de Santé Canada se concentre sur l’encadrement de l’utilisation clinique des applications mobiles de santé, il s’intéresse peu au recours à ces dispositifs dans le cadre de travaux de recherche. Or ces applications mobiles :

    • sont de plus en plus prisées par les chercheurs pour leurs capacités de recueil de données massives et de vie réelle ;
    • transforment la recherche médicale et posent des problèmes éthiques en rapport avec la question du consentement des patients, de la non-séparation entre investigations, soins cliniques et vie réelle, etc.

    Le projet de directive laisse donc à l’heure actuelle un flou juridique important concernant la recherche médicale.

    Participation des collèges et facultés de médecine à l’élaboration des réglementations

    Les auteurs du rapport concluent que ces applications de santé mobile sont sans doute trop nombreuses, diverses et complexes pour être efficacement contrôlées par une seule institution : d’après eux, une approche « souple et multiforme » en matière de réglementation des applications mobiles de santé devrait plutôt être recherchée non seulement par les autorités mais également par les Universités et sociétés savantes.

    Rédaction de recommandations d’utilisation et de prescription

    D’abord, les facultés de médecine pourraient jouer un rôle actif afin d’émettre des recommandations plus claires à propos de la prescription et de l’utilisation des applications mobiles de santé, à l’instar du Document d’orientation pour la prescription d’applications mobiles par les médecins publié par l’Association médicale canadienne. Ces recommandations devraient être fondées sur des études, développées et révisées régulièrement, comme la plupart des recommandations américaines.

    Formation des médecins à l’utilisation de ces applications

    L’engouement actuel et croissant du corps médical mais surtout des patients pour les applications mobiles de santé suggère que ces dispositifs deviendront dans le futur de plus en plus présents dans les prises en charge, affirment les auteurs de l’étude. Les maquettes pédagogiques des cursus universitaires ou des enseignements dispensés dans le cadre de la formation continue – post-universitaire – des professionnels de santé devraient inclure de plus en plus de formations concernant l’utilisation de ces solutions particulières : les facultés de médecine et organismes de formation des professionnels devraient former les prescripteurs et futurs prescripteurs à de nouvelles pratiques, de nouvelles façons de s’informer, de traiter les données médicales des patients, de protéger la confidentialité tout en optimisant le suivi.

    A l’avenir, de nouvelles spécialités centrées sur l’utilisation des nouvelles technologies en santé pourraient être développées.

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  • 81 % des CHU perçoivent l’IA comme un sujet important, 76 % comme stratégique (baromètre-CHU Nancy)

    67 % des CHU ont mis en œuvre une solution basée sur intelligence artificielle (IA) au sein de leur établissement : 1 à 5 projets centrés sur l’IA sont d’ailleurs en cours dans 57 % des CHU. C’est l’une des informations centrales qui ressort du premier baromètre de maturité de l’IA dans les hôpitaux publics, présenté par le Centre hospitalier régional universitaire de Nancy le 21 novembre 2019 à l’occasion de son forum sur l’IA en santé. L’enquête a été réalisée par le centre de soins nacéien en partenariat avec EY Consulting (Ernst & Young) auprès des directeurs généraux (DG) et des présidents de la commission médicale d’établissement (PCME) des CHU et des CH.

    De manière générale, 81 % des CHU perçoivent l’IA comme un sujet important et 76 % comme un élément stratégique.

    À noter également que les domaines les plus concernés par une application de l’intelligence artificielle en hôpital sont :
    • en premier lieu : recherche, parcours patients, prédiction des risques et pilotage des activités ;
    • puis : qualité des soins, appui aux pratiques de soins, performance des processus et gestion des ressources ;
    • et aussi : achats/coordination entre les professionnels de santé sur un territoire.

    Le CHRU de Nancy indique par ailleurs qu’un certain nombre de CHU expriment le besoin d’être accompagnés dans la hiérarchisation des thématiques à aborder.

    Autres enseignements clés :
    • le partage des pratiques et des usages ainsi que les retours d’expériences semblent essentiels selon les résultats du baromètre ;
    • Pour 66 % des répondants, le frein principal au développement l’IA dans les établissements de soins est l’absence de compétences et d’expertises spécifiques ;
    • Pour 62 % des sondés, le risque principal d’un déploiement de l’IA est la déhumanisation du travail.

    32 CHU interrogés

    L’objectif de ce baromètre est d’identifier comment, deux ans après la publication du rapport Villani sur l’intelligence artificielle (IA), « les établissements de santé appréhendent et agissent, d’un point de vue stratégique et opérationnel, pour un déploiement actif de l’IA dans leur établissements », explique le CHRU.

    32 CHU ont été interrogés dans le cadre de cette enquête (taux de réponse : 33 %), menée en ligne de juin à septembre 2019, avec l’appui de la Conférence des DG de CHU.

    Autres enseignements clés du baromètre :

    96 % des établissements interrogés estiment que l’IA aura des effets positifs sur l’exercice de leur profession

    • Bénéfices :
      • libération de temps pour ne plus effectuer des tâches à 0 valeur ajoutée ;
      • augmentation de la rapidité et amélioration de la fiabilité des prises de décision ;
      • meilleure performance économique de l’hôpital à terme. 
    • Freins :
      • absence de compétences et d’expertises spécifiques sur l’IA ;
      • perception complexe du développement de projets centrés sur l’IA ;
      • organisation peu adaptée au mode projet.

    Organisations mises en place pour l’IA : une hétérogénéité traduisant des degrés de maturité divers

    • Direction dédiée :
      • direction recherche : 19 % ;
      • direction de la stratégie : 29 % ;
      • direction générale adjointe (DGA) : 5 % ;
      • directeur des systèmes d’information (DSI) : 14 % ;
      • autres : 14%.
    • 90,5 % des répondants sont favorables à la mise en place d’une communauté d’experts transverse.
  • La carte e-CPS disponible sur Google Play et App Store : la carte CPS n’est plus indispensable (Asip)

    La carte #eCPS est désormais disponible sur Google Play et Apple Store. C’est ce qu’annonce l’Asip Santé (rebaptisée l’Agence du numérique en santé) sur Twitter le 20 novembre 2019, à la veille des Journées nationales des industriels (JNI).

    L’Asip souligne sur son site que cette carte de professionnel de santé dématérialisée permet de « s’authentifier directement auprès d’un service en ligne avec son mobile ou sa tablette sans passer par un poste configuré et équipé d’un lecteur de carte » et qu’elle est « d’un niveau de sécurité équivalent à la carte CPS ». Avec ce moyen supplémentaire de s’authentifier, la détention d’une carte CPS n’est « plus indispensable », note l’agence.  

    La e-CPS est un des dispositifs d’authentification que les services en ligne pourront proposer en s’adossant à Pro Santé Connect, solution qui :
    • permet l’authentification à la place des services numériques de santé ;
    • décharge les acteurs de cette gestion ;
    rend indépendants les services numériques des moyens d’authentification mis en œuvre (carte CPS, e-CPS, OTP SMS..).

  • Une télé-expertise est « 4 fois plus rapide qu’une consultation » (bilan Omnidoc)

    Une télé-expertise n’est rémunérée que 12 ou 20 euros pour le médecin requis mais elle est « presque 4 fois plus rapide qu’une consultation »  et « n’a pas pour but de la remplacer, c’est la réponse à une question précise, contextualisée, posée par un confrère ». C’est ce qu’affirme Baptiste Truchot, fondateur et P.-D.G. de la société Omnidoc, dans un bilan mis en ligne le 19 novembre 2019. La plateforme, qui permet aux médecins de réaliser gratuitement des télé-expertises avec leurs correspondants, indique avoir concentré près d’un tiers de l’ensemble de ces actes réalisés en France depuis 9 mois et le début de leur prise en charge par l’Assurance maladie en février 2019.   

    Les utilisateurs d’Omnidoc « mettent en moyenne 6 minutes à écrire une demande de téléexpertise et 5 minutes à y répondre », avec « des disparités importantes selon la spécialité » :
    • en cardiologie, la question (6 minutes) prend nettement plus de temps que la réponse (3 minutes) ;
    • en dermatologie, c’est l’inverse : respectivement 7 et 12 minutes ;
    • l’ophtalmologie est la spécialité dont les téléexpertises sont les plus rapides à ce jour (2 minutes) ;
    • la psychiatrie est à l’opposé avec respectivement 9 et 15 minutes, probablement en raison d’une « plus grande complexité » des avis demandés, analyse Omnidoc.

    Autres enseignements clés du bilan Omnidoc

    • « Le délai moyen entre l’envoi de la demande et la fin de la téléexpertise est de 17 heures », indique Baptiste Truchot, soulignant que cette durée varie grandement « en fonction du médecin requis et du projet médical qu’il a mis en place » : un quart des télé-expertises obtiennent une réponse en moins de 3 heures, un autre quart d’entre elles prennent plus de 5 jours.
    • La demande moyenne contient 1,8 pièces jointes et 318 caractères, tandis que la réponse contient 172 caractères en moyenne, avec là aussi des différences importantes selon la spécialité :
      • en ophtalmologie, les demandes contiennent beaucoup de documents (4,4) et peu de mots (40 caractères) ;
      • inversement les demandes en psychiatrie sont « presque exclusivement écrites » : 0,5 document et 1 289 caractères ;
      • entre les deux, la dermatologie et la cardiologie font appel à environ 1,5 documents et 400 caractères.

    L’échange d’avis et de documents médicaux facilité

    « Nous facilitons l’échange d’avis et de documents médicaux, nous assurons la sécurité et la traçabilité de l’acte et nous permettons sa facturation », commente le P.-D.G. d’Omnidoc.

    La plateforme décharge les médecins d’« un certain nombre d’étapes administratives » : un compte rendu est généré automatiquement à l’issue de l’échange et les utilisateurs peuvent l’ajouter à leur dossier patient « en un clic ». Les données d’identification du requérant sont « collectées une seule fois, à l’inscription », et « transmises automatiquement » au requis à l’issue de la téléexpertise.

    Téléexpertise : « un acte intermédiaire entre le premier et l’éventuel second recours »

    « Une téléexpertise, conclut Baptiste Truchot, est un acte intermédiaire entre le premier et l’éventuel second recours [qui] permet au premier [médecin] de sécuriser sa pratique et au second de mieux trier et prioriser les demandes de prises en charge .»

  • Serenice, réseau de radiologues ville/hôpital : une prise en charge centrée sur les nouvelles technos

    Un réseau regroupant radiologues libéraux et hospitaliers pour aider les spécialistes à se recentrer sur leur activité médicale. C’est l’objectif central de Serenice, un groupement d’intérêt économique (GIE) présenté par des radiologues à l’occasion des Journées francophones de radiologie (JFR) en octobre 2019, et mis en place en partenariat avec le groupe Nehs (partie industrielle du GIE). Environ 80 radiologues sont rassemblés dans ce réseau, sur quelques 8 800 praticiens recensés en France.

    Plus précisément, Serenice vise :
    • à apporter une réponse « concrète, moderne et innovante » aux enjeux actuels rencontrés par les professionnels de l’imagerie médicale, libéraux et hospitaliers, au service d’une meilleure qualité de prise en charge des patients ;
    • à proposer aux radiologues un « réseau d’excellence », basé sur un projet médical partagé et d’un bouquet de services leur permettant de se consacrer « à 100 % au médical en déléguant le reste aux partenaires du réseau », avec notamment un accès à une plateforme de téléradiologie dédiée ;
    • à proposer aux patients « un label de qualité » identifiable dès la prise de rendez-vous, « garantie d’une qualité d’accompagnement et d’une prise en charge repensée », réalisée via les technologies et les équipements les plus innovants disponibles, avance le GIE.

    N’importe quel radiologue peut rejoindre le groupement à condition de s’engager à adhérer à la charte Serenice. Il est accompagné pour se mettre en conformité avec les objectifs fixés par cette charte. Après 2 années d’adhésion à la démarche, un audit est mené « afin de garantir le niveau d’excellence et la réponse aux critères fixés », explique Serenice. Cet audit est conduit par le comité de la labellisation indépendant du GIE.  

    Sernice souhaite rassembler d’ici à la fin de l’année 2021 près de 1 000 radiologues dans toute la France.

    Contexte : l’imagerie médicale, un paysage « morcelé et concentré »

    Serenice est né d’un constat partagé par plusieurs radiologues hospitaliers et libéraux, et notamment le Pr Frank Pilleul, responsable du  centre de radiologie au Centre de Lutte contre le cancer Léon Bérard à Lyon, président de Serenice :

    • « le paysage de l’imagerie médicale en France est extrêmement morcelé et concentré : plus de 50% des effectifs sont répartis sur 4 régions » :
      • cela entraîne la création de déserts médicaux spécifiques au secteur, complexifiant le parcours de soins des patients ;
    • de plus en plus de jeunes radiologues choisissent le salariat en raison :
      • des contraintes imposées par la gestion quotidienne ;
      • l’évolution de la réglementation ;
      • l’ampleur des investissements à réaliser.
        Conséquence : les cabinets disparaissent petit à petit, faute de repreneurs.
    • le secteur hospitalier connaît en répercussion une pénurie de candidats :
      • plus de 40 % des postes de radiologues à l’hôpital sont vacants.

    Un projet médical partagé, une volonté de préserver l’indépendance financière et capitalistique des structures membres du réseau

    Face à ce contexte, « il est donc urgent d’agir, à la fois pour simplifier la gestion courante des professionnels de l’imagerie médicale et apporter des solutions concrètes pour fluidifier le parcours des patients, en assurant un meilleur accès aux soins radiologiques », souligne Serenice (dossier de presse).

    Dans ce cadre, les radiologues fondateurs du GIE ont mis au point une structuration dédiée, adaptée aux attentes de la profession. « Au cœur de Serenice figurent un projet médical partagé et une volonté claire de préserver l’indépendance financière et capitalistique des structures membres du réseau, à une époque où les fonds d’investissements cherchent à consolider le secteur sans en maîtriser les enjeux, précise le groupement. Le sens de Serenice est précisément d’éviter la concentration de la profession aux mains d’un nombre réduit d’acteurs, et de remettre l’humain et la qualité de la prise en charge du patient au cœur. »

    3 niveaux de labellisation

    Une offre de services pour regagner du temps médical

    Serenice repose également sur l’accès à une offre de services pour permettre au radiologue de consacrer l’intégralité de son temps à l’activité médicale, avec :

    • un accès à une centrale d’achat dédiée (mutualisation des achats assurance, téléphonie, énergie, équipement informatique bureautique, entretien et hygiène…) et de référencement (solutions et équipements médicaux) ;
    • un accès à des services de gestion experte externalisés (juridique, RH, comptabilité, fiscalité, télésecrétariat…) ;
    • un accès à une plateforme de téléradiologie dédiée ;
    • un accès à un portail de services et d’échanges : forum, messagerie sécurisée, job board, fil d’actualités, partage de cas didactiques, prise de rendez-vous en ligne et consultation des résultats… ;
    • une participation à la gouvernance du GIE via notamment l’accès aux commissions thématiques.

    Le réseau met aussi à disposition de chaque adhérent un conseiller dédié qui lui suggère les solutions les plus adaptées pour atteindre ses objectifs, notamment en proposant des services complémentaires à la carte.

    Serenice : 80 radiologues répartis dans toute la France

    Cartographie des radiologues hospitaliers et libéraux qui composent Serenice à l’automne 2019 :

    • le réseau regroupe à date près de 80 praticiens dans toute la France sur quelques 8 800 praticiens en France.

    Une prise en charge réalisée via les technos et équipements « les plus innovants »

    « La seconde vocation clé de Serenice est de proposer aux patients un label de qualité immédiatement identifiable dès la prise de rendez-vous », ajoute le réseau, l’idée étant de les guider dans leur parcours de soins.

    L’objectif du GIE est de « devenir un sceau reconnaissable synonyme de qualité et d’accompagnement personnalisé, dans le cadre d’une prise en charge des patients repensée et personnalisée ».

    Serenice propose plus précisément au patient :

    • un accueil personnalisé, adapté à son âge et à son état de santé ;
    • la garantie d’une intégration accrue de l’imagerie médicale dans le parcours de soins : les résultats du patient et le compte rendu du praticien lui sont accessibles via un espace digital dédié ;
    • un label d’excellence dans le secteur de l’imagerie médicale : en passant par le réseau, les patients ont « la garantie de disposer d’une prise en charge réalisée via les technologies et les équipements les plus innovants disponibles », indique le GIE.