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    Équipes mobiles de gériatrie

  • Pacte urgences : les actions pour réduire les passages aux urgences évitables des personnes âgées

    « Développer des parcours structurés de qualité d’admissions directes non programmées en services d’hospitalisation » est l’un des leviers pour réduire les passages aux urgences évitables des personnes âgées, indique le groupe de suivi du pacte des refondations des urgences, présenté en septembre 2019 par la ministère des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn. Pour mener à bien cette action, une enveloppe de 175 millions d’euros est prévue sur 2019-2022. Dans le cadre d’une réunion menée le 8 novembre 2019, le groupe de suivi a notamment fait le point sur l’avancement des différentes mesures du plan « urgences », et en particulier sur celles portant sur la prise en charge des personnes âgées et l’organisation des Ehpad.

    En dehors du projet sur l’admission directe des personnes âgées dans les services d’hospitalisation, les actions suivantes concernent directement les seniors :

    développement des équipes mobiles de gériatrie (EMG) intervenant sur les lieux de vie des personnes âgées : « renforcer les EMG [pour] apporter l’expertise gériatrique sur les lieux de vie des personnes âgées (Ehpad et domicile) afin de prévenir les hospitalisations en urgence évitables ». Financement : 16 millions d’euros sur 2019-2022 ;

    généralisation des astreintes infirmières de nuit en Ehpad : donner aux agences régionales de santé (ARS) « les moyens d’organiser d’ici 2020 une généralisation de la présence d’infirmiers en Ehpad la nuit, sous forme d’une mutualisation entre Ehpad ». Financement : enveloppe globale de 36 millions d’euros ;

    hébergement temporaire en Ehpad des personnes âgées sortant d’hospitalisation avec compensation d’une partie du reste à charge : faciliter et sécuriser les retours à domicile et limiter les durées de séjour à l’hôpital et les hospitalisations évitables en rendant l’hébergement temporaire plus accessible. Financement : 15 millions d’euros alloués aux ARS pour 2019.

    Le groupe de suivi est également revenu sur la mise en œuvre du pacte en région. Sont notamment prévus un plan d’action régional et un plan de communication sur les urgences et les soins non programmés, « dans un cadre préexistant ou spécifique au pacte, en articulation avec les autres plans en cours », précise-t-il.

    Pour aller plus loin, consulter ici l’article H&TI de synthèse relatif à cette réunion du 8 novembre.

    Pilotage régional : un plan d’action régional sur les soins non programmés

    • Suivi dans une instance de concertation au niveau régional. Selon les cas :
      • des comité de pilotage régionaux déjà institués dans le cadre de travaux sur les urgences et les soins non programmés ;
      • les comités techniques régionaux des urgences (CTRU) ou des groupes de réseaux des urgences ;
      • une instance spécifique dédiée au pacte de refondation des urgences.
    • Un plan d’action régional et un plan de communication sur les urgences et les soins non programmés, dans un cadre préexistant ou spécifique au pacte, en articulation avec les autres plans en cours.
    • Nomination de référents dans chaque agence régionale de santé (ARS), souvent sur la base d’un binôme médical et administratif
    • Un reporting et des échanges réguliers avec le niveau national.

    Plan urgences : point d’avancement sur la prise en charge des personnes âgées/Ehpad

    1. Admission directe des personnes âgées dans les services d’hospitalisation

    • « Développer des parcours structurés de qualité d’admissions directes non programmées en services d’hospitalisation » est l’un des leviers pour réduire les passages aux urgences évitables des personnes âgées.
      • Financement : 175 millions d’euros sur 2019-2022, amorcé dès 2019.
    • En amont, un parcours reposant sur le lien entre les médecins traitants et professionnels des Ehpad et les établissements de santé : 46 % des personnes âgées ont eu un contact avec leur médecin avant d’être admises aux urgences mais aussi impliquant le Samu/centre 15.
    • Un parcours impliquant une organisation de l’établissement de santé : accès à des numéros d’appel, organisation des services et des plateaux techniques ainsi qu’une organisation territoriale de l’offre de soins et une gestion de la disponibilité des lits.

    Objectif : définir les fonctions clés de ce parcours et des organisations le structurant et les conditions :

    • 1ère étape : d’ici la fin de l’année, organisation de 2 réunions associant les acteurs afin de préciser les fonctions clés et un premier financement dès 2019 ;
    • 2ème étape – 2020-2021 : une évolution vers un financement à la qualité :
      • un suivi de l’évolution des admissions directes et des parcours structurés mis en place ;
      • un parcours appuyé par la nouvelle certification des établissements de santé (V2020).

    Forte mobilisation des régions sur ce sujet avec différentes initiatives :

    • lignes téléphoniques dédiées (HDF, BFC, Occitanie, Guadeloupe) ;
    • déploiement des outils de télémédecine pour les EHPAD en lien avec la régulation du SAMU (ARA) ;
    • unités de court séjour gériatrique (Grand Est, BFC, Corse, Guadeloupe) ;
    • projet coordonné urgences/gériatrie (IDF) ;
    • plateforme gériatrique hospitalière (Normandie);
    • fFormation des personnels des Ehpad (Occitanie).

    2. Développement des équipes mobiles de gériatrie intervenant sur les lieux de vie des personnes âgées

    • L’un des objectifs de la feuille de route « Grand âge et autonomie » et du plan Ma Santé 2022  est de « renforcer les [Équipes mobiles de gériatrie (EMG)] afin d’apporter l’expertise gériatrique sur les lieux de vie des personnes âgées (Ehpad et domicile) afin de prévenir les hospitalisations en urgence évitables ».
      • Financement : 16 millions d’euros sur 2019-2022.

    Les EMG mises en place au sein de 347 établissements de santé au service du parcours de la personne âgée sont aujourd’hui tournées vers la prise en charge adaptée et la fluidité du parcours intrahospitalier et la sortie d’hospitalisation : 12 % de leurs interventions sont tournées vers les lieux de vie des personnes (2017).

    • 2019 : un premier financement de 4 millions d’euros :
      • pour accompagner le déploiement en 2020 sur les territoires : diffusion d’un cadre d’orientation sur la base d’expériences existantes, élaboré en 2019 avec le groupe des EMG de la société savante de gériatrie, les médecins généralistes, les Ehpad et les intervenants au domicile, les fédérations hospitalières et les ARS.
        • Un cadre précisant les missions, les principes des modalités d’interventions sur demande des médecins traitants et des médecins des Ehpad (et en articulation avec les CPTS et les dispositifs d’appui à la coordination) et les indicateurs d’évaluation.
        • Un processus de déploiement en Ehpad et au domicile adaptable en fonction des territoires.
    • 2020 : un accompagnement de ce déploiement et une deuxième étape portant sur la rénovation du cadre des interventions des EMG en intra-hospitalier.

    3. Généralisation des astreintes infirmières de nuit en Ehpad

    • Une mesure du pacte de refondation des urgences, découlant de la feuille de route Grand âge et autonomie de mai 2018 est de donner aux ARS « les moyens d’organiser d’ici 2020 une généralisation de la présence d’infirmiers en Ehpad la nuit, sous forme d’une mutualisation entre Ehpad ».

      • Financement : une enveloppe globale de 36 millions d’euros, répartie en 3 tranches, pour une montée en charge progressive : 10 millions d’euros alloués en 2018 (LFSS 2018) et en 2019 (LFSS 2019) et 16 millions d’euros prévus au PLFSS pour 2020.
    • Objectifs : sécuriser les prises en charge nocturnes en Ehpad et réduire les hospitalisations en urgence.

    Ce déploiement se base sur des expérimentations passées: le recours aux infirmiers de nuit dans les Ehpad a fait l’objet d’expérimentations sur plusieurs territoires dans le cadre du Plan national relatif aux soins palliatifs (Paerpa).

    • État d’avancement : 20 à 25 % des Ehpad déjà couverts fin 2018 selon les régions (source : ARS).
    • Cible : généralisation du dispositif en 2020 pour couvrir tous les Ehpad.
    • En région : dispositif mis en place dès 2018 dans l’ensemble des régions, appels à candidatures renouvelés en 2019, généralisation prévue pour 2020.
      • Exemples : 200 Ehpad couverts en Île-de-France, 120 Ehpad en Occitanie, 200 Ehpad en Nouvelle-Aquitaine, 10 Ehpad en Guadeloupe et 2 Ehpad en Martinique.

    4. Hébergement temporaire en Ehpad des personnes âgées sortant d’hospitalisation avec compensation d’une partie du reste à charge

    • Dispositif : compenser une partie du reste à charge en réduisant le coût de l’hébergement temporaire (HT) pourune personne âgée sortant des urgences ou d’une hospitalisation, au niveau du montant du forfait journalierhospitalier, pendant un maximum de 30 jours
      • Objectifs : faciliter et sécuriser les retours à domicile et limiter les durées de séjour à l’hôpital et les hospitalisations évitables en rendant l’hébergement temporaire plus accessible.
      • Financement : 15 millions d’euros alloués aux ARS pour 2019 (arrêté du 14 mai 2019).

    Accompagnement de la mise en œuvre du dispositif : fiche technique transmise aux ARS en août 2019 explicitant l’objet du dispositif, les motifs de recours, la procédure de sélection des Ehpad, les critères d’inclusion des personnes âgées concernées, le circuit de financement, le cadre de suivi et d’évaluation

    • État d’avancement :
      • 9 ARS sur 17 ont déjà lancé un appel à candidatures (Auvergne Rhône-Alpes, Bourgogne Franche-Comté, Bretagne, Centre-Val de Loire, Grand Est, Hauts-de-France, Île-de-France, Normandie, Occitanie) ;
      • 1 ARS (Guadeloupe) est en cours de configuration de son AAC.
    • Prochaines étapes :
      • pour les ARS ayant lancé leurs AAC, finalisation des conventions : ARS/Ehpad pour la délégation des crédits dès 2019 ; Ehpad/établissement de santé pour les objectifs et procédures partagés pour la mise en œuvredu dispositif ;
      • finalisation par la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) de l’enquête sur le suivi de la mesure afin d’observer et d’évaluer le déploiement du dispositif HT en sortie d’hospitalisation et envoi du fichier de recueil aux ARS fin novembre 2019.
  • Urgences : les médecins des centres de santé dénoncent l’idée de consultations par des MG (AP-HP)

    « Revoilà les consultodromes ? », s’inquiète l’Union syndicale des médecins de centres de santé (USMCS). Dans un communiqué publié le 18 novembre 2019, le syndicat critique l’appel à candidature (AAC) lancé par l’AP-HP en octobre (clos le 8 novembre) dans l’optique de proposer à des médecins généralistes de « participer à l’organisation de consultations non programmées en lien avec les équipes des services d’accueil d’urgence » pour des patients se présentant aux urgences et dont l’état de santé relève des soins de premier recours.

    « On s’en souvient, il fut un temps où l’AP-HP s’apprêtait à fermer les urgences de l’Hôtel-Dieu, rappelle l’USMCS. Elle avait imaginé de créer, à la place des urgences, une sorte de fast-food médical servant à volonté et à toute heure des consultations médicales sans régulation et sans contrôle. Et tout ça avec l’argent de la sécu (…). Funeste projet, rapidement abandonné. »

    Le Dr Éric May, président du syndicat, regrette que ce projet refasse surface, et notamment le fait que l’AAC fasse « fi des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) dont les soins non programmés font pourtant partie des missions socles » (source : Lequotidiendumedecin.fr).

    Il remet également en cause la pertinence des consultations proposées, estimant que « cela ne rend pas service aux usagers car hors du parcours de soins ». L’initiative de l’AP-HP est selon lui « une réponse facile et opportuniste là où il faudrait prendre le temps de réfléchir avec les acteurs existants« .

    « Consultodromes » : « l’inquiétude renait »

    L’inquiétude de voir se développer des « consultodromes » renaît, dénonce l’Union syndicale des médecins de centres de santé (USMCS) :

    • l’appel de l’AP-HP vise à ouvrir ces « corners » dédiés aux soins non programmés dans 4  hôpitaux dans les prochains mois : Antoine-Béclère, Bicêtre, Lariboisière et Tenon, contextualise l’USMCS ;
    • des opérateurs privés annoncent publiquement qu’ils vont « aller chercher les patients directement aux urgences », complète-t-elle.
    • « Pour en faire quoi ? », s’interroge le syndicat.

    Les revendications de l’USMCS :

    • « Non à une médecine productiviste d’un autre âge ;
    • non au gaspillage de l’argent de la sécurité sociale et oui au paiement au forfait ;
    • oui il faut organiser la réponse aux demandes de soins non programmés au niveau des territoires avec tous les acteurs ;
    • oui il faut intensifier les coopérations entre équipes hospitalières, équipes de centres de santé, médecins de ville et CPTS ;
    • oui à des moyens pour sauver l’hôpital public mais aussi, pour organiser et financer les coopérations ville-hôpital au service des usagers ;
    • oui à la refondation de notre système de santé. »

    Soins non programmés : descriptif de l’appel à candidature lancé par l’AP-HP

    En octobre 2019, l’AP-HP a lancé un appel à candidature (AAC) afin de créer des centres de soins non programmés tenus par des médecins de ville, en lien avec des services d’urgences. L’idée est de proposer aux patients qui se présentent aux urgences et dont l’état relève des soins de premiers recours d’être réorientés, s’ils l’acceptent, vers des consultations non programmées de médecine générale.

    Un appel à destination des hôpitaux Bicêtre, Antoine-Béclère, Tenon et Lariboisière

    4 AAC ont été lancés respectivement à Antoine-Béclère, Bicêtre, Lariboisière  et Tenon, à destination « des médecins, d’exercice libéral ou salariés des organismes médicaux de premier recours, ou les organismes eux-mêmes ». Dans chaque établissement, l’AP-HP propose de mettre à disposition des professionnels des locaux « au sein ou à proximité immédiate des structures de médecine d’urgence », contre « une redevance d’occupation ».

    L’appel est clos depuis le 8 novembre 2019.

  • Étude (France) : une IA capable de prévoir les chances de mise sur le marché d’une molécule (JCO)

    Une équipe française de chercheurs et d’ingénieurs de l’Institut Gustave Roussy et de l’Université Paris-Sud a développé un système d’intelligence artificielle (IA) qui s’est révélé capable de prévoir si une molécule obtiendra ou pas, dans les 6 ans, une autorisation de mise sur le marché (AMM). Alors que très peu de molécules arrivent au lit du patient, cette prédiction pourrait être utilisée pour anticiper les dépenses de santé, particulièrement importantes en cancérologie. Les résultats de cette étude* ont été publiés le 20 septembre 2019 dans le Journal of Clinical Oncology (JCO) Clinical Cancer Informatics.

    De la molécule au médicament anticancéreux : une course d’obstacles

    Il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus dans le développement de nouveaux médicaments. Entre les premiers screening de molécules et l’autorisation de mise sur le marché (AMM), le processus est long. Comme l’explique le Dr Loïc Verlingue, oncologue et chef de l’équipe « data science » du Département de l’innovation thérapeutique et des essais précoces (DITEP) de Gustave Roussy, « le développement d’un médicament est long, coûteux et demande l’implication de plusieurs milliers de patients. Alors qu’environ 19 % des médicaments en développement dans les maladies infectieuses, 17 % en ophtalmologie et près de 10 % toutes disciplines confondues recevront une autorisation de mise sur le marché après les essais de phase I, en cancérologie seulement 5 % d’entre eux démontreront suffisamment d’efficacité pour finalement être approuvés pour le traitement d’un cancer. » 

    En effet, actuellement, beaucoup d’agents anticancéreux sont candidats aux essais clinique de phase 1 mais très peu deviendront finalement des médicaments. C’est pourquoi une équipe française de médecins-chercheurs et d’ingénieurs de l’Institut Gustave Roussy et de l’Université Paris-Sud ont eu l’idée de développer un algorithme d’apprentissage automatique (machine learning) ayant pour mission de prédire les résultats du développement de médicaments.

    Un algorithme pour repérer les futurs médicaments

    Cet algorithme, appelé « Resolved2 », a été entraîné à partir des données pharmacologiques de 462 molécules d’oncologie en développement en phase I, données publiques disponibles dans les abstracts Pubmed et dans la base de données pharmacologiques DrugBank5.0. Le modèle a sélectionné 28 variables parmi les plus pertinentes sur 1 411 à partir des molécules d’oncologie autorisées ou non par l’agence américaine d’approbation des médicaments entre 1972 et 2017. Et il a ensuite été testé sur 70 autres molécules afin d’évaluer sa robustesse.

    Les résultats de leurs travaux ont été publiés le 20 septembre 2019 dans la revue Journal of Clinical Oncology (JCO) Clinical Cancer Informatics.

    Résultats : une prévision précise à 90 %

    • Quand l’IA prédit qu’une molécule n’obtiendra pas dans les 6 ans une autorisation de mise sur le marché (AMM), la prédiction s’avère juste dans 92 % des cas.
    • Quand l’IA prévoit que la molécule sera autorisée, cela se révèlera juste dans 73 % des cas dans les 6 ans.
    • La justesse de la précision monte à 90 % dans les 10 ans.
    • Un médicament « prédit approuvé » par Resolved2 a 16 fois plus de chance de l’être effectivement qu’un médicament « prédit non approuvé ».

    Cette étude française apporte la preuve de concept (PoC) que l’issue du développement d’un médicament peut être prédit grâce à des outils d’apprentissage automatique. En effet, l’algorithme parvient à prédire avec précision le délai d’approbation par la FDA à partir du moment où la molécule a passé l’étape de la phase 1.

    Donner plus de chances aux patients inclus dans les essais 

    « Resolved2 peut trouver son utilité auprès des industriels qui développent de nouveaux médicaments, bien sûr, mais également auprès des académiques, les médecins « Principal Investigator », afin de mieux sélectionner les molécules qu’ils proposent à leur patient dans des essais de phase II ou III », estiment les auteurs de cette étude. « L’objectif est que leur patient aient plus de chance de tirer un bénéfice de l’essai dans lequel il sera inclus, » explique le Dr Verlingue. En outre, alors que les médicaments anticancéreux sont particulièrement onéreux, prévoir l’arrivée sur le marché de telles molécules permettrait aussi aux décideurs d’anticiper ces dépenses de santé.

    La prochaine étape est d’adapter le modèle à l’Europe car les molécules approuvées ne sont pas strictement identiques et les critères d’évaluation peuvent également varier par rapport aux États-Unis.

  • Investissements d’avenir : 74 M€ supplémentaires pour les instituts hospitalo-universitaires (IHU)

    « 74 millions d’euros supplémentaires pour les instituts hospitalo-universitaires (IHU). » C’est ce qu’annoncent Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, et Guillaume Boudy, secrétaire général pour l’investissement, dans un communiqué daté du 22 novembre 2019. Le programme lancé en 2010 visait à constituer « des pôles d’excellence en matière de recherche, de soin, de formation et de transfert de technologies » dans le domaine biomédical, rassemblant « chercheurs académiques, personnels soignants, cliniciens et industriels ».

    Les 6 IHU sélectionnés en 2010 dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir (PIA) ont été évalués par un jury international. Celui-ci a souligné « l’impact positif indiscutable » du programme IHU sur « la structuration de centres d’excellence », avec « une valeur ajoutée claire », notamment « la qualité scientifique des travaux », et a recommandé l’attribution d’un nouveau financement pour 5 IHU pour la période 2020-2024. Il a cité parmi les points qui peuvent encore être améliorés « l’implication des patients dans la gouvernance ».

    Les IHU ICM, Imagine, Lyric, Méditerranée Infection et Strasbourg bénéficieront donc de 74 millions d’euros de financement. L’IHU ICAN pourra pour sa part poursuivre ses activités « sans financement supplémentaire », notamment en utilisant « les sommes non consommées de sa dotation 2011-2019 ».

  • États-Unis : à Stanford (Silicon Valley) un nouvel hôpital robotise les tâches de routine

    Le nouvel hôpital de la ville universitaire de Stanford (Californie) bénéficiera d’une flotte de 23 robots livreurs et de 3 robots pharmaciens. La direction souligne dans un communiqué daté du 4 novembre que la robotisation des tâches répétitives permettra d’éviter aux employés de se blesser, de limiter les erreurs médicamenteuses et, pour le personnel, de se concentrer davantage sur des tâches à valeur ajoutée. L’établissement a été inauguré le 17 novembre.

    Les robots livreurs TUG de la société Aethon seront chargés de transporter le linge, les colis et les produits médicaux. Ils utiliseront lasers et GPS pour créer une carte 3D de leur environnement leur permettant de s’arrêter ou de contourner un obstacle : cette carte convertie en 2D permet aux gestionnaires de suivre les robots à distance en temps réel.  Capables d’ouvrir les portes par un système de communication sans fil, ces robots s’arrêtent si un humain les touche et se rangent sur le côté en cas d’alarme incendie.

    2 robots pharmaciens, les BoxPickers de la société Swisslog, « ressemblent davantage à des armoires géantes avec une interface informatique » : grâce au scan systématique des codes-barres, le taux d’exactitude de la sélection des médicaments dépasse 99 %. Ces robots tiennent également à jour l’inventaire des médicaments et génèrent les commandes à adresser aux grossistes.  
    Un troisième robot, le PillPick de Swisslog, est chargé du packaging : il compte et emballe les médicaments avant des leur affecter un code-barre. Il est capable d’emballer 1 000 doses par heure, soit 10 fois plus qu’un technicien en pharmacie.

    Quand un médecin de l’hôpital saisit une commande de médicaments dans le système de dossiers patient électroniques, la vérification de la commande est la seule tâche confiée à un humain.

  • Sanofi intègre sa plateforme de données de vie réelle à celle de l’Américain Aetion

    Sanofi signe un accord avec Aetion pour intégrer sa plateforme de données de vie réelle Darwin à la plateforme Aetion Evidence afin de promouvoir une utilisation plus efficace des données de vie réelle (Real World Evidence – RWE). Cette collaboration vise à faciliter les études de niveau réglementaire avec une transparence profonde tout en ouvrant l’accès à de nouvelles données de vie réelle, précise Sanofi dans un communiqué publié le 20 novembre 2019.

    La plateforme Darwin recueille et analyse les données anonymisées de centaines de millions de patients, quelle que soit leur pathologie, tandis que la plateforme d’Aetion analyse des données pour produire des réponses transparentes, rapides et validées scientifiquement sur l’efficacité, la sécurité et la valeur des médicaments. Avec la fusion de ces 2 plateformes, Sanofi cherche à renforcer ses capacités d’analyse de niveau réglementaire, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour le développement et l’application de traitements médicaux.

    Objectif : « déboucher sur des traitements susceptibles de transformer la pratique de la médecine »

    « [Ce partenariat] marque une nouvelle étape importante dans la transformation numérique de Sanofi, commente Bernard Hamelin, responsable mondial de la génération de preuves médicales à Sanofi. En intégrant ces plateformes, nous nous efforçons de prendre des décisions plus rapides et mieux informées, susceptibles de déboucher sur des traitements de premier ordre et susceptibles de transformer la pratique de la médecine. »

    Les données de vie réelle (RWE) donnent un aperçu de la pratique clinique en dehors du cadre expérimental, offrant la possibilité d’informer le développement d’essais cliniques et de compléter les données d’essais avec des preuves de l’utilisation effective du produit dans le système de soins, explique Sanofi.

    « Utiliser les meilleures données disponibles pour que le traitement approprié soit administré au bon patient le plus rapidement et le plus efficacement possible »

    « Notre collaboration avec Sanofi confirme davantage la valeur et le potentiel de données de vie réelle concrètes dans le développement de médicaments, indique de son côté Carolyn Magill, directrice générale d’Aetion. Nos entreprises partagent le même objectif : utiliser les meilleures données disponibles pour que le traitement approprié soit administré au bon patient le plus rapidement et le plus efficacement possible. »

    RWE : un domaine qui prend de l’ampleur

    Le secteur des RWE est en plein mouvement.

    Les données de vie réelle devraient jouer un rôle clé dans la transformation de l’écosystème de la santé, note Sanofi. La FDA, par exemple, a récemment donné la priorité aux efforts visant à incorporer les RWE comme complément aux données d’essais cliniques afin de faciliter la prise de décision réglementaire. L’agence américaine doit publier son projet de directive des RWE avant la fin 2020.

  • Hôpital public : le plan du gouvernement jugé insuffisant par les professionnels

    Les annonces du gouvernement dans le cadre du plan « Investir pour l’hôpital » « sont très loin de répondre aux attentes des personnels », affirment plusieurs organisations professionnelles et syndicales dans un communiqué commun diffusé le 20 novembre, après la présentation du plan : elles appellent à une « journée nationale de grèves et de manifestations » le 17 décembre. Les organisations continuent à réclamer « une revalorisation de l’Ondam d’au moins 4 % » , un « recrutement de professionnels supplémentaires » et un « plan de formation pluridisciplinaire » ainsi qu’une « revalorisation générale des salaires », l’« arrêt de toutes les fermetures d’établissements, de services » mais aussi des « réouvertures de lits » et de « structures ambulatoires pour la psychiatrie ». Le communiqué est signé de collectifs hospitaliers (Inter-urgence, inter-bloc et inter-hôpitaux, Printemps de la psychiatrie), de syndicats de médecins (INPH, Snam-HP, Jeunes médecins, CMH, APH, Avenir hospitalier, CPH, AJPH, Isni), et de confédérations syndicales (CFE-CGC, CFTC, CFDT, CGT, Sud, Unsa).

    Seule la Fédération hospitalière de France (FHF) « salue » ces « premières mesures », jugeant qu’elles « répondent en grande partie aux enjeux immédiats », avant d’ajouter qu’« il faudra nécessairement aller plus loin ». La Fédération demande de « définir au niveau national les zones et les métiers en tension » pouvant donner lieu au versement d’« une prime de 1 000 euros par an au recrutement sous réserve d’un engagement de 1 à 3 ans ». Le plan attractivité à destination du personnel paramédical et médical devrait atteindre « environ un demi-milliard d’euros par an ». La FHF demande l’« ouverture d’un chantier sur les rémunérations et le régime indemnitaire afin de le rendre lisible, cohérent et attractif ».

    « L’hôpital public risque un retard abyssal vis-à-vis de la nécessaire transformation numérique », commente de son côté la Conférence nationale des présidents de CME des centres hospitaliers, dans un communiqué daté du 21 novembre. Selon elle, l’enveloppe « ne permettra aucun plan ambitieux d’acquisition ou de renouvellement des équipements biomédicaux et informatiques, indispensables au développement des parcours ».

    Plan « Investir pour l’hôpital » : synthèse des réactions

    Les organisations syndicales de praticiens hospitaliers, de jeunes médecins, de pharmaciens et d’internes dénoncent une « méthode incorrecte et antidémocratique »

    Les organisations syndicales de praticiens hospitaliers, de jeunes médecins, de pharmaciens et d’internes dénoncent dans un communiqué commun « la méthode incorrecte et antidémocratique » qui consiste à « faire des annonces sans concertation ni consultation des organisations syndicales ».

    Elles s’insurgent contre « la nomination d’une personnalité qualifiée », Olivier Claris, pour une mission sur la gouvernance, « un déni de démocratie » selon elle, qui « démontre un mépris pour tous les acteurs hospitaliers qui ont participé aux travaux du groupe de travail « gouvernance » piloté par la DGOS ».

    Les organisations exigent « un vrai choc d’attractivité sur le nouveau statut de praticien titulaire » : selon elles, les modalités du concours de praticien hospitalier (PH) « doivent être simplifiées et accélérées, mais non supprimées » car cela « ouvrirait la porte à un recrutement local et une perte d’indépendance professionnelle ».

    FHP : « une augmentation des tarifs avec un taux minimal de 1 % est nécessaire »

    « Avec un Ondam 2020 à 2,45 %, une augmentation des tarifs avec un taux minimal de 1 % est possible et nécessaire », déclare Lamine Gharbi, le président de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP). Il estime que plusieurs des mesures annoncées par le gouvernement pour l’hôpital public, comme le remboursement partiel de la dette ou le renforcement de l’attractivité des carrières, sont « également nécessaires pour les établissements de santé privés », dans lesquels, « faute de ressources, le montant de l’investissement a chuté au cours des dernières années ».  

    France Assos santé salue « des mesures financières de rattrapage »

    France Assos santé (patients) « salue » « des mesures financières de rattrapage, indispensables pour éviter la faillite du système hospitalier » mais estime que « les 500 millions supplémentaires ne couvriront même pas les besoins de modernisation des infrastructures » et « ne permettront pas non plus de résoudre la question cruciale du manque d’effectifs ».

    La fédération déplore « une occasion manquée de réinjecter du sens politique dans l’organisation des soins sur le territoire, notamment de premier recours ».

    Le SMPS réclame « une mission chargée de refonder de fond en comble les règles qui paralysent l’hôpital public »

    Estimant que « la question de la gouvernance à l’hôpital est mise à mal » par les annonces du Premier ministre, le Syndicat des managers publics de santé (SMPS) appelle à manifester pour que l’exécutif lance « une mission chargée de refonder de fond en comble les règles qui paralysent l’hôpital public, sans tabou et sans trembler ».

    La Fédération FO des cadres hospitaliers dénonce en écho un gouvernement qui « donne crédit à quelques postures de diversion sur la gouvernance par les directeurs », alors que « l’absence de reconnaissance et de valorisation touche aussi les cadres hospitaliers qui se sont efforcés depuis 10 ans de préserver le service public malgré la contrainte imposée ».

  • Satelia s’allie à Dedalus pour assurer un meilleur suivi en chirurgie ambulatoire en Europe

    Satelia, qui propose une solution de télésurveillance, signe un partenariat avec Dedalus, éditeur de solutions de santé européen qui a racheté il y a quelques mois le groupe Web100T (pour 26 millions d’euros). L’objectif de cette alliance est d’accompagner plus de 200 centres hospitaliers français et européens dans le suivi des patients en chirurgie ambulatoire, précise Satelia dans un communiqué publié le 19 novembre 2019.

    L’idée est de répondre à une demande des hôpitaux et cliniques équipés du dossier patient DxCare (Medasys – Dedalus). Dans le cadre de ce partenariat, l’outil Satelia ambulatoire est désormais « commercialisé et interconnecté à la solution DxCare, comme un module intégré, sous le nom de DxSatelia », explique Nicolas Pagès, interne en anesthésie-réanimation et co-fondateur de Satelia (communiqué). « Il est désormais possible d’activer ce module dans le cadre des marchés déjà passés par les hôpitaux avec DxCare, et avec une traçabilité automatique dans le dossier patient« , ajoute-t-il.

    Par la biais de la solution, les hôpitaux peuvent :
    • recevoir des informations de la part des patients à domicile et ainsi assurer un suivi précis et en temps réel ;
    • gagner du temps : charge de travail allégée ;
    • avoir accès à un tableau de bord pour aider à une prise de décision rapide ;
    • bénéficier d’outils de recherche performants.

    Objectif : « proposer de nouvelles applications de suivi intelligentes »

    « Avec ce partenariat, notre objectif est de donner la possibilité à tous les hôpitaux DxCare, en France et en Europe,de s’équiper d’un outil opérationnel, efficace, intégré et apprécié des utilisateurs, en seulement quelques semaines. Nous discutons déjà avec Dedalus, mais aussi d’autres distributeurs, pour proposer de nouvelles applications de suivi intelligentes, comme l’oncologie ou la cardiologie interventionnelle qui sont aujourd’hui utilisées seulement dans nos hôpitaux partenaires », indique Nicolas Pagès (communiqué).

    La chirurgie ambulatoire en développement

    Depuis quelques années, la chirurgie ambulatoire se développe. Selon le rapport de la Cour des comptes publié en 2018, « les pouvoirs publics ont l’ambition de porter à 70 % le taux de chirurgie ambulatoire en 2022 », rappelle d’ailleurs Satelia dans son communiqué.

    Satelia : une plateforme de télésurveillance pour répondre à l’essor de la chirurgie ambulatoire

    C’est dans ce contexte qu’a été créée la start-up en novembre 2017 par Nicolas Pagès, interne en anesthésie-réanimation, et Paul Tiba, directeur d’une compagnie aérienne de rapatriements sanitaires.

    La société propose une plateforme pour assurer le lien patient-soignant et améliorer le suivi du patient à domicile (télésurveillance médicale). La solution a été dans un premier temps déployée en chirurgie ambulatoire au CHU de Bordeaux (depuis mars 2018). Elle est désormais agréée pour la télésurveillance des patients insuffisants cardiaques chroniques.

    Par le biais de cette plateforme, le patient renseigne à distance le médecin sur son état de santé. Selon les résultats, le médecin pourra contacter le patient en cas d’urgence.

  • Cobotique

    Domaine de la collaboration homme-robot