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  • EDS hospitaliers : des groupes de travail pour développer un « socle commun »

    Les EDS, au cœur de la stratégie e-santé de la France

    Les entrepôts de données de santé font parties intégrantes de la « stratégie d’accélération en santé numérique » (SASN) du 18 octobre 2021. Les enjeux sont ; de soutenir la constitution de ces entrepôts, de favoriser la mutualisation des données cliniques, de traiter les données de manière indépendante, éthique et sécurisée. Le tout face à des acteurs internationaux soumis à une réglementation moins contraignante.

    Des cas d’usage variés

    Les EDS concentrent un fort volume de données (comptes rendus médicaux, actes d’imagerie, prescriptions de médicaments, etc.). L’enjeu réside dans la valorisation de ces données, aussi bien sur le plan technique que financier, par exemple pour optimiser le pilotage d’une activité hospitalière, d’améliorer la prise en charge des patients, ou bien de favoriser la recherche et l’innovation.

    Des projets de recherche présentés au Health Data Hub 

    La Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS) et le Health Data Hub ont lancé, le 20 octobre 2024, un appel à projets qui vise à financer des programmes de recherche grâce aux données issues des EDS. Sur les 16 projets sélectionnés, 81% sont portés par des structures publiques et 19% par le privé. Ces programmes permettent de valoriser les données de santé existantes, de produire de la connaissance, mais aussi de développer la collaboration entre les experts.

    Le projet HFNO-Weaning (CHU de Poitiers).

    Certains lauréats de l’appel à projets ont eu l’opportunité de présenter des programmes de recherche lors de l’événement du HDH. Notamment le CHU de Poitiers avec le projet HFNO-Weaning, présenté par le Pr Rémi Coudroy. Ce programme vise à valoriser les données de santé dans le cadre du sevrage de l’oxygénothérapie nasale à haut débit (OHD) chez les patients avec une insuffisance respiratoire aiguë.  Ce traitement, recommandé en première instance, peut saturer le service hospitalier si l’OHD est maintenue trop longtemps. A l’inverse, si l’OHD est arrêtée de manière précoce, il y a un risque d’échec du traitement.

    Le projet DIONYSOS (AP-HP).

    Fut présenté également le projet DIONYSOS de l’AP-HP, présenté par le Pr Vincent Mallet. Ce programme permet d’évaluer le pronostic et d’identifier des facteurs de risques associés au décès à la suite d’un diagnostic d’hépatite alcoolique aiguë. En France, sur un million et demi de personnes traitées pour des problèmes relatifs à l’alcool, 81 000 souffrent d’hépatite alcoolique aigue (HAA), avec un taux de survie annuel de 60%. Le projet Dionysos permet, grâce à des nouvelles méthodes et à de nouveaux biomarqueurs, d’évaluer les risques et d’optimiser les traitements des HAA.

    Une ambition : développer une « doctrine » commune des EDS

    Le Comité stratégique des données de santé a initié, début 2023, des groupes de travail pour alimenter une « doctrine » et des pratiques communes pour les EDS. Socle commun et standardisation des données, gouvernance, financement des bases de données, constituent les thématiques étudiées à ce jour. Ces groupes intègrent des experts pluridisciplinaires (médecins, biologistes, ingénieurs) pour améliorer les pratiques et créer des standards en faveur des porteurs de projets EDS.

    Le groupe de travail « standardisation », présenté à l’HDH par le Dr. Vianney Jouhet, a pour objectif de ; spécifier le format et la sémantique des données pour représenter un socle commun, et de définir des indicateurs et des méthodes pour comparer les résultats produits par les mêmes protocoles d’analyse. Bien que des travaux soient encore en cours, le choix du cadre s’est porté sur le format OMOP comme référentiel, et FHIR en complément.

    L’Open source comme levier pour la collaboration

    Pour répondre au besoin d’ouverture des données, il y a tout un écosystème open source qui bénéficie à la communauté des chercheurs. Fedbiomed, Medinria, BOAS ou encore Shanoir sont les quelques solutions présentées durant l’événement. En janvier 2024, le HDH a créé le Pôle open science. Son rôle est de participer aux travaux sur les données de santé ouvertes, d’organiser des événements, mais aussi de développer des solutions open source et open data.

    Table ronde : retour d’expérience sur les facteurs clés de succès ;

    de l’importance d’une bonne définition des cas d’usage et du respect de la conformité.

    Depuis ces dernières années, l’émergence des EDS et l’animation du réseau d’acteurs qui en découle ont permis de capitaliser sur des enseignements. A l’issue de la table ronde sur les ambitions et les enjeux des EDS, les acteurs ont identifié plusieurs facteurs clés de succès :

    • Réglementaire : en premier lieu, l’étape de la compréhension et de la mise en conformité avec la stricte réglementation concernant la gestion des données (référentiel CNIL).
    • Cas d’usage : cette même réflexion qui dépendra des objectifs auxquels l’EDS doit répondre ; aide au diagnostic, meilleure compréhension d’une maladie, prise en charge des patients. Aussi, les projets de recherche peuvent faire l’objet d’un décalage entre les attentes de départ et ce qui est possible de faire avec les données dans « la vie réelle ».
    • Standardisation et structuration des données : un enjeu qui dépend des deux points ci-dessus. La standardisation et la terminologie jouent un rôle dans l’efficacité du partage des données entre les EDS (socle commun, mutualisation, croisement entre les EDS).
    • Avancer étape par étape : la construction d’un EDS est une entreprise complexe, à plusieurs reprises, les intervenants ont mentionné l’importance de faire preuve d’une rigoureuse gestion de projet et d’une gouvernance.

    Des défis, mais un environnement dynamique et collaboratif

    D’autres enjeux sont à noter, notamment l’intégration automatique des comptes-rendus médicaux comme données exploitables. Ou bien le socle « style de vie » (contexte socio environnemental du patient) qui offre un plus large spectre d’analyse.

    Enfin, la question du business model a été évoquée. Au-delà du coût, un EDS bien structuré peut offrir des opportunités de monétisation par le biais de partenariats, d’accès sous licence, ou bien de vente de données anonymisées.

    Les porteurs de projets EDS font donc face à des obstacles réglementaires, techniques et financiers. En dépit de ces complexités, les avancées présentées lors de l’événement (programmes de recherche, groupes de travail, open source) montrent un écosystème dynamique et des acteurs engagés dans le succès des EDS.

     

     

  • IA et cancer : Avec son spin-off Spotlight Medical, l’Institut Curie veut apporter des traitements plus personnalisés aux patients

    Eviter les traitements inefficaces

    Ce sont plusieurs chercheurs et cliniciens de l’Institut Curie, de l’école des Mines de Paris – PSL et de l’Inserm qui ont mis au point cette IA qui permet d’analyser les données de santé des patients pour identifier le traitement anticancéreux le plus adapté à chacun. Partant du constat que ces données contiennent des informations importantes sur le patient, informations qui lui sont propres et qui varient d’une personne à une autre, les fondateurs de cette nouvelle start-up spin-off de l’institut Curie ont décidé de les utiliser pour donner à chaque patient le parcours de soin qui lui correspond le mieux.

    Grâce à cette IA, fruit du travail de plusieurs années, Spotlight Medical souhaite ouvrir “des perspectives inédites pour personnaliser les traitements contre le cancer” et accorder une prise en charge optimale pour les patient. Pour le moment, le parcours de soins des patients atteints de cancer se résume à la mise en place de traitements généraux qui peuvent ne pas être adaptés et s’avérer inefficaces et donc réduire les chances de guérison des patients, tout en ayant un impact sur leur qualité de vie, les traitements étant souvent lourds.

    C’est pour cela que Sylvain Berlemont, fondateur de la plateforme Keen Eye (Tribun Health) et CEO de Spotlight Medical, voit dans le lancement des opérations de la start-up un “impact immense sur la survie des patient-es et leur qualité de vie” et explique que l’utilisation de l’IA pour la personnalisation du traitement du cancer promet de faire rentrer la prise en charge du cancer dans “une nouvelle ère”.

    Une IA qui compare les traitements disponibles au profil du patient

    Avec la solution de la jeune pousse, les données médicales des patients – dont ” de nouvelles informations biologiques” – vont être analysées par l’algorithme d’IA qui va en extraire des informations nécessaires à l’identification du traitement le plus adapté à leur profil. Pour ce faire, l’IA va comparer le profil du patient à une multitude de traitement et va prédire l’efficacité de chaque traitement en fonction des données récoltées pour guider les oncologues dans leur choix et cela peu importe le type de cancer du patient. Spin-off de l’institut Curie, Spotlight Medical peut compter sur les données cliniques du centre de lutte contre le cancer pour alimenter son algorithme d’IA et le rendre plus efficace.

  • Evolucare lance sa solution pour aider les hôpitaux à s’adapter à la réforme de la tarification SMR

    Le passage d’une facturation à la sortie du patient

    La réforme de la tarification SMR a posé plusieurs défis importants aux établissements de santé, comme l’indique Patrick Matheu, directeur de l’offre SMR du groupe Elsan : le passage d’un système de facturation à la journée à une facturation basée sur la sortie du patient a entraîné une réorganisation profonde des processus internes, notamment concernant la collecte des données des patients.

    Désormais, l’information médicale doit :

    • être recueillie avant la facturation ;
    • inclure des éléments complexes tels que le codage des pathologies, les comorbidités et l’intensité de la rééducation.

    Cette réforme vise à mieux aligner le financement des établissements SMR sur la qualité et l’efficacité des soins. En se concentrant sur la gestion des risques et la qualité des services, elle encourage les établissements à améliorer continuellement leurs prestations, assurant ainsi une meilleure sécurité et satisfaction des patients.

    Ces modifications ont rendu les processus plus complexes et nécessitent une réorganisation majeure, impactant le besoin en fonds de roulement des établissements en raison du délai accru entre la prestation des services et leur facturation.

    “Il s’agit d’un changement de paradigme total, explique Patrick Matheu. Auparavant, avec une tarification à la journée, quel que soit le type de prise en charge, un tarif journalier était appliqué. Désormais, un important travail d’information médicale est requis pour pouvoir facturer. La complexité du codage dans le SMR est immense. L’intensité de la rééducation et l’indépendance évaluée par les soignants doivent être prises en compte, ce qui alourdit le processus. La facturation ne peut être réalisée qu’à la sortie du patient pour les hospitalisations complètes, et de manière hebdomadaire pour les hospitalisations à temps partiel.”

    Une transition vers la conformité grâce à Evolucare

    Dans le cadre de cette transition, le logiciel GAP Medsphère d’Evolucare a été un moyen afin d’opérer la transition vers la conformité avec la réforme SMR. Il s’agit d’une solution intégrée de gestion des activités paramédicales, conçue pour les établissements de santé et les professionnels du secteur.

    Ce logiciel d’Evolucare permet :

    • de créer et gérer des dossiers patients complets et sécurisés ;
    • de planifier et suivre les rendez-vous ;
    • de documenter les soins et traitements ;
    • et d’ordonner efficacement les équipes médicales grâce à des outils de communication interne.

    En outre, GAP Medsphère offre des capacités avancées de reporting et d’analyse des activités, permettant un suivi précis des performances. Compatible avec les systèmes d’information hospitaliers et les dispositifs médicaux, il assure également la conformité avec les normes et réglementations en vigueur.

     

  • Data : les nouvelles recommandations de la Cnil concernant la réutilisation des données sur internet

    Un engouement pour les données en libre accès

    Le mouvement réglementaire en faveur du partage de données publiques a connu une accélération ces dernières années. Dans ce sens, le rapport « Bothorel » (décembre 2020) met en évidence les enjeux économiques, scientifiques et démocratiques liés à l’ouverture des données. De son côté, la Cnil constate également un intérêt croissant pour la diffusion et la réutilisation des données, comme en témoignent les demandes d’avis sur des projets de textes législatifs ou réglementaires, les sollicitations de conseils par des professionnels et les plaintes reçues.

    Si l’ouverture et le partage des données offrent de nombreuses opportunité, des risques pour les droits, libertés et intérêts des individus concernés sont à prendre en compte. Dans ce contexte, la Cnil publie régulièrement des recommandations qui rappellent les principes légaux en vigueur et illustrent, par des exemples concrets, la manière dont ces dispositions doivent s’appliquer à différents types de traitements de données.

    Pour répondre, de façon pratique aux besoins de l’ensemble des acteurs concernés par les traitements en cause, la Cnil a adopté un double jeu de fiches pour les diffuseurs de données ouvertes (open data) et les réutilisateurs de données publiées sur internet. Celles-ci comportent des recommandations et des exemples concrets leur permettant de connaître leurs obligations en répondant aux questions « informatique et libertés » structurantes.

    Ces fiches doivent aider ces acteurs à :

    • identifier les responsabilités des différents organismes susceptibles d’être impliqués dans le traitement ;
    • déterminer la licéité du traitement ;
    • connaître la portée de leurs obligations en matière d’information des personnes concernées ;
    • tenir compte des droits des personnes ;
    • garantir la pertinence et la proportionnalité des données traitées, leur exactitude et leur sécurité.

    Les clarifications de la Cnil

    La Cnil apporte de nouvelles clarifications sur plusieurs points, afin d’éclairer les différentes interrogations des contributeurs :

    • Les acteurs peuvent généralement se fonder sur la base légale de l’intérêt légitime lorsqu’ils réutilisent des données diffusées par des administrations en vertu de la législation sur l’open data. Ils pourront désormais, en l’absence d’adresses courriel à disposition, ne procéder qu’à une communication publique et non individuelle sur l’existence, les caractéristiques du traitement et les droits des personnes concernées. Cette position permettra de sécuriser les acteurs utilisant ces données et favoriser l’innovation ;
    • Lorsque la réutilisation de données consiste à diffuser un annuaire de professionnels enrichi de notes et de commentaires d’internautes sur la qualité de leurs prestations, les personnes concernées devraient pouvoir facilement ne pas y figurer ou en sortir. En effet, lorsqu’un professionnel s’oppose au traitement de ses données, les préjudices que l’annuaire lui cause ou sont susceptibles de lui causer semblent devoir être pris en compte de manière prioritaire par rapport au référencement d’un professionnel en particulier ;
    • Un organisme qui ne dispose pas du consentement préalable des personnes ne pourra collecter leurs données personnelles à des fins de prospection commerciale que si elles peuvent raisonnablement s’y attendre. La Cnil propose un faisceau d’indices qui permet de mener cette analyse : il faudra ainsi examiner l’objectif précis de la réutilisation, le type de données, la possibilité laissée ou non aux personnes par le site source de s’opposer à la réutilisation de leurs données, la nature du site source, les éventuelles interdictions posées par la politique de confidentialité ou les CGU, ainsi que l’objet de la prospection envisagée.

    Les prochaines étapes

    Dans le cadre de l’évolution continue de la gestion des données, de nouvelles initiatives seront mises en œuvre. Ces efforts visent à approfondir et à diversifier les scénarios de partage des données. La Commission indique que les fiches « cas d’usage » pourraient être enrichies avec de nouvelles thématiques. De plus, elle a annoncé qu’elle continuera ses travaux sur le partage de données dans les mois à venir et se concentrera plus particulièrement sur les scénarios de circulation des données à des tiers spécifiquement autorisés, qu’ils figurent ou non sur une liste limitative.

  • Belgique : « l’apprentissage profond d’ensemble » facilite la détection de la maladie d’Alzheimer

    L’efficacité accrue des modèles EDL

    Les modèles d’EDL combinent les résultats de plusieurs réseaux de neurones pour améliorer la précision du diagnostic. Ils peuvent détecter des relations non linéaires dans les données, offrant des “performances supérieures” et “une meilleure généralisation” par rapport aux modèles individuels.

    Les approches EDL basées sur les tranches et les voxels permettent une analyse approfondie des neuroimages en 2D et 3D, respectivement, améliorant ainsi la détection de la maladie à un stade précoce. Ces modèles peuvent intégrer des données provenant de sources variées, telles que l’IRM, la TEP et les marqueurs génétiques, pour une meilleure précision diagnostique. En intégrant diverses modalités de données, les EDL peuvent mieux comprendre les aspects complexes de la maladie d’Alzheimer. Par exemple, les IRM peuvent révéler des anomalies structurelles, tandis que les TEP peuvent montrer des changements métaboliques. De plus, les marqueurs génétiques peuvent fournir des indications sur la prédisposition à la maladie. En combinant ces différentes sources d’informations, les EDL peuvent fournir des diagnostics plus complets et précis, aidant ainsi à identifier la maladie plus tôt et à mieux planifier les traitements.

    Perspectives de développement des modèles EDL

    Les recherches actuelles se concentrent sur l’intégration de données médicales et comportementales pour améliorer la détection de la maladie d’Alzheimer. Les modèles EDL complexes sont capables de traiter des ensembles de données volumineux, bien que leur coût de calcul soit élevé. L’intégration de nouvelles modalités de données, comme les données omiques et les biomarqueurs de neuroimagerie, pourrait offrir des informations clés sur les mécanismes sous-jacents de la maladie. Le développement futur se penchera sur la conception d’architectures EDL plus efficaces et moins coûteuses en termes de calcul, favorisant ainsi une adoption plus large dans les environnements cliniques.

    Le potentiel des EDL ne se limite pas seulement au diagnostic. Ils peuvent également jouer un rôle crucial dans le suivi de la progression de la maladie et l’évaluation de l’efficacité des traitements. En fournissant des analyses détaillées et continues des données de neuroimagerie, ces modèles peuvent aider les médecins à ajuster les traitements en fonction des changements observés chez les patients. Cela pourrait mener à des approches de traitement plus personnalisées et efficaces, améliorant ainsi les résultats pour les patients atteints de la maladie d’Alzheimer.

  • E-notices de médicaments : un accueil favorable de la part des patients et des professionnels de santé

    2024, l’année des premiers tests pour la e-notice

    La société britannique de soins grand public Haleon, l’Association Française de lutte antirhumatismale (Aflar) et l’institut de sondage Odoxa ont publié une étude portant sur la perception des Français et des professionnels de santé concernant les e-notices de médicaments.

    Ce sondage s’inscrit dans un contexte pertinent puisqu’une expérimentation (encadrée par l’ANSM et la Direction générale de la santé) vise à remplacer, sur une première sélection de médicaments, les notices classiques par des QR codes.

    France Assos Santé n’est pas en défaveur de la e-notice, mais préconise de maintenir la version papier pour les personnes « éloignées du numérique » déclarant que le dispositif « ne donne pas les mêmes garanties d’accessibilité ». La e-notice est un levier pertinent pour améliorer la consommation de médicaments. Elle permet de limiter les mésusages. Réalisée sur un panel de 2 010 Français et de 202 professionnels, cette étude permet d’éclaircir les attentes et les freins d’un tel dispositif.

    Du coté des patients

    Les notices papiers sont jugées utiles (à 85 %), mais « trop chargées » en informations (71 %) :

    • 65 % des sondés affirment que le format des notices papiers « ne donne pas envie de les lire » ;
    • seuls 21% disent les lire en entier, et 35 % pas du tout. En cause, un format peu attractif et un vocabulaire pas toujours compris.

    Pour pallier ce blocage, la moitié des sondés recherche des informations sur internet, malgré le risque de lire des fausses informations médicales.

    Un avis favorable au développement des e-notices :

    • 60 % des Français souhaitent le développement des e-notices (consultables via un smartphone ou un ordinateur) ;
    • principalement chez les jeunes : 83 % des 18 – 24 ans et 78 % des 25 – 34 ans.

    Du coté des professionnels de santé

    Même constat chez les professionnels de santé : les notices classiques ne sont pas perçues comme adaptées. 69% des pharmaciens et 83% des infirmières libérables considèrent qu’elles sont trop chargées en informations.

    La e-notice perçue comme un outil interactif facilitateur :

    • 93% des professionnels de santé y voient un avantage pour la mise à jour rapide des informations ;
    • les professionnels de santé déclarent à 78% voir les e-notices comme des « outils interactifs » d’aide à la délivrance, et qu’elles permettent, pour 58% d’entre eux, d’améliorer l’observation des traitements tout en limitant les mésusages.

    Tout en souhaitant conserver les notices papiers, les professionnels de santé et les patients s’accordent à vouloir développer l’usage de la e-notice « sous réserve que cette transition soit menée dans les bonnes conditions » suivantes :

    • avoir des liens pour signaler les effets indésirables (77 %) ;
    • avoir des conseils hygiéno-diététiques (70 %) ;
    • avoir des informations sur le recyclage (60 %).

    Plus globalement, les sondés suggèrent des contenus didactiques, comme des vidéos explicatives (64 %), des schémas (62 %), et pour les professionnels de santé, la possibilité de modifier la taille des caractères (77 %).

    Les 4 recommandations

    A la suite de ces enseignements, Haleon et l’Aflar proposent les recommandations suivantes :

    • permettre la création d’une notice « augmentée » en intégrant les contenus didactiques déclarés durant le sondage ;
    • déployer des outils pédagogiques pour améliorer la compréhension des notices de médicaments ;
    • privilégier l’accès aux notices via un QR code ;
    • et enfin, maintenir l’existence des notices papiers en attendant l’acculturation aux e-notices.

     

  • Législatives : que proposent les partis politiques en matière de santé ?

    A la suite de la dissolution de l’Assemblée nationale, et du premier tour des élections législatives du 30 juin, les partis politiques ont annoncé leurs programmes en matière de santé et de santé numérique. Leurs propositions s’inscrivent dans la continuité des annonces faites durant les présidentielles de 2022.

    La santé numérique ancrée dans les feuilles de route

    Les programmes politiques intègrent bien la e-santé dans leurs ambitions. L’usage de la télémédecine par exemple est souvent proposé pour palier les déserts médicaux. La majorité présidentielle souhaite maintenir un effort d’investissement en recherche et en innovation.

    Sur le plan de la politique de santé publique, les programmes répondent d’une part, à la demande d’accès aux soins, sujet qui reste une priorité pour les Français d’après plusieurs sondages, d’autre part aux enjeux sanitaires actuels comme les pénuries de médicaments.

    La faisabilité technique, financière et juridique fait l’objet de critiques de la part des experts et des analystes économiques. Les programmes manquent de détails et certaines propositions sont difficilement réalisables. Notamment sur le plan financier, en raison de coûts prévisionnels importants. Ce sont des questions qui restent en suspens.

    Détails des programmes en santé

    Rassemblement National, Nouveau Front Populaire, Renaissance.

    Rassemblement national :

    Intentions de vote (moyenne des derniers sondages, source ; touteleurope.eu au 26/06) : 35,7%

    Sièges estimés à l’Assemblée nationale (moyenne de l’ensemble des projections, source ; touteleurope.eu au 24/06) : 241/577

    Programme en santé (accès au programme) Programme en santé numérique
    • Réduire les déserts médicaux.
      • Moduler la rémunération selon le lieu d’installation des médecins généralistes.
      • Augmenter le nombre de centres de santé (pas de chiffres précis)
    • Soutenir l’hôpital public. 
      • Créer 10 000 places supplémentaires pour les formations d’infirmiers et d’aides-soignants.
      • Investir deux milliards d’euros sur cinq ans pour revaloriser les salaires du personnel hospitalier.
      • Limiter à 10% les postes administratifs.
    • Relocaliser la production de médicaments.
    • Mesures phares :
      • Suppression de l’AME (aide médicale d’Etat), qui sera remplacée par une “aide d’urgence vitale”.
      • Suppression des ARS (les préfets reprendraient la main).
    • Développer la télémédecine pour pallier les déserts médicaux.
    • Mettre en place des protocoles de sécurité pour protéger les infrastructures numériques de santé contre les cyberattaques.
    • Favoriser les solutions d’entreprises françaises dans le domaine de la santé numérique afin de renforcer l’autonomie technologique.

    Nouveau Front Populaire :

    Intentions de vote (moyenne des derniers sondages, source ; touteleurope.eu au 26/06) : 28,6%

    Sièges estimés à l’Assemblée nationale (moyenne de l’ensemble des projections, source ; touteleurope.eu au 24/06) : 181/577

    Programme en santé (accès au programme) Programme en santé numérique
    • Promouvoir la levée des brevets sur les vaccins.
      • Et de tout autre traitement susceptible de lutter contre les pandémies.
    • Mettre l’accent sur la prévention (pas plus de détails). 
    • Mesure phare : faire une « grande loi santé »
      • Réguler l’installation des médecins dans les déserts médicaux.
      • Rétablir des permanences de médecins libéraux dans les centres de santé.
      • Recruter plus de personnels hospitaliers.
      • Créer un Pôle du médicament pour relocaliser la production et pallier les pénuries
    • Doter chaque Etat européen d’une plateforme d’hébergement des données de santé.
    • Renforcer la régulation des données de santé personnelles contre l’exploitation commerciale.
    • Promouvoir les logiciels Open Source en santé.

    Renaissance :

    Intentions de vote (moyenne des derniers sondages, source ; touteleurope.eu au 26/06) : 19%

    Sièges estimés à l’Assemblée nationale (moyenne de l’ensemble des projections, source ; touteleurope.eu au 24/06) : 98/577

    Programme en santé (accès au programme) Programme en santé numérique
    • Développer un plan de lutte contre les déserts médicaux
      • Suppression du numérus clausus pour doubler le nombre de médecins.
      • Aides aux médecins pour les alléger des tâches administratives.
    • Adopter une loi européenne pour relocaliser la production des médicaments stratégiques, et faire des achats communs pour réduire les prix.
    • Mesure phare: La mutuelle à « 1 euro par jour »
      • Une couverture qui cible les retraités, étudiants, indépendants et demandeurs d’emploi sans mutuelle.
    • Renforcer l’investissement dans la recherche.
      • Créer un plan Marie Curie pour développer les vaccins et des traitements contre les cancers, maladies dégénératives (Alzheimer), et la recherche sur l’autisme.

    Les investitures issues du monde de la santé

    36 médecins, ainsi que quelques anciens ministres de la santé, se portent candidats aux élections législatives. 60% d’entre eux représentent la majorité présidentielle, 20% pour le Nouveau Front Populaire et 10% pour le Rassemblement National. voici la liste ; 

    Etiquette : Rassemblement National

    • Jean Philippe Chartier, Neurologue, Aveyron
    • Joëlle Mélin, Généraliste, Bouche du Rhône
    • Louis Albrand, Gériatre, Hautes Alpes
    • Thierry Frappé, Généraliste retraité, Pas de Calais

    Etiquette : Nouveau Front Populaire

    • Dominique Voynet, anesthésiste-réanimateur, Doubs
    • Charles Ménard, psychiatre, Gard
    • Jérôme Cahuzac, chirurgien, Lot et Garonne
    • Loïc Pen, Généraliste, Oise
    • Lucie Gaillot-Durand, Anatomo-cyto-pathologiste, Rhône
    • Raphaël Pitti, Anesthésiste-réanimateur, Hauts de Seine
    • Sabrina Benali, Urgentiste, Seine Saint Denis
    • Aurélien Rousseau (ministre de la Santé de juillet à décembre 2023) : candidature pour la septième circonscription des Yvelines.

    Majorité Présidentielle : Renaissance

    • Philippe Beury, Généraliste, Aube
    • Jean François Rousset, Chirurgien retraité, Aveyron
    • Bertrand Mas-Fraissinet, Généraliste, Bouche du Rhône
    • Véronique Bourcet-Giner, Généraliste, Bouche du Rhône
    • Thomas Meunier, Urgentiste, Charente
    • Didier Martin, Neuroradiologue, Côte d’Or
    • Marie Tamarelle-Verhaeghe, Eure
    • Robert Le Stum, Généraliste, Hérault
    • Laurence Cristol, Gériatre, Hérault
    • Olivier Véran, Neurologue, Isère
    • Yannick Neuder, Cardiologue, Isère
    • Geneviève Darrieussecq, Allergologue, Landes
    • Stéphanie Rist, Rhumatologue, Loiret
    • Michel Lauzzana, Généraliste, Lot et Garonne
    • Jean-Pierre Pont, Généraliste, Pas de Calais
    • Marc Médina, Généraliste, Pyrénées Orientales
    • Cyrille Isaac-Sibille, ORL, Rhône
    • Jean-Jacques Gaultier, Médecin Biologiste, Paris
    • Philippe Juvin, Anesthésiste, Hauts de Seine
    • Anne Genetet, Généraliste, Français établi hors de France
    • Olivier Véran (ministre de la Santé de février 2020 à mai 2022) : candidature pour la première circonscription de l’Isère.
    • Frédéric Valletoux (actuel ministre délégué à la Santé) : candidature pour la deuxième circonscription de Seine et Marne.
    • Brigitte Bourguignon (ministre de la Santé de mai à juillet 2022) : candidature pour la sixième circonscription du Pas-de -Calais.

    Autres (11,4%)

    • Frédéric Seigle-Murandi, Chirurgien esthétique, Bas-Rhin, Volt
    • Dominique Sassoon, Chirurgien retraité, Bouche du Rhône, Écologistes
    • Paul-André Colombani, Généraliste, Corse du Sud, Parti National Corse
    • Véronique Rogez, Généraliste retraité, Oise, Debout la France

     

  • Cancer du sein : des indicateurs précoces de l’impact de l’utilisation de l’IA dans le dépistage

    Contexte de l’étude:

    L’étude publiée dans la Revue Radiology, vise à comparer la charge de travail et les performances de dépistage avant et après l’intégration de l’IA. Cette étude rétrospective a analysé deux groupes de femmes âgées de 50 à 69 ans, qui ont subi un dépistage biennal par mammographie dans la région de Copenhague, au Danemark. Dans un contexte où Il a été démontré que le dépistage régulier du cancer du sein par mammographie réduit considérablement les taux de mortalité par cancer du sein et où les systèmes d’intelligence artificielle (IA) montrent des signes de maturité prometteurs, les chercheurs explorent l’apport  d’une approche combinée qui utilise des outils d’IA pour assister les radiologues dans l’analyse fine des mammographies contenant des marqueurs de lésions pour réduire la charge de travail des radiologues et préserver la sensibilité du dépistage.

    Système d’IA:

    Le système d’IA commercialement disponible utilisé pour le dépistage était Transpara (v.1.7.1; ScreenPoint Medical) . Ce système se compose de modèles d’apprentissage profond entraînés pour mettre en évidence et évaluer les lésions suspectes et les calcifications dans les mammographies. Les résultats de l’IA sont présentés au radiologue lors des lectures assistées par l’IA, avec un maximum de deux résultats par vue. De plus, le système d’IA génère un score d’examen variant de 1 à 10, qui est utilisé pour stratifier les dépistages en fonction de la probabilité de cancer du sein. Un score de 1 indique une très faible probabilité de cancer du sein, tandis qu’un score de 10 indique une forte probabilité de cancer du sein. Le système d’IA a été entraîné sur des mammographies provenant de sites en Europe et aux États-Unis, mais pas sur des mammographies de la région de la capitale du Danemark.

    Protocole d’imagerie et diagnostic :

    • Toutes les femmes ont eu des vues mammographiques numériques complètes mediolatérales obliques et craniocaudales de chaque sein, capturées à l’aide des systèmes Mammomat Inspiration ou Mammomat Revelations (Siemens Healthineers). Toutes les acquisitions ont suivi les lignes directrices danoises;
    • Tous les cancers dans cette étude étaient des cancers invasifs détectés lors du dépistage ou des carcinomes canalaire in situ confirmés par biopsie à l’aiguille suivant un rappel, un spécimen chirurgical, ou les deux ;
    • Les données sur les résultats de la biopsie et de la chirurgie (diagnostics, pathologie, positivité ganglionnaire et taille de la lésion) ont été extraites du Registre de pathologie danois entre le 1er octobre 2020 et le 15 avril 2023, garantissant au moins 180 jours de suivi après la mammographie de dépistage pour toutes les femmes .

    Résultats:

    Les taux de détection du cancer selon les catégories de densité du système BI-RADS (Breast Imaging Reporting and Data System),tels que déterminés par le deuxième radiologue sénior. Les barres d’erreur indiquent les IC à 95 %. * = P < .05. ns = non significatif.
    • Au total, 60 751 femmes ont été dépistées avant la mise en œuvre du système d’IA et 58 246 femmes après (âge médian : 58 ans [IQR, 54-64 ans] pour les deux cohortes);
    • Dans une étude rétrospective comparant 60 751 et 58 246 femmes dépistées pour le cancer du sein avant et après la mise en œuvre d’un système d’intelligence artificielle (IA), respectivement, 66,9 % (38 977 sur 58 246) des dépistages après l’implémentation du système d’IA ont été lus une seule fois, et 33,1 % (19 269 sur 58 246) ont été lus deux fois avec l’aide de l’IA.
    • La mise en œuvre du système d’IA a amélioré le taux de détection du cancer (0,70 % avant l’IA vs 0,82 % avec l’IA ; P = .01), le taux de faux positifs (2,39 % vs 1,63 % ; P < .001), la valeur prédictive positive (22,6 % vs 33,6 % ; P < .001), et le taux de petits cancers parmi tous les cancers invasifs diagnostiqués (36,6 % vs 44,9 % ; P = .02).
    • Le dépistage avec l’IA a réduit la charge de travail de lecture des radiologues de 33,5 % (38 977 sur 116 492 lectures) et le taux de rappel de 20,5 % (3,09 % avant l’IA vs 2,46 % avec l’IA).
    • Le diagramme de flux illustre les protocoles de lecture mammographique :avant (A) et après (B, C) la mise en œuvre d’un système d’intelligence artificielle (IA) dans le dépistage, avec (B) le seuil d’examen IA original (avant le 3 mai 2022) ou (C) un seuil IA plus élevé (le 3 mai 2022 ou après) pour sélectionner les dépistages pour une lecture unique. Les cases vertes indiquent les dépistages probablement normaux sélectionnés pour une lecture unique ; les cases jaunes indiquent les dépistages sélectionnés pour une double lecture assistée par IA, où les radiologues (*) avaient accès à un support décisionnel sous la forme de lésions mises en évidence par le système d’IA. Abréviations : neg. = négatif, pos. = positif.

     

     

  • UE : création du Bureau de l’IA pour réguler les applications de cette technologie

    Soutenir l’innovation et protéger des dérives

    L’Europe affiche déjà ses ambitions pour l’intelligence artificielle : favoriser l’innovation, limiter les risques et renforcer la confiance auprès du grand public. Pour y parvenir, le Bureau de l’IA “favorisera un écosystème européen de l’IA innovant, compétitif et respectueux des règles et des valeurs de l’UE”, a déclaré Thierry Breton, commissaire au Numérique. Composé de cinq unités et de 140 experts en technologie, juristes et économistes, il a pour objectif d’encadrer la législation en matière d’intelligence artificielle au sein de l’Union européenne, notamment dans le cadre de l’AI Act. Ce nouveau cadre règlementaire est entré en vigueur le 16 juin 2024.

    Sous la direction de Lucilla Sioli, ce nouveau bureau régulateur est rattaché à la direction générale des réseaux de communication, du contenu et des technologies de la Commission européenne (DG Connect).

    Les 5 missions du Bureau de l’IA :

    En collaboration avec les Etats membres, ce nouveau Bureau sera chargé de :

    • veiller au respect de la réglementation en matière d’intelligence artificielle, notamment sur les usages généraux ;
    • participer aux enquêtes, en cas de suspicions de litiges ;
    • prononcer des sanctions, en cas d’infractions avérées ;
    • promouvoir la recherche et l’innovation dans le domaine de l’intelligence artificielle ;
    • et positionner l’Union européenne comme un acteur de référence dans le paysage international.

    Un périmètre d’action couvert par 5 unités spécialisées :

    • Unité de réglementation et de conformité : définit la réglementation et veille au respect de celle-ci.
    • Unité sur la sécurité de l’IA : identifie et évalue les risques et les opportunités des cas d’usage.
    • Unité d’excellence en IA et robotique : soutient la recherche, le financement et le développement de modèles et d’applications innovantes en IA.
    • Unité « l’IA pour le bien de la société » : développe des usages bénéfiques pour le « bien commun » comme la modélisation météorologique.
    • Unité de coordination de l’innovation et des politiques en matière d’IA : veille sur les tendances technologiques, les investissements et favorise l’adoption de l’IA par le biais d’expérimentation en situation réelle.

    L’enjeu de la confiance : appréhender les risques pour une IA plus « sûre »

    Les termes « pour une IA sûre et digne de confiance » apparaissent régulièrement dans la communication de la Commission européenne. Ces éléments de langage font échos aux récentes études et sondages d’opinion qui montrent qu’une partie de la population semble inquiète vis-à-vis des dérives potentielles liées à l’IA (d’après une étude de KPMG, en février 2024, « 76 % des Français sont préoccupés par les risques liés à l’IA »).

    La perception des Français est plutôt positive dans le domaine de la santé. Bien que 60 % des Français considèrent qu’il faut un contrôle, ils sont deux sur trois à accepter par exemple qu’un médecin utilise l’IA pour poser un diagnostic. Le sentiment oscille entre une volonté d’intégrer ces technologies et des craintes vis-à-vis des dérives.

    Le poids des contraintes imposées aux acteurs de l’IA est proportionnel à la nature du risque qu’ils engendrent. Les systèmes peu risqués sont soumis à une réglementation légère. A l’inverse, les usages sensibles comme la gestion des forces de l’ordre sont soumis à de plus fortes exigences en matière de transparence. En imposant un cadre réglementaire rigoureux, la Commission européenne apporte une réponse à l’enjeu politique de la confiance de la population.

    Un rapport critique de la Cour des comptes européenne

    En mai 2024, un rapport de la Cour des comptes européenne a estimé que la Commission européenne s’est fixée des objectifs peu clairs au regard de l’enjeu « stratégique majeur » que représente l’IA. La CCE a également critiqué le manque de coordination entre les autorités nationales, un budget trop faible comparé aux investissements américains, ainsi que des carences dans le ciblage des priorités, notamment en matière d’investissement.

    Chaque année, la Commission européenne envisage d’investir un milliard d’euros dans l’IA, et d’attirer 20 milliards d’euros d’investissements dans l’Union européenne sur les dix prochaines années.

    Comme l’environnement et la lutte contre la désinformation, la santé est qualifiée, par la Commission européenne, de domaine dans lequel l’IA est « particulièrement bénéfique ». Cette régulation nécessite de trouver un équilibre entre les réponses apportées aux enjeux réglementaires, et le maintien d’un environnement économique et technologique propice à l’innovation.

     

  • Filière DM : 13 % des entreprises commercialisent des DMN (colloque Snitem)

    180 entreprises développent des DMN

    D’après l’étude du Snitem, 1 393 entreprises composent la filière industrielle du DM dont :

    • 360 qui ont une activité numérique ;
    • et 180 qui ont des DMN, plus spécifiquement.

    Les entreprises spécialisées dans les produits numériques, incluant les DMN, contribuent significativement au chiffre d’affaires total de la filière, indiquant l’importance croissante du secteur du numérique en santé. En effet, les entreprises recensées dans la filière DM réalisent un chiffre d’affaires de 32,6 milliards d’euros en 2023 :

    • 14,112 milliards d’euros sont réalisés par les entreprises ayant une activité numérique ;
    • et, plus spécifiquement, 8,28 milliards d’euros sont réalisés par les entreprises ayant des DMN.

    Comme le montre le graphique ci-dessous, cette filière est majoritairement constituée de petites et moyennes entreprises (PME), avec un nombre significatif de très petites entreprises (TPE) impliquées dans le développement de produits numériques à usage médical. Parmi les entreprise de taille intermédiaire (ETI) et/ou les grands groupes qui ont des DMN, on retrouve notamment B Braun Medical, Stryker ou Essilor International.

    Typologie des entreprises filière DM – @ H&TI

    30 % des entreprises ayant une offre numérique ont été fondées entre 2010 et 2022 :

    De 2010 à 2015, le nombre de nouvelles entreprises reste relativement stable avec de légères augmentations, jusqu’à atteindre son pic en 2017, avec la création d’une quinzaine d’entreprises ayant des DMN. Une baisse du nombre d’entreprises créés est ensuite enregistrée, jusqu’à 2022.

    Nombre de création d’entreprises ayant des DMN entre 2010 et 2022 – @ H&TI

    311 produits pour 180 entreprises

    Présentée lors du colloque “Numérique en santé” par Sandrine Degos, présidente de Care Insight, cette étude révèle que la télésanté (télésurveillance, téléradiologie, télésoin, etc.) est la catégorie de DMN la plus représentée dans la filière, avec des solutions comme Aptelecare de Healabs ou Itis de Deeplink medical, qui sont souvent des DM de classe I. Les DMN de télésanté sont principalement utilisés au domicile et à l’hôpital, ce qui explique la grande part de la télésurveillance. Ainsi, on retrouve sur le podium :

    • les DMN de télésanté qui représentent 27 % des produits ;
    • les DMN à usage clinique (aide à la prescription, aide à la dispensation, etc.) qui représentent 23 % des produits ;
    • et les DMN de traitement d’image qui représentent 22 % des produits.

    L’hôpital, la cible la plus prisée des DMN :

    Un même DMN peut être classé dans plusieurs catégories. Tandis que seulement 1 % des DMN s’adressent exclusivement à la médecine de ville (principalement des logiciels d’orthodontie pour les cabinets dentaires), l’hôpital ressort comme le lieu de soin le plus adressé par ces solutions. Elles peuvent ainsi être utilisée :

    • à l’hôpital exclusivement (25 %) ;
    • à l’hôpital et en ville (22 %) ;
    • ou à l’hôpital, en ville et au domicile du patient (20 %).

    45 % des outils sont proposés aux professionnels de santé :

    Près de la moitié des produits sont principalement utilisés par les professionnels de santé. D’autres, comme les solutions de télésurveillance, ont plusieurs interfaces et peuvent être utilisés à la fois par les professionnels et le patients.

    Répartition du type d’utilisateurs des DMN – @ H&TI

    23 % des DMN utilisent l’IA :

    L’utilisation de l’IA reste encore minoritaire dans les DMN, mais cela pourrait s’accélérer dans les prochaines années. Aujourd’hui, 62 % de ces solutions concernent le traitement d’images, notamment pour la détection de fractures, de nodules ou l’études d’organes. Cela reflète l’importance croissante de l’IA dans l’analyse et l’interprétation des images médicales, avec des cas d’usage en radiologie et en anatomocytopathologie.

    51 DMN d’imagerie médicale :

    L’imagerie médicale et les pratiques transdisciplinaires* concentrent le plus grand nombre de DMN disponibles en France. La cardiologie et la pneumologie se distinguent également comme des aires thérapeutiques porteuses, en réponse aux besoins qu’elles présentent, surtout en termes de prévalence des maladies cardiaques et respiratoires et de pénurie de professionnels experts.

    Répartition des DMN par aire thérapeutique ou discipline médicale – @ H&TI

     

    * Les pratiques « transdisciplinaires » englobent les DMN permettant de suivre les paramètres physiologiques vitaux, de simuler des interactions médicamenteuses, etc. Ces DMN peuvent donc être utilisés dans plusieurs domaines d’activité médicale.

    👉 Pour aller plus loin :

    Replay de la présentation de l’étude “Impact et poids du numérique dans l’industrie du dispositif médical” :