Articles

  • Cartographie des acteurs de la prise en charge de la douleur chronique

    Des centaines de structures d’étude et de traitement

    De nombreuses structures d’étude et de traitement de la douleur chronique ont été créées pour prendre en charge de manière spécifique la douleur des patients, qu’elle soit chronique ou qu’elle soit la conséquence d’une opération chirurgicale. Les structures les plus avancées sont les centres qui permettent une prise en charge pluridisciplinaire. Parmi ces acteurs, on retrouve le centre “évaluation & traitement de la douleur” de l’hôpital Foch, ou encore, l’un des derniers en date, l’institut de lutte contre la douleur de l’hôpital privé Paul d’Egine (Ramsay Santé) qui a ouvert en octobre 2023.

    Ces structures pluridisciplinaires peuvent se situer dans des établissements classiques, comme c’est le cas au CHU de Lille, ou dans des instituts ou centres créés spécifiquement pour répondre à cette problématique. Elles sont dédiées à la prise en charge de la douleur grâce à des professionnels de santé spécialistes, comme des acupuncteurs, des ostéopathes, des hypnothérapeutes, ou des psychologues, pour offrir aux patients une gamme variée d’approches thérapeutiques pour le traitement de leurs maux.

    En France, ces structures d’étude et de traitement de la douleur chronique se décomposent en plusieurs centaines d’établissements proposant des consultations contre la douleur et surtout de 70 centres spécialisés répartis sur tout le territoire métropolitain, ainsi que dans les territoires d’outre-mer, avec notamment deux centres à la Réunion.

    L’importance de la recherche pour une meilleure prise en charge

    Et si l’amélioration de la prise en charge de la douleur des patients est l’objectif final de tous les acteurs dédiés à la lutte contre la douleur, ces derniers participent aussi à cette cause par le biais de la recherche pour comprendre la douleur et les manières de la prendre en charge. En France, des fondations, des associations, mais aussi des instituts, déploient des efforts constants pour faire avancer cette recherche.

    L’Institut Analgesia fait partie de ces acteurs. En plus de compter plus de 20 centres de la douleur dans son écosystème, il a mis en place plusieurs projets de recherche qui ont abouti à des publications scientifiques, notamment sur le paracétamol, le remplacement des opioïdes, et sur l’utilisation d’outil numérique pour la surveillance et le suivi médical des patients. Ses recherches lui ont aussi permis de mettre en place des campagnes de sensibilisation, mais aussi de développer des applications mobiles pour accompagner au quotidien les patients douloureux chroniques suivis en centres de la douleur.

    Une recherche qui a aussi lieu à l’international :

    Plusieurs organisations internationales sont concentrées sur la recherche sur la douleur pour une meilleure prise en charge du patient. Parmi elles, on compte l’Association internationale pour l’étude de la douleur(IASP) qui soutient la recherche et la formation pour le traitement et la compréhension de la douleur, mais aussi la Fédération européenne de la douleur (EFIC) qui est une organisation qui regroupe les sociétés nationales européennes pour promouvoir la recherche et la gestion de la douleur.

    La formation des professionnels mène à une meilleure prise en charge :

    Une meilleure prise en charge des patients souffrants de douleur ne peut exister sans une formation adéquate des professionnels de santé. C’est pourquoi des acteurs français et internationaux se coordonnent pour former les médecins aux meilleures pratiques pour la gestion de la douleur des patients.

    C’est ce que fait en France le Centre national de ressources de lutte contre la douleur de l’AP-HP, et le World Institute of Pain à l’international. Ces acteurs forment sur plusieurs sujets, notamment sur les manières d’évaluer la douleur, sur les ressources thérapeutiques existantes pour les différents types de douleur ou encore sur les structures vers lesquelles orienter les patients.

    Cartographie des acteurs de la douleur

     

  • Etude : l’IA optimise la prise en charge personnalisée de la douleur chronique

    Vers une révolution clinique

    Avec ses conséquences et son impact pour les patients et la société, la douleur chronique est considérée comme une maladie à part entière, dans la onzième révision de la Classification internationale des maladies (CIM). Et parce qu’il s’agit d’un domaine où les méthodes traditionnelles, basées sur des évaluations subjectives et des protocoles standardisés, montrent leurs limites, l’IA se présente comme une solution qui pourrait redéfinir ses contours. Cette nouvelle revue, publiée en septembre 2024 dans le journal Advances in Machine Learning & Artificial Intelligence, met en évidence comment l’IA permet une gestion plus précise et individualisée de la douleur. En intégrant des modèles prédictifs et des dispositifs de surveillance en temps réel, elle transforme non seulement la manière dont les douleurs sont évaluées et surveillées, mais aussi comment les traitements sont ajustés en fonction des besoins spécifiques de chaque patient.

    La science translationnelle accélère l’intégration de l’IA :

    Un concept clé de cette étude est celui de la “science translationnelle”, qui joue un rôle clé dans l’intégration des outils d’IA en gestion de la douleur. La science translationnelle désigne le processus qui transforme les découvertes scientifiques réalisées en laboratoire en applications concrètes au chevet des patients. Dans le cadre de cette étude, elle permet de réduire l’écart entre la théorie et la pratique en rendant les avancées de l’IA directement exploitables en milieu clinique. Par exemple, les modèles prédictifs élaborés pour anticiper les trajectoires de douleur sont passés de simulations en laboratoire à des outils utilisés pour adapter les soins en fonction des besoins individuels des patients. De même, les dispositifs de surveillance en temps réel analysent aujourd’hui des données physiologiques directement auprès des patients, alertant les cliniciens en cas de signes de douleurs imminentes. Cette approche translationnelle garantit que les innovations en IA ne restent pas confinées à la recherche théorique, mais sont rapidement intégrées à la pratique.

    Des résultats probants en matière de prédiction et personnalisation

    Les résultats rapportés par cette étude démontrent que l’IA améliore significativement la prise en charge de la douleur par des interventions plus anticipées et ajustées. Cela s’illustre à travers quatre avancées principales :

    📌 Prédiction des trajectoires de douleur :

    Grâce à des algorithmes de machine learning, l’IA analyse des données antérieures de chaque patient (antécédents médicaux, réactions aux traitements, caractéristiques physiologiques) pour anticiper l’évolution de la douleur. Elle permet ainsi de distinguer les patients présentant un risque accru de douleurs chroniques après une chirurgie ou un traumatisme, ouvrant la voie à des stratégies préventives adaptées. Les modèles prédictifs aident donc à identifier les profils de patients plus susceptibles de souffrir de douleurs prolongées ou récurrentes et accompagnent les cliniciens dans la proposition de traitements proactifs et sur-mesure.

    📌 Surveillance et ajustement en temps réel via des dispositifs connectés :

    Les dispositifs portables, comme les montres connectées et autres capteurs, sont intégrés à des algorithmes d’IA qui analysent des indicateurs physiologiques (fréquence cardiaque, conductance cutanée, niveau d’activité physique) en continu. En cas de changement brusque (par exemple, une accélération de la fréquence cardiaque), l’IA détecte les signes d’un possible pic de douleur, alertant les cliniciens pour une intervention rapide. Cette surveillance proactive offre aux patients une prise en charge continue et ajustée, les cliniciens pouvant intervenir avant que la douleur ne s’intensifie, souvent sans attendre que le patient ne signale son inconfort.

    📌 Optimisation et personnalisation des traitements :

    En intégrant des données spécifiques au patient, y compris génétiques, l’IA est capable de prédire la réponse probable d’un individu à divers traitements, permettant ainsi de recommander les médicaments et dosages les mieux adaptés. Cette personnalisation est particulièrement précieuse pour limiter l’utilisation d’opioïdes, en réservant leur administration aux cas nécessaires et en privilégiant des solutions plus adaptées aux caractéristiques biologiques et psychologiques du patient. La réduction des opioïdes contribue à limiter le risque de dépendance et d’effets secondaires graves, tout en optimisant l’efficacité des traitements alternatifs.

    📌 Implication des patients et amélioration de leur adhésion :

    Les patients surveillés en temps réel expriment une satisfaction accrue, se sentant mieux soutenus grâce à l’adaptabilité de leur traitement. Ce suivi continu les engage davantage dans leur parcours de soins, augmentant ainsi leur adhésion aux recommandations médicales. Cette interactivité entre patients et cliniciens favorise une meilleure gestion de la douleur, évitant les variations soudaines dans les symptômes et maintenant un contrôle plus stable.

    Vers une médecine plus personnalisée et collaborative

    L’avenir de l’IA dans la gestion de la douleur se dessine autour de plusieurs axes prometteurs pour des soins encore plus précis et accessibles :

    Intégration avec la génomique et la neuro-imagerie :

    L’IA pourrait, à terme, inclure des données génétiques pour identifier des marqueurs de la perception de la douleur ou des réactions aux médicaments, permettant ainsi de proposer des thérapies plus finement adaptées. La combinaison de ces données avec des images cérébrales fournirait une vision encore plus détaillée des réponses spécifiques du cerveau à la douleur, pour une approche plus anticipative et préventive.

    Télémédecine et accessibilité des soins :

    L’IA peut être intégrée dans des plateformes de télémédecine, facilitant l’évaluation et le suivi à distance des patients vivant dans des régions reculées. Ce modèle de soins permettrait de compenser les inégalités d’accès aux spécialistes de la gestion de la douleur. En fournissant une analyse en temps réel, les outils d’IA pourraient aider les cliniciens à faire des ajustements de traitement instantanés, même à distance.

    Équité et lutte contre les biais algorithmiques :

    L’étude souligne la nécessité de développer des modèles d’IA entraînés sur des ensembles de données variés pour minimiser les biais et garantir des soins équitables. La transparence et l’explicabilité des algorithmes sont essentielles pour que les professionnels de santé et les patients aient confiance dans les recommandations de l’IA.

     

     

    * Artificial Intelligence in Pain Management: Advancing Translational Science in Digital Health Research from Bench to Bedside.

    Borges, Julian Y. V. (2024).

    Adv Mach Lear Art Inte, 5(3), 01-06.

     

  • Contexte et chiffres clés de la gestion de la douleur chronique en France

    12 M de Français affectés par la douleur chronique 

    Selon la Société française d’étude et traitement de la douleur (SFETD), la douleur chronique représente un réel phénomène de société en France, touchant 12 millions de personnes, soit plus de 20 % de la population. Près de 32 % des Français vivent avec une douleur quotidienne persistante depuis plus de trois mois. Parmi les douleurs les plus fréquentes, on retrouve le mal de dos, les céphalées et les douleurs neuropathiques, avec des pathologies spécifiques comme la fibromyalgie qui affecte 1,6 % de la population adulte et touche majoritairement les femmes. 

    Des répercussions psycho-sociales 70 % des cas :

    La douleur chronique a un impact profond sur la qualité de vie affectant la santé mentale et la vie sociale des patients. 70 % des patients éprouvent des répercussions psychosociales incluant : 

    • des troubles du sommeil ;  
    • de l’anxiété ;  
    • de la dépression ; 
    • et des troubles cognitifs.  

    Deux patients sur trois rapportent ne pas être soulagés par leur traitement (selon l’étude « Survey en chronic pain »). Les femmes souffrant d’endométriose considéré comme douleur chronique par exemple, ressentent des douleurs invalidantes qui affectent leur mobilité, leur activité sportive et leur qualité de vie quotidienne. 

    Premier motif de consultation dans les services d’urgence :

    La douleur est un des premiers motifs de consultation dans le système de santé français. Elle représente la première raison de visite aux urgences et en médecine générale. Dans ces services, plus de 60 % des patients arrivent avec une douleur modérée à sévère mais moins de la moitié reçoivent un traitement antalgique lors de leur admission selon la SFEDT. Parmi les recommandations de la SFEDT, une amélioration des protocoles est suggérée pour une prise en charge rapide et adéquate de la douleur dès l’admission. 

    Une pathologie reconnue comme maladie par l’OMS

    Depuis 2019, la douleur chronique est officiellement classée comme une maladie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans la classification internationale des maladies (CIM). L’International Association for the Study of Pain (IASP) en collaboration avec la SFETD a redéfini en 2020 la douleur comme une « expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à une lésion réelle ou potentielle ». Cette définition élargie inclut les individus incapables de verbaliser leur douleur tels que les nourrissons prématurés ou les patients non communicants. 

    Une priorité dans les soins palliatifs :

    Les patients atteints de cancer vivent non seulement avec la maladie mais aussi avec des douleurs persistantes. 30 à 45 % des patients aux stades précoces du cancer présentent des douleurs modérées à sévères et ce chiffre atteint 75 % dans les stades avancés. Le 3 Plan Cancer a renforcé la formation des cancérologues en matière de gestion de la douleur mais des progrès sont encore nécessaires (Livre Blanc de la douleur chronique du ministère de la santé, 2017). 

    Les personnes âgées particulièrement touchées :

    Environ 50 % des personnes âgées de plus de 65 ans vivant à domicile et jusqu’à 83 % de celles en institution souffrent de douleurs persistantes. La douleur chronique, notamment due à l’arthrose et aux douleurs neuropathiques peut accélérer la perte d’autonomie aggravant les handicaps et les troubles associés comme la dépression et la dénutrition. 

    45 % des patients chroniques en arrêt de travail prolongé 

    La douleur chronique a également un fort impact économique. Selon le ministère de la santé, 45 % des patients chroniques sont en arrêt de travail prolongé cumulant en moyenne plus de quatre mois d’absence par an. Le taux d’arrêt de travail est ainsi 5 fois plus élevé pour ces patients et 40 % d’entre eux subissent une perte d’emploi ou un changement de poste en raison de leur condition  

    Le coût de la prise en charge de la douleur chronique est également important. Selon l’étude “Econep”, les dépenses moyennes pour un patient douloureux incluent 7 000 euros en hospitalisation dans le privé et 14 500 euros dans le public avec des frais supplémentaires de 580 euros pour les médicaments et entre 3 630 euros et 5 150 euros pour les soins non médicamenteux.  

    Par ailleurs, en extrapolant les données, il est estimé que la douleur chronique génère 72,2 millions de consultations supplémentaires chaque année en France avec un surcoût de 1,163 milliards d’euros. 

    Une prise en charge structurée et des progrès attendus :

    La gestion de la douleur chronique en France est structurée autour de 23 structures spécialisées d’étude et de traitement de la douleur avec 8 centres et 15 consultations offrant des soins de proximité et des expertises multidisciplinaires selon l’ARS Hauts de France. Cependant moins de 3 % des patients chroniques bénéficient de cette prise en charge spécialisée.  

    Chiffres clés – @ H&TI

     

  • Des avancées et disparités régionales dans la gestion de la douleur chronique en France : un besoin d’une action renouvelée

    La France peine à engager son 4e plan d’action

    Plusieurs textes réglementaires et politiques publiques (Plans Douleur) positionnent la gestion de la douleur comme une priorité en matière de santé publique en France. Pour garantir ce droit fondamental aux patients, des mesures visent à promouvoir une culture de la prise en charge de la douleur, avec la création de structures dédiées (SDC), la labellisation, le financement (mission d’intérêt général), la formation du personnel, etc.

    Depuis une dizaine d’années, les initiatives dans ce domaine se sont amoindries. Après trois plans Douleur (entre 1998 et 2010), un 4e plan d’action douleur devait voir le jour en 2013, mais il a été abandonné malgré des axes proposés et des mois de travail pour le définir. Ce ralentissement soulève des interrogations sur la volonté des autorités publiques de maintenir ou de renforcer les efforts engagés. La Société française d’étude et de traitement de la douleur (SFETD) mentionne :

    « Depuis 2013, aucun plan, aucun programme, aucune action gouvernementale n’ont été mis en œuvre autour de la douleur, alors qu’il s’agit d’un des premiers postes budgétaires en santé publique. La SFETD milite pour une nouvelle sensibilisation de tous les acteurs de soins mais aussi de la population autour des douleurs et de leur prise en charge. Le gouvernement doit être le vecteur de ce vaste plan d’actions dont un des axes concerne l’usage et le mésusage des antalgiques. »

    Les bases légales de l’accès aux soins palliatifs et à la gestion de la douleur

    La gestion de la douleur et l’accès aux soins palliatifs sont encadrés par un ensemble de textes législatifs en France, visant à garantir un accompagnement approprié des patients en fin de vie ou atteints de maladies chroniques graves. La loi du 9 juin 1999, relative à l’accès aux soins palliatifs, constitue la base de ce cadre réglementaire.

    Article 7 : « Les établissements de santé, publics ou privés, et les établissements médico-sociaux mettent en œuvre les moyens propres à prendre en charge la douleur des patients qu’ils accueillent et à assurer les soins palliatifs que leur état requiert, quelles que soient l’unité et la structure de soins dans laquelle ils sont accueillis. Pour les établissements de santé publics, ces moyens sont définis par le projet d’établissement visé à l’article L. 714-11. Pour les établissements de santé privés, ces moyens sont pris en compte par le contrat d’objectifs et de moyens visé aux articles L. 710-16 et L. 710-16-1. »

    La loi n° 2002-303 du 4 mars 2002, relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, stipule que « toute personne a le droit de recevoir des soins visant à soulager sa douleur. Celle-ci doit être en toute circonstance prévenue, évaluée, prise en compte et traitée. » Les professionnels de santé mettent en œuvre tous les moyens à leur disposition pour assurer à chacun une vie digne jusqu’à la mort.

    En complément, la loi Claeys-Leonetti de 2016 renforce les droits des patients en fin de vie, notamment par la reconnaissance du droit à une sédation profonde et continue jusqu’au décès pour les patients dont le pronostic vital est engagé à court terme. Elle s’inscrit dans la continuité de la loi Leonetti de 2005, qui visait déjà à lutter contre l’acharnement thérapeutique, mais apporte des précisions et de nouvelles dispositions pour mieux encadrer les situations complexes en fin de vie.

    En résumé, les réglementations établissent le droit pour chaque citoyen de bénéficier :

    • du soulagement de la douleur : les soins palliatifs intègrent l’usage de traitements analgésiques, notamment des opioïdes, pour une gestion efficace de la douleur, la loi encourage une évaluation régulière de la douleur par les professionnels de santé et l’ajustement des traitements selon les besoins spécifiques du patient ;
    • de la prise en charge globale : en plus du traitement de la douleur, la loi met en avant la nécessité de prendre en compte la souffrance psychologique, sociale et spirituelle, cela inclut un accompagnement psychologique pour les patients et leurs familles, ainsi qu’un soutien social pour aider à gérer les implications financières et administratives liées à la maladie ;
    • et du respect des souhaits du patient : la loi promeut l’écoute et le respect des volontés du patient concernant sa fin de vie, elle encourage la rédaction de directives anticipées, permettant aux patients d’exprimer leurs souhaits concernant les traitements à recevoir ou à refuser.

    Du ministère de la Santé aux ARS, quelle architecture de la politique publique ?

    La gestion de la douleur en matière de politique publique implique un ensemble d’intervenants dans le domaine de la santé publique. Les ministères et institutions nationales définissent la politique publique de gestion de la douleur en France. Le ministère de la Santé et de la Prévention est le principal organisme orientant cette politique, soutenant les initiatives de sensibilisation et pilotant le financement des programmes dédiés à la prise en charge de la douleur. Son bras exécutif, la Direction générale de la santé (DGS), est responsable de l’élaboration et de la mise en œuvre de stratégies et programmes spécifiques, couvrant notamment la douleur post-opératoire, la douleur chronique et les soins palliatifs. Santé publique France œuvre pour la prévention et la promotion de la santé en réalisant des études épidémiologiques sur l’impact de la douleur en santé publique, tout en organisant des campagnes d’information pour sensibiliser le public aux traitements disponibles.

    Pour assurer une mise en œuvre efficace de la loi, les établissements de santé ont été incités à créer des unités de soins palliatifs (USP) et à intégrer des pratiques palliatives dans les services de médecine générale. Les Agences Régionales de Santé (ARS) sont chargées de la mise en œuvre régionale de ces politiques. La Haute autorité de santé (HAS) élabore des recommandations cliniques pour standardiser les pratiques.

    Le rôle central de la médecine de ville

    La HAS publie des recommandations et des guides de bonnes pratiques pour les professionnels de santé. Elle se concentre également sur l’évaluation des traitements antidouleur et les protocoles d’accompagnement.

    En février 2023, la HAS, avec le Collège de médecine générale (CMG) et la SFETD, a publié un guide de parcours de soins pour les personnes souffrant de douleur chronique, visant à améliorer leur qualité de vie. Ce guide préconise une prise en charge graduée en trois niveaux, où la médecine de ville joue un rôle central, assurant une réponse adaptée aux besoins des patients en fonction de la complexité de leur douleur. Le nouveau parcours propose une meilleure coordination entre la médecine de ville et les structures spécialisées en douleur, soutenue par des outils de télésanté et des interfaces ville-hôpital. Pour les situations les plus complexes, des centres spécialisés assurent une prise en charge approfondie, en collaboration avec le médecin traitant qui reste le pivot de ce parcours.

    Les mesures innovantes des plans nationaux de lutte contre la douleur

    Depuis la fin des années 1990, la France a mis en place une série de plans nationaux de lutte contre la douleur pour répondre à ce problème de santé publique. Dès 1998, avec le premier plan triennal, les autorités ont initié un programme structuré visant à améliorer la gestion de la douleur dans les établissements de santé, à renforcer la formation des professionnels et à sensibiliser le public. Ces plans successifs intègrent des mesures comme l’évaluation systématique de la douleur, la création de structures spécialisées et la formation continue des soignants.

    Le premier plan (circulaire DGS 98-586 du 24 septembre 1998), triennal (1998 – 2000), propose plusieurs mesures :

    • Développement dans les établissements de santé et les réseaux de soins : Chaque établissement doit intégrer des moyens pour la gestion de la douleur, avec une utilisation systématique des échelles d’évaluation de la douleur, comme l’échelle visuelle analogique (EVA).
    • Formation et information des professionnels de santé : Il est prévu d’étendre la formation initiale et continue sur la prise en charge de la douleur pour les professionnels médicaux et paramédicaux. Un kit pédagogique sera également mis à disposition.
    • Prise en compte de la demande des patients : Un “carnet douleur” sera remis aux patients pour les informer sur les options de gestion de la douleur. La satisfaction des patients concernant la prise en charge de leur douleur sera évaluée via des questionnaires de sortie.
    • Campagne d’information : Une campagne nationale d’information sera menée pour sensibiliser le public et les professionnels sur la lutte contre la douleur.

    Dans la continuité de ce plan, un deuxième plan national de lutte contre la douleur a vu le jour (2002 – 2005), avec de nouvelles orientations :

    • prévention et traitement de la douleur provoquée par les soins (accent sur les actes chirurgicaux et quotidiens) ;
    • prise en charge de la douleur de l’enfant (spécifique à la douleur aiguë et chronique) ;
    • reconnaissance et traitement de la migraine (développement de structures spécialisées et formation des professionnels) ;
    • accès aux structures spécialisées pour les patients souffrant de douleurs chroniques rebelles ;
    • renforcement du rôle des infirmiers et des programmes de prise en charge de la douleur ;
    • campagnes de sensibilisation et d’information publique.

    Le troisième plan d’amélioration de la prise en charge de la douleur (2006 – 2010) renforce ces axes en intégrant l’usage de thérapies non-médicamenteuses comme la neurostimulation et en améliorant la coordination entre les services. Ce plan, piloté par la Direction générale de l’offre de soins (DGOS), assure une mission de veille pour garantir la mise en œuvre des actions prévues.

    Un quatrième plan a été envisagé sous la forme d’un programme national pour 2013-2017, mais il n’a pas été mis en œuvre, malgré les recommandations des associations de patients, des professionnels de santé et du monde politique.

    Les bilans des plans pointent des disparités et un accès inégal aux soins :

    Les bilans des trois plans nationaux de lutte contre la douleur en France révèlent des avancées comme l’utilisation systématique de l’EVA, une attention accrue à la douleur de l’enfant et aux douleurs post-opératoires, et une meilleure structuration des soins grâce aux interfaces ville-hôpital. Ces bilans montrent également des disparités régionales dans l’application et des lacunes dans la formation pluridisciplinaire et la coordination des soins de ville et hospitaliers.

    L’absence d’un quatrième plan a amplifié ces lacunes, et les recommandations actuelles appellent à un renforcement des actions pour mieux répondre aux besoins des patients.

    Dans un communiqué de février 2023, la HAS affirme que « si les trois plans nationaux de lutte contre la douleur (1998 à 2010) ont permis de progresser, la prise en charge de la douleur chronique et la formation des professionnels sont encore à améliorer. Les délais de prise en charge restent trop importants au regard des critères internationaux. Aujourd’hui, on estime que 70 % des patients n’ont pas de prise en charge adaptée. Par ailleurs, des inégalités territoriales d’accès aux soins spécialisés persistent, notamment pour les populations les plus vulnérables. Or, plus la prise en charge est tardive, plus la situation est complexe et les possibilités d’amélioration limitées. »

    L’engagement des pouvoirs publics jugés insuffisants :

    En France, la prise en charge de la douleur est en attente d’un nouvel élan. Aujourd’hui, des acteurs de la santé, dont la HAS, les sociétés savantes et les associations de patients, continuent de publier des recommandations et des guides pour optimiser la prise en charge de la douleur chronique. D’après une enquête CSA pour Sanofi, 92 % des Français ont souffert d’une douleur de courte ou longue durée dans l’année (« Les Français et la douleur »).

     

  • Téléassistance : doubler le taux d’équipement avec le numérique d’ici 2030

     

    Le dernier cahier de la Silver économie est consacré aux défis que doivent relever les opérateurs de téléassistance pour se développer et couvrir 20% des plus de 75 ans, alors que la France est actuellement sous-équipée. En 2024 12% seulement des personnes âgées de 75 ans et plus sont équipées d’un dispositif de téléassistance, un retard significatif par rapport au Royaume-Uni (36 %) ou l’Espagne (19 %). Ce taux augmente peu, de 2 à 3% par an, suivant la courbe démographique, alors même que le plan national antichutes demande de mobiliser largement le recours à la téléassistance.

    Plusieurs facteurs d’explication au sous-équipement français :

    • Ce dispositif souffre d’une image plutôt négative : 87 % des proches le considèrent comme un marqueur de dépendance plutôt qu’un outil de prévention ;
    • Le modèle économique du secteur est sous tension, avec des prix tirés vers le bas par les appels d’offres publics. Les opérateurs, concentrés sur ces marchés institutionnels, peinent à développer une offre attractive en direction des particuliers. Cela constitue une limite financière à l’investissement dans l’innovation, alors que la révolution numérique offre actuellement la possibilité de développer de nouveaux services.

    Saisir l’opportunité du digital

    La téléassistance doit évoluer vers des solutions capables d’anticiper les situations à risque, plutôt que de simplement réagir aux incidents. Le passage au digital ouvre des opportunités, avec une diversification des services, car il permet d’intégrer de l’IA et l’internet des objets. De nouvelles fonctionnalités sont alors possibles, telles que la détection automatique des chutes ou les chemins lumineux pour les déplacements nocturnes.

    Plusieurs entreprises dessinent l’avenir du secteur :

    📌 Tunstall-Vitaris (TV) : pour le leader français l’avenir passe par une utilisation plus préventive de la téléassistance : « de plus en plus de personnes s’abonnent avant qu’un incident grave ne survienne », note Alain Monteux, président de TV. La marque mise sur l’innovation technologique permettant une analyse fine des comportements et une détection précoce des signes de fragilité. La téléassistance devient ainsi un maillon essentiel du maintien à domicile.

    Alain Monteux plaide pour une action concertée entre acteurs publics et privés. Il propose notamment la création d’un véritable service public de la téléassistance, soutenu par une taxe similaire à l’écotaxe, qui garantirait un financement stable sur le long terme. Il souligne qu’il « manque aujourd’hui un facilitateur au niveau gouvernemental pour coordonner les différents acteurs et simplifier l’accès aux financements ».

    📌 Arkea On Life, opérateur de téléassistance traditionnel, partage la nécessité d’évoluer vers une prestation plus préventive, basée sur le numérique. Il insiste sur son acceptabilité :« Plus la solution est technologique, moins ça doit se voir. Les industriels doivent proposer des solutions très avancées technologiquement, mais simples d’usage pour éviter tout blocage de la part des utilisateurs ».

    Pour Olivier Bessières, directeur commercial, la téléassistance est trop associée aux personnes âgées dépendantes, alors qu’elle peut être utile dans de nombreuses situations, comme un retour de maternité. Il faut « déstigmatiser » la téléassistance en mettant l’accent sur ses aspects positifs :« sensibiliser les donneurs d’ordre aux gains financiers potentiels » en faisant valoir par exemple qu’équiper un logement en télésurveillance coûte moins cher que deux mois en EHPAD. « Le rapprochement entre la téléassistance et le médical est également une piste prometteuse. Face à la raréfaction des médecins, la téléassistance pourrait être proposée en complément de solutions de téléconsultation ou de visites médicales ».

    📌 Urmet France : Le groupe, acteur majeur du contrôle d’accès, élargit aujourd’hui son offre vers la téléassistance avec Solinnov, une approche technologique alternative aux dispositifs traditionnels. « Nous installons des capteurs de mouvement et d’ouverture, sans aucune caméra, qui analysent pendant 6 à 8 semaines les habitudes de vie de la personne », explique Pascal Perrin, directeur opérationnel d’Urmet France. Solinnov repère des routines de vie et génère une alerte en cas d’anomalie. Il ne détecte pas seulement les chutes, mais vise une approche globale préventive. « Par exemple, si une personne ne sort pas pendant trois jours, un opérateur l’appelle pour prendre de ses nouvelles. Cela permet de détecter des situations d’isolement ou de dépression naissante. (…) Les personnes équipées bénéficient d’un suivi à travers un service nommé “La Bienveillante Attention”. Les télésurveilleurs sont chargés de prendre contact en cas d’incident mais ils appellent également régulièrement les personnes pour se présenter, prendre des nouvelles et avoir une courte interaction sociale avec elles ».

    L’Afrata veut dynamiser le marché

    L’Association française de téléassistance (Afrata), qui fédère 85% des opérateurs, a publié un manifeste, dans lequel elle propose huit séries de mesures qu’elle estime nécessaires pour atteindre 20% des plus de 75 ans en 2030, parmi lesquelles :

    • l’établissement d’un socle-qualité, reprenant la charte des bonnes pratiques garantissant des critères de qualité et d’éthique, parmi lesquels la protection des données personnelles ;
    • l’intégration systématique de la téléassistance dans les plans d’aides et les plans de prévention ;
    • l’intégration de la téléassistance dans les parcours de soins et dans Mon Espace Santé ;
    • l’obligation de la téléassistance dans les logements seniors neufs ;
    • l’obligation de la téléassistance de la TA comme une condition d’éligibilité à l’APA ;
    • l’intégration de la TA dans tous les nouveaux services d’aide à domicile et dans tous les CPOM ;
    • l’association systématique des professionnels de la téléassistance aux réflexions sur l’organisation de la filière sanitaire et sociale, la dépendance, les établissements de santé et les services de secours.

    Ces propositions visent à structurer le marché tout en préservant son dynamisme, notamment dans le segment B2C.

    L’émergence d’un possible service public de la téléassistance, soutenu par des mécanismes de financement pérennes garantissant l’accès au service pour tous, pourrait « constituer le catalyseur nécessaire pour hisser la France au niveau de ses voisins européens ».

     

  • AAP : l’ANR lance « TSIA 2025 » pour favoriser l’adoption de l’IA dans la recherche scientifique (17/03)

    Une ambition pour l’innovation en IA

    Dans le cadre de la stratégie nationale en IA, l’ANR lance un AAP dédié à la promotion de la découverte scientifique, avec pour objectif de soutenir des projets innovants qui combinent recherche en IA et avancées scientifiques. L’ambition de l’Agence est de faciliter le développement d’outils et de méthodologies permettant de propulser la recherche scientifique, notamment grâce à des approches pluridisciplinaires et collaboratives. Il s’inscrit dans la dynamique de l’IA de confiance et frugale, conformément aux priorités du gouvernement pour faire de la France un leader mondial en IA.

    Encourager la recherche collaborative et interdisciplinaire :

    Cet AAP cible la mise en place de collaborations entre chercheurs spécialisés en IA et experts d’autres domaines scientifiques. Les projets doivent viser plusieurs objectifs, dont :

    • le développement de méthodes d’IA robustes et fiables, en lien avec les spécificités des différentes disciplines scientifiques (santé, biologie, physique, etc.) ;
    • la création de logiciels ouverts, facilitant l’agrégation, le nettoyage et l’analyse des données scientifiques ;
    • l’optimisation des simulations scientifiques, en utilisant des modèles d’IA pour tester des hypothèses ou prédire des phénomènes complexes ;
    • la mise en place de benchmarks permettant de mesurer les progrès accomplis grâce à l’IA.

    Les projets devront également s’inscrire dans une perspective de durabilité, avec une attention particulière portée à l’impact environnemental des solutions proposées.

    L’ANR souligne l’occasion unique que peut représenter cet AAP pour les chercheurs en IA, de collaborer avec des scientifiques d’autres disciplines et de contribuer à des avancées majeures dans la recherche scientifique. Les projets retenus participeront activement à la transition vers un futur où l’IA est au cœur de la découverte scientifique.

    Conditions et modalités de dépôt

    L’appel est ouvert à des consortiums constitués d’au moins deux partenaires, dont un acteur public de la recherche. Les candidats peuvent être des laboratoires académiques ou des entreprises de toute taille, tant que les travaux sont réalisés en France.

    Critères d’éligibilité :

    Les propositions doivent répondre à plusieurs critères pour être jugées admissibles :

    • Complétude : La proposition doit être déposée en ligne dans les délais impartis et inclure tous les documents requis : un formulaire, un document scientifique détaillant le projet (15 pages maximum), et les CV des responsables scientifiques.
    • Consortium : Le projet doit inclure un minimum de deux partenaires, dont un laboratoire public éligible pour le financement de l’ANR. Les entreprises de R&D (startups, PME) peuvent également être intégrées dans le consortium.
    • Exclusivité : Chaque chercheur ne peut être impliqué dans plus d’un projet en tant que coordinateur ou responsable scientifique.
    • Durée : Les projets doivent durer entre 36 et 48 mois.

    Les propositions sont vérifiées pour s’assurer qu’elles respectent les critères de dépôt, notamment le format et la date de soumission. Aucun document ou modification ne pourra être ajouté après la clôture de l’appel.

    Une sélection basée sur une évaluation par les pairs :

    Les projets reçus seront évalués selon des critères rigoureux, avec une attention particulière portée à :

    • l’excellence scientifique et technique : les propositions doivent démontrer une rupture et un potentiel d’innovation significatif ;
    • la faisabilité : le plan de travail et le budget doivent être réalistes et bien définis ;
    • la qualité du consortium : la complémentarité des partenaires et leur capacité à collaborer de manière pluridisciplinaire ;
    • l’exploitation et la diffusion : les résultats doivent avoir un potentiel de valorisation scientifique et industrielle.

    Un financement de 700k€ pour chaque projet :

    Chaque projet sélectionné pourra bénéficier d’une aide maximale de 700 000 euros, frais de gestion inclus. La durée des projets devra être de 36 à 48 mois, et un suivi scientifique sera assuré tout au long de l’exécution, ainsi que deux ans après la fin du projet.

    Les projets devront également respecter les réglementations européennes et les règles financières de l’ANR, notamment en ce qui concerne les entreprises privées partenaires. Une analyse financière peut être requise pour ces partenaires, et l’ANR pourra également exiger des documents supplémentaires.

    👉 Le dépôt des projets se fait exclusivement en ligne sur le site dédié de l’ANR. Le formulaire à compléter et les autres documents doivent être soumis avant le 17 mars 2025 à 17h00, sans possibilité de modification après cette échéance. L’ANR recommande de soumettre les propositions en anglais, notamment si une évaluation par des experts non francophones est envisagée.

     

  • Cancer de la prostate : deux avancées IA de l’Institut Curie pour un diagnostic sans biopsie

    Un cancer à bon pronostic, mais un dépistage aux limites reconnues

    L’institut Curie vient de présenter deux innovations boostée par l’IA qui accélère et optimisent le diagnostic du cancer de la prostate. En France, le cancer de la prostate, avec environ 60 000 cas par an, est le plus fréquent chez les hommes. Plusieurs options thérapeutiques, comme la chirurgie, la radiothérapie externe, la stéréotaxie, la curiethérapie et l’hormonothérapie, permettent une prise en charge efficace de ce cancer à bon pronostic. Toutefois, les méthodes de dépistage classiques présentent des limites : les tests sanguins de l’antigène spécifique de la prostate (PSA) manquent de spécificité, tandis que les biopsies transrectales, bien que nécessaires, posent des risques d’infection et de complications, et les biopsies échographiques peuvent ne pas détecter toutes les lésions

    Un algorithme de Deep Learning intégrant des milliards d’images de haute résolution de biopsies

    Le service de pathologie de l’Institut Curie utilise en routine l’outil D’IA de  la société israélienne Ibex qui repose sur un algorithme de Deep Learning formé à partir de milliers de cas, intégrant des images de haute résolution de biopsies. Cet algorithme

    • Identifie les anomalies dans les tissus et détecte les zones les plus à risque,
    • Réduit le marges d’erreur
    • Augmente la précision de détection des cellules cancéreuses.

    L’IA d’Ibex a démontré une précision diagnostique de 98% et réduit ainsi les biopsies inutiles de 30%.

    Un test urinaire en cours de validation

    Parallèlement, l’unité de dynamique de l’information génétique de l’Institut Curie a développé un test diagnostique non invasif du cancer de la prostate basé sur l’analyse de l’ADN non codant présent dans les urines. Ce test repose sur :

    • La découverte de biomarqueurs d’ADN issus de la partie non codante du génome,
    • Le séquençage de nouvelle génération
    • Des algorithmes d’intelligence artificielle.

    Ces outils permettent de détecter des séquences d’ADN non codant surexprimées dans les tumeurs, facilitant ainsi le diagnostic de la maladie.

    Le test est actuellement évalué dans l’étude clinique « Hope », coordonnée par l’Institut Curie avec l’hôpital Henri-Mondor et l’Institut Mutualiste Montsouris. Sa précision est testée sur 118 hommes pour valider son efficacité en diagnostic, pronostic et surveillance des cancers de la prostate.

     

  • Valeur en santé, par où commencer ? Un guide pour les organisations de santé

    Le succès de Santeon avec les unités de pratique intégrée (UPI) et la Valeur en Santé

    Santeon, un réseau néerlandais de sept hôpitaux universitaires de premier plan, a réussi en seulement 18 mois à réduire de près de 30 % les séjours hospitaliers inutiles et jusqu’à 74 % le taux de ré opérations dues à des complications chez les patientes atteintes d’un cancer du sein. Leur secret, ils ont fait le pari de miser sur la transparence et la création de valeur pour les patients par une implémentation structurée des principes de la Valeur en Santé (VBHC).

    Cette approche permet de relever les défis majeurs d’accès à une santé publique de qualité, en définissant la valeur comme le rapport entre les résultats de santé qui comptent pour les patients et la totalité des ressources mises à disposition pour atteindre ces résultats.

    Cet article propose une vue d’ensemble des Unités de Pratique Intégrée (UPI), un élément central de l’Agenda de la Valeur, le framework stratégique en six etapes présenté dans la publication Redefining Healthcare : Creating Value-Based Competition on Results (2006) par Elizabeth O. Teisberg et Michael E. Porter de l’Université Harvard. Ce framework permettra de basculer le système de santé vers un système créateur de valeur pour les patients. Les IPUs sont l’element qui permet de déclencher toutes les autres phases de l’Agenda de la Valeur.

    Les unités de pratique intégrée : un pilier clé du Value-Based Healthcare

    Les Unités de Pratique Intégrée (UPI) organisent les soins en fonction de conditions médicales spécifiques, telles que le cancer du sein, le cancer de la prostate ou l’arthrose de la hanche, plutôt que par spécialités médicales traditionnelles comme la cardiologie ou la pneumologie. Cette approche centrée sur les besoins des patients, plutôt que sur les départements médicaux, permet d’améliorer la coordination des soins et de réduire la fragmentation. Par exemple, dans une UPI dédiée aux maladies cardiovasculaires, une équipe multidisciplinaire accompagne le patient à chaque étape de son parcours, ce qui réduit les complications postopératoires et accélère le rétablissement.

    La mise en place d’une UPI repose sur l’intégration d’équipes multidisciplinaires composées de professionnels cliniques et non cliniques, tels que des médecins, infirmiers, thérapeutes et travailleurs sociaux. Ces équipes travaillent ensemble pour coordonner les soins du diagnostic au suivi, offrant ainsi une approche continue et cohérente. En se concentrant sur des groupes de patients bien définis, les UPI renforcent l’expertise collective, encouragent la collaboration et créent une expérience de soins plus fluide pour les patients. Ce modèle, axé sur la qualité et l’efficacité des soins, correspond parfaitement à l’approche du VBHC, où la collaboration et le leadership sont essentiels pour garantir le succès.

    Un exemple concret d’application de ce modèle se trouve aux Pays-Bas avec Santeon, qui incarne les principes des UPI et du VBHC. Santeon regroupe environ 11 % du volume de soins hospitaliers du pays, emploie près de 29 000 personnes et génère 2,9 milliards d’euros de revenus annuels. Ce réseau hospitalier constitue un effort unique de coopération entre établissements, qui ne sont pas en concurrence directe, permettant ainsi le partage de bonnes pratiques et l’amélioration continue de la qualité des soins.

    En mars 2016, Santeon a commencé à implémenter le VBHC en se concentrant sur cinq groupes de patients : cancer du sein, cancer de la prostate, cancer du poumon, accident vasculaire cérébral (AVC) et arthrose de la hanche. Les premiers résultats sont déjà visibles, notamment pour le groupe de patients atteints de cancer du sein (Figure 1), qui a atteint le stade de la transparence externe. Les autres groupes, tels que ceux atteints d’arthrose de la hanche, de cancer du poumon, de cancer de la prostate et d’AVC, sont encore en phase de progression vers ce même objectif.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La mise en œuvre d’une UPI : structurer les soins autour du patient

    Pour mettre en place une UPI efficace, cinq étapes essentielles peuvent être suivies :

    1) Définir le groupe de patients et leurs besoins spécifiques : Identifiez le groupe de patients ou la condition médicale autour de laquelle l’UPI sera organisée. Définissez précisément les besoins de ce groupe tout au long du cycle de soins, incluant les comorbidités et les complications fréquentes. Une bonne compréhension des besoins permet d’offrir des soins personnalisés et centrés sur le patient.

    2) Former une équipe multidisciplinaire dédiée : Assemblez une équipe composée de professionnels de santé de divers horizons (médecins, infirmiers, thérapeutes, travailleurs sociaux, etc.) qui travailleront régulièrement ensemble. Chaque membre de l’équipe doit connaître son rôle dans le cycle de soins, s’engager à collaborer, et être responsable des résultats obtenus pour les patients. Cela signifie que chaque professionnel doit non seulement fournir des soins de qualité, mais aussi participer activement à l’amélioration continue des résultats de santé en prenant en compte les données de performance. Cette responsabilité collective envers les résultats incite l’équipe à mieux coordonner les soins et à partager les meilleures pratiques pour maximiser les bénéfices pour les patients.

    3) Intégrer des mécanismes de collaboration : Créez un environnement de travail qui favorise la communication et la coordination, notamment à travers la colocation des membres de l’équipe et l’utilisation d’outils numériques pour le partage d’informations en temps réel. Une infrastructure physique et IT adaptée est cruciale pour soutenir une coordination efficace.

    4) Mettre en place une structure de leadership claire : Un leader doit être désigné pour superviser l’UPI, promouvoir la culture de la valeur et diriger les efforts d’amélioration continue. Le leader doit aussi garantir que tous les membres de l’équipe partagent l’objectif commun de fournir des soins de haute valeur et encourager l’adoption de bonnes pratiques dans toute l’unité.

    5) Mesurer les résultats et les coûts pour chaque patient : Implémentez des systèmes de mesure des résultats cliniques et des coûts associés à chaque patient pour évaluer l’efficacité de l’UPI. Utilisez des techniques comme le TDABC (Time-Driven Activity-Based Costing) pour obtenir des données précises, ce qui permet de prendre des décisions basées sur les résultats et d’ajuster les processus pour améliorer la qualité et l’efficience des soins.

    La fondation d’une UPI repose sur l’intégration d’équipes multidisciplinaires qui travaillent en collaboration tout au long du cycle de soins pour des conditions médicales spécifiques, comme le diabète ou les accidents vasculaires cérébraux. Chaque équipe au sein d’une UPI est composée de personnel clinique et non clinique, incluant médecins, infirmiers, thérapeutes et travailleurs sociaux, qui coordonnent les soins pour les patients, de leur diagnostic jusqu’au traitement et au suivi. Cette structure contraste avec le modèle de santé traditionnel, où les spécialités fonctionnent souvent de manière indépendante, entraînant des soins fragmentés. En se concentrant sur un groupe de patients bien défini, les UPI favorisent l’expertise, l’apprentissage collectif et une collaboration approfondie, créant une expérience fluide pour les patients.

    Pour faciliter la collaboration, les UPI rassemblent souvent les membres de l’équipe dans le même espace physique et utilisent des plateformes technologiques avancées pour permettre une communication en temps réel et un partage de données. Cette intégration physique et numérique permet aux équipes de se coordonner sans effort, réduisant les risques de malentendus et améliorant l’expérience du patient. Par exemple, le Programme de Santé Pelvienne Intégrée de Northwestern Medicine regroupe thérapeutes, chirurgiens et autres membres du personnel pour travailler ensemble, rendant le parcours du patient plus simple et moins stressant. Cet agencement contribue également à une prestation de soins de haute qualité, avec des professionnels capables de communiquer instantanément et directement plutôt que de compter sur des échanges fragmentés. Dans le cas des maladies chroniques, le modele Diabeter au Pays Bas pour le traitement du Diabete type 1 est aussi une référence comme modèle d’UPI. Diabeter a démontré une amélioration de résultats de santé.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Une gestion et un leadership efficaces sont essentiels pour la réussite d’une UPI. Une structure de leadership claire, axée sur les résultats des patients plutôt que sur des objectifs de département, aide à maintenir la mission de l’UPI de fournir des soins basés sur la valeur. Les leaders dans les UPI ont pour mission d’instaurer une culture d’équipe, de promouvoir l’amélioration continue et de s’assurer que chaque membre de l’équipe est aligné sur l’objectif commun de soins centrés sur le patient et efficaces. Contrairement aux modèles de santé traditionnels, les leaders d’UPI sont habilités à prendre des décisions qui privilégient les résultats des patients par rapport aux revenus tirés des actes médicaux, qui ont historiquement favorisé le volume plutôt que la valeur.

    Un avantage majeur des UPI est leur capacité à suivre rigoureusement les résultats des patients et les coûts. Le calcul des coûts par activité basé sur le temps (TDABC) et la mesure standardisée des résultats sont utilisés pour évaluer et améliorer la qualité des soins fournis. Cet engagement envers la mesure fournit aux UPI des données cruciales qui informent les améliorations, la transparence et la responsabilité. Lorsque les patients et les prestataires ont accès aux données de résultats, la confiance est renforcée, et les soins peuvent être affinés pour garantir une meilleure qualité et une plus grande efficacité. De telles données permettent également aux UPI de prouver la valeur qu’elles apportent, d’attirer plus de patients et de créer un modèle durable pour l’avenir.

    En conclusion, les Unités de Pratique Intégrée représentent un modèle innovant et nécessaire pour répondre aux défis actuels des systèmes de santé. En structurant les soins autour des besoins des patients et en promouvant une approche collaborative et centrée sur la valeur, les UPI permettent d’améliorer les résultats cliniques tout en maîtrisant les coûts. Toutefois, la mise en œuvre de ce modèle demande un changement de culture, une infrastructure adaptée, et un engagement fort des parties prenantes.

    L’Institut Français de la Valeur en Santé s’inscrit pleinement dans cette démarche en accompagnant les organisations de santé dans la transformation vers des soins basés sur la valeur. En offrant des formations, des conseils et des outils pour déployer les principes de l’Agenda de la Valeur, l’Institut aide les acteurs de santé à adopter et à renforcer les pratiques de valeur ajoutée pour les patients. Par ce soutien, l’Institut contribue à faire évoluer le système de santé français vers un modèle plus efficace, équitable et durable, tout en encourageant l’essor des UPI comme solution clé dans cette transformation.

     

     

    Références :

    • Porter, M. E., & Lee, T. H. (2013). The Strategy That Will Fix Health Care. Harvard Business Review. Retrieved from https://hbr.org/2013/10/the-strategy-that-will-fix-health-care. (Article sur les Integrated Practice Units par Michael Porter)
    • Marres, G., Vleugels, A., Mak-van der Vossen, M., & Klazinga, N. (2017). How Dutch Hospitals Make Value-Based Healthcare Work. NEJM Catalyst. Retrieved from https://catalyst.nejm.org/doi/full/10.1056/CAT.17.0543. (How Dutch Hospitals Make Value-Based Healthcare Work)
    • EIT Health. (2020). Implementing Value-Based Health Care in Europe: Handbook for Pioneers. EIT Health. Retrieved from https://eithealth.eu/wp-content/uploads/2020/06/EIT-Health-VBHC-Report-2020.pdf. (EIT Health Implementing Value-Based Healthcare)
    • Diabeter (2019). Diabeter White Paper: Value-Based Healthcare for Diabetes. Diabeter. Retrieved from https://www.diabeter.com/media/Diabeter_White_Paper.pdf. (Diabeter White Paper)
    • Porter, M. E., & Lee, T. H. (2021). Integrated Practice Units: A Playbook for Health Care Leaders. NEJM Catalyst, 2(1). (Harvard Business School)

     

  • Trophée de la e-santé 2024 : Skezi, Alia santé et Novo Nordisk parmi les 14 finalistes

    Plus de 80 candidatures reçues pour cette édition 

    Mettre en lumière des solutions de santé numérique parfois inconnues du secteur : telle est l’ambition des Trophées de la e-santé, organisés chaque année à l’occasion des journées de l’Université de la e-santé, dont la 18ème édition de cet événement annuel conçu et porté par Castres-Mazamet Technopole aura lieu le 27 novembre 2024. Et pour l’occasion – aux côtés des catégories “patients” et “structures de soin et professionnels de santé” deux nouvelles catégories font leur apparition : “prévention, bien-être et bien vieillir” et “traitement, valorisation et sécurisation des données de santé”. 

    Après l’analyse des projets de plus de 80 candidats, 14 ont été retenus pour être présentés devant les jurés lors de la première journée des Trophées de la e-santé. Jurés qui éliront les lauréats de cette 18ème édition. En plus des 4 catégories habituelles, deux des 14 finalistes pourront aussi remporter deux prix spéciaux : le prix du jury, ainsi que le trophée des internautes – puisque vous avez la possibilité d’élire votre projet préféré en votant en suivant ce lien. 

    Des anciens lauréats qui ont levé plusieurs dizaines de millions d’euros : 

    Plus qu’une simple remise des trophées, cette compétition permet à chaque lauréat de bénéficier d’une visibilité accrue, notamment par le biais :

    ➡️ d’interview d’après cérémonie ;
    ➡️ d’apparitions sur le site internet de l’évènement ;
    ➡️ d’apparitions sur les réseaux sociaux de l’évènement ;
    ➡️ d’un communiqué de presse post évènement qui sera envoyé aux médias du secteur du numérique en santé.

    De plus, nombres de lauréats des éditions précédentes ont depuis levé plusieurs millions d’euros : c’est le cas de Tilak Healthcare et de OSO-AI qui ont tous les deux levés 10 millions d’euros après avoir remporté un trophée de la e-santé.

    Entreprise  Solution  Description de la Solution 
    ALIA SANTE  ALIA DATA GEN  ALIA DATA GEN analyse des données médicales pour améliorer la gestion des soins et les décisions cliniques. La solution fournit des analyses approfondies en temps réel. 

     

    AXOMOVE  AXOMOVE THERAPY  AXOMOVE THERAPY propose une rééducation fonctionnelle à distance, combinant des programmes d’exercices personnalisés et un suivi des progrès via une application mobile. 

     

    PARENTALIS  BeParentalis  BeParentalis est une plateforme d’accompagnement pour les parents, offrant des conseils et du soutien pour faciliter l’éducation et la santé des enfants. 

     

    AIMED2  BETTY CARE  BETTY CARE propose un suivi de l’état de santé des patients hospitalisés ou à domicile grâce à des capteurs et à l’intelligence artificielle pour alerter les soignants. 

     

    BACK LEARNING  Doado  Doado aide les patients souffrant de douleurs dorsales avec des exercices personnalisés et un suivi à distance pour améliorer leur posture et soulager les douleurs. 

     

    GMT SCIENCE  IOScope  IOScope est une plateforme de télémédecine spécialisée dans le suivi des maladies respiratoires. Elle permet un suivi à distance et l’analyse de données respiratoires. 

     

    KanopyMed  Pred’ic  Pred’ic utilise des algorithmes prédictifs pour identifier les patients à risque de complications médicales, optimisant ainsi les soins préventifs et la gestion des risques. 

     

    PTERYON  Kinalgo Corporate  Kinalgo Corporate améliore l’efficacité des entreprises dans le secteur médical avec une solution de gestion des processus de soin et de la performance des équipes. 

     

    MAGIC GENOMIX  Magic X  Magic X est une plateforme d’analyse génétique qui propose des insights sur la santé personnelle, facilitant la prévention et le dépistage des maladies génétiques. 

     

    NANOMADE  PULSE  PULSE propose une technologie de capteurs tactiles pour surveiller les signes vitaux et d’autres paramètres médicaux, facilitant la détection de changements de santé. 

     

    Novo Nordisk  NOVOPEN (Novopen 6 & Echo Plus)  NOVOPEN est un dispositif connecté pour les patients diabétiques, permettant un dosage précis de l’insuline et un suivi des injections pour une meilleure gestion de la maladie. 

     

    PHILOMEC SAS  Philomec  Philomec est une solution qui utilise des exosquelettes pour assister les professionnels de la santé dans leurs tâches physiques, réduisant la fatigue et les risques d’accidents. 
    PRAXYSANTE  PraxyConsultation : scribe médical  PraxyConsultation propose un scribe médical numérique, qui assiste les médecins en prenant des notes automatiques pendant les consultations pour optimiser leur temps. 

     

    SKEZI  SKEZIA  SKEZIA est une solution de gestion des données médicales permettant le partage sécurisé des informations entre les professionnels de santé pour une coordination optimale. 

     

  • Lancement de la 3e édition du programme iMpulsion à la Villa M

    Un Programme pour Faciliter l’Accès au Marché de la Santé

    En tant que partenaire du programme, Health&Tech Intelligence est engagé aux côtés de Villa M pour accompagner les jeunes entreprises de la santé numérique dans leur phase de commercialisation et d’intégration sur le marché de la santé. Ce partenariat témoigne de notre engagement envers l’innovation et le développement de solutions de santé accessibles et efficaces.

    Le programme iMpulsion-Villa M est conçu pour offrir aux startups un accès aux ressources et à un réseau d’experts, afin de les aider à transformer leurs innovations en solutions adoptées par les professionnels de santé. En travaillant en synergie avec les acteurs de l’écosystème public, privé et institutionnel, Health&Tech Intelligence contribue activement à la réussite de cette initiative, visant à renforcer l’intégration des nouvelles technologies dans le secteur.

    Le programme iMpulsion suit un processus structuré pour sélectionner et accompagner les startups :

    1. Thématiques : Chaque année, les partenaires de Villa M, en concertation avec son conseil scientifique, identifient les thématiques prioritaires en matière d’innovation en santé.
    2. Appel à Candidature : Un appel est lancé auprès de l’écosystème de la santé pour inviter les startups à participer.
    3. Candidatures : Les startups intéressées disposent de trois mois pour soumettre leurs projets, incluant un business plan, une vidéo, et d’autres documents sur une plateforme dédiée.
    4. Sélection : Les “impulseurs”, spécialistes du programme, analysent les candidatures et sélectionnent les projets les plus pertinents.
    5. Lancement : Les startups retenues débutent leur parcours d’accompagnement au sein du programme iMpulsion.
    6. Accélération : Pendant huit mois, les startups bénéficient de mentorat, de masterclasses et de networking pour favoriser leur développement.
    7. Clôture : Le programme se termine par un bilan et un débriefing global.

    10 Startups Sélectionnées pour la Promotion 2024

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    – Jinko : Offre un accompagnement personnalisé pour les patients atteints de cancer, incluant des soins de support tels que l’activité physique, la nutrition et le soutien psychologique. Chaque patient bénéficie d’un parcours de soins coordonné et adapté à ses besoins spécifiques.

    – Gynger : Permet aux collaboratrices d’accéder à des soins de santé féminine via une application de messagerie instantanée, soutenue par une équipe de gynécologues, sages-femmes et nutritionnistes, pour un suivi préventif et un accompagnement personnalisé.

    – DiamPark : Propose une solution pour les patients atteints de la maladie de Parkinson, comprenant un pilulier électronique et un journal des symptômes. DiamPark facilite le suivi des patients et fournit des données précieuses pour la recherche clinique.

    – AppThera : Propose une plateforme de distribution de thérapies digitales, facilitant la prescription et l’activation des applications de santé. Sa solution optimise la facturation et les remboursements, avec une gestion automatisée des flux de trésorerie.

    – Five Lives : Développe une application de santé cérébrale pour les plus de 50 ans, intégrant un coaching multi-domaine et une évaluation cognitive précise pour réduire le risque de déclin cognitif.

    – Hopia : Fournit une solution de planification automatisée des ressources médicales et paramédicales, intégrant des règles de planification complexes et réduisant considérablement le temps passé sur les plannings.

    – inHeart : Développe des modèles 3D personnalisés de l’anatomie cardiaque pour améliorer le traitement des arythmies cardiaques, permettant des interventions plus sûres et plus efficaces.

    – Kiro : Propose une plateforme de biologie médicale en ligne pour aider les patients et les professionnels de santé à mieux comprendre et utiliser les résultats de tests de laboratoire grâce à des informations personnalisées basées sur l’IA.

    – Praxy.ai : Fournit une suite logicielle d’outils de productivité pour les consultations médicales, incluant transcription en temps réel, codage médical et gestion intégrée, réduisant ainsi la charge administrative des professionnels de santé.

    – ReDeem : Se spécialise dans le reconditionnement de dispositifs médicaux pour rendre les soins de qualité plus accessibles et réduire l’empreinte environnementale grâce à une filière de valorisation et de réemploi.

     Huit mois d’accompagnement Structuré pour accélérer le développement des Startups

    Le programme iMpulsion-Villa M, soutenu par Health&Tech Intelligence, offre un accompagnement intensif aux startups sélectionnées. Ce parcours inclut des masterclasses, des opportunités de networking et un mentorat expert pour aider les startups à franchir les étapes de développement. En tant que partenaire, Health&Tech Intelligence s’assure que les startups bénéficient de toutes les ressources nécessaires pour s’intégrer efficacement dans l’écosystème de la santé.

    Ce programme d’accélération, auquel Health&Tech Intelligence apporte son soutien, vise à encourager l’innovation et à faciliter l’adoption de solutions de santé numérique sur le marché français. Pour plus d’informations, consultez le site de Villa M.