L’ouverture essentielle de la santé numérique
Dans un contexte où les systèmes de santé sont fortement sollicités en termes de temps et de capacités cliniques, un avenir numérique doit permettre des décisions rapides et précises pour la prise en charge des patients.
Le consensus est que l’avenir de la santé numérique dépend largement du partage et de l’intégration des données. Les données interconnectées jouent également un rôle clé dans la promotion des innovations technologiques. Comme le montre l’évolution du secteur, il est essentiel de tirer parti de l’intelligence artificielle pour exploiter pleinement ce potentiel. Toutefois, il est également admis que des bases de données robustes et efficaces sont indispensables pour soutenir ce type d’innovation, même si des défis restent à surmonter.
Une approche citoyenne bénéfique pour tous
OpenEHR permet aux systèmes de santé de passer d’une organisation centrée sur les systèmes à des données centrées sur la personne. Cette approche architecturale innovante accélère la transformation numérique en séparant de manière sécurisée les données des patients, sans les obstacles liés aux silos de données isolés. Le résultat est un dossier patient longitudinal qui favorise la coordination des soins, améliore les résultats et contribue à la santé de la population.
Les systèmes de santé et d’aide sociale reconnaissent que le dossier longitudinal ou “jumeau numérique” est essentiel pour fournir des soins adaptés aux individus et aux populations. Le développement de l’application du NHS a d’ailleurs encouragé les citoyens à voir leurs données sous cet angle, s’attendant désormais à un accès unifié et centralisé à leurs informations de santé.
Une croissance évolutive soutenue par des normes cohérentes
OpenEHR se distingue comme norme de référence pour la pérennité des données, offrant une plateforme qui favorise la croissance continue. Les données enregistrées aujourd’hui seront utilisables par les professionnels de santé et les services sociaux dans 10 ou 100 ans, pour gérer et stratifier les risques de maladies chroniques tout au long de la vie d’une personne.
« En tant que directeur des systèmes d’information, j’ai observé que de nombreux systèmes ne sont pas évolutifs en raison de la rigidité des données », souligne Pete Bouvier d’OpenEHR. « Chaque nouvelle application exigeait de reprendre les données de base, générant ainsi des coûts et des complexités additionnelles pour l’organisation. Avec OpenEHR, ces frictions disparaissent, car la norme permet d’intégrer de nouvelles technologies tout en assurant la validité des données. »
Dans le domaine de la santé, de nombreuses normes de données sont utilisées, et elles doivent coexister pour assurer la fonctionnalité globale du système. (Comme FHIR, Snomed et Omop, etc…). Par exemple, OpenEHR International collabore étroitement avec HL7 pour connecter des sources de données intelligentes FHIR et OpenEHR, afin qu’elles soient accessibles dans des applications destinées aux patients et cliniciens.
Récemment, en collaboration avec Chuck Jaffe, PDG de HL7, OpenEHR a annoncé son ambition d’aligner certaines normes et spécifications pour le bien commun. L’objectif est d’élargir le choix et le potentiel des logiciels disponibles. Dans cet esprit de collaboration, OpenEHR attend avec impatience les discussions que cette initiative suscitera.
Soutenir des systèmes de soins avancés en Europe
L’Europe est à l’avant-garde de l’adoption d’OpenEHR. De nombreux systèmes de santé avancés privilégient l’ouverture, car elle leur permet de mieux exploiter leurs données.
La Catalogne en est un exemple, avec la mise en place d’un dossier de santé régional unifié et bidirectionnel. La région a adopté une approche structurée pour évaluer l’architecture cible et la manière de l’exploiter. Des chercheurs du monde entier ont participé à cette réflexion, et OpenEHR a été choisi comme base de données. Le déploiement d’OpenEHR est désormais prévu dans d’autres régions d’Espagne.
Dans les pays nordiques, OpenEHR bénéficie d’une adoption croissante avec le soutien de nombreux fournisseurs. En Suède, sept régions l’utilisent déjà, et l’hôpital universitaire de Karolinska a également mis en place un cadre basé sur une approche ouverte.
La Slovénie utilise OpenEHR depuis près de 13 ans, et la Grèce a récemment signé un accord pour implémenter un dossier de soins partagé à l’échelle nationale.
Ce changement de perspective est encourageant à un moment où les systèmes de santé nationaux sont sous forte pression et nécessitent une transformation rapide. OpenEHR constitue la voie la plus rapide vers un dossier de santé unifié centré sur le citoyen, plaçant les données de santé sur une trajectoire prometteuse et durable pour l’avenir.



