Health and Tech Intelligence vous propose une cartographie des différentes solutions d’IA appliquées aux maladies rares. La cartographie des solutions se concentre sur les solutions déjà utilisées en France ou en Europe.
11 solutions pour le diagnostic
Le diagnostic est un défi des maladies rares. 25 % des malades restent en errance entre 5 et 15 ans et consultent au moins 5 médecins avant que leur diagnostic ne soit posé. L’errance diagnostique est généralement synonyme d’errance thérapeutique donc de pertes de chances pour le patient. L’aide au diagnostic via IA peut se faire de plusieurs manières différentes, en entrant les symptômes, en analysant les données d’un génome ou encore par analyse d’images.
5 solutions de diagnostic à l’aide des symptômes
L’un des outils d’aide au diagnostic des maladies rares les plus connu est AccelRare. Fruit de la collaboration entre Sanofi et M.I.S (Medical Intelligence Service), son fonctionnement est le suivant: le médecin saisit les symptômes du patient en situation atypique et l’algorithme identifie s’il y a un risque de maladies rares. Le cas échéant AccelRare propose une liste des maladies rares correspondantes, les coordonnées du centre expert associé, et une liste d’examens complémentaires éventuels. 480 tests de l’algorithme d’AccelRare ont été effectués pour une efficacité de 87,7%. Dans le même type d’approche il existe l’application RDK (Rare Disease Knowledge). Issu d’un partenariat public-privé entre Orphanet, As We Know et Tekkare, l’application revendique 6200 maladies rares dans sa bases contre 280 pour Accelrare.
Une autre possibilité du diagnostic par symptômes, est celle de l’analyse de dossier médicaux. Par exemple l’IA “Docteur Warehouse”, résultat du partenariat entre l’institut Imagine et l’hôpital Necker. Lorsque les médecins observent chez un enfant des symptômes qu’ils n’arrivent pas à expliquer, ils les renseignent sur le logiciel. L’IA va ensuite identifier les patients qui ont précédemment manifestés ces mêmes symptômes. Il cherche ensuite si ces symptômes sont associés à une maladie rare commune à tous ces patients. Cette méthode est assez similaire à celle utilisé par la société Saventic Health implantée en Pologne et en Allemagne.
2 solutions de diagnostic à l’aide du génome
80% des maladies rares étant génétiques il n’est pas étonnant de voir l’analyse génomique intervenir dans leur identification. Pour aider à déterminer l’existence d’une maladie rare, l’IA va croiser les données cliniques du patient avec celles du génome séquencé. L’algorithme va ensuite proposer une liste de variations génétiques potentiellement à l’origine des symptômes et indiquer le nom des maladies associées.
4 solutions de diagnostic l’aide d’images
L’IA peut également contribuer au diagnostic d’une maladie rare à l’aide d’images médicales. Pour ce faire l’algorithme doit être entrainé avec des bases d’images de personnes malades puis une base d’image de personne saines. Cela lui permet d’élaborer des modèles. Par exemple le CHU de Nantes, en collaboration avec le laboratoire des Sciences du numérique de Nantes, a développé un algorithme pour diagnostiquer la maladie de Crohn. L’algorithme a été entraîné sur deux bases de données. Une base de données publique, GIANA, contenant des images extraites de vidéo-capsule endoscopique (VCE) de personnes saines et des VCE de personnes avec des lésions inflammatoires et vasculaire. Et une seconde base de données, CROHN-IPI, constituée de VCE de personnes saines et avec des lésions de maladies de Crohn. L’algorithme entrainé sur la base GIANA distingue à 99,77% les images pathologiques des images non pathologiques et celui entrainé sur la base CROHN-IPI, a une précision de 80,36%.
Le diagnostic par image concerne aussi des images de visages. Par exemple l’IA “DeepGestalt” est entrainé avec des visages de personnes atteintes d’une maladie précise et avec des personnes n’étant pas atteintes par cette maladie. Pour certaines maladies rares comme le syndrome de Corneliade Lange le modèle a donné une identification correcte avec une précision de 96,9%, une sensibilité de 95,7% et une spécificité de 100%.
7 solutions pour la découverte de traitement
La recherche de traitement est également un enjeu important, on estime qu’aujourd’hui seulement 5% des maladies rares disposent d’un traitement approuvé. L’IA peut aussi aider dans ce domaine. Par exemple l’IA TxGNN est entrainée à l’aide de traitements connus afin d’apprendre les schémas d’interactions entre médicaments et maladies. Grâce à cet apprentissage l’algorithme peut faire des hypothèses sur les médicaments susceptibles de fonctionner. Cette méthode permet d’identifier des connections non évidentes que la méthode classique n’aurait pas forcément envisagée. Les molécules identifiées sont ensuite soumises à des essais cliniques.
TxGNN ne propose que des médicaments déjà approuvés, mais d’autres solutions, comme celle d’Iktos, propose de créer virtuellement de nouvelles molécules. La technologie d’Iktos repose sur deux algorithmes, un premier chargé de générer les molécules et entrainé sur 86 millions de molécules tirées de la base de données publique ChemBL, et un second chargé de donner un score aux molécules générées par le premier. La notation se fait en fonction des capacités de la molécule à répondre aux critères prédéfinis. Les molécules ainsi évaluées sont ensuite réintroduites dans le premier algorithme avec un poids proportionnel au score obtenu. Les molécules bien notées vont plus influencer le modèle génératif que les autres et ainsi les nouvelles molécules générées auront des propriétés plus proches que lors de la première itération. Les molécules créées vont donc de plus en plus correspondre aux critères choisis. Ce type de modèle peut être très utile quand la recherche classique se trouve dans l’impasse.
Cartographies des solutions d’IA appliquées aux problématiques de maladies rares en Europe.










