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  • AAP : l’IIAS mobilise le GHT Champagne-Ardenne autour des données de santé

    À retenir

    • Appel ouvert dès : 5 juin 2025.
    • Clôture : 30 juin 2025 à minuit.
    • Public cible : acteurs du GHT Champagne – Ardenne.
    • Objectifs : améliorer soins, conditions de travail, efficience du système.
    • Accompagnement : data, expertise métier, infrastructures disponibles.

    L’IIAS ouvre un appel à projets en e-santé pour chercheurs et soignants du Grand Est

    Du 5 juin au 30 juin 2025, l’IIAS invite les porteurs de projets en données de santé ou santé numérique (chercheurs, professionnels, personnels médico-techniques ou administratifs) des structures du GHT Champagne–Ardenne — CHU de Reims, URCA, CH de Troyes — à soumettre leur candidature. Depuis sa création, l’IIAS a levé 56,5 M€ via des financements nationaux et européens son équipe compte désormais près de 67 collaborateurs.

    Les projets doivent répondre à au moins l’une des finalités suivantes  :

    • Améliorer la prise en charge des patients.
    • Faciliter la qualité de vie au travail des professionnels.
    • Optimiser l’organisation du système de santé.

    Les projets retenus bénéficieront :

    • de compétences en data science, data management, développement informatique,
    • d’une expertise métier,
    • d’un accès à des ressources de calcul
    • Un appui global pour structurer et déployer des solutions numériques efficaces, adaptées aux réalités cliniques.

    Modalités pratiques et calendrier

    • Date limite de dépôt : 30 juin 2025 à 00h00 .
    • Secteurs éligibles : data de santé et santé numérique au sein du GHT Champagne–Ardenne.
    • Public visé : chercheurs, soignants, personnels médico-techniques et administratifs du CHU de Reims, URCA, CH de Troyes, etc.
    • Lien d’inscription 

     

  • HIMSS 25: 800 utilisateurs en un mois pour le chatbot médical catalan, en voie d’extension à 89 centres hospitaliers

    • Encadrement : l’AI Act impose aux hôpitaux déployeurs supervision humaine et audit des IA médicales.
    • Modèle fédéré : Valence structure l’usage de l’IA via un bureau central et huit antennes locales.
    • IA en soins primaires : en Catalogne, un chatbot clinique est utilisé par 800 professionnels dans 27 centres.
    • Risques humains : la cybersécurité passe aussi par la formation.

    Contrôle des risques, cadre européen et obligations

    AI Act : même déployeurs, les hôpitaux doivent encadrer l’usage de l’IA comme un dispositif médical

    Organisée par la communauté de HIMSS avec le soutien de Relyens, cette session a rassemblé des experts espagnols, portugais et des représentants de l’assurance pour analyser les risques associés à l’IA en milieu hospitalier. Emilio Vivancos, responsable de l’office IA en santé de la région de Valence, a présenté une liste des risques, à savoir : sécurité clinique, biais discriminants, sécurité des données, transparence et organisation. Ces outils, assimilés à des dispositifs médicaux, sont soumis au règlement européen AI Act. Même les hôpitaux simples déployeurs doivent assurer supervision humaine, formation, enregistrement des activités et analyse d’impact sur les données.

    Modèle fédéré : Valence mise sur huit bureaux locaux pour homogénéiser l’usage de l’IA dans ses hôpitaux

    Vivancos a décrit les difficultés initiales : chaque hôpital utilisait ses propres solutions d’IA pour des usages similaires, sans coordination ni intégration. Cette fragmentation gênait l’interopérabilité, l’évaluation des performances et la montée en charge. En réponse, un modèle de gouvernance fédéré a été mis en place, reposant sur un bureau central de l’IA chargé de définir les procédures, les critères d’évaluation et d’assurer la formation. Ce bureau central s’appuie sur huit antennes locales réparties dans les zones de santé. Elles assurent la mise en application au plus près du terrain et remontent les besoins spécifiques, garantissant un équilibre entre homogénéité réglementaire et adaptabilité contextuelle. Des cas d’usage concrets illustrent ce modèle :

    • Un algorithme d’aide au dépistage du cancer du sein est utilisé dans tous les centres d’imagerie, petits ou grands, avec les mêmes seuils de sensibilité et spécificité.
    • Un outil de détection des pathologies pulmonaires sur les radios thoraciques s’appuie sur l’analyse d’images standardisées pour harmoniser les pratiques.
    • Un module de repérage des fractures osseuses permet d’assister les urgentistes et radiologues dans des contextes de forte tension.

    Ces outils sont intégrés via une plateforme technique unique, ce qui facilite leur déploiement simultané dans plus de 20 établissements et permet un suivi transversal sur l’ensemble des 5 millions d’habitants de la région.

    En Catalogne, un chatbot clinique guide déjà 800 professionnels en soins primaires

    Tino Martín, économiste de la santé, a présenté une approche parallèle menée en Catalogne, où l’IA est insérée dans le programme de réforme des soins primaires. Un agent conversationnel adossé aux guides cliniques permet aux professionnels de santé de poser des questions sur des cas patients et d’obtenir des réponses conformes aux référentiels. Déployé dans 27 centres pilotes en mai, il a déjà été utilisé par 800 professionnels, avec une extension en cours vers 89 nouveaux centres. Cette utilisation massive permet aussi d’analyser les tendances des requêtes par territoire (ex. : forte demande sur la vitamine D dans une zone), et d’ajuster l’offre de formation. Un second outil, de type “scribe IA”, est prévu pour retranscrire les consultations orales dans les dossiers électroniques. Son déploiement est suspendu à l’adoption d’un accord gouvernemental prévu fin juin.

    Approche assurantielle et enjeux éthiques : Jennifer Roldán (Pralians) a présenté cinq solutions IA prêtes à l’emploi pour la gestion hospitalière :

    • Anticipation de la charge des urgences, avec des modèles prédictifs de flux et d’affectation de personnel.
    • Optimisation des lits, réduisant la bureaucratie médicale et facilitant les transferts.
    • Stratification des patients chroniques complexes pour prévenir les réhospitalisations.
    • Prévision des absences du personnel, améliorant la continuité de service.
    • Analyse des flux patients entre territoires, pour rééquilibrer les ressources.

    Ces projets sont déployés dans plusieurs régions d’Espagne, en coordination avec les équipes cliniques et les directions des risques.

    « Nous devons préparer les établissements à gérer les réclamations émergentes liées à l’IA »,

    C’est ce qu’a souligné Jennifer Roldán. Alors que les algorithmes s’intègrent de plus en plus dans les parcours de soins, le risque médico-légal évolue. Il ne s’agit plus uniquement de litiges cliniques classiques, mais de nouveaux types de réclamations potentiellement liées à des biais algorithmiques, à des défaillances d’intégration ou à une interprétation trop automatisée des résultats. Pour anticiper ces situations, les acteurs de la gestion des risques doivent adapter leurs outils et leurs processus d’analyse. Cela suppose également un dialogue avec les professionnels de santé pour clarifier les responsabilités.

    La Cantabrie opte pour le cloud, mais alerte sur les biais humains

    Le débat a aussi abordé la cybersécurité. Certaines régions, comme la Cantabrie, adoptent une stratégie “cloud-first” pour garantir la sécurité et la capacité de traitement. Mais les intervenants insistent : le principal risque reste humain. Excès de confiance dans l’IA ou rejet systématique freinent une intégration efficace. La formation ciblée, adaptée au profil de chaque professionnel, est considérée comme l’instrument déterminant pour une adoption sûre et durable.

     

  • 94 % des industriels français investissent dans l’IA, mais seuls 2 % en retirent un ROI significatif

    IA : 8 % des industriels français en tirent un bénéfice, contre 13 % en Europe

    La 10ᵉ édition du rapport mondial sur la fabrication intelligente, publiée par Rockwell Automation, révèle un paradoxe français : l’adoption avancée de l’intelligence artificielle dans l’industrie ne se traduit pas, à ce stade, par des performances économiques à la hauteur des attentes. En 2024, 94 % des entreprises industrielles en France investissent ou prévoient d’investir dans l’IA, y compris l’IA générative. Pourtant, seules 2 % estiment que ces technologies leur ont apporté le meilleur retour sur investissement — le plus faible taux parmi les pays analysés. Ce chiffre monte à 8 % pour la GenAI, contre 13 % en moyenne en Europe.

    Pour Gilles Pacaud, directeur général de Rockwell Automation France, la transition vers une intégration plus opérationnelle de l’IA devient nécessaire pour dépasser le stade des expérimentations et générer des résultats mesurables.

    36 % des entreprises françaises utilisent l’IA pour la conception de produit

    Malgré ces résultats financiers limités, l’IA est déjà mobilisée en France. Plus de la moitié des industriels (56 %) l’utilisent pour renforcer leur cybersécurité, contre 45 % dans le reste de l’Union européenne. La conception de nouveaux produits constitue un autre axe fort : 36 % des entreprises françaises y recourent, un taux supérieur à la moyenne européenne (31 %). En parallèle, la valorisation des compétences en IA/ML progresse. En 2025, 80 % des industriels français jugent ces expertises attractives pour le recrutement, contre 67 % l’année précédente.

    Mais les retombées concrètes tardent. Parmi les 93 % d’entreprises qui placent la cybersécurité parmi leurs priorités d’investissement, seules 9 % déclarent un ROI avéré. Le taux d’adoption effective de contre-mesures demeure également le plus bas d’Europe, à 24 %.

    33 % des industriels français privilégient le recrutement technologique pour adapter leurs équipes

    La stratégie RH des industriels français repose sur :

    • 33 % recrutent des profils technologiques.
    • 27 % misent sur la formation.
    • Tandis que 40 % adoptent une approche mixte — le taux le plus élevé en Europe.

    Sur le terrain des engagements ESG, la dynamique est plus contrastée. Seules 35 % des entreprises industrielles françaises opèrent selon un cadre structuré, et 17 % envisagent d’y recourir comme levier de performance à moyen terme. Toutefois, les motivations évoluent : 52 % des répondants citent l’efficacité opérationnelle comme moteur, et 42 % évoquent des considérations éthiques, une proportion inédite au niveau européen.

  • « Mauvaises données en entrée, mauvais soins en sortie » : à HIMSS Europe 25, les spécialistes de la santé des femmes exigent leurs propres données

    « Des mauvaises données en entrée donnent de mauvais soins en sortie »

    Cette formule, prononcée par Karli Büchling, fondatrice de Blake Health, résume l’urgence. Dans un keynote percutant, elle a décrit les conséquences des algorithmes de santé entraînés sur des modèles physiologiques masculins : erreurs de diagnostic, traitements inadaptés, pathologies invisibilisées. Moins de 30 % des jeux de données utilisés pour entraîner les IA en santé intègrent des profils féminins, et seulement 3 % des financements sont alloués à des conditions spécifiques aux femmes. L’inégalité de santé n’est donc pas qu’une question politique : c’est une faille structurelle dans l’ADN de la médecine numérique.

    Büchling a plaidé pour une révolution de la donnée via le sang menstruel, qu’elle décrit comme une « biopsie mensuelle » capable d’ouvrir de nouvelles pistes dans la recherche sur l’endométriose, le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) ou encore les cancers gynécologiques. Avec la création de la première bio-banque européenne dédiée au sang menstruel, elle entend produire les jeux de données inclusifs qui manquent cruellement aujourd’hui.

    De l’invisibilité à l’action

    Thao Nguyen, fondatrice d’Equal Care, a prolongé ce constat : le problème n’est pas seulement un manque de recherche, mais un défaut de visibilité des données sexospécifiques. « Nous n’avons pas seulement un déficit de recherche, nous avons un déficit de visibilité », a-t-elle affirmé. Equal Care certifie aujourd’hui les interventions médicales en fonction de leur prise en compte du sexe et du genre, et les rend visibles, pour les médecins, les patients, mais aussi pour les algorithmes.

    Les deux intervenantes ont insisté : l’IA inclusive commence bien avant la programmation. Elle se joue dans la conception même des protocoles de recherche, dans la façon d’intégrer les contraintes de celles et ceux qui ont des responsabilités familiales, ou une biologie cyclique. Les essais cliniques doivent être redessinés pour refléter la réalité des patientes, et non l’ignorer.

    Gouvernance, investissement et changement culturel :

    Au-delà de la donnée, les débats ont aussi mis en lumière la nécessité de cadres de gouvernance pour garantir la transparence et la responsabilité dans le développement de l’IA en santé. Amanda Leal, experte en politiques publiques en IA santé, a présenté une approche en trois piliers : transparence (des données, de la composition des équipes, des décisions de conception), examen critique (des biais, des arbitrages effectués), et leviers d’action (via la commande publique, le financement ou les exigences des investisseurs).

    Sur le plan politique, l’Alliance danoise pour la santé des femmes a montré qu’un engagement transpartisan est possible. Sa cofondatrice, Marianne Lynghøj, a rappelé une réalité politique : « Il faut construire un problème pour que les politiques puissent proposer une solution. » L’Alliance milite aujourd’hui pour la création d’un centre national de recherche sur la santé des femmes, avec financement pérenne à la clé.

    Un coût réel à l’exclusion des femmes dans les jeux de données

    Cette session qui a eu lieu lors du salon HIMSS Europe 2025 a rappelé que l’absence de données genrées a un coût bien réel. C’est ce qui explique les 50 % de risques supplémentaires de mauvais diagnostic chez les femmes après un infarctus, la sous-évaluation des troubles neurologiques qui les touchent majoritairement, ou encore l’échec d’outils d’IA entraînés sur des données masculines. Le message est clair, comme l’a dit la fondatrice de Blake Health : “le corps féminin n’est pas trop complexe pour la science, ce sont nos systèmes qui sont trop limités pour l’étudier”. Et si l’IA doit structurer les soins de demain, alors des données inclusives, représentatives, sont une condition de base. Pas un bonus.

     

  • Des jumeaux numériques tumoraux pour prédire l’efficacité des traitements anticancer

    Le défi du traitement des cancers avancés

    L’Université de Californie à San Diego développe un système d’intelligence artificielle capable de simuler l’évolution des tumeurs. Chaque année, près de 2 millions d’Américains reçoivent un diagnostic de cancer. Parmi eux, plus de 600 000 sont atteints d’une forme métastatique ou résistante aux traitements. Face à la complexité biologique des tumeurs, souvent unique à chaque patient, les oncologues peinent à identifier rapidement la thérapie la plus efficace. Ils sont confrontés au :

    • Retards de réponse thérapeutique réduisent les chances de succès dans 30 à 40 % des cas.
    • Des outils actuels ne permettant pas d’adapter en temps réel les traitements à l’évolution de la maladie.

    Un projet financé à hauteur de $23,6 M par l’agence américaine ARPA-H

    L’équipe de chercheurs bio ingénieurs et informaticiens de l’université de Californie à San Diego pilote le projet tumeurs numériques dynamiques pour une oncologie de précision soutenu :

    • Par un financement de 23,6 millions de dollars de l’agence américaine pour les projets de recherche avancée dans le domaine de la santé (ARPA-H).
    • Des outils actuels ne permettant pas d’adapter en temps réel les traitements à l’évolution de la maladie.

    Une IA hybride associant modélisation adaptative

    La nouvelle plateforme d’IA associe :

    • IA hybride associant modélisation adaptative et données longitudinales patients.
    • Système mis à jour en temps réel selon l’évolution moléculaire des tumeurs.
    • Plateforme collaborative réunissant 7 institutions de recherche (UC San Diego, City of Hope, MIT…).

    Des performances cliniques à fort potentiel

    La solution développée par l’Université de Californie à San Diego repose sur une combinaison de modèles prédictifs multivariés, intégrant ;

    • Génomique
    • Imagerie
    • Données cliniques

    Il s’agit d’anticiper les mutations et résistances émergentes, et ajuster les traitements avant perte d’efficacité. Les premières données sont attendues d’ici fin 2025, dans le cadre d’un essai clinique évolutif inédit.

    Un nouveau standard de l’oncologie de précision à terme

    Le programme ADAPT vise à faire de cette approche un nouveau standard de l’oncologie de précision. À terme, les recommandations de traitement pourront être personnalisées à chaque étape du parcours thérapeutique.

     

  • Réorganisation interne, qualité des soins, équité territoriale : la feuille de route 25-27 de la DGOS

    • Nouvelle organisation interne avec des pôles dédiés à l’innovation, au numérique et à la donnée.
    • Déploiement de parcours de soins plus accessibles sur tout le territoire.
    • Réforme des compétences et montée en puissance des pratiques paramédicales.
    • Intégration de la transition écologique dans l’organisation des soins.
    • Suivi renforcé grâce à des programmes de travail annuels avec indicateurs de pilotage.

    Trois nouveaux pôles pour piloter l’offre de soins : “recherche et innovation”, “santé et transformation numérique” et “données et études statistiques”

    Marie Daudé, directrice générale de la DGOS, a présenté son projet stratégique 2025-2027, conçu comme un outil de pilotage et d’action à l’usage des équipes internes et des partenaires du système de santé. Ce projet s’inscrit dans un contexte de tensions structurelles : difficultés d’accès aux soins, contraintes budgétaires, mutation des attentes sociétales, et transition écologique et numérique. Le document stratégique présente des orientations plutôt qualitatives, avec finalement peu de données chiffrées. Zoom sur les principales annonces.

    Cap sur le pilotage, la donnée et l’innovation

    La stratégie 2025-2027 de la DGOS marque un changement par rapport à la précédente feuille de route (22-24), en introduisant une structuration plus opérationnelle de l’action publique. Parmi les évolutions notables figure la création de nouveaux départements, dont un dédié à la recherche et à l’innovation, ainsi qu’un autre consacré à la transformation numérique. Le document prévoit également l’élaboration de programmes de travail annuels par sous-direction, assortis d’indicateurs de suivi. Enfin, la prise en compte de la transition écologique s’impose comme une dimension à intégrer dans la transformation de l’offre de soins.

    Le projet est adossé à une réorganisation de la DGOS intervenue en avril 2024. Celle-ci a revu les missions et les périmètres des sous-directions pour en clarifier le fonctionnement. Trois nouveaux pôles ont été créés : un pôle recherche et innovation, un département « données et études statistiques », et un département « santé et transformation numérique ». Objectif : renforcer la capacité d’analyse, d’accompagnement des innovations et de pilotage stratégique.

    (Extrait) L’offre de soins de demain – Projet stratégique de la direction générale de l’offre de soins 2025-2027

    Accès, soutenabilité, innovation, pilotage : la stratégie DGOS en quatre actes

    • Accès aux soins : amélioration de la répartition territoriale de l’offre, déploiement d’initiatives d’aller vers, refonte des compétences et délégations de tâches entre professionnels. Le développement de filières (ambulatoire, HAD, santé mentale) est mis en avant.
    • Soutenabilité du système : adaptation des formations, ajustement des capacités de soins, prise en compte des aspirations des professionnels et des enjeux écologiques. Le financement devra évoluer pour s’adapter à ces mutations.
    • Qualité et innovation : soutien aux actes et produits innovants, mise en œuvre du plan national maladies rares 4, intégration du numérique dans les pratiques.
    • Efficacité organisationnelle : pilotage renforcé avec les ARS et les opérateurs, simplification des processus internes, ancrage d’une culture de collaboration.

    Selon Marie Daudé, ce projet est le fruit d’une concertation interne, et s’appuie sur trois valeurs structurantes portées par les agents de la DGOS : le dialogue, fondé sur l’écoute active et la coopération avec les acteurs du système de santé pour aligner l’action publique sur les réalités de terrain ; l’engagement, orienté vers l’amélioration de l’accès équitable à des soins de qualité, dans le cadre des missions de service public ; et l’anticipation, qui se traduit par une capacité d’adaptation aux crises, réformes et innovations, rendue possible par la diversité des expertises.

    L’offre de soins de demain – Projet stratégique de la direction générale de l’offre de soins 2025-2027

    Axe 1 : Garantir l’accès aux soins sur tout le territoire – la DGOS mise sur la mobilité des équipes et la montée en compétence des infirmières 

    Le premier axe du projet vise à améliorer l’accès à des parcours de soins cohérents et à un professionnel de santé adapté sur l’ensemble du territoire. La DGOS prévoit de décliner le Pacte d’accès aux soins en actions concrètes, en misant notamment sur une répartition de l’offre via des dispositifs mobiles pour atteindre les publics éloignés du système de santé. L’optimisation du temps soignant est également ciblée, par l’évolution des compétences, la délégation de tâches aux personnels paramédicaux et la refonte de certaines professions comme celle d’infirmière. Le développement de filières graduées de soins est encouragé, notamment en ambulatoire, hospitalisation à domicile et santé mentale.

    • Objectif : améliorer la répartition territoriale de l’offre et faciliter l’accès au bon professionnel.
    • Le rapport mentionne la volonté de décliner le Pacte d’accès aux soins, sans chiffrage précis.
    • Déploiement prévu de dispositifs “d’aller vers” (non quantifiés).
    • Promotion du développement des filières de soins, notamment en ambulatoire, HAD, santé mentale (sans données chiffrées).
    • Références aux professions en mutation : réingénierie du métier d’infirmière, délégations de tâches.

    Axe 2 – Soutenabilité du système de santé : rendre les mécanismes budgétaires plus lisibles

    Ce deuxième axe entend adapter l’organisation et le financement de l’offre de soins aux enjeux des années à venir. Il s’agit de mieux ajuster l’offre de formation aux besoins en santé, tout en prenant en compte les aspirations des nouvelles générations de professionnels. La DGOS, vise à rendre les mécanismes budgétaires plus lisibles, plus stables et mieux adaptés aux évolutions de l’offre de soins. Elle entend dépasser le cadre du financement à l’activité en intégrant davantage de logique de parcours, de prévention et d’objectifs de santé publique. L’évolution du financement vise à le rendre plus lisible et en phase avec les transformations du système. Par ailleurs, l’offre de soins devra intégrer pleinement les exigences de la transition écologique, en adaptant ses pratiques et son fonctionnement aux contraintes environnementales.

    • Le projet prévoit l’ajustement de l’offre de formation aux besoins futurs, mais sans cibles chiffrées précises.
    • Intégration de la transition écologique : le rapport évoque une transformation de l’offre pour répondre à cette exigence.
    • Références à la soutenabilité financière via un financement clair et adapté, notamment la rénovation du financement des établissements.

    Axe 3 – Qualité des soins, innovation et pertinence : la DGOS crée deux départements pour piloter data et innovation

    Le troisième axe repose sur le développement de l’innovation, de la recherche et de la pertinence des pratiques professionnelles. Il prévoit de renforcer l’accès aux produits et actes innovants et de soutenir les dynamiques issues du plan national maladies rares 4. Le numérique en santé est identifié comme un levier à accompagner, notamment dans l’évolution des organisations de soins et la transformation des métiers. Le pilotage de ces enjeux est confié à un nouveau département « santé et transformation numérique », ainsi qu’au département « données et études statistiques », chargé de renforcer les capacités d’évaluation et de production de connaissances.

    • Soutien à l’innovation via l’accès aux produits et actes innovants.
    • Déploiement du plan national maladies rares 4.
    • Accompagnement du développement du numérique en santé, sans chiffrage associé.
    • L’accent est mis sur la pertinence des pratiques et leur évaluation, notamment avec l’appui du département « données et études statistiques ».

    Axe 4 – Modernisation de l’organisation interne : des planifications annuelles et des ponts avec les ARS

    Le quatrième axe du projet porte sur l’amélioration des modes de travail internes à la DGOS, pour un pilotage plus efficace des politiques publiques. Cette transformation s’appuie sur la réorganisation opérée en avril 2024, qui a redéfini les missions et les périmètres des sous-directions pour mieux répondre aux grands chantiers en cours. Des programmes de travail annuels seront mis en place dans chaque unité, précisant les actions à conduire, les échéances et les modalités de suivi. Le projet prévoit également d’intensifier les liens avec les agences régionales de santé, de simplifier les processus internes et de créer des espaces de dialogue pour adapter l’action à l’évolution de l’écosystème.

    • Réorganisation de la DGOS réalisée en avril 2024.
    • Création de nouveaux départements : recherche et innovation, santé et transformation numérique, données et études statistiques.
    • Chaque sous-direction devra établir des programmes de travail annuels, avec des échéances et des indicateurs de suivi – sans indications chiffrées.

    L’offre de soins de demain – Projet stratégique de la Direction générale de l’offre de soins 2025-2027 

     

  • Campus Live 4 : « J’aimerais qu’on évite le burn-out avant qu’il n’arrive », le pari de l’IA en santé mentale pour Line Farah

    Une détresse bien réelle, encore trop invisible

    En 2023, la France comptait 4,6 millions d’actifs indépendants. Ce vivier hétérogène, avec des professions médicales, chefs d’entreprise, restaurateurs, freelances, partage une même exposition aux risques psychosociaux : surcharge mentale, isolement, précarité économique, horaires étendus, effacement des frontières entre sphère privée et professionnelle. À ces réalités s’ajoute une difficulté persistante à demander de l’aide ou même à reconnaître sa propre détresse.

    Line Farah l’a souligné avec force : les indépendants restent les grands oubliés des dispositifs de prévention. Et pourtant, les chiffres sont sans appel. Selon Bruno Guillier-De-Chalvron (AGIPI), 58 % présentent des signes de détresse psychologique, 75 % ne se sentent pas suffisamment entourés, et 65 % déclarent peiner à équilibrer vie pro et vie perso. Une crise silencieuse, qui appelle des réponses adaptées, y compris technologiques.

    L’IA, levier de transformation de la prévention

    C’est là que le numérique, et plus précisément l’intelligence artificielle, entre en jeu. Line Farah dirige également un comité à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la santé mentale des soignants et explore à ce titre le potentiel de l’IA pour prévenir des situations à risque comme le burn-out. La détection précoce est au cœur de cette stratégie : l’enjeu est de capter les signaux faibles avant que la pathologie ne s’installe. L’IA permettrait de traiter de grands volumes de données issues de questionnaires, d’interactions numériques ou d’outils de suivi pour objectiver des états émotionnels, adapter les prises en charge, personnaliser les parcours de soin et alléger la charge mentale des usagers.

    Mais la technologie ne se suffit pas à elle-même. Bruno Guillier-De-Chalvron a insisté : « L’humain reste central. » L’objectif n’est pas de substituer l’IA au soin, mais de l’intégrer comme un outil d’aide au repérage, à l’orientation et au suivi, en soutien au travail des professionnels.

    Des dispositifs concrets en voie de déploiement :

    Un exemple concret illustre cette approche : AGIPI, en partenariat avec la start-up Out, s’apprête à lancer fin juin un outil numérique d’évaluation de la santé mentale. À partir d’un questionnaire validé par l’OMS, il permet à l’utilisateur d’évaluer son état psychique, puis d’être orienté vers des solutions adaptées — modules de soins, accompagnement psychologique, suivi dans le temps. Ce dispositif fait suite à une première expérimentation réussie dans le champ des maladies cardiovasculaires et du diabète.

    Mais l’ambition va plus loin : produire des données de santé mentale agrégées par profession, âge ou secteur, afin d’alimenter un futur baromètre dynamique. Il s’agirait ainsi de mieux comprendre l’évolution des troubles dans cette population, d’identifier les facteurs aggravants, et de construire des politiques de prévention plus ciblées.

    Une stratégie publique fondée sur la preuve

    Du côté institutionnel, cette orientation s’inscrit dans une logique de génération de preuves. L’appel à projets du Grand défi « numérique en santé mentale » ne se limite pas au soutien à l’innovation. Il finance aussi l’évaluation médico-économique des outils en conditions réelles. La santé mentale a été définie comme l’une des huit thématiques prioritaires du Challenge Prévention porté par l’Agence de l’Innovation en Santé.

    Line Farah insiste sur ce point : sans démonstration d’efficacité, pas de déploiement à grande échelle. C’est pourquoi les projets soutenus doivent démontrer leur bénéfice clinique, économique, organisationnel et en qualité de vie. Car trop souvent en santé mentale, l’action arrive trop tard, avec un arsenal thérapeutique limité. L’IA peut contribuer à changer ce paradigme, à condition d’être encadrée, validée, et utilisée à bon escient.

    Encadrer l’innovation, garantir l’éthique :

    Pour éviter les dérives, un groupe de travail sur l’éthique du numérique en santé mentale a été lancé. Il vise à interroger concrètement les usages de ces nouveaux outils, à s’assurer qu’ils respectent la vie privée, qu’ils ne renforcent pas les inégalités, et qu’ils restent des instruments au service de l’humain. « Le numérique, comme le stéthoscope, doit devenir un outil d’extension du soin, pas une mécanique d’exclusion ou de pilotage à distance », résume Line Farah.

  • Santé mentale : le gouvernement réoriente sa stratégie vers la prévention et le maillage territorial des villes

    • Prévention dès l’école : personnels formés, repérage précoce généralisé, 300 000 secouristes d’ici 2027.
    • Accès renforcé aux soins : 12 000 psychologues, CMP sans rendez-vous, 30 filières SAS.
    • Suivi post-crise structuré : équipes mobiles, solutions d’aval intégrées aux territoires.
    • Soutien aux professionnels : 600 internes par an, réforme des PTSM, task force médicaments.

    « Nous devons à la psychiatrie une réparation »

    Dans son éditorial d’introduction au Plan psychiatrie (“repérer, soigner, reconstruire”) publié le 11 juin 2025, Yannick Neuder, ministre délégué chargé de la Santé et de l’Accès aux soins, annonce un changement de cap dans la politique publique de santé mentale. À rebours d’une approche centrée sur l’hôpital ou la réponse à l’urgence, le plan présenté se veut une reconstruction depuis les structures de premier recours : écoles, médecins généralistes, centres médico-psychologiques (CMP). Il évoque une « dette » envers la psychiatrie publique et les professionnels qui y exercent, ainsi qu’une promesse faite aux citoyens : celle de ne plus laisser la souffrance psychique sans réponse. L’accent est mis sur la prévention, l’accessibilité et la confiance dans les acteurs de terrain.

    300 000 secouristes en santé mentale formés d’ici 2027, 12 000 psychologues conventionnés, des CMP dotés de consultations sans rendez-vous : le gouvernement opère une refonte systémique de la psychiatrie publique.

    Ministère chargé de la santé et de l’accès aux soins : Santé mentale et psychiatrie – repérer, soigner, reconstruire – juin 2025

    Le plan national pour la santé mentale et la psychiatrie repose sur trois axes. L’objectif est de répondre aux lacunes de la psychiatrie publique française, sur fond de pénurie de soignants, d’inégalités territoriales et de saturation des services d’urgence.

    • « Repérer », vise à favoriser une intervention précoce dès l’apparition des premiers signes de souffrance psychique, en particulier chez les jeunes.
    • « Soigner », entend garantir une offre de soins psychiatriques lisible, accessible et coordonnée sur tout le territoire.
    • « Reconstruire », s’attache à renforcer la formation des professionnels, améliorer l’organisation des parcours et soutenir les équipes de terrain.

    12 000 psychologues conventionnés seront mobilisés d’ici 2027

    Le plan gouvernemental pour la santé mentale, présenté en juin 2025, articule son action autour de cinq leviers : la prévention en milieu scolaire, le renforcement de l’accès aux soins, l’organisation du suivi post-crise, l’attractivité des métiers et une gouvernance territoriale clarifiée. Il prévoit la formation systématique des personnels éducatifs et de santé à la détection précoce des troubles, la généralisation d’un modèle d’intervention pour les 12–25 ans, ainsi que la montée en puissance des secouristes en santé mentale. Du côté de l’offre de soins, les CMP seront renforcés, 12 000 psychologues conventionnés seront mobilisés d’ici 2027, et de nouvelles filières psychiatriques seront intégrées au Service d’Accès aux Soins. Le suivi après hospitalisation s’appuiera sur des équipes mobiles et des solutions d’aval systématisées dans les projets territoriaux. Pour faire face à la pénurie de professionnels, l’objectif est de former 600 internes en psychiatrie par an et de redéployer les dispositifs universitaires. Enfin, une nouvelle instruction « PTSM 2.0 », un guide pour les collectivités et une task force contre les pénuries de médicaments doivent accompagner ce changement d’échelle.

    Axe 1 – Repérer : Miser sur la prévention dès le plus jeune âge

    • Deux personnels formés dans chaque école dès 2026 : Chaque établissement scolaire du second degré et chaque circonscription du premier degré comptera deux adultes formés au repérage de la souffrance psychique.
    • 100 % des professionnels de santé scolaire formés fin 2025 : Infirmiers, médecins, psychologues et assistants sociaux de l’Éducation nationale seront formés aux outils de repérage.
    • Un kit pratique pour 100 % de la communauté éducative : Diffusé dès 2026, il comprendra des fiches réflexes, des annuaires et des supports de dialogue.
    • Une réponse précoce pour les 12–25 ans généralisée d’ici 2027 : Intervention rapide, évaluation globale, actions bio-psycho-sociales pour prévenir la chronicisation des troubles.
    • 300 000 secouristes en santé mentale d’ici 2027 : Formation massive à la détection, à l’écoute et à l’orientation.
    • Des étudiants en santé mobilisés dans les établissements scolaires : Sensibilisation au stress, aux émotions et au respect de soi et des autres.

    Axe 2 – Soigner : Renforcer l’accès local et désaturer les urgences

    • Des CMP ouverts aux consultations sans rendez-vous : Enfants, adolescents et jeunes adultes pourront accéder plus facilement aux soins de première ligne.
    • Doublement des psychologues « Mon soutien psy » d’ici 2027 : Passage de 6 000 à 12 000 praticiens conventionnés pour améliorer la prise en charge en ville.
    • 30 filières psychiatriques SAS déployées en 2025 : Orientations rapides vers les soins psychiatriques via le Service d’Accès aux Soins.
    • Des outils concrets pour les médecins généralistes : Guides cliniques, orientations et ressources pratiques pour faciliter l’accompagnement.
    • Une cartographie nationale des équipes mobiles de crise : Pour combler les zones blanches et renforcer les alternatives aux urgences.
    • Un infirmier en santé mentale dans chaque MSP, CPTS et service d’urgence : Coordination des parcours et lien avec les structures spécialisées.
    • Diversifier les équipes en urgence, intégrer des pairs-aidants : Renforcer l’humanisation de l’accueil en situation de crise.
    • Former aux alternatives à l’isolement et à la contention : Formation obligatoire pour tous les professionnels des urgences psychiatriques.
    • Suivi post-urgence renforcé dans chaque région : Consultations rapides, accompagnement médico-social, équipes mobiles dédiées.
    • Des solutions d’aval obligatoires dans chaque PTSM : Hébergement, répit, coordination ville-hôpital-social systématisés.

    Axe 3 – Reconstruire : Soutenir les soignants et réorganiser les parcours

    • 600 internes en psychiatrie formés par an d’ici 2027 : Pour répondre aux nombreux postes vacants et stabiliser les équipes hospitalières.
    • Un module de psychiatrie avancée dans toutes les facs de médecine : Avec stage pratique obligatoire en milieu psychiatrique.
    • Déploiement des secteurs psychiatriques universitaires (SPU) : Renforcement de l’encadrement, de la recherche et de l’attractivité hors CHU.
    • Une mission nationale sur les conditions de travail dès fin 2025 : État des lieux et plan d’action prévu pour 2026.
    • Instruction PTSM 2.0 en 2025 : nouvelles priorités : Prévention, addictions, enfants, inclusion au cœur des futurs projets territoriaux.
    • Directives anticipées généralisées via Mon Espace Santé : Pour formaliser les souhaits de soins en amont des crises.
    • Lutte contre les pénuries de psychotropes : une task force dédiée à l’ANSM : Suivi des stocks, diversification des fournisseurs, anticipation des tensions.
    • Des équipes spécialisées en santé mentale dans chaque région : Appui extrahospitalier aux professionnels de première ligne.
    • Un guide national pour les collectivités face aux précarités psychiques : Pour renforcer les coopérations entre santé, social, sécurité et logement.

     

  • La HAS autorise à titre dérogatoire la cytologie urinaire assistée par IA pour surveiller les tumeurs de la vessie

    Une méthode innovante pour remplacer la cystoscopie

    Le 5 juin, la Haute Autorité de santé a rendu un avis favorable à la prise en charge dérogatoire de l’acte de cytologie urinaire digitalisée et assistée par intelligence artificielle, utilisant le dispositif de diagnostic in vitro VisioCyt Bladder. Cet acte est destiné à la surveillance des tumeurs de la vessie non infiltrantes le muscle (TVNIM), en alternative à la cystoscopie, actuellement recommandée bien que plus invasive.

    Un test innovant, non invasif et basé sur l’IA

    Le dispositif développé par la société VITADX International permet de détecter, à partir d’un simple prélèvement urinaire, la présence de cellules urothéliales anormales. Grâce à un algorithme d’IA, les images numérisées sont analysées pour identifier des signes morphologiques non perceptibles à l’œil humain. Cette approche permet d’orienter l’investigation vers une suspicion ou non de récidive, qu’elle concerne une tumeur de bas ou de haut grade.

    La HAS reconnaît le caractère techniquement innovant de l’acte, notamment en raison de son absence d’invasivité et de l’usage d’un système d’IA figé en pratique courante. L’acte est actuellement en phase de diffusion précoce en France et n’avait pas encore fait l’objet d’un avis de la HAS dans cette indication. Le seul risque identifié est celui de faux négatifs pouvant retarder un diagnostic chez les patients à haut risque.

    Un projet d’étude clinique jugé pertinent

    L’avis favorable de la HAS s’appuie sur un projet de recueil de données cliniques présenté par le demandeur, visant à évaluer les performances diagnostiques du test en comparaison avec la cystoscopie, ainsi que sa capacité à réduire le nombre d’examens invasifs. L’étude, menée à partir du registre TVNIM de l’Association française d’urologie, prévoit l’inclusion de 2 000 patients. Chacun bénéficiera à la fois de la surveillance conventionnelle par cystoscopie et du test.

    Une étape vers une éventuelle prise en charge pérenne

    L’avis rendu s’inscrit dans le cadre de l’article L.162-1-24 du code de la sécurité sociale, qui permet une prise en charge temporaire pour les actes innovants en attente de données suffisantes pour une évaluation complète. Le recueil prévu vise à combler les lacunes sur les bénéfices cliniques ou médico-économiques, condition préalable à un éventuel remboursement de droit commun. Le texte de l’avis sera publié au Bulletin officiel de la Haute Autorité de santé. Signé par le président Lionel Collet, il formalise une avancée dans l’évaluation des technologies de rupture en santé numérique.

    Avis n°2025.0027/AC/SEAP

     

  • Les biopsies liquides pour anticiper les résistances dans le cancer du sein métastatique

    Une problématique majeure

    Le 1er juin 2025, l’Institut Curie a présenté en session plénière les résultats de l’essai SERENA-6 lors du congrès annuel de la Société américaine d’oncologie clinique (ASCO), à Chicago. L’étude, conduite avec AstraZeneca, évalue une hormonothérapie ciblée guidée par biopsie liquide chez des patientes atteintes de cancer du sein hormonodépendant métastatique. Ce cancer représente 70 % des 2,3 millions de cas annuels mondiaux (OMS). Dans 40 % des cas, une mutation ESR1 induit une résistance aux traitements hormonaux standards. Les méthodes conventionnelles posent plusieurs contraintes :

    • Invasives, donc difficiles à répéter
    • Représentation partielle de la tumeur (prélèvement unique)
    • Sensibilité limitée : entre 50 et 70 % selon les sites tumoraux

    L’étude SERENA-6

    Un essai multicentrique international de phase 3 a été mené entre 2022 et 2025 sur 3 000 patientes réparties dans une dizaine de pays. Un suivi de l’ADN tumoral circulant (ADNtc) était effectué toutes les 8 à 12 semaines. En cas de mutation ESR1 sans progression, les patientes recevaient soit le traitement standard, soit le camizestrant, un SERD oral (dégradeur sélectif du récepteur aux œstrogènes). Les résultats montrent :

    • Un risque de progression tumorale réduit de 56 %
    • Une survie sans progression à 12 mois : 60,7 % avec camizestrant contre 33,4 % en traitement standard.
    • Des effets secondaires limités à 1,3 %

    Une nouvelle stratégie d’oncologie de précision

    SERENA-6 consacre l’utilité clinique des biopsies liquides pour anticiper les résistances et ajuster précocement le traitement, ouvrant la voie à une oncologie personnalisée et réactive à au service des patientes les plus à risque