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  • Comment les Command Centers améliorent la gestion des flux et réduisent de 70% les heures supplémentaires

    83% de gains sur les délais d’admission au Tampa General Hospital

    Les Command centers globaux regroupent l’ensemble des données issues des systèmes d’information hospitaliers (SIH) en temps réel pour assurer une gestion proactive et anticipative des flux hospitaliers. Des acteurs du secteur s’y investissent pleinement. GE HealthCare intègre des algorithmes prédictifs basés sur l’IA à des outils de visualisation dynamique. Ce Command Center est déployé notamment au Royaume-Uni, en Allemagne et en Scandinavie, améliorant la gestion des lits et les délais de prise en charge. Dedalus, de son côté, s’appuie sur les jumeaux numériques pour modéliser les scénarios opérationnels : une approche qui a permis à l’hôpital Gregorio Marañón, à Madrid, d’accroître sa capacité chirurgicale hebdomadaire (jusqu’à 20%) tout en réduisant ses coûts. Dans une logique d’intégration plus large, aux États-Unis, Palantir développe des plateformes capables de croiser les données cliniques, financières et logistiques. Cette vision unifiée a permis, par exemple, au Tampa General Hospital de réduire de 83 % le temps d’admission des patients.

    Une entreprise française spécialisée dans la coordination des flux des patients au sein des hôpitaux, Silbo, propose une plateforme de gestion inspirée des tours de contrôle aériennes, centrée sur la coordination proactive des parcours des patients au sein des établissements. En offrant une visualisation claire des flux d’admission, de transfert et de sortie, la solution permet aux équipes médicales de résoudre les goulots d’étranglement avant leur apparition, améliorant sensiblement la fluidité opérationnelle.

    Supervision centralisée : 1 million de tests/jour et 9% d’efficacité supplémentaire en radiologie

    Certaines entreprises se concentrent sur des secteurs spécifiques au sein des établissements hospitaliers, tels que les laboratoires et l’imagerie médicale. Siemens Healthineers propose l’Atellica Process Manager, qui optimise les processus analytiques des laboratoires hospitaliers, et permettent de traiter quotidiennement jusqu’à un million de tests avec un taux minimal d’erreurs tout en maintenant une fiabilité élevée.

    Dans le domaine de la radiologie, Philips propose une approche connectée avec son Radiology Operations Command Center (ROCC). Ce command center standardise et supervise à distance les protocoles radiologiques, déjà déployé dans le NHS (Royaume-Uni) ainsi qu’en Europe. Cette solution permet une hausse de la productivité des services d’imagerie médicale (jusqu’à 9 % d’amélioration) et contribue à réduire les erreurs liées aux examens médicaux.

    Jusqu’à 30% d’augmentation de l’activité ambulatoire sans ressources supplémentaires

    Les plateformes collaboratives placent les équipes de soins au cœur du dispositif de gestion. Optacare, entreprise spécialisée dans le développement de solutions innovantes pour les établissements de santé, propose un Command Center hospitalier qui centralise la gestion des flux de patients et des ressources en temps réel. Grâce à l’intelligence artificielle, cette plateforme anticipe les arrivées, optimise la planification des équipes et améliore la coordination globale, apportant plus de sérénité aux soignants comme aux patients.

    En complément, la solution HDJ Planner cible plus spécifiquement les parcours en hôpital de jour. Développée à partir des besoins du terrain, elle permet d’augmenter l’activité ambulatoire jusqu’à 30 % à ressources constantes, tout en réduisant les délais de prise en charge.

    70% de réduction des heures supplémentaires pour les soignants

    Face à la pression croissante sur les établissements de santé, IQVIA propose un Command Center axé sur la gestion dynamique des capacités hospitalières et des ressources humaines. En anticipant les besoins en lits et en effectifs, la solution permet de réduire de 40 à 70% les heures supplémentaires et d’améliorer le bien-être des soignants.

     

     

  • De Cleveland à Nancy : Comment les hôpitaux s’appuient sur les Command Centers pour optimiser les ressources

    Optimisation des lits et des ressources : les hôpitaux s’organisent en centres de commande

    Face à l’évolution des organisations hospitalières et à la montée en charge des services d’urgences, les établissements développent des centres de commande opérationnels, véritables « tours de contrôle » intégrées.  Inspirées de l’aéronautique et de la logistique militaire, ils permettent à la direction des opérations et aux équipes médicales de visualiser en temps réel l’activité des différents services et de coordonner les ressources humaines et matérielles pour réguler les flux patients (urgences, admissions directes, hospitalisations non programmées).

    Suivre l’activité des urgences et des admissions, anticiper les pics d’activité …

    Chaque centre regroupe sur un plateau unique des cadres hospitaliers supervisés par un directeur médical, connectés aux différents services de soins et aux acteurs de ville. Les données centralisées — dossier patient informatisé (DPI), tableaux de lits électroniques, logiciels de planification des interventions — sont croisées avec des algorithmes d’intelligence artificielle (IA) pour anticiper les tensions et ajuster les prises de décision.

    Surveillance, coordination, performance, appui aux soins : 4 missions 

    La délégation française présente au congrès HIMSS 2024 à Orlando (Etats-Unis) a identifié ces centres de commande comme l’une des principales innovations organisationnelles observées lors de la visite de la Cleveland Clinic. Un centre de commande hospitalier remplit simultanément plusieurs fonctions :

    • Surveillance clinique et opérationnelle continue (24/7) des patients, du personnel et des infrastructures, permettant de détecter précocement les incidents et d’apporter des correctifs immédiats.
    • Analyse de performance via l’agrégation des données d’activité (capacités litières, admissions, délais d’attente, indicateurs vitaux) pour identifier les tendances et proposer des axes d’amélioration.
    • Coordination des interventions d’urgence en interface avec les équipes de terrain, optimisant l’allocation des ressources lors de situations critiques.
    • Appui aux soins en soutenant les équipes locales, notamment dans les services en tension (urgence, réanimation), en apportant un avis expert supplémentaire et en contribuant à la formation des jeunes recrues.

    Soins critiques, chutes, télémétrie : des cas d’usage opérationnels du centre de commande

    Le programme eHospital de la Cleveland Clinic illustre la variété des applications concrètes :

    • Tele-ICU (soins critiques à distance) : 204 lits de réanimation bénéficient d’une surveillance médicale centralisée par caméras et dossiers patients numériques (EPIC), permettant une réduction de 15 à 30% de la durée des séjours en soins intensifs et 82% de patients maintenus en vie sur 276 000 patients suivis depuis 10 ans.
    • Virtual Companion (surveillance de patients à risque de chute) : un dispositif visuel interactif permet de dialoguer à distance avec le patient en cas de mouvements non autorisés dans la chambre, évitant de nombreuses chutes notamment chez les patients gériatriques.
    • Central Monitoring Unit : surveillance des alarmes télémétriques critiques (troubles cardiaques, neurologiques) sur 700 lits de soins intensifs.

    Hospital 360 : 10% d’admissions en plus et des plannings soignants réorganisés en 45 minutes

    Optimisation des flux patients et de la planification médico-administrative

    Au-delà de la clinique, le centre Hospital 360 intègre des modules de gestion opérationnelle pilotés par intelligence artificielle :

    • Gestion des lits : la visualisation en temps réel des disponibilités, associée à des prédictions de flux entrants par machine learning, permet d’accroître de 10% les admissions journalières par transfert, de réduire de 20% le temps d’attribution des lits et de diminuer d’une heure en moyenne le temps d’attente aux urgences.
    • Planification des soignants : les plannings de personnels sont optimisés sur 6 semaines avec gestion automatique des absences et remplacements. Le temps consacré quotidiennement à la planification est passé de 4-5 heures à 45 minutes pour les cadres de santé.

    Retour d’expérience à Bradford : 90% des patients pris en charge aux urgences en moins de 4 heures

    L’expérience du Bradford Teaching Hospital (Royaume-Uni), qui accueille 125 000 passages aux urgences annuels pour 800 lits MCO, illustre l’ampleur de ces projets. Selon la complexité du site, le nombre d’établissements interconnectés et les modules fonctionnels activés, le coût d’implémentation peut osciller entre 750 000 € et 15 M€ par centre. Six mois ont été nécessaires pour déployer les premières briques fonctionnelles.

    Selon Bradford, les centres de commande permettent de traiter 90% des patients aux urgences en moins de 4 heures, malgré une hausse de la fréquentation. L’automatisation des processus réduit aussi les appels téléphoniques internes (jusqu’à 200 appels en moins par jour pour rechercher un lit disponible). Trois briefings quotidiens de 30 minutes sont organisés avec les chefs de service pour réévaluer en temps réel les organisations de soins.

    @Health & Tech Intelligence

    Nancy : premier hôpital français doté d’un Command Center développé avec Dedalus

    En juin 2025, le CHRU de Nancy devient le premier hôpital français à adopter un Command Center développé avec Dedalus. Les domaines ciblés sont : blocs opératoires, soins aux patients hospitalisés, services d’urgence (prédiction d’activité, allocation des ressources), et santé ambulatoire/populationnelle (planification opérationnelle selon les besoins territoriaux).
    Ce projet s’inscrit dans la construction du nouvel hôpital de Nancy et s’appuie sur l’IA, l’analyse prédictive, des agents conversationnels et des outils de simulation pour anticiper les tensions sur les ressources hospitalières et recommander des actions.

    Des perspectives d’évolution : Vers des centres de commande hospitaliers virtuels, interconnectés et prédictifs

    Plusieurs évolutions sont envisagées pour les centres de commande hospitaliers. Des formats entièrement virtuels permettent une supervision à distance et mutualisée entre établissements. À l’échelle régionale, l’interconnexion avec des plateformes comme le ROR ou E-CERVEAU faciliterait la gestion coordonnée des capacités. L’intégration de jumeaux numériques offrirait des capacités de simulation des flux patients pour anticiper les tensions. Des applications mobiles déportées pourraient donner aux managers un accès terrain aux indicateurs en temps réel. Enfin, de nouveaux portails d’interopérabilité permettront de croiser les données hospitalières, médico-sociales et territoriales pour un pilotage élargi des flux de soins.

    @ Health & Tech Intelligence
  • Command center & IA : avec Dedalus, le CHRU de Nancy ouvre la voie à une nouvelle gouvernance hospitalière

    Un hôpital sous contrainte qui choisit l’innovation

    À l’heure où le système hospitalier français fait face à des tensions structurelles, et conscient que les moyens budgétaires resteront structurellement contraints, le CHRU de Nancy fait le choix d’anticiper et d’agir autrement, en investissant dans l’intelligence des flux, la réactivité organisationnelle et les technologies numériques. La stratégie est assumée : transformer le pilotage hospitalier en s’appuyant sur des outils numériques avancés et sur l’intelligence artificielle. Le partenariat avec Dedalus, présenté lors de l’édition 2025 du salon Santexpo, a permis de concrétiser cette ambition à travers la mise en place d’un command center de nouvelle génération.

    Ce dispositif de pilotage centralisé permet d’observer, d’analyser et d’agir en temps réel sur l’activité hospitalière. Il se veut non pas comme un simple centre de supervision technique, mais comme le cœur d’une gouvernance opérationnelle réactive, structurée autour de données actualisées en continu.

    Un outil choisi pour sa maturité technologique et son interopérabilité

    Le choix de Dedalus s’est appuyé sur plusieurs éléments décisifs : d’une part, la compatibilité immédiate avec le système d’information hospitalier déjà en place au CHRU (notamment le dossier patient informatisé de Dedalus) ; d’autre part, l’existence d’un retour d’expérience robuste, notamment à l’hôpital Gregorio Marañón de Madrid où le dispositif a permis des gains significatifs, comme l’augmentation hebdomadaire du nombre d’interventions chirurgicales ou une meilleure fluidité aux urgences.

    Ce socle technique, associé à une capacité de déploiement progressif par briques fonctionnelles, a permis au CHRU de Nancy de structurer un projet sur mesure, articulé autour de quatre domaines prioritaires : les blocs opératoires, les soins aux patients hospitalisés, les urgences, et la santé ambulatoire/populationnelle. Ces axes, identifiés comme stratégiques tant du point de vue médico-économique que de la qualité des soins, sont au cœur du déploiement initial.

    Le temps réel comme nouveau paradigme décisionnel :

    Pour Jean-Christophe Calvo, chef du département territorial de la transformation numérique et de l’ingénierie biomédicale du CHRU de Nancy, l’objectif est clair : sortir d’une culture du constat à froid pour entrer dans celle de la réaction immédiate. « Jusqu’à maintenant, on constatait qu’une activité avait baissé, qu’un bloc opératoire était sous-utilisé, ou qu’un service générait de l’insatisfaction… mais toujours après coup. », a-t-il indiqué lors de la présentation du partenariat avec Dedalus à Santexpo.

    Le command center permet de renverser cette logique. Grâce à une visualisation en continu des indicateurs clés, les équipes peuvent identifier très tôt les signaux faibles. Mais surtout, ces signaux sont mis en relation avec des scénarios de décision construits en amont, validés par les professionnels, et intégrés dans les routines de l’établissement. Il ne s’agit pas de tout automatiser, mais de faciliter une réactivité collective, organisée et partagée.

    Une dynamique portée par l’intelligence artificielle :

    Ce pilotage augmenté repose sur un socle technologique solide, dans lequel l’intelligence artificielle joue un rôle déterminant. L’IA est mobilisée à plusieurs niveaux : détection précoce d’anomalies, anticipation des tensions sur les flux, optimisation en temps réel de l’utilisation des ressources. Elle apporte une forme d’agilité à l’organisation hospitalière, en permettant non seulement de réagir rapidement, mais aussi de simuler des scénarios futurs et d’objectiver les choix stratégiques. Dans un contexte où les marges de manœuvre sont étroites, l’IA devient un levier d’efficience autant qu’un outil de sécurisation des décisions.

    À terme, le CHRU prévoit de basculer vers une version encore plus avancée du Command Center, intégrant des agents de raisonnement automatisés capables de produire des recommandations à partir de bases de données vectorisées. Cette brique de type “Command Center 4.0” permettra, par exemple, de poser une question à un agent conversationnel pour anticiper une saturation des lits en fonction des flux aux urgences, et obtenir en retour des prévisions chiffrées et des suggestions concrètes.

    Un changement de culture piloté avec et pour les professionnels

    Ce projet de command center n’est pas simplement technologique. Il implique un changement profond dans la culture managériale et opérationnelle de l’établissement. « On doit faire mieux avec des moyens qui vont rester constants. Le numérique est la solution. L’intelligence artificielle est la solution », affirme Jean-Christophe Calvo. Mais cette solution n’a de sens que si elle est comprise, partagée et incarnée par les équipes de terrain.

    C’est pourquoi le CHRU de Nancy a fait le choix d’impliquer très tôt les professionnels dans la conception des processus décisionnels. Le command center n’est pas une tour de contrôle descendante, mais un espace où l’information, la décision et l’action sont coordonnées et mutualisées, dans une logique d’amélioration continue. Une délégation d’équipes partira prochainement à Madrid pour observer la plateforme en conditions réelles, avant son appropriation locale.

  • Les command centers saoudiens réduisent de 53% les délais de chirurgie planifiée et optimisent la gestion de crise (revue de littérature)

    Les command centers de santé, intégrant l’intelligence artificielle et la télémédecine, jouent un rôle dans l’optimisation des soins, la gestion des flux patients et la résilience organisationnelle, notamment en période de crise sanitaire. Cet article analyse les résultats opérationnels issus de publications récentes, avec un focus sur l’expérience saoudienne et l’intégration de la télémédecine dans les unités de soins intensifs néonatals (NICU). 

    Les sources analysées incluent : 

    • Alharbi MF et al. (2024), « Digital innovative healthcare during a pandemic and beyond: a showcase of the large-scale and integrated Saudi smart national health command centre », publié dans BMJ Leader et issu du ministère de la Santé saoudien. 
    • Mominkhan DM et al. (2025), « Implementing Telemedicine Intervention in Neonatal Intensive Care Units: Augmented Teleconsultation and Real-Time Monitoring Experience », publié dans Telemedicine Reports et réalisé en collaboration avec la National Health Command Center (NHCC) et plusieurs institutions saoudiennes. 
    • Rådestad et al. (2024), « Real-Time Triage, Position, and Documentation (TriPoD): Protocol for the Development and Evaluation of a Digital Solution for Major Incident Management », publié dans JMIR Research Protocols, étude conduite dans la région de Stockholm, Suède. 

    L’objectif de cet article est d’analyser l’apport des command centers dans la transformation des systèmes de santé en s’appuyant sur les données chiffrées et les résultats opérationnels rapportés dans ces études. La problématique centrale porte sur la capacité de ces dispositifs à améliorer la performance des systèmes de santé, la sécurité des patients et la résilience organisationnelle en particulier dans des contextes de forte pression ou de crise sanitaire. 

    Contexte et structuration des command  

    Définition et principes organisationnels 

    Les command centers de santé sont des plateformes centralisées intégrant des données en temps réel, des outils analytiques avancés et des équipes multidisciplinaires, afin de piloter la gestion des ressources, la coordination des soins et la réponse aux événements critiques. Historiquement inspirés des modèles militaires et de gestion des urgences, ils se sont progressivement adaptés aux environnements hospitaliers et nationaux comme l’illustre l’exemple du National Health Command Center (NHCC) en Arabie saoudite. 

    Structure et fonctionnalités du NHCC 

    Le NHCC, mis en place en 2019 par le ministère de la Santé saoudien en collaboration avec Ge Healthcare, se distingue par son envergure nationale. Il coordonne 2 259 centres de soins primaires et 494 hôpitaux, représentant une capacité de 75 225 lits (soit 2,2 lits pour 1 000 habitants), avec un effectif de 105 000 médecins, 184 500 infirmiers, 4 000 pharmaciens et 69 530 professionnels paramédicaux. Le centre est organisé en quatre départements et quatre zones fonctionnelles, s’appuyant sur 88 tableaux de bord pour la visualisation et l’analyse des données en temps réel. Les principales fonctions incluent la gestion des flux patients, l’optimisation des ressources (lits, équipements, personnel), la surveillance épidémiologique, la coordination logistique et la communication intersectorielle. 

    Intégration de l’IA et des outils numériques 

    Le NHCC exploite des algorithmes d’apprentissage automatique pour la prévision des volumes de patients, l’anticipation des besoins en lits, la gestion des chaînes d’approvisionnement et la détection précoce des flambées épidémiques. Ces outils permettent une prise de décision rapide et fondée sur des données objectives, réduisant la subjectivité dans la gestion opérationnelle et facilitant la standardisation des processus. 

    Résultats opérationnels et cliniques 

    Impact sur la performance opérationnelle et clinique 

    Les résultats rapportés par Alharbi et al. (2024) démontrent une amélioration significative de plusieurs indicateurs de performance après la mise en place du NHCC : 

    Indicateur  Avant NHCC  Après NHCC  Variation 
    Délai moyen d’attente pour chirurgie planifiée  36 jours  17 jours  -53% 
    Durée moyenne de séjour en réanimation (ICU)  N/A  -10%  -10% 
    Patients pris en charge aux urgences en <4h  36%  87%  +51 points 
    Taux de satisfaction patient global  67% (2019)  79% (2021)  +12 points 
    Satisfaction vaccination COVID-19  N/A  98%   
    Nombre de lits optimisés pour COVID-19  6 000  10 400  +73% 
    Réduction du délai d’approvisionnement  >60 jours  25 jours  -58% 
    Nombre d’items en rupture de stock  254  53  -79% 
    Coût évité (réparation/redistribution respirateurs)  N/A  25 millions USD   
    Vaccins COVID-19 administrés  N/A  20 millions   

    Ces résultats traduisent une amélioration de la fluidité des parcours, une réduction des délais critiques et une optimisation des ressources matérielles et humaines. 

    Gestion de crise et résilience organisationnelle 

    Pendant la pandémie de COVID-19, le NHCC a joué un rôle central dans la coordination des mesures de prévention, la gestion des lits et des équipements (ventilateurs, EPI), la priorisation des interventions et la communication avec les autorités nationales. La mortalité liée à la COVID-19 est restée faible (2%) et le centre a permis la mise en œuvre rapide de plus de 100 mesures préventives à l’échelle nationale. 

    Télémédecine et command centers : expérience en soins intensifs néonatals 

    L’étude de Mominkhan et al. (2025) porte sur l’intégration d’un programme de téléconsultation critique (TCC) dans une unité de soins intensifs néonatals d’un hôpital public à Najran avec supervision en temps réel par le NHCC. Les principaux résultats sont les suivants : 

    • Réduction du taux de mortalité néonatale de 10,3 à 9,2 pour 1 000 naissances vivantes (-10,7%).
    • Augmentation du taux de sortie de 0% à 34,12% après 4 mois.
    • Maintien d’un taux d’occupation des lits élevé (100-137%).
    • Interventions immédiates grâce à la surveillance en temps réel. 

    Le tableau suivant synthétise les données principales : 

    Période  Taux de mortalité (pour 1 000 NV)  Taux de sortie (%)  Taux d’occupation des lits (%) 
    Avant TCC (13 mois)  10,3  0  100-137 
    Après TCC (9 mois)  9,2  34,12 (après 4 mois)  100-137 

    Ces résultats confirment l’apport des command centers dans l’intégration de la télémédecine pour améliorer la qualité et la sécurité des soins même dans des contextes de forte pression sur les ressources. 

    Synergie entre command centers, IA et télémédecine 

    Les expériences saoudiennes démontrent la capacité des command centers à orchestrer une transformation des systèmes de santé en alliant technologies avancées, organisation centralisée et collaboration interdisciplinaire. L’utilisation de l’intelligence artificielle pour l’analyse prédictive, la surveillance épidémiologique et la gestion proactive des ressources permet de dépasser les approches traditionnelles, souvent fragmentées et réactives. 

    La télémédecine, intégrée aux command centers, s’avère particulièrement efficace pour pallier les pénuries de spécialistes, améliorer la prise en charge des patients à distance et optimiser l’utilisation des lits en soins critiques. Les données issues des unités néonatales montrent que la supervision centralisée et la téléconsultation peuvent réduire la mortalité et accélérer les sorties tout en maintenant un haut niveau de surveillance et de sécurité. 

    Les études soulignent toutefois certaines limites, notamment la difficulté à isoler l’effet propre des command centers en l’absence de groupes témoins, la variabilité des indicateurs selon les contextes et la nécessité d’études complémentaires sur l’acceptabilité par les professionnels et l’impact à long terme sur les organisations. Par ailleurs, la généralisation de ces modèles à d’autres systèmes de santé nécessite une adaptation aux spécificités locales et une évaluation rigoureuse de la soutenabilité économique. 

  • Plafond d’activité, contractualisation, assouplissement du seuil : les recommandations de la FMT pour la télémédecine (livre blanc)

    La FMT pousse la téléconsultation au cœur du débat

    La Fédération des médecins téléconsultants – qui regroupe plusieurs centaines de médecins salariés exerçant via des plateformes de téléconsultation* – a récemment publié un livre blanc intitulé : “Déserts médicaux : 3 propositions pour améliorer la prise en charge des patients“. Elle livre des recommandations dans un contexte où 6 millions de Français n’ont pas de médecin traitant. La fédération vise à développer une stratégie pour faire de la téléconsultation une solution durable dans les parcours de soins.

    Le document rappelle que 70 % des médecins ont eu recours à la téléconsultation et 88 % des patients s’en déclarent satisfaits. 90 % des actes concernent la médecine générale, là où les tensions d’accès sont les plus fortes. Les téléconsultations assurées par les plateformes salariées représentent aujourd’hui 33 % du volume global, contre 17 % en 2022.

    Le CNOM reconnaît l’intérêt sous conditions strictes

    Le Conseil national de l’Ordre des médecins reconnaît la téléconsultation comme un acte médical à part entière, sous réserve du respect strict des règles déontologiques. Il insiste toutefois sur l’importance d’une continuité des soins, préférant que la téléconsultation s’intègre dans un parcours territorial coordonné. Le CNOM s’oppose aux pratiques commerciales (bornes en libre accès, plateformes sans lien avec le médecin traitant), qu’il juge contraires à l’éthique médicale.

    Plafond d’activité à 20 % : la FMT réclame un assouplissement ciblé dans les zones en tension

    La Fédération des médecins téléconsultants formule trois pistes pour intégrer la téléconsultation dans le système de santé.

    • Créer un accord national spécifique avec l’Assurance maladie La FMT demande la signature d’un cadre conventionnel adapté avec l’Assurance maladie, définissant les missions, la rémunération, la coordination et l’évaluation des pratiques des médecins téléconsultants salariés. Cette reconnaissance contractuelle permettrait de stabiliser leur contribution, particulièrement dans les zones sous-dotées et pour les soins non programmés.
    • Assouplir le plafond d’activité à distance Le cadre actuel limite à 20 % la part d’activité annuelle en téléconsultation salariée hors médecins traitants. La FMT propose de relever ce seuil, voire de le suspendre dans certaines situations ciblées : zones sous-dotées, téléconsultations assistées sur sites physiques, patients sans médecin traitant, professionnels en situation de handicap, en congé parental ou en transition professionnelle. Selon la Cour des comptes, cet assouplissement pourrait éviter des passages aux urgences et générer près de 113 millions d’euros d’économies annuelles pour l’Assurance maladie.
    • Intégrer pleinement les dispositifs dans les organisations territoriales La FMT demande l’intégration des plateformes de téléconsultation sans rendez-vous dans le Service d’Accès aux Soins (SAS) et le référencement des dispositifs physiques (bornes, cabines en pharmacies, maisons de santé). Actuellement, 6 500 dispositifs physiques sont déployés sur le territoire, offrant un maillage territorial significatif. Un conventionnement renforcé avec les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS) est également proposé.

    La FMT appelle à un ajustement du cadre

    La FMT entend donc porter ces propositions aux prochaines Assises. Sa présidence, assurée par le Dr Dominique Souvestre, rappelle qu’il s’agit non pas de déréguler, mais d’ajuster le cadre à des pratiques encadrées et utiles aux patients.

     

    * plateformes de téléconsultation agréées par le ministère de la Santé, comme MEDADOM, Qare, Tessan, ou encore Livi …

  • Des grilles de redevances harmonisées pour l’accès aux données de santé hospitalières

    Des tarifs harmonisés après six mois d’analyse et de concertation

    Depuis 2021, le Comité stratégique des données de santé pilote une stratégie nationale pour améliorer la qualité et le partage des données de santé. Dans ce cadre, un groupe de travail “Financement” a été mis en place pour définir les modalités de financement des bases de données de santé.

    Après une première note consacrée au financement des EDSH, le groupe a élaboré des grilles de tarification communes. Ces travaux, démarrés en septembre 2023, visent à simplifier la contractualisation entre établissements et acteurs privés et s’inscrivent dans le contexte de l’entrée en application du Data Governance Act (DGA).

    Les grilles proposent deux méthodes de calcul des redevances :

    • L’une basée sur les tâches à effectuer.
    • L’autre sur les ressources mobilisées.

    Leurs contenus ont été définis après six mois d’analyse des attentes des parties prenantes et des outils de calcul existants.

    Les grilles de tarification ajustées sur la base des retours terrain

    Testées d’abord par cinq établissements, puis élargies à davantage de sites lors d’une phase pilote de six mois, les grilles ont été ajustées à partir des retours recueillis. En février 2025, le Comité stratégique a validé la version commune et les guides d’utilisation associés.

    Ces grilles ne sont pas juridiquement contraignantes mais s’appuient sur des principes partagés : transparence, accessibilité des tarifs, équité entre acteurs publics et privés, et efficacité opérationnelle. Les établissements conservent la possibilité d’adopter d’autres modèles de tarification, à condition qu’ils respectent ces principes.

    Un comité de suivi a été constitué pour poursuivre la collecte des données de retour d’expérience. Cette veille continue permettra notamment d’affiner les projections de recettes des EDSH issues des redevances.

    Documents complémentaires : 

    Note de synthèse des travaux et grilles tarifaires.

  • Les députés valident la création d’une base nationale des données sur le cancer

    l’INCa pilotera ce nouveau registre

    Les députés de l’Assemblée nationale ont validé, ce lundi 23 juin, la création d’un registre national des cancers. Porté depuis deux ans par le Parlement, la proposition de loi vise à doter la France d’une base centralisée et homogène de données épidémiologiques et de soins liées aux cancers.

    Le ministre chargé de la Santé et de l’Accès aux soins, Yannick Neuder, a salué l’adoption du texte en parlant “d’un pas décisif pour la santé publique et pour les millions de Français concernés, directement ou indirectement, par la maladie”.

    Confié à l’Institut national du cancer (INCa), le registre centralisera les données populationnelles sur l’épidémiologie et les soins en cancérologie. Cette base de données doit contribuer à réduire les inégalités territoriales d’accès au diagnostic et au traitement, tout en constituant un socle scientifique pour l’amélioration des politiques de prévention et de recherche.

    Ce registre permettra également d’optimiser le suivi des patients et de mieux appréhender les facteurs de risque environnementaux, professionnels ou génétiques.

    D’après l’Institut national du cancer (INCa), 433 136 nouveaux cas de cancer ont été recensés en 2023.

  • Psychiatrie et téléconsultation : 20 % des consultations réalisées à distance (rapport Doctolib)

    • La téléconsultation représente 7,4 % de l’activité globale des médecins qui la pratiquent.
    • La psychiatrie est en tête des spécialités utilisant la téléconsultation (20,3 % des consultations sont réalisées à distance).
    • 54 % des téléconsultations sont obtenues sous 48 heures.
    • La médecine générale reste la première spécialité en volume, avec plus de 4 millions d’actes de téléconsultation en 2024.
    • Les praticiens ayant recours à la téléconsultation accueillent une proportion plus importante de nouveaux patients.

    Doctolib observe un léger recul de 0,7 % depuis 2022

    Doctolib publie un état des lieux de la téléconsultation en France, basé sur 5,1 millions de téléconsultations effectuées en 2024 par près de 15 000 praticiens de cinq spécialités : médecine générale, psychiatrie, gynécologie, dermatologie et pédiatrie. L’activité de téléconsultation représente 7,4 % des consultations chez les médecins qui la pratiquent. L’utilisation varie selon les disciplines : 20,3 % des consultations en psychiatrie sont réalisées à distance, contre 8,1 % en médecine générale et 5,1 % en pédiatrie. Dermatologie (4,4 %) et gynécologie (4,8 %) y recourent moins. En volume, la médecine générale reste en tête avec plus de 4 millions d’actes en 2024. La part des téléconsultations recule de 0,7 % par rapport à 2022, rejoignant les observations de la CNAM dans son rapport “Charges et Produits pour 2025”.

    Durée des téléconsultations : un écart de 3 à 8 minutes selon les spécialités

    Selon le rapport, 82 % des téléconsultations concernent des patients déjà connus, avec de fortes disparités : 95 % en psychiatrie contre 64 % en dermatologie. Seuls 2,85 % des patients recourent exclusivement à la téléconsultation sur 12 mois. L’outil se révèle efficace pour répondre aux demandes rapides : 54 % des rendez-vous à distance sont obtenus sous 48 heures contre 32 % en présentiel. Ce délai tombe à 24 heures pour 42 % des cas, presque deux fois plus que les consultations physiques (23 %). En médecine générale et pédiatrie, plus de 60 % des téléconsultations ont lieu dans les 48 heures suivant la demande.

    Les téléconsultations sont légèrement plus courtes que les consultations physiques, avec un écart maximal de 8 minutes en pédiatrie et minimal de 3 minutes en psychiatrie et dermatologie. Selon les médecins interrogés, cet écart s’explique par la préparation en amont et l’automatisation de certaines tâches administratives.

    Les 25-34 ans, toujours surreprésentés parmi les usagers

    Les usages diffèrent aussi selon la localisation et l’âge des patients. En zones sous-denses (ZIP et ZAC), l’équipement en outils de téléconsultation atteint 39 % et 37 % des médecins généralistes, soit une proportion proche de la moyenne nationale. Près de la moitié des actes y sont réalisés.  Côté patientèle, les 25-34 ans surreprésentent la téléconsultation (27 % des usagers contre 15 % en présentiel), tandis que les plus de 65 ans restent sous-représentés (5 % contre 14,5 % en présentiel). Ces observations confirment les tendances relevées par la DREES dès 2022.

    Primo-consultations : 42 % des téléconsultations en médecine générale 

    Doctolib observe que les praticiens usant de la téléconsultation accueillent plus de nouveaux patients et disposent d’une file active plus large, notamment en psychiatrie (+41 %) et, plus modestement, en gynécologie (+4,4 %). En médecine générale, 42 % des patients vus en téléconsultation en 2024 étaient nouveaux, une proportion en hausse depuis 2022.

  • Lancement d’Amazon Diagnostics : prélèvements à domicile en 60 minutes, résultats en moins de 6 heures

    Disponible dans 6 grandes villes

    En partenariat avec Orange Health Labs, Amazon India a lancé Amazon Diagnostics, un service de tests médicaux à domicile intégré à son application. L’offre est pour l’heure disponible dans six grandes villes indiennes : Bengaluru, Delhi, Gurgaon, Noida, Mumbai et Hyderabad. Les prélèvements sont réalisés à domicile sous 60 minutes, avec des résultats accessibles en moins de six heures. L’objectif affiché est de réduire les délais d’attente et de garantir une qualité de service homogène.

    Amazon Diagnostics intègre plusieurs fonctionnalités numériques, parmi lesquelles :

    • La prise de rendez-vous via l’application.
    • L’affichage en temps réel des créneaux disponibles.
    • La validation d’adresse par cartographie.
    • L’instructions préparatoires automatisées avant les tests.
    • Les résultats sont accessibles depuis le tableau de bord Amazon Health.

    Amazon muscle son offre santé : téléconsultations, abonnements et partenariats spécialisés

    Le groupe poursuit son expansion dans le secteur de la santé. En mai, Talkspace, spécialiste de la santé mentale en ligne, a étendu sa collaboration avec Amazon Pharmacy, permettant à ses utilisateurs de faire exécuter leurs prescriptions via la plateforme. En 2024, Rula, qui fédère plus de 10 000 professionnels de santé mentale, a rejoint le programme Health Conditions Programs d’Amazon, qui regroupe des services de santé digitale proposés par les employeurs et les assureurs. L’an dernier, Amazon avait déjà consolidé ses activités de soins primaires en fusionnant Amazon Clinic et One Medical au sein d’une plateforme hybride, combinant téléconsultations ponctuelles et services par abonnement.

  • La Région IDF crée le fonds « FemTech Île-de-France » doté de 5 millions d’euros

    Ce fonds a pour objectif d’organiser le développement des start-up dans la santé des femmes. Doté de 5 millions d’euros au lancement, il a été élaboré en collaboration avec l’Alliance FemTech France, qui regroupe plus de 80 entreprises du secteur.

    Sa mission est d’aider à l’émergence des entreprises innovantes combinant intelligence artificielle, biotechnologies et dispositifs médicaux, sur quatre axes prioritaires identifiés :

    • L’endométriose : une pathologie touchant une femme sur dix, dont le diagnostic reste tardif, avec un retard de 7 à 9 ans en moyenne.
    • La fertilité : développement d’outils prédictifs et de parcours de FIV personnalisés, pour répondre aux besoins de trois millions de couples européens confrontés à l’infertilité.
    • La ménopause : soutien à des capteurs et applications de suivi hormonal, face à des symptômes jugés mal pris en charge par 80 % des femmes concernées.
    • Et la cardiologie féminine : ciblage des maladies cardiovasculaires, première cause de mortalité chez les femmes en France.

    Avec ce fonds, la Région entend réduire les inégalités de financement dans la santé féminine, stimuler l’innovation médicale et positionner le territoire comme un acteur de référence en Europe sur ce segment de la santé numérique.