Articles

  • La Région IDF crée le fonds « FemTech Île-de-France » doté de 5 millions d’euros

    Endométriose, FIV, ménopause, cœur : quatre priorités pour la santé féminine

    La région Île-de-France a détaillé quatre mesures pour renforcer sa stratégie IA au service de l’intérêt général, dans la santé, l’éducation et la réindustrialisation, tout en confirmant son objectif de mobiliser 150 M€ d’investissements d’ici 2028. Annoncé par Valérie Pécresse, le fonds « FemTech Île-de-France » devient le premier fonds français dédié à la santé des femmes, conçu avec l’Alliance FemTech France. Doté initialement de 5 M€, il vise à structurer un écosystème encore sous-financé en France, en ciblant l’émergence de start-up innovantes alliant IA, biotechnologies et dispositifs médicaux.

    Quatre priorités de santé ont été identifiées :

    • L’endométriose, avec un retard diagnostique moyen de 7 à 9 ans.
    • La fertilité, pour accompagner les parcours FIV des 3 millions de couples européens concernés.
    • La ménopause, avec le soutien aux capteurs et applications de suivi hormonal.
    • La cardiologie féminine, alors que les maladies cardiovasculaires restent la première cause de mortalité féminine en France.

    Administration, formation, infrastructures : la Région accélère sur l’IA locale

    Depuis mars 2024, la Région pilote le programme « Démonstrateur : l’IA pour le service public régional » pour moderniser son administration et améliorer la qualité et l’efficience des services rendus aux Franciliens, notamment via la plateforme « Ma Région près de chez vous ». On note aussi l’ouverture du lycée Paul-Valéry, à Paris, transformé en campus IA, a pour objectif de former les talents de demain dans un environnement dédié. Un dispositif visant à attirer des chercheurs américains en Île-de-France sera également intégré au budget supplémentaire voté en juin 2025. Enfin, la Région confirme des investissements dans les infrastructures stratégiques IA et quantiques. Des structures comme Mistral, Eclairion et Welinq en bénéficieront pour permettre aux start-up de développer et déployer leurs IA localement d’ici 2030.

  • 300 types de tumeurs cérébrales classifiés par IA sans biopsie (Pr Petra Ritter, Charité Berlin Hospital)

     

    La conférence met en avant comment l’hôpital de la Charité à Berlin s’adapte à ce cadre réglementaire tout en restant innovant.

    La Keynote intitulée  AI for Personalized Medicine, présentée par la Professeure Petra Ritter, responsable de la section Brain Simulation à la Charité Clinic de Berlin lors de la 2025 AI4Health Summer School offre un panorama des avancées dans le domaine de l’IA en santé.

    Health & Tech Intelligence met en lumière les principaux enseignements et perspectives pour les professionnels de santé et hospitalier issue de cette intervention. La conférence contextualise l’impact du règlement européen AI Act, détaille des cas d’usage concrets à la Charité et propose une réflexion sur la responsabilité humaine, la fiabilité des systèmes et la gouvernance des données de santé. 

    L’AI Act et ses implications pour la santé numérique 

    La Pr Ritter débute sa présentation en soulignant la montée en puissance des cadres réglementaires applicables à l’IA avec une attention portée à l’AI Act européen. Ce texte, en vigueur depuis l’année précédente, s’ajoute à une série de réglementations qui façonnent l’écosystème de l’innovation numérique en santé. La définition officielle d’un système d’IA, telle qu’énoncée dans l’AI Act, se distingue par son ampleur: elle englobe tout système conçu pour fonctionner à des niveaux d’autonomie variés et capable de produire des prédictions, recommandations ou décisions influençant un environnement physique ou virtuel. 

    Cette définition large a des conséquences directes sur la catégorisation des dispositifs médicaux: tout dispositif intégrant de l’IA est automatiquement classé comme “à haut risque”, impliquant des exigences en matière de certification, de robustesse technique, de protection des données et de transparence. Plusieurs ministères et États membres travaillent activement à clarifier l’application concrète de ces règles, tandis que l’AI Office publie des notes explicatives pour accompagner les acteurs du secteur. 

    Responsabilité humaine et autonomie des systèmes d’IA 

    La question de l’autonomie des systèmes d’IA est centrale dans l’exposé de la Pr Ritter. Elle insiste sur la nécessité de maintenir la responsabilité humaine au cœur des processus décisionnels, même lorsque l’IA opère à des niveaux d’autonomie élevés. L’analogie avec l’autopilotage aérien illustre cette exigence: si la machine contrôle l’appareil, le pilote reste le garant ultime de la sécurité. Cette réflexion s’étend à la santé, où l’autonomie des dispositifs doit être encadrée par des mécanismes de supervision humaine, afin de préserver la confiance et la sécurité des patients. 

    Niveaux d’autonomie: inspiration du secteur automobile 

    La classification des niveaux d’autonomie inspirée du secteur automobile peut être transposée à la santé numérique: 

    Niveau  Description 
    0  Aucune décision automatisée 
    1  Assistance (une fonction automatisée) 
    2  Automatisation partielle (direction et accélération) 
    3  Automatisation conditionnelle 
    4  Automatisation élevée dans certaines conditions 
    5  Automatisation totale dans toutes les conditions 

    Ce modèle sert de référence pour évaluer la maturité et les risques associés aux systèmes d’IA en santé pour le Pr Petra Ritter. 

    Innovations et cas d’usage: expériences à la Charité et dans le système israélien 

    Modèle israélien: intégration des soins, prévention et valorisation des données 

    Pr Ritter a donné l’exemple du système de santé israélien, à travers Clalit suite à HIMSS Europe. Ce système se distingue par l’intégration de la prestation et du financement des soins qui favorise une logique de prévention et l’exploitation de données médicales longitudinales. Cette organisation facilite le développement d’outils innovants classés selon trois niveaux d’autonomie: 

    • Whisperer: l’IA assiste passivement le clinicien, qui reste l’interlocuteur principal du patient. 
    • Navigator: l’IA analyse activement les données et signale les anomalies au clinicien, déjà en usage courant. 
    • Frontliner: l’IA interagit directement avec le patient, permettant au médecin de se recentrer sur l’écoute et l’accompagnement. 

    Applications concrètes à la Charité 

    Dépistage de l’épilepsie par IA 

    Un projet soutenu par le Digital Accelerator Program de la Charité permet aux proches de patients de filmer des épisodes suspects d’épilepsie via smartphone. Les vidéos sont analysées dans le cloud par un algorithme d’IA, qui évalue la probabilité d’épilepsie. Ce dispositif est actuellement en phase d’essais cliniques multicentriques en Allemagne. 

    Classification non invasive des tumeurs cérébrales 

    Une autre innovation, récemment publiée dans Nature Cancer, concerne l’analyse du liquide céphalorachidien par IA pour classifier des centaines de types de tumeurs cérébrales, sans recourir à la biopsie. Cette approche améliore la précision diagnostique et permet d’adapter les traitements de façon plus ciblée. 

    Modélisation cérébrale et stimulation personnalisée 

    Les travaux sur les “digital brain films” illustrent l’apport de la modélisation dynamique et anatomique du cerveau. L’analyse précise des fibres cérébrales et la prise en compte de la plasticité neuronale permettent d’optimiser la localisation des électrodes pour la stimulation cérébrale profonde, notamment chez les patients parkinsoniens. L’intégration de données multimodales (imagerie vivante, coupes post-mortem) accroît la précision des interventions, dépassant les limites de l’IRM conventionnelle. 

    Apprentissage machine et classification des fonctions cérébrales 

    L’équipe de la Pr Ritter utilise l’apprentissage automatique pour affiner les modèles cérébraux et classifier les sous-réseaux impliqués dans des fonctions complexes (émotions, mémoire, relations sociales). Ces avancées facilitent la conception d’interventions ciblées visant à restaurer des dynamiques cérébrales physiologiques. 

    Repositionnement thérapeutique assisté par IA 

    Un projet en cours combine de grands modèles de langage avec des graphes de connaissances biomédicales pour identifier de nouveaux candidats médicaments, notamment dans la maladie d’Alzheimer. Cette démarche croise l’IA et l’expertise humaine, ouvrant de nouvelles perspectives pour le repositionnement thérapeutique. 

    Gouvernance des données et infrastructures sécurisées 

    La gestion sécurisée des données de santé est un enjeu central. La Charité et le Berlin Institute of Health ont développé une suite logicielle open source, dans le cadre du projet européen Open Science Cloud, offrant un environnement virtuel conforme au RGPD pour la recherche et l’innovation. Ce « health data cloud » est adopté par plusieurs partenaires européens et propose: 

    • Minimisation des données via un «Green Room» .
    • Création de projets à usage spécifique.
    • Accès contrôlé et calcul haute performance.
    • Intégration de code personnalisé. 

    La plateforme vise à fédérer une communauté européenne de développeurs et utilisateurs tout en répondant aux exigences de sécurité et de conformité réglementaire. 

     

  • Fiabilité des fournisseurs : une priorité pour les hôpitaux en 2025

    Plus de 50 % des hôpitaux américains avec un budget d’achat >5 M$ en 2025

    Le rapport “Hospital Purchasing Behavior and Procurement Trends of 2025” de Namsa, réalisé auprès de 100 décideurs hospitaliers (50 aux États-Unis, 50 en Europe), met en lumière des différences dans les stratégies d’achat hospitalier. Plus de 56 % des hôpitaux européens et 50 % des américains disposent d’un budget annuel supérieur à 5 millions de dollars, signalant une certaine capacité à investir. Aux États-Unis, cette hausse est principalement dédiée à l’adoption de technologies avancées telles que l’IA, la robotique et les dispositifs connectés, avec un objectif d’amélioration de l’efficience des soins. En Europe, la priorité est donnée à la modernisation des infrastructures et à l’intégration numérique, notamment via les dossiers patients électroniques.

    En Europe : vers des achats basés sur l’efficacité prouvée et la standardisation des équipements

    57 % des décideurs hospitaliers indiquent que des réformes influencent directement leurs décisions d’achat. En Allemagne, l’application du KHVVG et la généralisation du dossier patient électronique entraînent des réorientations et des délais supplémentaires dans les prises de décision. En France, au Royaume-Uni et en Espagne, les réformes orientent les achats vers une standardisation des équipements et des dispositifs prouvant leur efficacité. Aux États-Unis, les contraintes budgétaires, la complexité réglementaire et les évolutions des remboursements freinent certaines décisions d’achat, amenant les établissements à privilégier des achats plus sélectifs, centrés sur la valeur et l’impact clinique.

    66 % misent sur les preuves en vie réelle pour guider leurs achats

    64 % des décideurs considèrent que le renforcement des collaborations avec les fabricants devient une priorité, notamment pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement, diversifier les sources d’achat et bénéficier d’une meilleure intégration des nouvelles technologies. Les hôpitaux privilégient les fabricants capables d’accompagner leurs transitions numériques et leurs objectifs de qualité des soins, en maîtrisant les coûts. Pour anticiper 2026, les établissements se tournent vers des achats basés sur les preuves en vie réelle (66 %), renforcent la surveillance post-marché et intègrent l’analyse du coût total de possession (56 %) dans leurs décisions. L’adoption de dispositifs intégrant l’IA est identifiée comme prioritaire pour 53 % des répondants, dans une logique d’amélioration des processus, de réduction des erreurs et d’optimisation des parcours.

    Fiabilité, innovation, SAV : ce que les hôpitaux attendent des fournisseurs

    66 % des hôpitaux constatent un allongement des processus d’achat, causé par l’implication croissante des départements cliniques, financiers et informatiques, ainsi que par l’exigence de preuves économiques et cliniques avant validation des investissements. Si certains établissements accélèrent leurs processus grâce à la digitalisation des procédures, la tendance reste à une évaluation plus approfondie avant tout engagement budgétaire. Le rapport indique que 66 % des hôpitaux placent la fiabilité en tête des critères de sélection des fournisseurs, suivie de l’accès à l’innovation (60 % en Europe) et de la qualité du service après-vente. Les établissements attendent également des données solides sur l’efficacité clinique et les résultats, ainsi qu’une compatibilité des dispositifs avec leurs systèmes numériques existants.

    Les fabricants qui souhaitent s’aligner sur les évolutions doivent proposer des solutions intégrant des preuves cliniques solides, des fonctionnalités numériques avancées et un accompagnement renforcé dans un contexte de réformes et de transformation des modèles de soins.

  • Anatomopathologie chirurgicale : Roche Diagnsotics déploie son système IA

    200 millions d’analyses par an : un défi mondial pour l’anatomopathologie 

    Roche Diagnostics vient de valider son système d’imagerie numérique des lames entières à l’issue de deux études conformes aux exigences de la FDA et de la Digital Pathology Association. L’entreprise démontre ainsi la fiabilité de l’analyse digitale pour le diagnostic primaire en anatomopathologie chirurgicale. Selon l’OMS, plus de 313 millions d’interventions chirurgicales sont réalisées chaque année dans le monde, dont près de 200 millions donnent lieu à une analyse anatomopathologique. Ce domaine reste confronté à quatre limites structurelles : 

    • Dépendance à l’expertise humaine.
    • Variabilité inter-observateur.
    • Risque d’erreurs d’interprétation. 
    • Nécessité d’une formation spécialisée. 

    La technologie Roche Digital Pathology Dx 

    Roche Digital Pathology Dx (RDPD) associe intelligence artificielle et imagerie numérique haute résolution pour fiabiliser et accélérer le diagnostic : 

    • Scanner VENTANA DP 200/600 avec capture à 20× ou 40×, détection automatisée et couleurs normalisées.
    • Logiciel uPath (navify Digital Pathology) pour la gestion, l’annotation et le partage des images WSI.
    • Ecran ASUS ProArt Display professionnel, garantissant une fidélité visuelle optimale. 

    Une étude clinique de non-infériorité 

    Deux études multicentriques, portant sur 2 047 cas cliniques, ont comparé la lecture numérique à la microscopie conventionnelle sur 23 critères histopathologiques. Résultats : 

    • 92 % de concordance diagnostique en lecture numérique (vs 92,6 % en microscopie).
    • 89–90 % de précision inter-lecteurs, inter-sites, inter-jours.
    • 2,97 % de désaccords finaux, sans lien avec la modalité digitale. 

    Ces données valident la non-infériorité du système digital de Roche Diagnostics, y compris dans des contextes complexes tels que les cancers ou les diagnostics histologiques fins. 

    Vers de nouvelles applications cliniques 

    La validation FDA ouvre la voie à des usages cliniques innovants : 

    • Déploiement d’algorithmes d’IA pour le dépistage de troubles psychiatriques, dont les troubles bipolaires.
    • Télédiagnostic et collaboration intercentres.
    • Développement de biomarqueurs numériques à partir de l’analyse d’images. 
  • AAP : Automatisation des pharmacies hospitalières : 20 M€ mobilisés via l’appel à projet SESAME

    50 % de financement pour automatiser le circuit du médicament en établissement

    La Direction générale de l’offre de soins (DGOS) lance un appel à projet national pour appuyer les établissements dans l’automatisation des circuits des produits de santé, en partenariat avec l’ANAP. Objectif : améliorer la sécurisation, la qualité et l’efficience des processus de dispensation médicamenteuse grâce à des équipements automatisés et à une réorganisation des pratiques.

    Quels équipements concernés ?

    Le programme couvre l’acquisition d’automates pour :

    • La préparation de doses unitaires de médicaments.
    • La dispensation individuelle nominative automatisée (PDA).
    • Le stockage et la délivrance automatisés de médicaments ou dispositifs médicaux.
    • Et d’autres équipements liés à la sécurisation du circuit des produits de santé.

    18 % seulement des établissements disposent d’automates

    Ne sont pas éligibles les achats isolés d’automates sans projet organisationnel global ni les équipements de pharmacotechnie. L’aide couvre jusqu’à 50 % du prix d’achat TTC, incluant livraison, installation, qualification et logiciels nécessaires, mais hors travaux préalables, exploitation ou maintenance.

    L’automatisation permet de réduire les événements indésirables liés aux erreurs de circuit du médicament, tout en libérant du temps pour les équipes pharmaceutiques et soignantes. En 2022, seulement 18 % des établissements déclaraient disposer d’au moins un automate selon les données de la DREES, révélant un potentiel de déploiement important.

    Candidatures jusqu’au 15 septembre 2025

    Les établissements publics, ESPIC, hôpitaux des armées, établissements de santé mentale ou d’hospitalisation à domicile disposant d’une PUI peuvent candidater. Les projets doivent démontrer une réorganisation intégrant les contraintes de processus, la dimension territoriale, l’impact RH et le développement de la pharmacie clinique.

    Les dossiers doivent être adressés à la DGOS et à l’ARS compétente avant le 15 septembre 2025. Les ARS rendront leur avis avant le 28 novembre 2025, puis un jury national instruira les dossiers. Un suivi par l’ANAP sera assuré, avec retour d’expérience pour alimenter les politiques publiques et futures optimisations organisationnelles.

    Contact pour envoyer le dossier : DGOS-RI2@sante.gouv.fr

    Contact utile : Pôle Recherche et innovation, Bureau de l’accès à l’innovation et des produits de santé (RI2), Damien BRUEL / damien.bruel@sante.gouv.fr

  • Tandem Health lève 43 M€ pour déployer son assistant IA dans 1 000 structures de santé européennes

    L’assistant IA se renforce en France, Allemagne et Espagne

    La société européenne Tandem Health annonce une levée de fonds de 43 millions d’euros en série A, menée par Kinnevik avec la participation de Northzone, Amino Collective et Visionaries Club. L’entreprise, à l’origine d’un assistant IA pour professionnels de santé, cherche à transformer les pratiques cliniques en Europe et à soutenir les soignants face aux tensions.

    Déjà utilisé en France dans des cabinets et hôpitaux pour automatiser la rédaction de comptes rendus et le remplissage des dossiers, l’assistant IA de Tandem est déployé dans plus de 1 000 structures de santé européennes. Tandem prévoit de renforcer ses équipes dans ses marchés prioritaires, notamment en France, en Allemagne et en Espagne.

    200 000 professionnels du NHS utilisent déjà l’IA médicale de Tandem Health au Royaume-Uni

    L’objectif est de dépasser l’assistant administratif pour créer un système d’exploitation clinique natif en IA, incluant codage, coordination des soins et outils d’aide à la décision. Tandem souhaite réduire les frictions dans le quotidien des soignants et recentrer leur attention sur le patient. Un partenariat avec Accurx a conduit au lancement d’”Accurx Scribe, powered by Tandem”, utilisé par plus de 200 000 professionnels du NHS au Royaume-Uni, constituant la plus vaste mise en œuvre d’un assistant IA dans la santé à ce jour. Georgi Ganev, CEO de Kinnevik, indique soutenir Tandem pour sa vision et sa capacité d’exécution dans la construction d’une infrastructure de santé européenne basée sur l’IA.

     

  • 3,9 milliards € d’économies en 2026 : la CNAM dévoile 60 recommandations pour maîtriser les dépenses de santé

    • Un déficit de l’Assurance Maladie prévu à 16 milliards € en 2025, risquant d’atteindre 41 milliards € en 2030.
    • Un objectif de 3,9 milliards € d’économies en 2026, soit le double de 2025, et 22,5 milliards € d’ici 2030.
    • 60 recommandations dont :
      • Lutte contre la fraude et encadrement des arrêts de travail (+28 % entre 2019 et 2023).
      • Renforcement de la coordination ville-hôpital via les CPTS et les infirmières de coordination.
      • Création d’un statut de “risque chronique” avant l’ALD pour initier un parcours de prévention adapté
      • Hiérarchisation des prix des médicaments selon leur valeur médicale.
      • L’intégration du numérique en santé, notamment pour : la prévention, le suivi personnalisé des patients chroniques via la téléconsultation, la numérisation des procédures administratives, et l’IA pour la prescription et la décision médicale.

    Une projection inquiétante de 18 millions de Français en ALD en 2035 

    Le rapport “Charges et Produits pour 2026” de l’Assurance Maladie, présenté le 24 juin 2025, dresse une trajectoire préoccupante : à savoir un déficit de 16 milliards d’euros prévu en 2025, susceptible d’atteindre 41 milliards d’euros en 2030. Les causes sont bien connues, le vieillissement de la population et la progression des maladies chroniques, avec une projection de 18 millions de personnes en ALD en 2035 contre 14,1 millions en 2023.

    Un choc budgétaire annoncé : 60 recommandations pour économiser 3,9 milliards d’euros dès 2026

    Thomas Fatôme, directeur général de la CNAM, évoque « un point de bascule » et affirme que des « choix structurants » sont nécessaires pour préserver la soutenabilité du système. La dépense annuelle moyenne d’un patient en ALD est de 9 560 euros contre 1 230 euros pour un patient hors ALD. Cette situation, sans réforme, pourrait donc rajouter 25 milliards d’euros au déficit d’ici 2030. Pour répondre à ce défi, le rapport propose au total 60 recommandations, et s’articule autour de la prévention, de la coordination des soins et d’une meilleure adéquation des coûts aux soins dispensés, avec une cible de 3,9 milliards d’euros d’économies en 2026 et 22,5 milliards d’ici 2030.

    Près d’un Français sur deux malade chronique en 2035 : le plan prévention de l’Assurance Maladie (dépistage HTA, Nutri-Score, fiscalité)

    L’Assurance Maladie préconise d’abord la prévention. 43 % de la population pourrait souffrir d’une pathologie chronique en 2035. Elle propose pour ce faire : la création d’une coalition de financeurs, l’instauration d’une demi-journée de prévention pour les salariés, le dépistage généralisé de l’hypertension artérielle en pharmacie, l’interdiction des dépassements d’honoraires pour les dépistages organisés, et le recours au Nutri-Score comme piste de politique nutritionnelle. Des mesures fiscales sur les produits nocifs, l’intensification des campagnes de vaccination et l’intégration d’un tableau de bord prévention personnalisé dans Mon Espace Santé sont également proposées.

    Renforcer la coordination ville-hôpital pour mieux gérer les soins chroniques

    Pour faire face à la raréfaction des ressources médicales, le rapport propose de renforcer la coordination ville-hôpital-médico-social en s’appuyant sur le développement d’infirmières de coordination, la structuration des soins non programmés et l’amélioration de l’accès aux soins spécialisés.

    Le dispositif ALD, couvrant 20 % de la population en France contre 4,8 % en Allemagne, pourrait être révisé pour une gestion plus dynamique des entrées et sorties, avec un suivi renforcé en cas de rémission ou d’aggravation. La création d’un statut de “risque chronique” permettrait d’engager un parcours de prévention adapté avant que la pathologie n’entraîne une prise en charge lourde. Elle souhaite introduire des référents de parcours pour fluidifier les prises en charge.

    “Le juste coût” : Hiérarchiser les prix des médicaments selon leur valeur médicale

    Les dépenses de médicaments connaissent une hausse moyenne de +4,2 % par an depuis 2020, notamment pour des produits à faible progrès thérapeutique. L’Assurance Maladie préconise une hiérarchisation des prix selon la valeur médicale, et un financement des essais thérapeutiques par les industriels. Elle propose donc réduire les dépenses sur les médicaments à faible service médical rendu (ASMR IV et V), avec une baisse des prix de 20 % pour les ASMR IV d’ici 2030 et un retour aux niveaux de dépenses de 2019 pour les ASMR V. Le remboursement de ces médicaments serait conditionné à des prix inférieurs à ceux du comparateur le moins cher.

    Sur les anticancéreux, elle propose de revoir les tarifs et de conditionner le remboursement à la présentation de données probantes. La CNAM souhaite également renforcer l’usage des génériques et des biosimilaires, avec des mesures telles que le tiers payant contre biosimilaires et la création de groupes de médicaments interchangeables pour limiter les stratégies de contournement des industriels.

    Le LEEM réagit : la santé économique ne doit pas primer sur la santé des patients

    Le LEEM conteste la position de la CNAM selon laquelle le médicament coûterait trop cher par rapport à son apport, rappelant que les traitements sont évalués par la HAS avant la fixation des prix et qu’un suivi en vie réelle peut lever les incertitudes. L’organisation critique la remise en cause des traitements anticancéreux et des dispositifs d’accès précoce, soulignant que ces mesures risquent de freiner l’accès des patients aux innovations tout en fragilisant la compétitivité de la France, déjà marquée par des prix bas et des délais d’accès aux traitements plus longs que dans d’autres pays européens. Le LEEM se dit favorable à une feuille de route partagée sur le bon usage, la prévention et l’efficience, mais refuse que la santé économique de la France “se fasse au détriment de la santé des patients”.

    Par ailleurs, certaines mesures, comme le recentrage du dispositif ALD ou l’obligation vaccinale contre la grippe pour les soignants en EHPAD, suscitent des débats au sein du Conseil de la CNAM. La CNAM souhaite coconstruire cette transformation avec les professionnels, en insistant sur leur rôle dans la prévention et la coordination des parcours.

    Lutter contre la fraude

    En 2024, 628 millions d’euros de fraudes ont été détectés, en hausse de 34 %. Le rapport propose de renforcer les contrôles, conditionner le tiers payant à l’usage de la carte Vitale et sécuriser les systèmes de facturation. Les technologies d’IA sont identifiées comme piste pour une meilleure détection des fraudes.

    Encadrement des arrêts de travail (+28 % en 4 ans)

    Les arrêts de travail représentent un levier d’économies visé par la CNAM, avec une augmentation des dépenses de 28 % entre 2019 et 2023. Les propositions incluent la limitation de la durée des arrêts (hors ALD), le transfert des arrêts courts vers les employeurs pour les sept premiers jours, et la création d’un système de bonus/malus selon le niveau d’indemnités journalières générées par les entreprises.

    Fraude, suivi, prévention : l’Assurance Maladie mise aussi sur le numérique et l’IA

    En ce qui concerne le numérique en santé, le rapport propose quelques pistes comme :

    Un tableau de bord personnalisé dans Mon Espace Santé dès 2026

    • L’intégration d’un tableau de bord prévention personnalisé dans Mon Espace Santé, couvrant vaccination, dépistages (cancers, maladies cardiovasculaires), suivi du diabète et des maladies rénales chroniques, basé sur les données de l’Assurance Maladie.
    • L’utilisation des données de consommation de soins pour individualiser les messages et les offres de prévention directement dans l’espace personnel des assurés.

    Télésurveillance : un suivi à distance des patients chroniques par des infirmières

    • Pour optimiser la gestion des maladies chroniques et éviter les hospitalisations, le rapport propose de renforcer la télésurveillance via le déploiement d’infirmières de coordination. Ces dernières assurent le suivi à distance des patients chroniques, le lien avec les structures hospitalières et médico-sociales, et participent à la prévention des complications.

    La CNAM mise sur l’IA et l’OCR pour détecter plus tôt les anomalies

    • L’Assurance Maladie développe une stratégie complémentaire entre IA et expertise humaine pour détecter précocement les anomalies et prévenir les fraudes.
    • Utilisation de l’IA générative pour automatiser la production de contenus structurés, permettant aux équipes de se concentrer sur la supervision.
    • Utilisation de la reconnaissance optique de caractères (OCR) pour extraire des données de documents justificatifs.

    Numérisation des procédures administratives

    • Avec la Dématérialisation des demandes d’accord préalable (DAP) dans des domaines comme la chirurgie de l’obésité, véhicules pour personnes en situation de handicap (avec intégration de l’ordonnance numérique dans leur traitement).
    • Utilisation de l’IA pour analyser les examens d’imagerie médicale.
    • Déploiement et généralisation des outils numériques d’aide à la prescription et à la décision médicale de dernière génération (avec IA), avec obligation d’utilisation pour tous les prescripteurs d’ici 2030.
    • Généralisation de l’ordonnance numérique à l’ensemble des prescriptions onéreuses ou sensibles, couplée à des outils de contrôle de pertinence.

    Doubler l’effort d’économies en 2026 (3,9 milliards)

    L’Assurance Maladie fixe donc un objectif d’économies de 3,9 milliards d’euros en 2026, plus du double de l’effort de 2025, en misant sur la pertinence des soins, la prévention, la lutte contre les fraudes et la réforme des indemnités journalières. À horizon 2030, 22,5 milliards d’euros d’économies sont prévus, complétés par 2,5 milliards d’euros de recettes supplémentaires via l’indexation des recettes sur le PIB.

    Cette piste s’accompagne d’une refondation des relations entre assurance maladie obligatoire et complémentaire, avec une meilleure implication des organismes de complémentaire dans la prévention et la lutte contre la fraude, et un objectif de couverture complémentaire pour tous les assurés sous le seuil de pauvreté.

  • Etude : l’alliance humain-IA offre une synergie prometteuse pour le diagnostic médical (PNAS)

    Diagnostic médical : 40 000 cas analysés pour comparer médecins et IA

    Les erreurs de diagnostic concerneraient une consultation sur 10, selon un rapport de la Haute Autorité de Santé. Aux Etats-Unis, les chiffres sont plus précis : elles seraient à l’origine de 25 % des décès dus à des erreurs médicales. De l’ordre de 795 000 décès et handicaps permanents chaque année aux États-Unis.

    Plusieurs leviers peuvent être activés pour réduire ce fardeau. L’un d’entre eux consiste à recourir à l’intelligence artificielle pour interpréter les dossiers médicaux, les tests et les images. Cependant, une méta-analyse récente a montré que les médecins surpassent souvent les LLMs, et que la performance de ces derniers varie fortement, y compris d’une spécialité médicale à l’autre. Les grands modèles de langage sont en effet à l’origine d’erreurs causées par exemple par des hallucinations ou des biais.

    Une équipe de recherche internationale, dirigée par l’Institut Max Planck pour le développement humain (Allemagne) en collaboration avec le Human Diagnosis Project (San Francisco) et l’Institut des sciences et technologies cognitives du Conseil national de la recherche italien (CNR-ISTC Rome) a donc mené une étude visant à comparer la précision des diagnostics médicaux posés par :

    • Des humains seuls (médecins).
    • Des IA seules (modèles comme ChatGPT, Claude, etc.).
    • Des groupes hybrides humains–IA.

    Pour tester l’efficacité des diagnostics médicaux, les chercheurs ont utilisé plus de 2 100 cas cliniques inspirés de situations réelles. À partir de ces scénarios, ils ont confronté les réponses de médecins, d’intelligences artificielles, et de collectifs mêlant les deux. Au total, plus de 40 000 diagnostics ont été passés au crible, permettant de comparer la précision de chaque approche dans des conditions identiques.

    Les résultats de leurs travaux ont été publiés le 13 juin dans la revue PNAS.

    Résultats : une précision diagnostique dopée par le duo médecin/IA

    • Les collectifs d’IA ont surpassé 85 % des humains.
    • Le taux d’erreur était réduit d’environ 20–25 %, soit une précision d’environ 75 à 80 % quand humain et IA travaillent ensemble.
    • Dans 34 à 54 % des, l’IA seule ne parvient pas à identifier le bon diagnostic tandis que l’humain seul pose un diagnostic erroné dans 40 à 50 % des situations.
    • Quand l’IA se trompe, l’humain établit le bon diagnostic dans 30 à 38 % des situations.
    • A l’inverse quand l’humain se trompe, l’IA donne le bon diagnostic dans 31 à 51 % des cas.

    « Rattraper les erreurs »

    Ces résultats se vérifient dans différentes spécialités médicales et avec des niveaux d’expérience variés. « Nos résultats montrent que la coopération entre humains et modèles d’IA a un grand potentiel pour améliorer la sécurité des patients », explique Nikolas Zöller, chercheur postdoctoral au Centre de rationalité adaptative de l’Institut Max Planck pour le développement humain. Cette plus grande fiabilité de diagnostic s’explique : « Lorsque les LLMs manquent le bon diagnostic, les médecins le trouvent souvent, ce qui permet au collectif hybride de « rattraper » l’erreur », expliquent les auteurs de l’étude. Cependant, il faut souligner que les résultats s’appuient uniquement sur des vignettes textuelles, et non sur des cas réels en situation.

    Des forces complémentaires

    Par ailleurs, cette bonne complémentarité humains-IA fait dire aux chercheurs qu’ « il est temps de lancer une seconde vague de recherche sur les LLMs (et sur l’IA en général), qui ne se contente plus de montrer ce qu’ils savent faire, mais de proposer des solutions techniques à leurs défauts, ou de spéculer sur la manière d’implémenter un contrôle humain. » « Il devient crucial d’étudier comment tirer parti des forces complémentaires de l’humain et de l’IA, en combinant l’expérience et le bon sens des experts avec la vaste capacité de traitement d’information des LLMs », concluent-ils.

    *  Human–AI collectives most accurately diagnose clinical vignettes

    Zöller, J. Berger, I. Lin, N. Fu, J. Komarneni, G. Barabucci, K. Laskowski, V. Shia, B. Harack, E.A. Chu, V. Trianni, R.H.J.M. Kurvers, & S.M. Herzog,

    Proc. Natl. Acad. Sci. U.S.A. 122 (24)

    https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2426153122

  • Sondage Anticyp : Les Français plébiscitent la prévention et l’anticipation

    • 39 % placent l’accès aux soins en tête des problèmes de santé.
    • 47 % consulteraient en prévention même sans remboursement
    • 48 % veulent une consultation préventive obligatoire tous les 2 ans.
    • 77 % prêts à suivre un programme de prévention.
    • 35 % demandent une prise en charge mutuelle/Sécu.

    Consultation préventive obligatoire : 48 % des Français disent oui

    Près de 39 % des Français pointent l’accès aux soins comme le principal problème du système de santé, devant le coût des soins (23 %) et le manque de prévention (21 %). Cette demande d’un système plus préventif se traduit dans les comportements : 47 % accepteraient de consulter en prévention pour éviter un arrêt maladie même sans remboursement, tandis que 29 % conditionnent cette démarche à une prise en charge.

    L’idée de rendre obligatoire une consultation préventive tous les deux ans, sur le modèle du contrôle technique automobile, est soutenue par 48 % des répondants, quand 26 % préfèrent une approche incitative. Parallèlement, 77 % se disent disposés à suivre un programme de santé préventive, avec comme conditions la qualité du contenu (42 %) ou une prise en charge par la mutuelle ou la Sécurité sociale (35 %).

    Près de 7 Français sur 10 pour rémunérer les médecins sur l’anticipation

    Près de 67 % des Français soutiennent l’idée de lier partiellement la rémunération des médecins à leur capacité d’anticipation, dont 38 % qui estiment que ce serait une excellente idée et 29 % qui souhaitent que cela reste mesurable. En revanche, 21 % craignent une altération de la relation patient-médecin.

    Face à une possible baisse des prises en charge publiques, 92 % des Français se déclarent prêts à investir dans leur santé, même si 62 % prévoient un budget mensuel inférieur à 30 euros. Cependant, 80 % estiment que les mutuelles et la Sécurité sociale devraient rembourser intégralement les actions de prévention, 44 % jugeant que c’est leur rôle, 36 % préférant un remboursement sous conditions d’âge ou d’historique médical.

    42 % des Français favorables à une modulation des arrêts maladies selon le suivi préventif

    Dans un contexte où les arrêts maladie ont représenté 10,2 milliards d’euros en 2023, 42 % des Français se disent favorables à une modulation des droits en fonction du suivi préventif pour responsabiliser les assurés, tandis que 28 % estiment que la santé ne doit pas être conditionnée.

    Cette enquête Anticyp met en lumière une évolution des attentes : les Français réclament une approche préventive, un système de santé plus équitable et une responsabilisation partagée entre citoyens et institutions, dans un contexte de tensions budgétaires persistantes.

    l’Espace Datapresse – Enquête nationale : Qu’est-ce qui manque vraiment à notre système de santé ?

  • DAtAE : le HDH dévoile les 15 projets lauréats de la deuxième vague de l’AAP

    Structurer la recherche autour des entrepôts de données hospitaliers

    Les entrepôts de données de santé hospitaliers (EDSH) jouent un rôle central dans la transformation du système de santé par la donnée. Ce sont des infrastructures numériques permettant de consolider, structurer et sécuriser les données produites au sein des hôpitaux. À travers l’appel à projets “Données de santé et applications (DAtAE)”, la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) et le Health Data Hub (HDH) visent à encourager leur exploitation pour des projets de recherche innovants à fort impact clinique.

    Lancée le 21 octobre 2024, la deuxième édition de DAtAE bénéficie d’un financement de 3,5 millions d’euros et s’inscrit dans une stratégie de soutien à l’industrialisation de la recherche en vie réelle. Quinze projets ont été sélectionnés, illustrant la diversité des cas d’usage mobilisant les données hospitalières.

    Une diversité de projets sur l’ensemble du territoire

    Répartis sur huit établissements de santé, les projets lauréats reflètent la montée en puissance de la recherche clinique outillée par les données. Sélectionnés par un jury pluridisciplinaire, ils couvrent des thématiques variées : neurosciences, maladies chroniques, infectiologie, ou encore innovations méthodologiques. Tous ont en commun de mobiliser les données réelles produites en soins pour répondre à des enjeux de santé concrets.

    Prédire, diagnostiquer et anticiper les maladies neurodégénératives :

    Dans le champ des neurosciences et des troubles du développement, plusieurs projets s’appuient sur l’intelligence artificielle pour améliorer la détection précoce de pathologies, modéliser les trajectoires cliniques ou assister les décisions médicales. À l’AP-HP, ACNEURO étudie les troubles neuro-développementaux chez les nouveau-nés. À Lyon, PATTERNS s’appuie sur l’IRM pour prédire l’évolution cognitive chez les patients Alzheimer. TEMPOMARA cherche à améliorer le diagnostic de maladies rares, tandis que le CHU de Brest avec PREDI-MARCHE anticipe l’évolution de la marche après un AVC ou dans le cadre de paralysie cérébrale.

    Vers une médecine personnalisée pour les maladies chroniques :

    D’autres projets s’inscrivent dans le champ des maladies chroniques et métaboliques. Ils cherchent à modéliser les risques cliniques, adapter les traitements et personnaliser les parcours. MODERNISM à Grenoble combine données d’imagerie et biologiques pour prédire l’évolution post-intervention en cardiologie. PROGNOSIS-PHF à Poitiers anticipe les décompensations cardiaques. À Rennes, CIDIGLE interroge les effets de l’arrêt de traitements antidiabétiques, et SERENA (AP-HP) élabore un score prédictif pour le sevrage d’épuration extrarénale.

    Automatiser les diagnostics complexes en soins critiques :

    Dans un contexte hospitalier marqué par la complexité des prises en charge, certains projets ambitionnent d’automatiser les diagnostics ou d’aider à la décision thérapeutique. OPTIBact (CHU de Nantes) optimise les stratégies antibiotiques. À l’AP-HP, MYOPNEUMO étudie le pneumothorax chez des patients ventilés, tandis que DEEPColScan et NOCE mobilisent l’IA pour interpréter les images d’endoscopie digestive.

    Explorer de nouveaux outils méthodologiques :

    Plusieurs lauréats explorent des approches transversales ou méthodologiques innovantes. À l’AP-HP, PECCAN compare différents modèles d’IA pour l’analyse automatique de comptes rendus néonatals. Le CHU de Strasbourg pilote PRECISION, un projet de modélisation des trajectoires postopératoires. Enfin, NURSED s’intéresse à l’impact des ratios infirmiers sur la qualité des soins et la mortalité aux urgences, via l’exploitation de données organisationnelles hospitalières.

    Une dynamique de structuration nationale

    Ces quinze nouveaux projets rejoignent ceux de la première vague de DAtAE, sélectionnée en 2023. Ils traduisent l’émergence d’un écosystème hospitalier prêt à exploiter ses données à grande échelle, au bénéfice d’une recherche plus rapide, plus réaliste, et plus utile pour la décision médicale. En pilotant ce programme, le HDH confirme son rôle de facilitateur opérationnel, au service des établissements et des chercheurs. L’ambition de DAtAE dépasse la seule exploration scientifique : elle contribue à faire de la donnée hospitalière un véritable levier d’efficience pour le système de santé.

    Voici un tableau récapitulatif des projets lauréats de cette deuxième vague :

    Nom Porteur du projet Description du projet Pathologie ciblée
    ACNEURO AP-HP Étude des troubles neuro-développementaux chez les nouveau-nés avec acidose métabolique, via EPIPAGE 2. Troubles neuro-développementaux
    PATTERNS HCL Prédiction de l’évolution cognitive chez les patients Alzheimer à partir d’IRM structurelles. Maladie d’Alzheimer
    TEMPOMARA AP-HP Outil d’aide au diagnostic de maladies génétiques rares par analyse chronologique des symptômes. Maladies génétiques rares à expression neurologique
    PREDI-MARCHE CHU de Brest Prédiction de l’évolution de la marche chez enfants paralysés cérébraux ou adultes post-AVC. Paralysie cérébrale / AVC
    MODERNISM CHU Grenoble-Alpes Prédiction de l’évolution clinique après intervention en cardiologie via données multi-sources. Maladies cardiovasculaires
    PROGNOSIS-PHF CHU de Poitiers Évaluation du risque de décompensation ou décès chez les insuffisants cardiaques. Insuffisance cardiaque
    CIDIGLE CHU de Rennes Étude de l’effet de l’arrêt de traitements antidiabétiques dans une base médico-administrative. Diabète
    SERENA AP-HP Score de prédiction du sevrage de l’épuration extrarénale en soins critiques. Insuffisance rénale / Soins critiques
    OPTIBact CHU de Nantes Détermination de la stratégie antibiotique optimale en cas de bactériémie. Bactériémie
    MYOPNEUMO AP-HP Estimation de l’incidence du pneumothorax chez patients atteints de maladies neuromusculaires. Maladies neuromusculaires / Pneumothorax
    DEEPColScan AP-HP Classification automatisée des tumeurs coliques via endoscopie assistée par IA. Tumeurs coliques
    NOCE AP-HP Amélioration de l’analyse d’images de vidéocapsule endoscopique via IA. Diagnostic endoscopique
    PECCAN AP-HP Comparaison de modèles d’IA (extractifs vs génératifs) sur comptes rendus néonatals. Néonatalogie
    PRECISION CHU de Strasbourg Modélisation des trajectoires postopératoires, outil d’aide à la décision pour soignants. Soins postopératoires
    NURSED AP-HP Impact des ratios infirmiers sur qualité des soins et mortalité aux urgences. Organisation hospitalière / Qualité des soins