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  • Téléconsultation : MEDADOM lance une IA génératrice de comptes-rendus médicaux

    Automatiser la rédaction des comptes-rendus médicaux

    Le 15 juillet 2025, MEDADOM a annoncé le lancement de « MEDADOM Copilot », une IA propriétaire dédiée à l’accompagnement des médecins dans la rédaction des comptes-rendus médicaux. Cette technologie transcrit en temps réel les échanges entre médecin et patient, génère automatiquement un document structuré et laisse au praticien la possibilité de modifier et valider le résultat.

    95 % des médecins satisfaits de l’IA de rédaction lancée par MEDADOM

    Développée pour alléger les tâches administratives des médecins, l’IA vise à leur permettre de consacrer davantage de temps à l’échange clinique. Les premiers retours soulignent une amélioration de la qualité et de l’homogénéité des documents produits. MEDADOM indique que plus de la moitié des professionnels ont déjà adopté le dispositif sur chaque téléconsultation, avec un taux de satisfaction de 95%.

    Après deux mois de déploiement, le modèle affiche un taux de pertinence de 90%. Une étude interne rapporte que l’outil est perçu comme plus performant, plus rapide et mieux intégré que les autres solutions du marché.

    La technologie du Copilot Medadom a été conçue par une équipe dédiée associant ingénieurs et médecins. Avec 6,5 millions de téléconsultations réalisées et plus de 5 000 dispositifs physiques déployés, MEDADOM poursuit son objectif : favoriser l’accès aux soins sur tout le territoire, notamment dans les zones sous-dotées.

  • Biologie médicale : L’Igas propose de remplacer le modèle prix-volume par un pilotage par le « juste prix »

    • 8 Md€ de dépenses publiques chaque année pour la biologie médicale (un secteur concentré entre six groupes privés).
    • 70 % des actes diagnostiques sont réalisés via la biologie médicale, représentant un marché total de près de 10 Md€.
    • 13,9 % de rentabilité en 2023 pour les laboratoires (soit 7 points au-dessus du secteur santé humaine).
    • Depuis 2010, les revenus des biologistes libéraux ont chuté de plus de 30 %, malgré la hausse des volumes d’examens (+30 %).
    • La mission recommande une régulation fondée sur un « juste prix » basé sur les coûts de production et une rentabilité cible.
    • Dès 2025, un alignement des tarifs des prélèvements permettrait une économie estimée entre 45 et 60 M€.
    • Le potentiel total d’économies identifié atteint 650 M€ à moyen terme, en plus de 150 M€ d’économies de court terme.

    Près de 8 Md€ de dépenses publiques dans un secteur fortement concentré

    La biologie médicale représente 70 % des actes diagnostiques, et un marché de près de 10 Md€, dont 8 Md€ de dépense publique. En 2023, 284 laboratoires de biologie médicale (LBM), regroupant près de 4 000 sites, sont recensés. Les trois quarts des sites appartiennent à six groupes : Biogroup, Cerba Healthcare, Inovie, Synlab, Eurofins-Biomnis et Unilabs.

    Le secteur est marqué par une rentabilité opérationnelle élevée : 13,9 % en 2023, soit sept points au-dessus du secteur « santé humaine ». En parallèle, les biologistes libéraux, majoritaires dans les LBM privés, ont vu leurs revenus chuter de plus de 30 % depuis 2010. La croissance des volumes d’examens (+30 % entre 2013 et 2024) conjuguée à une baisse de prix (de 15 à 20 %) ont permis de contenir les dépenses, mais au prix d’une pression financière forte sur les professionnels.

    L’Igas préconise la fin de la règle « n biologistes / n sites » et du contrôle des implantations par les ARS

    La réglementation, inchangée depuis l’ordonnance Ballereau de 2010, est jugée inadaptée. La règle “n biologistes / n sites” freine l’optimisation des ressources humaines. Le contrôle des implantations par les ARS se révèle inefficace face à la concurrence locale, provoquant une multiplication de sites dans les zones métropolitaines sans amélioration de l’accès aux soins. Cette expansion, coûteuse, a même conduit certains LBM à réduire horaires d’ouverture et capacité de traitement des urgences.

    La mission recommande la suppression de ces limitations : suppression du contrôle des concentrations locales par les ARS, suppression de la limite des trois zones de biologie, fin de la règle “n biologistes / n sites”. Elle préconise la mise en place d’un pouvoir d’opposition clarifié des ARS à l’ouverture de sites, conditionné à l’accessibilité du bassin de vie.

    Une régulation par le « juste prix » fondée sur les coûts réels

    Face aux limites du modèle actuel “prix-volume”, suspendu jusqu’en 2026, l’Igas recommande de basculer vers une régulation fondée sur un “juste prix” déterminé par les coûts de production et un taux de rentabilité ciblé. Ce pilotage devra viser une convergence progressive vers la rentabilité moyenne du secteur de la santé.

    Dès 2025, des mesures immédiates sont suggérées :

    • Généralisation du remboursement conditionnel des actes et prescription renforcée pour les examens sujets à surprescription (dosage vitamine D, ferritine, TSH, etc.).
    • Par ailleurs, l’alignement des tarifs des prélèvements des infirmiers salariés sur ceux des techniciens permettrait une économie estimée entre 45 et 60 M€.

    Optimisation des plateaux techniques : la biologie hospitalière ciblée

    Le rapport souligne le manque de données consolidées sur la biologie hospitalière et propose d’intégrer cette activité dans les fonctions mutualisées des GHT pour optimiser l’utilisation des plateaux techniques. Il recommande également de promouvoir les coopérations inter-établissements.

    Enfin, pour réduire les retards français, l’Igas recommande de simplifier le cadre réglementaire de la biologie délocalisée (POCT), permettant son installation hors hôpital, notamment en cabinets de médecine générale, sans responsabilité du biologiste mais sous supervision qualité.

    Un potentiel d’économies estimé à 650 M€

    Le potentiel total d’économies identifié à moyen terme avoisine 650 M€, en plus de 150 M€ d’économies à court terme. L’optimisation du maillage, la concentration des plateaux techniques et la révision du statut social des biologistes contribuent à cette perspective.

    Certaines activités, comme l’AMP ou les gardes 24/7, pourraient bénéficier d’un financement spécifique. Les sites fragiles (moins de 1 %) isolés pourraient être protégés par un dispositif financier analogue à celui des officines en zones fragiles.

    Synthèse des recommandations :

    • Supprimer la règle « n biologistes / n sites ».
    • Supprimer la limitation d’implantation dans trois zones limitrophes.
    • Supprimer le contrôle des concentrations locales par les ARS.
    • Clarifier le pouvoir d’opposition des ARS à l’ouverture de sites, fondé sur l’accessibilité du bassin de vie.
    • Organiser la continuité de l’accès à la biologie l’après-midi et le samedi.
    • Passer à une régulation des tarifs fondée sur les coûts de production et une rentabilité ciblée.
    • Viser la convergence progressive de la rentabilité du secteur vers celle du secteur santé humaine.
    • Mettre en place une prescription renforcée pour les examens à risque de surprescription.
    • Généraliser le remboursement conditionnel de certains actes.
    • Aligner les tarifs des prélèvements réalisés par les infirmiers salariés sur ceux des techniciens.
    • Mettre en conformité le statut social des biologistes travaillant en LBM sous statut non salarié.
    • Intégrer la biologie hospitalière dans les fonctions mutualisées des GHT.
    • Promouvoir les coopérations inter-établissements en biologie hospitalière.
    • Simplifier le cadre réglementaire de la biologie délocalisée (POCT).
    • Autoriser son déploiement hors hôpital, notamment en cabinets de médecine générale.
    • Définir un financement propre pour la biologie délocalisée, sans passer par les LBM.
    • Protéger les sites isolés fragiles par un soutien financier dédié.
    • Mettre en place des financements spécifiques pour les activités à coûts particuliers (AMP, 24/7).
    • Simplifier la sortie des actes innovants du financement hors nomenclature.
    • Instaurer une procédure accélérée pour l’inscription des actes innovants à la nomenclature.

     

  • Télésurveillance médicale : un référentiel éthique pour encadrer les soins numériques

    Patients, industriels, soignants : un référentiel éthique pour repenser le soin à distance

    La télésurveillance médicale a franchi un cap réglementaire en juillet 2023, mais les pratiques restaient en suspens : comment accompagner les patients dans un soin devenu partiellement algorithmisé, distribué entre acteurs médicaux et industriels ? Comment maintenir la qualité du lien thérapeutique, à distance ?

    Autant de questions qui motivent la publication d’un référentiel éthique par la Cellule éthique du numérique en santé, avec le soutien de l’Agence du numérique en santé (ANS) et de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS).

    Le rapport rappelle que la télésurveillance n’est pas une simple déclinaison numérique du soin traditionnel. Elle introduit un modèle mêlant professionnels de santé, patients, plateformes techniques et exploitants de dispositifs numériques. Ce « soin distribué » complexifie la relation soignant-soigné, entre vigilance algorithmique, gestion des alertes et décisions cliniques à distance. Le document pose une exigence : préserver la dimension humaine du soin, même lorsque la présence physique disparaît.

    Le rôle des dispositifs numériques doit rester lisible et limité dans l’accompagnement thérapeutique

    Pour répondre aux tensions éthiques identifiées sur le terrain, le rapport propose un outil d’autoévaluation et une grille de questionnement couvrant l’ensemble du parcours :

    • Information initiale du patient et recueil du consentement.
    • Traitement des données et gestion des alertes.
    • Suivi continu et arrêt éventuel du dispositif.

    Les auteurs insistent sur des points sensibles : réversibilité du consentement, rôle des sous-traitants techniques dans la gestion des données, lisibilité du dispositif par les patients, et juste place de la technologie dans l’accompagnement thérapeutique.

    Professionnels de santé et patients doivent comprendre les dispositifs avant de les utiliser

    La démarche cherche aussi à favoriser l’appropriation des outils numériques par les professionnels de santé et à prévenir la fracture numérique côté patients. Une pédagogie du soin à distance est recommandée : transparence sur le fonctionnement du dispositif, explication des limites du numérique, et vigilance face au risque de perte d’autonomie du patient face aux interfaces.

    Recommandations du rapport

    • Informer clairement le patient : Le patient doit comprendre le fonctionnement de la télésurveillance, ses objectifs, ses contraintes, et les professionnels impliqués.
    • Recueillir un consentement libre, éclairé et réversible : Le consentement du patient doit pouvoir être suspendu ou retiré à tout moment.
    • Former les professionnels et accompagner les patients : Le rapport recommande la formation des équipes à l’usage des dispositifs numériques et à l’accompagnement éthique du patient.
    • Clarifier les responsabilités entre acteurs : Le rôle de l’exploitant technique (industriel ou prestataire) dans le traitement des données et la gestion des alertes doit être strictement défini. Le professionnel de santé opérateur reste responsable du suivi médical.
    • Limiter le rôle des dispositifs techniques : Le soin algorithmisé ne doit pas remplacer le discernement clinique. Le rapport recommande de maintenir une juste distance technologique.
    • Mettre en place un suivi éthique du parcours : Une autoévaluation par étapes est recommandée : information, consentement, suivi, traitement des alertes, arrêt éventuel du dispositif.
    • Prévenir la fracture numérique : Le rapport insiste sur l’obligation d’anticiper les difficultés d’accès et d’usage des dispositifs par certains patients. Une vigilance spécifique est recommandée auprès des populations âgées ou isolées.
    • Assurer une transparence sur les traitements de données : Les patients doivent être informés de l’usage de leurs données, du rôle des acteurs techniques et des mesures de cybersécurité mises en place.

     

  • Hôpital public : 85 % des usagers satisfaits de la qualité de la relation selon un baromètre (DITP)

    24 433 usagers évaluent 19 services sur 5 critères

    Lancé par la Direction interministérielle de la transformation publique, ce baromètre évalue la qualité de 19 services publics, sur cinq critères, à partir d’une enquête menée auprès de 24 433 usagers. Réalisé entre décembre 2024 et janvier 2025 auprès de 24 433 personnes, le baromètre “volet grand public” a été confiée aux instituts Toluna, Harris Interactive et Ipsos.

    71 % des Français saluent l’accueil des services publics

    D’après les résultats, 69 % des usagers se déclarent satisfaits de leurs échanges avec les services publics au cours des 12 derniers mois. L’hôpital public arrive en tête des services les mieux notés, avec 80 % de satisfaction globale, devant l’école (81 %), la Gendarmerie nationale (78 %), France Titres (78 %) et les services des impôts (77 %). La qualité de la relation est le point le plus valorisé :

    • 71 % des usagers estiment avoir été accueillis avec respect et bienveillance.
    • Le score atteint 85 % pour les hôpitaux (84 % pour l’école, 83 % pour la Gendarmerie, 79 % pour France services, et 75 % pour la Police).

    Parmi les cinq indicateurs évalués :

    • Qualité de la relation
    • Délai de traitement
    • Facilité d’accès
    • Simplicité des démarches
    • Efficacité

    37 % des usagers jugent les démarches administratives complexes

    La simplicité des démarches est celle qui suscite le plus de critiques. Seuls 63 % jugent les démarches simples, tandis que 13 % se déclarent insatisfaits. Parmi les difficultés évoquées : des délais trop longs (26 %), un manque de clarté des informations (24 %) et la répétition des démarches auprès de plusieurs agents (24 %).

    24 % des usagers confrontés à des informations peu claires dans leurs démarches

    Pour Laurent Marcangeli, ministre en charge des services publics, ce baromètre constitue une “boussole” : il confirme l’attachement des usagers à des services performants, en identifiant les marges de progrès. Les axes d’amélioration les plus attendus concernent :

    • La lisibilité des informations.
    • L’accessibilité des services.
    • Et la réduction des délais de traitement.

    Une enquête à vocation annuelle

    Avec un échantillon dans chaque région de France métropolitaine et l’inclusion de 500 personnes en situation d’illectronisme, cette enquête vise à être reconduite régulièrement afin de suivre les évolutions perçues et guider les actions publiques en matière de qualité de service.

  • Recherche clinique : comment le projet CAIR met en place une nouvelle génération d’essais cliniques augmentés par les données de vie réelle ?

    Utiliser les données de vie réelle et créer des patients virtuels pour les essais cliniques

    Alors que l’essai clinique randomisé (RCT) reste l’étalon-or pour démontrer l’effet causal d’un traitement, il reste long, coûteux, contraignant, et parfois inadapté aux réalités cliniques, notamment dans le cas des maladies rares, des traitements personnalisés ou des populations difficiles à recruter. C’est dans ce contexte que les données de vie réelle viennent bousculer les approches classiques, en offrant des opportunités pour réduire les contraintes logistiques sans sacrifier la rigueur scientifique. Mais pour cela, encore faut-il que ces données puissent être intégrées de façon méthodologiquement robuste.

    Le projet CAIR (pour “causalité, algorithmes, innovation, réduction’), porté par le professeur Yohann Foucher au CHU de Poitiers, récemment choisit comme lauréat de l’AAP “Inserm Messidor 2024” s’attaque à cette rigidité en explorant une voie hybride : enrichir les bras contrôles des essais cliniques par des données réelles, sélectionnées et modélisées pour en faire des “patients virtuels”. Ces patients, extraits ou simulés à partir de bases existantes comme les entrepôts de données de santé (EDS), permettraient de réduire la taille des groupes témoins tout en conservant la comparabilité requise pour une analyse causale solide.

    Utiliser des données externes, mais sous conditions :

    La promesse est séduisante, mais techniquement ardue. Les données issues des soins courants ne bénéficient pas du tirage au sort comme dans un essai clinique, qui garantit que les groupes de patients sont comparables dès le départ, en répartissant au hasard les profils selon des critères comme l’âge, la gravité de la maladie ou les antécédents médicaux. Ces données sont souvent marquées par des biais. Par exemple, certains traitements sont prescrits à des patients plus graves, ou dans certains hôpitaux seulement. Ces biais de sélection, d’indication ou de pratique peuvent rendre les comparaisons trompeuses. Le projet CAIR vise justement à corriger ces écarts, pour intégrer ces données de manière rigoureuse dans les essais cliniques.

    Concrètement, l’équipe développe des algorithmes de prédiction de l’évolution des patients sous traitement standard, afin de générer des bras témoins “virtuels” robustes. Ces modèles sont d’abord testés sur des jeux de données simulées : une stratégie classique mais efficace pour valider des outils lorsque l’effet réel du traitement est connu. Ensuite, ces méthodes seront appliquées à un cas concret : la réanalyse de l’essai Prophyloxitin, portant sur la prévention des infections post-opératoires en chirurgie colorectale, en mobilisant les données issues de l’EDS du CHU de Poitiers.

    Une approche pluridisciplinaire et distribuée

    L’originalité de CAIR réside aussi dans sa gouvernance scientifique. Trois pôles académiques sont mobilisés autour de méthodologies distinctes mais complémentaires :

    • Poitiers, avec l’expertise du professeur Foucher en statistique causale et modélisation prédictive ;

    • Toulouse, qui explore les apports de l’apprentissage par renforcement ;

    • Bordeaux, qui mobilise les modèles mécanistiques pour prédire la réponse thérapeutique à partir de biomarqueurs.

    Cette convergence entre statistique, intelligence artificielle et modélisation biomédicale marque une évolution stratégique dans la manière dont la France articule ses compétences en santé numérique. Elle témoigne aussi d’un mouvement de fond : les données de santé, une fois rendues interopérables, tracées et exploitables, ne sont plus seulement un outil de pilotage hospitalier ou de veille épidémiologique. Elles deviennent un levier scientifique.

    Vers une recherche plus rapide, plus éthique, plus pertinente :

    Ce que propose CAIR n’est pas une simple optimisation logistique des essais cliniques. C’est un véritable changement de paradigme, qui pourrait transformer en profondeur la relation entre la recherche et le soin courant. En intégrant les données de vie réelle au cœur même de l’évaluation thérapeutique, le projet répond à plusieurs impératifs croissants : il vise à accélérer l’accès aux traitements innovants, à réduire les coûts et la durée des essais, tout en limitant l’exposition des patients à des traitements potentiellement moins efficaces imposés par tirage au sort. À terme, ce type d’approche pourrait devenir structurant pour les essais dits adaptatifs, les études menées en situation de crise sanitaire — comme lors de la pandémie de Covid-19 — ou encore pour les évaluations post-AMM, dans une logique de réévaluation continue du rapport bénéfice-risque.

    Le projet CAIR confirme une tendance de fond : les entrepôts de données hospitaliers (EDS) ne sont plus de simples réservoirs de dossiers patients. Ils deviennent des acteurs actifs de la production de preuves cliniques, à condition d’être correctement gouvernés, enrichis, et articulés à la recherche académique. Le soutien explicite de la direction et de la CME du CHU de Poitiers à ce projet illustre une prise de conscience stratégique : la donnée de santé est désormais un actif scientifique.

  • IA : les industriels pharma reconnaissent un faible niveau de préparation

    Coût, complexité, données : seuls 13 % se disent « très préparés »

    La dernière édition du rapport Digital Reality Check, réalisée par Graphite Digital, met en lumière le décalage entre l’intérêt porté par l’industrie pharmaceutique à l’IA pour améliorer les interactions avec les professionnels de santé et les patients, et son faible niveau de préparation. Sur les 100 décideurs interrogés, seuls 13 % se déclarent « très préparés » à intégrer l’IA dans ces usages.

    Les principaux freins identifiés sont liés à

    • la protection des données personnelles,
    • à la complexité d’intégration dans les systèmes existants,
    • et au coût élevé de déploiement.
    • À ces obstacles s’ajoutent les préoccupations réglementaires et le manque d’expertise interne.

    Au total, 77 % des répondants se disent seulement « partiellement préparés » à exploiter l’IA dans l’engagement client digital.

    Analyse de données, parcours patients, chatbots : les trois usages IA prioritaires dans la pharma

    Pour Michelle Killick, directrice senior de la transformation globale chez Pfizer, citée dans le rapport, cette transformation impose un changement de culture : « Il ne s’agit plus de viser la perfection dès le départ, mais d’adopter une démarche de test, d’apprentissage et d’itération. » Elle rappelle que cette technologie évolue plus rapidement que celles auxquelles l’industrie a été confrontée jusqu’ici.

    L’étude identifie les domaines où l’IA a le plus d’impact dans les interactions digitales actuelles :

    • 49 % des participants évoquent l’analyse de données et la production d’insights clients, un levier permettant de structurer des jeux de données complexes et d’en extraire des tendances.
    • Viennent ensuite la personnalisation des parcours patients (36 %).
    • et le recours aux agents conversationnels type chatbots (34 %).

    68 % des industriels pharma priorisent l’analytique dans leurs investissements IA à court terme

    Les priorités d’investissement dans les mois à venir se concentrent sur le renforcement des capacités d’analyse de données (68 %), le marketing et la publicité digitale (66 %) ainsi que la création de contenus automatisés par IA (62 %). Un focus moindre est accordé à l’expérience utilisateur et au design digital, avec seulement 26 % des répondants indiquant en faire une priorité, ce qui constitue selon Graphite Digital un potentiel non exploité.

    Pour Rob Verheul, le secteur pourrait franchir rapidement ces obstacles : « Avec la bonne orientation et une collaboration renforcée, la pharma a la capacité de dépasser les freins actuels et de proposer des expériences digitales enrichies par l’IA, réellement utiles aux patients comme aux professionnels. »

  • Qure.ai dévoile AIRA : un assistant IA pour soutenir les soins primaires sous-dotés

    Avec AIRA, Qure.ai cible les 40 % de temps perdu à la collecte manuelle des données

    La société indienne Qure.ai, spécialisée dans l’IA appliquée à l’imagerie médicale, a présenté AIRA, un nouvel outil d’assistance pour les agents de santé communautaire opérant dans des systèmes de soins primaires sous-dotés. Basé sur des modèles de langage de grande taille (LLM) entraînés avec des données provenant de pays à revenu faible ou intermédiaire, AIRA automatise plusieurs tâches : collecte des antécédents et symptômes des patients, agrégation de données populationnelles, et soutien à l’observance des protocoles cliniques.

    dans ces environnements, plus de 40 % du temps des agents de santé est absorbé par la collecte manuelle de données, sans pour autant aboutir à une vision d’ensemble exploitable au niveau populationnel. En parallèle, les projections font état d’un déficit mondial de 11 millions de professionnels de santé d’ici 2030, alors que 17 millions de décès évitables sont enregistrés chaque année dans les pays les plus vulnérables.

    Un appui à la décision et à la relation patient

    Avec AIRA, Qure.ai entend répondre à cette double problématique d’efficacité et d’accès. L’outil permettrait non seulement de délester les professionnels des tâches administratives, mais aussi d’améliorer l’application des protocoles médicaux grâce à des fonctionnalités de soutien à la décision.

  • Accès aux soins : seulement 300 infirmiers en pratique avancée (IPA) en libéral sept ans après leur création

    IPA en libéral : 300 professionnels pour 100.000 infirmiers, sept ans après la création du métier

    Sept ans après la création de la profession d’infirmier en pratique avancée (IPA) en 2018, seuls « un peu plus de 300 » IPA exercent en libéral sur le territoire, pour environ 100.000 infirmiers en activité, selon les chiffres communiqués par Thomas Fatome, directeur général de la CNAM, lors d’une audition parlementaire. Ces professionnels, qui nécessitent deux années supplémentaires de formation après le diplôme d’infirmier d’État, sont pourtant considérés comme des acteurs importants dans les stratégies d’amélioration de l’accès aux soins.

    IPA et CPTS : des investissements sans résultats selon l’UFMLS

    Avec seulement 0,0023 IPA par médecin libéral, soit un IPA pour 433 médecins et un pour 233.333 Français, la profession reste marginale hors de l’hôpital. Cette situation conduit l’Union française pour une médecine libre (UFMLS) à dénoncer ce qu’elle qualifie “d’échec manifeste”. Pour l’organisation, l’écart entre le discours politique, valorisant les IPA, et la réalité du terrain traduit un décalage préoccupant dans la mise en œuvre des politiques de santé.

    L’UFMLS critique dans le même temps le modèle des Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS), lancées en 2016. Malgré la création de 900 CPTS, plus de 7 millions de Français sont encore sans médecin traitant. Pour l’organisation, ces structures, présentées par l’exécutif comme des leviers de l’accès aux soins, échouent à remplir leur mission principale.

    Dans son communiqué, l’UFMLS alerte sur les centaines de millions d’euros alloués chaque année aux IPA et aux CPTS, sans bénéfice démontré sur l’accès aux soins. Elle réclame l’arrêt de ces financements et dénonce le report des revalorisations conventionnelles prévues pour juillet 2025, qu’elle interprète comme un signe supplémentaire d’inefficacité dans la gestion du système de santé.

    La défense du secteur 2

    Enfin, l’organisation prend position en faveur du secteur 2, rappelant que près de 50 % des actes y sont réalisés au tarif opposable et que ce secteur favorise l’installation des médecins, sans aggraver les dépenses de l’Assurance Maladie. L’UFMLS met en garde contre une éventuelle suppression de ce secteur, qu’elle considère comme un facteur de dégradation de l’accès et de la qualité des soins. L’UFMLS conclut en appelant à une grande loi santé construite avec les soignants, pour refonder un système réellement efficace dans l’amélioration de l’accès aux soins sur le territoire.

  • IA clinique : Microsoft dévoile un outil de diagnostic médical avec 85,5 % de précision

    Microsoft lance AI Diagnostic Orchestrator avec OpenAI

    Microsoft a présenté son nouvel outil d’intelligence artificielle clinique, AI Diagnostic Orchestrator, capable de poser des diagnostics complexes avec un taux de précision de 85,5 %, contre 20 % pour des médecins généralistes expérimentés. Ce système repose sur une architecture d’orchestration multi-agents fondée sur un modèle de langage avancé développé avec OpenAI. Il représente une avancée inédite dans le domaine du diagnostic in vitro assisté par l’IA. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les erreurs de diagnostic constituent un problème critique de santé publique :

    • Un taux d’erreur estimé à 10 % des actes médicaux.
    • Jusqu’à 25 % des dépenses de santé imputables à ces erreurs aux États-Unis.
    • Des délais pouvant atteindre plusieurs semaines pour obtenir un diagnostic dans les cas complexes.

    Le diagnostic précoce du cancer colorectal, notamment, demeure un défi, en particulier en médecine générale.

    Microsoft adopte le raisonnement différentiel avec sa méthode SDBench

    L’outil développé par Microsoft repose sur une méthodologie baptisée Sequential Diagnosis Benchmark (SDBench) conçue pour :

    • Analyser des données cliniques hétérogènes
    • Éliminer les hypothèses erronées
    • Générer un diagnostic précis via un processus d’interaction séquentielle entre le clinicien et un modèle Gatekeeper

    Ce système s’appuie sur le principe de raisonnement différentiel, simulant la démarche cognitive d’un expert médical.

    Précision et réduction des coûts sur 304 cas cliniques

    Pendant six mois, une étude a été menée sur 304 cas complexes dans plusieurs centres hospitaliers aux États-Unis et au Royaume-Uni. Une cohorte de 21 médecins a été mobilisée pour comparer les performances de l’IA à celles des praticiens.

    Les critères d’évaluation comprenaient :

    • La précision diagnostique, mesurée sur une échelle clinique à 5 points ;
    • Le coût cumulé des examens, exprimé en dollars.

    Les résultats, publiés sur le site arXiv  en juillet 2025, indiquent :

    • Une précision moyenne de 85,5 % pour l’IA de Microsoft contre 20 % pour les médecins humains
    • Une réduction des coûts de 20 à 70 % par cas
    • Un gain de temps significatif dans l’établissement du diagnostic

    Déploiement hospitalier dès 2026

    Microsoft prévoit une montée en charge progressive de l’outil :

    • Extension à 1 000 cas supplémentaires sur 12 mois dans le cadre d’une phase II d’évaluation ;
    • Intégration hospitalière prévue à partir de 2026, en partenariat avec plusieurs réseaux hospitaliers en Europe et en Amérique du Nord ;
    • Réduction potentielle des dépenses de santé de 25 % dans certains systèmes selon les projections internes.

     

  • Philippe Ravaud prend la tête du Cesrees : une nouvelle gouvernance en faveur de l’accès aux données de santé

    Le Cesrees reprend son activité d’évaluation

    Créé en 2020, le Comité éthique et scientifique pour les recherches, les études et les évaluations dans le domaine de la santé (Cesrees) retrouve sa capacité à fonctionner, après un mois d’interruption. Un arrêté du 6 juillet, paru au Journal officiel, désigne le rhumatologue et épidémiologiste Philippe Ravaud comme nouveau président de cette instance, en remplacement de Bernard Nordlinger. Le texte nomme également 19 des 20 membres composant le comité.

    Rappelons que le Cesrees évalue le caractère d’intérêt public des projets utilisant des données personnelles de santé à des fins de recherche, d’étude ou d’évaluation. Il agit sur sollicitation de la Cnil, du ministère de la santé, ou de sa propre initiative. L’arrêt du comité depuis le 9 juin, suite à l’expiration du mandat des précédents membres, empêchait la validation des projets, ralentissant ainsi l’accès aux données de santé. Une situation dénoncée fin juin par un collectif rassemblant le Leem, le Snitem et l’Afcros.

    Un président tourné vers le numérique

    Philippe Ravaud dirige le Centre de recherche en épidémiologie et statistiques (Cress, Inserm-Université Paris Cité) et enseigne à l’Université Paris Cité, à l’AP-HP et à la Columbia University (New York). Promoteur d’un hôpital repensé autour du numérique, il est l’auteur de “Hôpital. Le grand bouleversement” (2022) et dirige le programme @HotelDieu, associant AP-HP et start-up.

    Une composition renouvelée

    Président : Philippe Ravaud – Rhumatologue et épidémiologiste, professeur à l’Université Paris Cité, directeur du Centre de recherche en épidémiologie et statistiques (Cress), AP-HP

    Personnalités qualifiées désignées par le ministère de la Santé :

    • Louis-Jean Couderc – Médecin de santé publique
    • Olivier Dubourg – Professeur en médecine, cardiologue
    • Laurence Watier – Biostatisticienne, épidémiologiste

    Personnalités qualifiées désignées par le ministère de la Recherche :

    • Julien Bezin – Pharmacologue, épidémiologiste
    • Cécile Couchoud – Néphrologue, experte en épidémiologie des maladies rénales
    • Pascale Gerbouin – Chercheuse en santé publique

    Représentants d’organismes publics :

    • Panayotis Constantinou – Statisticien, Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam)
    • Jean Bouyer – Statisticien, Inserm
    • Muriel Roger – Biostatisticienne, CNRS
    • Michel Dojat – Directeur de recherche, Inria
    • Michel Isnard – Statisticien, Insee
    • Emmanuel Oger – Pharmacologue, praticien hospitalier, CHU
    • Jean Sibilia – Doyen de faculté de médecine, professeur de rhumatologie
    • Cécile Badoual – Professeure d’anatomopathologie, représentante France Universités

    Représentants institutionnels :

    • Jean-François Montgolfier – Maître des requêtes, Conseil d’État
    • Raja Chatila – Chercheur en robotique et intelligence artificielle, membre du Comité consultatif national d’éthique (CCNE)

    Représentants des usagers :

    • Marion Juste – Représentante des patients ou usagers (fonction précise non précisée)
    • Alexis Wey – Représentant des patients ou usagers (fonction précise non précisée)

    Représentant des acteurs privés :

    • Nathalie Billon – Responsable innovation santé, secteur privé (fonction exacte non précisée)

    Poste vacant : Représentant du service national des archives (non nommé)