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  • Singapour lance une plateforme nationale d’IA pour le diagnostic du cancer

    Diagnostic inégal : 28 jours d’attente et 70 % des décès en pays à faible revenu

    Le ministère de la Santé de Singapour déploie OncoAI Dx, une plateforme d’intelligence artificielle intégrant algorithmes radiomiques et génomiques pour améliorer la précision et accélérer le diagnostic dans les hôpitaux publics. Selon l’OMS, le cancer cause près de 10 millions de décès annuels. Le diagnostic, reposant sur imagerie, biopsie et tests moléculaires, reste marqué par des délais longs, une variabilité inter-clinicien et un accès limité aux ressources spécialisées.

    • Délai moyen de diagnostic à Singapour : 18 à 28 jours.
    • Variabilité inter-clinicien : 69 % sans formation, 94 % avec, en immunohistochimie / grading.
    • 70 % des décès dans des pays à revenu faible ou intermédiaire ; moins de 30 % de ces pays disposent d’installations diagnostiques adéquates pour les tests moléculaires.

    Les systèmes classiques manquent souvent d’interopérabilité, ralentissant la prise de décision thérapeutique.

    Le partenariat, la platedorme

    OncoAI Dx, conçue en partenariat avec le Système national universitaire de santé et l’Institut A*STAR, combine :

    • Analyse d’images radiologiques (scanner, IRM)
    • Interprétation des données génétiques et transcriptomiques
    • Interface de recommandation thérapeutique

    La validation scientifique attendue

    Entièrement intégrée aux dossiers médicaux électroniques, la plateforme résulte d’une collaboration public-privé incluant la start-up BioMind (Hanalytics) et Siemens Healthineers. Elle cible prioritairement les cancers thoraciques, colorectaux et hématologiques. Des publications scientifiques évaluées par les pairs sont attendues prochainement.

    Un déploiement prévu dans les pays de l’ASEAN

    Le budget de développement atteint 29,1 millions d’euros. La phase de déploiement élargi inclut la formation des oncologues et l’intégration au réseau national de télémédecine. Un partenariat avec les pays membres de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) est envisagé.

  • Le PSCC et Future4Care s’allient pour accélérer l’innovation en oncologie et santé numérique

    Stimuler l’innovation en oncologie grâce aux données de santé

    Le Paris-Saclay Cancer Cluster et Future4Care annoncent un partenariat pour soutenir les startups qui développent des solutions combinant oncologie et santé numérique, en associant expertises cliniques et capacités d’innovation digitale. L’objectif est d’offrir un accompagnement aux startups, en mobilisant les réseaux de chaque écosystème.

    L’accès simplifié aux données de santé reste une priorité partagée pour accélérer les projets. Le PSCC et en train de développer un portail unifié d’accès aux données de vie réelle en lien avec des centres hospitaliers, tandis que Future4Care accompagne les startups dans la compréhension des enjeux réglementaires liés aux données. Des enquêtes conjointes, des groupes de travail et des événements centrés sur l’IA et les données en oncologie seront organisés dans le cadre de ce partenariat. Les deux structures entendent favoriser l’émergence de projets concrets

    Ce partenariat avec Future4Care nous permet d’élargir et de renforcer l’accompagnement des startups qui répondent aux besoins en oncologie par des innovations numériques ”. Eric Vivier, président du PSCC.

    Les alliances entre acteurs pluridisciplinaires sont essentielles pour construire la santé de demain“. Agnès de Leersnyder, CEO de Future4Care.

  • 83 % de maturité en santé numérique dans l’UE en 2024 : l’accès aux données progresse

    • Le score moyen de maturité numérique en santé atteint 83 % dans l’UE en 2024, en hausse de 4 points par rapport à 2023.
    • Objectif 2030 : garantir à 100 % des citoyens européens un accès sécurisé à leurs dossiers médicaux électroniques
    • 16 États membres ont amélioré leur score, dont la Tchéquie (+26), la Roumanie (+17), l’Irlande (+14) et la Bulgarie (+10).
    • Seulement 26 % des États proposent un accès aux images médicales, et 55 % aux dispositifs ou implants médicaux.
    • Les structures les moins connectées sont : maisons de soins gériatriques, établissements privés de santé mentale et centres de réadaptation.
    • La France atteint un score de 78 % de maturité numérique en santé (résultat est inférieur à la moyenne européenne de 83 %).

    Accès aux données de santé : 83 % de maturité numérique atteints dans l’UE en 2024

    La Commission européenne a publié les résultats de l’étude 2025 sur les indicateurs de santé en ligne, mesurant les progrès accomplis par l’UE-27, la Norvège et l’Islande au 31 décembre 2024. Cette enquête annuelle s’inscrit dans le programme d’action pour la Décennie numérique, qui vise à garantir à tous les citoyens européens un accès sécurisé à leurs dossiers médicaux électroniques d’ici 2030.

    Le score moyen de maturité atteint 83 % pour l’ensemble de l’UE, en hausse de 4 points par rapport à 2023. Ce progrès reflète une meilleure disponibilité des données de santé, une extension des services d’accès, et une augmentation des prestataires connectés.

    Dossiers médicaux électroniques : accès généralisé dans l’UE, mais couverture partielle des données d’imagerie

    En 2024, 16 États membres, ainsi que l’Islande et la Norvège, ont amélioré leur score. Certaines progressions sont marquantes : +26 points pour la Tchéquie, +17 pour la Roumanie, +14 pour l’Irlande et +10 pour la Bulgarie. Tous les États disposent désormais d’un service d’accès aux dossiers médicaux électroniques, bien que certains (Irlande, Italie, Espagne, Suède) soient encore à un stade régional.

    Les données d’identification (99 %), les renseignements personnels (98 %), les ordonnances électroniques (89 %) et leur distribution (87 %) sont les plus largement accessibles. En revanche, la disponibilité reste faible pour les images médicales (26 %) et les dispositifs ou implants médicaux (55 %), révélant un écart à combler pour atteindre une couverture complète.

    Accès aux données de santé : 21 États déploient l’eID, mais la délégation reste minoritaire

    L’usage de systèmes d’identification électronique conformes au règlement sur l’identité numérique européenne a augmenté. En 2024, 21 États membres (78 %) les déploient, contre 17 l’année précédente. Par ailleurs, 23 pays (85 %) indiquent que 80 à 100 % de leur population peut techniquement accéder à ses données via ces services.

    Mais seuls 15 États (56 %) offrent une base juridique permettant à un citoyen de déléguer l’accès à ses données à un tiers. En comparaison, 81 % (21 pays) autorisent déjà les représentants légaux à consulter les données de santé de leurs pupilles.

    Prestataires de santé : un secteur privé encore partiellement intégré aux services numériques

    20 points d’écart entre connectivité publique et privée

    Les prestataires publics sont connectés à 79 %, contre 59 % pour les prestataires privés. Les établissements privés de santé mentale, de réadaptation ou les maisons de soins gériatriques restent les moins interconnectés. Le score moyen de maturité des établissements privés (67 %) reste inférieur à celui de l’ensemble des prestataires publics et privés (83 %).

    Les fonctionnalités d’accessibilité n’ont pas progressé en 2024 : sept États membres ne sont toujours pas alignés sur les exigences de la directive européenne sur l’accessibilité. Toutefois, le soutien aux publics fragiles (personnes âgées, en situation de handicap ou peu à l’aise avec le numérique) s’améliore dans plusieurs pays.

    La France sous la moyenne européenne en 2024 (78 %), retard sur l’eID, l’imagerie et les implants

    La France atteint en 2024 un score de 78 % de maturité numérique pour l’accès aux dossiers médicaux électroniques, en dessous de la moyenne de l’UE (83 %). Le service d’accès national est opérationnel, mais reste partiellement aligné avec les standards européens, notamment sur la couverture des types de données disponibles, comme les images médicales ou les dispositifs implantables, encore peu accessibles.

    L’intégration des systèmes d’identification électronique (eID) n’est pas encore effective, ce qui limite la sécurité des accès et les fonctionnalités de délégation. Aussi, l’accessibilité reste incomplète pour certains publics, en particulier les personnes âgées ou en situation de handicap.

    En France : Les établissements publics en avance, le médico-social à la traîne

    Les établissements publics sont globalement connectés aux services numériques, à l’inverse des structures privées, qui restent en retrait, notamment dans les secteurs médico-sociaux. Pour atteindre l’objectif européen d’un accès complet et sécurisé d’ici 2030, la France devra renforcer l’interopérabilité, la couverture des données et l’inclusion numérique.

    Indicateurs eSanté : une révision méthodologique annoncée pour 2026

    Le cadre actuel repose sur 12 sous-indicateurs évaluant la disponibilité des données, les modalités d’accès et l’infrastructure technique. Une révision de cette méthodologie est prévue pour 2026. Elle visera à accompagner les pays vers une maturité complète et un accès sécurisé, cohérent avec les exigences du futur règlement sur l’espace européen des données de santé (EHDS).

    (2025). 2025 Digital Decade eHealth Indicator Study – Final Report (Study for the European Commission, DG Communications, Networks, Content and Technology, CNECT/2022/OP/0036). Publications Office of the European Union.

  • Projet régional de santé : un an après, l’ARS IDF publie un premier bilan d’exécution

    219 audits cyber, 16 000 signalements, 1 plateforme déployée : le numérique en santé en chiffres

    L’ARS IDF a mis l’accent sur les outils numériques. La plateforme Santélien, désormais opérationnelle, améliore le partage d’informations entre professionnels de santé, notamment sur les parcours complexes. Côté cybersécurité, 219 audits et 191 exercices ont été réalisés, avec un suivi de plus de 16 000 signalements. Parallèlement, plusieurs outils de surveillance sanitaire ont été déployés ou renforcés : le registre E-Must, la base de données Open Data Périnat, ou encore le projet Datalogue, dédié à la structuration des données pour la recherche et le pilotage. Enfin, le numérique accompagne aussi la transition écologique, avec des expérimentations menées dans neuf blocs opératoires pour mesurer leur empreinte environnementale.

    Tour d’horizon du bilan de l’ARS :

    PRS 2023-2028 : une première année marquée par des investissements et une territorialisation renforcée

    Un an après l’entrée en vigueur du nouveau Projet régional de santé (2023-2028), l’Agence régionale de santé Île-de-France dresse un premier bilan d’étape. Celui-ci confirme une dynamique d’investissement forte et une territorialisation plus lisible des politiques publiques. Plusieurs priorités sont renforcées : prévention, accès aux soins, coordination, ressources humaines, innovation et santé mentale.

    Prévention : plus de 42 000 jeunes touchés par des actions de prévention en 2024

    En 2024, 21 500 jeunes ont bénéficié de programmes de compétences psychosociales et 20 900 élèves de 5e ont été vaccinés contre le HPV dans les collèges. L’ARS a lancé un comité de personnes en situation de handicap pour structurer leur participation à l’action publique, et organisé un colloque sur la vaccination à Cergy. En parallèle, des plateformes de dépistage précoce des troubles du neurodéveloppement ont été étendues aux 7-12 ans.

    Parcours de soins : 50 projets Article 51 et 17 équipes de soins palliatifs déployés en 2024

    L’année 2024 a vu le renforcement des soins de proximité : 23 établissements se sont mobilisés pour des parcours dédiés à l’insuffisance cardiaque, 17 équipes territoriales de soins palliatifs ont été déployées et 50 projets organisationnels ont été financés via le dispositif « Article 51 ». Le lancement de la plateforme numérique Santélien a permis de fluidifier le partage d’informations entre acteurs du sanitaire et du médico-social.

    Offre de soins : 1,4 Md€ investis en 2024, dont 517 M€ pour la psychiatrie et 2 136 solutions handicap

    Sur les 1,4 Md€ investis, 723 M€ concernent 42 projets Ségur, tandis que 517 M€ ont été alloués à la psychiatrie, dont 154 M€ apportés par l’ARS. Par ailleurs, 98 % de la population est désormais couverte par des Communautés professionnelles territoriales de santé. Le Plan Inclus’IF a permis de créer 2 136 solutions nouvelles pour les personnes en situation de handicap, dont 38 projets de scolarisation inclusive.

    Ressources humaines : 185 postes partagés et 1 300 internes soutenus chaque semestre

    Face aux tensions de recrutement, 2 700 logements ont été réservés pour les soignants. 733 contrats allocation études ont été validés et 185 postes partagés ville-hôpital financés. Une expérimentation d’allocation d’attractivité territoriale a concerné 1 300 internes par semestre. L’ARS a également lancé un observatoire régional des ressources humaines en santé.

    Santé mentale : 14 M€ investis en deux ans pour renforcer les urgences psychiatriques en Île-de-France

    L’ensemble du territoire est désormais couvert par des plateformes d’appui en réhabilitation psychosociale. Trois nouvelles équipes spécialisées ont été créées au sein des Services d’accès aux soins (SAS psy) et le dispositif VigilanS de prévention du suicide a été étendu aux mineurs. L’ARS a versé plus de 14 M€ sur deux ans pour renforcer les structures de réponse aux urgences psychiatriques.

    Données, sécurité et transition écologique

    L’ARS a conduit 219 audits et 191 exercices de prévention du risque cyber, et pris en charge 16 325 signalements. Elle a aussi lancé des outils de surveillance sanitaire (registre E-Must, Open Data Périnat, Datalogue) et soutenu neuf établissements dans leur transition écologique chirurgicale.

    2025 : priorités autour des soins de proximité, du vieillissement et de la santé environnementale

    Les priorités affichées pour 2025 incluent : améliorer l’attractivité de la région pour les professionnels, renforcer la prévention dans les quartiers prioritaires, développer les soins à domicile pour les personnes âgées et les soins palliatifs, structurer l’offre médico-sociale pour l’enfance et déployer des coopérations territoriales thématiques (périnatalité, nutrition, santé mentale).

    Agence régionale de santé Île-de-France. (Edition 2025). Bilan 2024 – Projet régional de santé Île-de-France 2023-2028 [PDF]. ARS Île-de-France.

  • US : l’administration Trump publie un plan de 90 mesures pour affirmer la domination technologique

    • Un plan autour de trois axes : innovation, infrastructures et sécurité.
    • Lancement de regulatory sandboxes pilotés par la FDA.
    • Création de centres d’excellence sectoriels, dont un dédié à la santé.
    • Promotion d’une culture du try-first dans les établissements de soins.
    • Création d’un AI Workforce Research Hub pour suivre les impacts métiers.
    • Plateformes cloud pour expérimentations médicales (ex : criblage, modélisation).
    • Mesure des gains de productivité sur des cas d’usage concrets (diagnostic, hôpital, recherche…).

    Innovation, infrastructures et sécurité : une stratégie structurée autour de trois axes

    Le 24 juillet, l’administration Trump a présenté un plan d’action intitulé “Winning the AI Race: America’s AI Action Plan”, qui vise à maintenir et renforcer la suprématie technologique américaine dans le domaine de l’IA. Construit sur trois piliers – innovation, infrastructures et sécurité internationale – ce plan découle du décret présidentiel de janvier 2025 et s’appuie sur plus de 10 000 contributions d’acteurs industriels et institutionnels. Il détaille plus de 90 mesures à mettre en œuvre.

    Réduire les freins à l’innovation et encourager l’adoption

    Le premier pilier vise à accélérer l’innovation et généraliser l’usage de l’IA dans tous les secteurs. Plusieurs mesures sont avancées :

    • Suppression de directives antérieures liées à la diversité, à la désinformation et au climat.
    • Soutien explicite aux modèles d’IA open-source et open-weight.
    • Mise en place de bacs à sable réglementaires et de centres d’excellence sectoriels (santé, éducation, énergie…).
    • Incitations fiscales pour la formation des professionnels et politique de reconversion pour les métiers impactés par l’automatisation.

    Le rapport propose également de conditionner les subventions fédérales au niveau de régulation imposé par les États, visant ainsi à décourager les cadres jugés contraignants.

    Déploiement massif d’infrastructures technologiques

    Le deuxième pilier du plan concerne le développement des infrastructures nécessaires à l’essor de l’IA. Il prévoit :

    • La construction de nouveaux centres de données.
    • Une accélération de la production nationale de semi-conducteurs.
    • Un renforcement du réseau énergétique.

    Des réformes doivent faciliter les autorisations de construction et inciter l’investissement privé. Par ailleurs, le gouvernement envisage de déployer des programmes de formation dès le lycée et des parcours de reconversion pour accompagner l’évolution du marché du travail.

    Diplomatie technologique et sécurité des systèmes

    Le troisième axe du plan est d’ordre géostratégique. Il positionne les États-Unis comme garant d’une IA “libre et sécurisée” face à la montée en puissance de la Chine. Les mesures proposées incluent :

    • Des actions diplomatiques pour promouvoir les standards technologiques américains auprès des alliés.
    • Des restrictions accrues sur les exportations de semi-conducteurs critiques.
    • Des investissements dans la biosécurité pour prévenir les risques liés à l’interaction IA-biotechnologie.

    Les mesures dans le secteur de la santé

    Plusieurs des 90 mesures de l’America’s AI Action Plan concernent spécifiquement le secteur de la santé. L’administration américaine y voit un terrain prioritaire d’adoption et d’expérimentation, en mobilisant à la fois les autorités de régulation, les institutions de recherche et les acteurs du soin. Voici les principales annonces qui ciblent directement les usages de l’intelligence artificielle en santé.

    Centres d’excellence et bacs à sable

    • Création de “regulatory sandboxes” pilotés par la FDA pour tester rapidement des solutions IA en santé.
    • Lancement de centres d’excellence sectoriels, dont un dédié à la santé, pour accélérer la mise sur le marché d’applications IA.
    • Promotion d’une culture du “try-first” dans les établissements de santé, avec évaluation ouverte des résultats.

    Évaluation et standards

    • Coordination par le NIST pour créer des standards nationaux de performance et de sécurité pour les systèmes IA en santé.
    • Objectif : mesurer les gains réels de productivité sur des cas d’usage concrets (diagnostic, gestion hospitalière, recherche clinique…).

    Formation et reconversion des professionnels de santé

    Développement des compétences

    • Intégration de l’IA dans les programmes de formation professionnelle et dans les curriculums santé-tech (via Department of Education, DOL, NSF).
    • Éligibilité des formations IA pour les dispositifs d’aide fiscale à l’éducation continue (Section 132 du Code fiscal).

    Adaptation du système de santé à l’IA

    • Création d’un AI Workforce Research Hub pour analyser les impacts sur les métiers de la santé : transformation des tâches, requalification, risques de substitution.
    • Déploiement de programmes de reconversion rapide dans les filières affectées par l’automatisation, notamment les tâches administratives.

    Science, données et recherche biomédicale

    Infrastructures de recherche

    • Investissement dans des laboratoires automatisés (AI-native labs) pour accélérer la recherche en biologie, chimie et neurosciences.
    • Déploiement de plateformes cloud pour l’expérimentation médicale automatisée (ex : criblage moléculaire, prédiction de protéines).

    Données de santé

    • Obligation pour les chercheurs financés de publier les datasets utilisés pour entraîner des modèles IA non propriétaires.
    • Création d’un portail public via le National Secure Data Service (NSDS) pour accéder à des données fédérales restreintes à des fins de recherche IA.

    Biosécurité et prévention des usages malveillants

    • Renforcement des contrôles sur les outils de synthèse d’ADN : obligation de screening des séquences et vérification des clients pour les institutions recevant des fonds fédéraux.
    • Création d’un mécanisme de partage d’alertes entre fournisseurs de synthèse biologique et agences fédérales pour repérer des usages suspects.

     

  • Danaher et AstraZeneca s’allient pour développer des diagnostics in vitro basés sur l’IA

    Les failles du diagnostic manuel

    Le groupe de diagnostic médical Danaher (États-Unis) et le laboratoire pharmaceutique AstraZeneca (Royaume-Uni) annoncent une collaboration stratégique mondiale pour développer, valider et commercialiser une nouvelle génération de tests de diagnostic in vitro basés sur l’intelligence artificielle (IA). Ce partenariat vise à renforcer la médecine de précision en oncologie, notamment grâce à des outils de pathologie numérique innovants.

    Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 4,5 milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès aux services de santé essentiels. Le diagnostic médical conventionnel s’appuie encore largement sur l’analyse manuelle des lames histologiques, ce qui engendre :

    • Des délais de diagnostic de 5 à 7 jours.
    • Une variabilité inter-examinateur, avec un taux d’erreur allant jusqu’à 0,85 %.
    • Une faible interopérabilité entre systèmes, souvent non conformes aux normes DICOM.

    Les innovations techniques au cœur du partenariat

    Ce programme technologique repose sur deux piliers :

    • La solution Leica Biosystems (Aperio GT 450 DX + WebViewer DX), permettant la numérisation native DICOM des échantillons histologiques, et une intégration fluide avec les systèmes d’information de laboratoire (LIS/LIMS).
    • Des algorithmes d’intelligence artificielle capables d’analyser automatiquement les images numériques, et d’estimer la probabilité de réponse aux thérapies ciblées, à partir de biomarqueurs morphologiques et moléculaires.

    Avantages cliniques : un diagnostic en 24 heures et +20 % de précision

    Ce dispositif de diagnostic in vitro intelligent présente plusieurs bénéfices :

    • Un temps de réponse clinique réduit à 24 heures, contre 5 à 7 jours en pathologie conventionnelle.
    • Un gain de précision de +20 % pour identifier les patients éligibles aux traitements personnalisés.
    • Une interopérabilité DICOM, garantissant la fluidité et la sécurité de l’échange de données médicales entre laboratoires.

    Étapes clés et perspectives de marché

    Le contrat piloté par les centres Danaher for Enabling Precision Medicine et prévoit :

    • Une phase de développement entre 2025 et 2026.
    • Une validation réglementaire avec marquage CE et approbation de la FDA prévue fin 2026.
    • Un lancement commercial dès 2027 en Europe et aux États-Unis.

    Un marché mondial estimé à 2,8 milliards de dollars d’ici 2030

    Ce partenariat vise le marché du diagnostic oncologique basé sur l’intelligence artificielle, qui devrait atteindre une valeur de 2,8 milliards de dollars en 2034, avec un taux de croissance annuel composé prévu de 23,7%, selon les projections de Global Market Insights. Danaher et AstraZeneca prévoient un déploiement mondial dans plus de 50 laboratoires partenaires d’ici 2028, en s’appuyant sur leurs réseaux existants ainsi que sur des accords stratégiques de distribution.

     

  • Doctolib ambitionne 10 millions de consultations enrichies par l’IA d’ici fin 2025

    • 30 000 professionnels de santé accompagnés sur l’ensemble du territoire.
    • 203 millions de rendez-vous médicaux pris en ligne en 2024.
    • 2,7 millions de consultations générées grâce au temps médical libéré.
    • 1,6 million de consultations réalisées avec l’Assistant de consultation (IA).
    • 5h30 de temps médical libéré par semaine pour les généralistes et pédiatres > objectif : 6h30 en 2025.

    1,6 million d’actes enrichis par l’IA : Doctolib prépare une évaluation de son impact clinique

    Doctolib intensifie ses efforts en santé numérique avec le déploiement de solutions d’IA centrées sur le temps médical et la qualité des soins. Parmi elles, l’Assistant de consultation, lancé fin 2024, transcrit et synthétise automatiquement les échanges médicaux en consultation. Déjà adopté par plusieurs milliers de soignants, il devrait dépasser les 10 millions d’utilisations d’ici la fin 2025. Une étude d’impact clinique externe est prévue pour en mesurer les effets.

    L’Assistant de consultation a pour objectif de soulager la charge mentale des praticiens et de structurer les données de santé. En complément, Doctolib prévoit de déployer des outils tels que la dictée vocale, la génération automatique de courriers médicaux, ou bien une messagerie patient augmentée, qui fonctionne en asynchrone et priorisant les demandes.

    Le comité de mission de Doctolib, composé de 11 membres issus du monde médical, associatif et institutionnel, recommande néanmoins une vigilance particulière sur l’impact de ces innovations sur la relation soignant-patient.

    120 ateliers d’inclusion numérique et 55 campagnes de prévention : Doctolib renforce son action sociale en 2025

    Doctolib veut multiplier par 5 les échanges patients-soignants grâce à sa messagerie sécurisée

    Le rapport met en avant des efforts pour réduire les inégalités d’accès :

    • Développement de fiches praticiens enrichies sur l’accessibilité,
    • Lancement de 120 ateliers d’inclusion numérique avec Emmaüs Connect,
    • Ou encore collaboration avec la Croix-Rouge pour créer du contenu adapté aux familles vulnérables.

    Parallèlement, Doctolib vise 55 campagnes nationales de prévention en 2025, et souhaite multiplier par cinq les conversations patients-soignants via sa messagerie.

    2025 : +17 millions de RDV et +11 points de suivi continu attendus

    Avec 203 millions de rendez-vous pris en ligne en 2024, l’entreprise projette d’en atteindre 220 millions en 2025. Grâce au temps médical libéré, 3,5 millions de consultations supplémentaires pourraient être créées cette même année.

    Doctolib annonce aussi un objectif de satisfaction (NPS) de 40, en progression continue (34 fin 2024). Le suivi des patients, via téléconsultation ou messagerie, devrait concerner 63 % des médecins généralistes et pédiatres, contre 52 % un an plus tôt.

  • Transition numérique de l’anapath : un chantier à 400 M€ (rapport de mission ministérielle)

    • La spécialité évolue vers une numérisation des lames et l’intégration de l’IA.
    • Seule une minorité des 223 structures françaises est aujourd’hui entièrement numérisée.
    • Le coût estimé de la transition est de 106 M€ pour le public et plus de 300 M€ pour le privé.
    • 30 M€ ont été engagés sur les 80 M€ prévus à horizon 2025.
    • Le CNPath serait chargé du pilotage national, en lien avec les agences et sociétés savantes.
    • Un cloud centralisé mutualisé est recommandé pour le stockage des lames.
    • Un déploiement en trois ans est envisagé pour le secteur public (pour le secteur privé, un modèle économique “reste à construire”).

    De la lame au cloud : une spécialité en transition vers le numérique

    L’anatomopathologie (anapath), est une spécialité médicale qui étudie, à partir de prélèvements, les lésions des tissus et les cellules afin de comprendre les mécanismes biologiques et la nature des maladies . Elle repose principalement sur l’examen au microscope d’échantillons biologiques (biopsies, pièces opératoires, frottis, etc.). L’anapath éclaire les décisions thérapeutiques et participe à la compréhension des pathologies. Longtemps fondée sur l’observation au microscope, elle évolue aujourd’hui vers des pratiques numériques, comme l’IA.

    La pathologie numérique repose sur la numérisation des lames de microscope pour permettre leur lecture sur écran, et leur stockage sécurisé dans un format durable. En France, seules quelques structures sont aujourd’hui entièrement numérisées, même si de nombreux établissements publics ont amorcé cette transition. Complexe sur les plans technique, organisationnel et informatique, cette évolution soulève aussi des enjeux de stockage à long terme et de gouvernance des données.

    Coût de la transition numérique en anapath : 106 M€ pour le public, 300 M€ pour le privé

    400 M€ pour une numérisation complète du public et du privé

    Dans le cadre de France 2030 et de la stratégie décennale de lutte contre le cancer, les pouvoirs publics ont confié une mission au professeur Solène-Florence Kammerer-Jacquet, pathologiste PU-PH au CHU de Rennes, et au docteur Laurent Tréluyer, directeur des systèmes d’information de la CNAF et ancien directeur des services numériques de l’AP-HP, afin d’accompagner la numérisation des services d’Anatomie et Cytologie Pathologiques (ACP) ou Pathologie dans les établissements de santé. Le rapport, remis en juillet (mais dont l’initiative date de 2023), identifie trois axes :

    • Soutien financier et méthodologique aux établissements (400M€ au total entre le secteur public et privé)
    • Gouvernance du stockage des données numériques.
    • Et mise en réseau des acteurs.

    30 M€ déjà déployés

    Interopérabilité, stockage, gouvernance : les conditions techniques du virage numérique :

    • Gouvernance à trois niveaux et pilotage national par le CNPath : Le rapport recommande une gouvernance articulée à l’échelle locale, régionale et nationale. Les établissements restent responsables de l’équipement, du stockage des lames de soin et de la sélection des lames d’intérêt. Les ARS peuvent promouvoir la numérisation pour garantir l’accès aux soins sur l’ensemble du territoire. Au niveau national, la coordination est confiée au CNPath, en lien avec les sociétés savantes (SFP, SFCC, AIP, AFAQAP) et les agences nationales (ANS, ANAP, DNS, DGOS).
    • Vers une architecture mutualisée et l’intégration de l’IA : Trois modèles d’architecture sont envisagés pour le stockage des lames numériques. Le plus pertinent serait un modèle cloud centralisé, capable de mutualiser les ressources et d’offrir une base pour le développement d’outils d’intelligence artificielle. Plusieurs structures (AP-HP Kremlin-Bicêtre, CHU Rennes) ont déjà intégré des solutions d’IA dans leur workflow de diagnostic (prostate, sein, col utérin).
    • Enjeux techniques, organisationnels et réglementaires : La numérisation des lames histologiques suppose des équipements dédiés (numériseurs, SGI, capacités de stockage) et une refonte des processus métiers. Les difficultés concernent l’interopérabilité des outils, le manque de solutions cloud en production et les contraintes de stockage à long terme. Le rapport souligne la nécessité de standards ouverts (DICOM, HL7/FHIR) et d’adaptations réglementaires sur l’archivage des lames numériques.

    Le coût moyen d’une lame numérisée est de 3 €

    La numérisation des services d’anatomopathologie repose sur l’acquisition de plusieurs types d’équipements. Les scanners de lames, cœur du dispositif, qui coûtent environ 220 000 € HT l’unité et doivent être dimensionnés en fonction du volume de lames à traiter, soit un scanner pour 100 000 à 150 000 lames par an. À cela s’ajoutent les postes d’interprétation, estimés entre 1 000 et 2 000 € HT chacun, nécessaires à la lecture des lames numérisées par les pathologistes. Chaque site doit également se doter d’un système de gestion d’images (SGI), dont le coût avoisine les 200 000 € HT. L’usage d’interfaces standards (DICOM, HL7/FHIR) via des API ouvertes est recommandé pour garantir l’interopérabilité et contenir les coûts d’intégration. Le stockage des lames numériques, encore limité (environ 1 M€ cumulé), représente une dépense croissante (+1 M€ par an), justifiant une approche mutualisée à l’échelle nationale. Enfin, la réussite du déploiement repose aussi sur la mobilisation de ressources humaines qualifiées pour piloter les appels d’offres, assurer l’intégration technique et accompagner les transformations organisationnelles.

    4 volets de recommandation : 

    En synthèse, le rapport formule les recommandations suivantes :

    Gouvernance multi-niveaux : la CNPath en chef d’orchestre

    • Localement : les établissements restent responsables de l’acquisition des équipements, du stockage des lames de soin et de la sélection des lames d’intérêt pour la recherche et l’enseignement.
    • Régionalement : les ARS sont invitées à structurer et coordonner les projets de numérisation en cohérence avec les plans régionaux de santé.
    • Nationalement : le CNPath assurerait la coordination des déploiements, le suivi des usages, l’intégration de l’IA, la formation, avec l’appui de la DNS, DGOS, ANS, ANAP et des sociétés savantes.

    Architecture : privilégier le Cloud centralisé et le format DICOM

    • Préférence pour une infrastructure cloud centralisée, mutualisée à l’échelle nationale pour le stockage des lames d’intérêt (5 à 10 % des lames produites), garantissant scalabilité et accès aux outils d’IA.
    • Adoption du format DICOM pour les images, standardisation des échanges via des API ouvertes HL7/FHIR pour favoriser l’interopérabilité entre SGI, SGL et outils d’IA.

    Modèle économique : besoin de 400M€, sur 3 ans (pour le public)

    • Coût estimé : 106 M€ pour le public, plus de 300 M€ pour le privé, soit environ 3 € par lame.
    • Financements proposés : FMIS, France 2030, Innovation Santé 2030, crédits MERRI pour le public, dispositifs de droit commun (forfaits numériques, modificateurs d’actes) pour le privé.
    • Déploiement en trois ans pour le secteur public, en priorité dans les structures déjà engagées.

    Accompagnement au changement

    • Mise en place de comités de pilotage locaux avec DSI, ingénierie biomédicale et pathologistes.
    • Formation des professionnels à la lecture des lames numérisées et à l’usage de l’IA.
    • Définition d’une stratégie nationale d’interopérabilité, potentiellement intégrée au Ségur numérique.

     

    Kammerer-Jacquet SF, Tréluyer L. Politique de numérisation de l’anatomie et cytologie pathologiques : rapport de la mission ministérielle. Paris : Ministère de la Santé et de la Prévention ; 2024.

  • La conférence nationale de l’autonomie pilotera la stratégie nationale de prévention de la perte d’autonomie

    Dans le prolongement de la loi d’adaptation de la société au vieillissement (2015), qui reconnaît l’intérêt de la prévention, s’est déroulé le 9 juillet le lancement de la première CNA, telle qu’instituée par la loi du 8 avril 2024 portant mesures pour bâtir la société du bien vieillir et de l’autonomie. Cette instance est pilotée par le ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles avec l’appui de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA).

    Des objectifs centrés sur l’efficacité

    La CNA s’est fixée quatre objectifs pour son action :

    • Mieux prévenir la perte d’autonomie par la promotion d’actions qui relèvent du quotidien (l’activité physique, la nutrition, la prévention des chutes, la lutte contre l’isolement, etc.) et dont l’efficacité est démontrée.
    • Lutter contre les inégalités d’accès aux actions de prévention, qui dépendent trop des dynamiques locales. Une politique de prévention nationale mais territorialisée doit développer l’offre dans les territoires moins bien pourvus ;
    • Coordonner les acteurs grâce à une stratégie collective. Les acteurs nationaux et les collectivités locales, présents dans les 101 commissions des financeurs de la perte d’autonomie actuellement existantes, impulsent de nombreuses actions de prévention. Celles-ci seront mieux portées par une stratégie nationale, fondée sur la science.
    • Renforcer la coordination des financements. Le constat est fait de la multiplicité des financeurs au niveau national et local et d’une dispersion des crédits alloués sans suffisamment d’évaluation de leur efficacité. Il est nécessaire de faire le bilan de ces financements et de les confronter à une évaluation rigoureuse de leur efficacité pour une éventuelle réallocation des moyens.

    Une méthode de travail rigoureuse

    Elle s’articule via les organes suivants :

    Une gouvernance nationale : La CNA, coprésidée par les ministres en charge de l’Autonomie et de la Santé, est composée de 75 membres, représentant notamment : des associations du secteur, des collectivités territoriales, des instances nationales telles que le Haut conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge, des fédérations hospitalières, des organismes de protection sociale, des organisations de salariés et d’employeurs et des personnalités qualifiées. La CNSA assure le secrétariat de la conférence.

    Des priorités stratégiques pluriannuelles 2026-2028 : Selon le décret du 8 juillet 2024 sur les modalités de mise en œuvre de la CNA, celle-ci « formule des priorités stratégiques pluriannuelles à l’attention des acteurs nationaux et locaux de la prévention de la perte d’autonomie ». Ces orientations « guident les commissions des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie (…) dans la priorisation des actions à financer », assurant ainsi le lien entre le national et le local.

    Une articulation forte avec le terrain

    Actuellement la CNSA accompagne financièrement plus de 70 projets territoriaux. Deux exemples sont mis en avant :

    • La plateforme de prévention de chute des séniors coordonnée par le pôle de Gériatrie du Centre Hospitalier Annecy-Genevois propose pour les personnes et les professionnels une sensibilisation, un repérage, une évaluation, une orientation et une coordination. Cette plateforme s’inscrira dans le plan national de prévention des chutes en cours d’élaboration.
    • Le Programme Icope, porté par l’IHU de Toulouse, expérimenté dans 9 régions avec des résultats prometteurs, est en voie de généralisation.
    • La CNA pourra orienter les financements, nationaux ou locaux, vers des actions ainsi scientifiquement validées.

    Une évaluation régulière et publique

    • Le centre de ressources et de preuve de la CNSA apportera son expertise sur la recherche scientifique du domaine et les expériences de terrain jugées pertinentes en matière de prévention.
    • Les orientations triennales seront assorties d’un socle de 10 à 15 indicateurs nationaux, proposés par le centre de ressources et de preuve de la CNSA.
    • Les orientations donneront lieu à un suivi annuel, dont les résultats seront intégrés dans les décisions budgétaires
    • Un rapport d’orientation présentera le bilan des actions, un état des lieux des connaissances scientifiques, ainsi que des préconisations. Il sera adopté à l’issue des travaux de la conférence.
    • Le gouvernement a confié une mission d’accompagnement à deux personnalités qualifiées, la Pr. Maria SOTO MARTIN professeur de médecine gériatrique et la Pr. Sandrine ANDRIEU, professeur en épidémiologie clinique, tous deux issus de l’IHU de Toulouse, pour apporter un regard indépendant, nourrir les travaux préparatoires à la CNA et contribuer à l’animation des travaux.

    La réunion d’installation de la CNA se tiendra à l’automne prochain.

     

    Décret du 8 juillet 2025 relatif aux modalités de mise en œuvre de la CNA : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051862108

     

  • Etude : une IA transforme l’ECG en outil de dépistage des maladies cardiaques (Nature)

    1 million d’ECG pour entraîner l’IA

    Valvulopathies, insuffisance cardiaque, hypertension pulmonaire… Ces maladies cardiaques structurelles touchent des millions de personnes dans le monde. Et leur prévalence est en forte hausse. Une épidémie silencieuse car par exemple, chez les + de 65 ans, plus de la moitié des cas de valvulopathies significatives passent inaperçus. L’échocardiographie est un examen fiable, mais il coûte cher et n’est pas accessible à tous.

    Afin d’identifier précocement les patients à risque de maladies cardiaques structurelles, afin de les orienter plus tôt vers des examens de confirmation comme l’échocardiographie, des chercheurs de Columbia University et du NewYork-Presbyterian ont mis au point un outil d’intelligence artificielle capable d’analyser un ECG standard. Concrètement, les chercheurs ont utilisé une base de plus de 1,2 million d’électrocardiogrammes, chacun couplé à une échographie cardiaque réalisée chez le même patient.

    Révéler des anomalies invisibles pour l’humain

    L’IA détecte 77 % des cas, contre 64 % pour les médecins

    Grâce à cette double base, l’IA nommée EchoNext a appris à reconnaître quels signaux électriques dans l’ECG sont associés à quelles anomalies structurelles (détectées à l’écho). En effet, les anomalies cardiaques comme une sténose aortique ou une insuffisance mitrale modifient subtilement l’activité électrique du cœur. Des anomalies qui échappent bien souvent à l’humain Une fois entraînée, EchoNext a été testée en conditions réelles chez 85 000 patients qui avaient passé un ECG, mais jamais d’échographie. L’IA a ainsi permis de repérer des personnes à risque de maladie cardiaque structurelle, souvent sans symptômes.

    Les résultats de cette étude sont parus le 16 juillet dans la prestigieuse revue Nature.

    Résultats : l’IA surpasse les cardiologues

    • Les chercheurs ont comparé EchoNext à 13 cardiologues sur un échantillon fixe de 3 200 ECG : l’IA a identifié 77 % des cas correctement contre 64 % pour les cardiologues
    • Dans la cohorte de 85 000 patients n’ayant jamais eu d’échographie cardiaque, l’IA a identifié plus de 7500 patients à haut risque, soit 9 % de la cohorte.
    • 55 % de ces patients à haut risque ont passé une échographie dans l’année. Près de 75 % se sont vu diagnostiquer une maladie cardiaque structurelle — deux fois plus que la moyenne observée chez les patients passés par l’échographie sans IA.

    Au vu de tels résultats, EchoNext pourrait permettre un dépistage de masse invisible grâce à un examen peu coûteux, l’ECG. Aux urgences, dans les zones sous-équipées, dans le cadre d’un deuxième avis… les applications sont multiples. L’énorme volume de données bien étiquetées explique en partie la performance de l’outil.

    « On nous a appris à l’école de médecine qu’on ne pouvait pas détecter les maladies cardiaques structurelles avec un ECG, a déclaré Pierre Elias, co-auteur de l’étude. EchoNext change la donne. EchoNext ne fait pas que prédire la maladie, il apprend à lire ce que les cliniciens ne peuvent pas voir sur un ECG. »

    Afin de favoriser le développement d’un tel type d’outils, les chercheurs mis à disposition publique les poids du modèle ainsi qu’un important jeu de données annoté, reliant les données de rythme cardiaque à des diagnostics fondés sur l’imagerie.

    https://www.nature.com/articles/s41586-025-09227-0

    * Detecting structural heart disease from electrocardiograms using AI.

    Poterucha, T.J., Jing, L., Ricart, R.P. et al.

    Nature (2025). https://doi.org/10.1038/s41586-025-09227-0