Crédit Impôt Recherchenull
Articles
-
M-santé : un code de conduite européen pour le respect de la vie privée
Un code de conduite pour le respect de la vie privée dans les applications de m-santé a été finalisé le 7 juin 2016 par la Commission Européenne et soumis à l’approbation du groupe de travail « article 29 » sur la protection des données. Une fois approuvé par ce groupe de travail indépendant, le code sera appliqué. Les développeurs d’applications pourront s’engager à en suivre les règles qui sont basées sur la législation européenne sur la protection des données.
« Le code a été rédigé dans le souci d’être facilement compréhensible par les PME et les développeurs individuels n’ayant pas forcément accès à de l’expertise légale. Son objectif est de mettre en lumière les règles de protection en matière d’applications m-santé et d’inciter les développeurs à se plier à ces règles à un niveau européen », indique la Commission Européenne sur son site Internet.
Ce code de conduite est le fruit du travail d’un groupe composé d’industriels de la santé européens, supervisé par la Commission Européenne.
12 points-clés
Les principaux points abordés par le code de conduite:
- consentement de l’utilisateur,
- informations sur l’objectif de la collecte des données et limitations,
- respect de la vie privée dès la conception (privacy by design) et par défaut ,
- droits de l’émetteur des données et informations requises,
- conservation des données,
- mesures de sécurité,
- règles concernant les publicités au sein des applications,
- utilisation des données pour des objectifs secondaires,
- divulgation des données à des tierce parties à des fins de traitement,
- transfert de données,
- les brèches dans les données personnelles,
- les données récoltées concernant des enfants.
Le résultat d’une enquête européenne menée en 2014
Un livre vert sur la santé mobile de 2014, publié par la Commission Européenne, pointait le manque de confiance des citoyens européens dans les applications mobiles.
- Les personnes ayant répondu à l’enquête considéraient que l’obtention du consentement des utilisateurs et la garantie d’une protection forte des données étaient des facteurs cruciaux dans la msanté.
- La commission Européenne a décidé en conséquence d’aider au renforcement de la confiance des utilisateurs dans les applications de m-santé, en incitant les industriels eux-mêmes à mettre en place des règles de bonnes pratiques. La commission a réuni pour cela un groupe d’industriels qui a rédigé les principales règles du code sous sa supervision.
- La possibilité de rédiger de tels codes de conduite est prévue dans l’article 27 de la directive sur la protection des données (Directive 95/46/EC). Cette possibilité existe également dans la réglementation générale sur la protection des données.
-
La première tablette qui permet de communiquer oralement après ablation des cordes vocales
Une tablette pour communiquer oralement à destination des patients ayant subi une laryngectomie totale, c’est le service que propose « Magic Voice Tablet » mise au point par l’équipe belge du CHU UCL Namur Site Godinne.
Cette tablette a été inventée par l’équipe logopédie du Centre d’audiophonologie, en accord avec l’équipe bénévole de Solival et le Centre de ressources et d’évaluation des technologies adaptées aux personnes handicapées de Namur.
Les patients intéressés sont les laryngectomisés totaux, c’est-à-dire ayant subi une ablation complète du larynx, et ceux qui ne peuvent bénéficier d’un implant phonatoire.Une tablette à trois volets
- Le premier comprend une description de la laryngectomie totale : fonctions de déglutition, respiration, voix, impactées par cette intervention accompagnés de témoignages de patients opérés.
- Le deuxième est consacré à la rééducation : vidéos de soins filmées d’autres patients « partenaires-experts » partageant les attentes spécifiques et les réalités que vivent les personnes ainsi démunies de leur voix naturelle.
- Le troisième est dédié à la communication : « Outre une foire aux questions écrite avec l’aide des patients partenaires, nous avons mis là une application appelée « Predictable », qui va sonoriser les phrases que le patient veut dire. Il comporte des phrases toutes faites ou alors d’autres que le patient aura pré-enregistrées lui-même. Elles sont sériées dans des icônes: ce que le patient va dire au médecin, à la famille, aux proches… Comme : “j’ai faim”, « j’ai mal à la tête », « je dois aller à la toilette »… » Ces phrases sont sonorisées grâce à un logiciel de sonorisation, simple d’utilisation et convivial.
Les patients dont la communication est altérée peuvent ainsi bénéficier d’un assistant à la parole personnalisable. Pendant leur temps de rééducation à l’hôpital, une dizaine de personnes ont a déjà testé la tablette, qualifiée de « petite révolution » : ils sont à nouveau audibles pour les autres.
-
eCerveau, une plate-forme pour gérer les urgences en temps réel
Optimiser l’anticipation et la gestion des situations de tension par les services d’urgence, c’est ce que permet eCerveau, le nouveau système régional d’aide à la décision et de suivi en temps réel mis en place par le GCS SESAN (Service Numérique de Santé en Île-de-France).
Cette plateforme destinée aux professionnels de santé, mise au point avec l’appui de Keyrus, acteur international dans les domaines de la Data Intelligence et du Digital, et du Conseil en Management et Transformation des entreprises, a été mise en service en septembre 2015. Elle revendiquait 170 utilisateurs en mars 2016.
De grands enjeux pour la santé publique
Améliorer les outils constitutifs du système de veille Cerveau mis en place en 2004 et créer une application mobile correspondante, telle était la mission que s’était fixé le GCS SESAN en 2012.
Keyrus a remporté l’appel d’offre en s’appuyant sur les solutions techniques IBM Datastage/Cognos/SPSS/DB2 et Liferay.« Cerveau a été créé après le dramatique épisode caniculaire de l’été 2003 », explique le Docteur François Dolveck, Directeur médical du GCS SESAN Île-de-France et parallèlement Directeur du Samu 77 et des urgences de l’Hôpital de Melun.
« Pendant cette crise sanitaire, les services d’urgences avaient été débordés, mettant en évidence l’insuffisance des outils dont nous disposions. Cette refonte devait nous apporter plus de puissance de calcul et d’analyse, une automatisation plus poussée et un accès mobile aux informations pour suivre en continu l’activité des urgences de façon à pouvoir réagir le plus tôt possible en cas de tension ou de crise. »
Un panorama précis et dynamique de l’activité des services d’urgences
eCerveau, plate plate-forme associant business intelligence classique, analyse en temps réel et analyse prédictive, se décline en un site internet et une application mobile dédiée : des tableaux de bord synthétisant les ressources hospitalières régionales et l’information de veille sanitaire sous forme de restitutions graphiques et cartographiques dynamiques offrent aux utilisateurs une compréhension immédiate des informations.
e-cerveau rassemble et concentre les informations essentielles:
- Disponibilités en lits,
- Données d’activités du Samu
- Occupation des services d’urgences
- Nombre de patients présents dans le service, dans les salles d’attente, dans les box d’examen, en salle de déchoquage
Ces informations en temps réel permettent un pilotage extrêmement fin des ressources de chaque service d’urgences, d’où une optimisation de l’orientation et de la prise en charge des patients lors des périodes de tension ou de crise.
« Au moment des attentats de Paris en novembre 2015, l’application eCerveau nous a permis de savoir rapidement où envoyer les patients qui n’étaient pas en détresse vitale. Nous l’avons utilisée pour orienter ces patients vers les structures d’urgence qui étaient en capacité de les accueillir » explique le Docteur François Dolveck.
S’étendre aux autres régions
eCerveau, actuellement opérationnelle en Ile de France, intéresse d’autres secteurs géographiques.
« L’ouverture à d’autres régions a été prise en compte dès la conception de la plate-forme, et il est prévu qu’elles puissent bénéficier de ce qui a été fait sous forme de package, sans contrepartie financière, ce qui est normal puisqu’il s’agit d’argent public », souligne François Dolveck. -
« Colloque Big Data en santé : Quels usages ? Quelles solutions ? » le 04/07/2016
Le colloque « Big data en santé : quels usages ? Quelles solutions ? », organisé par le ministère de la Santé, aura lieu le 4 juillet au Numa.
Au programme : les grandes questions posées par le big data en santé, les résultats de la consultation en ligne…
-
Dépenses de santé en ambulatoire : un surcoût de 1400 € pour les plus de 65 ans fragiles (IRDES)
Les plus de 65 ans fragiles ont dépensé en moyenne 4 000 € en ambulatoire en 2012, soit un surcoût de 1400 € par rapport aux dépenses moyennes des plus de 65 ans.
C’est ce que souligne l’analyse de l’Irdes (Institut de recherche et de documentation en économie de la santé) parue en mars 2016 dans le n°216 de Questions d’économie de la Santé.
Une incidence sur la consommation de soins
L’étude de Nicolas Sirven a été menée en appariant des données de l’Assurance maladie avec celles de l’enquête santé et protection sociale 2012. Cette dernière est menée tous les deux ans par l’Irdes afin de recueillir des données individuelles sur la santé, la couverture maladie, la situation sociale et le recours aux soins.
L’analyse des dépenses de santé dans le secteur ambulatoire montre que les plus de 65 ans fragiles dépensent en moyenne 4 000 € en 2012, soit un surcoût de 1400 € par rapport aux dépenses moyennes des plus de 65 ans.
Les écarts de dépenses se concentrent dans les soins paramédicaux, les prestations sanitaires, et le recours aux médecins généralistes, que les 65 ans et plus fragiles consultent en moyenne 9,5 fois par an, contre 5,3 fois par an pour les robustes.
« Les conséquences pour la politique publique pourraient être profondes : alors que le vieillissement de la population est une tendance de long terme difficile à modifier, l’amélioration de l’état de santé des populations vieillissantes offre des marges de manœuvre exploitables dans le plus court terme ».
Définition de la fragilité médicale
La fragilité, définie en 2011 par LP Fried sur le plan médical, est caractérisée par la présence d’au moins trois critères parmi les suivants :
- Perte de poids involontaire
- Fatigue déclarée
- Bas niveau d’activité physique
- Vitesse de marche lente
- Faiblesse musculaire
-
Intelligence artificielle : 3 mois gagnés pour anticiper les épidémies
Détecter l’ampleur d’une épidémie trois mois avant qu’elle se déclenche, c’est ce que permet l’intelligence artificielle présentée en mai 2016 par la start-up californienne AIME et qui a été testée au Brésil et en Malaisie.
Grâce à un algorithme, ce système repère le lieu de démarrage d’une épidémie du virus Zika ou de la dengue et la probabilité que ces maladies s’étendent sur des points donnés.
Le seul moyen de se prémunir contre ces épidémies était jusque-là la surveillance des insectes qui en sont les vecteurs.
Un algorithme qui utilise onze variables différentes
Plutôt que tenter de stopper une épidémie, pourquoi pas éviter sa progression en repérant les zones où elle peut prendre naissance ? C’est à partir de cette approche que la start-up AIME Inc a développé un système d’intelligence artificielle qui permet de localiser le point de départ potentiel d’une épidémie et d’indiquer la probabilité de son extension.
Cette intelligence artificielle repose sur un algorithme qui utilise onze variables différentes, comme les données météorologiques, les données sur les zones de construction, les données sur la mortalité due à des épidémies comme la dengue ou le virus Zika. Le traitement de ces données permet de localiser sur une carte avec 90% de précision dans un rayon de 400 mètres l’endroit d’où peut se, déclencher l’épidémie. Il permet aussi de prédire la probabilité d’extension géographique de la maladie.
Développer la prévention et l’information
Cette capacité de prédiction de maladies contre lesquelles il n’existe ni traitement ni vaccin permet aux responsables de territoires menacés par les épidémies de développer des stratégies de prévention et d’information des populations, selon les co-fondateurs d’AIME Inc.
-
Un algorithme pour fiabiliser les orientations en HAD
La HAS a annoncé le 10 juin 2016 travailler à l’élaboration d’un algorithme d’aide à la prescription qui facilitera l’orientation des patients hospitalisés vers l’HAD.
« Une grille de pertinence ne permet pas de tenir compte de plusieurs critères simultanément. Aussi, un algorithme d’aide à la décision d’orientation, qui indique in fine si le transfert en HAD est adapté ou non pour le patient paraît préférable », indique la HAS dans sa feuille de route, datée du 10 juin 2016 sur ces travaux.
Le constat de la HAS sur l’orientation des patients
- Les critères actuellement utilisés afin de traiter les demandes d’orientation en HAD ne sont pas assez rigoureux et insuffisamment partagés.
- Les soins en HAD sont des « soins complexes, techniques, longs, pluridisciplinaires et dispensés par divers professionnels de santé« , selon l’autorité administrative.
- Il existe 22 modes de prise en charge en HAD.
Les objectifs d’un algorithme d’orientation en HAD
- Simplifier ces critères trop complexes, mieux les adapter avec en fil conducteur les besoins en soins des patients, tout en s’appuyant sur l’expérience lyonnaise de la prise en charge de l’HAD et de non-transfert, c’est ce qu’étudie la HAS afin de conceptualiser cet algorithme.
- La HAS envisage d’utiliser simplement des critères « génériques, centrés sur les besoins de soins des patients« .
- L’algorithme fonctionnera par succession de filtres, la décision de l’admission effective restera du ressort du médecin coordinateur.
Début des tests en 2017
Pour entériner les libellés, évaluer les l’utilité et définir le type de support, l’algorithme de la HAS subira ses premiers tests début 2017, pour ensuite être diffusé en mai 2017.
Un prototype sera élaboré sur une analyse des données du PMSI et la grille de codage PMSI-HAD.
La HAS n’envisage pas de s’inspirer de modèles étrangers car « L’HAD en France se situe dans un contexte réglementaire particulier, rendant non transposables les grilles et outils d’admission développés à l’étranger« .
L’autorité compte cependant s’appuyer sur « les quelques grilles d’admission élaborées par les HAD elles-mêmes« .