30 M$ (environ 27 M€), c’est l’investissement réalisé par le fonds Hercules Capital dans Aprecia Pharmaceuticals, annoncé le 5 juillet 2016 par la société pharmaceutique spécialisée en impression 3D.
Aprecia Pharmaceuticals est à l’origine d’une technologie consistant à utiliser l’impression 3D pour la fabrication de médicaments. Cette technique a été crédibilisée en 2015 par l’autorisation de mise sur le marché par la FDA du premier médicament (un anti-épileptique pour enfant et adulte) de fabrication additive (superposition de couches de composants) par une imprimante 3D par Aprecia Pharmaceuticals,
C’est à l’université nationale de Singapour que cette innovation a été mise au point en utilisant un polymère (substance composée de macromolécules) permettant de mélanger plusieurs substances en un seul et même comprimé.
Cette technique promet de bouleverser l’industrie pharmaceutique et permettant à n’importe quel propriétaire d’imprimante 3D de fabriquer des comprimés personnalisés.
De multiples traitements seront réduits à un seul comprimé, évitant ainsi les oublis de prise et apportant des solutions aux problèmes de déglutition des personnes âgées et des enfants face à de trop grosses gélules puisque le délai d’action des substances sera techniquement « programmable ».
D’après le Leem, le marché mondial du médicament représentait 639 Md€ (706 Md$) de chiffre d’affaires en 2013 (contre 200 Md$ (180 Md€) en 1990), en croissance de 4,5 % par rapport à 2012.
Le marché américain demeure le plus important avec 38 % du marché mondial, devant les principaux marchés européens (Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni et Espagne) qui réalisent 18 % du marché mondiale, le Japon (9%) et les pays émergents (Chine et Brésil), 10 % de part de marché. La France est, en 2013, le deuxième marché européen derrière l’Allemagne.
Les chercheurs de la National University de Singapour ont élaboré une technique pour fabriquer un comprimé unique composé de plusieurs doses de différents médicaments.
Le procédé rendu possible par l’impression 3D classique et pourrait permettre aux médecins de produire eux-mêmes une pilule pour les patients soumis à un traitement multiple au quotidien, selon le CRIP.
Un comprimé unique et sur-mesure
Un polymère permet de dissoudre séparément les doses adéquates de chaque substance à horaire précis.
Le médicament ainsi fabriqué est ensuite versé dans un moule unique imprimé en 3D.
Les médecins pourraient ensuite créer un profil informatique pour chaque nouveau patients et imprimer des comprimés sur-mesure dans leur propre cabinet.
« Pendant longtemps, l’idée d’un comprimé personnalisé est restée un simple concept car il était beaucoup trop complexe ou coûteux à réaliser. Cette nouvelle méthode de fabrication de médicaments change complètement la donne. Elle est simple d’un point de vue technique, relativement peu coûteuse, et polyvalente. Elle peut être appliquée avec des paramètres individuels, afin que les spécialistes puissent produire des comprimés personnalisés à la demande pour chaque patient, mais se prête aussi à des procédés de production de masse pour les laboratoires pharmaceutiques », explique le Professeur Soh Siow Ling, de l’université de Singapour, au magazine Science Daily.
Procédé pratique
Ce concept de comprimés personnalisés tout-en-un répondant aux différentes pathologies d’un seul individu, élaborés à des doses parfaitement adaptées aux patients, permet de s’affranchir des problèmes réguliers de sous ou sur dosage.
A l’intérieur du comprimé des cloisons internes se désagrègent plus ou moins rapidement, ce qui permet le contrôle précis du moment d’action des substances.
L’opération ne nécessite qu’un processus simple :
- Saisie dans le logiciel par le praticien des doses prescrites et des horaires de prise
- Analyse des données pour le dosage du remplissage du comprimé personnalisé
- Envoi en impression 3D
Les discussions pour la commercialisation sont en cours entre les chercheurs et l’industrie pharmaceutique.