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  • La Sécurité sociale publie ses chiffres clés pour 2015

    Le rapport sur « Les chiffres clés 2015 de la sécurité sociale (édition 2016) » a été mis en ligne le 15 septembre 2016.

    Cette publication rassemble les principales données chiffrées concernant l’ensemble des branches de la Sécurité sociale (recettes, dépenses, prestations, etc.) de l’année 2015.

    Elle présente également les programmes de qualité et d’efficience et les principaux indicateurs de la performance du service public de la Sécurité sociale.

  • Collaboration entre Healthcare et InterSystems pour la production d’applications santé IoT

    La plate-forme d’interopérabilité InterSystems a annoncé le 14 septembre 2016 intégrer les systèmes RTL’S Patient Flow and Staff Workflow de Stanley Healthcare.

    Deux leaders, Stanley Healthcare en localisation et analyse de patients, et InterSystems en technologie de l’information unissent leurs expertises afin de développer des applications IoT dans le secteur des soins de santé.

    La plate-forme AeroScout Real-Time Location System (RTLS) de Stanley Healthcare offre la possibilité d’avoir accès à des données à jour sur les patients, le personnel et leur localisation ainsi que celle des appareils médicaux. Ces informations combinées avec la plate-forme d’intégration d’InterSystems la gestion des données hospitalières est optimisée dans le temps et l’espace, fournissant une meilleure vision du flux de patients et des activités du personnel soignant.

    Améliorer l’interaction entre les systèmes

    L’objectif est d’utiliser un logiciel facilitant les flux de travail cliniques laborieux et améliorant l’interaction entre les systèmes d’informations patients, personnel et équipement via de nouvelles applications connectant en temps réel les données de localisation ainsi que cliniques.

    Stanley Healthcare utilise la plate-forme InterSystems pour intégrer les dossiers électroniques de patients EMR (Electronic Medical Record). Automatiser les processus hospitaliers à travers des applications EMR et RTLS fait disparaître les doubles introductions de données et minimise les risques d’erreurs humaines. En pratique, admission, mutation et sorties des patients sont automatisées par AeroScout.

    InterSystems fournit ainsi d’importants hôpitaux, organismes nationaux gérant des réseaux de soins de santé, des fabricants d’appareils médicaux, des laboratoires et d’autres organisations qui au niveau mondial prennent en charge les soins de centaines de millions de patients.

  • Diagnostic du cancer : Sophia Genetics s’appuie sur l’intelligence artificielle

    Diagnostiquer grâce à son système d’intelligence artificielle 200 patients par jour, conduisant la médecine vers une nouvelle voie, la « data-driven medicine », c’est ce que revendique la start-up suisse Sophia Genetics dans un communiqué du 30 août 2016.

    Elle annonce proposer des solutions d’intelligence artificielle pour assister les médecins dans le soin et la prévention des maladies génomiques comme le cancer, le diabète ou la mucoviscidose.

    D’un point de vue macroscopique, rassembler les données de tous les patients permets de nourrir les bases statistiques (big data) contribuant à la lutte globale contre ces maladies basées sur une anomalie génétique.

    189 hôpitaux dont 29 français utilisent à ce jour cette solution. Son CEO et co-fondateur, Jurgi Camblong, affirme que « le traitement des données est désormais indispensables à la médecine et fournit aux médecins de nouveaux outils précieux, sans les remplacer »

    Sophia Genetics a créé un partenariat avec Devyser, pionnier des kits de diagnostic de test ADN complexe afin de simplifier les diagnostics en routine en utilisant le NGS : Next Generation DNA Sequencing. Ceci permet principalement une réduction importante du délai d’exécution de diagnostic dont la durée passe de plusieurs jours à quelques heures, permettant aux laboratoires de significativement améliorer leur efficacité et de réduire les coûts.

  • DMP : 77 % des Français souhaitent pouvoir le consulter en ligne (Sondage ODOXA)

    Près de 8 Français sur 10 interrogés sur le DMP déclarent souhaiter pouvoir le consulter en ligne. C’est un des enseignements d’un sondage Odoxa rendu public le 15 septembre 2016.

    Actuellement expérimenté dans huit territoires pilotes, le Dossier Médical Partagé (DMP) a son décret d’application depuis le 5 juillet dernier et tend à être généralisé dans toute la France d’ici la fin de l’année 2016.

    Les autres résultats marquants de cette enquête réalisée dans le cadre du Rendez-vous de l’innovation, en partenariat avec Microsoft, Stratégies, BFM-Business, 01 net et l’Usine nouvelle :

    – L’utilisation des objets connectés en santé est de plus en plus plébiscitée par les Français : plus de 8 Français sur 10 estiment que l’utilisation de ces objets connectés en santé constitue une opportunité « pour aider au maintien à domicile des personnes âgées » (83%) et « pour améliorer la prévention » (81%).

    – L’usage des objets connectés est désormais extrêmement répandu : 43% des Français et 67% des jeunes les utilisent déjà dans leur vie quotidienne

  • EDS

    Entrepôt des Données de Santénull

  • AP-HP : une charte pour l’utilisation des données de santé

    La CME de l’AP-HP a adopté le 13 septembre 2016 une charte pour l’accès et l’utilisation de l’entrepôt de données de santé (EDS).

    Ce document doit, selon l’AP-HP, « permettre la réalisation d’études de recherche non interventionnelle sur base de données et de pilotage hospitalier à partir des données de soins collectées lors de l’hospitalisation des patients ».

    La charte adoptée par la CME de l’AP-HP compte trois volets. 

    Quelles données pour quelles études

    Le premier volet précise les types d’études et leur périmètre hospitalier qui seront réalisés à partir de l’EDS :

    • les recherches non interventionnelles réalisées uniquement sur le périmètre des patients pris en charge par l’équipe de soins d’un service clinique ;
    • les recherches non interventionnelles réalisées par les équipes des professionnels de santé des plateaux médico-techniques sur le périmètre d’un établissement hospitalier (mais pas d’un groupement d’établissements) ;
    • les études multicentriques dont le périmètre porte sur plusieurs équipes ou services cliniques ou médico-techniques de plusieurs hôpitaux de l’AP-HP, voire au maximum, sur l’ensemble des patients du CHU ;
    • les études de faisabilité d’essais cliniques ;
    • les études de pilotage hospitalier par les départements d’information médicale ;
    • les études d’innovation en e-santé, d’appui à la prise de décision médicale dans le cadre d’une médecine personnalisée, prédictive, préventive et participative, mais aussi celles menées dans le cadre de l’enseignement, de la prévention des risques, etc.

    Les données supprimées en cas d’opposition du patient

    Le volet suivant traite de l’information des patients sur les données collectées, leur exploitation, leurs droits et les cas particulier de la recherche. Lorsqu’un patient s’oppose à une étude, « ses données ne sont pas intégrées à l’EDS AP-HP et ne sont pas utilisables à des finalités autres que les soins. Un patient aura la possibilité de signifier son opposition étude par étude ou pour certains types d’études En outre, dès lors qu’un patient s’oppose après son hospitalisation à l’utilisation de ses données de soins pour une étude, « toutes les données de soins » le concernant seront supprimées de l’EDS.

    Les assurances et organismes financiers exclus

    Le troisième volet expose les règles sur l’information des professionnels de santé et la publication des études réalisées à partir de l’EDS. Les demandeurs peuvent être des professionnels de santé de l’AP-HP mais aussi « sous certaines conditions » des partenaires extérieurs (établissement public à caractère scientifique et technologique, université, association, société savante, industriel, etc.), « à l’exclusion des assurances et organismes financiers ».

  • Levée de fonds de 6,7 millions d’euros pour H4D

    6,7 millions d’euros, c’est le montant de la levée de fonds finalisée par H4D le 14 septembre 2016 auprès d’Innovation Capital, Bpifrance, CNP Assurance, et son investisseur historique Atoga.

    Créé en 2008, H4D propose la cabine de télémédecine « Consult Station », qui a récemment été sélectionnée par le groupement d’achat UGAP.

  • China: a changing health system attracted to digital

    Since the deep change started in the 80s, the Chines healthcare system is facing different issues nowadays: there is a lack of access to care in remote areas, 3A hospitals are overloaded, China’s population is aging rapidly…

    The government and the industry have a keen interest in hi-technology solutions, especially telemedicine.

    China’s digital health sector generated 20 billion RMB (€ 13,3 billion) in 2014. A number expected to grow to about 3 billion (€ 2,7 billion) in 2014, according to a study published in September 2015 by the Boston Consulting Group.

    An evolving healthcare system

    1. Before 1980. Health care was free but the quality of the offer remained quite poor. Patients were referred to a public hospital depending on the severity of their problems.

    2. After 1980. The system changed because of various economic reforms launched in 1978, after the death of Mao Zedong (1976), and de-collectivization. “It was a pro -market position, Carine Milcent, research Professor CNRS – PSE and CEFC, said to H&TI. There was both a significant improvement in the health system (better quality of care, equipment and level of doctors) and a sharp increase in inequality.”

    Indeed, the transition from a collective production to a private economy had fundamentally changed the market organization:

    • Public hospitals were no longer exclusively funded by the State. The Chinese government now funds fewer than 8% of their expenditures.
      Consequences: industry professionals began to favor the pursuit of profit at the expense of quality of care; patients had to pay more.
    • People living in rural areas did not have to contribute to the community medical system anymore.
      Consequences: as they were not satisfied with the quality of care, most of them stop contributing to the system and therefore to be covered. Thus, access to care in remote areas declined.

    Current problems arising from this change:

    • Queues are getting longer in the waiting room. « As they must pay dearly anyway, creditworthy patients look for the best care practitioners: so, they go to 3A hospitals, even if they are away from their home, causing an overload of patients in these facilities, Carine Milcent said. Therefore, there is more vacant rooms in other hospitals. »
      Impact: practitioners are overloaded, patients feel they receive a sloppy consultation.
    • The cost of care increases: mainly because of overdiagnosis and oversold drugs (related to the fact that public hospitals must now finance themselves).
      Impact: access to quality healthcare is reduced for low-income people.
    • Customers patient relationship sours. Compounded by the existence of numerous bribes (hong bao), this situation results from the two aforementioned problems.

    Another big challenge: the aging population

    There were 222 million people aged 65 or above in China at the end of 2015 (16.1 % of the total population), the Ministry of Civil Affairs said on July 2016. There will be 331 million in 2050 (nearly 40% of the total population), the United Nations said.

    Consequently, the number of cancers and chronic diseases is increasing. In 2015, there were 4.3 million new cancer cases and more than 2.8 million cancer deaths in China, according to national authorities.

    The government has introduced major reforms since 2009

    The Health Care System Reform was launched full scale in 2009. An investment plan of 850 billion Yuan (€ 113 billion) is planed by Chinese government between 2009 and 2011 to set up the reform (280 billion Yuan per year, about € 37 billion).

    The main goals of this program:

    • 100% of the population insured by 2020. Chinese officials say they have 95% of the population already insured since 2014.
    • development of community care;
    • improvement of healthcare quality;
    • regulation of the access and the security of basic drugs by creating an essential drugs list;
    • modernization of public hospitals.

    World Bank urges China to deepen healthcare reform

    These developments are promoted internationally. In August 2016, World Bank suggest Chinese government to take ten years to fully implement changes. According to the international organization’s report, structural changes to China’s current healthcare system could result in cost savings equivalent to 3 per cent of GDP by 2035.

    Main goal: putting patient-centered care at the center of the system. This means a shift from an hospital-centric model to a primary care-centric model, by improving the quality of basic health services and delivers high quality care but also cost-effective health services.

    The authors of the study strongly encouraged the use of electronic tools and health data sharing.

    « The report’s recommendations (…) will contribute positively to the formation of the 13th Five-Year Plan on health reform (2016-2020). We look forward to carefully studying and applying the report’s findings, so it will help us push ahead on health reform, » Liu Yandong, Vice-Premier of the State Council of China, said in a statement.

    How eHealth can help solving China’s Healthcare challenges

    To solve the current challenges in healthcare, the government and many key players in the industry look at the eHealth sectors.

    • 1. Telemedicine is the sector which is growing most rapidly.

      Main objectives:

      • improving access to quality care in remote areas.
        The Provincial Health and Family Planning Commission (PHFPC) encourages the creation of platforms to simplify the communication between patients and practitioners.
        Example: 72 million Chinese users consulted a doctor online in 2014, said Perspectives chinoises magazine (April 2016).
      • reducing patient wait times.
        Example: All major hospitals under in Beijing will stop issuing registration tickets on site for nonemergency patients by 2017. Patients can make appointments through the Internet or mobile phone.
    • 2. The IT sector could also allow hospitals and practitioners to be more effective

    Example: 21 Chinese hospitals plan to adopt the IBM’s platform (Watson for Oncology) to help physicians deliver personalized, evidence-based cancer treatment options.

    A recent report of International Data Corporation research firm (IDC) shows that China’s healthcare IT solutions market could double by 2020 .

    3. « The connected devices market is also growing, Carine Milcent said. These products could help to monitor the elderly people at home, to remind them of their medical appointments or their medications, etc. »
    Samsung and Huawei are among the most entrepreneurial companies in this sector.

    Example: in May 2016, Huawei has signed a partnership with Visiomed Group, a French society specialized in new generation medical electronics. The first products chosen by the Chinese group for its services are: a telemedicine kit and a medical trolley (both connected).

    The underlying issues to the development of eHealth

    Several issues related to the development of China’s eHealth market are emerging:

    • The predominance of the private sector.

    Three major companies dominate the market:

      • 1. Alibaba and its online Future Hospital plan.
      • 2. Baidu and its eHealth platform to book appointments online.
      • 3. Tencent and WeChat, an application to facilitate communication between practitioners and patients.

    This oligarchic market is problematic from an ethical point of view. These private companies could be tempted to value the pursuit of profit at the expense of quality of care. For instance, in 2015, Baidu has been singled out for having put forward advertisements for unlicensed hospitals in its disease-themed forums.

    • The big data management.

    In China, the health data collection is decentralized. Each province has its own system. One of the government’s goals is to create a national electronic health records system but « this will be extremely complex to set up, » Carine Milcent said.

    There is also security, privacy, and confidentiality issues related to the sharing of health data, especially if they are partly collected by private companies such as Alibaba.

    China must now examine these different themes to continue the important transformation of its health system and, perhaps, to become one of the world leaders in the healthcare market.

  • Rentrée du Club Digital Santé le 27 septembre 2016

    La rentrée du Club Digital Santé aura lieu le 27 septembre 2016 au Monde Pharmaceutique TV autour d’une session sur « La littératie Numérique pour une meilleure relation Médecin-Patient dans la e-Santé ».

    Pour cette nouvelle Rencontre IRL (In Real Life) du Club Digital Santé une table ronde sera animée par le Dr Didier Mennecier alias Médecin Geek avec la participation entre autres de :
    – Dominique Desjeux, professeur d’anthropologie à l’université Sorbonne Paris cité (Université Paris Descartes)
    – Géraldine Ardoin, fondatrice de Patient Thinking
    – Anne Buisson, directrice adjointe à l’Association François Aupetit pour vaincre les MICI (Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin), maladie de Crohn et recto-colite hémorragique.

    Rendez-vous mardi 27 septembre à partir de 18h30 chez Le Monde Pharmaceutique TV / 7 C’s Health 198 Avenue de Verdun à Issy-Les-Moulineaux

  • Chine : un système de santé en mutation attiré par le digital

    Marqué par une profonde évolution dans les années 80, le secteur de la santé chinois doit aujourd’hui faire face à de multiples problèmes : difficulté d’accès aux soins dans les zones reculées, engorgement des hôpitaux d’excellence, vieillissement de la population…

    Des solutions apportées par les nouvelles technologies – télé-médecine en tête – sont envisagées, autant par l’État que par les professionnels du secteur, pour améliorer le système au niveau national et faire de la Chine un pays de référence dans l’industrie.

    Le marché de l’e-santé en Chine pourrait ainsi atteindre les 20 milliards de yuans (13,3 Md €) en 2020, contre 3 milliards (2,7 Md €) en 2014, anticipe une étude publiée en septembre 2015 par le Boston Consulting Group.

    Un système de santé en pleine transition

    1. AVANT 1980. L’économie chinoise repose sur les valeurs d’un système communiste. les soins sont quasiment 100 % gratuits mais la qualité de l’offre plutôt moyenne. Les patients sont dirigés vers tel ou tel hôpital public en fonction de la gravité de leur état.

    2. APRÈS 1980. Le système mue en raison de diverses réformes économiques engagées dès 1978, après la mort de Mao Zedong (1976), et la dé-collectivisation. « On entre alors dans une logique « pro-market », explique à H&TI Carine Milcent, chercheur au CNRS, professeur (affilié) au PSE et au CEFC. Il y a à la fois une amélioration très nette du système de santé (meilleure qualité des soins, des équipements et du niveau de formation des professionnels du secteur) et une forte augmentation des inégalités. »

    En effet, le passage d’une logique de production collective à une économie privée a bouleversé l’organisation de l’industrie :

    • L’État réduit de manière significative son implication dans le financement des hôpitaux publics. Il finance aujourd’hui moins de 8 % des dépenses.
      Résultats : les professionnels du secteur commencent à privilégier la recherche de profit au détriment de la qualité des soins ; les patients doivent payer plus cher.
    • Les habitants des zones rurales n’ont plus l’obligation de cotiser au système médical communautaire.
      Résultats : comme ils ne sont pas satisfaits par la qualité de l’offre de soins proposée, ils sont de moins en moins nombreux à cotiser donc de moins en moins bien couverts. L’accès aux soins dans les zones reculées décline.

    Les principaux problèmes découlant de cette évolution :

    • Les files d’attente s’allongent.
      « Comme ils doivent de toute façon payer le prix fort, les patients solvables cherchent à obtenir les meilleurs soins possibles : ils se dirigent logiquement vers les hôpitaux de niveau 3A, même s’ils sont éloignés de leur domicile, entraînant un engorgement de ces établissements, analyse Carine Milcent. Il y a donc une capacité d’accueil beaucoup plus importante dans les autres structures ».
      Conséquences : les praticiens sont surchargés, les patients bénéficient d’une prise en charge précipitée.
    • le coût des soins augmente : en raison notamment des surdiagnostics et de la survente de médicaments liés au désengagement du gouvernement dans les dépenses des hôpitaux publics, qui doivent désormais se financer par leurs propres moyens.
      Conséquences : l’accès à des soins de qualité est complexe pour les personnes à faible revenu.
    • la relation patient-client se détériore : conséquence résultant des deux problèmes précédemment cités, accentués par l’existence de nombreux dessous de table (hong bao).

    Autre défi à relever : le vieillissement de la population

    Les plus de 65 ans étaient 222 millions en Chine fin 2015 (16,1 % de la population), précise le ministère des Affaires civiles dans sa dernière étude parue en juillet 2016. Ils seraient 331 millions en 2050, soit près de 40 % de la population totale, prédit l’Onu.

    Conséquence : le nombre de cancers et de maladies chroniques est en augmentation. En 2015, 4,3 millions de nouveaux cas de cancer et plus de 2,8 millions de décès liés à cette maladie ont été recensés en Chine par les autorités.

    De profondes réformes engagées depuis 2009

    En 2009, un plan de 850 milliards de yuans (113 Md €) d’investissement est instauré par le gouvernement chinois pour mettre en place une réforme du système de santé sur trois ans (280 milliards de yuans par an, soit 37 Md € annuels).

    Les principaux objectifs de ce programme sont :

    • couvrir 100 % de la population d’ici 2020. La couverture assurance maladie a été petit à petit rétablie depuis le début des années 2000. Fin septembre 2011, 95 % des Chinois étaient couverts, indiquent les chiffres officiels ;le développement des soins de proximité ;
    • l’amélioration de l’offre de soin de qualité ;
    • l’encadrement de l’accès et de la sécurité des médicaments de base en créant une liste de produits dits « essentiels » ;
    • la modernisation des hôpitaux publics.

    Santé : la Banque mondiale incite la Chine à évoluer plus vite

    Ces évolutions sont encouragées au niveau international. En août 2016, la Banque mondiale a demandé au gouvernement chinois de faire davantage d’efforts pour réformer son système de santé. Selon l’analyse de l’organisation, l’État pourrait réduire de manière importante ses dépenses dans le secteur si des mesures stratégiques sont mises en place dès à présent.

    Objectif premier : passer d’un modèle actuellement centré sur les hôpitaux à un modèle focalisé sur les soins primaires, en améliorant la qualité des services de base et des soins de haute qualité mais aussi en proposant des services rentables.
    L’utilisation d’outils électroniques et un meilleur partage des données de santé est fortement encouragés.

    « Les recommandations du rapport (…) contribueront utilement à la formulation du 13e plan quinquennal sur la réforme de la santé (2016-2020). Nous étudierons soigneusement les conclusions du rapport et nous les appliquerons afin de faire progresser la réforme du système de santé », a déclare Liu Yandong, vice-premier ministre du Conseil des affaires de l’État chinois.

    Les solutions offertes par l’e-santé

    Pour résoudre les problèmes actuels du secteur et anticiper les évolutions futures, plusieurs solutions émanant de l’e-santé sont aujourd’hui en train d’être développées.

    • 1. Le secteur le plus exploité est pour l’instant celui de la télé-médecine.

      Objectifs premiers :

      • faciliter l’accès au soin de qualité dans les zones reculées.
        La commission de santé et de planning familial de chaque province (PHFPC) encourage la création de sites web simplifiant le lien entre patient et praticien.
        Exemple : 72 millions d’utilisateurs chinois consultaient un médecin en ligne en 2014, signale la revue Perspective chinoises.
      • réduire les files d’attentes physiques.
        Exemple : Lancé en 2011, le online booking system (OBS) sera obligatoire à Pékin d’ici janvier 2017 pour les hôpitaux de niveaux 3A. Via ce système de réservation, les patients reçoivent par SMS un code de rendez-vous après avoir entré leurs informations personnelles.
    • 2. Le secteur IT pourrait aussi permettre aux hôpitaux et praticiens d’être plus efficaces au niveau de leur organisation et de l’offre de soins proposée.

    Exemple : 21 hôpitaux chinois envisage d’adopter la plateforme d’IBM, Watson for Oncology, pour aider les médecins à personnaliser le traitement du cancer.

    Un récent rapport du cabinet d’études International Data Corporation (IDC) indique que le marché des solutions IT en Chine pourrait doubler d’ici 2020.

    • 3. « Le marché des objets connectés est aussi à observer , signale Carine Milcent. Ces produits mobiles peuvent être une manière d’accompagner à domicile les seniors, de leur rappeler leur rendez-vous médicaux, leur prise de médicaments, etc. »
      Samsung et Huawei font partie des groupes à suivre.

    Exemple : en mai 2016, le géant chinois Huawei a signé un partenariat avec Visiomed Group, spécialiste français de l’électronique médicale. Parmi les premiers produits retenus par l’entreprise : une valise de télémédecine connectée et un chariot médicalisé connecté.

    Les enjeux sous-jacents au développement de l’e-santé

    Plusieurs problématiques liées au développement du secteur de l’e-santé sur le marché chinois se dessinent :

    • La mainmise du secteur privé sur le secteur public.

    Trois géants du secteur privé dominent le marché :

      • 1. Alibaba et son projet d’hôpital du futur en ligne, le leader du marché.
      • 2. Baidu et son site dédié à la santé, un répertoire de professionnels de la santé et d’hôpitaux permettant de prendre des rendez-vous en ligne.
      • 3. Tencent avec son application We Chat, qui propose notamment une plateforme pour faciliter les échanges entre professionnels et patients.

    Cette oligarchie pose question d’un point de vue éthique : ces entités privées pourraient être tentées de valoriser la recherche de profit aux dépens d’une offre de qualité. Fin 2015, Baidu a par exemple été pointé du doigt pour avoir mis en avant des services d’hôpitaux hors licence sur des forums dédiés à la santé.

    • La gestion complexe des big data.

    En Chine, le recueil des données de santé est décentralisé. Chaque province dispose de son propre système. L’un des objectifs du gouvernement est de créer une base nationale unique mais « ce projet va être extrêmement complexe à mettre en place », observe Carine Milcent.

    Se pose également la question de la sécurité et de la confidentialité de ces données, d’autant plus si elles sont en partie confiées à des sociétés privés telles que Alibaba.

    Autant de thématiques sur lesquelles la Chine doit s’interroger dès à présent pour poursuivre le plus sereinement possible la grande révolution de son système de santé. Et, peut-être, espérer devenir l’un des leaders mondiaux du marché.