« La BPI est seule pour financer le développement de la croissance des biotechnologies », tel est le constat exprimé par Nicolas Dufourcq, directeur général de BPIfrance, lors des Rencontres Internationales de Biotechnologies organisées par BPIfrance et le Leem le 2 novembre 2016 dans les locaux de BPIfrance à Paris.
Nicolas Dufourcq a précisé que la biotech « reste peu incarnée en France ». Il souhaite que celle-ci soit davantage reconnue et a annoncé qu’une co-initiative prise avec le Leem pour « structurer une identité collective pour la biotech aussi forte que celle du digital » serait une priorité pour BPI France en 2017.
A la question « Pourquoi la Biotech est-elle quasiment absente par rapport à la French Tech ? » Nicolas Dufourcq répond :
- « En dix mois un énorme travail de communication a été fourni par BPIfrance auprès des concitoyens et à l’étranger, pour que la French Tech ne soit pas seulement assimilée au digital. » Selon le patron de la Bpi, « un travail de rebranding de l’écosystème est nécessaire. »
- « Le secteur de la Biotech française profonde est différent de celui du digital qui lui, est générationnel, alors que la Biotech concerne plutôt les hôpitaux, avec leurs codes différents, plus mixtes que le digital. »
Sur le diagnostic de la difficulté éprouvée par les start-up à passer d’un projet pilote à son industrialisation, Nicolas Dufourcq rétorque :
- » La BPI a été dotée d’un fonds large venture de 600 M€ pour répondre à ce besoin particulier, majoritairement investi en biotechnologies » mais il déplore le statut de « solitaire sur le marché » de la BPI.
Il précise que :
- » Le programme du CGI, chargé de la mise en œuvre du programme d’investissements d’avenir, sera constitué d’un fonds d’investissement français d’1,1 Mds €, ce qui n’avait jamais été fait auparavant, qu’il existe beaucoup de fonds d’amorçage, de séries A et B, que les fonds de “growth” sont débutés mais qu’au niveau politique il serait souhaitable de voir apparaître des grandes équipes de gestion privées de biotech pour réaliser des fonds de croissance. »
- » En France, il devrait y avoir 4 à 5 fonds large venture or il n’en existe actuellement que la moitié, ce qui est donc insuffisant, qu’il faut faire des efforts pour convaincre, que lorsque le public investit, le privé suit. »
- » Il n’existe aujourd’hui en France qu’une centaine de professionnels maximum dans ce domaine et qu’il faudrait qu’au moins dix éprouvent l’envie de faire du growth (fonds d’investissement de croissance), qu’un écosystème de financement de la croissance doit se mettre en place. »