Recruter plus vite et plus juste : la donnée au service de l’inclusion
La recherche clinique française, malgré son excellence académique, souffre d’un désintérêt croissant de l’industrie. Face à cette crise d’attractivité, l’intelligence artificielle pourrait bien offrir les leviers nécessaires pour refonder un modèle compétitif et agile. Le recrutement des patients constitue l’un des principaux points de friction dans la conduite des essais cliniques. Des plateformes comme Synapsis AI, Deep 6 AI ou DocMemo analysent les dossiers patients pour identifier les profils correspondant à des critères d’essais, avec un taux de précision élevé. D’autres comme AiCure assurent un suivi de l’observance thérapeutique via caméra embarquée, améliorant la qualité des données collectées.
L’approche prédictive est aussi renforcée par des outils comme GenHealth AI, qui anticipe les risques à partir de données populationnelles. ScreenACT, de son côté, facilite la mise en relation entre patients, médecins et centres investigateurs via une interface web centralisée. Des solutions comme Cline Research digitalisent aussi les processus de recrutement et de suivi, en optimisant la gestion des données d’essais.
Structurer l’information pour industrialiser la recherche
Plusieurs solutions françaises et internationales automatisent l’extraction des données hospitalières. Lifen DataLab, Aidecoro, LynxCare et Cohort360 rendent les entrepôts de données de santé (EDS) interrogeables à grande échelle, permettant de créer des cohortes multicentriques. Dans l’imagerie, Genesis, COLIBRI et Deemea permettent de transformer les données visuelles non annotées en ressources utilisables pour la recherche, en particulier dans l’oncologie. Segmed va plus loin, en fournissant des ensembles de données longitudinales et désidentifiées, prêtes à l’usage pour les essais multicentriques. D’autres outils spécialisés comme SPHERE (PACS de recherche) ou EDS-PDF et EDS-Scikit (AP-HP) facilitent l’accès et la structuration de données en formats spécifiques, comme les rapports PDF ou les modèles OMOP. Codoc (Research Hub), quant à lui, propose une exploitation avancée des comptes-rendus narratifs, renforçant l’identification de patients par phénotypage textuel. AIRISE assure un accès sécurisé aux données hospitalières tout en garantissant la conformité réglementaire.
Des protocoles plus rapides et plus intelligents
Concevoir un protocole d’essai prend souvent plusieurs mois. Des plateformes comme Trials.ai automatisent cette étape, tandis que Clinical Trial Design (Elicit) utilise les données historiques pour optimiser les paramètres clés (taille d’échantillon, critères d’arrêt, etc.). QuantHealth propose même des simulations in silico à partir de milliards de points de données cliniques et pharmacologiques, pour prédire les probabilités de succès. La médecine génomique n’est pas en reste. Jenn.AI et Alfred AI, développés par WhiteLab Genomics, permettent de concevoir des thérapies personnalisées et d’en simuler les effets avant toute expérimentation humaine. Des approches particulièrement prometteuses pour les maladies rares et l’oncologie. Des outils comme PraxyDataExtraction permettent d’automatiser le transfert des données structurées vers les CRF (Case Report Forms), réduisant les erreurs et les délais. La plateforme ADLIN Workspace complète cet écosystème en offrant un environnement collaboratif pour structurer, analyser et partager les données expérimentales.
Sécuriser les données sans freiner l’innovation
La réglementation RGPD impose des contraintes strictes à la recherche. Pour y répondre sans ralentir les essais, des startups comme Syntho, Syntheticus, Avatar ou Betterdata génèrent des jeux de données synthétiques : ils reproduisent fidèlement les propriétés statistiques des données réelles sans contenir aucune donnée personnelle. Cette technique permet non seulement de respecter la confidentialité, mais aussi de tester et entraîner des modèles IA à grande échelle, même en amont d’un accès aux données réelles. Qalita Platform, quant à elle, se concentre sur l’amélioration de la qualité des données cliniques utilisées, en assurant leur cohérence et leur traçabilité.
Veille scientifique automatisée : un nouveau réflexe pour les chercheurs
Les chercheurs doivent naviguer dans un océan de publications. Des outils comme Juisci, SciSummary, Revue de la littérature systématique, Systematic Reviews, Paper Digest ou Scite facilitent cette tâche en générant des résumés automatisés, en identifiant les contradictions dans la littérature et en produisant des revues systématiques. Medical Affairs et HEOR, développés par Elicit, accélèrent l’analyse documentaire et économique liée aux essais cliniques. SciNote, carnet de laboratoire électronique, facilite quant à lui la documentation des protocoles et le suivi des étapes expérimentales. Des plateformes comme DocSimulator vont plus loin en formant les étudiants en médecine à l’aide de simulations IA réalistes, contribuant ainsi à renforcer la qualité en amont des essais cliniques.
Structuration en cours, mais dynamique prometteuse
Des centres français comme l’Institut Curie, le CHU de Grenoble, les Hospices Civils de Lyon ou encore le CHU de Montpellier déploient déjà certaines de ces solutions. Mais l’adoption reste encore hétérogène, freinée par des silos technologiques, des budgets fragmentés ou l’absence de standards interopérables. Ksearch, une solution SaaS de collecte de données via eCRF vocalisé et NLP, illustre bien cette transition vers une recherche clinique décentralisée et plus accessible. Dell Personalized Health, de son côté, apporte une infrastructure technique robuste pour soutenir ces innovations, notamment via des capacités de calcul haute performance.

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