Nabil

  • La conférence nationale de l’autonomie pilotera la stratégie nationale de prévention de la perte d’autonomie

    Dans le prolongement de la loi d’adaptation de la société au vieillissement (2015), qui reconnaît l’intérêt de la prévention, s’est déroulé le 9 juillet le lancement de la première CNA, telle qu’instituée par la loi du 8 avril 2024 portant mesures pour bâtir la société du bien vieillir et de l’autonomie. Cette instance est pilotée par le ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles avec l’appui de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA).

    Des objectifs centrés sur l’efficacité

    La CNA s’est fixée quatre objectifs pour son action :

    • Mieux prévenir la perte d’autonomie par la promotion d’actions qui relèvent du quotidien (l’activité physique, la nutrition, la prévention des chutes, la lutte contre l’isolement, etc.) et dont l’efficacité est démontrée.
    • Lutter contre les inégalités d’accès aux actions de prévention, qui dépendent trop des dynamiques locales. Une politique de prévention nationale mais territorialisée doit développer l’offre dans les territoires moins bien pourvus ;
    • Coordonner les acteurs grâce à une stratégie collective. Les acteurs nationaux et les collectivités locales, présents dans les 101 commissions des financeurs de la perte d’autonomie actuellement existantes, impulsent de nombreuses actions de prévention. Celles-ci seront mieux portées par une stratégie nationale, fondée sur la science.
    • Renforcer la coordination des financements. Le constat est fait de la multiplicité des financeurs au niveau national et local et d’une dispersion des crédits alloués sans suffisamment d’évaluation de leur efficacité. Il est nécessaire de faire le bilan de ces financements et de les confronter à une évaluation rigoureuse de leur efficacité pour une éventuelle réallocation des moyens.

    Une méthode de travail rigoureuse

    Elle s’articule via les organes suivants :

    Une gouvernance nationale : La CNA, coprésidée par les ministres en charge de l’Autonomie et de la Santé, est composée de 75 membres, représentant notamment : des associations du secteur, des collectivités territoriales, des instances nationales telles que le Haut conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge, des fédérations hospitalières, des organismes de protection sociale, des organisations de salariés et d’employeurs et des personnalités qualifiées. La CNSA assure le secrétariat de la conférence.

    Des priorités stratégiques pluriannuelles 2026-2028 : Selon le décret du 8 juillet 2024 sur les modalités de mise en œuvre de la CNA, celle-ci « formule des priorités stratégiques pluriannuelles à l’attention des acteurs nationaux et locaux de la prévention de la perte d’autonomie ». Ces orientations « guident les commissions des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie (…) dans la priorisation des actions à financer », assurant ainsi le lien entre le national et le local.

    Une articulation forte avec le terrain

    Actuellement la CNSA accompagne financièrement plus de 70 projets territoriaux. Deux exemples sont mis en avant :

    • La plateforme de prévention de chute des séniors coordonnée par le pôle de Gériatrie du Centre Hospitalier Annecy-Genevois propose pour les personnes et les professionnels une sensibilisation, un repérage, une évaluation, une orientation et une coordination. Cette plateforme s’inscrira dans le plan national de prévention des chutes en cours d’élaboration.
    • Le Programme Icope, porté par l’IHU de Toulouse, expérimenté dans 9 régions avec des résultats prometteurs, est en voie de généralisation.
    • La CNA pourra orienter les financements, nationaux ou locaux, vers des actions ainsi scientifiquement validées.

    Une évaluation régulière et publique

    • Le centre de ressources et de preuve de la CNSA apportera son expertise sur la recherche scientifique du domaine et les expériences de terrain jugées pertinentes en matière de prévention.
    • Les orientations triennales seront assorties d’un socle de 10 à 15 indicateurs nationaux, proposés par le centre de ressources et de preuve de la CNSA.
    • Les orientations donneront lieu à un suivi annuel, dont les résultats seront intégrés dans les décisions budgétaires
    • Un rapport d’orientation présentera le bilan des actions, un état des lieux des connaissances scientifiques, ainsi que des préconisations. Il sera adopté à l’issue des travaux de la conférence.
    • Le gouvernement a confié une mission d’accompagnement à deux personnalités qualifiées, la Pr. Maria SOTO MARTIN professeur de médecine gériatrique et la Pr. Sandrine ANDRIEU, professeur en épidémiologie clinique, tous deux issus de l’IHU de Toulouse, pour apporter un regard indépendant, nourrir les travaux préparatoires à la CNA et contribuer à l’animation des travaux.

    La réunion d’installation de la CNA se tiendra à l’automne prochain.

     

    Décret du 8 juillet 2025 relatif aux modalités de mise en œuvre de la CNA : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051862108

     

  • Etude : une IA transforme l’ECG en outil de dépistage des maladies cardiaques (Nature)

    1 million d’ECG pour entraîner l’IA

    Valvulopathies, insuffisance cardiaque, hypertension pulmonaire… Ces maladies cardiaques structurelles touchent des millions de personnes dans le monde. Et leur prévalence est en forte hausse. Une épidémie silencieuse car par exemple, chez les + de 65 ans, plus de la moitié des cas de valvulopathies significatives passent inaperçus. L’échocardiographie est un examen fiable, mais il coûte cher et n’est pas accessible à tous.

    Afin d’identifier précocement les patients à risque de maladies cardiaques structurelles, afin de les orienter plus tôt vers des examens de confirmation comme l’échocardiographie, des chercheurs de Columbia University et du NewYork-Presbyterian ont mis au point un outil d’intelligence artificielle capable d’analyser un ECG standard. Concrètement, les chercheurs ont utilisé une base de plus de 1,2 million d’électrocardiogrammes, chacun couplé à une échographie cardiaque réalisée chez le même patient.

    Révéler des anomalies invisibles pour l’humain

    L’IA détecte 77 % des cas, contre 64 % pour les médecins

    Grâce à cette double base, l’IA nommée EchoNext a appris à reconnaître quels signaux électriques dans l’ECG sont associés à quelles anomalies structurelles (détectées à l’écho). En effet, les anomalies cardiaques comme une sténose aortique ou une insuffisance mitrale modifient subtilement l’activité électrique du cœur. Des anomalies qui échappent bien souvent à l’humain Une fois entraînée, EchoNext a été testée en conditions réelles chez 85 000 patients qui avaient passé un ECG, mais jamais d’échographie. L’IA a ainsi permis de repérer des personnes à risque de maladie cardiaque structurelle, souvent sans symptômes.

    Les résultats de cette étude sont parus le 16 juillet dans la prestigieuse revue Nature.

    Résultats : l’IA surpasse les cardiologues

    • Les chercheurs ont comparé EchoNext à 13 cardiologues sur un échantillon fixe de 3 200 ECG : l’IA a identifié 77 % des cas correctement contre 64 % pour les cardiologues
    • Dans la cohorte de 85 000 patients n’ayant jamais eu d’échographie cardiaque, l’IA a identifié plus de 7500 patients à haut risque, soit 9 % de la cohorte.
    • 55 % de ces patients à haut risque ont passé une échographie dans l’année. Près de 75 % se sont vu diagnostiquer une maladie cardiaque structurelle — deux fois plus que la moyenne observée chez les patients passés par l’échographie sans IA.

    Au vu de tels résultats, EchoNext pourrait permettre un dépistage de masse invisible grâce à un examen peu coûteux, l’ECG. Aux urgences, dans les zones sous-équipées, dans le cadre d’un deuxième avis… les applications sont multiples. L’énorme volume de données bien étiquetées explique en partie la performance de l’outil.

    « On nous a appris à l’école de médecine qu’on ne pouvait pas détecter les maladies cardiaques structurelles avec un ECG, a déclaré Pierre Elias, co-auteur de l’étude. EchoNext change la donne. EchoNext ne fait pas que prédire la maladie, il apprend à lire ce que les cliniciens ne peuvent pas voir sur un ECG. »

    Afin de favoriser le développement d’un tel type d’outils, les chercheurs mis à disposition publique les poids du modèle ainsi qu’un important jeu de données annoté, reliant les données de rythme cardiaque à des diagnostics fondés sur l’imagerie.

    https://www.nature.com/articles/s41586-025-09227-0

    * Detecting structural heart disease from electrocardiograms using AI.

    Poterucha, T.J., Jing, L., Ricart, R.P. et al.

    Nature (2025). https://doi.org/10.1038/s41586-025-09227-0

  • 45 % de Français souffrent de troubles du sommeil : le gouvernement lance un plan interministériel

    Perte de 1h30 de sommeil en 50 ans : le plan 2025-2026 veut inverser la tendance

    Dans le cadre de la Grande Cause nationale dédiée à la santé mentale en 2025, le ministre de la Santé et de l’Accès aux soins Yannick Neuder a présenté une nouvelle feuille de route interministérielle en faveur d’un sommeil de qualité. Ce plan 2025-2026, mobilisant de nombreux ministères, vise à promouvoir une meilleure hygiène de sommeil et à prévenir les troubles associés. Il prend acte d’un constat inquiétant : en 50 ans, les Français ont perdu 1h30 de sommeil en moyenne. En 2024, 45 % déclaraient souffrir de troubles du sommeil, dont 9 % d’apnée, et près de 70 % des adolescents ne dorment pas suffisamment.

    Le gouvernement entend ainsi répondre à une « crise du sommeil » accentuée depuis la pandémie. En agissant simultanément sur les comportements, les environnements et les pratiques professionnelles, la feuille de route 2025-2026 ambitionne de replacer le sommeil au cœur des politiques publiques de santé.

    Hygiène de sommeil, environnement, dépistage : une stratégie en cinq volets

    Cinq axes et 25 mesures 

    La stratégie repose sur cinq axes :

    • Informer et sensibiliser le public sur les durées recommandées de sommeil, via les sites institutionnels (ameli.fr, mangerbouger.fr, sante.gouv.fr) et des campagnes thématiques, notamment sur la somnolence au volant ou le bon usage des benzodiazépines.
    • Favoriser une bonne hygiène de sommeil dès l’enfance, avec des outils pratiques : nouvelles questions dans le carnet de santé, rituels culturels (chant, lecture) promus par le ministère de la Culture, ou encore paramétrage des espaces numériques de travail pour instituer une déconnexion le soir.
    • Agir sur l’environnement, avec des rénovations acoustiques, des labels « QUIET » pour créer des espaces calmes, et des recommandations pour les horaires de travail. Le monde professionnel et hospitalier est aussi ciblé via la diffusion de recommandations spécifiques.
    • Mieux repérer les troubles, avec la généralisation de l’application Jardin Mental pour le suivi personnel du sommeil, l’intégration du sommeil dans le dispositif « Mon Bilan Prévention », et des mesures pour limiter le mésusage de somnifères et de mélatonine.
    • Renforcer les connaissances, en inscrivant la thématique du sommeil dans les appels à projets de recherche publique, notamment en prévention et en lien avec la santé environnementale et la sécurité routière.

    Le plan vise à réduire les inégalités d’accès à un sommeil réparateur, en s’adressant aux enfants, aux étudiants, mais aussi aux travailleurs de nuit et aux habitants de logements exposés au bruit ou à la chaleur. Le manque de sommeil étant un facteur de risque pour de nombreuses pathologies (cardio-vasculaires, obésité, diabète, troubles psychiques), l’enjeu est autant individuel que collectif.

    Des applications numériques pour renforcer la prévention du sommeil

    Ce programme, porté par la Direction générale de la santé (DGS), associe une dizaine de ministères (Éducation, Travail, Culture, Logement, etc.), avec des pilotes identifiés pour chaque mesure. L’Assurance maladie, les ARS, l’INSV, l’ANSM et de nombreux autres acteurs de terrain sont également impliqués.

    Le numérique est également cité comme levier de promotion de la santé mentale et du sommeil, avec plusieurs dispositifs numériques intégrés à la stratégie.

    Application “Jardin Mental” (mesure 23) : Développée avec des patients et des professionnels, cette application gratuite permet de suivre quotidiennement son sommeil, son humeur et ses traitements. Elle aide les utilisateurs à mieux identifier les perturbations du sommeil et à faciliter le dialogue avec les professionnels de santé. Le site santementale-info-service.fr intégrera un journal du sommeil (mesure 2), pour sensibiliser le grand public dans le cadre d’une campagne 2025 sur la santé mentale. Le dispositif Mon Bilan Prévention (mesure 21) permet d’aborder le sommeil avec un professionnel de santé lors d’un entretien, soutenu par des outils numériques.

  • HTA : plus de 6 millions de malades qui s’ignorent, comment améliorer le dépistage en population générale ?

    • Environ 17 millions de personnes sont concernées, dont plus de 6 millions l’ignorent (54,9 % de ces hypertendus sont traités).
    • Moins de 25 % des patients hypertendus ont une pression artérielle contrôlée.
    • Le coût direct annuel de l’HTA est estimé à plus de 2 milliards d’euros (plus de 55 000 décès/an sont attribuables à l’HTA en France).
    • 40 % des patients traités ne communiquent pas leurs résultats à leur médecin (moins de 25 % des patients hypertendus ont une pression artérielle contrôlée).
    • Le dépistage repose essentiellement sur des mesures ponctuelles ou l’automesure.
    • L’Assurance Maladie prévoit un repérage automatique des patients à risque via les données du SNDS.
    • L’IA et les dispositifs médicaux numériques sont mobilisés pour améliorer le dépistage, le suivi, et l’adhésion au traitement.
    • Reco : Remplacer les campagnes ponctuelles par une prévention continue et territorialisée.
    • Reco : Financer du temps soignant pour accompagner les changements de mode de vie.
    • Reco : Équiper tous les patients hypertendus d’un tensiomètre validé et fiable.

    17 millions de Français hypertendus, mais moins d’un sur deux est traité

    L’hypertension artérielle (HTA) se caractérise par une pression du sang sur la paroi des artères trop élevée, et de façon chronique. Selon les critères définis par la Haute autorité de santé (HAS), l’HTA est confirmée lorsqu’au repos, la pression artérielle est égale ou supérieure à 140/90 mmHg lors de plusieurs mesures réalisées à distance. Elle peut être « essentielle » (dans 90 % des cas) quand aucune cause unique n’est identifiée, ou « secondaire » si elle résulte d’une pathologie rénale, endocrinienne ou respiratoire comme l’apnée du sommeil.

    En France, 17 millions d’adultes vivent avec une hypertension artérielle, dont plus de 30% sans le savoir. Environ 6 millions d’entre eux ignorent leur condition. L’HTA représente la première cause de mortalité prématurée en France (devant le tabac) et le deuxième facteur d’années de vie perdues en bonne santé. Chaque année, plus de 1,6 million de Français débutent un traitement antihypertenseur. Pourtant, seuls 25 % des patients ont une pression artérielle contrôlée, et moins d’un patient sur deux est traité.

    Une maladie fréquente, silencieuse et mal contrôlée en France

    Seuls 54,9 % des hypertendus connus sont sous traitement, et à peine 30 % atteignent les objectifs tensionnels recommandés

    L’HTA est souvent asymptomatique. Son dépistage repose sur des mesures systématiques de la tension, en cabinet ou via l’automesure. La prévalence augmente avec l’âge : elle est de 6,3 % chez les 18-34 ans contre 68,3 % chez les 65-74 ans. Le vieillissement démographique, la sédentarité, la consommation excessive, l’obésité, le stress chronique et les inégalités sociales contribuent à son extension. Les femmes, notamment après la ménopause, sont de plus en plus concernées. L’HTA non contrôlée multiplie le risque de complications : infarctus, AVC, insuffisance rénale chronique, démence. Son dépistage et son suivi sont donc essentiels. Pourtant, la part des patients diagnostiqués et traités reste inférieure à la moyenne des pays développés.

    Selon les données Esteban, environ 54,9 % des hypertendus connus sont traités, et 30 % ont une pression contrôlée. Plus de 40 % des patients traités ne sont pas observants, et près d’un sur cinq reçoit une monothérapie par bêta-bloquant, médication pourtant moins recommandée en première intention.

    Plus de 55 000 décès et 2 milliards d’euros de coûts par an en France

    En 2021, L’hypertension artérielle est à l’origine de plus de 55 000 décès en France, et de 400 000 hospitalisations complètes, représentant 6,2 millions de journées d’hospitalisation, dont plus de 3,4 millions liées à la maladie rénale chronique. Elle est également responsable de 1,15 million de cas de cardiopathie ischémique, 1,26 million de cas de maladie rénale chronique, et près de 190 000 cas de démence. Ce fardeau clinique mobilise des ressources importantes, à l’hôpital comme en soins de ville, et se traduit par un coût direct estimé à plus de deux milliards d’euros par an, en médicaments, consultations, examens et hospitalisations. À ces dépenses s’ajoutent des impacts indirects encore sous-évalués : perte d’autonomie, absentéisme, ralentissement de l’activité professionnelle, séquelles à long terme. L’analyse du Système national des données de santé (SNDS) met en évidence une charge disproportionnée chez les hommes de 55 à 74 ans, mais aussi une forte mortalité évitable avant 75 ans. La progression de la prévalence, portée par le vieillissement, la sédentarité et les inégalités sociales, laisse présager une aggravation durable du poids économique et sanitaire de l’HTA, dans un contexte où moins de 25 % des patients hypertendus ont une pression artérielle contrôlée.

    59 % seulement des hypertendus disposent d’un tensiomètre personnel

    Une prévention primaire réduite à des campagnes ponctuelles sans ancrage territorial

    Faute de programme de dépistage systématique à l’échelle nationale, le repérage précoce reste très dépendant de l’initiative individuelle du patient ou du professionnel de santé. Ce mode de détection aléatoire explique en partie le nombre élevé de diagnostics posés tardivement, souvent à l’occasion d’une complication cardiovasculaire, rénale ou neurologique.

    La stratégie de traitement de l’hypertension repose sur une double approche :

    • D’une part, la modification du mode de vie avec une réduction de la consommation de sel, l’adoption d’une activité physique régulière, une alimentation équilibrée et le sevrage tabagique ;
    • D’autre part, la prescription de traitements antihypertenseurs, souvent à vie.

    Le recours à l’automesure tensionnelle est recommandé. Pourtant, seuls 59 % des hypertendus disposent d’un tensiomètre personnel, et 40 % des patients traités ne communiquent pas leurs résultats à leur médecin. L’éducation thérapeutique, inscrite dans les recommandations de la Haute Autorité de santé, reste peu déployée dans les parcours de soins courants. En parallèle, l’adhésion aux mesures hygiéno-diététiques est inégale, faute d’un accompagnement structuré. L’éducation thérapeutique, pourtant recommandée par la HAS, est peu mise en œuvre dans la pratique courante, notamment en soins primaires.

    Dépistage, automesure, pédagogie : les pistes d’une meilleure prise en charge de l’HTA

    Renforcer la prévention de l’HTA dès 40 ans

    Le vieillissement de la population, la faible observance thérapeutique, la méconnaissance des risques et les disparités sociales et territoriales constituent des obstacles persistants. En Outre-mer, la prévalence de l’HTA dépassait 30 % en Martinique en 2021, avec une surreprésentation féminine. Ces données confirment la nécessité de renforcer les stratégies ciblées de prévention. Dans son rapport Charges et produits 2026, L’Assurance Maladie mise sur l’exploitation du Système national des données de santé (SNDS) pour automatiser le repérage des assurés à risque d’hypertension artérielle. Grâce à l’analyse croisée des données de remboursement et des profils cliniques, des alertes pourraient être adressées aux médecins traitants pour inciter à la mesure de la tension artérielle en consultation. Parallèlement, l’automesure tensionnelle est promue comme méthode pour affiner le diagnostic, en limitant les biais liés au contexte médical. L’association de cette pratique à des dispositifs de télésurveillance ou à des applications numériques permettrait un suivi plus régulier des patients, notamment en cas de suspicion d’HTA non contrôlée.

    Pistes de réflexion :

    • Intégrer la mesure de la tension artérielle dans les consultations de prévention tout au long de la vie.
    • Cibler en priorité les personnes à risque : plus de 40 ans, antécédents familiaux, comorbidités métaboliques.
    • Déployer le dépistage systématique en médecine du travail, en pharmacie, et via des campagnes de proximité.
    • Équiper les patients hypertendus d’un tensiomètre validé.
    • Former les patients et les professionnels à l’automesure selon les recommandations HAS.
    • Organiser le recueil, l’analyse et le retour d’information sur les données mesurées (via messagerie sécurisée, outils numériques).
    • Généraliser les programmes d’éducation thérapeutique du patient (ETP) en soins primaires.
    • Financer du temps soignant dédié à l’accompagnement des changements de mode de vie.
    • Intégrer des outils numériques d’aide à l’observance et au suivi thérapeutique (carnets connectés, alertes, télémonitoring).
    • Ne plus se limiter à des campagnes annuelles ponctuelles : inscrire la prévention dans la durée.
    • S’appuyer sur les CPTS, les collectivités, les associations et les acteurs de terrain pour des actions localisées et continues.
    • Promouvoir l’activité physique, la réduction du sel, le sevrage tabagique et la lutte contre le stress dès le plus jeune âge.
    • Mettre en place des outils de retour d’indicateurs aux prescripteurs (taux de contrôle tensionnel, suivi des traitements).
    • Prioriser les territoires ultramarins, ruraux et périurbains dans les politiques de prévention.
    • Financer des actions de médiation en santé pour améliorer l’accès au dépistage et au suivi.
    • Identifier l’HTA comme une priorité de santé publique au même titre que le diabète ou les cancers.
    • Mobiliser les données du SNDS pour suivre les indicateurs de dépistage, de traitement et de contrôle tensionnel.
    • Intégrer l’HTA dans tous les plans nationaux transversaux (nutrition, vieillissement, maladies cardiovasculaires).

    Prise en charge : les outils numériques validés cliniquement gagnent du terrain

    Un soutien validé pour la gestion de l’hypertension

    Les thérapies numériques et les objets connectés apportent un appui à la prise en charge de l’hypertension, en renforçant l’observance thérapeutique et la régularité du suivi à domicile. En France, l’application Noctua Care cible les patients atteints de pathologies cardiovasculaires, notamment après un syndrome coronarien aigu ou en cas d’HTA traitée. Elle propose un programme digital de 12 semaines renouvelables, articulé autour de modules éducatifs, de rappels de traitement, de conseils d’hygiène de vie et de gestion du stress, en conformité avec les recommandations européennes.

    Autre exemple, SuiviHTA, développée par Solutions Santé Digitale, est une application gratuite validée scientifiquement par la Fondation Hypertension. Recommandée par les cardiologues et conforme aux recommandations de l’ESC 2024, elle permet aux patients et aux professionnels de réaliser et d’interpréter l’automesure tensionnelle. Deux formats sont proposés : un autotest ponctuel de dépistage, dès 30 ans (ou dès 20 ans en cas de facteur de risque), et une automesure sur trois jours selon la règle des 2-2-3. L’application génère des rapports PDF, conserve les données et guide l’utilisateur dans l’utilisation correcte du tensiomètre automatique.

    Les données issues des objets connectés peuvent être transmises aux professionnels de santé via des applications. Ce flux d’informations alimente la télésurveillance, qui a démontré un bénéfice dans certaines populations spécifiques, comme les patients à HTA sévère ou les femmes enceintes. Néanmoins, l’étude TASMINH4 n’a pas montré de différence significative entre une surveillance standard et la télésurveillance dans la population générale. Le coût et les exigences réglementaires freinent une généralisation à grande échelle.

    Un dépistage incomplet et une observance fragile, l’IA redéfinit les priorités cliniques

    Trois défaillances sont identifiées dans la chaîne de soins :

    • Un dépistage incomplet,
    • Une mesure souvent imprécise (erreur dans 60 % des cas),
    • Et une observance thérapeutique insuffisante.

    L’IA permet de cibler plus efficacement les populations à risque avant même l’apparition d’une HTA avérée. Des modèles prédictifs intègrent l’âge, les antécédents familiaux et les facteurs de risque pour recommander une surveillance adaptée. D’autres outils spécifiques sont développés, notamment pour la période périnatale. La mesure oscillométrique traditionnelle reste sujette à des biais (effet blouse blanche, mauvaise technique). Une nouvelle génération de dispositifs connectés, reposant sur la photopléthysmographie et l’analyse des ondes de pouls par deep learning, permet une mesure continue, sans pression sur le bras, jusqu’à 800 fois par jour. Ces dispositifs, encore en attente de validation réglementaire, ouvrent la voie à une surveillance plus précise et moins intrusive.

    L’adhésion au traitement dépend du temps consacré à l’éducation thérapeutique, un temps contraint par la charge croissante des consultations. Des assistants numériques d’IA, enrichis de corpus scientifiques, ont été conçus pour prolonger le dialogue autour de la maladie. Le patient peut interagir avec ces interfaces sur des sujets liés au traitement, à la gestion des effets indésirables ou à ses résultats d’automesure.

    L’IA permet aussi aux professionnels d’obtenir un appui décisionnel, qu’il s’agisse d’adapter un traitement, de poser un diagnostic ou de documenter une situation clinique complexe. L’analyse automatisée de données cliniques et biologiques permet d’anticiper les déséquilibres tensionnels et d’ajuster la stratégie thérapeutique.

  • Téléconsultation : MEDADOM lance une IA génératrice de comptes-rendus médicaux

    Automatiser la rédaction des comptes-rendus médicaux

    Le 15 juillet 2025, MEDADOM a annoncé le lancement de « MEDADOM Copilot », une IA propriétaire dédiée à l’accompagnement des médecins dans la rédaction des comptes-rendus médicaux. Cette technologie transcrit en temps réel les échanges entre médecin et patient, génère automatiquement un document structuré et laisse au praticien la possibilité de modifier et valider le résultat.

    95 % des médecins satisfaits de l’IA de rédaction lancée par MEDADOM

    Développée pour alléger les tâches administratives des médecins, l’IA vise à leur permettre de consacrer davantage de temps à l’échange clinique. Les premiers retours soulignent une amélioration de la qualité et de l’homogénéité des documents produits. MEDADOM indique que plus de la moitié des professionnels ont déjà adopté le dispositif sur chaque téléconsultation, avec un taux de satisfaction de 95%.

    Après deux mois de déploiement, le modèle affiche un taux de pertinence de 90%. Une étude interne rapporte que l’outil est perçu comme plus performant, plus rapide et mieux intégré que les autres solutions du marché.

    La technologie du Copilot Medadom a été conçue par une équipe dédiée associant ingénieurs et médecins. Avec 6,5 millions de téléconsultations réalisées et plus de 5 000 dispositifs physiques déployés, MEDADOM poursuit son objectif : favoriser l’accès aux soins sur tout le territoire, notamment dans les zones sous-dotées.

  • Biologie médicale : L’Igas propose de remplacer le modèle prix-volume par un pilotage par le « juste prix »

    • 8 Md€ de dépenses publiques chaque année pour la biologie médicale (un secteur concentré entre six groupes privés).
    • 70 % des actes diagnostiques sont réalisés via la biologie médicale, représentant un marché total de près de 10 Md€.
    • 13,9 % de rentabilité en 2023 pour les laboratoires (soit 7 points au-dessus du secteur santé humaine).
    • Depuis 2010, les revenus des biologistes libéraux ont chuté de plus de 30 %, malgré la hausse des volumes d’examens (+30 %).
    • La mission recommande une régulation fondée sur un « juste prix » basé sur les coûts de production et une rentabilité cible.
    • Dès 2025, un alignement des tarifs des prélèvements permettrait une économie estimée entre 45 et 60 M€.
    • Le potentiel total d’économies identifié atteint 650 M€ à moyen terme, en plus de 150 M€ d’économies de court terme.

    Près de 8 Md€ de dépenses publiques dans un secteur fortement concentré

    La biologie médicale représente 70 % des actes diagnostiques, et un marché de près de 10 Md€, dont 8 Md€ de dépense publique. En 2023, 284 laboratoires de biologie médicale (LBM), regroupant près de 4 000 sites, sont recensés. Les trois quarts des sites appartiennent à six groupes : Biogroup, Cerba Healthcare, Inovie, Synlab, Eurofins-Biomnis et Unilabs.

    Le secteur est marqué par une rentabilité opérationnelle élevée : 13,9 % en 2023, soit sept points au-dessus du secteur « santé humaine ». En parallèle, les biologistes libéraux, majoritaires dans les LBM privés, ont vu leurs revenus chuter de plus de 30 % depuis 2010. La croissance des volumes d’examens (+30 % entre 2013 et 2024) conjuguée à une baisse de prix (de 15 à 20 %) ont permis de contenir les dépenses, mais au prix d’une pression financière forte sur les professionnels.

    L’Igas préconise la fin de la règle « n biologistes / n sites » et du contrôle des implantations par les ARS

    La réglementation, inchangée depuis l’ordonnance Ballereau de 2010, est jugée inadaptée. La règle “n biologistes / n sites” freine l’optimisation des ressources humaines. Le contrôle des implantations par les ARS se révèle inefficace face à la concurrence locale, provoquant une multiplication de sites dans les zones métropolitaines sans amélioration de l’accès aux soins. Cette expansion, coûteuse, a même conduit certains LBM à réduire horaires d’ouverture et capacité de traitement des urgences.

    La mission recommande la suppression de ces limitations : suppression du contrôle des concentrations locales par les ARS, suppression de la limite des trois zones de biologie, fin de la règle “n biologistes / n sites”. Elle préconise la mise en place d’un pouvoir d’opposition clarifié des ARS à l’ouverture de sites, conditionné à l’accessibilité du bassin de vie.

    Une régulation par le « juste prix » fondée sur les coûts réels

    Face aux limites du modèle actuel “prix-volume”, suspendu jusqu’en 2026, l’Igas recommande de basculer vers une régulation fondée sur un “juste prix” déterminé par les coûts de production et un taux de rentabilité ciblé. Ce pilotage devra viser une convergence progressive vers la rentabilité moyenne du secteur de la santé.

    Dès 2025, des mesures immédiates sont suggérées :

    • Généralisation du remboursement conditionnel des actes et prescription renforcée pour les examens sujets à surprescription (dosage vitamine D, ferritine, TSH, etc.).
    • Par ailleurs, l’alignement des tarifs des prélèvements des infirmiers salariés sur ceux des techniciens permettrait une économie estimée entre 45 et 60 M€.

    Optimisation des plateaux techniques : la biologie hospitalière ciblée

    Le rapport souligne le manque de données consolidées sur la biologie hospitalière et propose d’intégrer cette activité dans les fonctions mutualisées des GHT pour optimiser l’utilisation des plateaux techniques. Il recommande également de promouvoir les coopérations inter-établissements.

    Enfin, pour réduire les retards français, l’Igas recommande de simplifier le cadre réglementaire de la biologie délocalisée (POCT), permettant son installation hors hôpital, notamment en cabinets de médecine générale, sans responsabilité du biologiste mais sous supervision qualité.

    Un potentiel d’économies estimé à 650 M€

    Le potentiel total d’économies identifié à moyen terme avoisine 650 M€, en plus de 150 M€ d’économies à court terme. L’optimisation du maillage, la concentration des plateaux techniques et la révision du statut social des biologistes contribuent à cette perspective.

    Certaines activités, comme l’AMP ou les gardes 24/7, pourraient bénéficier d’un financement spécifique. Les sites fragiles (moins de 1 %) isolés pourraient être protégés par un dispositif financier analogue à celui des officines en zones fragiles.

    Synthèse des recommandations :

    • Supprimer la règle « n biologistes / n sites ».
    • Supprimer la limitation d’implantation dans trois zones limitrophes.
    • Supprimer le contrôle des concentrations locales par les ARS.
    • Clarifier le pouvoir d’opposition des ARS à l’ouverture de sites, fondé sur l’accessibilité du bassin de vie.
    • Organiser la continuité de l’accès à la biologie l’après-midi et le samedi.
    • Passer à une régulation des tarifs fondée sur les coûts de production et une rentabilité ciblée.
    • Viser la convergence progressive de la rentabilité du secteur vers celle du secteur santé humaine.
    • Mettre en place une prescription renforcée pour les examens à risque de surprescription.
    • Généraliser le remboursement conditionnel de certains actes.
    • Aligner les tarifs des prélèvements réalisés par les infirmiers salariés sur ceux des techniciens.
    • Mettre en conformité le statut social des biologistes travaillant en LBM sous statut non salarié.
    • Intégrer la biologie hospitalière dans les fonctions mutualisées des GHT.
    • Promouvoir les coopérations inter-établissements en biologie hospitalière.
    • Simplifier le cadre réglementaire de la biologie délocalisée (POCT).
    • Autoriser son déploiement hors hôpital, notamment en cabinets de médecine générale.
    • Définir un financement propre pour la biologie délocalisée, sans passer par les LBM.
    • Protéger les sites isolés fragiles par un soutien financier dédié.
    • Mettre en place des financements spécifiques pour les activités à coûts particuliers (AMP, 24/7).
    • Simplifier la sortie des actes innovants du financement hors nomenclature.
    • Instaurer une procédure accélérée pour l’inscription des actes innovants à la nomenclature.

     

  • Télésurveillance médicale : un référentiel éthique pour encadrer les soins numériques

    Patients, industriels, soignants : un référentiel éthique pour repenser le soin à distance

    La télésurveillance médicale a franchi un cap réglementaire en juillet 2023, mais les pratiques restaient en suspens : comment accompagner les patients dans un soin devenu partiellement algorithmisé, distribué entre acteurs médicaux et industriels ? Comment maintenir la qualité du lien thérapeutique, à distance ?

    Autant de questions qui motivent la publication d’un référentiel éthique par la Cellule éthique du numérique en santé, avec le soutien de l’Agence du numérique en santé (ANS) et de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS).

    Le rapport rappelle que la télésurveillance n’est pas une simple déclinaison numérique du soin traditionnel. Elle introduit un modèle mêlant professionnels de santé, patients, plateformes techniques et exploitants de dispositifs numériques. Ce « soin distribué » complexifie la relation soignant-soigné, entre vigilance algorithmique, gestion des alertes et décisions cliniques à distance. Le document pose une exigence : préserver la dimension humaine du soin, même lorsque la présence physique disparaît.

    Le rôle des dispositifs numériques doit rester lisible et limité dans l’accompagnement thérapeutique

    Pour répondre aux tensions éthiques identifiées sur le terrain, le rapport propose un outil d’autoévaluation et une grille de questionnement couvrant l’ensemble du parcours :

    • Information initiale du patient et recueil du consentement.
    • Traitement des données et gestion des alertes.
    • Suivi continu et arrêt éventuel du dispositif.

    Les auteurs insistent sur des points sensibles : réversibilité du consentement, rôle des sous-traitants techniques dans la gestion des données, lisibilité du dispositif par les patients, et juste place de la technologie dans l’accompagnement thérapeutique.

    Professionnels de santé et patients doivent comprendre les dispositifs avant de les utiliser

    La démarche cherche aussi à favoriser l’appropriation des outils numériques par les professionnels de santé et à prévenir la fracture numérique côté patients. Une pédagogie du soin à distance est recommandée : transparence sur le fonctionnement du dispositif, explication des limites du numérique, et vigilance face au risque de perte d’autonomie du patient face aux interfaces.

    Recommandations du rapport

    • Informer clairement le patient : Le patient doit comprendre le fonctionnement de la télésurveillance, ses objectifs, ses contraintes, et les professionnels impliqués.
    • Recueillir un consentement libre, éclairé et réversible : Le consentement du patient doit pouvoir être suspendu ou retiré à tout moment.
    • Former les professionnels et accompagner les patients : Le rapport recommande la formation des équipes à l’usage des dispositifs numériques et à l’accompagnement éthique du patient.
    • Clarifier les responsabilités entre acteurs : Le rôle de l’exploitant technique (industriel ou prestataire) dans le traitement des données et la gestion des alertes doit être strictement défini. Le professionnel de santé opérateur reste responsable du suivi médical.
    • Limiter le rôle des dispositifs techniques : Le soin algorithmisé ne doit pas remplacer le discernement clinique. Le rapport recommande de maintenir une juste distance technologique.
    • Mettre en place un suivi éthique du parcours : Une autoévaluation par étapes est recommandée : information, consentement, suivi, traitement des alertes, arrêt éventuel du dispositif.
    • Prévenir la fracture numérique : Le rapport insiste sur l’obligation d’anticiper les difficultés d’accès et d’usage des dispositifs par certains patients. Une vigilance spécifique est recommandée auprès des populations âgées ou isolées.
    • Assurer une transparence sur les traitements de données : Les patients doivent être informés de l’usage de leurs données, du rôle des acteurs techniques et des mesures de cybersécurité mises en place.

     

  • Hôpital public : 85 % des usagers satisfaits de la qualité de la relation selon un baromètre (DITP)

    24 433 usagers évaluent 19 services sur 5 critères

    Lancé par la Direction interministérielle de la transformation publique, ce baromètre évalue la qualité de 19 services publics, sur cinq critères, à partir d’une enquête menée auprès de 24 433 usagers. Réalisé entre décembre 2024 et janvier 2025 auprès de 24 433 personnes, le baromètre “volet grand public” a été confiée aux instituts Toluna, Harris Interactive et Ipsos.

    71 % des Français saluent l’accueil des services publics

    D’après les résultats, 69 % des usagers se déclarent satisfaits de leurs échanges avec les services publics au cours des 12 derniers mois. L’hôpital public arrive en tête des services les mieux notés, avec 80 % de satisfaction globale, devant l’école (81 %), la Gendarmerie nationale (78 %), France Titres (78 %) et les services des impôts (77 %). La qualité de la relation est le point le plus valorisé :

    • 71 % des usagers estiment avoir été accueillis avec respect et bienveillance.
    • Le score atteint 85 % pour les hôpitaux (84 % pour l’école, 83 % pour la Gendarmerie, 79 % pour France services, et 75 % pour la Police).

    Parmi les cinq indicateurs évalués :

    • Qualité de la relation
    • Délai de traitement
    • Facilité d’accès
    • Simplicité des démarches
    • Efficacité

    37 % des usagers jugent les démarches administratives complexes

    La simplicité des démarches est celle qui suscite le plus de critiques. Seuls 63 % jugent les démarches simples, tandis que 13 % se déclarent insatisfaits. Parmi les difficultés évoquées : des délais trop longs (26 %), un manque de clarté des informations (24 %) et la répétition des démarches auprès de plusieurs agents (24 %).

    24 % des usagers confrontés à des informations peu claires dans leurs démarches

    Pour Laurent Marcangeli, ministre en charge des services publics, ce baromètre constitue une “boussole” : il confirme l’attachement des usagers à des services performants, en identifiant les marges de progrès. Les axes d’amélioration les plus attendus concernent :

    • La lisibilité des informations.
    • L’accessibilité des services.
    • Et la réduction des délais de traitement.

    Une enquête à vocation annuelle

    Avec un échantillon dans chaque région de France métropolitaine et l’inclusion de 500 personnes en situation d’illectronisme, cette enquête vise à être reconduite régulièrement afin de suivre les évolutions perçues et guider les actions publiques en matière de qualité de service.

  • IA : les industriels pharma reconnaissent un faible niveau de préparation

    Coût, complexité, données : seuls 13 % se disent « très préparés »

    La dernière édition du rapport Digital Reality Check, réalisée par Graphite Digital, met en lumière le décalage entre l’intérêt porté par l’industrie pharmaceutique à l’IA pour améliorer les interactions avec les professionnels de santé et les patients, et son faible niveau de préparation. Sur les 100 décideurs interrogés, seuls 13 % se déclarent « très préparés » à intégrer l’IA dans ces usages.

    Les principaux freins identifiés sont liés à

    • la protection des données personnelles,
    • à la complexité d’intégration dans les systèmes existants,
    • et au coût élevé de déploiement.
    • À ces obstacles s’ajoutent les préoccupations réglementaires et le manque d’expertise interne.

    Au total, 77 % des répondants se disent seulement « partiellement préparés » à exploiter l’IA dans l’engagement client digital.

    Analyse de données, parcours patients, chatbots : les trois usages IA prioritaires dans la pharma

    Pour Michelle Killick, directrice senior de la transformation globale chez Pfizer, citée dans le rapport, cette transformation impose un changement de culture : « Il ne s’agit plus de viser la perfection dès le départ, mais d’adopter une démarche de test, d’apprentissage et d’itération. » Elle rappelle que cette technologie évolue plus rapidement que celles auxquelles l’industrie a été confrontée jusqu’ici.

    L’étude identifie les domaines où l’IA a le plus d’impact dans les interactions digitales actuelles :

    • 49 % des participants évoquent l’analyse de données et la production d’insights clients, un levier permettant de structurer des jeux de données complexes et d’en extraire des tendances.
    • Viennent ensuite la personnalisation des parcours patients (36 %).
    • et le recours aux agents conversationnels type chatbots (34 %).

    68 % des industriels pharma priorisent l’analytique dans leurs investissements IA à court terme

    Les priorités d’investissement dans les mois à venir se concentrent sur le renforcement des capacités d’analyse de données (68 %), le marketing et la publicité digitale (66 %) ainsi que la création de contenus automatisés par IA (62 %). Un focus moindre est accordé à l’expérience utilisateur et au design digital, avec seulement 26 % des répondants indiquant en faire une priorité, ce qui constitue selon Graphite Digital un potentiel non exploité.

    Pour Rob Verheul, le secteur pourrait franchir rapidement ces obstacles : « Avec la bonne orientation et une collaboration renforcée, la pharma a la capacité de dépasser les freins actuels et de proposer des expériences digitales enrichies par l’IA, réellement utiles aux patients comme aux professionnels. »

  • Qure.ai dévoile AIRA : un assistant IA pour soutenir les soins primaires sous-dotés

    Avec AIRA, Qure.ai cible les 40 % de temps perdu à la collecte manuelle des données

    La société indienne Qure.ai, spécialisée dans l’IA appliquée à l’imagerie médicale, a présenté AIRA, un nouvel outil d’assistance pour les agents de santé communautaire opérant dans des systèmes de soins primaires sous-dotés. Basé sur des modèles de langage de grande taille (LLM) entraînés avec des données provenant de pays à revenu faible ou intermédiaire, AIRA automatise plusieurs tâches : collecte des antécédents et symptômes des patients, agrégation de données populationnelles, et soutien à l’observance des protocoles cliniques.

    dans ces environnements, plus de 40 % du temps des agents de santé est absorbé par la collecte manuelle de données, sans pour autant aboutir à une vision d’ensemble exploitable au niveau populationnel. En parallèle, les projections font état d’un déficit mondial de 11 millions de professionnels de santé d’ici 2030, alors que 17 millions de décès évitables sont enregistrés chaque année dans les pays les plus vulnérables.

    Un appui à la décision et à la relation patient

    Avec AIRA, Qure.ai entend répondre à cette double problématique d’efficacité et d’accès. L’outil permettrait non seulement de délester les professionnels des tâches administratives, mais aussi d’améliorer l’application des protocoles médicaux grâce à des fonctionnalités de soutien à la décision.