Nabil

  • Chine : un plan de 2 à 3 milliards de dollars pour généraliser l’IA dans les soins primaires d’ici 2030

    Réduire les erreurs de diagnostic

    Pékin vient d’annoncer un plan stratégique national qui vise à faire de l’IA un outil systématique du diagnostic médical primaire. Doté d’un budget de 15 à 20 milliards de yuans, soit 2 à 3 milliards de dollars sur cinq ans, ce programme cible les 900 millions de citoyens chinois vivant en dehors des grands centres urbains. Le plan prévoit ;

    • une première phase pilote en 2026, impliquant 50 hôpitaux et 500 cliniques rurales ;
    • avant un déploiement progressif à l’échelle nationale ;
    • en 2027, un socle numérique unifié connectera tous les niveaux de soins ;
    • L’objectif est d’arriver, en 2030, à une généralisation du diagnostic assisté par IA dans tous les établissements de soins primaires du pays.

    Le projet vise une réduction drastique du taux d’erreurs de diagnostic en soins primaires, qui oscille actuellement entre 40 et 50 %, pour le ramener à un niveau estimé entre 15 et 20 %. Dans le domaine de l’imagerie médicale, les outils d’IA devront atteindre un taux de précision de 95 %. Cette approche est pensée pour réduire les inégalités d’accès à une expertise médicale entre zones urbaines et rurales.

    Trois domaines cliniques prioritaires

    Les applications de l’IA médicale se concentreront sur trois axes :

    • Imagerie médicale : intégration d’outils d’analyse IA dans tous les grands hôpitaux, avec une capacité à détecter plusieurs pathologies à partir d’un seul examen.
    • Soins primaires : outils de triage, préconsultation, orientation intelligente et aide à la décision déployés au niveau des cliniques de proximité.
    • Médecine traditionnelle chinoise (MTC) : développement de systèmes d’IA pour soutenir le diagnostic et la planification thérapeutique, avec une volonté de formaliser les savoirs empiriques.

    La Chine mise sur une approche “infrastructure-first”. Le plan prévoit la construction préalable d’une plateforme nationale de données de santé, connectée grâce à l’identifiant de santé unique de chaque citoyen, avant tout déploiement à grande échelle d’outils d’IA. Cette stratégie vise une mise à l’échelle rapide et coordonnée, rendue possible par la maîtrise des “rails” de données. Elle diffère avec l’Europe, en débat autour de l’Espace européen des données de santé, ou les États-Unis, fragmentés par des dizaines de systèmes de dossiers patients électroniques.

    La Chine mise sur une stratégie centralisée et encadrée par des zones pilotes

    La majorité des logiciels d’IA médicale seront classés en tant que dispositifs médicaux de classe III. Des approbations conditionnelles seront possibles via des “regulatory sandboxes”, notamment à Shanghai, Pékin et dans les zones franches de Hainan. La gouvernance des données sera encadrée par la loi PIPL (Personal Information Protection Law), impose le consentement explicite, la localisation des données et des restrictions aux transferts transfrontaliers.

    La Chine s’écarte du modèle “outil par outil” en faveur d’une stratégie centralisée fondée sur l’infrastructure et les données. Une méthode qui, selon ses promoteurs, permettrait de déployer l’IA à une échelle impossible à atteindre avec les approches actuelles en Europe ou aux États-Unis.

  • GE HealthCare et NXP misent sur l’IA embarquée pour améliorer les soins en bloc opératoire et en néonatalogie

    Une IA embarquée pour les environnements de soins critiques

    NXP Semiconductors et GE HealthCare ont dévoilé deux prototypes d’intelligence artificielle conçus pour les blocs opératoires et les unités de soins intensifs néonatals. Ces solutions reposent sur une exécution locale de l’IA, directement sur les dispositifs, qui permettent d’analyser les données en temps.

    Commande vocale pour anesthésistes et berceaux intelligents

    Le premier concept propose une interface vocale temps réel destinée aux anesthésistes. Cette commande mains libres a pour but de réduire la charge cognitive des praticiens, de limiter les erreurs humaines et de mieux gérer les alarmes. Le second dispositif, dédié aux soins néonatals, permet de détecter automatiquement les pleurs d’un nourrisson, les périodes de repos, la présence d’objets non autorisés dans le berceau, ainsi que des positions de sommeil potentiellement dangereuses comme le couchage ventral.

    Les deux outils utilisent les processeurs d’application de NXP intégrant des unités de traitement neuronal, en lien avec la boîte à outils eIQ AI Toolkit. Le traitement des données s’effectue entièrement en périphérie, sans transfert d’images hors de l’appareil. L’intelligence artificielle agentique embarquée permet d’enregistrer les événements pertinents et de générer des alertes.

    GE HealthCare insiste sur le développement d’une intelligence artificielle conçue pour assister les soignants, libérer du temps médical et renforcer le soutien au jugement clinique.Cette collaboration vise des perspectives plus larges comme la prédiction des risques, le triage automatisé ou encore les recommandations thérapeutiques personnalisées.

    L’action NXP a gagné 8 % en Bourse.

  • Note aux abonnés : Webinaire H&TI exclusif sur les chiffres 2025 des levées de fonds en santé numérique

    – 44 % en 2025, mais les montants se concentrent

    Quelles priorités pour les investisseurs ?

    En 2025, les startups françaises de la healthtech ont levé 44 % de fonds en moins qu’en 2024. Mais derrière cette baisse, on note une forte concentration des investissements, une prédominance des projets en IA, ainsi que des montants importants en oncologie.

    Ce webinaire vous donnera les clés de lecture de cette évolution du marché, en comparant les dynamiques observées ces dernières années, et en identifiant ce qu’elles traduisent des nouveaux arbitrages des investisseurs.

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    À mercredi !

    L’équipe Health&Tech Intelligence

  • HIIT 2026 : un AAC pour 24 startups HealthTech francophones en stade pré-clinique

    À retenir :

    • Programme réservé aux startups pré-cliniques francophones.
    • Candidature à déposer avant le 18 février 2026.
    • 24 places disponibles.
    • Programme gratuit, sans financement direct.
    • Visibilité et accompagnement sur le long terme via un réseau de partenaires et d’alumni.
    • Prochaine étape : lancement officiel du programme lors du HealTech Day, le 20 janvier 2026.

    Candidatures ouvertes jusqu’au 18 février

    Pour sa quatrième édition, le programme HIIT (Health Innovation Intensive Track) lance un nouvel appel à candidatures à destination des startups francophones en stade pré-clinique, spécialisées en HealthTech et MedTech. L’initiative, portée par la French Tech Grand Paris et le Digital Medical Hub (via l’AP-HP), bénéficie du haut patronage du Président de la République Emmanuel Macron et du parrainage d’Olivier Véran. Elle s’inscrit dans une logique d’accélération et de structuration d’un secteur en forte croissance, mais confronté à des défis de financement et d’accès au marché.

    Selon les projections, le marché français de la HealthTech et MedTech atteindra 37,4 milliards d’euros en 2025, avec une croissance de 21 %. Pourtant, 50 % des startups peinent à lever des fonds et plus de 2 700 entreprises recherchent activement des partenaires industriels et financiers. C’est à ce besoin que répond HIIT, en apportant accompagnement stratégique, expertise métier et opportunités de mise en réseau.

    L’appel à candidatures, ouvert depuis le 6 janvier, se clôturera le 18 février 2026. Les candidatures doivent être déposées via un formulaire en ligne. Seules les startups répondant aux critères suivants peuvent postuler :

    • Statut francophone (équipe ou entité légale).
    • Stade de développement pré-clinique.
    • Spécialisation HealthTech ou MedTech.
    • Potentiel de croissance démontré.

    Le programme sélectionnera 24 startups. Les lauréats seront annoncés officiellement lors de l’événement MedInTechs, le 9 mars 2026 au Parc Floral de Paris, en présence d’Olivier Véran.

    Cinq jours d’accompagnement intensif à Paris

    Le programme HIIT 2026 se déroulera du 18 au 22 mai 2026 à Paris. La structure pédagogique repose sur une alternance de conférences, tables rondes et retours d’expérience en matinée, et d’ateliers personnalisés en après-midi. Plus de 100 intervenants sont mobilisés. Les thématiques abordées couvriront l’ensemble des enjeux rencontrés par les startups du secteur :

    • Réglementation et conformité.
    • Financement et investissement.
    • Accès au marché et remboursement.
    • Numérique et intelligence artificielle en santé.
    • Partenariats industriels.
    • Développement commercial.
    • Propriété intellectuelle.
    • Stratégie d’innovation.

    Le programme prévoit aussi des temps de réseautage et de mentorat, incluant soirées partenaires, événements alumni et networking thématiques.

    Le programme est soutenu par un écosystème d’acteurs publics et privés, parmi lesquels le ministère de la Santé, Bpifrance, PariSanté Campus, ainsi que des fonds d’investissement comme Elaia et Sofinnova. HIIT mise sur un accompagnement de qualité et un accès privilégié à des réseaux pour favoriser la croissance des startups sélectionnées. Les lauréats bénéficieront également d’une exposition médiatique renforcée, notamment via leur annonce à MedInTechs, ainsi que d’un suivi relationnel au sein d’une communauté d’alumni.

    Tableau récapitulatif des principaux critères

    Rubrique Détails
    Dates importantes – Ouverture appel à candidatures : 6 janvier 2026
    – Clôture candidatures : 18 février 2026
    – Annonce des lauréats : 9 mars 2026 (MedInTechs)
    – Session programme : 18-22 mai 2026 (5 jours)
    – Lancement officiel : 20 janvier 2026 (HealTech Day)
    Financement / Modalités – Programme entièrement gratuit
    – Aucun financement direct du programme
    – Accès à 100+ intervenants, conférences, ateliers, réseautage
    Nature des candidats / réponses attendues Startups francophones en stade pré-clinique spécialisées en MedTech et HealthTech avec fort potentiel de croissance
    Critères d’éligibilité – Statut : Entreprise francophone
    – Stade développement : Pré-clinique
    – Secteur : MedTech / HealthTech
    – Potentiel : Forte croissance
    – Couverture : France (8 régions représentées en 2025)
    Modalités de dépôt – Plateforme dédiée : Appel à candidatures – HIIT 2026 – Airtable
    – Candidatures en ligne jusqu’au 18 février 2026
    – Sélection de 24 startups
    Critères de sélection Sélection sur base de potentiel d’innovation, stratégie de croissance et pertinence pour écosystème santé numérique (inféré)
    Modalités de mise en œuvre – Format : Session intensive 5 jours (18-22 mai)
    – Contenu : Conférences/tables rondes (matin) + ateliers personnalisés (après-midi)
    – 100+ intervenants experts
    – Accès à réseaux et écosystèmes partenaires
    – Activités de réseautage tout au long de l’année (soirée partenaires, événements networking, soirées alumni)
  • Biotechnologie : l’IA accélère la R&D, mais 55 % des projets sont freinés par la qualité des données (rapport Benchling 2026)

    Chiffres clés 

    • 89% des scientifiques interrogés utilisent l’IA comme premier réflexe pour explorer de nouvelles connaissances.
    • La moitié des organisations interrogées rapportent un raccourcissement significatif du « time-to-target », délai nécessaire pour atteindre les objectifs R&D, grâce à l’IA.
    • 42% des organisations observent déjà une amélioration des taux de succès grâce à l’usage de modèles scientifiques IA.
    • 56% des répondants anticipent une réduction des coûts R&D sous deux ans via l’automatisation par l’IA.
    • 81% des early adopters déploient déjà des modèles scientifiques IA dans leurs processus R&D.
    • 76% des équipes utilisent l’IA pour la revue de littérature et l’extraction de connaissances.
    • 71% des chercheurs plébiscitent la prédiction de structure protéique comme usage quotidien de l’IA.
    • Le reporting scientifique bénéficie d’une adoption IA à 66% pour des tâches structurées.
    • 58% des équipes intègrent l’IA dans l’identification de cibles thérapeutiques.
    • Seuls 42% adoptent la conception moléculaire générative, freinée par le manque de données intégrées.
    • L’analyse de biomarqueurs atteint seulement 40% d’usage IA avancé.
    • 55% des répondants citent la qualité des données comme principale cause d’échec des projets IA.
    • 67% des talents IA proviennent de la montée en compétences interne plutôt que de recrutements externes.

    L’héritage des systèmes de données freine la montée de l’IA

    Benchling, plateforme cloud de R&D utilisée par plus de 1 300 entreprises de biotechnologie, publie son rapport 2026 sur l’IA en biotechnologie, fondé sur une enquête menée en novembre 2025 auprès de 104 organisations biopharma actives aux États-Unis et en Europe. Le rapport analyse les usages opérationnels de l’IA dans les flux de travail scientifiques. Résultat : une adoption massive et fonctionnelle de l’IA, mais freinée par une infrastructure de données jugée inadaptée.

    Des gains mesurables dès les premières phases de recherche

    Selon l’étude, la moitié des organisations interrogées déclarent un raccourcissement significatif de leur “time-to-target”, soit le délai nécessaire pour atteindre les objectifs R&D. 56 % anticipent une réduction des coûts sous deux ans, et 42 % observent déjà une amélioration des taux de succès grâce à l’usage de modèles scientifiques. L’impact se manifeste très tôt dans le cycle de recherche, bien avant l’entrée en clinique de médicaments développés avec l’IA.

    Quatre cas d’usage dominent l’adoption quotidienne

    Revue de littérature, prédiction protéique et reporting en tête des usages IA

    Les chercheurs plébiscitent des cas d’usage pour lesquels les données sont structurées, locales et vérifiables :

    • Revue de littérature et extraction de connaissances (76 %).
    • Prédiction de structure protéique (71 %).
    • Reporting scientifique (66 %).
    • Identification de cibles (58 %).

    À l’inverse, des usages plus avancés comme :

    • La conception moléculaire générative (42 %).
    • L’analyse de biomarqueurs (40 %).
    • Ou la prédiction ADME (29 %).

    Ils peinent à se déployer, non pas à cause des modèles, mais en raison de systèmes de données fragmentés, de métadonnées absentes et d’une difficulté persistante à vérifier les résultats entre équipes.

    L’obstacle principal : la qualité et la disponibilité des données

    55 % des répondants citent la qualité des données comme principale cause d’échec ou de sous-performance des projets IA. Viennent ensuite les enjeux liés à la conformité, la sécurité et la propriété intellectuelle (50 %). Les organisations les plus avancées sont aussi celles qui déclarent avoir investi dans des fondations de données intégrées, standardisées et interopérables. 89 % des scientifiques interrogés utilisent l’IA comme premier réflexe pour explorer de nouvelles connaissances, et 77 % s’appuient sur des données externes. Pourtant, peu d’infrastructures sont conçues pour supporter ce nouveau modèle, ce qui génère frictions et inefficacités à mesure que l’adoption progresse.

    Vers un nouveau modèle organisationnel :  une productivité plus forte à chaque étape, mais des besoins d’infrastructure en mutation

    Le rapport met également en lumière l’évolution des organisations vers des équipes hybrides combinant expertise scientifique et compétences IA. La montée en compétences interne est privilégiée au recrutement, et les entreprises tendent à construire leurs propres modèles pour les fonctions différenciantes, tout en achetant des solutions standardisées pour les autres usages.

    Au lieu de se focaliser sur une seule innovation ou molécule, le rapport montre que les gains de productivité s’additionnent tout au long du cycle de R&D : amélioration de la prise de décision, réduction des délais expérimentaux, conception plus rapide. Cette dynamique redessine en profondeur les besoins d’infrastructure du secteur biotech.

    *Accéder au rapport complet : Rapport IA Biotechnologie 2026 – Benchling

  • Etude : ce que les patients attendent de l’IA médicale (JMIR)

    Jusqu’où l’IA est-elle acceptable en médecine de ville ? Le point de vue des patients

    Ils montrent que si les patients reconnaissent l’utilité de l’IA pour soutenir le travail médical, ils refusent qu’elle prenne seule les décisions médicales et exigent des garanties fortes sur la relation humaine, la gouvernance et la protection des données.

    L’intelligence artificielle s’installe rapidement dans les cabinets de médecine générale. Outils de transcription automatisée, systèmes de triage des demandes, aides au diagnostic ou dispositifs de suivi prédictif promettent de fluidifier l’activité et d’améliorer la qualité des soins. Jusqu’ici, le débat s’est toutefois largement concentré sur les performances des algorithmes, leur capacité à détecter plus tôt une pathologie ou à réduire la charge administrative des praticiens.

    Une question demeure pourtant centrale : à quelles conditions les patients acceptent-ils réellement cette transformation ? Une revue systématique publiée en novembre 2025 dans JMIR AI apporte un éclairage sur ce point. Elle montre que les patients ne rejettent pas l’IA, mais qu’ils en dessinent, souvent de manière implicite, une véritable charte de l’IA acceptable, fondée sur la primauté de la relation humaine, la responsabilité médicale et la souveraineté sur les données de santé.

    Concrètement, les auteurs ont conduit une revue systématique selon un protocole international standardisé, avec une sélection indépendante des études et des critères d’inclusion définis à l’avance, à partir d’une recherche bibliographique menée jusqu’en février 2024 dans cinq grandes bases de données internationales. Sur 1004 publications identifiées, seules six études qualitatives répondaient aux critères d’inclusion.

    Au total, 170 patients, âgés de 13 à 91 ans et issus de trois pays, ont été interrogés dans ces études au moyen d’entretiens individuels et de focus groups. Les données ont ensuite fait l’objet d’une méta-analyse thématique visant à faire émerger les grandes lignes de ce que les patients acceptent — et refusent — dans l’usage de l’IA en médecine de ville.

    Résultats : une source d’espoir et d’anxiété

    Les chercheurs ont identifié trois registres d’attentes :

    1. Comment les patients perçoivent l’IA et ce qu’ils lui reconnaissent
    • Les patients perçoivent l’IA comme potentiellement utile, en particulier pour la documentation, le triage et l’aide au diagnostic.
    • La confiance reste associée à la relation humaine, à l’écoute et à la responsabilité perçue du clinicien.
    • Certains patients voient l’IA comme un espoir dans les situations complexes, d’autres comme une source d’anxiété prédictive.

    2. Les lignes rouges d’une implémentation jugée « responsable »

    Beaucoup craignent une déshumanisation de la consultation, avec une perte d’interactions et de signaux non verbaux.

    • Les biais des données d’entraînement sont perçus comme un risque majeur d’inégalités de soins.
    • La protection des données de santé constitue une ligne rouge, notamment face aux assureurs et acteurs commerciaux.
    • Les patients souhaitent être informés lorsque l’IA intervient dans leur prise en charge.
    • Ils revendiquent explicitement un droit de refus de l’IA dans leur parcours de soins.

    3. Le rôle central du médecin et de la gouvernance

    • Ils refusent toute délégation complète de la décision médicale et exigent que le médecin reste responsable des choix cliniques.
    • Ils demandent une régulation claire, des audits, des certifications et une formation des cliniciens.
    • Aucune des études incluses n’analysait spécifiquement la perception des IA génératives et des LLMs, révélant un angle mort de la recherche.

    Cette revue montre que l’acceptabilité de l’IA en médecine de ville ne dépendra pas seulement de sa précision ou de sa rapidité, mais de la manière dont elle sera intégrée dans la relation de soin. Les patients ne réclament pas une IA toute-puissante, mais une IA « civilisée », placée sous contrôle médical, explicable et respectueuse de leur autonomie. « Les médecins doivent conserver la responsabilité et la supervision de l’usage de l’IA, car c’est cette responsabilité qui fonde la confiance, » préviennent les chercheurs.

    Pour l’écosystème HealthTech, le message est clair : la performance algorithmique ne suffira plus à créer de la valeur. Les solutions qui s’imposeront seront celles capables de démontrer leur traçabilité, leur capacité à être contrôlées, leur conformité au cadre réglementaire européen et leur aptitude à laisser une place réelle au choix du patient. En filigrane, cette étude met donc en lumière un nouvel enjeu : le futur de l’IA médicale se jouera autant sur sa gouvernance que sur son intelligence.

     

    Exploring Primary Care Patients’ Perspectives on Artificial Intelligence: Systematic Literature Review and Qualitative Meta-Synthesis

    Mundzic A, Bogdanffy R, Sundemo D, Sundvall PD, Widén J, Nymberg P, Wikberg C, Moberg A, Gunnarsson R, Entezarjou A

    JMIR AI 2025;4:e72211

    https://ai.jmir.org/2025/1/e72211

     

  • Une année 2025 de structuration réglementaire pour les usages numériques en santé

    SNDS un nouveau cadre juridique pour industrialiser les usages des données de santé en 2025

    En 2025, une série de textes reconfigurent l’usage des données de santé, l’organisation des plateformes numériques et l’industrialisation de la télésurveillance médicale, dans un contexte de forte pression sur la cybersécurité des établissements. La fin d’année est marquée par un renforcement notable du cadre juridique du Système national des données de santé (SNDS). Le décret n° 2025‑1384 du 29 décembre 2025 élargit les possibilités de traitements, de rapprochements et d’appariements, en modifiant le vieux décret n° 82‑103 du 22 janvier 1982, avec l’objectif d’outiller la décision publique, la recherche et l’évaluation des politiques de santé. Ce texte confirme la montée en puissance du SNDS.​

    Dans le même mouvement, la création d’un « registre national des cancers », via un décret de décembre 2025 adossant explicitement ce registre au SNDS, illustre la spécialisation  des usages des données de santé pour des pathologies à forte incidence. En structurant à l’échelle nationale la collecte, le chaînage et l’exploitation des données oncologiques, ce registre ouvre des perspectives en matière d’épidémiologie, de suivi des parcours, mais aussi de pilotage des autorisations et de l’offre de soins.​ Enfin, un décret du 10 décembre 2025 crée un système d’information contribuant directement au SNDS, avec une finalité d’alimentation et de réutilisation des données pour la recherche et la santé publique. Les grands systèmes métiers, au‑delà des seuls entrepôts hospitaliers, doivent s’inscrire dans un écosystème national de données unifié, avec des passerelles juridiques et techniques clairement définies.​

    FranceSport  : un décret encadre la collecte de données de santé dans un cadre médico sportif

    Parmi les décrets figure également le décret n° 2025‑407 du 7 mai 2025, relatif à la plateforme France.Sport. Derrière un intitulé sportif, ce texte installe un traitement massif de données – y compris de santé – des sportifs de haut niveau et espoirs, au service de l’optimisation de la performance, de la prévention et de l’accompagnement médico‑sportif.​ Le décret consacre un régime de « mission d’intérêt public » et de « motifs d’intérêt public important », aligné sur le RGPD, pour justifier la collecte et le partage de données très sensibles, de l’imagerie aux paramètres biologiques, en passant par la charge d’entraînement. ​

    Espace numérique de santé : un socle consolidé, en attente de décrets complémentaires

    L’espace numérique de santé se déploie aussi sur la base du décret n° 2024‑468, toujours en vigueur, qui cadre la création du compte, l’identifiant, les modalités d’alimentation et les accès. Cet ENS, articulé au dossier médical partagé et aux services numériques tiers, s’impose comme la porte d’entrée citoyenne vers les données de santé, avec des conséquences directes sur les SI hospitaliers (interopérabilité, identitovigilance, gestion des consentements).​ Le Code de la santé publique prévoit par ailleurs la publication de décrets complémentaires pour préciser certaines conditions de fonctionnement de l’ENS. Même si ces textes sont encore à consolider dans la pratique, la Doctrine du numérique en santé 2025, publiée au printemps, clarifie la feuille de route : sécurité, interopérabilité, référencement dans le catalogue de services, et articulation avec les grands règlements européens (RGPD, NIS2, eIDAS, espace européen des données de santé).

    Une série d’arrêtés structure la télésurveillance en 2025

    En matière de télésurveillance, l’année 2025 n’est pas celle d’un nouveau décret fondateur, mais celle d’une série de textes d’application qui industrialisent le modèle construit depuis le décret n° 2022‑1767 du 30 décembre 2022 et l’arrêté du 24 novembre 2023. Ces textes n° 2022‑1767 et l’arrêté de 2023 définissaient le cadre général de la prise en charge des activités de télésurveillance médicale et les grandes lignes tarifaires et organisationnelles.​

    En 2025, plusieurs arrêtés viennent inscrire de nouveaux dispositifs médicaux numériques (DMN) sur la liste de l’article L.162‑52 du Code de la sécurité sociale, comme Cureety Techcare, ou Satelia cardio fin mars également, ou encore Carelink en juillet. Pour les établissements, cela signifie une montée en charge de la télésurveillance pour les pathologies chroniques (cardiologie, oncologie, etc.), avec un élargissement du panel d’éditeurs, des flux à intégrer dans les DPI, et de nouvelles responsabilités en matière de sécurité et de continuité de service.​ Au‑delà de la technique, cette série d’inscriptions acte le passage d’un modèle expérimental (programme ETAPES) à un modèle de droit commun, structuré, négocié et piloté par les caisses. Les directions d’hôpitaux doivent désormais arbitrer entre solutions, organiser les équipes médicales et paramédicales autour du télé‑suivi, et intégrer ces trajectoires numériques dans les projets médicaux de territoire.

    Consolidation des infrastructures et gestion des risques numériques

    En arrière‑plan de ces évolutions, la cybersécurité. Un arrêté du 22 janvier 2025 vient ajuster un programme de financement destiné à renforcer la sécurité des établissements, prolongeant la logique des plans précédents : audits, segmentation, gestion des accès distants, PRA/PCA, sécurisation des postes et des applications critiques. L’enjeu n’est pas uniquement de financer de nouveaux usages, mais de consolider les infrastructures existantes pour limiter l’exposition aux rançongiciels qui ont durement frappé les hôpitaux ces dernières années.​ Dans le même esprit, un arrêté du 19 juin 2025 modifie les critères de référencement des services et outils numériques au catalogue national, durcissant les exigences en interopérabilité, sécurité, qualité et conformité aux référentiels officiels. Pour les éditeurs comme pour les établissements, le signal est : sans conformité aux référentiels de la Doctrine 2025, pas de référencement, donc pas de financement fléché ni de déploiement à grande échelle.

    Loi de financement 2026

    Enfin, la publication au Journal officiel du 31 décembre 2025 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, issue du PLFSS adopté le 16 décembre, clôt l’année réglementaire. Ce texte fixe l’ONDAM et encadre les ressources et dépenses du système de protection sociale pour l’année à venir. Il devient également le support budgétaire et juridique des orientations numériques portées par les décrets publiés en 2025 : déploiement généralisé des services socles (ENS, DMP, téléservices), conditionnement de financements à la conformité aux référentiels, intégration progressive des dispositifs médicaux numériques et de la télésurveillance dans le droit commun.

    Ces décrets et arrêtés, mis bout à bout, dessinent une régulation de plus en plus systémique : un SNDS renforcé et diversifié, des plateformes sectorielles qui préfigurent de nouveaux usages de données sensibles, un ENS qui s’impose comme guichet unique citoyen, une télésurveillance qui s’industrialise, et une cybersécurité qui devient condition de survie autant que d’éligibilité au financement.​  Pour les directeurs d’hôpitaux, ce paysage impose de revoir la hiérarchie des priorités : intégrer les projets de télésurveillance dans la stratégie médicale et financière, investir dans la gouvernance de la donnée et les DPO, renforcer les équipes SSI, et anticiper l’impact des futurs textes européens sur l’espace européen des données de santé.

     

  • Dépenses, accès, prévention : En France, la santé peine à compenser les inégalités d’accès (bilan 2025)

    Bien que la France investisse davantage que la moyenne OCDE en santé (11,5 % du PIB), elle consacre moins à la prévention (2,3 % des dépenses), et peine à répondre à certains besoins en soins non satisfaits.

    Etat de santé des Français : des résultats globalement meilleurs que la moyenne OCDE

    L’édition 2025 du Panorama de la santé de l’OCDE positionne la France au-dessus de la moyenne sur 6 des 10 indicateurs clés liés à l’état de santé et aux facteurs de risque. L’espérance de vie atteint 83 ans, soit 1,9 an de plus que la moyenne OCDE. Les mortalités évitables (114 pour 100 000) et par traitement (48 pour 100 000) y sont également inférieures à la moyenne. En revanche, certains indicateurs sont moins favorables : le taux de suicide s’élève à 13 pour 100 000 habitants (contre 11 en moyenne OCDE) et près de 10 % des Français estiment être en mauvaise ou très mauvaise santé (contre 8 % dans l’OCDE).

    La France affiche une prévalence du tabagisme de 23,1 %, nettement supérieure à la moyenne OCDE de 14,8 %. La consommation d’alcool y est également plus élevée (10,4 litres/hab. vs 8,5). En revanche, la part d’adultes physiquement inactifs (27 %) et l’obésité autodéclarée (14 %) restent inférieures à la moyenne.

    Des marges d’amélioration dans l’accès et la qualité des soins

    Le pays se distingue par une couverture universelle des soins de base, alors que la moyenne OCDE est de 98 %. Elle dépasse également la moyenne pour la part des dépenses couvertes par le prépaiement obligatoire (84 % contre 75 %). Cependant, 4,1 % des Français déclarent des besoins médicaux non satisfaits, au-dessus de la moyenne OCDE (3,4 %). De plus, seulement 60 % des Français se disent satisfaits de la disponibilité des soins de qualité (contre 64 % en moyenne). En matière de qualité des soins, les résultats sont contrastés : la vaccination DTC des enfants atteint 96 % (au-dessus de la moyenne), mais le dépistage du cancer du sein concerne seulement 47 % des femmes (contre 55 %). La prescription d’antibiotiques reste élevée.

    11,5 % du PIB pour la santé, un investissement important, une prévention encore marginale

    Avec 7 367 euros par habitant, la France figure parmi les pays les plus dépensiers en santé (OCDE : 5 967 euros ). Cette dépense représente 11,5 % du PIB, soit plus de deux points au-dessus de la moyenne. Malgré cet effort, la part consacrée à la prévention reste modeste (2,3 % des dépenses de santé, contre 3,4 % dans l’OCDE). La France dispose d’un nombre moyen de médecins (3,9 pour 1 000 habitants), mais moins d’infirmiers (8,8 pour 1 000 contre 9,2) et surtout de personnel en soins de longue durée pour les plus de 65 ans (2,8 pour 100 personnes âgées contre 5 dans l’OCDE).

    Plus de lits, mais moins de dispositifs d’imagerie

    Le pays dispose de 5,4 lits d’hôpital pour 1 000 habitants, au-dessus de la moyenne OCDE (4,2). Toutefois, avec 44 équipements d’IRM, TDM ou TEP par million d’habitants, la France reste en deçà des 51 appareils en moyenne dans les pays de l’OCDE. Autre indicateur en retrait : la part des médicaments génériques dans le marché pharmaceutique est de 42 %, contre 56 % dans l’OCDE.

    Un adulte sur cinq dort moins de 6 heures par nuit, un tiers souffre d’insomnie

    L’édition 2024 du Baromètre de Santé publique France met en évidence des usages encore éloignés des recommandations de santé, et des disparités marquées selon les profils sociaux et économiques. Un peu plus d’un adulte sur cinq (22 %) déclare avoir dépassé, au cours des 7 derniers jours, les repères de consommation à moindre risque définis par Santé publique France. Le tabagisme quotidien concerne 17 % des adultes. La prévalence varie fortement selon l’âge : elle culmine à 22 % entre 40 et 59 ans, puis diminue chez les plus âgés. Les hommes (20 %) fument davantage que les femmes (15 %). Le temps de sommeil moyen est de 7h32 par 24h (siestes comprises), stable quel que soit le sexe. Cependant, 33 % des personnes se plaignent d’insomnie (difficultés d’endormissement ou réveils nocturnes), et 21,5 % sont considérées comme des « courts dormeurs » (≤ 6 h/nuit). Un peu plus d’un quart des adultes (28 %) déclarent passer plus de 7 heures par jour en position assise, en dehors du sommeil. Les étudiants sont les plus concernés (53,5 %), suivis des cadres (48,5 %).

    Ce comportement sédentaire est plus fréquent parmi les personnes diplômées du supérieur (43 %), et celles déclarant une situation financière aisée (39 %), ce qui traduit une sédentarité davantage liée aux modes de vie professionnels et sociaux favorisés. Quatre adultes sur dix déclarent pratiquer régulièrement une activité physique de loisir. Les hommes (42 %) sont légèrement plus actifs que les femmes (39 %), avec un pic chez les 18-29 ans (44 %) et une baisse progressive avec l’âge. L’adhésion globale à la vaccination reste élevée (80 %), en progression par rapport à 2005 (61 %). Toutefois, 37 % des répondants expriment une opposition à certaines vaccinations. La Covid-19 concentre le plus de réticences (25 %), suivie de la grippe (7 %) et des hépatites (2 %). Plus d’un quart (28 %) des personnes interrogées déclarent avoir été exposées à au moins un événement climatique extrême au cours des deux dernières années (canicule, tempête, feu de forêt, inondation, sécheresse). Parmi elles, 37 % rapportent en avoir souffert physiquement (fatigue, maux de tête, vertiges), et 25,5 % psychologiquement. 71 % des personnes anticipent une nouvelle exposition d’ici deux ans, dont la majorité redoute des impacts sur leur santé mentale ou physique.

    Santé mentale : 16 % des adultes ont connu un épisode dépressif en 2024, plus de la moitié sans recours aux soins

    Selon les résultats du Baromètre 2024 de Santé publique France, 16 % des adultes âgés de 18 à 79 ans ont connu un épisode dépressif caractérisé (EDC) au cours des douze derniers mois. Le phénomène touche particulièrement les jeunes adultes (22 % des 18-29 ans), les femmes (18 % contre 13 % des hommes), les personnes en situation de précarité financière (28 % contre 9 % chez celles à l’aise financièrement), ainsi que les chômeurs (25 %), les inactifs (24 %) et les étudiants (22 %). Malgré cette prévalence, 56 % des personnes concernées n’ont pas consulté de professionnel de santé ou de santé mentale. Les principaux freins identifiés sont le coût des consultations, la crainte de la stigmatisation, ainsi que le manque d’information sur les ressources existantes, comme le révèle également une enquête CoviPrev. Aussi, les données de l’enquête EpiCov, met en évidence une augmentation des pensées suicidaires dans la population entre 2020 et 2022.

    Sur la même période, les recours aux spécialistes progressent : 6 % des adultes ont consulté un psychologue (+2 points) et 3 % un psychiatre (+1 point), tandis que les consultations de médecine générale pour motif psychologique reculent (5 %, -2 points). Les psychologues deviennent le principal recours en santé mentale. Au total, 11,4 % de la population ont eu recours à un professionnel de santé pour un motif psychologique entre l’été 2021 et l’automne 2022.

    L’étude souligne la persistance et l’amplification d’inégalités face à la santé mentale. Elle alerte sur la concentration de facteurs de risque chez certaines populations, notamment les jeunes femmes, et appelle à renforcer les actions de prévention ciblées et les réponses adaptées dans le système de soins.

    Ce changement a eu un effet sur les délais d’accès : le pilotage des projets est désormais plus fluide, avec une visibilité sur les temps de traitement. Des indicateurs ont été mis en place pour affiner le suivi, selon la typologie des projets. Le concentrateur, accessible via un portail web, permet également aux établissements de santé de gérer des projets multicentriques et de suivre l’avancement des traitements de leurs données. L’usage du concentrateur s’inscrit dans un travail d’industrialisation des processus du HDH, mené avec la CNAM et le ministère de la Santé. L’objectif est de simplifier les démarches administratives et de clarifier les procédures d’accès et de réutilisation. Dans ce cadre, le HDH contribue également à l’analyse d’impact du règlement européen EHDS sur les fonctions des organismes d’accès aux données de santé (HDABs).

    Outre la base principale, le HDH poursuit l’enrichissement du catalogue du SNDS, qui comptera 22 bases début 2025. Parmi elles, 12 nouvelles sources ont été validées par la CNIL en février 2025, dont P4DP (entrepôt de médecine de ville), EPICOV, ESME ou BNDMR. Le Hub travaille également à l’intégration des métadonnées selon le standard européen HealthDCAT-AP et au format OMOP-CDM pour améliorer l’interopérabilité à l’échelle européenne.

    Capacités hospitalières : 45 500 lits supprimés depuis 2013 mais un repli compensé par l’essor de l’hospitalisation partielle

    En 2024, 2 965 entités géographiques disposaient de capacités d’accueil en France, regroupant 367 300 lits en hospitalisation complète et 91 200 places en hospitalisation partielle. Le nombre d’établissements de santé reste stable : 1 330 hôpitaux publics, 655 établissements privés à but non lucratif, et 980 cliniques privées. Les établissements publics concentrent 61 % des lits et 51 % des places. La baisse du nombre d’entités observée depuis 2013 (-5 %) s’explique principalement par les réorganisations dans le secteur public (-6,3 %).

    La diminution des lits en 2024 est principalement portée par les hôpitaux publics (-1 100 lits) et les cliniques privées (-1 000), tandis que les établissements privés à but non lucratif en gagnent 100. Cette contraction s’explique par les évolutions organisationnelles et les tensions en personnel. Depuis 2013, 45 500 lits ont été supprimés (-11 %). En parallèle, le nombre de places en hospitalisation partielle continue d’augmenter (+3,1 % en 2024, après +4 % en 2023), tiré notamment par les hôpitaux publics en MCO (+5,6 %) et les cliniques privées en moyen séjour (+8,4 %).

    237 200 médecins en activité, un exercice de plus en plus mixte

    La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques recense 237 200 médecins en activité au 1er janvier 2025, soit une hausse de 1,6 % par rapport à l’année précédente. Cette progression s’inscrit dans une tendance longue : +9,9 % depuis 2012, en partie grâce à l’augmentation du numerus clausus entre 2000 et 2020 et à la montée en charge des médecins diplômés à l’étranger, désormais 11 % contre 7 % en 2012. Après six années de baisse continue, le nombre de médecins généralistes repart à la hausse : +1 % en un an, avec 100 000 praticiens recensés début 2025. Ce retournement est à mettre en perspective avec les effets de la création de nouvelles spécialités comme la médecine d’urgence ou l’allergologie en 2017, qui avaient contribué à reclasser une partie des généralistes. Les médecins de spécialités hors médecine générale sont désormais 137 200. Les psychiatres forment le premier contingent (16 000), suivis des chirurgiens (14 300), des anesthésistes-réanimateurs (13 500) et des spécialistes médico-techniques (13 200).

    Mon espace santé : 17 millions d’activations en trois ans, mais les associations appellent à accélérer

    Trois ans après son lancement, Mon espace santé compte 17 millions de comptes activés, soit plus d’un Français sur quatre. L’année marque une accélération : 6,5 millions de nouveaux utilisateurs, 2,5 millions de connexions mensuelles et 5 millions de téléchargements de l’application mobile, dont la moitié des usagers sont actifs d’un mois sur l’autre. Ce dynamisme s’explique par la généralisation du dépôt automatisé des documents médicaux : 300 millions de fichiers ont été intégrés à la plateforme, et 12 millions de personnes en ont consulté au moins un sur l’année. Chacun peut visualiser l’historique des accès, gérer les autorisations et consulter ses documents.

    France Assos Santé, qui salue les avancées de l’année écoulée, appelle néanmoins à un renforcement rapide du service. La fédération pointe les freins techniques, mais surtout le manque d’appropriation par les professionnels de santé, dont les usages restent limités par des contraintes organisationnelles.

    L’association relaie plusieurs recommandations issues du Comité citoyen de la Délégation ministérielle du numérique en santé, notamment :

    • Permettre la délégation d’accès à un aidant de manière encadrée.
    • Enrichir les contenus de prévention ciblée.
    • Rendre l’espace unifié de gestion des droits sur les données plus lisibles, notamment pour la recherche.
    • Clarifier les rubriques dédiées aux directives anticipées et à la désignation d’une personne de confiance.

    Santé publique France ouvre Odissé, un portail open data pour accéder à plus de 90 indicateurs de santé

    Le 2 décembre 2025, Santé publique France a mis en ligne Odissé, son nouveau portail open data. Il regroupe l’ensemble des indicateurs produits par l’agence à partir de plus de 70 systèmes de surveillance, d’enquêtes, et de son expertise scientifique. Conçu comme un outil de diffusion, Odissé permet d’explorer des données couvrant environ 90 pathologies ou déterminants de santé, en France métropolitaine comme dans les territoires ultramarins. Ces indicateurs concernent des thématiques variées : maladies chroniques ou infectieuses, santé environnementale, santé au travail ou encore comportements à risque (tabac, alcool, etc.). Certains sont accessibles jusqu’au niveau intercommunal (EPCI), permettant des analyses territorialisées fines.

    Odissé se veut accessible à une grande diversité d’utilisateurs : professionnels de santé publique, chercheurs, décideurs, collectivités, journalistes ou citoyens. Il remplace Géodes, lancé en 2019, en proposant une ergonomie améliorée, un moteur de recherche enrichi par intelligence artificielle et des outils d’export avancés. Santé publique France accompagne ce lancement de deux tutoriels vidéo pour faciliter la prise en main selon les profils d’usage. L’ouil intègre une API facilitant l’extraction et l’intégration des données dans des projets de recherche ou d’analyse indépendants. L’objectif : encourager la réutilisation massive et structurée de données actualisées, fiables et documentées.

  • Lifen rachète Curecall pour compléter sa gamme

    Lifen complète sa suite e-santé avec Curecall, spécialisée dans le suivi automatisé par SMS

    Selon le communiqué daté du 5 janvier, Lifen étend ainsi son activité à la communication avec les patients, avec l’objectif “personnaliser leur accompagnement médical, en amont et en aval de leur épisode de soin”. Créée en 2015 et comptant plus de 160 salariés, Lifen affirme que son “système d’interopérabilité” est déjà déployé dans plus de 800 établissements. Fondée en 2020, Curecall revendique 30 établissements de santé utilisateurs de sa ” plateforme conversationnelle” pour le suivi d’un million de patients. Le montant de l’opération n’a pas été rendu public.

    Les méthodes d’interaction avec les patients “sont largement artisanales, chronophages et énergivores pour les équipes de soins”, explique Lifen. L’objectif de la solution de Curecall est de faire gagner du temps aux équipes et de faciliter le suivi, grâce à la communication par SMS: “informer le patient, le préparer avant et pendant son séjour, le convoquer à la bonne heure, assurer son suivi post-opératoire ou favoriser son observance thérapeutique”.

    Curecall vient compléter la gamme de solutions de Lifen, qui propose déjà le partage sécurisé de documents (Lifen Documents) et l’intégration automatisée dans le Dossier Patient Informatisé (Lifen Intégration). L’ambition commune est désormais de construire, grâce à l’ IA, une plateforme “de référence” en matière de communication-patient–soignant. ” Avec Curecall, nous complétons donc le chemin de la donnée en amont et en aval du parcours de soins”, résume Franck Le Ouay, CEO et cofondateur de Lifen. Mohammed El Bojaddaini, CEO de Curecall souligne pour sa part que ce rachat dotera sa solution “d’une capacité d’opérer à grande échelle”.

  • Transition écologique, virage domiciliaire, prise en charge de la douleur : les tendances 2024–2025 (études)

    Transition écologique des établissements de santé, virage domiciliaire, refonte de la prise en charge de la douleur chronique, découvrez nos trois études portant sur l’impact environnemental des établissements hospitaliers et les leviers numériques de sobriété, l’essor de l’hospitalisation à domicile comme réponse aux tensions hospitalières, ou encore, l’évolution des politiques publiques et des filières numériques sur la prise en charge de la douleur chronique.

    Consommation doublée, 700 000 t de déchets : le fardeau écologique des hôpitaux

    Quel est le véritable coût environnemental des hôpitaux, et comment y remédier ? Représentant à eux seuls 38 % des émissions du secteur de la santé en France, soit l’équivalent de secteurs comme l’agriculture, les établissements hospitaliers, fonctionnant en continu, consomment deux fois plus d’énergie qu’un bâtiment tertiaire et génèrent 700 000 tonnes de déchets chaque année. Face à ce constat, un cadre réglementaire contraignant se met en place : feuille de route de décarbonation du système de santé, Décret Tertiaire imposant (40 % de consommation énergétique d’ici 2030, et obligations de reporting extra-financier via la directive CSRD). Pour accompagner cette transformation, des solutions numériques émergent. L’intelligence artificielle optimise les systèmes CVC, anticipe les pannes d’équipements lourds, réduit le gaspillage médicamenteux et permet des économies d’énergie allant jusqu’à 30 %, comme l’a démontré l’AP-HP avec Ubigreen. D’autres outils, comme Carebone ou les plateformes Metron et Deepki, participent à une gestion plus sobre et pilotée des ressources. En repensant l’hôpital dès sa conception avec des approches intégrées comme « Blue Hospitals », le secteur amorce une transition où durabilité et qualité des soins doivent désormais avancer de concert.

    E-santé, IA, coordination : l’hospitalisation à domicile accélère sa transformation

    Comment répondre à la hausse des besoins en soins tout en allégeant la pression sur l’hôpital ? En 2023, l’hospitalisation à domicile (HAD) a progressé de 8,4 %, avec 297 700 séjours réalisés pour 168 000 patients, principalement âgés, et pris en charge pour des soins complexes comme les pansements, la douleur ou les soins palliatifs. Les services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) ont également poursuivi leur développement, soutenus par le vieillissement démographique et le virage ambulatoire, avec 3,3 milliards d’euros dépensés (+3,8 %). Si 93 % des patients se déclarent satisfaits, un quart rencontrent encore des difficultés d’accès aux professionnels, et 11 % ont dû renoncer à des soins. Portée par une feuille de route 2021-2026 structurée en sept axes (intégration territoriale, e-santé, qualité, etc.), la transformation de l’HAD s’appuie aussi sur l’intelligence artificielle, qui permet de prévenir les hospitalisations, sécuriser les traitements et optimiser les tournées. Ce modèle, appuyé par des expérimentations et une meilleure coordination des acteurs, devient un levier face aux tensions hospitalières.

    Accès à l’étude : Soins à domicile : refonder l’HAD pour changer d’échelle et renforcer un modèle déjà bien plébiscité

    Douleurs chroniques : 23 millions de Français concernés, un virage stratégique engagé